Un conseil pour pouvoir t’exprimer

J’ai tellement de choses à t’écrire…

Tu as peut-être cette sensation d’être un puits sans fond de pensées et d’émotions à exprimer sans parvenir à trouver les mots, les notes ou les couleurs adaptés à ce que tu ressens. Alors les eaux montent en toi, et ne pouvant pas les canaliser, tu bâtis puis consolident sans cesse un barrage intérieur. Ce que l’on arrive pas à exprimer, par peur, on le protège derrière un mur. Oh je connais bien cela. Mais j’ai la chance d’avoir trouvé un moyen d’expression qui me convient et encore mieux, avec le temps, un public qui reçoit mes mots.

Cela fait deux semaines que je n’ai rien écrit, j’ai vécu de très belles expériences, des moments très forts. J’ai tant à te partager. Et face à toutes ces émotions et pensées qui se mélangent, je ne sais par quoi commencer, je ne sais quels mots utiliser. Je vis actuellement ce désarroi, cette difficulté à s’exprimer qui t’est sûrement familier, trop familier. Laisses moi te donner un conseil d’expression.

Je me suis levé ce matin avec cette volonté d’écrire un article. C’est devenu naturel dans ma vie : je vis des événements, je ressens, je pense, je me remplis et alors j’écris, je partage, je me vide. C’est mon cercle vertueux, responsable en très grande partie de ma guérison. Donc sans trop d’effort je me suis connecté sur la page « nouvel article » de wordpress. J’ai cette grande envie, ce grand besoin d’écrire mais je ne sais quoi écrire… Hé bien ce n’est plus un problème pour moi. Devant cette page, blanche il y a 10 minutes, je respire, me recentre et écrit l’idée qui va me venir. Cette idée, toujours très différente de ce que j’imaginais écrire la veille dans mon lit, ne va pas être tellement le sujet de mon article mais plutôt un rail, une embouchure nécessaire pour canaliser ce grand lac intérieur de pensées et émotions vers l’extérieur, vers toi. Lorsque la feuille est blanche, il ne faut pas se torturer à trouver les mots justes. Il faut écrire c’est tout. se laisser porter par le flot d’expression. Ecrire seulement un mot, dessiner un trait, faire un pas de danse, celui qui vient naturellement sans penser à créer toute une chorégraphie, exprimer juste ce que l’on a besoin. Ce qui nous est nécessaire. Peut être que ce seul mot exprimé suffit pour la journée, hé bien soit, demain est un autre jour. Dans cette optique de bienveillance envers soi-même, de non jugement, il viendra le moment, c’est une certitude, où le premier trait dessiné va créer une brèche dans notre grand barrage, tu vas le sentir, cela va t’inspirer un nouveau trait, la brèche va s’élargir, l’encre va pouvoir couler, ça y est tu seras sauvé.

Plus la vie nous aura bâtie un mur intérieur conséquent, fort plus il faudra de patience, d’amour, de bienveillance envers soi-même pour le détruire. L’expression est le moyen le plus fort pour vaincre nos peurs. J’utilise l’exemple de l’écriture, car c’est celle qui me convient mais il y a une infinité de moyens d’expressions et chacun à un art qui l’attend. Il faut oser. Danser, chanter, dessiner, sculpter, parler, etc.

Voilà, je n’avais pas idée que j’allais écrire cela. J’avais en tête de te partager ma tournée, ma très belle expérience de comédien. Ou bien des transformations qui se sont effectuées ces derniers jours. Ou encore de ma blessure profonde du cœur qui s’est réveillée hier avec Charlotte. Cette dernière qui m’a rappelée, à travers des comportement que j’ai eu avec elle, que je souffrais d’un mal, celui d’être encore incapable d’aimer une femme sans la faire souffrir. J’en ferai sûrement un texte. Je suis convaincu qu’à l’origine de tous nos maux, il y a une blessure profonde, inconsciente, dans le coeur. Que nous, êtres hyper sensibles, sommes des personnes qui ont peur de l’amour. Nous ressentons si fort l’amour, si intensément que nous peinons à l’accueillir. Mais notre jour viendra!

A bientôt,

J’espère que ce mois d’août sera plein de belles surprises pour toi.

W.

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7 responses to “Un conseil pour pouvoir t’exprimer

  • eM

    Oui, nous avons peur de ne pas être compris avec notre sensibilité spéciale. Cela peut entrainer de l’agressivité en tant que défense/provocation pour connaître la réalité de l’autre dont les réponses ne sont pas adaptées à notre questionnement/appréhension sur le monde. Ou alors, c’est l’expression solitaire pour le vaste monde des autres…

  • elise9

    Ton écriture se transforme, elle est très belle.
    Belle journée 🙂

  • Leatitia

    Il y a presqu’un an que je maudit cette maladie, que je peine à l’accepter et que je tente de me prouver que je peux grandement évoluer pour le mieux, j’essaie de me convaincre que je peux avoir une vie saine et équilibrée, voir normal, même si je suis biochimiquement différente.

    J’ai accompli un travail exceptionnel. Depuis ma première phase maniaque qui a durée plusieurs mois et où j’ai fini par faire des excès dans tout, j’ai constamment peur de surestimer mes capacités, de m’emballer sur mes projets et de « vivre à crédit », c’est à dire : avec une énergie que je n’ai pas réellement. Cela m’apporte au moins la volonté de me stabiliser. J’ai la chance de pouvoir faire de profonde introspection objectives, quoi qu’encore un peu trop sévère envers moi-même. Étant déterminée et n’ayant pas peur de l’effort, je travaille sur moi, je vais chercher les ressources nécessaires, j’investie en temps et en argent sur ma santé psychologique. Résultat, j’ai réussi à me relever d’une autre dépression profonde, dans une période qui aurait été extrêmement difficile pour n’importe qui. Tout en recherchant l’équilibre et la stabilité, j’apprends à calmer mes angoisses et j’apprends à m’aimer, afin de soulager ce terrible vide intérieur qui m’a tant fait souffrir et que j’ai tenter de combler par tant de mauvaises façons…

    Avant même de me sentir prête à aimer quelqu’un d’autre (peut-on vraiment se sentir prêt?), j’ai commencé à développer un sentiment amoureux qui me donne l’impression de perdre la maîtrise de moi-même, et sur laquelle j’ai tant travaillé. Tout celà accompagné de toutes les autres peurs que l’amour peut inspirer à un bipolaire. Finalement, j’ai encore plus peur de rater ma chance pour le bonheur, alors j’affronte mes peurs une fois de plus. Introspections, thérapies, groupes d’entraide, lecture, écriture et forums.

    Finalement, à force de travail personnel et de comparaison avec le monde extérieur, je me rends compte que je ne suis pas si folle que cela. Je me rends compte que les difficultés des bipolaires sont les mêmes que les autres, mais en version amplifiée. Mon raisonnement est certe différent, mais à la base, les peurs sont les mêmes. Et contrairement à beaucoup trop de gens exempts de trouble mental, je regarde mes faiblesses et je travaille à les améliorer un peu plus chaque jour pour être en paix avec moi-même.

    Me dévoiler à l’autre est un de mes plus gros défis. Exprimer mes sentiments et mes pensées me demande un effort d’une grande torture, étant donné toute la honte que je peux éprouver. Depuis ma naissance, on m’a culpabilisé pour toutes mes différences, me demandant de cacher ma sensibilité, m’exigeant de changer mes désirs et mes envies, me demandant de taire mes souffrances en souriant malgré tout afin d’être agréable pour plaire aux autres et m’exigeant de me conformer à la masse et à mes proches en suivant le troupeau sans manifester aucun mécontentement. Aujourd’hui, c’est à moi de démolir ce mûr. Je dois briser et enlever seule chacune de ses briques, une par une, avec des outils de base, sous un soleil brûlant et une température presque insupportable. L’écriture est mon moyen d’expression. C’est en écrivant que j’arrive à me comprendre et à faire sortir ce qui peut tourner en boucle dans ma tête.

    Merci pour tous tes précieux partages qui nous font sentir moins seuls, différents et incompris.

    • bipohypermaniac

      Oh merci à toi pour ce que tu livres ici. Ton expérience est riche en enseignement.
      Une fois de plus cela montre qu’au delà d’un diagnostic nous sommes des coeurs qui ont été blessés. Nous avons inconsciemment construits des murs immenses pour nous protéger. Mais il n’y a pas de mur que la vie ne peut fissurer. Alors il arrive un événement qui va créer une brêche et c’est toute notre muraille qui va être destabilisée, et nous voilà dit « malade mentale ».
      Il faut s’exprimer, il faut avoir le courage de revenir vers notre coeur blessé, de soigner cette blessure, pour respirer à nouveau.
      Merci Laeticia
      Je te souhaite le meilleur à venir
      🙂
      W.

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