Vivre avec un bipolaire 1.1

Vivre avec un bipolaire… Tout un programme!

Tout d’abord, je t’invite à te ressourcer via l’Unafam qui est l’association officielle des proches de bipolaires. Ensuite, il existe plusieurs ouvrages telles que « Vivre avec un maniaco-dépressif » du Dr Gay. Voilà de la publicité pour mon psychiatre, peut-être qu’en découvrant cet article il me baissera le prix de consultation, bref!

Tu m’as demandé mon avis sur ce sujet, le voilà:

Premièrement, vivre avec une personne c’est l’aider à subvenir à ses besoins. Le bipolaire, tout égocentrique qu’il est, a sans cesse besoin d’amour. Un bipolaire est un éternel intranquille (lire l’Intranquille de Gérard Garouste), il a toujours besoin d’être rassuré. En quête de reconnaissance, l’amour de ses proches est la base de sa guérison. Le summum du sentiment d’être aimé va être atteint quand le bipolaire va se sentir compris. Le travail de compréhension de son cher bipolaire est de longue haleine et est compliqué par le simple fait que le bipolaire lui-même a beaucoup de mal à se comprendre lui-même. Il en va de soi que l’écoute de son proche est la clé de voûte si on veut vivre avec un bipolaire. Aimer, rassurer, écouter et comprendre : il est donc très difficile pour une personne de vivre avec un bipolaire si elle-même est égocentrique.

Les proches du bipolaire vont être amenés à se confronter avec ses envies plus ou moins fantasmatiques. Des envies soudaines que le bipolaire veut par tous les moyens assouvir. Ces situations sont très fréquentes lors de la manie (état d’excitation). Un bipolaire en phase maniaque est très difficile à contrôler et souvent, faute de mieux, ses proches laissent faire. Discuter ensemble sur ses envies est plus ou moins réalisable, cela dépend du recul qu’à le bipolaire sur son trouble. L’idée n’est pas de le pousser à abandonner mais de l’aider à voir si son projet s’inscrit dans une logique ou non. Parce qu’il aura aussi des désirs plutôt raisonnables et sans risques. « Je veux un chaton » : pourquoi pas?…. « je veux quitter mon boulot » : pourquoi? Que vas tu faire? Tu devrais réfléchir un peu avant de prendre une telle décision. Le bipolaire va avoir de grands projets qui vont changer sa vie brutalement. C’est là que les proches peuvent ouvrir la discussion sur les raisons de ses décisions. Avec du tact, et dans une relation de confiance, l’échange est possible. Mais lorsque l’excitation est trop forte et qu’il est impossible de discuter, il est trop tard : le bipolaire se nourrit de son délire et personne ne pourra lui faire changer d’avis. Que faire alors? La chose primordiale est d’arriver à amener le bipolaire à dormir, à reposer son esprit en ébullition. Soit il accepte de voir un médecin (un psychiatre en fait mais chuuut çà risquerait de le braquer), soit il faut trouver un moyen pour qu’il prenne une petite pilule pour dormir. C’est un acte étrange que de lui faire prendre un médicament contre son gré (des gouttes dans un jus d’orange par exemple, mon frère l’a fait pour moi), mais il te remerciera plus tard pour ton aide. Il faut éviter d’énerver un bipolaire en phase montante avec des paroles lui disant qu’il est malade par exemple, cela ne ferait qu’empirer son excitation. Si ton cher bipolaire n’est pas encore délirant il faut alors essayer de voir avec lui ses envies qui sont raisonnables et celles qui ne le sont pas. C’est distinguer la part de rationnelle et d’irrationnelle dans ses volontés.

Un bipolaire a une énergie qu’il a du mal à canaliser. Cette énergie non utilisée va exploser en crise maniaque ou disparaître lors des dépressions. Lorsqu’il est dans un état stable, il faut trouver des activités dans lesquelles il peut canaliser son énergie et tirer une satisfaction. Les proches peuvent aider leur malade à s’investir dans un sport, un art ou autre chose qui puisse lui convenir et donner du sens dans sa vie. Le bipolaire a besoin d’être entouré de personnes qui le stimulent à faire des choses parce que seul il n’en voit pas les bien faits. Bon! tu te doutes bien que ça vaut pour tout le monde. Hé bien oui, nous ne sommes pas des extra-terrestres, seulement des êtres aux spécificités humaines amplifiées.

Important! Gardes-toi bien d’interpréter hâtivement les actes et paroles d’un bipolaire. Si un jour ton proche bipolaire agit étrangement ou tient des propos inappropriés, s’il te plait ne lui en tient pas rigueur. Il est naturel d’interpréter cela comme une vérité qu’il cachait durant ses périodes stables comme une personne ivre qui dévoile ce qu’elle a sur son cœur, mais non. Je te rappelle qu’un bipolaire a un dérèglement chimique au niveau du cerveau ce qui va engendrer des actes contre sa raison. Si tu reçois un soir des textos cochons d’un ami bipolaire, cela ne veut pas dire qu’il te manque de respect, cela ne va pas dire qu’il veut te « baiser » mais cela veut dire qu’il est en état d’excitation, sur un penchant maniaque. Voilà, si ton bipolaire agit bizarrement, qu’il a un comportement qui n’est pas de son habitude, méfie toi de ne pas le juger trop rapidement.

Je parlai plus haut des projets fantasques du bipolaire. Il faut effectivement faire attention, surtout aux conséquences financières. Mais si ton proche bipolaire t’invite en weekend à Belle Île et qu’il ne montre pas  grands signes d’excitation, ne te prive pas du bon moment que vous pourriez passer. Il y a des projets que le bipolaire va vouloir partager avec ses proches étant donnée  sa grande générosité, alors sans abuser de celle-ci, il n’est pas interdit de te faire plaisir.

Si tu es très proche, voir amoureuse(eux)  d’un bipolaire, tu as le droit et le devoir d’exprimer ton ras le bol. En effet, si ton amour bipolaire enchaîne des petites dépressions et des petits up, un tête à tête s’impose avant qu’il ne soit trop tard. De la même manière qu’il ne faut pas brusquer un bipolaire en dépression ou en manie, il est salvateur d’exprimer son mécontentement dans d’autres moments. Un coup de gueule peut en effet faire tilt et annoncer une  futur amélioration. Il ne faut pas céder sans cesse aux humeurs du bipolaires par peur de lui faire de la peine.

Si tu es toujours là, bravo, car je réservais le plus important pour la fin. A l’instar de la psycho-éducation, le bipolaire doit prendre du recul sans cesse sur son humeur pour identifier des possibles états de crise. Pour cela, il peut créer des critères significatifs de l’évolution de son humeur. Le nombre d’heures de sommeil (le plus évoquant), la consommation d’alcool et de cigarettes, l’agenda (plus ou moins rempli), etc. Le bipolaire doit suivre l’évolution de ses facteurs afin de pouvoir anticiper et enrailler une prochaine dépression ou crise maniaque. En tant que proche, tu dois être autant investi que lui dans ce travail. Il est même normal que le conjoint soit le plus attentif. Eviter l’oubli de la prise du traitement va s’en dire. Vivre avec un bipolaire, c’est l’épauler dans ce travail d’auto-critique.

Enfin, le meilleur conseil pour profiter de la vie est… de ne pas vivre avec un bipolaire! Je plaisante qu’à moitié car si tu recherches une vie stable sans surprises ni bouleversements alors, oui, ne partage pas la vie d’un bipolaire. Si tu aimes l’aventure, les relations passionnelles, les découvertes, les virées sur un coup de tête alors pourquoi pas? Le bipolaire reste avant tout une personne infectée d’amour et si désireux de le partager.

Je serai heureux de lire tes réactions quelles qu’elles soient afin de m’apporter de la matière pour un second chapitre sur ce thème.

L’heureux succès de mon blog m’a poussé à publier mon premier livre disponible et commandable ici : la vie d’un bipolaire, le livre, dont 50% des droits d’auteur seront reversés à l’association que j’ai créé à partir des liens qui se sont créés à partir de ce blog : www.association-hypersensibles.fr.

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L’échange entre personnes concernées dans un climat de bienveillance est possible lors des rencontres organisées régulièrement par l’association mais aussi sur le forum : http://hypersensible.forumactif.org/

Patience et espoir,

W.

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474 responses to “Vivre avec un bipolaire 1.1

  • Jr

    Je vis avec quelqu’un de bipolaire et effectivement c’est très dur vu ces états d humeur changeant. Ça fait 17 ans. J’ai maintenant du mal à supporter. J ai tout fait pour la comprendre. Je l aime mais je bouffe ma vie en fait

    • Moiluna

      Bonjour
      Je vis avec un bipolaire et la j ‘ai du porter plainte pour violence conjugale.
      Est-ce k il est violent parce que C sa personnalité ou parce qu’il est malade ?
      J’opterais pour le 1er choix lui me dis que c’est a cause de sa maladie, et que du cout, il a «le droit d etre violent».
      Et que je fais de la discrimination en le quittant

      • kennydu34

        bonjour Luna

        je vais te donner mon avis,il vaut ce qu il vaut….

        toute femme battue doit quitter son agresseur,que çà soit à cause de l alcool,ou qu il ai subit lui même des violences dans son enfance,qu il soit bipolaire,qu il soit quoi qu il soit….
         » quitte le,car un jour il recommencera,les  » frappeurs  » regrettent toujours leurs actes,ils se font doux,gentils,ils pleurent….mais tu ne dois pas t attendrir,reste ferme,va vivre ta vie ailleurs,tu mérites mieux …..car un homme digne de ce nom,ne doit jamais lever la main sur sa compagne.

  • Moiluna

    Je l’ai quitté samedi.
    Et dans son cas il ne C pas donne la peine de s’excuse d’etre doux de pleuré.
    Il a dis que CT grave, qu il regrette mais, il a continué a etre agressif menacant et mechant.

  • cavos

    les bipo n’ont ils pas une once de remise en question? j’ai été très amoureux d’une femme bipo diagnostiquée depuis 15 ans, mais elle aime trop ses phases up…je l’ai quittée et ne regrette qu’une seule chose: être tombé amoureux d’elle, son caractère de « princesse » en plus de ses caprices de bipo m’ont fait renoncer au bout d’une année mouvementée comme jamais! NON LAMALADIE N EXCUSE PAS TOUS LES COMPORTEMENTS

  • ALSIF

    Bonjour,

    Je suis en relation avec une bipolaire depuis 1 an et demi ; Depuis le mois de juillet 2 017 nous avons décidé de vivre ensemble, mais me concernant cela a été un mauvais choix je pense. Je m’explique, depuis décembre 2 016 elle a arrêté de voir son psychiatre, elle a reprit que depuis notre emménagement, la coupure fut longue j’en suis consciente. Elle est au chômage depuis 7 mois et moi je travail. Depuis que nous vivons ensemble je m’aperçoit de changements d’humeur de plus en plus fréquents, et difficile de maîtriser la situation car j’avoue être à bout de supporter cette instabilité, ses crises donc je m’énerve à mon tour. La communication est rompu, je songe sérieusement à arrêter la relation malgré mes sentiments envers elle… Parce que j’avais une réussi à avoir une stabilité dans ma vie, et depuis quelques temps je ne l’es plus. C’est un choix difficile que j’entreprend, mais je pense ne pas avoir le choix. Elle me demande du temps… Sachant qu’elle vient de reprendre ses rendez-vous psy & consorts ; Mais je ne sais pas, je ne sais plus car je pense à moi maintenant, je suis fatigué nerveusement.

    Nota : Je suis en congés donc je suis censé me reposer, et j’ai perdu 1 semaine à me disputer au sujet de choses banales.

    Qu’en pensez-vous ?

    • Akuma

      Ne pas s’énervé c’est difficile mais plus facile pour un non bipolaire de ce calmé qu’un bipolaire moi je suis bipolaire et hypersensibilité j’ai jamais vue de psy il faut que tu cherche a comprendre pourquoi ta compagne s’énerve (des fois pour des chose insignifiantes) c’est justement l’incompréhension qui accetue les nerfs avoir de l’attention

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