Tout le monde est bipolaire 1.1

Tu n’es pas d’accord avec le titre? Je comprends, mais je vais te prouver que ce n’est pas si faux que ça. Je t’avouerai que j’ai choisi ce titre car c’est une phrase à la mode et je voulais la prendre comme sujet à plusieurs articles  pour tenter de faire la part des choses. Tout le monde est bipolaire : Oui, non, pourquoi? Jusqu’ici, dans ce blog, je t’ai expliqué que tout le monde n’est pas bipolaire parce que la bipolarité est une maladie qui fait souffrir, etc. Mais en fait, c’est plus subtil que ça…

La bipolarité ne se guérit pas, c’est une maladie mentale qui nous accompagne jusqu’à la mort. On peut faire des parallèles dans ce sens avec le cancer, le sida ou autres affections de longues durées comme le racisme, l’individualisme, l’intolérance, bref, je m’égare! La différence de la bipolarité avec les autres handicaps, c’est que La bipolarité fascine! (lien vers l’article sur ce propos). Hé oui, la complexité et le mystère qui règnent sur ce trouble le rendent attrayant et intéressant. Le fait d’avoir des phases stables permettant de dissimuler facilement notre maladie est très déstabilisant pour les autres et éveillent leur curiosité. Aussi, tout le monde sait que Napoléon, Churchill, Hugo et toute une tripotée de célébrités sont bipolaires. Quand on se renseigne un minimum et qu’on dépasse les clichés véhiculés dans les médias, on est alors attiré par cette maladie peu commune.

A ce propos, il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas apparentées à la bipolarité qui viennent sur ce blog pour assouvir leur curiosité. Et, ce qui ne m’étonne pas, se sentent concernées par quelques textes. Ce n’est pas de l’empathie au contraire, certains se demandent s’ils ne sont pas bipolaires eux mêmes! D’ailleurs, si les personnes ont moins de trente ans, il reste encore des chances qu’elles puissent l’être (après trente ans c’est rare, la majorité des diagnostics se font avant 25 ans), alors il est difficile de les rassurer complètement. Des gens normaux s’identifient à certains aspects de la bipolarité parque que notre maladie découle principalement d’un grand mal être, « une maladie humaniste » pourrais-je dire légèrement. Et chacun sur cette Terre (ou presque) a déjà souffert d’un mal être. Aussi « péter les plombs » arrive à tout le monde. Dans mon blog, je parle de souffrances et de délires, pas étonnant que ça parle à tout le monde. « Ça parle à tout le monde » mais personne en parle.  Nous vivons dans une société où il n’est pas de rigueur de livrer ces faiblesses-manques de confiance-doutes-craintes même parfois à ses proches. Sinon on aurait plus besoin de psychologues… Alors on garde ça pour soi la plupart du temps et le jour où l’on déprime plus sérieusement ou qu’on pète les plombs , on va consulter et alors, on intègre ou pas la race bipolaire. Tout ça pour dire que l’on a tous des symptômes de bipolarités à des degrés différents.

La limite est très subtile entre un bipolaire et quelqu’un qui se poserait des questions.

« Une maladie humaniste ». Je veux dire par là qu’un bipolaire éprouve des émotions humaines trop fortes pour pouvoir vivre avec dans une telle société. Ce sont les mêmes émotions que tout à chacun ressent dans sa vie mais le bipolaire a le privilège de les vivre à des points extrêmes où il devient très difficile de les canaliser et de les exprimer (voir Les canaux de l’Amour). Les grandes célébrités bipolaires seraient les personnes qui y ont parvenues… Nous sommes plus sensibles que les autres, certes. Mais toute personne dans sa vie, par des événements, va avoir des jours riches en sensation. Une fois expérimentés la largesse de son esprit via de nouvelles sensations, des questions vont se poser. Des remises en questions plus précisément. Et, à la lecture de témoignages de bipolaires, il est alors facile de se reconnaître dans ce trouble.

J »aimerai que tout le monde soit bipolaire. Il serait alors simple de s’exprimer personnellement entre nous, on se comprendrait, on s’écouterait, on échangerait, on n’aurait plus cette affreuse peur d’être jugé. Je sais que c’est faux mais c’est pas grave en fait. On pourrait quand même s’ouvrir aux autres et même si on ne comprendrait pas ce que vivent les malades, on pourrait les accepter telles qu’ils sont sans les stigmatiser pour autant et les marginaliser après les avoir réduit à leur maladie.

Finalement, tout le monde est un peu bipolaire parce que l’humain est sensible aux choses et rien ne le protège de sombrer un moment dans la mélancolie ou d’avoir un accès de colère, de manie. En partie, c’est ça la bipolarité.

Pendant l’écriture de cet article, j’ai pensé à toi Cousin! et tes mésaventures de bipolaires alors que tu n’es pas…bipolaire. 😉

Les canaux de l’Amour

La bipolarité fascine

Je rappelle que ce soir à 20h39 sur France 5 est diffusé un film de 51 minutes sur la bipolarité : Dans la peau d’un bipolaire. Ce sera avec joie que je critiquerai cette émission et publierai un article à cet effet vendredi 21. Vendredi 21 mars, jour du lancement des inscriptions pour la journée du 21 juin 2014. 😉

A bientôt,

W.

Publicités

8 responses to “Tout le monde est bipolaire 1.1

  • le blabla de l'espace

    en tous les cas moi j’ai pas le moral depuis des jours,

    • bipohypermaniac

      Bonsoir Julie,
      Dans ces moments là, il faut se persuader que ça ira mieux. C’est facile de le dire mais c’est comme ça, notre trouble agit par phases. Le moral remontera, c’est sûr, courage!
      W.

  • baby

    « un bipolaire éprouve des émotions humaines trop fortes pour pouvoir vivre avec dans une telle société. Ce sont les mêmes émotions que tout à chacun ressent dans sa vie mais le bipolaire a le privilège de les vivre à des points extrêmes où il devient très difficile de les canaliser et de les exprimer  »

    D’où les « comorbités », entendons les troubles qui accompagnent souvent la bipolarité : les addictions, dont l’abus d’alcool.
    Ce sont nos anxiolitques auto-prescrits, nos accompagnateurs des phases up et des phases down …
    Les phases up, celles qui font qu’on n’aurait pas envie de redevenir linéaire, les émotions et les plaisirs intersidéraux qui nous envoient si haut dans les étoiles ….
    Mais forcément suivies de phases down, les douloureuses, celles qui font se demander si les phases up en valent le coup

    Un bipolaire vit avec ses souvenirs : le souvenir jubilant de ses phases brillantes et le souvenir angoissant jusqu’à l’extrême de ses phases obscures ….

    On se souvient a quel point c’était bien dans les phases hautes, mais le souvenir des phases basses est abominablement douloureux …

    L’équilibre, l’humeur neutre, la solution ?
    Quand bien même on en aurait envie, qu’il est difficile de l’atteindre ….

    • bipohypermaniac

      Personnellement je ne suis pas nostalgique de mes phases hautes. Elles sont rattachées à des conséquences désastreuses.
      Je les conçoit comme des périodes maladives même si pendant celles ci j’exprime des choses qui étaient profondément enfouies…
      W.

  • fhefhe

    J’écris….en REVE EVEILLE
    22 ans que dure cette saloperie au gout exquis…plusieurs fois approchée mais jamais vue…
    A mon réveil serai je prés d’elle ?

  • Hello

    Je suis une jeune, j’ai encore tant à apprendre de la vie. Bipolaire, qu’ils m’ont diagnostiquée, ces connards. Des yeux ébahis sur ma face, je ne les ai pas crus. Mais le temps passe, les jours, les heures, les minutes, les secondes. Et mon humeur est un océan. Les vagues emplissent mon âme, celles-ci sont des humeurs qui se transforment et se retournent sur elles-mêmes, sans cesse. L’océan n’en serait pas un sans le mouvement des vagues, et je ne serai pas sans le mouvement incessant de mes humeurs, qui me laissent à cours de paroles et me plaquent face à la fatalité. La haine grandit. Les minutes s’écoulent. Je vois ce mur, j’aimerais le transpercer de ma haine, mais tout reste intérieur. Cette douleur n’a pas fini de danser contre la volonté d’en sortir … Sortir de cette tempête serait sortir de moi-même, alors j’accepte, et j’attends. Toujours face à ce mur. Ce mur que j’aimerais briser, ce mur à travers lequel j’aimerais me jeter pour découvrir ce qu’il y a derrière : un autre monde, hors de moi-même. Je suis une fuite en avant.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :