Comment guérir de sa bipolarité 1.1

Encore un titre provocateur, j’aime ça. Guérir est mot taboo lorsqu’on parle de bipolarité. Tu n’entendras jamais un psychiatre dire qu’on peut guérir de la bipolarité mais seulement qu’on peut la soigner. Je suis d’accord pour une raison différente : la bipolarité n’est pas une maladie, alors comment guérir si l’on est pas malade? Je te renvoie à l’article La bipolarité n’est pas une maladieEvidemment je ne réfute pas la réalité, la bipolarité est un trouble, un handicap. Pour gérer ce trouble et pourquoi pas s’en libérer, je vais t’exposer ici les étapes à franchir. La bipolarité est une épreuve de vie qui nécessite donc pour la personne touchée de gravir des obstacles.

Accepter: C’est le plus difficile, le coming out. Peu de personnes acceptent de consulter ou le diagnostic posé par le psychiatre (voir : Diagnostic : la sentence est tombée). La fait de présenter la bipolarité comme une maladie incurable n’aide pas à surmonter cette étape. Il faut assumer cet handicap. C’est l’épreuve de notre vie, ce n’est pas une fatalité comme le cas d’une personne paralysée pour le reste de son existence, c’est ainsi. Il faut accepter en prenant du recul et prendre pleinement conscience que notre chemin, notre destin passent par la case bipolarité. Etre bipolaire est un état qui peut durer quelques années jusqu’à une vie entière ; tout dépend comment on reçoit ce combat et comment on le gère. L’accepter est la première barrière à franchir, la plus humiliante, la plus douteuse, la plus solitaire mais il faut y arriver. Concrètement c’est accepter de prendre un traitement, accepter l’hospitalisation quand c’est nécessaire et accepter une nouvelle hygiène de vie afin de ne pas rechuter. Même si la rechute n’est pas un échec.

– S’exprimer : Que ce soit à l’oral, à l’écrit, à travers n’importe quels arts avec ces proches, avec d’autres bipolaires ou avec des inconnus, la deuxième épreuve est d’extérioriser ses doutes, ses inquiétudes, ses réflexions et ses délires afin de se soulager. Les bienfaits sont ressentis très rapidement. Enlever le poids de son esprit permet d’être apaisé. Surmonter le renfermement sur soi et échanger avec d’autres sur sa bipolarité est salvateur. On se rend compte que l’on est pas seul, que notre malheur est très humain puisqu’il est lié à la sensibilité et à l’affection. Discuter avec d’autres permet aussi de découvrir que chaque bipolaire est différent et donc, caché sous notre trouble, demeure une personnalité unique. Pour ma part, ce blog est mon moyen d’expression, tu peux pas savoir à quel point ça fait du bien de m’extérioriser et de partager ma vie de bipolaire à qui veut lire.

S’unir : Ensemble on est plus fort. Il faut rendre son combat personnel une bataille collective. Se libérer de sa bipolarité passe par trouver sa place dans la société. Pour cela la société doit changer. Elle doit s’adapter à toi, à moi et aux milliers de personnes comme nous. Ce n’est pas les dirigeants et décisionnaires de ce système qui savent ce qui est bon pour nous. Nous seuls le savons. C’est donc à nous de changer les choses en notre faveur. Chacun dans son coin, fataliste et renfermé dans sa solitude, nous ne pouvons pas avoir d’impact. Par contre, si nous nous unissons, nous nous rassemblons, nous montrons notre volonté forte à avoir notre place, nous pourrons franchir cette dernière étape avant notre libération. Des actions se développent petit à petit, voir l’article A new World .

Patienter et espérer : Parce que chaque grand combat prend du temps, parce que chaque noble cause n’est pas facile à réaliser, il faut être patient. Nous sommes les mieux placés pour être patients. Nombreux d’entre nous l’ont été en hôpital psychiatrique. Approprions nous cette désignation médicale et dans notre quotidien difficile restons patients. L’espoir est nécessaire pour mener à bien notre combat, c’est l’arme la plus puissante face à toutes nos épreuves. Je suis un grand optimiste, idéaliste et j’ai toujours eu un espoir présent au fond de moi. Et c’est la principale cause de mon état aujourd’hui, de la confiance gagnée dans mon combat personnel. Nous aurons toujours des moments de déprime, c’est pour ça que l’on doit être ensemble derrière la même cause pour se soutenir et faire vivre la grande solidarité qui nous anime, nous hyper-sensibles.

L’heureux succès de mon blog m’a poussé à publier mon premier livre disponible et commandable ici : la vie d’un bipolaire, le livre, dont 50% des droits d’auteur seront reversés à l’association que j’ai créé à partir des liens qui se sont créés à partir de ce blog : www.association-hypersensibles.fr.

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L’échange entre personnes concernées par ce sujet est possible lors des rencontres proposées régulièrement par l’association et sur le forum : http://hypersensible.forumactif.org/

 

A bientôt,

W.

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31 responses to “Comment guérir de sa bipolarité 1.1

  • pandoratears

    Ah, ah, ah, la bipolarité c’est le fond de commerce du psychiatre, qui ne guérit jamais rien, mais fait un gouffre au porte-monnaie !

  • mke06

    Ça me fait plaisir de lire un article comme celui-là, tu ne peux pas t’imaginer à quel point. Tu donnes espoir, c’est certain. J’ai fréquenté des forums pourtant, mais ça ne m’a jamais donné ce sentiment.

    • bipohypermaniac

      Merci, ce que tu dis fait un effet de miroir. Je n’ai jamais eu le sentiment d’être autant compris grâce aux réactions comme les tiennes.
      J’espère que tu pourras être présent le 21 juin 🙂
      W.

      • pierre

        Guérir? Très simple: oublier que la normalité fait acte de vérité. Accepter sa propre différence et ses écarts.
        Garder à l esprit que toute difficultés est un puit f enseignement.
        Garder un oeil compatissant sur « l équilibre mental » de nos concitoyens.

      • bipohypermaniac

        Je suis d’accord avec ces grandes phrases là. Seulement une chose me gêne dans ce que tu viens d’écrire : ce n’est pas si simple…
        W.

  • lemee

    Bonsoir je suis une femme j ai 47 ans je suis bipolaire depuis longtemps et je souffre beaucoup. C est infernal de toujours ce battre avec ses émotions qui sont très variables. Je suis suivie par un très bon psychiatre. Mais cette maladie grave me rends triste au point de pleurer au point d être inconsolable.Je vais bientôt changer de traitement. Pour moi la bipolarité est un poison. Merci de m avoir lue.

  • Lucie

    Bonsoir,
    J’ai vraiment lu ton article en pensant qu’il y aurait des solutions, des choses concrètes à mettre en place dans son quotidien. Un de mes amis à été hospitalisé à cause de troubles bipolaires et j’aimerai être dans la capacité de l’aider mais je ne sais pas du tout que faire. Si tu as des idées, de ce que ton entourage à pu faire pour toi qui a été bénéfique ou encore des choses que tu as toi même mis en place dans ta vie qui t’ont été utiles, je suis preneuse!

  • sonia

    A là on sait dans quelle phase tu es😉

  • katia

    après avoir lu après avoir lu votre à votre récit qui nous unissent je trouve que ça a été d’une justesse et je vous avoue vous m’avez soulager fait du bien fait rire je vous ai même fait une déclaration je vous aime enfin je me sent comprise mais pas que la suite de ma vie car être bipolaire et surtout quand on est dans la fase bi que arrivera jamais passer la journée après avoir lu tous les commentaires et les autres j’ai vraiment beaucoup d’espoir pour la suite

  • cecilia

    bonjour je suis bipolaire avec des idées sucidaires car je n’arrive plus a gérer ma vie. J’ai 2 enfants et je suis en cours de divorce mais je ne maitrise plus rien. cette souffrance me déchire et je vois la mort comme seule issue pour mettre fin. C’est tellement handicappant déguelasse que ça tombe sur moi sur nous !!!! merci pour ton article qui donne un peu d’espoir mais comme cette maladie brouille notre esprit et que je suis au ralentie il faut que je me concentre pour mieux le comprendre. Cécilia

  • Vulcania

    Confiance Cécilia !

    Je pense que les épreuves qui arrivent dans notre vie ne sont pas des malédictions, ni des hasards. Elles nous aident au contraire à dépasser toutes les limites que l’on s’impose et qui nous empêchent d’accéder au bien-être.

    Pour moi, la « bipolarité » n’est juste qu’un symptôme d’un mal-être déjà présent.
    Avant de développer ce trouble psychique, je n’étais déjà pas heureuse de vivre mais j’en avais peu conscience.

    J’ai aussi pensé au suicide et j’ai expérimenté ce qu’était véritablement cet état de fort désespoir et de souffrance. On n’en peut plus de souffrir et on pense qu’il n’y a aucun espoir que cette douleur s’arrête d’elle-même.
    Le pire est que le suicide ne met pas fin à la souffrance comme on pourrait le souhaiter, il la propage au contraire.
    Ce sont les proches et surtout les enfants qui porteront à leur tour cette souffrance amplifiée et ceci de façon encore plus durable… Ils pourront d’ailleurs être aussi dans la répétition de cet acte suicidaire…

    Cécilia, au plus profond de ta détresse, il y a toujours de la lumière, tu n’y crois pas parce que tu ne la vois pas pour le moment, et pourtant, cette lumière est bien là pas très loin de toi.
    Iras-tu dire que le soleil n’existe pas parce que tu ne le vois plus depuis des mois, caché sous une épaisse couche de nuages ?
    Cette lumière intérieure est en toi depuis ta naissance et le sera jusqu’à ta mort. Elle ne te quitte pas même quand l’obscurité te gagne.
    Crois en ta lumière, en tes possibilités, en tes capacités et tourne-toi vers elles pour t’épanouir.

    Tout est déjà en toi pour traverser cette épreuve et en ressortir grandie.

    Pour accoucher d’un magnifique être, il faut souffrir, c’est la loi de la nature. La souffrance précède la naissance car c’est dans la souffrance que le travail se fait le mieux… La souffrance nous permet de re-sentir à nouveau et pleinement la vie.

    Accepte cette souffrance Cécilia et prépare-toi à découvrir l’être parfait qu’il y a en toi, à l’aimer inconditionnellement et à enfin re-sentir quotidiennement la douce joie profonde de vivre et d’être.

    Prends bien soin de toi et de tes enfants,
    Céline.

  • Amandine Leroy

    Ne confondez pas un episode de déprime ou une dépression avec un vrai bipolaire atteint d une maladie neuro chimique. On ne soigne pas une vraie maladie cérébrale avec du blabla chez un psy ou un soutiens familiale. Je parle en connaissance de cause. J ai vécu les phases maniacs, les crises d angoisses, le refus alimentaire, les accès de violence et les idées suicidaires. Les traitements type lithium sont des traitements à faibles coût (donc ne servent pas à faire faire du chiffre au labos). Alors avant de traiter des malades à la méthodes gourou prenez le temps de consulter plusieurs vrai médecin avant de dire que cette maladie n est qu épisodique ou reflechiser à savoir si vous voulez retrouver un de vos proche entre 4 planches ou un autre victimes d’un accès de violence.

  • Brigitte Guillot

    il parait que le lithium est mauvais pour les reins à partir d’un certain age :
    j’ai 81 ans; qu’en pensez vous

  • Nadia

    Bonsoir
    Svp quel est le traitement de base pour stabiliser l’humeur et est ce efficace?
    J’ai 38 ans et tous les symptômes de cette pathologie. Merci

  • Valérie

    Bonjour diagnostiquée bipolaire fin 2011 avec de nombreuses TS et autres troubles j’ai eu 4 ans bien durs et cette dernière année 2016 à été celle de la delivrance. Au moment de renouveler mon ald en novembre 2016 avec ma psy nous avons décidé que tout était fini je ne prenais plus mes médicaments depuis 6 mois et stabilisee depuis 1 an. Alors oui on peut guérir de la bipolarité, je sais que c’est peut etre une rémission mais le fait de ne plus avoir cette etiquette sur mon dossier médical etait dejaune grande victoire. J’avais pris 35 kg avec le traitement j’en ai repérés 36 en 14 mois. Je suis heureuse épanouie et je souris à la vie.

  • PtiLu

    Bonjour,
    J’ai été diagnostiquée en janvier 2013, je suis passée par la difficulté de l’acceptation d’être atteinte d’une maladie mentale, puis j’ai suivi mon traitement pendant 3 ans. Et j’ai pris 25kg, je n’ai pas accepté ce changement de corps.
    Sportive depuis l’enfance je n’ai jamais peser beaucoup sur la balance.
    Dans un élan de confiance j’ai décidé de tout arrêter. J’en avais marre des contraintes médicamenteuses, des rdv chez les psy du CMP qui ne me servaient à rien à part perdre mon temps en salle d’attente.
    Cela fait désormais 8 mois que j’ai tout arrêté et le mal être revient. Les sautes d’humeur également et je rends les gens autour de moi tristes car je suis dure avec eux, ce qui me rends triste par la suite lorsque je me rends compte de ma réaction bien souvent trop tard, et trop excessive.
    Je ne veux pas reprendre le depakot car j’ai le sentiment qu’ il ne me convient pas. J’ai pensé jusqu’ à aujourd’hui qu’ il était le seul traitement existant…
    Les anti depresseur et anxiolytiques me font peur que puis je faire?

    • bipohypermaniac

      Bonjour,
      Si tu sens que tu as besoin de l’aide de médicament pour te stabiliser, essaie de trouver un psychiatre en qui tu auras confiance.
      Essaies aussi de comprendre le sens de ton mal-être. Des événements ou d’autres facteurs sont à l’origine de nos souffrances. Le mal n’est pas inscrit dans nos gênes.
      Bre! Difficile de te dire plus par rapport à ce que tu as dit. Ce qui est sûre c’est que tu as besoin de prendre soin de toi 😉
      Merci pour ton témoignage
      W

  • lili

    Merci beaucoup. Ca ma fait du bien de pouvoir vous lire. Mon ptit ami est bipolaire, mais ne veut pas l.admettre. Donc ce n.est pas facile toute les phases qu.ils traverse. Je vais avec vos petites explications, faire tout pour l.aider. Un grand merci pour votre courage.

  • Gigi

    Up et down des fois je suis hyperactif extrémiste les hen me dise hey pourquoi tu parle fort malaise oups! Des fois des d’own S m’isoler et être agressive parole je parle toute seule quand il m arrive dès événement ?

  • Gigi

    Comment ce fais T il que je vie cela en changement continue dans 1 mois seulement et cela a tout les mois des fois pnt me did t’es pas mouS’ pi j ai rien fais hyper pi 4 jours apres down ???0

  • Gigi

    Oh o médicament je vie ca depuis longtemps pleure plus plus et quelques jours après je rit fais des jokers et les gens rit me regarde pi
    Me dise tes drole apres qu’elles jours mr dise he t’es pas normal alors que faire je suis drole dowm et seule avec ce problèmes metvi

  • AMINE

    TRISTE ET CRUELLE MALADIE SEUL L ATTEINT PEUT
    LA SENTIR DIFFICILE À VIVRE
    INSUPPORTABLE POUR L ENTOURAGE INVIVABLE POUR LE CONJOINT
    DÉCONCERTANTE POUR LES COLLÈGUES
    GRAVE HANDICAP DIEU SEUL PEUT LES ASSISTER

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