L’enfer c’est les autres

L’enfer, c’est les autres. Je reprends là un titre d’un rap de Youssoupha (L’enfer c’est les autres) que que lui même a repris de Jean Paul Sartre. L’enfer,  c’est les autres… C’est une pensée qui pourrait facilement me séduire lorsque je peine sévèrement dans mes relations avec l’Autre. Car tous les maux dont je souffre sont issus de mes relations à l’autre. La peur de ne pas être accepté par l’autre. La peur de ne pas être compris. La peur de ne pas être toléré pour qui je suis, avec mes différences, la peur de ne pas être aimé. Aimé. .. moi qui sans effort, naturellement, aime tout le monde et qui ait de la compassion même pour ceux qui se comportent très mal. Bref les tortures que sévissent mon esprit, la solitude dont souffre mon âme, tout cela est lié avec mes relations à  l’autre. Alors, l’enfer c’est les autres. .. ?
Non! Je n’ai jamais cru cela. Le mal ne vient ni de l’autre ni de soi. Le mal né dans la difficulté à connecter deux mondes différents. Mon monde imaginaire est si loin de la réalité commune que cela rend difficile la communication. Le mal est là tout simplement, et toutes les peurs proviennent de ce pont inconnu qui faut traverser pour  comprendre l’autre. D’autant plus que la complexité de mon être, complexité engendré par mon hypersensibilité, me pousse à me focaliser sur mon monde qui m’est encore bien étrange au détriment du monde de l’autre. Alors, empêtré dans mes ressentis, je manque de distance d’objectivité et je regarde l’autre par mon prisme compliqué.

Après les doutes, les peurs, cela se termine toujours pareille. Lorsque je parviens à vivre l’autre délesté de toutes mes lourdeurs, je m’aperçois qu’il ne me voulait pas de mal.

Vivre sans peur, c’est vivre sans mal.

Je profite de cet espace pour exprimer mes meilleurs sentiments à une Aurélie qui, en plus de son trouble psychique combat des troubles physiques et cela avec courage et brio!

Et enfin, merci à vous pour les messages de soutiens adorables. Je suis même un peu gêné de ce privilège alors que tant d’autres vivent les mêmes troubles sans réel encouragement. Mais merci, ça me touche beaucoup cet amour. Tu n’es pas seul et même si en ce moment tu ne vois pas le bout, il y a de l’espoir, courage!

W.

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11 responses to “L’enfer c’est les autres

  • elise9

    Et tu sais que cette phrase est extraite de la pièce de théâtre de Jean Paul Sartre Huis clos, l’un des rares livres que j’ai lu et adoré toute petite. Ma soeur passionnée de philo m’en faisait la lecture et on avait fini par jouer cette pièce toutes les deux.
    A big wall à franchir, beaucoup à reconstruire. Beaucoup de travail beaucoup d’intensité encore toujours pour les hypersensibles que nous sommes.
    Merci pour tu ce que tu oses dire, partager, précieux cadeau pour les autres justement.

  • elise9

    Et le drame c’est que pour eux il ne se passe rien et pour nous il se passe trop. Sommes nous fous ? Qui est dans le vrai ? Sûrement les deux, juste différemment. Comment se comprendre ?

  • Fafanette

    N’oublie pas que l’amour est comme un boomerang…..
    Quand tu en donnes tu finis toujours par en recevoir !
    L’enfer n’est pas l’autre mais la peur de l’autre!
    Merci W de tes analyses sincères et qui sonnent toujours juste.
    et un beau jour à toi !

  • Fafanette

    C’est vrai en fait il est souvent pus facile de donner que de recevoir…..:)

  • benoit2253

    Je pense que l’enfer, oui, peut être les autres. Mais je pense que le vrai enfer est cette maladie qui nous taraude et nous mine et rend nos relations si difficiles, complexes, alors que la vraie relation humaine repose sur le simple, l’authentique et l’ouverture d’esprit.
    Courage, W., tu n’es pas seul dans cet enfer à mi-temps.
    Benoît

  • L.

    Il fût un temps, je disais que l’enfer c’était les autres, aussi parce que j’aime beaucoup Sartres.

    Je dirais aujourd’hui que s’il se créé un enfer, il est uniquement dû à moi-même et à ma perception du monde. Je suis comme toi, je veux plaire au monde entier, si sur 100 personnes une seule ne m’aime pas, je me sens très mal, je vais chercher à comprendre pourquoi, utiliser des subterfuges pour la faire changer d’avis… Et même avec toute cette connaissance ( il manque de confiance en lui, il n’a pas une grande ouverture d’esprit, ma voix le dérange on y peut rien…) je n’arrive pas à me les sortir de la tête.

    Alors ce que je fais maintenant, c’est que je me répète qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, que moi aussi au final même si j’aime tout le monde de prime abord, j’ai le droit de m’octroyer des gens que j’aime moins, et puis sinon, j’emmerde le monde, je suis comme je suis, j’ai des gens qui m’aiment pour ça, le reste, perte de temps ! Pour eux, pour moi.

    Alors même si j’aime toujours pas ça, je sais désormais que quoi que je fasse, malgré mes efforts d’adaptation, les gens « sentent » la différence, me le font vite remarquer, je provoque rarement le consensus et la discrétion, donc je ne vois qu’une manière : assumer, m’aimer moi d’abord, et comprendre que quasiment tous les humains fonctionnent sur la même base : la peur de l’autre, de l’inconnu, ils rejettent ce qu’ils ne connaissent pas, ne leur ressemble pas, ou ce qu’ils aimeraient être, ou alors pour avoir un mouton noir pour pouvoir intégrer un groupe, et. peu de raisons très valables à mon goût. Maintenant, personne ne m’oblige à les côtoyer.

    C’est un travail long à faire, honnêtement, je le travaille tous les jours, notamment sur ma susceptibilité et j’essaie de me mettre à leur place, avec leur manière de pensée parfois étroite face à cette bête curieuse que je représente 🙂 ça me donne plus de tolérance.

    Mais, ça se fait ! Tout comme formuler ce qu’on a vraiment envie de dire, je le fais petit à petit aussi depuis des années, le secret toujours pareil : au moins oser, même si c’est un petit pas pour l’homme, les tentatives après seront de mieux en mieux. Donc je peux m’exprimer calmement au travail, dans ma famille et mes relations intimes, et ça va beaucoup mieux pour tout le monde.

    Courage à tous

  • corre

    Est ce que le fait de vouloir plaire à tout prix aux autres est une conséquence de la bipolarité?
    Comme la bipolaire que je suis, je suis en éternel questionnement sur le « qui je suis »: 3 personnalités ok. Mais qui aurais je été sans être bipolaire?!
    Pfff, question sans fin, réponse impossible!
    Cela fait 2 jours que je lis tes articles et je tiens à te remercier.
    Tu me fais autant rire (dans le bon sens hein!) Que sortir de mes gonds par moment.
    T’es écrits sont remarquables (parole d’une bipote).
    Continue ainsi et lorsque tu flanches, dis toi que des personnes inconnues, dont moi, te suivront et attendons tes prochains posts.
    Belle continuation w.
    S.

    • bipohypermaniac

      Je pense que beaucoup d’hypersensible ont un manque de confiance en soi et un grand besoin d’affection qui peut donc engendrer cette volonté de plaire à tout prix aux autres.
      Pour ma part je travaille beaucoup sur cette facette de mon égo et je suis de moins en moins esclave de ces pensées là, mais c’est un long chemin!
      Je ne pense pas avoir 3 personnalités, seulement 1 qui peut sembler différente selon l’humeur dans laquelle je suis. 1 personnalité très complexe qui peut faire croire que l’on en a plusieurs.
      Merci beaucoup pour ton soutien!
      W

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