Sincérité quand tu me tiens

Et là voila de retour…

…Cette sensation, cette force qui vient à mon secours lorsque mon égo est en déséquilibre sur ce qui croît être le fil de son destin. Tu sais cet égo qui est ce moi que je crois être, ce moi qui a envie de cela, ce moi qui veut être cela. Ce moi qui voulait encore, il y a quelques instants, ne pas revenir ici crier son émoi. Travailler mon égo la rendue plus fragile. Je le comprends là, en apercevant encore étonné cette sensation, cette force venant du cœur et transperçant la coquille « pseudo-identité ». Cette force, c’est la sincérité. Elle me pousse à exprimer ce que je ressens même si cela doit remettre en cause toutes mes décisions, actions, pensées, passés.

La sincérité vient du cœur, c’est certain. Ecoute ton cœur, disent-ils. Oui écoute le mais attention, je te préviens ça va te secouer. La sincérité est une force de la nature, elle est ce qui doit être, un retour vers l’équilibre.

Bref, c’est magique, c’est poétique, magnifique, peut-être vu de l’extérieur mais lorsqu’on la vit, cette sincérité, elle nous oblige à témoigner le fait que, là laisser s’exprimer, cette sincérité, c’est éprouvant.

La sincérité, c’est abandonner le contrôle, c’est faire face à l’inconnu le mental dépouillé, sans armes tirées d’expériences car sans ego, c’est faire face à un vide. C’est l’expérience la plus forte de foi, de confiance aux autres, de confiance en la vie. Car la sincérité demande d’exprimer ce que l’on a peur d’exprimer de peur de ne pas être écouté, compris. Par peur de paraître faible, par peur d’éloigner les personnes que l’on aime. Peurs infondées, fausses, mais peurs quand même.

Je le vois autour de moi, ma famille, mes proches, les personnes que je rencontre le temps de les écouter un peu, je ressens chez eux souvent un manque de sincérité. Malgré eux, évidemment. Processus inconscients. Ils n’ont pas besoin d’être sincère pour vivre équilibré. Et puis il faut du temps, il faut le choisir, il faut s’engager dans un long combat pour être sincère. Inutile de lui dire : « Sois sincère! ». Non la sincérité se travaille, il faut des outils et des personnes bienveillantes autour de soi.

Moi j’ai la chance d’avoir cet espace et ces personnes. Je me suis lancé ici dans l’expression sincère de mes sentiments car à l’époque c’était nécessaire, c’était une question de survie, fallait que je laisse exprimer mon cœur, une pulsion qui maintenant fait partie de moi et qui me rattrape à chaque fois qu’un semblant d’égo se forme et m’alourdisse.

Encore une fois, est-ce que je vais être compris? Voilà la question. Je n’en ai aucune idée, la peur me ferait plus me pencher vers non, mais d’un autre côté mes lecteurs me surprennent à chaque fois. Se confronter à l’incertitude de comment va être reçu mon message est un contact avec la sincérité.

Bien sûr, je peux tout bonnement mal m’exprimer alors là il ne sera pas question de sincérité si je suis mal compris.

 

Aujourd’hui, cette sincérité me rattrape, me transperce, me vide de mes certitudes, me perd et m’ouvre à toi. C’est un ballet dans lequel je me sens prisonnier. Est-ce finalement ça mon rôle, ou est-ce encore une partie de ma construction? Je pense que c’est une arme. Une arme qui me maîtrise encore. Mais peut-on maîtriser ce qui vient du cœur?

 

En fait, mon ego ne voulait pas revenir ici, car il ne voulait plus s’exprimer sous la bannière laviedunbipolaire, parce qu’il a un contentieux avec le mot « bipolaire » et préfère depuis quelque temps le terme « hypersensible ». J’étais donc coincé entre ce prétexte, et la nécessité de m’exprimer. Et puis il y a toi et toi et toi qui m’ont écrit et déploraient l’arrêt du blog.

Mais je ne suis pas bon qu’à ça, c’est pas possible! Il faut que je trouve une forme d’expression artistique qui me fasse vivre, il faut que je m’exprime via un projet qui se réalise ou par un travail qui me fasse vivre! Tu comprends? Je ne peux pas me concentrer que sur ce blog est tout ce qui l’entoure, même si j’en aurais très envie. Je me cherche là dessus en ce moment. Je travaille sur une association des hypersensibles qui aura le nom de l’association des Hypers Sensibles tout simplement. Outre tous les objets sociaux et solidaires, ce projet d’association permettrait de rendre plus réel et formel mon expression et pourquoi pas en faire un travail à terme .

Tout ça pour dire que je suis revenu auprès de toi chanter ma complainte. J’aurais peut-être dû plutôt te raconter  mon mois de décembre qui s’est terminé par une légère hospitalisation, m’enfin voilà pour ce soir…

Le combat continue, et c’est lorsque je crois qu’il est terminé, qu’il a en réalité besoin d’un second souffle.

Patience et espoir

W.

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5 responses to “Sincérité quand tu me tiens

  • elise9

    Coucou W.,

    d’après moi, ce n’est pas que de l’ego, c’est une frontière subtile entre l’avant et l’après, c’est aussi peut-être une nouvelle partie de toi qui cherche à émerger.
    Il y a une partie de Toi qui aspire à incarner profondément ce qu’il est, de manière concrète, en toute sincérité, dans la société de manière plus élargie, ce qui est tout à fait juste !
    Et ce n’est pas facile (ouais parce que en effet, la sincérité n’est pas quelque chose de courant pour l’instant, c’est même sévèrement réprimé depuis le plus jeune âge !), ça prend du temps mais c’est bel et bien en train de se faire, que tu poursuives l’écriture ici ou non :-).
    Tu t’entraînes ici avant de pouvoir le faire rayonner partout avec aplomb, ce qui fera beaucoup de bien autour de toi (et qui déjà fait beaucoup de bien ici ;)).

    Ah je résiste pas, j’ai envie de te mettre un extrait de Dan Millman dans La voie du guerrier pacifique :

    « En plus de nos obstacles personnels à la libre expression de nos sentiments, un fort segment inconscient de notre culture renforce, encourage, valorise et va même jusqu’à récompenser le refoulement des émotions : on appelle cela être « cool » ou « se contrôler », et on associe l’émotivité aux enfants. […] Un autre obstacle à la libre expression, c’est que celle-ci risque de susciter des émotions semblables chez les autres. Ceux d’entre nous qui se mettent à exprimer leurs peurs, leurs chagrins, leurs colères ne tardent pas à découvrir que cela crée un malaise chez leurs amis et leurs proches qui ont eux-mêmes du mal à exprimer leurs émotions ; ils nous conseilleront de recourir à une aide professionnelle pour régler nos « problèmes » ou trouveront d’autres manières de nous faire taire. Face à ces pressions culturelles et sociales, il faut du courage pour exprimer nos sentiments – le courage d’un guerrier pacifique. »

  • lhomme

    tu vois je savais que tu reviendrais sur ce blog…je te jure ben oui j avais senti en bonne hypersensible …… car quand je te lis t imagines même pas à quel point je te ressens, je vis ce que tu vis ,je vois comme tu vois, je suis sensible comme tu es sensible et puis… rien voilà tu écris à ma place et ça me fais autant chier que ça me touche ou que ça me fais plaisir je sais pas en fait moi aussi j écris depuis longtemps des mois des années mais j ai jamais osé faire ce que tu fais J aimerais écrire mon livre et puis à quoi bon….. et puis je trouve que tu écris bien ,tu trouves les bons mots que parfois je ne trouve pas alors j espère qu un jour peut être nos chemins hypersensibles se croiseront
    courage courage Espoir et patience dans ce monde si mystérieux…..

  • Fafanette

    Merci d’être revenu ! IL faut beaucoup de courage pour être sincère,avec soi-même et son coeur ce n’est pas simple car l’éducation et le subconscient nous rappellent à l’ordre insidieusement et avec les autres le travail est encore plus difficile tant les différences sont mal perçues…
    Espoir et patience,l’Amour vaincra ! 🙂

  • A

    Arrêter ton blog et y revenir … par envie, par besoin, parce que tu sens que tu as quelque chose à dire. Oscar wilde a dit : « Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c’est d’y céder ». welcome back W.

  • L.

    Non tu n’es pas que « bon » à faire ce blog (mais c’est déjà pas mal ;)) ni obligé même si tes lecteurs te réclament : c’est la rançon du succès ! 🙂

    Tu n’as de comptes à rendre à personne cependant.ton blog a impacté la vie de nombreuses gens, il est normal qu’ils ne veuillent pas te voir partir. On peut voir ça comme de l’égoïsme, quelque part oui. D’un autre côté c’est qu’ils apprécient ce que tu fais, tu es devenu une sorte de « béquille ». Pour ma part que ce soit ici, autre part, ou que tu cesses toute activité sur la bipolarité, je te conseillerai uniquement de suivre ton cœur et je respecterai tes choix.

    J’ai lu qu’il ne fallait pas forcément tout faire pour tuer l’ego, que c’était encore un diktat de la nouvelle société, il est et sera toujours là. Après je pense que chacun peut choisir la place qu’il a dans sa vie, et je pense qu’encore une fois je n’adhère pas à la définition de l’ego que l’on donne, donc… Je te comprends et je te dirai de ne pas t’auto-flageller et que oui il est difficile d’assumer ses faiblesses. Et Elise dit bien le reste ! 🙂

    Courage.

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