La magie du bipolaire 1.2

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Il y a quelques films qui abordent la bipolarité. Le plus représentatif, à mon avis, est celui de Neil Burger avec Bradley Cooper : Limitless.

J’ai retrouvé dans ce film les sensations de la crise maniaque. Le personnage principal est un écrivain en déroute qui vit dans un taudis en recherche d’inspiration. Il rencontre alors une vieille connaissance qui lui donne une pilule sois-disant miraculeuse. Une fois rentré chez lui, il avale donc cette pilule…

A ce moment du film, le réalisateur nous projette dans la tête du personnage et nous fait part du changement qui se produit dans l’esprit de celui-ci. Sa vision devient plus lumineuse, les connexions dans ses neurones se multiplient, une véritable lucidité et clairvoyance remplace le brouillard et la confusion régnant dans sa tête. Il devient alors super-créatif (il finit son roman en une nuit), super-confiant (tout lui réussit dans sa vie sociale), super-intelligent (il devient un as de la bourse en créant un nouvel algorithme) et super-brillant (son teint s’anime, ses yeux s’étincellent).

Lors de mes crises maniaques, je vie aussi tout ces supers pouvoirs. Ce n’est pas une pilule qui les déclenche mais une réaction chimique inter-neuronale due à des facteurs environnementaux qui la déclenchent. Pour ma part, je deviens surtout super-convaincant et persuasif, ainsi que d’une créativité démultipliée à en devenir fou. D’ailleurs, ensuite, je deviens fou.

c’est intéressant car le film nous montre aussi le côté sombre de cette pilule. Les personnes ayant été sous l’emprise de cette molécule magique tombent ensuite dans une terrible et tragique dépression. De la même manière, après avoir jouis de ces supers-pouvoirs et souffert de la folie ensuite, je reviens à la réalité. Et le décalage entre la sensation magique de la crise maniaque et le retour à la réalité enchaîne une profonde dépression.

A la fin du film, « Bradley Cooper » réussit à contrôler cette ivresse chimique du cerveau afin de ne pas subir le revers de la médaille et jouir de ses pouvoirs à jamais. Alors, évidemment, je me suis posé la question : Est-ce que moi aussi, un jour, j’arriverai à contrôler la phase maniaque afin de pouvoir enfin vivre pleinement cette magie qui transcende la vie?

Suite : La magie du bipolaire 1.3

A bientôt,

W.

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37 responses to “La magie du bipolaire 1.2

  • PERRIER

    La phase maniaque : on est sur d’avoir enfin tout compris…
    Et on a une énergie de superwoman….plus besoin de dormir….AGIR, DONNER aux sans abris, sa chemise, son pull, parler et convaincre….

    Incontrôlables, on finit par saouler les autres, on leur fait peur, on se met en danger….

    Je ne regrette pas mes phases maniaques, car j’en garde le plus important : une grande sensibilité et une profonde empathie envers les autres….C’est ça, mon énergie, l’énergie du cœur.

    Thaloue.

    • bipohypermaniac

      C’est un témoignage que j’aimerai entendre plus 🙂 à la place des reportages télés qu’ils soient français ou américain mettant en scène des bipolaires en dépression appelant presque un suicide collectif de leurs congénères. Merci! N’hésite pas à partager des tes histoires maniacs.

  • ver00

    Bien sur qu’on se sent bien, et c’est ça le piège, notre cerveau recherche toujours ces instants d’euphorie comme une drogue, voilà pourquoi on retombe toujours dedans.C’est un horrible et odieux piège, contre lequel on ne peut rien d’où notre besoin de pilule.J’ai cherché 10 ans,à contrôler mes manies,je n’ai jamais réussi.

    • bipohypermaniac

      Pourtant, il y a une solution comme à chaque problème.
      Pour mon cas, l’analyse de mes phases d’euphorie, la recherche d’un raisonnement dans cette folie sont un premier pas dans ce grand but de contrôler la folie. Finalement ça revient à parvenir à se contrôler soi-même…

      W.

  • ver00

    C’est un rêve pour moi, contrôler sa folie.Mais, je crois que ce n’est pas possible,l’inconscient est trop fort, il submerge la conscience,par contre,avec le temps,la folie s’assagit,mais c’est long et laborieux.Je ne peux pas te dissuader dans ta démarche, j’ai eu la même ,dans mon blog, je n’ai de cesse d’essayer de comprendre ma folie, pourquoi est -elle apparue ? Un jour on saura peut-être……..Toi, si tu es en invalidité tu peux être un cobaye, moi, je n’ai plus droit à l’erreur, sinon je perds mon travail.

    • bipohypermaniac

      Imaginons…
      Je marche dans la rue en rêvant à un vie d’écrivain (par exemple!) et je croise dans le même temps un couple qui discute ; je capte quelques mots de leurs dialogues sortis de leurs contextes : « …c’est le futur Victor Hugo… ».
      Dans de mes antérieures périodes stables +, j’aurais certainement pris ce signe surprenant au premier degré et cela aurait entraîné un début de manie…

      Comme tout le monde, il m’arrive de vivre parfois des coïncidences troublantes mais aujourd’hui (avec un bac + 6 en bipolarité), comme tout le monde, je m’efforce à les interpréter seulement comme des coïncidences même si une part de mon esprit s’excite et me tente à me laisser aller.
      Voilà un exemple de contrôle de la folie.
      W.

  • elise9

    C’est que le « contrôle » est subtil.
    Ce n’est pas contrôler mais maîtriser. Et maîtriser, c’est presque l’inverse de contrôler.

    Tiens ! Voilà que je fais des recherches sur l’étymologie de ces deux mots, pour poursuivre ce commentaire donc, sachant que c’est toujours très très intéressant de bien connaître l’origine d’un mot.
    Alors donc, maîtrise vient du latin magister = qui commande, qui dirige.
    Et attention au mot contrôle… « de l’ancien français contrerole du latin médiéval contrarotulum (sens identique) formé de contra- (« contre- ») et rotulus, dérivé du latin classique rotula (« rouleau, petite roue »), diminutif de rota (« roue »). »
    Quand on connait la symbolique de la roue… C’est un peu la vie quoi, le mouvement.

    Donc, en gros, tant que l’on cherche à contrôler, arrêter ce processus, en le voyant comme un piège à éviter et dangereux, ça ne fonctionne pas puisque ça va à l’encontre de la vie, justement, la vie qui cherche à poindre par la maladie, qui vient cogner, taper « hé ho, je suis là moi, le maître, je désire être entendu ! ».
    C’est ce qu’on fait aujourd’hui face à de nombreux processus d’humains malades de ne pouvoir manifester pleinement leur Vie, l’enfant qui est en eux : on en a peur et on cherche à les stopper.

    Par contre, redevenir le maître dans sa propre maison, le maître de son corps, le maître de ses pensées (qui peuvent être aussi bien être créatrices, amoureuses que destructrices et dangereuses), cela est tout à fait possible, souvent (mais sûrement pas que comme ça!), en ayant d’abord lâché prise et fait face à nos peurs (on peut tout à fait faire cela avec un thérapeute approprié qui disposera des « techniques » variées et du soutien nécessaire).

    Après, pour ce qui est de l’inconscient et l’éternelle quête du pourquoi, c’est autre chose, qui peut d’ailleurs être une quête vaine (tout du moins si on cherche la guérison seulement par ce biais), nous ne saurons jamais vraiment le pourquoi ou du moins, nous émettrons des suppositions.
    Ce qui nous fera avancer est la maîtrise avant la prise de tête de l’éternel pourquoi, source de tant de malentendus et de tant de peurs.
    Oui, nous avons un « inconscient », il est empli de beaucoup de choses, belles et effrayantes.

    Nous avons aussi la conscience, qui, elle, nous redonne toute la maîtrise.
    Il me semble que c’est ce vers quoi se tourne W. et que donc il parviendra à ses fins, et pourquoi pas toi Veroo ? Tout est toujours possible, même après de longues années d' »échecs » qui sont autant d’expériences pour être plus fort et plus apte à y parvenir et pour savourer de manière extraordinaire la maîtrise retrouvée !!

    Merci à vous deux pour ces échanges qui suscitent la réflexion et font grandir l’espoir, ce sont là deux magnifiques qualités dont nous avons la chance d’être dotés, utilisons-les !

    • bipohypermaniac

      Bonjour,
      C’est une réflexion intéressante que tu nous présente là. Il est vrai que j’ai utilisé le mot « contrôler » sans réflexion faite sur l’étymologie du mot.
      Néanmoins je pense que je ne suis pas maître de tout. Ainsi cette vie qui s’exprime fortement de temps à autre est issue d’une dimension supérieure que la nôtre. Il y a des choses qui nous échappent que nous pouvons contrôler.
      W.

      • elise9

        Oui, je me doute bien dans quel sens tu as utilisé « contrôler », je me faisais à moi-même cette réflexion, sans penser un instant que tu n’utilisais pas le bon mot. Tu utilises contrôle dans le sens de maîtrise en fait, il me semble, si on cherche à pinailler sur les mots…! 😉
        En fait, si je joue avec l’étymologie des mots, ce n’est pas pour dire qu’on utilise le bon mot ou pas mais bien plutôt pour observer ce qui se cache derrière les mots qu’on emploie.
        C’est très intéressant et révélateur et ça permet d’affiner le message qu’on dispense, à soi et aux autres.

        Et oui, des choses viennent d’une dimension autre, mais pas supérieure, pour moi, différente de ce qu’on a l’habitude de comprendre, une dimension qui nous échappe, oui, quelque part, que nous ne pouvons contrôler, oui, aussi, quelque part. Cependant, on peut apprendre à maîtriser cette belle énergie, cette autre dimension, en toute humilité et en l’intégrant à la Vie, elle peut venir nourrir la vie, la vie quotidienne de manière très concrète.

        En gros, il n’est pas prétentieux ni orgueilleux de dire que l’on peut maîtriser, au contraire, on peut maîtriser en toute humilité quelque chose qui pourtant, nous dépasse.

        J’accepte que je ne peux pas tout contrôler, que je ne sais pas grand chose.
        Je peux, en revanche, être toujours plus conscient, m’ouvrir ; et cette conscience, cette observation, permet par la suite la maîtrise.

      • bipohypermaniac

        Re-bonsoir,
        Hé bien Elise, je suis ravi d’avoir trouvé un point de désaccord avec toi (au sujet de la maîtrise des dimensions « autres »). Il va falloir trouver un espace de débat dans lequel les étincelles ne prendraient pas feu.
        W.

  • elise9

    Et les coïncidences troublantes existent.
    Jung les a appelé synchronicités. C’est un peu une sorte de « loi de la nature » (peut-être parce que nous sommes tous reliés, parce que nous ne formons qu’un tout ?) qui fait que alors qu’il se passe des choses dans notre vie, tout autour semble aller dans ce sens, y compris des signes subtils ou certains hallucinants.
    MAIS aussitôt que nous cherchons à les interpréter, les comprendre, on s’avance dans un chemin compliqué et semé d’embûches !
    Surtout si l’on n’a pas encore acquis une certaines maîtrise. Ces signes pourront alors être repris par certaines de nos envies ou « folies » du moment ou par une peur ou une croyance du moment.

    Sachons donc apprécier ces signes, ces coïncidences qui n’en sont peut-être pas mais en étant raisonnés. Nous sommes dotés de raison et c’est tout autant un beau cadeau que cette autre partie divine, impalpable et mystérieuse. Les deux peuvent même trouver un accord !

  • elise9

    Heu… Oui, c’est encore moi…! 😉

    Imagine par exemple que plus tard, plus apaisé, t’étant détaché de cette idée que tu es fou et que tu entends des voix, tu entendes ce « Victor Hugo » et qu’en réaction à cela, tu souries et que cela te conforte dans l’idée que tu es en effet passionné par l’écriture et que ce mot raisonne en toi avec cette passion et ce don que tu as (sans honte et sans craintes).
    Simplement, sans aller plus loin, sans partir dans aucun délire (sans tout lâcher), juste celui d’être en vie, compétent et bon, envers toi et autrui, d’être attentif à ces signes qui te font du bien, qui vont dans le sens de la Vie, de l’amour pour toi-même et de l’espoir.
    Alors, tu rentreras heureux chez toi et tu te remettras à l’oeuvre ou peut-être pas, mais tu ancreras cette idée que c’est une possibilité qui te plaît et te fait du bien.
    La vérité, personne, personne ne la connaît en définitive !
    Prenons tout cela avec légèreté et humour !
    Allons donc vers ce qui nous fait du bien, à cet instant et ne nous nuit pas.

    Oups, je monopolise toute la place pour les commentaires avec mes romans, désolée…! 😉

    • bipohypermaniac

      J’aimerai rappeler que la bipolarité est une maladie. Tout simplement parce que l’on doit prendre un traitement. Un ami aujourd’hui m’a encore demandé, voyant que je suis tout à fait bien portant depuis plusieurs mois, qu’est ce que cela ferait si j’arrêtais mon traitement. Le lithium, lamictal et xeroquel permettent de rééquilibrer une certaine chimie psychique, ils régulent mon humeur. Sans eux mes humeurs prennent des proportions (down ou up) invivable. Ceci est un fait, et je combattrai tout ceux qui pensent que la bipolarité n’est pas une maladie simplement par respect et amour à ceux qui en souffrent actuellement.
      Tout ça pour dire que l’aspect spirituel-signes-« synchronicité »(terme que tu m’as appris) etc… ne se vit pas avec la même ampleur lorsque l’on est bipolaire. (je vulgarise beaucoup pour être concis).
      En effet, les signes agréables que l’on pourrait apprécier calmement si l’on a un psychisme « normal » deviennent bouleversant et c’est peu dire.
      En état d’excitation, de surchauffe cérébrale, il m’arrive de ressentir, de me « synchroniser » avec des centaines de signes de toutes sortes à la minute.
      Ce qui rend fou. Voilà je voulais rappeler que la bipolarité avant d’être magique est un sacré trouble.

      Enfin, Elise, continue à nous partager tes pensées, j’aime ce qui sors de ton esprit, alors vas-y!

      W.

  • ver00

    C’est une maladie ,W, moi aussi,j’étais « dans une autre dimension » quand j’étais malade, je pouvais participer à 3 ou 4 conversations en même temps,mon cerveau était très rapide, rien ne m’échappait.Mais,en psychiatrie, tout est possible.On peut imaginer contrôler ou maitriser, pour moi, le terme importe peu,du moment qu’on me comprend,notre chimie cérébrale, à condition d’être vraiment heureux, bien dans sa peau. Et ça, c’est pas notre cas, sinon,on n’aurait pas déréglé notre cerveau comme ça.

    La synchronicité de Jung, je connais, elle se base sur une « conscience collective » qui existerait dans notre inconscience.Jung a essayé de débroussailler l’inconscient sans le réduire , comme Freud à la seule sexualité.

    Bonne soirée Elise et W.

  • elise9

    Oui oui et oui !
    Bien sûr que c’est une maladie, parce qu’il y a souffrance.
    Je suis tout à fait d’accord avec toi W.
    C’est en quelque sorte ce défaut d’intégration de ces signes, de cette « autre dimension », penser même, que cette autre dimension est différente, hors de toi, défaut d’interprétation qui prend une ampleur telle, qu’il empêche la Vie, c’est-à-dire qu’il va t’emmener là où tu ne veux pas aller, donc oui, c’est problématique et c’est cette conscience, W., qui fait que tout cela va évoluer en mieux.
    Tu ne veux pas être une marionnette, tu veux être aux manettes de ta vie et tu as tout à fait raison, c’est cela qui importe après tout : vivre bien, comme tu en as envie, que tout aille pour le mieux et de manière harmonieuse pour toi et ceux que tu aimes et qui t’entourent avec amour et bienveillance.

    Je ne rejette pas du tout, ni les traitements médicamenteux, ni même la chimie que nous avons étudiée de fond en comble et que nous connaissons bien aujourd’hui, chimie qui me fascine et qu’il est passionnant d’étudier.
    Tout cela est réel, tout cela est important, pour essayer de mieux se connaitre, pour apaiser des crises qui sinon te font perdre le contrôle et on le voit bien ici, dans tes écrits qui sont raisonnés sans perdre la substance de ton âme et de ton cœur, alors même que tu es sous traitement !
    C’est cela qui me ravit ! De voir que tu n’es pas engagé dans un combat CONTRE (contre les médicaments, contre la maladie, contre etc.). Tu es engagé dans un combat POUR la Vie que tu sens en toi et c’est cela qui t’apportera tout ce dont tu as besoin, c’est cela qui compte.

    Car cette chimie, que nous connaissons bien donc, on a remarqué qu’elle était modifiée par des substances chimiques, les médicaments ; on est en train de découvrir aussi, au niveau scientifique, que nos émotions, nos pensées, notre mode de vie modifient aussi, cette chimie.
    Notre cerveau contient toutes les substances chimiques que nous avons créées, l’exemple le plus frappant est cette décharge de cortisol, d’adrénaline, d’opiacés, même, en cas de gros stress, d’accident, qui fait que nous sommes capables alors, en étant même dans un cas d’urgence extrême physiologique (fracture ouverte, etc.) de se déplacer ou de faire des choses qu’on n’aurait pas pu faire autrement.
    Alors bien sûr, nous connaissons mal ces mécanismes et nous n’avons, pour l’instant, aucun contrôle sur eux, si ce n’est, par exemple, de réduire le stress (en sachant que celui-ci a des effets néfastes sur notre chimie, notre immunité, etc.).
    Donc, il est important de prendre les médicaments dont nous avons besoin, tant que nous sommes malades et tant que nous sommes des marionnettes, sans.

    C’est pourquoi il est important AUSSI, en plus du traitement chimique, d’apprendre, par tous les moyens qui existent aujourd’hui et qui se développent de manière exponentielles, à retrouver cette maîtrise, chose que tu fais, par exemple, avec tes écrits.
    Il existe mille autres moyens encore, pour apprendre toujours mieux à se connaitre et redevenir maîtres de nous-même (méditation, thérapies comportementales, thérapies énergétiques, homéopathie, acupuncture, thérapie corps/esprit, etc.).

    Car pour moi, les mots seuls, ne suffisent pas, il y a une autre dimension à intégrer (qui n’est pas différente ou séparée de nous !), dont il faut prendre conscience, en douceur et sans brusquer les choses, quand c’est le bon moment pour soi, en étant encadré par les bonnes personnes aussi.

    MERCI Veroo et W. pour ces beaux échanges qui sont pour moi passionnants !
    Toi aussi tu es « brillant » ! 🙂

    Bien sûr, si ce commentaire est trop long pour figurer ici, pas de souci si tu désires le retirer ! 😉

  • Thaloue.

    Bon bin voilà, y a Yung, Freud…Super, j’adore les psychanalystes de haut vol !!!! Mais franchement, dis à un bipolaire en phase bien maniaque, super bien haut, genre « je sais tout, j’ai tout compris, je vois tous les signes…Dieu existe, les saints existent… », de maîtriser , gérer, d’apprendre à se connaître !!!!!
    Bizarre alors que tant de bipolaires se suicident, ou perdent leur travail, ou perdent leur conjoint……Alors qu’il suffirait d’un bon naturopathe ou hypnotiseur ou psychologue comportementaliste ou tout ce qu’on veut pour apprendre la maîtrise…
    Désolée pour cette réaction un peu vive, mais intellectualiser à ce point, c’est s’éloigner de la réalité des faits….et je trouve que c’est mal connaître la maladie bipolaire.
    Voilà, j’ai mis le feu aux poudres mais je ne pouvais pas me taire, eu égard à la souffrance de ma sœur, à la rupture d’avec mon petit ami et de mes nombreuses hospitalisations…

    • bipohypermaniac

      Bonsoir,
      Il est nulle question de se taire, je te remercie de réagir. Il est tout à fait normal que bien des points portent à débat. La bipolarité est une maladie très complexe.
      Accepter cette complexité nous oblige à nous ouvrir à des visions différentes car chacun vie son trouble d’une manière propre à soi.
      Tu fais bien de rappeler que beaucoup d’entre nous vivent en ce moment des périodes très difficiles que ce soit en hospitalisation ou non.
      W.

    • elise9

      Bonjour Thaloue,
      je m’excuse si j’ai pu t’offenser par mes propos, ce n’était pas du tout mon intention, bien au contraire.

      La souffrance est énorme et les moyens proposés aujourd’hui aux malades sont pour moi quelque chose d’inacceptable.
      Nous sommes à l’heure d’aujourd’hui totalement démunis face aux maladies psychiatriques, à tel point que le seul moyen (très utile) proposé en est le traitement à vie, ce qui est déjà bien.

      Les choses évoluent heureusement en permanence.
      Ouvrir la porte à une autre vision, à d’autres thérapies à l’espoir et au changement ne veut pas dire que celui qui est malade est coupable (l’homme d’aujourd’hui pour moi souffre de ce plus grand mal qui est de se sentir coupable, constamment. Avoir espoir signifierait donc, pour l’homme coupable, que s’il est malade, c’est par sa faute !).

      Cela veut dire redonner tout le respect à la grandeur et au potentiel de l’humain.
      Cette idée est profondément taboue, je te l’accorde, j’en ai fait moi-même l’expérience, il m’a fallu lutter contre des »démons » costauds avant d’ancrer cette confiance profonde dans le cœur de l’humain et son extraordinaire potentiel de guérison et d’en voir de mes propres yeux les effets.

      Bizarre, en effet que tant de personnes se suicident, fassent des crises de délire, de burn out ou se trouvent plongées dans la dépression (la maladie du siècle) ; pour moi, et je dis bien pour moi, ces manifestations, ces maladies, ces souffrances ont un sens et il y a une possibilité, très difficile voire même parfois impossible aujourd’hui pour chacun de découvrir ce sens, de cheminer et de guérir et ce, non pas par miracle, non pas grâce à un quelconque thérapeute mais grâce à Soi, avec toute l’aide qu’on pourra trouver autour de soi.
      Pour ce qui est de ma connaissance de la maladie, ma grand-mère est bipolaire et sous traitement depuis plus de 40 ans, mon oncle est sous piqûre de lithium, ma mère est décédée de sa bipolarité (de cet amour incommensurable qu’elle portait en elle) il y a 8 ans, mon mari a fait des crises d’angoisse terribles ; moi-même, j’ai vécu d’atroces souffrances et j’ai été sous anti-douleurs et anti-inflammatoires pendant de nombreuses années. Ce dont je parle n’est pas pure intellectualisation mais expérience du vécu.

      L’espoir aujourd’hui dans notre société est devenu tabou voire même puni par la loi dans certains cas et cela est vraiment dommage et rend cet accès à l’espoir, au changement et au renouveau difficile voire impossible pour beaucoup de personnes.
      Là est tout le problème.
      Moi je crois que l’espoir fait vivre (et même beaucoup plus…!), je crois même qu’il est essentiel à l’homme, tout autant que la nourriture, que l’eau.

      Tu as raison de ne pas te taire et d’exprimer ce que tu as sur le cœur.

      • bipohypermaniac

        Bonjour,
        Merci Elise, tu fais bien de nous livrer le fait que ta vision d’aujourd’hui sur la bipolarité et autres souffrances se base essentiellement sur ton vécu.
        C’est l’esprit de ce blog: apporter un savoir sur ce trouble grâce à nos expériences. Ce sont des témoignages authentiques qui en résultent.
        Des écrits qui dépassent les manuels de médecine et des grandes phrases des psychiatres. Même si ces derniers nous sont très importants aussi.
        W.

      • ver00

        Je voudrais vous demander à vous bipolaires,ainsi qu’à Elise9, proche de bipolaire, ce que vous pensez du dernier article sur mon blog, sans ménagement,je ne veux pas de compassion mais des avis sincères.Merci.

      • bipohypermaniac

        Bonsoir,
        Pose le lien ici, voyons!
        W.

      • ver00

        Désolée, je suis vieille,j’aurai 50 ans le 27,je ne sais comment faire….merci.

      • ver00

        Je parle de l’avant dernier article, celui sur les modalités de guérison du bipolaire.

    • ver00

      Thaloue,quand je parle de contrôle,ce n’est pas celui du délire maniaque,il est incontrôlable quand il est nécessaire,c’est un remède anti suicide,lorsqu’on va mal.Non,je veux dire apprendre à aller mieux,à s’aimer en changeant,à aimer sa vie en changeant de vie ou de façon de la voir,c’est tout ça,qui est important,c’est en aimant réellement notre vie consciente qu’on maitrise son inconscient;il n’a alors plus d’intérêt à rappliquer,c’est novateur,je le reconnais,mais je le prouverai,par ma vie.C’est long,laborieux, aussi les traitements sont plus que nécessaires pour y parvenir,mais,je suis sure que c’est possible, le secret vient de là. Comprendre pourquoi souffre l’inconscient et la conscience, les harmoniser pour obtenir un compromis entre eux,et leur permettre de retrouver leurs places respectives normales. Même si je me trompe, au moins je cherche,je ne réduis pas les bipolaires de demain à garder un traitement toute leur vie,sans d’autres espoirs,on avancera pas comme ça.

      Amitiés.

  • ver00

    Merci d’être là….vous tous, les bipolaires.J’ai besoin de vous,pour me rassurer reconnaitre en vous,donc en moi,des gens intelligents. moi aussi,j’ai failli tout perdre,je me suis retrouvé en garde à vue comme une délinquante,c’est terrible, et je chantais à tue tête. Il faut le dire tout ça, haut et fort,pour qu’on nous comprenne…..D’où viens tu Thaloue ? As tu tes entrées chez les bipôtes ? Nous, moi et W , nous sommes interdits d’entrée.Et pourtant, personnellement, j’ai besoin de parler du trouble….énormément.

    Avez vous eu la camisole ?Je ne pourrai jamais oublier,je me pissais dessus…..J’ai été très loin,et pourtant,je suis sure qu’il y avait d’autres moyens plus humains de me prendre en charge , ma peur,ma violence a monté au fur et à mesure, on aurait pu éviter ça. Je ne suis pas révolutionnaire mais je réfléchis beaucoup sur l’avenir des bipolaires,je suis persuadée qu’ils pourront un jour, se contrôler, car le cerveau évolue,et il évoluera , nous sommes des pionniers aventuriers de la conscience, comme dit W. Nous allons dans notre inconscience,c’est une introspection incroyable, quand les chercheurs auront compris cela,on avancera peut -être.Le deuxième millénaire amorce les prémices de la connaissance de l’inconscient. Voila ou se trouve nos problèmes, dans notre inconscient. Nous ne sommes pas des malades ordinaires,nous cherchons un meilleur être,et pour cela nous oscillons entre joie et tristesse,de penser réussir ou d’avoir échoué. c’est simple et évident pour moi.

    • bipohypermaniac

      Ver00,
      Merci beaucoup pour ce commentaire. Je ne peux que me joindre à tes mots.
      Tu devrais apporter ton expérience en réagissant sur mes séjours en hôpital et garde à vue dont je commence une série dans la catégorie havre de paix.
      Les jolies colonies de vacances.
      Je relaterai mes expériences de camisole et une garde à vue qui ressemble sensiblement à celle que tu as vécu. N’hésite pas à réagir sur ces articles là, je sens que t’as plein de choses à dire dessus.
      Merci!
      W.

      • ver00

        Nous nous faisons du bien mutuellement. Tant notre trouble est anxiogène ! Tu sais, je n’ai pas beaucoup de temps devant moi, je travaille dur,sauf 8 jours par mois,et là encore, j’ai des choses à faire. Je suis sans traitement depuis au moins 1 mois, mais je sais que je fais des crises maniaques tous les 3 mois……JE SUIS FOLLE de toujours croire qu’un jour, je pourrai maitriser mon inconscient.Et pourtant,un jour, je pourrai…….je ne peux pas me permettre une nouvelle crise,ma clientèle est prospère,mais mon passé est encore présent. Je vais surement reprendre mon traitement,il y a trop de risque tant que je suis en activité.

        Je crois avoir pourquoi je suis devenue bipolaire ,j’étais dans une impasse psychologique,il fallait que je change ma conscience de la vie pour assurer mon bonheur. j’ai fait appel à mon inconscience,en fait, j’ai éclaté ma conscience et l’inconscience est arrivée. Ensuite, j’ai été vite débordée,mais maintenant,je crois que je deviens une pro. de l’inconscience.

        Amitiés.

      • bipohypermaniac

        Ton témoignage est une véritable arme contre le pessimisme et le désespoir qui règne depuis trop de temps.
        Prends soin de toi quand même. Le traitement est la base du soin tout de même.
        W.

      • ver00

        Je fais attention,ça fait 10 ans que je galère,mais, dernièrement,cela change dans ma vie,déjà je me détache de mon mari,je deviens quelqu’un d’autonome et ça c’est important, je ne l’ai jamais été. Et puis, mon travail, il me pousse vers la conscience actuelle, j’étais partie dans un monde virtuel, le mien, parce que je souffrais trop dans le monde. C’est sans doute, ce qui se passe pour beaucoup d’entre nous. Pas question d’arrêter son traitement, si la vie réelle n’est pas mieux que la vie virtuelle, sinon, c’est joué à l’échec. Mais de le savoir, c’est déjà incroyable, je suis sure que c’est vrai. L’avenir nous le dira,ayons confiance, il y aura bien un chercheur qui sera meilleur que d’autres et nous aidera.

        Biz.

  • ver00

    je me suis retrouvée….excusez.

  • Thaloue.

    J’aime te lire, veroo, et je suis fière pour toi que tu arrives à travailler comme ça, bravo, et encore bravo…
    Je ne veux pas faire l’apologie des médicaments, je vais juste dire qu’un traitement m’est INDISPENSABLE…
    Au début de ma relation avec mon ex petit ami, on a voulu avoir un enfant. Le psychiatre qui me suivait toutes les semaines, me trouvant très bien, équilibrée et tout, m’autorisa à arrêter tout traitement, puisqu’on craignait des incidences sur un bébé des médicaments que je prenais. J’ai tenu 6 mois, bien…Et puis, on a déménagé : ce fut très très fatigant, j’ai fait mes cartons pendant 1 mois toute seule, le déménagement a duré 2 jours, très intenses et épuisants…
    Ca a pas traîné : grosse crise maniaque, 3 jours à délirer, me voir en Sainte Claire et mon ami en Saint François (car j’avais tout compris sur mon destin et celui de mon ami, nous étions destinés à faire le bien et parler de Jésus, convertir tout le monde, ceux qui ne savaient pas, en sauver le plus possible avant le jugement dernier…), sans dormir, puis à vouloir acheter des tas de trucs, à aller voir le maire de ma ville pour aider un commerçant à pouvoir mettre des fleurs devant son bar, à complètement ne plus savoir où j’ai garé ma voiture tellement j’avais fait de trucs en ville…Mon ex petit ami éteignait au fur et à mesure les feux que j’allumais un peu partout…Au final, 1 semaine en clinique dont je me suis sauvée, puis 5 mois pour casser mon délire à coup de tercian hautes doses…5 mois de zombi, chez mon ex- ami qui m’a nourrie, supportée comme ça , amorphe, mort-vivante, oh , pas méchante, juste transparente…j’ai du faire des photos pour ma carte vitale, et quand je les vois, ça fait peur : je m’étais teinte en brune, je fais pâle, malade, un visage inexpressif, sans vie, sans énergie….Ce sont mes yeux qui me font peur : aucune lueur, à moitié fermés, la vie est partie…Et si le regard est le miroir de l’âme, alors mon âme s’était éteinte…
    Alors, je n’arrêterai plus jamais mon traitement, même pour faire plaisir à un homme…C’est trop dur de remonter après une crise maniaque, et on se met vraiment en danger : financièrement, socialement (j’ai déjà été cataloguée dans tout un petit village normand comme folle, car je marchais dans les rues en chaussons…), pour sa santé (j’ai failli être violée au cours d’une crise maniaque, le gentil aide-soignant s’étant fait passer pour Saint Pierre à la porte du paradis (et je l’ai cru…))…
    Une psy m’a dit un jour que les décisions que je prenais, même avec ce traitement médicamenteux, c’était bien mon désir, ma volonté, ce que je voulais vraiment, que cela n’altérait pas mon jugement…Ca m’a réconfortée et rassurée…
    Aujourd’hui, j’ai trouvé un métier dans l’enseignement qui me passionne, j’adore mes élèves qui me le rendent bien, alors il est hors de question que je me mette en péril en ne prenant plus mon traitement , quelque soit la raison…J’en ai besoin, j’assume, et je vois bien que ça ne me coupe pas les ailes…au contraire…J’ai juste à surveiller le sommeil…
    Bon courage à tous ceux qui souffrent…Je m’épanouis enfin aujourd’hui, alors oui, c’est possible…Je vous envoie des arc en ciel d’ESPOIR, et des milliers de cœurs d’AMOUR.

    • ver00

      Thaloue,je ne veux pas que vous arrêtiez votre traitement,je ne le conseille à personne,c’est trop dangereux. D’ailleurs je vais surement reprendre le mien,je dis seulement que l’avenir sera à la connaissance de son inconscient,on apprendra à se connaitre en profondeur pour comprendre le mécanisme de la maladie bipolaire, actuellement, on ne fait que la museler sans savoir ce qui s’y passe derrière.Je suis sans doute une pionnière,et je sais ce que je risque,j’ai fait de multiples crises maniaques,je suis connu comme folle par beaucoup,ce fut très dur,mais j’ai remonté la tête,j’ai cherché à comprendre,et je suis en voie; 10 ans d’introspection,d’auto analyse.Je ne suis rendue compte que du jour ou j’ai de nouveau pris gout à la vie,je n’avais plus besoin de mes crises maniaques,maintenant ça va marcher ou pas, je n’en suis pas sure……C’est pourquoi, je suis très prudente, mais je me connais très bien, je sais quand la crise va commencer, pour l’instant,je suis très équilibrée,calme,sereine,je dors bien.Si quelqu’un est capable de tout donner pour des avancées scientifiques, c’est bien moi, je ne vis que pour ça. Je ne peux pas avoir gâché 10 ans de ma vie pour rien,avoir tant fait souffrir mes enfants,le dernier avait 9 ans,il était perdu,aujourd’hui,il est sauvage et homo. On a chacun notre histoire, mais j’ai bien morflé avec cette maladie et je l’aurai.

      Véronique.

      • bipohypermaniac

        Pour ceux qui découvrent ce trouble et qui se posent des questions sur la nécessité du traitement…
        On ne soigne pas un bipolaire sans lui prescrire des médicaments, c’est un fait, on ne peut pas autrement.
        La prise du traitement est pareille au lavage quotidien de ses dents. C’est une routine à laquelle on doit s’attacher. C’est indiscutable. En tout cas aujourd’hui .
        Ensuite, après 10 ans de soin, 10 ans de travail sur soi, 10 ans de compréhension de sa maladie, il est possible de remettre en question le traitement. Comme le fait Ver00. Mais c’est rare, et risqué. D’ailleurs Ver00 en est pleinement consciente.
        Cela reste exceptionnel et j’aimerai que sur mon blog surement lu, aussi, par des nouveaux malades psychiques, ne soit pas contesté l’importance des médicaments.
        D’ailleurs, des chiffres montrent que 50% des rechutes ont pour cause un arrêt de traitement. J’en suis un exemple.
        W.

    • bipohypermaniac

      Bonsoir,
      Dans la crise maniaque que tu décris, on voit encore et toujours la même chose. Cette grande énergie que l’on arrive pas à canaliser et qui, alors,débouche sur des délires. Un trop plein d’amour qu’à un moment on ne contrôle plus.
      Merci Thaloue!
      W.

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