Etre bipolaire 1.3

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Etre bipolaire c’est se soigner en permanence…

Premièrement, comme toutes maladies, il faut aller voir un docteur. Le premier docteur des bipolaires est le psychiatre. C’est lui qui nous a diagnostiqué et qui nous suit régulièrement. J’aurai l’occasion de te parler de mon psychiatre. Pour ma part je le vois tous les mois voir une fois tous les deux mois, mais certains peuvent voir leur psychiatre jusqu’à une fois par semaine.

Bon, ensuite, il y a le traitement que nous prescrit notre psychiatre. Chaque bipolaire ingurgite en moyenne huit pilules par jour. Le cocktail est fait principalement de thymo-régulateur (régulateur de l’humeur), mais il peut être bien sûr accompagné d’antidépresseur, d’anxiolytique, d’anti-psychotique, tout cela dépendant de notre situation sur l’échelle de l’humeur. Le bas de l’échelle : la dépression « profonde »,  le haut: l’hyper-manie (le délire quoi). Pour t’ imager tout cela, mes bonbons à moi sont : 100 mg de Xeroquel, 200 mg de Lamictal et 500 mg de lithium. Ces trois là étant des thymo-régulateurs.  Le lithium est considéré comme un des thymo-régulateurs les plus efficients. Vu que je suis stable, je suis dispensé des traitements de chocs qui t’assomment et t’anéantissent à néant entre les murs des asiles.  Je pense au Risperdal que l’on donne lorsqu’on délire. Mais je te parlerai de ces poisons (malgré le fait qu’il m’aient changé la vie) et l’effet qu’ils on eu sur moi une autre fois. Donc voilà, d’abord il y a le pack « psychiatre et ses médocs ».

Ce qui vient directement après c’est la prise de sang. Il y a certains traitements comme le lithium qui nécessitent une analyse de sang pour surveiller le taux de lithium dans le sang. Oui, j’ai du lithium qui coule dans les veines. J’aime bien cette phrase.

Les soins sont loin de s’en arrêter là:

En tant que bipolaire émancipé de l’asile et voulant s’en sortir, j’ai suivi à deux reprises une session de psycho-éducation. Qu’est-ce que c’est? eh bien, tous les mardi soir je me joignais à un groupe d’une vingtaine de bipolaires venus écoutés le « grand spécialiste » des bipolaires donner des cours sur comment vivre avec sa bipolarité. Qu’est ce qui déclenche nos crises ou dépressions? Comment éviter les situations à risques? Qu’est- ce une bonne hygiène de vie? Tabac, alcool, drogue, amour : comment gérer tous ces excitants ? Effets secondaires? Bon voila un bref résumé du contenu de ces séances de psycho-éducation. Cela m’a permis d’avoir une meilleure connaissance de mon trouble.

Ensuite, toujours en tant que bipolaire cherchant à transcender son handicap, je vois régulièrement une psychologue qui pratique la TCC ( thérapie cognitivo-comportementale) pour analyser mes émotions, et aussi, surtout, « vider mon sac sans fond ». Je vois également une psychologue spécialiste dans la ré insertion professionnelle avec laquelle principalement je « vide mon sac sans fond » et aussi un peu de blablatage sur comment je pourrais me réinsérer professionnellement. M’enfin travailler n’est pas ma priorité pour l’instant (c’est écrire, mais chhhhhhut faut pas le dire à ma mère hein).

Bref, tout ces soins là sont la partie immergée de l’Iceberg.

Tout ça ne sert à rien si je ne fais pas attention à avoir une bonne hygiène de vie. Il m’est arrivé à avoir des crises, dont la dernière ( tu sais l’appart et Mister P…), en respectant tout ce qui est écrit ci-dessus. Mais en n’ayant pas une bonne hygiène de vie. Pour la dernière crise c’est un trop plein de whisky pendant plus d’un mois qui a délivré le diable en moi. Je pense qu’on a tous un diable en nous. Bref! L’hygiène de vie!!! Eh bien, aujourd’hui, je suis presque au top de la bonne hygiène de vie:  sommeil régulier (LE SOMMEIL, C’EST LE PLUS IMPORTANT POUR SOIGNER UN BIPOLAIRE), pas d’alcool (CELA FAIT BIENTÔT UN AN QUE J’AI PAS BU!!!!!), du sport (natation, ultimate, tennis de table, leuvrette). Tout ça est très important pour l’équilibre psychique. Je reviendrai dans un article exclusif sur ce que j’ai écrit en majuscule.  Pour l’anecdote, tous les lundi matins je me fixe l’emploi du temps de la semaine, en faisant en sorte que mon équilibre psychique soit respecté.

Tu es en train de te dire que ça doit être triste la vie sans alcool. Oui, c’est triste, mais ma dernière crise m’en a un peu dégouté et je sais qu’un jour je pourrais être assez fort pour en boire avec modération. Je dis souvent que je serai guéri (même si on ne guéri pas de la bipolarité) lorsque j’allumerai un bon spliff de weed (ce que j’ai arrêté depuis 2009 naturellement…). Marie Jeanne étant coupable dans mon coming-out en 2008.

Bon, l’hygiène de vie n’est que la part immergée de la part immergée de l’Iceberg. Et oui, il y a des soins qui sont moins visibles directement. L’art-thérapie est primordiale pour se libérer (moi c’est l’écriture). Ensuite une famille soudée et des amis sont nécessaires pour se soigner et puis la face la plus cachée de l’ice berg: la méditation, la prière, l’espoir…

Voilà mon descriptif de mes soins. Mais il y a une dernière chose essentiel qui me permet de guérir un peu plus chaque jour. La magie de la vie…

Suite : Etre bipolaire 1.4

A bientôt,

W.

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5 responses to “Etre bipolaire 1.3

  • PERRIER

    Même combat, un antidépresseur à vie (je tombe dans les pleurs dès que j’arrête), un thymorégulateur, et un neuroleptique. L’anxiolytique (orthographe ???), j’évite, ça me rend amorphe, et mes 2 tentatives de suicide ont été faits avec du xanax…Redoutable pour moi !
    Bien sûr, je vois un psychiatre! A chaque déménagement, faut en trouver un nouveau…Et rebelote, tu racontes ta vie, le déclencheur de la maladie, les phases maniaques graves …fatigant…
    Je viens d’en changer, elle travaille à l’hôpital de ma ville, choix stratégique : si je fais une crise maniaque, au moins je sais où je serai hospitalisée. Et elle est à la pointe des médicaments! En regardant mon ordonnance, elle m’a dit : « cela vous a été prescrit par 3 psy différents » ! Dans le mille !!!! Il n’y avait pas de cohérence dans le traitement ! Chacun avait mis « sa touche personnelle », changeant une molécule pour une autre…
    Elle est surbookée, heureusement une infirmière psy peut prendre le relais si je sens que je dérive dans le haut comme le bas…
    Mais j’ai fini par me connaître :
    Manque de sommeil : fatigue : surexcitation : risque de phase maniaque donc après les fêtes, qui sont pourtant une période de joies, mais très excitantes, je passerai par une phase repos complet….
    Une petite bière par ci, par là, c’est trop bon, cela me détend et m’euphorise, mais attention danger…Ne pas tomber dans l’excès sinon, je dors, je me désinhibe et se désinhiber pour un bipolaire, c’est redoutable : achats compulsifs, sexe à tort et à travers, manque de retenue ! Ah oui, je déborde d’énergie, je booste tout le monde, je remonte le moral du plus déprimé, mais qu’est-ce que je le paie cher !!!! Alors vite, retourner dans ma tannière, abstinence de tout (!) et repos….
    La déprime ? J’avoue humblement que quand je suis sous antidépresseur, je connais peu…Disons que j’ai des phases pas « courageuses », des journées pyjama, mais je vis seule alors, ça gêne qui ? Sachant que quand il faut repartir à l’assaut de la vie réelle, je suis d’attaque…Sans médicament, c’est affreux…Je me lève, j’ai peur de cette journée à tirer, j’ai les épaules qui tombent, faire mes courses me demandent un effort surhumain, j’ai des bouffées d’angoisse, j’ai envie de pleurer tout le temps…Et puis surtout, surtout, cette impression d’être un poids pour les autres, cette culpabilité de n’être qu’une poupée de chiffons amorphe, alors qu’il n’y a aucune raison valable…Alors oui, c’est là que je me suis dit que disparaître serait un soulagement pour mes proches , ne plus leur imposer cette loque, que la vie est trop dure, qu’on est qu’un fardeau…
    Je pense que ces phases là sont vraiment dures à vivre pour l’entourage, peut-être plus qu’une phase haute, où notre énergie entraîne les autres…
    Un peu perso tout ça, mais qu’est-ce que ça fait du bien d’en parler….
    Thaloue.

  • bipohypermaniac

    Oui, les phases hautes dites « manies » et les épisodes dépressifs sont très durs à vivre pour les proches.
    Mais ce que l’on dit pas ou très peu c’est la touche que peut apporter un bipolaire stabilisé à son entourage. Je te dis « touche » mais je pourrais très bien dire bénéfice! hé oui! un bipolaire soigné à la joie de vivre et la communique. Il vit dans l’instant et est très généreux.

    Merci Thaloue! C’est un plaisir d’échanger et de découvrir les expériences des autres en la matière.

    W.

  • lilou

    nouvelle elle… des évènements tragiques s’accumulent dans ma vie ces derniers mois. Une petite fille pourrie gâtée, une gamine qui fait une crise parce qu’elle n’a pas ce qu’elle veut. Un peu avant être arrêtée pour dépression obligée de rechercher sur la toile une explication à ce qui a désintégré ma vie, shizophrénie problème psychique et . : bipolarité. Je me suis abonné à ton blog… Quand je lis cet article toutes  » me peurs  » me renvoie à cette phrase que je me martonne  » je ne suis pas folle, c’est réel  ». Premiers rendez vous chez une psychiatre qui m’a prescrit du risperidonne ( que je n’ai pas pris en suivant l’avis de mes parents ) et me propose une hospitalisation… En débat perpétuel je pense être bipolaire et tes lectures me rassurent parce que beaucoup de mes proches pensent juste que je n’ai pas de respect, d’ambition et de  »couille » … et que mon combat ce sera moi – moi !!

    • bipohypermaniac

      Bonjour,

      Cela va peut être te décevoir mais il y a des centaines de milliers de personnes qui vivent où ont vécu ta situation en France (j’en fais partie).
      Ensuite, bien sûr, chaque mal être est particulier à chaque personne.
      Toi déjà : tu te poses des questions, tu cherches des réponses à ton problème et tu es prête à assumer un trouble que tu pourrais avoir. Avec cet état d’esprit là tu ne peux qu’aller mieux, et te libérer surêment de ta souffrance.
      Voir un psychiatre, faire un séjour en clinique ne peut pas te faire de mal d’un certain point de vue. La médecine est la base du soin dans les troubles psychiques.
      Ensuite, comme je l’ai déjà dit, je suis ouvert à continuer la discussion via mails.
      Enfin, le grand combat est certainement contre soi-même mais en s’ouvrant aux autres on peut trouver de l’aide.

      A bientôt,

      W.
      bipohypermaniac@gmail.com

  • Thaloue.

    Juste une petite remarque : un psychiatre te prescrit un médicament. Si ce psy n’est pas médiocre, à priori c’est qu’il a perçu que tu en avais besoin. Je ne pense pas que tes parents soient de bons conseils pour te dire de le prendre ou pas. Et puis, c’est toi qui souffre, pas eux. En hospitalisation, tu verras un psychiatre et peut-être te donnera t il des médicaments…Là, tu devras les prendre…
    Bon courage Lilou, d’avoir pris conscience que peut-être tu avais un problème est un grand pas vers la stabilité, comme le dit W.
    Bises,
    Thaloue.

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