Le lacher prise a besoin d’amour

Quelle énergie dépensée à tomber amoureux de la première venue! A attendre, à espérer jusqu’à se rendre compte que je suis seul dans cette histoire. Quelle énergie dépensée aussi dans la désillusion! La dépendance affective… Est-ce un trouble, ou est-ce une partie de la condition humaine? Je me dévoile ici. De plus en plus de personnes que je connais ont l’adresse de mon blog et la possibilité d’entrer dans mon intimité. Tant pis!

La bipolarité c’est l’occasion qui m’a été donnée de faire du ménage intérieur. Ce que je n’aurai peut être jamais entrepris si ce trouble n’était pas apparu. Cela pourrait signifier que la majorité des gens ne feront jamais ce plongeon en eux de leur vie et cependant s’intéresseront aux personnes qui le font et qui leur livrent ce qui est caché inconsciemment chez eux aussi. Il est alors très possible que je sois regardé par certain comme un cas psychologique intéressant. Comme un don à la science.

Dans la guérison de la bipolarité, des pensées et des émotions qui nous malmènent, j’ai appris à ne plus les subir et à les observer passer en moi sans qu’elles n’aient d’impact et de maîtrise sur le présent que je traverse. Alors, lorsque des pensées ou des émotions (qui signifient « dérangement » étymologiquement, il paraît) je ne me laisse pas déranger, justement! Je les observe, je me place en spectateur. Ces sentiments amoureux qui surviennent si vite et qui m’envahissent, que sont-ils réellement? Pas de l’amour, évidemment, l’amour est plus profond, il est au delà des émotions. Qu’est-ce donc cette sensation enivrante, tout aussi jubilatoire qu’angoissante? Elle se manifeste dans le vide, lorsque je n’ai pas de pensées ou autres occupations.  Une dépendance affective en manque de relation humaine, d’une femme?

En tout cas, il me semble que j’arrive à l’origine de tous mes maux car il s’agit ici de ma relation avec ma mère bébé et enfant qui régit mon rapport avec les relations affectives. Cela a dû être très intense tout petit, logiquement je suis dans la recherche de relations tout autant intenses pour retrouver l’unification que je savourais bébé. Toutes femmes qui me plaisent un tant soit peu et qui me donnent un peu d’amour, dans le même temps, m’attachent à elles inconsciemment. Holà, ce sont des grands mots pour te parler de simples ressentis, j’exagère un peu pour me faire comprendre.

Est-ce bipolaire que de vivre cela? Oui, je pense, c’est encore quelque chose vécu à une intensité supérieure que la norme. Sensibilité, fragilité… Cependant, la vie m’envoie coup sur coup des femmes sur lesquelles je dois apprendre à être en relation sans pour autant m’attacher. Je vois ces épreuves comme les dernières avant de pouvoir déclarer haut et fort : « Je ne l’étais pas, je le suis devenu et aujourd’hui, je ne suis plus bipolaire! ». Ce n’est en aucun cas une finalité, la vie continue avec ses prochains lots de joie et de peine. Mais le gros de la souffrance n’aura plus de point d’accroches en moi, tous mes ports seront aguéris.

Bipolaire… Un mot fumeux, un nuage noir qui se pose au dessus de notre tête et qui trouble notre climat. Il peut rester là. Il peut aussi avec un vent d’espoir et de patience, s’en aller.

Bipolaire… Un mot rempli de souffrance qui éclate au grand jour. Le bipolaire peut se vider de cette souffrance en la regardant en face, en la mettant à la lumière et, tel un alchimiste, la transformer en or. Alors, le mot bipolaire ne devient qu’une coquille vide que l’on peut se débarrasser ou simplement garder comme un souvenir, un mot commun pour échanger avec d’autres voyageurs de l’âme.

La bipolarité, c’est un peu comme de la poésie de Baudelaire, une sensation d’enfermement, une mélancolie, un spleen, une drogue, un mal qui peut éclore une fleur.

J’ai lu sur la blogosphère que les romantiques n’étaient valables que dans la littérature. C’est peut être ça notre problème, nous sommes des romantiques dans un monde qui a peur de l’être.

A bientôt,

W.

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15 responses to “Le lacher prise a besoin d’amour

  • L.

    C’est drôle, j’allais écrire sur le forum http://bipolaire-et-alors.forumactif.org/ un article sur la bipolarité et les émotions, comme quoi les discussions entre bipolaires ont du bon, n’en déplaisent aux psychiatres 😉

    Je pensais à toi et moi, deux bipo, toi l’amoureux transi, moi la fille sans coeur… Aux deux pôles opposés, aux extrêmes des émotions, aux émotions déréglées. Les deux sont très sensibles puisque j’ai déjà aimé, du moins je le crois.

    Mais quand je pense à l’Amour j’y mets un tel grand A, semblable à un amour du divin, que je meurs de ne pouvoir jamais m’y approcher dans ma vie et de me contenter d’un Amour qui ne me satisfait pas. En fait, comme tout dans ma bipolarité, la peur de ne pas me satisfaire de ma vie parce qu’elle n’est pas aussi belle que je l’imaginerais, j’ai peur de ne jamais trouver l’amour dont on parle dans les livres donc je préfère ne pas m’y frotter.

    Je me dis ne pas être romantique et pourtant…. Je le suis à l’extrême. J’ai écris, j’écris encore, j’ai vécu des sentiments que je pense proche de la folie (puisqu’ils sont ressortis dans ma manie, 7 ans après, dans mes rêves encore). Relation avec « l’abandon » (divorce) de mon père ? Aucun attachement pour ne pas revivre la séparation si douloureuse ? Certainement.

    Alors oui, on vit tous nos relations amoureuses de manière conditionnée par le schéma de nos relations avec nos parents, comme tout le monde.

    La plupart ne s’en rendront jamais compte, et iront se coller au problème qui les fait souffrir. Je l’ai déjà fait. Mais le trouble est rentré dans ma vie, et il m’a fait comprendre que je dois sortir de ces schémas, tout comme toi.

    Mais pouvoir définir pour le moment du haut de ma petite vie humaine ce qu’est l’amour, le romantisme, non. Mais je préfère, étant entière, rester seule que de vivre des illusions pour suivre la comédie que nous impose la société.

    Mais un ami m’a dit ce matin, il faut vivre même si on doit mourir, j’ai complété on doit aimer même si ça doit finir.

    🙂

  • solfinia

    Pour le titre peut être un truc du genre « le lâcher prise a besoin d’amour »
    En référence à ton dernier article et surtout qu’avant tout il est important de trouver d’abord l’amour de soi pour avancer. (Ce qui n’est pas évident je trouve avec notre éducation.)

    • bipohypermaniac

      Ça me plait bien merci :). En même temps c’est discutable. Le lacher prise signifie t il d’être libre de toutes attaches incluant celles amoureuses ? Je ne sais pas.
      W.

      • solfinia

        D’après mon expérience (bon je peu encore changé d’avis, l’avenir me le dira), lorsque tu as l’amour de soi (qui n’est pas du tout évident à trouver) tu es justement libre d’être tout simplement toi même et du coup tu aimes d’avantage les autres pour ce qu’ils sont sans rien attendre en retour.

      • bipohypermaniac

        Oui, l’amour de soi, pas simple 🙂
        W.

    • mi

      le lacher prise a besoin d’amour (et inversement)- voila ce que je rajouterai pour ma part …
      le lacher prise, un art bien difficile à pratiquer pour le commun des mortels, et peut etre encore plus pour les hors du commun que nous sommes 😉 . peut etre aimons nous au fond notre coté hors du commun, ou bien avons nous appris à l’aimer, l’apprivoiser, en être fier , ca dépend des jours, ca dépends des gens …. a force d’en avoir marre d’en baver, on essaye d’en tirer un peu de positif !

      bref, tout ca pour dire que l’amour n’est pas forcément la solution a tout . l’amour des autres, le sentiment amoureux . je dis et je redis qu’il faut avant tout s’aimer soi meme , apprendre à s’apprécier, apprécier sa solitude, avant de pouvoir espérer etre apprécié par un autre …. on est rarement sauvé par un/une autre si on ne se sauve pas soi meme d’abord .bien sur, l’autre contribue au sauvetage. mais il faut avant tout etre son propre amoureux, sans tomber pour autant dans le narcissisme . il faut etre exigent avec soi meme tout en etant tolérant.

      c’est bien difficile, tout ca, on n’aura pas assez d’une vie, espérons qu’on se réincarnera pour finir le boulot !!!

      • bipohypermaniac

        Sans le trouble je ne me serai sans doutes pas intéressé au lâcher prise et autres philosophies de vie. Du dysfonctionnement peut naître un meilleur fonctionnement… 😉
        W.

  • elise9

    Bonjour W., merci pour ce très beau texte !!! 🙂

    Et j’adore le titre que tu as finalement retenu : le lâcher prise a besoin d’amour. C’est très beau, et très juste. Pour moi besoin d’amour au sens large, sous toutes ses formes car rien n’est séparé, ni notre amour intérieur, ni celui de l’autre, pas de petit amour ou de grand amour, tout, absolument tout est amour !

    Encore une fois, je ne vois aucune faute, rien à changer dans ce qui est, pour moi tout est amour, tout ce que l’on vit chaque jour reflète, tels de petits miroirs, notre grand grand amour en nous et à l’extérieur de nous, une petite étincelle, chaque jour, qui ravive notre grande flamme intérieure qui a soif d’amour, toujours ! d’amour sous toutes ses formes : ce regard qu’on a croisé qui nous a fait vibrer l’espace d’une seconde, cette amitié enrichissante, douce et bienveillante, cet arbre majestueux, la lune ce soir-là, cette femme, cet homme pour qui soudain on s’est enflammé tout entier. Tout cela est amour, oui !
    Et c’est beau, oui !

    Alors, peut-être cet amour me fait il souffrir quand soudain il vient à manquer, quand je ne parviens plus à le trouver, à l’intérieur de moi-même.
    Mais j’ai toute une vie pour apprendre à raviver ma flamme intérieure, mon amour, chaque jour !
    Et cette douleur de perdre mon amour se transforme alors en quête résolue et déterminée de l’Amour, encore, le faire grandir, encore.
    Cette douleur me fait me sentir vivant, de cet être humain sensible, touché par l’amour, qui a peur, qui a mal, qui est capable, aussi, du plus grand des amours, oui !

    Devrais-je alors remettre en question l’une de ces multiples formes d’amour ?
    Cette magnifique émotion qui m’a fait trembler, me sentir vivant plus que jamais, qui a dévoilé, encore, une partie de mon âme, qui a réveillé mon envie d’amour ?
    Cette belle émotion, qui est alors devenue réelle, cet amour que j’ai ressenti est comme une boussole supplémentaire, une balise qui me rapproche toujours plus de cet amour intérieur qui brûle en moi, qui est en moi, certes, mais qui a besoin aussi et surtout de l’Autre pour se manifester.

    Je ne vois nul trouble moi dans toutes ces manifestations magnifiques d’un humain en vie, d’un humain qui croit, toujours (jusqu’ à s’en désespérer parfois…), d’un humain qui cherche l’amour, encore, en lui et dans l’autre, avec toujours cette innocence renouvelée, gage d’un cœur bien ouvert qui ne veut surtout pas se refermer et y croire, encore et toujours !

    Celui-là n’est pas à l’abri de la souffrance, certes, il y est même plus exposé que quiconque mais ainsi il permet à l’amour de grandir en lui et avec cet amour, une joie de vivre incommensurable qui commence à prendre place.
    Car l’amour fonctionne avec le lâcher prise et le lâcher prise dissout toute souffrance, au fur et à mesure qu’il s’installe, nourri par l’amour.

  • L.

    C’est vrai que la « dépendance affective » est je pense fort loin de l’amour… Ton texte me fait penser à beaucoup d’hommes que je croise, qui réclament plus une mère qu’une femme qui les impressionne. Ils attendent de l’attention, de l’admiration, des compliments pour oser, un bon dîner le soir, des câlins, une épaule pour pleurer… Mais alors l’aimer elle, dans son entièreté, où est sa place ?

    Je n’ai le point de vue que d’une femme, mais je discute beaucoup avec la gente masculine que je vois malheureusement comme des grands enfants qui viennent se réfugier dans les bras de maman.

    S’aimer soi, chercher l’homme qui est en soi,qui s’assume entièrement dans tous son caractère, ses envies, et qui n’a besoin de personne pour se construire et s’aimer, et qui du coup peut accepter l’autre. Peu de personnes y parviennent, mais j’en ai rencontré donc ce n’est pas irréalisable. Et là je pense que c’est le nirvana, ne pas souffrir d’une dépendance comme les bipolaires ont tendance à le faire, mais avoir confiance en soi, s’aimer, et aimer l’autre.

    Tu vas y arriver, courage 😉

  • L.

    Oui, je ne me fais pas de soucis pour moi de ce côté-là 🙂 Je viens de lire un article que je trouve pas mal, et quand j’ai vu « dépendance affective » j’ai pensé à toi, donc je te donne le lien et apparemment il y a un bouquin : http://lasolutionestenvous.com/5-secrets-pour-une-saine-relation-affective/

    J’aime aussi le site en général (la solution est en vous)

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