Etre, Faire et Avoir

Etre, faire et avoir.

Il y a un équilibre à trouver entre ces trois verbes lorsque l’on se les approprie. Il est évident que depuis quelques années je me suis engouffré dans l’être, dans la compréhension du moi et la recherche du soi ; le premier étant le nuage de l’égo à éclaircir pour atteindre la plénitude du deuxième. Dans mon être j’ai découvert multiples richesses mais aussi des ombres aussi tenaces que les merveilles qu’elles emprisonnent. Depuis plusieurs moi, j’ai le sentiment de m’être perdu dans l’être au détriment du faire et de l’avoir.

Je ne prends pas en compte le blog et tout ce qui va avec dans le sens qu’ici j’ai construit seulement un miroir du parcours de mon être.

Pour avoir, il faut faire. Cela fait bien longtemps que je ne suis plus dans le faire. J’insinue ici que la composante principale du faire est le métier, l’activité professionnelle. C’est cet aspect du faire dont je me suis écarté. Etant donnée que je ne suis pas dans le faire, je ne suis pas dans l’avoir. Autrement dit, je vis dans le subjectif et non dans l’objectif.

Depuis ma sortie d’hôpital, en janvier, je vis les limites de l’entreprise du développement personnel de l’être. J’ai la sensation de m’être écarté très loin de toutes réalités communes, sur une étoile anonyme depuis laquelle je survis socialement à travers la connexion que permet ce blog entre moi et l’autre (toi en l’occurrence).

Depuis quelques semaines, dès que je me déconnecte de la toile qui nous relie, je flotte dans mon atmosphère personnelle, de doutes en fragiles certitudes, de prises de consciences en peurs. Je persiste dans une inactivité dans l’ombre infinie de moi-même. Voilà le désarroi que je tente d’exprimer.

La bonne nouvelle est que je sens depuis quelques jours la nécessité, pour ma santé, de transvaser le plus grand de mon énergie de la question Qui suis-je à Que faire? Mais alors que faire? Cette interrogation a le don de me tétaniser et mettre en couleur mon manque de confiance. J’ai tellement chuter. Je me suis brûler les ailes tant de fois. Et il y a cette Foi en moi qui me fait croire que des grandes actions, des belles créations m’attendent… Mais cela fait 13 ans que j’ai la possibilité d’entamer la construction de ces tours qui toucheraient le ciel de mes rêves. Mais voilà, j’ai 30 ans et ma capacité réside toujours plus à rêver qu’à agir. En fait, malgré mon fond d’espérance, l’avenir me fait peur. Je suis terroriser lorsque je m’imagine 10 ans plus tard à écrire un pareil article dans ma chambre de la maison de mes parents. L’image de ce que doit être la vie d’adulte que nous impose la société et le regard de l’autre sur mon incapacité à devenir cet adulte respectable me terrorise. Et pour parfaire ce joli petit enfer, j’ai conscience que j’ai un regard dur envers moi-même. Cette même conscience que j’ai élargi au prix de nombreuses expériences initiatiques et hospitalisations, m’handicape face à l’autre en groupe. Je vis sur une autre longueur d’onde, c’est bien ça ma solitude. Heureusement il me reste l’écriture et ce personnage W qui maintient un lien entre moi et une réalité conventionnelle.

Bref que faire? Aujourd’hui, demain, c’est quoi le projet, le métier dans lequel je pourrais faire et un peu moins être et pour ensuite me gratifier un peu de avoir? Concrètement, je ne vois pas comment l’écriture pourrait me rapprocher plus de la Terre. Le théâtre ? j’ai appelé ma metteuse en scène de la tournée de l’été dernier et il s’avère que je ne serai pas de la partie cette année. Et j’ai cette philosophie qui me colle à la peau : « ne pas forcer, ce qui est bon pour toi, la vie te l’amènera.  »

Juste avant d’écrire cet article, je fumais ma première des trois cigarettes quotidiennes – c’est fou je fume quatre fois moins depuis un mois sans grandes volontés, bref – sur la terrasse sous un ciel bleu, petit teaser du prochain printemps, et l’idée du pèlerinage de St Jacques de Compostelle me parut providentielle.

Bref, tout ça pour dire que si je suis déséquilibré c’est fondamentalement dans la répartition de mon énergie entre l’être, le faire et l’avoir.

Ps: A chaque fois j’oublie de le rappeler : j’ai un autre blog hébergé par l’express : http://blogs.lexpress.fr/bipolaire/  .

Patience et espoir

W

bipohypermaniac@gmail.com

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8 responses to “Etre, Faire et Avoir

  • MASQUELIER Sylvie

    Coucou, W…. tu exprimes comme je n’aurais su le FAIRE moi-même, mes peurs profondes de cet avenir et devenir incertain figé par la glace de nos démons intérieurs.
    Tu Fais, cependant…..ton blog, ton écriture envoûtante tout autant que bienveillante.
    Notre souci. …..vivre plus intensément nos ressentis….nous sommes des humains à l’état pur, et non les OGM de la société actuelle.
    Tu es brillant….empathique, beau jeune homme, sur la forme et sur le fond.
    J’ai envie de t’exprimer 1000 choses.
    ……ton amie….Sylvie.

  • Vulcania

    Oui W., l’énergie ne doit pas rester que dans la tête, autrement ce trop plein d’énergie accélère les ruminations mentales, les émotions négatives qui vont avec, et peut faire tourner la tête 😉
    Lorsque tout le corps est en action, l’ancrage dans la réalité est plus solide.

    Je pense que le Faire et l’Être sont indissociables pour l’équilibre intérieur et donc extérieur :
    Faire tout en étant présent, faire dans la présence de mon être.

    Le faire se trouve pour moi avant tout dans les actes simples de la vie quotidienne : faire la vaisselle, faire sa douche, faire un gâteau, faire le ménage, faire une bonne action, faire une marche, faire du jardinage etc.
    Lorsque l’on accomplit ces actions concrètes, les sens en éveil et le mental en veille, et qu’elles donnent lieu en plus à un résultat visible et rapide, il naît souvent un sentiment de satisfaction personnelle et de journée bien remplie.

    Pas besoin d’avoir pour faire et se sentir bien, pas besoin de métier pour faire et se sentir bien aussi…

    L’avoir permet bien sûr l’autonomie matérielle et on est bien d’accord que c’est plus facile de l’avoir avec une activité rémunérée.

    Apprendre et faire un métier dans lequel on est bien, est un projet de vie noble, mais qui peut mettre un certain temps à se réaliser concrètement. Dans l’attente de ce faire professionnel, le faire quotidien permet de garder l’équilibre.

    Une randonnée sur les chemins de Compostelle, ça en jette dans un CV 😉

    Céline.

  • Calimero.Gallettoni

    « La vie est une guerre, un séjour sur une terre étrangère. »

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