Maniac Story-ep06 : La rencontre

Voilà la suite du récit de ma première crise maniaque.

Précédemment dans Maniac Story:

Un élan d’excitation, d’effusion, d’hyper activité me donna des ailes et me fit entreprendre une aventure peu ordinaire. Cette montée en puissance débuta au sein de mon école de commerce en Juin 2008. Très vite je me métamorphosai en Cyrano de Bergerac auprès de ma bien aimée (épisode 1). Puis je sentis une force intérieure démoniaque lorsque mes parents, inquiets par mon comportement, m’emmenèrent voir un psychiatre (épisode 2). Puis, je fus remercié par mon employeur qui était au courant de mes frasques (épisode 3). Après une nuit d’accalmie, shooté par un puissant anxiolytique, à la maison, mon esprit profondément prit par la folie, mit ma raison hors de contrôle. Je disparus dans la nature (épisode 4). Commença alors, un vagabondage à travers La Défense et le hasard me fit découvrir des situations mystérieuses (épisode 5). Enfin, je me rendis au restaurant parisien le Fouquets où devait m’attendre le gardien d’un nouveau monde qui m’appelait à travers tant de signes depuis quelques jours.

J’attendis alors quelques instants au bar de ce lieu luxueux, idéal pour mon entrée dans la famille des Stars qui m’appelait pas plus tard que la veille à travers ce fameux clip musical qu’était apparu sur mon téléphone. La dite personne n’était pas là. C’est normal, je ne suis pas assez bien habillé pour me faire accepter auprès de cette classe prestigieuse. Sans même attendre le whisky que j’avais commandé, je sortis et me dirigeai vers la grande boutique Hugo Boss. Les conversations que je croisais dans la rue étaient des messages secrets pour m’indiquer ce que je devais faire. Les signes me disaient alors d’attendre sur le banc en face de la belle entrée et une personne viendrait m’ouvrir, en pleine nuit, la boutique et m’offrirait une tenue convenable. Quelques minutes plus tard, j’étais toujours en train d’attendre et un autre signe m’indiquait de me diriger dans le parking souterrain (le George V je crois). Le rendez vous avait changé d’endroit pour un lieu plus discret et retiré, plus adéquat pour mon baptême chez les Etoiles. L’excitation ne faisait que croître et j’étais de plus en plus dans un état de trans, d’osmose avec mon environnement, je ne faisais qu’un avec l’univers et je sentais mes pouvoirs se développer. Je cherchais alors cette voiture prestigieuse qui devait être à ma disposition. Elle était garée à l’écart des autres, recouverte à moitié par une bâche de protection. Elle était la matérialisation concrète de ce que mon esprit prévoyait. Il me manquait les clés. Lorsque je demandais au gardien, dans son box, s’il avait trouvé des clés, une élégante personne qui me croisait au même moment et qui avait entendu ma requête, répondit à la place du pauvre homme qu’elle avait vu des clés de voitures par terre quelque part dans le parking. Je la remerciais pour son aide. Mais je ne trouvais pas la clé. Je devais être en avance pour mon heureux avènement.

Je marchais dans les rues de Paris. J’étais hors du temps. J’évoluai dans une dimension qui m’était propre à moi et aux personnes qui m’avaient introduite dans cette matrice. Il me fallait les retrouver absolument. J’atterris dans une cour à l’intérieur d’un monument parisien (Le Louvre peut être). Il faisait toujours nuit, et je devais retrouver une personne qui me guiderait dans ma quête. Sortant de l’obscurité, un curieux personnage vint à ma rencontre, je ne me souvins plus de ce qu’il me raconta. Sûrement un vulgaire vagabond à la recherche aussi de sa propre destinée. Dans cette cour, je pouvais apercevoir des bureaux sous-sols avec des petites fenêtres qui donnaient au rez de graviers. Il y avait à en endroit une petite descente qui menait à une porte cachée par l’ombre de la nuit. Elle devait évidemment servir d’entrée dans ces locaux d’agents secrets. Je voyais de la lumière par les fenêtres mais il n’y avait aucune présence humaine. Après un échange non mémorable, mon curieux guide s’engouffra dans le noir de cette descente, puis disparu. Après un court instant, je descendis aussi. Personne, et la porte était bel et bien fermée. J’étais embêté, perdu, que devais-je faire à présent? Persuadé qu’il fallait que j’aille dans ces bureaux secrètement souterrains, je ramassai une pierre et l’envoyai sur la fenêtre. Aussitôt fait, je partis. Sortis de cette impasse qui ne m’offrais aucun signe, je repris mes esprits. Il me fallait prendre le bus.

Le soleil se leva et montra un nouveau jour qui marquera bientôt la fin de ma quête.

Prochain épisode : Maniac Story-ep07 : Cheminement logique

Episodes précédents: Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

Maniac Story-ep02 : L’exorciste

Maniac Story-ep03 : Parano

Maniac Story-ep04 : Porté disparu

Maniac Story-ep05 : Les Anges

W.

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3 responses to “Maniac Story-ep06 : La rencontre

  • PERRIER

    J’imagine si la boutique Hugo Boss avait été ouverte…..

    Au cours de ma 1ère crise maniaque, j’ai failli acheter une mercedes d’occasion essence ! Heureusement, le hasard a voulu que j’appelle ma sœur et mon beau-frère m’a empêché tout achat, me disant qu’une mercedes essence était un gouffre financier car grosse consommatrice. Je l’ai écouté ! Miracle !
    Mais j’ai acheté plein de Tupperware dont je n’avais pas besoin pour aider une amie à avoir un bon résultat lors de sa réunion, j’ai failli acheter un plaid en patchwork fait main hors de prix : environ 1000 € (c’est mon ami de l’époque qui m’en a dissuadé), j’ai acheté pour plus de 200€ de fringues…
    Plus de limites à mes dépenses, je ne me rendais plus compte de rien….
    Sans entourage (sœur, petit ami), je n’aurais eu aucun garde fou…

    C’est un danger de la grosse crise maniaque : plus de limites :
    dépenses, sexe, alcool, drogue, engagement dans des projets insensés…J’ai lu l’histoire d’un homme qui s’est senti investi de la mission de créer un musée dans un wagon : achat du wagon dans son jardin, achat des objets pour son musée….

    Tu comprends pourquoi il est important de stopper une crise maniaque par tous les moyens : les conséquences peuvent être vraiment graves…pour soi mais aussi la famille…
    Tu comprends aussi pourquoi je pense que les médicaments sont indispensables pour limiter les grandes variations d’humeur ; j’ai même une petite boîte à médicaments pilbox toute mignonne pour ne pas les oublier, comme une tite vieille LOL !!!! Vivant seule, je dois m’aider pour rester bien dans mes baskets comme aujourd’hui ! Mon chat ne viendra pas me dire : »Tu as oublié tes médocs ! ».

    Bon, je n’oublie pas l’importance du suivi psy…surtout quand on est seul…

    Thaloue, bipolaire épanouie et heureuse de vivre…

  • le blabla de l'espace

    tu sais quoi, je pensai que les crises donc délires, je sais pas comment les nommer, etait donc qq chose qui se passait mais qui etait comme un reve, et que apres on s’en souvenait pas forcemment, tu vois j’en apprend grace a toi,
    tu sais quoi ? aujourdh’ui je viens d’apprendre que jim carrey est bipolaire aussi, ! donc ca n’empeche pas le succes youpiiiiiiiiii

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