Je suis en manque!

Une introduction est nécessaire avant d’arriver au vif du sujet…

Je ne suis jamais serein bien longtemps. Tu diras que c’est normal pour un bipolaire, je te répondrai non, c’est normal pour quelqu’un qui choisit le grand voyage intérieur de la connaissance de soi. Car un trouble réglé engendre, oui un apaisement, mais très rapidement la révélation d’une autre peur, un peu plus profonde, qui demande un nouveau travail d’accueil, de compréhension, etc.

Dans les derniers articles, j’écrivais des récentes libérations et joies qui se sont vites effacées derrières de nouvelles épreuves. Si je suis sans cesse confronté à des situations et ressentis difficiles, c’est parce que je le veux bien. Parce que j’ai choisi cette vie, ce combat intérieur, cette exploration de l’Etre. Aussi je suis persuadé que c’est l’ultime solution pour se libérer des ses troubles psy, angoisses, et tout mal – être.

Je suis conscient qui me reste encore bon nombre de batailles à remporter sur les parties encore ombragées en moi. Cependant je ne suis pas peu fier des victoires remportées sur beaucoup de peurs, de doutes, d’angoisses qui me malmenaient depuis toujours. Travail non rémunéré en passant ! Notamment, comme écrit sur l’article Mais dis ta science, je me suis libéré d’une angoisse qui me causait des crises de panique. Mais aussi mes éternels doutes sur l’avenir, mon besoin vicieux de notoriété. Tout cela s’inscrit dans un dépouillement général de mon égo : déconstruction de mes croyances, du jugement, de la culpabilité et toutes les pensées enracinées qui maintenaient une emprise sur moi depuis toujours. Je pense être dans un tournant dans ma vie ou je reprends le dessus sur tous ces maux même si je sais bien que je suis loin d’être totalement libéré de tout ça.

Je parle d’emprise car oui, je suis né dans un certain conditionnement. Le but de ma vie étant de m’en libérer. Toutes ces peurs collectives et ces croyances, me limitant. Je le ressens fortement.

Bref!

Tout ça pour dire qu’aujourd’hui mon grand combat est contre « le manque ». Même quand je vais bien, très vite, lorsque tout est au vert, je ressens le vif besoin d’être en couple. Comme si la satisfaction de ce manque affectif serait la cerise sur le gâteau. En réalité cette sensation, me révèle simplement que je  me satisfait pas encore de moi-même, et que j’ai besoin de l’autre pour exister. Je vois bien ces derniers jours, qu’il y a quelque chose en moi qui souffre vivement et qui n’attend que d’être accueilli et ensuite éliminer au lieu d’être nourri.

Je vois bien comment je fonctionne pour fuir cette blessure, je cherche à l’extérieur des choses pour m’en divertir.

Ces derniers jours, c’était plus fort que moi, je n’ai pas pu laisser cette plaie s’exprimer et la soigner . Ça fait trop mal, je n’ai pas la patience, alors je consomme à l’extérieur pour ne plus la ressentir. Concrètement je cherche le moyen le plus rapide pour me mettre en couple, pour ne plus être seul, alors je m’inscris sur adopteunmec, car c’est comme s’il y a vait urgence, un manque très fort. Mais même au delà de ça, je fume plus et mange plus pour combler ce manque. Je suis en manque, raaah! Bon là ça va un peu mieux, je ne pouvais pas écrire lorsque c’était fort. Je suis bien conscient que je ne m’exprime pas très clairement d’ailleurs.

C’était le même schéma l’année dernière. J’allais plutôt bien, alors la sensation de manque est venue, je me suis inscrit en juin dernier sur adopteunmec et j’ai réussi à trouver une nana avec qui j’ai vécu une jolie petite aventure, en passant. Cette année le même schéma se reproduit. Face au même problème, je détourne l’attention de la véritable source de la souffrance en cherchant à l’extérieur un soin palliatif. La seule différence c’est que cette fois j’en suis plus conscient, et ça c’est un grand pas! Donc je peux affronter et tenter d’accueillir cette chose en moi qui me dévore de l’intérieur, ce petit monstre, qui me sépare d’une plus profonde sérénité. Je me rends compte qu’il y a un sacré chantier à faire pour panser cette blessure-là. Qui d’ailleurs, je pense n’est pas loin d’être la dernière car elle dépend de la relation avec ma mère. En bref : un amour maternel trop intense qui rend l’indépendance affective difficile.

Voilà, j’affronte en ce moment un petit monstre en moi. Ma recette pour le vaincre : grâce à la méditation, mettre mon attention dessus, écouter ce que cette partie de moi à me dire, accueillir les nouvelles sensations. Je dois parvenir à la vivre intérieurement. C’est comme une boule au ventre ou plutôt un trou, un puits si vertigineux qu’il est difficile d’y mettre mon attention. C’est plus facile de fuir et de consommer des rencontres, des cigarettes, des petits gâteaux. Là je parle pour moi mais pour d’autres c’est l’alcool, la drogue, les jeux vidéos. J’ai la prétention de croire que le schéma auquel je fais face (et qu’avant je subissais inconsciemment) est commun à beaucoup d’autres.

Voilà, c’est un peu laborieux, mais c’est pas comme si tu n’étais pas habitué.

Sans regrets,

W

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10 responses to “Je suis en manque!

  • Vulcania

    Chapeau bas W. pour ta conscience qui grandit de jour en jour et te libère de tes peurs les plus profondes.
    S’ancrer dans sa conscience est essentiel pour ne plus être dans l’agitation ni les troubles du mental, et pour jouir du moment présent tel qu’il est, les sens en éveil…
    Mais pour développer son bien-être, je pense qu’il faut aussi le nourrir de son Amour inconditionnel. Être sa propre source d’Amour évite la souffrance du manque ainsi que les rencontres toujours insatisfaisantes…

    « Tu peux chercher l’univers entier pour trouver quelqu’un qui mérite autant ton amour et ton affection qu’en toi-même. Tu ne trouveras cette personne nulle part ailleurs qu’en toi. » Bouddha

    Céline.

  • Chaveiro

    Bonsoir , je peux te comprendre , à mon adolescence je trop suffer de manque d’amour , je rêve d’avoir un petit amis , je me suis perdu dans l’alcool et d’outres choses . .. oujor’dui je une personne qui m’aime , mais je suis toujours en manque ,
    En manque de quai ? Je ne sais pas
    je toujours peur de l’avenir ,
    avoir ce trouble c’est un martire , trop de souffrance , mais depuis peu grâce à toi
    je comece à méditation la prière , je fait tout pour y arriver , bon courage à toi
    j’espère de tout mon coeur , qui tue retrouve ce que te manque
    JULIA
    e

  • L.

    Ça me paraît bien comme démarche 🙂 Les hormones et le besoin affectif sont pourtant inhérents à l’être humain… Pour ma part avec recul les débuts de mes relations ont été au-delà du passionnel je dirais obsessionnel et c’est ce côté qui est difficile à calmer quand l’on est intense. Bon courage dans ta quête d’apaisement

  • eM

    salut W
    bravo pour ton talent, j’ai souvent une grande identification avec tout ce tu écris, tellement vrai et précis, mieux qu’un détail de symptômes.

    il y a je crois dans ton dernier article, deux sujets : le couple (la contention (douce, chaude, solide,…affective). AUM à bien marché pour moi.
    Deusio, l’ego. J’ai eu une intuition avant hier, au point de vouloir reprendre contact avec le fauteuil du psy pour déblatérer, et puis c’est passé, mais cela me semble de circonstance :
    Si mon ego n’existe que par remplissage de mon besoin d’empathie avec les autres, mon ego est faible d’une part. Et d’autre part, je suis dans la pensée magique avec le risque de graves déceptions, car les relations d’empathies…
    Le couple ne tient que si l’échange d’empathie réciproque rempli les deux petits ego fragiles, pour réaliser un puissant ying yang.
    amicalement

  • BIZEBRA

    En te lisant, j’ai l’impression que tu écris ce que je ressens, au féminin. Je suis toute fraîchement diagnostiquée bipolaire mais je crois que je le savais au fond de moi depuis longtemps. Je me suis battue avec mes seule arme et l’amour de mes proches pour avoir une vie à peu près normale pendant 40 ans mais là je n’ai plus la force de me battre seule contrée ce mal impalpable. Je commence le suivi cette semaine. Voilà 20 ans que je suis des thérapies diverses et variées, que j’avance mais là, avec ce dignostic enfin posé je sens que je vais faire un bon immense dans la connaissance de moi et dans mon chemin dans le mieux être. Courage à tous! Nous sommes dans le même bateaux et même s’il faut ramer , on finit toujours par avancer.

    • bipohypermaniac

      Oui! Le diagnostic est un déclic et c’est génial s’il est vécu comme une invitation à voir ce qui se passe à l’intérieur, nous découvrir, accueillir nos parts d’ombres, nous comprendre, tout cela pour mieux être. Bravo à toi et bon courage. Patience, et espoir!
      W

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