Piégé entre 2 mondes

Entre 2 mondes, entre 2 mondes…

Cette chanson convient parfaitement à ma situation. Je n’ai pas l’impression d’être en phase maniaque, loin de là. Je ne suis pas non plus en dépression, je fais des choses, je sors, j’ai des projets. Mais je suis malheureux. Est-ce une maladie le malheur?

Je suis piégé entre 2 mondes. Entre mon monde personnel, individualiste, mon imaginaire très large, très riche mais cette chambre intime est si loin de la réalité. Je tente depuis la rentrée à me réintégrer au monde extérieur, aux contraintes de la société. J’essaie de me conformer. Pfff, résultat des courses, je suis torturé. Je ne me sens pas libre. C’est comme si j’avais des menottes psychiques. Je suis en perpétuel prise de tête, je réfléchis trop. Là où je ne devrais que patienter que mon projet de réinsertion professionnel via pole emploi se fasse, je psychote, je doute. Je regrette même parfois d’avoir coupé court à mes ambitions de théâtre, mes rêves d’acteur cette année pour revenir à une réalité plus commune (métro-boulot-dodo). J’ai l’impression que je me lance dans une voie sans issue, dans une vie qui me ressemble pas, dans une conformité qui ne m’est pas conforme.

La nature de ma prison psychique est très perverse. Je crois mieux la comprendre aujourd’hui. Je suis attaché par mon passif chaotique. Je suis dépendant de mes parents. Dépendant financièrement mais surtout dépendant affectivement. C’est comme-ci je devais me brider pour ne pas les inquiéter, comme-ci je leur était redevable de toute l’inquiétude que je leur ai causé par mes nombreuses crises spectaculaires et hospitalisations. C’est terrible. Je pourrais partir simplement. Avec ma bourse de 800 euros de la Caf, très suffisante pour partir à l’aventure. Voilà, je suis un aventurier enfermé. Au lieu de prendre ma liberté, je m’enfonce dans une réinsertion dans l’agitation parisienne. Au lieu de prendre mon baluchon et partir vivre libre, je déménage de Paris à Paris…

Je suis complètement décalé par rapport à la mentalité des gens de cette grande ville. Au quotidien, je suis seul. Je ne suis pas fier d’exprimer ces pleurnichements mais c’est ainsi.

Dans cette construction d’un pont entre ces deux mondes si éloigné, je suis dans l’eau à planter les piquets à contre courant. Je bois la tasse, je dérive. Je mets toute mon énergie à tenir bon.

Il n’y a que les activités autour de ce blog qui m’anime. Ces merveilleuses rencontres comme celle de samedi, et celle qui se projette à Strasbourg. C’est déjà génial penseras-tu. Oui mais d’un autre côté ces moments privilégiés m’ancrent un peu plus dans un monde beau, riche en échanges et en sensibilité, généreux et solidaire ; mais ce monde, encore une fois, est si éloigné du reste, du quotidien… Ou alors il faudrait créer une micro-société, une communauté, une secte, un halo d’humanité dans ce monde gris…

M’enfin, je garde le cap avec cette idée derrière la tête qui gangrène au fil du temps : prendre le large…

Voilà, une fois de plus je publie un brouillon imprimé tout droit des spirales chaotiques de mon âme…

Patience, espoir, patience, espoir… ma seule certitude que je te partage car je sais que je ne suis pas seul dans ces quartiers torturés de l’esprit.

A bientôt,

Ps: Je continue à écrire un article par jour cette semaine, comme un remède pour évacuer en continu la pression

W.

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17 responses to “Piégé entre 2 mondes

  • vickyduchesne

    Dommage que l’on soit si loin, j’aurais volontiers été prendre un bon café avec toi…Je le prend tout de même en étant connecté à toi…Je vais bientôt commencer un projet de réinsertion social (1er novembre) dans un organisme en santé mental, j’espers que cette expérience me fera du bien car tout comme toi je me sens malheureuse. ce projet que tu as aussi avec un organisme…je pense que tu devrais essayer avant de lever les voiles.

  • mi

    mon esprit n’est même plus torturé tellement je suis épuisée … physiquement et psychiquement. j’avance tel un robot, je ne veux pas m’arrêter, je ne peux pas m’arrêter, ce que mon psy a du mal à comprendre, ce que j’ai du mal à l’expliquer . c’est une démarche un peu suicidaire, j’ai toujours dire que je préféré crever debout que coucher, je suis du genre à mourrir sur scène , ca doit être le seul coté de la légendaire « créativité » des bipolaires qui ressort chez moi … patience, espoir, tu as raison W., mais parfois, on a du mal à croire encore à l’espoir, c’est juste tout gris. pas assez noir pour en finir pour de bon, c’est juste fade et sans saveur, avec une once d’épuisement total, alors c’est presque pire ….

    on n’est guère optimiste, ces temps ci, dans nos propos, ca doit être l’arrivée de l’automne ….

    • bipohypermaniac

      A paris c’est l’hiver qui est tombé d’un coup, même les saisons deviennent bipolaire!
      Même si c’est dur, même s’il y a des périodes de désespoir, je persiste à croire qu’il y a de l’espoir. Un espoir qui permet de s’ouvrir à un jour nouveau, aux surprises de la vie. Merci mi!
      J’en profite pour rappeler ce beau forum que tu as créé bipolaire-et-alors.forumactif.org
      W.

  • eM

    Un article FORT par jour, toujours centré sur nous, notre état commun, nos résonances. Cordes sympathiques qui renforcent les harmonies. c’est beau, c’est triste, c’est sensible, cela vibre. W, tu es sur le blog un chef d’orchestre, et en « rencontres », je pense que tu es dans le chœur. Cela me fais rêver, ces rencontres, moi je suis à Rennes, j’aime bien aller à Tregastel, tu vois ou je veux en venir ? nous l’aurons, cette rencontre. et je pourrai loger du monde. Allez capitaine, conduis le galion. Le vent souffle, l’équipage se comprend bien, il n’a même pas besoin de parler. Sur cette mer des écritures, il n’y a que le vent, la méditation mouillée des embruns sur les yeux, vogue…

  • lhomme

    non putain tu n es pas seul tu vois toute ma vie c est l écriture qui m a sauvé et en ce moment je ne trouve plus beaucoup le courage de prendre le stylo mais quand je te lis j ai l impression que tu écris pour moi c est un truc de fou..et c est beau comment tu écris … jusqu a ce projet de mettre les voiles qui me hante moi aussi depuis le mois d août et je pense que c est ma fille qui me retient .Après le courage sûrement aussi ou je ne sais pas… jusqu au jour où…..j ai fait une formation ce we pour faire une mission humanitaire mais bon la vie en collectivité …..pas facile je suis en arrêt je travaille dans une prison…… je ne sais pas ce que sera fait demain et en même temps je m en fou c est ça le pire ….
    patience espoir…..patience espoir……oui c est ça en ce moment car ça a été plus souvent désespoir et souffrance dans ce monde qui n est pas le nôtre…….entre 2 mondes oui c est tout à fait ça !!!

    • bipohypermaniac

      Merci!! 🙂
      Il est alors peut être tout simplement là l’espoir. C’est que nous ne sommes pas seul avec tout ça, nous ne sommes donc pas dans le faux. Ce que nous ressentons, ce que nous expérimentons est vrai. Une raison de plus pour aimer cette partie de nous souffrante car elle est commune a bien d’autres personnes.
      W.

  • HONORÉ Edith

    Merci « Pour Vos Ecrits »; Vous m’aidez à « Voir Plus Clair En Moi », Vous Exprimez « Ce Que Je n’arrive Pas à Exprimer », Et Très Certainement Que c’est Ainsi « Pour Plein De Gens »; Donc « Vous n’êtes Pas Tout Seul »…

  • Fafanette

    Non vous n’êtes pas seul et bien d’autres non bipolaires ont aussi l’impression de ne pas être en adéquation avec la société,et hiatus est encore plus sensible en ville sans doute!
    Partir pour éprouver sa liberté c’est bien mais c’est tenter aussi de se fuir,
    il faut partout composer avec son moi,ses hauts et ses bas.

  • L.

    Ce que je comprends pas c’est rencontrer de plus en plus de monde lassé par la société, bipolaires ou non-bipolaires, dès que je me mets à rentrer dans l’intimité je découvre que tous jouent un rôle, en souffrent, font bonne figure de supporter un boulot qui ne leur plaît pas, jugent et se font juger sur des critères superficiels, rêvent d’une autre vie, et j’en passe…

    Ces révélations se font presque à la lueur de la bougie, quand personne ne nous regarde et qu’on tombe le masque.

    Soit.

    Mais quand est-ce qu’on cessera tous cette comédie dont nous faisons tous partis ? Pourquoi si personne n’est d’accord rien ne change ? Il existe des pays où les mentalités sont différentes. Les bipolaires et autres hypersensibles ne sont révélateurs de tout ce qu’une société pense tout bas, et c’est par la violence qu’on exprime la violence que chacun fait subir, violence envers nous-mêmes. On se suicide, on tombe en dépression, on n’arrive plus à vivre, on choisit de se cacher ou se bourrer de pilules pour encore tenir le coup de la mascarade.

    Voilà le constat que je fais aujourd’hui en discutant, on joue tous au même jeu et comme des cons on suit la règle de la débilité et de la méchanceté alors si personne ne dit un jour merde on n’avancera pas.

    Donc dès que je peux je dis merde, même si je suis obligée de composer avec mon environnement pour avoir un toit, à manger et ne pas me faire détester par le reste de la population. Je passe mon temps à cacher ma vraie vie, ma vraie personnalité et je m’ouvre seulement complètement à quelques personnes, c’est le lot de chacun me dira-t-on.

    Depuis quand on est obligés de se résigner à vivre dans cette médiocrité ambiante ? Combien de morts et de souffrances encore ? si c’est pas les bombes qui nous tuent c’est la connerie, surtout. Bien-sûr qu’on rêve d’un monde qui ressemble à une utopie, mais pourquoi ne rien faire pour l’atteindre et parler de rêves ? Nous ne sommes pas les premiers ni les derniers à vouloir faire changer les choses.

    Commençons le changement par nous-mêmes, essayons d’aller mieux, de devenir réellement qui nous sommes, sans nous mettre en porte à faux avec la société dans laquelle nous vivons, et ne nous laissons pas faire par ce monde taillé encore trop brut pour nous, à des gens comme nous de le changer, à des gens comme d’autres. Faut pas toujours espérer que les politiques et les années feront les choses.

    Pas de sectes non, mais créer chacun une bulle à soi pour décompresser, ne rester qu’avec des gens intéressants et beaux intérieurement, sans parler de bipolarité, c’est possible et à la portée de tous, personne ne nous oblige à être différent ou ne pas faire ce qu’on a envie.

    La seule limite, c’est nous-mêmes. L’imagination notre plus grand pouvoir. La volonté de changer, d’aller mieux l’unique but.

    • bipohypermaniac

      La première étape est de se rassembler par tous les moyens, de tirer la force par le groupe. Seuls avec notre solitude, on tourne en rond. D’ailleurs c’est l’ironie de la situation, nous souffrons d’isolement de solitude alors que nous sommes pas seuls à en être sensible. Difficile de changer les choses chacun dans son coin, par contre ensemble tout est possible.
      Merci L 🙂
      W.

  • mi

    « utopie:extrait : l’utopie est une représentation d’une réalité idéale et sans défaut. C’est un genre d’apologue (discours narratif démonstratif et allégorique, à visée argumentative) qui se traduit, dans les écrits, par un régime politique idéal, une société parfaite ou encore une communauté d’individus vivant heureux et en harmonie. »

    « principe de réalité : extrait : Respecter le principe de réalité consiste à prendre en compte les exigences du monde réel, et les conséquences de ses actes. Le principe de réalité désigne avant tout la possibilité de s’extraire de l’hallucination, du rêve, dans lesquels triomphe le principe de plaisir et d’admettre l’existence d’une réalité, insatisfaisante ou non conforme à son idéalisation. »

    tout la question est de savoir si on peut concilier utopie et principe de réalité

    on peut aussi poser la question autrement : est on vraiment utopiste si on veut changer le monde ? y a t il un seul et unique principe de réalité ?

    et au bout du compte : a t on les moyens de changer les choses ? plus encore, a t on la volonté de le faire ? est ce réaliste ?

    je fais plutot partie de celle qui essaye d’utiliser le monde tel qu’il fonctionne, pour qu’il colle au plus à ma réalité idéale. Réalité idéale qui n’est pas forcément celle de tout le monde.
    Par exemple, entre un communiste trotkiste, et un capitaliste libéral, il y aura un monde, justement, entre ce que chacun d’entre eux considère comme idéal

    mais je suis d’accord sur un point : le monde dans lequel on vit est douloureux, violent,révoltant.
    je ne suis pas sure qu’on puisse le changer de fond en comble, en ruant dans les brancards
    il faut peut etre etre plus subtile, voir manipulateur. un peu comme certains sports de combat, asiatique je crois, ou on utilise la force de l’adversaire contre lui meme pour le vaincre.

    • bipohypermaniac

      Merci mi.
      Pour ma part, je suis un idéaliste, un utopiste qui refuse profondément de me coller à la réalité et d’étouffer mon imaginaire. Cependant, je suis conscient qu’une utopie n’est pas réalisable mais l’important est d’y tendre.
      W.

  • Vik bdf

    Bonjour,

    Depuis des mois, voir des années, je suis « piégé » dans une situation extrêmement similaire à la tienne. D’une côté ma passion pour la monde et l’amour que je porte à cette puissance majestueuse eternelle qu’est la vie. Et d’un autre côté, je ressens continuellement cette pression et ce malaise qui me brûle de l’intérieur, lorsque je suis face à la réalité, face aux autres, à leurs besoins, leurs émotions parfois si puérils et illogiques, tout semblant si simple à régler, mais pourtant si compliqué pour eux… Compliqué de par la nature de notre société. L’enfer et le paradis n’existent que dans notre cœur et dans l’instant présent.

    Le diplôme, la vie professionnelle, les aspirations personnelles, le dégoût paradoxal d’un monde que nous devrions aimer, le pôle emploi, les parents… Comme je te comprend. Comme je le ressens.

    C’est avec beaucoup d’émotion que je t’écris, et après avoir lu que le théâtre et la comédie était ta passion, tout comme moi, jouer un rôle semble si pur et si facile dans un monde où c’est le lot quotidien. Pour des gens « comme nous » cela semble si naturel et si agréable de jouer un rôle comme une transcendance, un don perpétuel à une réalité que nous avons créé. Car nous en avons l’habitude, de créer une réalité, pour nous évader.

    Je te suis reconnaissant d’avoir écris cette article, car c’est entre deux monde que je suis aussi prisonnier. Et je sais que je ne suis pas la seule âme romantique et pure qui subis ces tortures perpétuelles.

    Nous sommes liés. Courage.

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