On ne souffre pas pour rien

Je ne sais plus quel grand artiste disait : « Toute souffrance est supportable tant qu’elle fait partie de son histoire ».

Cette citation a beaucoup de sens pour moi…

La dépression est une période très douloureuse pendant laquelle le désespoir, le vide, les doutes règnent. Il est pratiquement impossible de philosopher lorsque l’on touche le fond et se dire : « ce que je vis est dur mais c’est positif ». Impossible d’y croire lorsque l’on sombre dans une solitude infernale. Et pourtant, c’est vrai!

La dépression ne tombe pas du ciel, elle n’arrive pas par hasard. Au regard de notre vie, elle s’inscrit même logiquement dans notre évolution. La dépression et son lot de souffrance cache une transformation inconsciente. Elle annonce une période nouvelle. Et cela demande certaines mutations de notre être. Nous pensons, nous nous plaignons de ne pas avoir d’énergie lors de ces périodes, en réalité nous dépensons beaucoup d’énergie à résister…

Evidemment c’est plus fort que nous et nous n’en avons pas conscience, mais lors de la dépression nous résistons à quelque chose de nouveau qui s’opère en nous. Plus cette nouvelle partie de nous qui tend à émerger est grosse, plus nous résistons. Pourquoi? parce que l’inconnu fait peur et parce que nous sommes fragiles.

Rilke écrit dans « lettres à un jeune poète » (voir l’hommage que je fait à ce génie dans l’article : Rilke roi des HS) que la tristesse provient de notre résistance à un ressenti nouveau.

Lorsque je prend du recul sur mes dépressions et crises maniaques, je me rends compte qu’elles s’inscrivent parfaitement dans une évolution qui aboutit aujourd’hui à qui je suis, une personne qui n’a jamais été aussi prêt de soi (même si j’en suis encore loin!) L’important c’est le chemin. Bref!

Le mot « dépression » ne fait pas allusion à la souffrance littéralement. Il dénote que d’un répit, une baisse d’énergie. Le fait de souffrir ou pas dépend de l’accueil que l’on fait à ce qui nous arrive. Attention, je ne dis pas que c’est simple, même en ayant conscience de la signification de la dépression, je suis toujours débordé par la peur et les doutes lorsqu’elle arrive.

Bien vivre la dépression demande beaucoup d’auto-bienveillance et de compréhension de nos proches. Adieu la culpabilisation, le regret, l’angoisse d’être en train de rater sa vie, les comparaisons avec les gens stables, normaux qui ont un travail, une femme, etc.

La souffrance psychique n’attaque pas tout le monde. Injuste? Non! C’est seulement que nous sommes pas tout le monde et de ce fait il est alors insensé de se comparer avec la vie de tout le monde. A la différence de la plupart, nous avons quitté l’autoroute pour des chemins plus éreintants. Mais ce ne sont pas les sentiers les plus difficiles qui mènent aux vues les plus imprenables, belles?

La dépression est un passage de notre vie, une transition difficile mais nécessaire pour devenir qui on est. Mais bonne nouvelle, la dépression a toujours une fin! La patience est notre meilleure alliée.

Mais surtout ne culpabilise pas d’être fatigué, reposes toi autant que ton corps le demande. Ne culpabilise pas de ne rien faire, divertis-toi avec des films et toutes choses qui puissent t’apporter un petit plaisir. Ne sous-estimes pas l’appel à un ami, c’est toujours un réconfort.

La dépression ne se combat pas, elle s’accueille. Il n’y a rien à faire, elle a besoin de ce silence pour que des transformations profondes de l’être s’opère. Il n’y a que deux mots:

Patience et espoir

Voilà, ce texte m’a été inspiré lors de la rencontre skype de dimanche avec frodon 😉

W

Ps : le projet d’association entre hypersensibles se réalisent : www.association-hypersensibles.fr

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16 responses to “On ne souffre pas pour rien

  • benoit2253

    Très bel article. Bravo.

  • ella

    « la dépression ne se combat pas, elle s’accueille »…très bien vu…bravo, W…

  • Dareau Olivia

    D’avis que la vie est un chemin initiatique vzrs une de compréhension de soi du monde qui nous entoure , les dérapages existent mais les chaque être humain possède ses propres ressources s’il tend à son bien etre . Rester vigilant et bienveillant envers soi même , se faire du bien comme on peut suznd on souffre si fort, du corps au mental. L’espoir qui est en chacun de nous est notre moteur même si on ne l’aperçoit pas du premier regard … On porte des œillères quand on est sous l’emprise de la dépression , la paix s’installe avec parfois ce chemin initiatique .La route , notre destin , notre chemin est faite de rencontres à saisir quand on arrive à se nettoyer de l’encre qui brouille le regard de soi et des autres. Les yeux sont le reflet de notre âme .. Et l’âme s’enrichie et s’endurcie tant bien que mal…..
    Lilie You

      • psycheki

        Bonjour a tous je me décide enfin a pousser la porte de ce blog que je suis depuis un petit moment …
        Je m’appelle moi ! Toi ? non pas toi moi …
        Je suis une femme de 33ans.
        C’est con mais prendre le courage d’écrire quelques notes m’a prit quelques temps; 1an quelque chose comme ça .. Je me suis souvent évadé en musique a vous lire et vous ressentir comme imprégné de chaque emotion pour les comprendre de l’intérieur avec une vue extérieur . pour que l’envolée soit silencieuse j’ai du prendre de la distance m’imprégner de vos maux avec mes mots .
        Waou com w…
        W com wagon comme prendre une partie de ce train pour un voyage riche en découverte, de soi mais pas que!
        Partir à l’aventure je ne sais ou je ne sais quand alors oui il faut s’accrocher .
        Alors pour répondre a W oui les sentiers les plus difficiles mènent aux vues les plus imprenables, les plus belles .
        2014 année de la découverte de ce trouble, de cette excroissance invisible qui fait partie de moi qui avant de comprendre qu’elle m’a fait grandir, m’a détruite pour me reconstruire comme un big bang intérieure ; a fait jaillir en moi une chenille prête a éclore pour prendre son envole ! 2016 je ne suis plus dans le déni mais dans la bienveillance et je compose avec mon autre moi le numéro du paradis même si l’enfer n’est jamais loin !
        A lire W j’ai l’impression qu’il parle de mon trouble de ce que je vie pendant les crises a la perfection  » la magie du bipolaire  » !
        Ce qu’il y a de beau dans une faute d’orthographe ou autre c’est que si elle n’existait pas on ne saurai pas qu’elle existe …
        Merci Mr W 😉

      • bipohypermaniac

        Très joli tout ça 😉
        Et merci beaucoup pour ta douce tolérance vis à vis de mon orthographe.
        W

  • bipohypermaniac

    Très bien dit tout ça, !
    W

  • June

    Bonjour,
    Je viens de découvrir votre blog (tombée dessus par hasard en faisant une recherche Google sur les rêves).
    Je trouve très intéressantes vos réflexions, en revanche j’aimerais réagir sur cet article car je ne suis pas vraiment d’accord avec vous.
    Je suppose que cela dépend des personnes, et tant mieux si pour vous il suffit de « patience » pour attendre que la dépression passe « toute seule ». Mais j’ai moi-même fait une dépression assez grave qui a commencé au printemps 2013 et n’a cessé de se dégrader, pendant 10 longs mois où je n’étais que l’ombre de moi-même… jusqu’au jour où j’ai manqué de sauter par la fenêtre et que j’ai enfin osé pousser la porte d’un psychiatre. Il m’a mise sous anti-dépresseurs d’urgence.
    Ces médicaments m’ont littéralement sauvé la vie, et vu comment mon état se dégradait, je ne pense pas qu’il aurait suffit de temps pour que la dépression s’arrange ou disparaisse.
    Je trouve cela limite dangereux d’affirmer que la dépression est une « bonne chose » de la vie car elle permet d’en écrire de nouvelles pages, et qu’il suffit d’attendre pour que la maladie passe. Cela risque d’instaurer la confusion dans l’esprit des gens qui vous lisent et qui vont mal. Si l’esprit ne va pas bien, il faut consulter un professionnel et se soigner.
    Cela étant dit, bravo pour votre blog 🙂

    • bipohypermaniac

      Salut June,
      Je n’écarte pas le passage par la psychiatrie. Il est parfois nécessaire mais n’est pas une fin en soi. J’ai été hospitalisé de nombreuses fois, y compris pour dépression, je prends un traitement. Je connais ces souffrances aussi dures quelles peuvent être mais je suis persuadé qu’elles font partie de notre chemin. Ce que nous vivons est ce que nous devons vivre. Je crois au destin. En psychiatrie nous sommes appelés « patients » d’ailleurs. Je veux croire que mon combat, armé de patience et d’espoir, vaut la peine d’être vécu. Il s’avère que c’est vrai et c’est cette vérité que je viens témoigner ici.
      W

  • Calimero.Gallettoni

    Deux questions :

    1°) Pourquoi préfères-tu le terme HS/« hypersensible », plutôt que HP/« haut potentiel » qui à le vent en poulpe ces temps-ci ..? Étant donné qu’une partie non négligeable de la souffrance psychologique est lié au regard que la société et même ses proches portent les troubles d’ordre psychologique/psychiatrique le choix des termes semble être primordial. Le terme bipolaire est déjà stigmatisant qu’on le veuille ou non; moins que schyzophrène mais bien plus que dépressif qui est plus acceptable semble-t-il. Pour ma part, je trouve qu’associer les troubles bipolaires, à une prétendue supériorité intellectuelle ne peut qu’accentuer la marginalisation. Il y aurait deux types de bipolaires, les simples maniacodépressifs; et une espèce d’élite au QI 130++.

    J’ouvre le débat, qui est peut-être futile, mais qui sait.

    2°) Combien de lectrices as-tu pécho grâce à ce blog ? Que je sache si ça vaut la peine ou pas de me casser la tête à en faire un moi aussi.

    « Il est impossible de vivre bien en ce jour, à moins de penser que c’est le dernier. » ~~ Musonius Rufus.

    • bipohypermaniac

      Sacré Calimero!
      1) Tu réponds toi-même dans ta question. Parce que les HP ne représentent pas tous les HS. Par contre, je pense que l’HyperSensibilité peut engendrer un haut potentiel étant donné qu’un HS perçoit plus, ressent plus.
      M’enfin, l’important est de parvenir à exprimer son potentiel et non pas d’en avoir un gros coincé quelque part entre le coeur et la raison.
      2) 77 🙂
      Non, à part 2,3 dérapages assumés au début de l’aventure je n’ai pas réellement pécho! (encore) Mais je vais plus me concentrer là dessus promis et je retranscrirai ici les détails.
      Avec celle de Rufus comme philosophie, tu n’auras aucun problème, fonce!
      😉
      W

  • Vulcania

    Alexandre Jollien a écrit :  »ce qui fait grandir, ce n’est pas la souffrance, c’est ce qu’on en fait ». Je trouve sa pensée tout à fait juste.

    La souffrance sous n’importe quelle forme qu’elle soit, est juste une alerte rouge, un état de crise, un mauvais moment à passer.
    La souffrance n’est pas la révolution, elle prépare juste à la révolution et au changement.

    La souffrance sera effectivement plus facile à vivre et plus courte si on met tout notre énergie non pas à la combattre, mais à en prendre soin.

    On peut souffrir pour rien si on ne fait rien de cette souffrance criante de vérité et de changement et qu’on en a peur.
    La peur empêche d’avancer…

    On ne souffre pas pour rien lorsque l’on décide de l’écouter et de l’intégrer dans notre chemin de vie plutôt que de la rejeter.
    On ne souffre encore moins pour rien lorsque l’on décide de la transformer en une énergie créatrice pour notre épanouissement personnel et celui des autres.

    Personne n’a le choix de sa souffrance mais tout le monde a le choix de la transformer ou pas…

    L’AHS est une belle création de ton expérience de la souffrance W. mais c’est surtout celle de ton choix de vie 😉

    Céline.

  • Fafanette

    merci à Céline de sa réflexion extrêmement juste….
    La maladie grave quelle qu’elle soit aigrit certaines personnes alors qu’elle en fait grandir d’autres!
    La souffrance est une épreuve mais non une fatalité en ce sens.
    La vie est toujours une école et une création!
    A toi de tenir bon et de maintenir le cap en dépit des chemins de traverse
    et tu sais bien le faire W !!!

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