La France, insensible?

C’est sous un poids invisible que j’entame cet article. Je suis fatigué. Je crois que c’est de circonstances. Mon humeur ne s’alourdit pas sans raison. Depuis quelques jours, j’ai des vertiges. Des sensations de crises cardiaques qui reviennent par période. Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressentis ces angoisses que je calme à coup de valium.

J’ai tout de même réussi à sortir pour prendre l’air à l’instant. Dès le début de la balade, mes pensées se sont tournées vers le sort des réfugiés. J’aurai cru que cette attention aurait duré que quelques secondes et se serait retourné vers ma peine, vers mon sort à moi. J’ai déjà du mal avec ma condition, je n’ai pas d’énergie pour celle de ces migrants. Hé bien, non. Paradoxalement, la fatigue qui rendait chaque pas vers l’avant plus lourd, alimenta tout un flot de pensées tournées vers ces pauvres gens, et cela durant toute la promenade.

Lorsqu’il s’agit du climat, du foie gras, des sdf, etc. je pense souvent : « chacun son combat ». Mais l’Histoire qui s’écrit en ce moment en Europe, c’est quand même autre chose : il s’agit de millions d’humains. Et cela mérite une priorité exceptionnelle dans les engagements de chacun.

Pas besoin de grands détours politique pour comprendre la situation. Des millions de gens fuient leurs pays par instinct de survie et viennent toquer aux portes des pays européens. C’est l’attitude de la France, mon pays, qui m’intéresse. Cette crise défie la France sur son humanité. Sur ses belles valeurs. Et pour le moment, elle a accueilli le nombre insignifiant de 30 000 personnes. Je dis « elle » parce qu’on m’a pas donné mon avis.

N’est-ce pas une opportunité en or pour faire acte de solidarité humaine et mondiale? Oui mais c’est sans compter la peur de l’étranger! Moi-même, si mes parents m’annoncent qu’ils vont accueillir une famille chez nous, ma réaction  à priori sera négative, j’aurai peur que cela perturbe mon petit confort quotidien. Mais, petit visionnaire que je suis, je suis persuadé que si mes parents venaient à le faire vraiment, je me rendrais compte, et témoignerai plus tard : « j’avais des préjugés sur ces gens mais en fait, c’était une expérience humaine formidable! ». Voilà, si j’étais président, dictateur plutôt, j’obligerai que chaque ville en France accueille un nombre de migrants répartis dans les familles. Car cette peur de l’étranger et naturelle mais, être humain, c’est avoir le pouvoir de la dépasser.

Ou alors créer des villes de migrants dans les campagnes composées de 50% d’étrangers et 50% de chômeurs français et autres cas sociaux (moi le premier) qui mettraient au profit de ces nouvelles villes leurs compétences. L’argent? Combien de milliards ont été injectés dans les banques après la crise financière des subprimes? Ce serait magnifique de répondre avec les mêmes moyens face à une crise « humaine ».

Chacun de nous sommes coincés dans nos routines et dans nos engagements, il est difficile de donner de son temps. Par contre je crois qu’il est possible de choisir entre différents combats collectifs à venir. Je pense là à tous ceux qui vont aller dans la rue manifester contre un nouveau code du travail alors qu’il y aurait tant besoin de toute cette énergie pour s’indigner de l’égard qu’ont nos dirigeants pour tous ces pauvres gens en manque d’humanité.

J’ai bien conscience que c’est un sujet sensible sur lequel il est difficile de se positionner. Alors dans le doute, pensons : amour, fraternité et solidarité, ce sont des mots qui n’ont jamais fais de mal à personne.

W.

 

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5 responses to “La France, insensible?

  • Sylvie MASQUELIER

    Bonjour W,
    Moi aussi, je suis fatiguée en ce moment.
    Je pense que c’est de saison…..Le printemps fatigue autant qu’il nous apporte la joie de voir les journées plus longuement ensoleillées.
    Concernan les migrants et autres délaissés de la vie….évidemment que plein de choses sont possibles pour améliorer leur sort, chez nous…..
    Pour ma part, j’ai ce bonheur extraordinaire d’être bénévole au Secours Populaire.
    Je fais ce que je peux faire mais je compte en faire davantage encore, progressivement.
    Oui, il faut être solidaire, oui, on peut aider et accueillir son prochain plus pauvre que soi.
    Chacun dans son coin, un petit geste est important même s’il n’est pas encore suffisant.
    Toi, tu fais un déjà beaucoup pour les hypersensibles, alors….continue à accomplir cette mission que tu t’es donnée. ….tu ne peux pas être partout.
    La fatigue va passer. …comme le temps.
    La roue tourne et tu avances.
    Ne regarde pas la longueur de tes pas et repose toi sans te culpabiliser, s’il le faut….tu ne redémarreras que d’un pas plus vaillant.
    Avec toute mon admiration et mon affection.
    Sylvie

  • benoit2253

    Je suis tout à fait de ton avis.
    Benoit

  • vie972

    Tes propos me touche
    Je pense depuis quelques temps aux confidences de mes proches aujourd’hui disparus

  • Gilbert FORAY

    Tu penses trop W , et personne ne peut changer le monde……..

    • bipohypermaniac

      C’est vrai je pense trop, c’est souvent pénible. Par contre à chaque seconde le monde change, chacune de nos actions font changer le monde. La vie est un éternel mouvement, rien est statique, tout est possible.
      W

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