Je suis amour, tout est amour

« Je suis amour, tout est amour ». C’est par cette phrase que je me répète inlassablement et récemment dans mes méditations  que je vais aborder ici le thème : « bipolaire et amour » ou « hypersensible et amour « (je préfère de plus en plus le terme de HS à tout terme médical pour désigner ce que je vis). S’imprégner d’amour est fondamental pour se libérer de ses troubles : auto-bienveillance, douceur, accueil de soi, non-jugement, non-culpabilité sont des attitudes naturelles que l’on doit retrouver. Bien plus que les autres, moi hypersensible, je dois faire ce travail avant de penser à une relation amoureuse. Les deux n’étant pas incompatibles.

C’est pour cela que je n’aime pas parler de maladie car cette optique-là est un véritable frein pour se soigner, paradoxalement. Croire que je suis malade m’amène naturellement, insidieusement à rejeter cette partie troublée en moi, à la dissimuler, à la renier, à la juger dysfonctionnelle jusqu’à la haïr parfois. Rejeter une partie de soi revient à se rejeter soi-même. Non! Cette partie malade est à chérir, à accepter, à accueillir, à comprendre, à aimer. Agir avec amour envers soi est fondamental pour recevoir l’amour un jour de l’autre et aimer l’autre car l’autre aussi à ses parties troublées (moins sensiblement) et on ne pourra les aimer que si nous portons le même regard affectueux sur nos parties sombres. Bien sûr, il est possible d’être en relation avec l’autre sans avoir fait ce travail, c’est ce que vive la majorité des gens : une relation superficielle. En tant que hypersensible, je ne peux pas (malgré ma volonté) vivre une relation superficielle, mes sens sont trop aiguisés naturellement et percent (encore malgré ma volonté) la surface des choses. Ainsi, si ce qui se cache en moi et en l’autre n’est pas soigné (au sens littéral) la relation est vouée au chaos. Moi, HS, je ne peux pas me résigner à vivre à la surface de moi-même et de l’autre, c’est contre ma nature, c’est comme ça. A chaque fois que je reviens à une vie superficielle, je suis en proie à la dépression et à la crise maniaque, qui auront raison d’être pour me rappeler à l’ordre.

Ce qui paraît comme une exigence est une chance. Cet handicap, cette contrainte est l’opportunité de sortir de la caverne (pour reprendre l’allégorie de Platon) et pénétrer une réalité au delà du monde des apparences, une réalité authentique dont la porte se trouve au fond de nous, à l’ombre de nos troubles. S’intéresser à son trouble c’est suivre le chemin qui mène à soi, et donc à la véritable réalité. Dans cette réalité, je perçois l’essence des choses. Je crois que l’essence de ce qui vit est : l’amour. Tout ce qui existe a été réalisé par amour ou par manque d’amour. Tout est amour, donc je suis amour. J’y crois profondément car au profond de moi, j’aime tout le monde, il n’y a personne à qui je veux du mal, et cela depuis toujours. Je suis amour, je suis humain… tout le monde est humain donc tout le monde est amour. Je suis amour, tout est amour.

Cette dimension en moi de l’amour, peut-être plus importante que les autres,  a toujours été là, cependant ce n’est que très récemment, et Rilke l’a déclenché, que j’y pose avec douceur la lumière de ma conscience, que je prends le soin de donner toute mon affection sur cette partie si fragile, timide de mon être. Cette partie fragile et timide aux mille pouvoirs qui s’appelle l’amour est belle et bien cette partie qui est étouffée, dissimulée sous nos troubles. Je la découvre et la libère peu à peu. Une vraie manche de Mikado!

Je médite donc : « Je suis amour, tout est amour ». C’est à dire que j’infuse cette vérité au plus profond de moi. L’état de grande sérénité et de calme que permet la méditation est favorable pour semer ces graines d’amour dans une terre fertile. Pourquoi je n’ai pas eu l’idée avant? Parce que je n’y croyais pas totalement. Et lorsque que l’on ne croit pas à quelque chose, on n’est pas prêt à l’accueillir. Si tu ne crois pas en l’amour, tu n’as aucune chance de le vivre, c’est une certitude. Cependant j’ai toujours cru en l’amour. Seulement, plus il s’agit de choses profondes, de choses essentielles, universelles de choses qui régissent toute la vie, plus il faut y croire précisément, à 100 %. Jusqu’ici « Je suis amour, tout est amour » était une belle phrase pour moi, je n’étais pas contre. Mais y croire profondément est sensiblement différent. Pour cela il faut être prêt. Je suis prêt et je n’ai pas peur. D’ailleurs, « je suis prêt et je n’ai pas peur » est une autre phrase que je médite et que je me persuade dans mes méditations. Aussi, c’est une phrase qui n’est pas évidente à affirmer avec foi. Car lorsque je m’en imprègne, j’accepte qu’il peut m’arriver n’importe quoi dans la vie, je suis prêt à l’accueillir (rien que de l’écrire, là, il se passe un vertige en moi). Haha! tu suis? J’espère parce que je te partage quelque chose de très intime et qui a une grande valeur à mes yeux et à mon cœur.

Lors de  mes méditations, voici donc ce que je me répète avec foi : « Pardon, merci, lumière, amour…Je suis prêt, je n’ai plus peur… Je suis amour, tout est amour » Je pense que c’est très important aussi pour se soigner que de s’imprégner de paroles, de sensations, positives, d’amour en utilisant les mots qui nous sont le plus appropriés pour transporter les graines d’espoir au plus profond de nous.

Je vais m’arrêter là, ça pétille assez comme cela. J’en profite pour te dire qu’une nouvelle page est crée sur le blog afin d’informer sur l’avancée des différents projets. Rencontres, Asilum, Café Hs, Pépinières HS, tee-shirts, livre. PROJETS HS Tant de projets en parallèles qui te sont ouverts et qui ont un but en commun : révolutionner la condition des hypersensibles.

Je t’embrasse (soyons fou)

Et vu que c’est une certitude – je suis amour et tout est amour- : je t’aime. Ça va de soit! 😉

A bientôt,

W.

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12 responses to “Je suis amour, tout est amour

  • Solfinia

    Contente de voir que tu es en pleine forme :). ça donne la pêche.

  • Virginie

    Bonjour W., une rechute sournoise dans un contexte général de déni depuis 15 ans vient de m’abattre de nouveau, alors que je me croyait guérie mais c’était une illusion. Tristesse et abattement, de nouveau, mais endurcie je suis loin d’être désespérée .Tes mots sont justes, concernant l’amour et la bienveillance que l’on doit se porter à soi-même, avant toute chose : notre salvation. Mon drame étant que mes cycles sont longs (3/4 ans, apparemment), j’ai toujours abandonné les soins en période « normale », disons de « réussite » personnelle, professionnelle, sociale et affective. Sans suivi ni régulateur, « j’oublie » ma sensibilité, je mène tout en crescendo, sans frein, sur tous les plans…en fait cette fois ça s’est déroulé sur des mois et quand se pointe le graal de la rencontre amoureuse, après la joie, voire l’euphorie, là c’est insidieux… tu décris très bien ce désir de fusion absolue qui conduit à l’échec. Surtout quand on renie notre part obscure, un mensonge par omission, c’est la fuite en avant dans l’exigence et la dépendance, qui est vouée à l’échec et conduit immanquablement à une souffrance profonde. Cette fois c’est un des facteurs qui m’a conduit en état d’hypomanie…effondrée et déçue, cette fois j’adopte enfin la stratégie de me soigner à vie, c’est une résolution, j’espère définitive, car c’est trop épuisant de devoir exister par intermittence. Je pense que j’ai besoin de pratiquer aussi des techniques de méditation / pleine conscience, mais je ne sais pas où m’adresser…
    Bonne journée

    • bipohypermaniac

      Salut Virginie
      Merci pour ton témoignage qui fait écho au mien 🙂 Nous sommes tant de personnes qui vivons la même chose, c’est fou!
      Bref, sinon pour la méditation, pour commencer il y a des méditations guidées sur youtube qui sont pas mal du tout. Tu peux en essayer plusieurs pour voir celle qui te convient
      Merci à toi
      🙂
      W.

  • Aline

    Merci pour partager sur cet amour , amour acessible à nous tous la où nos sensations physiques sont calmes, les yeux fermés, les pensées font une promenade et cette attention a l’amour nous emene a un etat où il y a un silence agreable et une calme eternelle. Gratitude au Universe. Merci …
    Aline

  • mi

    « partie troublée », c’est un terme alternatif à « maladie », j’aime bien …
    je fais partie de celle qui classe les trouble bipolarité dans la case « maladie » dans le sens notamment ou les traitements médicamenteux ou autres ont un effet pour alller mieux. par contre, parler de maladie a un double effet pour moi : déculpabilisant car considérer la bipolarité comme une maladie m’a aidée a arreter de culpabiliser sur un pseudo manque de force de caractere quand j’etais par exemple incapable de me lever du canapé en période base, ou bien quand mon comportement ou mon attitude etaient trop « up » dans le cadre professionnel, générant de la bizarrerie aux yeux des autres, et de la honte de moi meme quand la période est passer.
    mais l’effet pervers de considérer les troubles bipolarité uniquement comme une maladie est la tendance a pouvoir meme toutes nos fautes sur la bipolarité : exemple, je ne peux pas m’empecher de faire ca (boire, fumer, etc ….) parce que je suis bipolaire, donc malade , donc ce n’est pas ma faute, je ne peux pas toujours ni tout le temps lutter parce que je suis malade

    bref, tout ca pour dire que « partie troublée » me plait bien comme terme, il est moins réducteur que « maladie » (meme si je considérerai toujours que la bipolarité est bien une maladie, comme le sont la dépression, la schizophrenie etc ….).

    • bipohypermaniac

      Bonsoir,
      Maladie, phases malades ou pas maladies…un bien large débat.
      En tout cas pour ma part, si la bipolarité est une maladie alors aujourd’hui, je ne suis plus bipolaire.
      Hypersensible, oui je préfère.
      😉
      W.

  • Vulcania

    Voici une belle déclaration d’Amour W !

    Je suis d’accord avec toi W., l’amour de soi-même est un ciment très efficace pour se reconstruire.
    J’ai compris que ma soif d’amour inconditionnel que je recherchais dans le regard des autres, je suis finalement la seule à pouvoir l’assouvir.

    Un jour, alors que j’étais en pleine explosion de colère à HP (une colère en lien avec des évènements réellement vécus), j’avais tout jeté dans la chambre et j’avais cassé une partie de mon lit. J’étais « hors de moi » au sens propre du terme. Un psychiatre est rentré dans ma chambre, il s’est mis à me tutoyer et à me parler tout doucement. Il m’a dit qu’il fallait que je parle de cette manière là à ma petite fille intérieure, que cette petite fille était effrayée, et qu’elle avait besoin de toute ma douceur et de mon amour, pour l’aider à aller mieux.

    Depuis, les paroles de ce psychiatre plein d’humanité, ont fait leur chemin dans ma conscience, ainsi que d’autres déclics à la sortie de HP.

    Lorsqu’on ne s’est jamais donné de l’amour ni de la bienveillance, faute de ne pas en avoir suffisamment reçu durant notre enfance ; lorsque l’on n’a pas arrêté de se maltraiter, de se culpabiliser, de ne pas s’écouter, de se dénigrer ; « s’aimer tel que l’on est », est un véritable travail d’attention au quotidien pour que cela devienne une habitude de vie.

    Depuis que j’aime ma petite fille intérieure avec ses troubles, son hyper-sensibilité mais aussi avec toutes ses qualités, je pense mieux prendre soin de moi.
    Toujours dans le but de protéger ma santé mentale et de me respecter, je n’emploie pas les mots « maladie »/ »malade » et « bipolarité »/ »bipolaire » car ils ne me correspondent pas.

    Pour recevoir émotionnellement de l’amour et en donner, il faut avant tout cultiver l’Amour de Soi sans tomber dans la Mégalomanie 😉

    Vulcania.

    • bipohypermaniac

      Salut Vulcania,
      Merci pour ce témoignage très fort. Fort dans l’explosion dans l’HP ainsi que dans la réaction du psychiatre. C’est la première fois que j’entends une telle parole venant d’un psychiatre, ça fait plaisir 🙂
      Pour le reste je suis totalement en accord avec ce que tu écris… S’aimer soi-même n’est pas si facile. Prendre un petit moment chaque jour pour être bienveillant envers soi-même, voilà le programme à développer! Sans avoir peur d’un « lavage de cerveau » tant que les mots sont guérisseurs . Pardon, Merci, Lumière, Amour, Patience, Espoir…
      W.

  • eM

    enfin, le mot clé, celui qui et la clé et qui ouvre la boite de Pandore qui contient le même mot qui est bien lâché à la tête du voleur « amour ».
    Oui l’hypersensible est incurable de son besoin d’amour trop grand (au sens large, de sa bienveillance pour l’humanité), qu’il délire ou veux mourir. MAIS il est aussi hyperconsolable, et c’est ce que tu permets, d’avoir une très forte et très émouvante consolation. Ne sommes nous pas tous touchés, pour vibrer, s’émouvoir, par tous les témoignages que contiennent cette aventure ? Dépasser les rencontres, laisser plus de traces. Évidement, le blog ne pourrait être transcrit que par un HS du clan. W, tu as déjà fait un plan, mais tu ne maitrises plus toutes les directions ? il faut avoir tout en tête pour faire le livre, redevenir hypomaniaque, aïe. L’organisation via sur le même thème me semble bonne aussi.
    je souhaiterai que l’on lise que cela évolue très positivement au fil du temps, de l’histoire personnelle à la diffusion de cette consolation pour toute une communauté, comme dans ces derniers mois avec tes mots magiques, et maintenant « amour ».
    et merde, tu ne t’aimes pas assez, alors…on reste incurable, ce qui est hélas la réalité, et on continu de se consoler, c’est de la bi cycle ette…
    pas facile le projet, mais ça avance comme la communauté s’agrandit.
    et tu as déjà le titre : « Pardon, Merci, Lumière, Amour, Patience, Espoir…

    • bipohypermaniac

      Merci eM
      Oui tu as vu vrai, je ne peux pas avancer seul. C’est ce que blog a permis, une émulsion, une force de groupe, une écoute, un partage et surtout la cerise sur le gâteau : des rencontres. Mais cette cerise n’est pas une fin, ce n’est que le début, il y a le cerisier qui arrive 🙂
      W.

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