La bipolarité n’est pas une maladie 1.2- X-Men

J’ai toujours cru que derrière la science fiction se cachait une part de vérité actuelle. Même si je n’ai jamais su l’expliquer rationnellement, je n’ai jamais pu m’empêcher de ressentir que le monde rationnel n’était juste qu’une dimension de la réalité. Comment expliquer quelque chose d’irrationnel? On apprend dés le collège à raisonner à partir d’observations pour ensuite constater et interpréter. Une démarche scientifique qui régit notre manière de penser et voir le monde. Il ne s’agit donc pas de convaincre l’autre de ses étranges convictions mais d’y croire simplement. Il n’y a pas de fumée sans feu… si monsieur Marvel raconte des histoires où des personnages ont des supers pouvoirs c’est qu’il a bien été inspiré par une certaine réalité. On invente rien à partir de rien, en tout cas c’est ce que j’ai toujours cru.

Comme je l’ai fait à partir du film Hysteria (lire l’article à ce sujet dont je suis très fier La bipolarité n’est pas une maladie 1.1) je vais m’inspirer des films X-men pour te dévoiler encore une de mes théories abracadabrantes.

Les X-men sont des mutants. Leur pouvoir, différent selon la personne, n’est pas simplement un don du ciel pour faire le bien. J’aime la réplique de Wolverine qui va dans ce sens :  « It’s not a gift because I can’t give it back » C’est pas un don parce que je ne peux pas le rendre. C’est une spécificité de leur personnalité qui se développe pendant l’enfance et évolue jusqu’à devenir un réel pouvoir s’il est bien contrôlé. Hé oui, avant de pouvoir jouer avec le feu ou rentrer dans l’esprit de n’importe qui, l’histoire nous raconte que cela reste un fardeau jusqu’au jour où le mutant est accueilli dans l’école du professeur pour se faire aider à comprendre sa bizarrerie et l’utiliser pour le bien. « Fardeau » car les mutants sont une minorité qui souffrent de leur différence et ont bien du mal à s’intégrer dans la société américaine présentée dans le film. La fille qui ne peut pas toucher la peau d’un autre sans le tuer en est un parfait exemple. Quand vient le moment d’embrasser son amoureux, elle ne peut résister à prendre le traitement anti-mutant pour guérir de sa maladie.

Tu l’as senti venir, en regardant les X-men, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec la bipolarité. Les bipolaires étant les mutants. On retrouve chez les personnages aux gènes mutés des lieux communs : la solitude, la marginalisation,la différence, l’exclusion et  l’hyper sensibilité qui engendre la haine envers les autres pour certains. Avec l’entre-aide, illustré dans l’école pour surdoués, l’apprentissage de sa spécificité, la connaissance de soi et l’appartenance à un groupe soudé, l’étrangeté initiale évolue en une force  contrôlable. Les mutants sont divisés en deux clans : il y a ceux qui rejettent totalement la société et qui veulent éliminer tous les normaux avec le prétexte que ces derniers les persécutent et ont pour projet de les guérir, et il y a ceux « les gentils » qui œuvrent pour un monde d’amour où les mutants et normaux pourraient vivre en harmonie. Les mutants qui sont parvenus à s’épanouir malgré leur handicap-pouvoir entrent dans le cercle vertueux des X-men. Chez nous, il y a les bipolaires qui subissent leur trouble et ceux qui parviennent à s’épanouir malgré leur trouble-originalité.

On retrouve dans ces films la notion de doute et de perdition. Cette anomalie qui se développe depuis leur ADN les trouble profondément. C’est le professeur et son équipe de mutants expérimentés qui vont réconfortés ces petits mutants égarés. Ils vont les aider à accepter cette partie de eux mêmes qui leur fait peur et tout ça sans lithium! Cet aspect là me passionne. Je me suis mis naturellement à leur place. Moi aussi j’ai quelque chose en moi qui me trouble et qui a explosé plusieurs fois. J’ai peur de cette partie de moi même qui m’a fait commettre des actes terribles. Même si je suis plutôt avancé dans la connaissance de ma bipolarité, j’ai toujours peur de ce petit diable enfermé et contenu à coup de lithium, lamictal et xeroquel. Les psychiatres aujourd’hui sont pas au même stade que le Professeur chez les X-men, ils n’ont pas encore compris notre trouble puisqu’ils n’ont pas d’autres choix que la camisole chimique. Finalement, il n’y a pas que moi qui ai peur mais toute la société puisqu’elle n’a pas encore trouvé de moyens humains pour nous protéger.

Néanmoins, j’ai espoir. Je suis convaincu qu’un jour on saura apprivoiser notre bizarrerie et qu’on pourra en tirer la force qu’elle contient. Pas le pouvoir de lire dans les esprits, pas le pouvoir de se téléporter ou de maîtriser l’orage mais une force d’Amour simplement. Une force dont l’Humanité manque cruellement.

A bientôt,

W.

 

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12 responses to “La bipolarité n’est pas une maladie 1.2- X-Men

  • bipolairephilosophe

    Je veux être une gentille mutante! Voilà pourquoi je fais semblant de suivre les conseils de mes proches, parce qu’ils agissent également par Amour. J’accepte cette « maladie » jusqu’au jour où ils se rendront compte que je ne suis pas si malade que ça mais que c’est la société qui est malade.

    • bipohypermaniac

      Le rapport avec les proches surtout les parents est très compliqué pour beaucoup de nouveaux diagnostiqués. Je vis toujours cette situation et j’ai bien du mal à gérer cette relation. Mais je suis certain qu’avec le temps ça ira.
      W.

    • pierre

      Dis donc tu es debout à l aube!;;c😊est bien ça
      On ne peut pas aimer sans d abord s aimer soi même…qu en penses tu?

  • pierre

    J ai 55 ans, j ai élevé trois enfants d une compagne précédente a mon mariage, ils ont tous réussi leur vie. J ai une fille,12 ans.
    Bouffée délirante à 20 ans (bon anniversaire),beaucoup de pétards, alcool,boulot en simultané, donc pas de sommeil)neuroleptique jusqu’ a 30ans, puis diag bipolaire, j ai alors choisi de sortir du statut TH et ALD. Je suis parti d un bac(18ans) puis cap,(24ans) actuellement j ai un dea ou presque(sciences cognitives),je suis cadre, master spécialisé en formation et accompagnement ..:-) j ai occupé des poste de direction, ou de responsable, en conception notamment.
    Ce que je veux dire par là c est que bipolaire ou pas (sous lithium et xeroquel)on peut avancer, c est aussi une question de choix de vie et de prise de risque…et quand on tombe eh: bien on se relève
    J ai trois TS (divorce) en l espace de deux ans, les deux dernières années, sur les 53 autres années .côté psychiatrie,(tjs mis a part les deux dernières années) quelque séjours courts,
    Passer des neuroleptiques purs et durs au lithium, c est un autre monde…
    Personnellement je bénis le ciel de m avoir donne la carte bipolaire et pas celle de la psychose
    La normalité me saoule sauf quand je tombe amoureux d une artiste,laquelle me rend dingue en général 🙂

  • Thaloue

    Ouaaaouuu, cool….
    Une belle tranche de vie, Pierre…Enfin un « vieux » de 50 ans, je me sentais un peu seule au milieu des jeunes…
    Pour info, j’ai enfin compris toutes tes phrases ….!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    Thaloue

  • Thaloue

    Au fait, il est 7h33, pas 5h33 :-)))

  • Aline

    Je aimerais vous rencontrer un jour 🙂 Deja cest tres cool de savoir qui vous existent. Cest dommage que je n’habitte pas a Paris.
    A tres bientot,
    Aline

  • Elie

    C’est beau et je partage tes réflexions avec une precision qui me perturbe, alors que d’habitude je trouve tjs a redire… Merci de mettre par ecrit ce que je(on?) Pense tout bas.

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