L’enfer, c’est les autres

Avertissement aux proches: je n’écris pas là de vérités ou de jugements, je rappelle que mes écrits sont inspirés de ressentis. Reconnu ou non, pas d’importance, pour moi c’est de l’art. Avis aux proches sensibles : s’abstenir 😉

Sauve-moi petit stylo de cet enfer…

Je suis piégé, ligoté dans les ronces de mon égo. Enfermé dans la spirale infernale de mon mental.

Chaque pensée est une lame forgée dans mes peurs enflammées qui saigne mon âme.

Mon corps est traîné sur ce sentier chaotique à travers un temps qui s’étire sans fin. C’est un cadavre mourant écorché  par des pics sanglants dressés sur ce chemin étroit à chaque mètre. Serré le long de la falaise, le demi-tour est impossible. Avance ou meurs.

L’enfer c’est les autres.

Nul trace de sympathie dans ce paysage. Très peu de considération. J’ai créé un monde où les humains s’entendent entre eux, bien, sans moi, derrière moi. J’ai permis des relations, j’ai offert un peu de lumière qu’ils se partagent, me laissant dans l’ombre. Dans le noir, seul avec mes démons, ma rancœur, ma jalousie, mon orgueil. Ô mon Dieu! je regrette de m’être pris pour toi…

L’enfer c’est les autres, mais les autres c’est moi. Les autres sont le reflet de l’étranger en moi. L’autres mets à jour une partie de moi qui m’était inconnue avant. Je souffre des écarts de conscience.

Je suis aveuglé par ma propre obscurité, merci tout de même aux généreuses âmes qui allument quelques bougies là où d’autres ont déserté. Des humbles présents qui éclairent mon désespoir.

Je suis aux prises avec mes sombres pensées. Je médite, je veux lâcher prise, je veux démissionner de tout contrôle, c’est trop pour moi, ça l’a toujours été. Je tente de respirer mais très vite, je dois faire face à ce que je dois faire, à ma petite réalité. Les pieds enlisés dans les marécages de mon esprit, ces petites choses du quotidien semblent être des montagnes de ferrailles brûlantes. Je n’ai plus de force, le peu de mon énergie est dépensée à ramper le jour, oublier la nuit.

Hier soir encore, des sanglots sont venus. Mon cœur, prisonnier des fers de mon esprit, hurlait eux secours.

Mon cœur saccagé.

Je ne mérite pas cette vie. Je ne suis pas d’accord avec ta sagesse. Je ne mérite pas cette vie. Qu’as-tu fais toi? Combien as-tu aimé pour profiter de ce que tu as aujourd’hui  ? Qu’as-tu donné de toi aux autres au delà de ton petit cercle? Qu’as-tu fait pour rendre ce monde meilleur? Qu’as-tu fait pour mériter le bonheur que tu as?

J’ai tellement donné. Cela ne m’a pas rapporté une situation, ou beaucoup de reconnaissance, mais ça me faisait du bien de faire du bien. Et me voilà à me torturer seul avec moi-même, à me faire du mal seul. Tout ça pour ça? Mais de quel Karma vas-tu me parler? J’ai ouvert mon cœur à tant d’humain et me voilà à souffrir aux enfers.

C’est un égo blessé qui crie… tu vas analyser comme cela sans doute. Tu vas analyser à la lumière de ton développement personnel en pensant m’aider, mais en réalité tu ne vas pas poser un regard empathique et amical sur ma souffrance mais plutôt un regard de thérapeute praticien.

J’ai une analyse simple, je suis en train de me débarrasser d’un corps de souffrance, quelque chose de nouveau émerge en moi et mon égo résiste. Se libérer du connu…

J’ai besoin de recevoir autant d’amour que je donne, et c’est impossible.

En plus, lorsque je donne, je n’attends pas en retour. Ce que je devrais faire car je me rendrai compte qu’il faudrait que je donne moins.

J’ai besoin de tant d’amour, de considération, d’être tant rassuré. Quand réaliserai-je que ce besoin ne peux pas être assouvi! Trente années que je persiste, et souffre de cette illusion.

Si tu prends personnellement ce que j’écris, c’est que tu n’as rien compris. L’enfer c’est les autres, oui, mais les autres ne font que me renvoyer aux blessures passées.

Je crois être seul à souffrir. Un poids de plus à porter : l’égoïsme…

J’ai envie de tout abandonner, tant pis! C’est ça qu’ils veulent? Qui sont-ils? Des ombres en moi qui prétendent parler pour les autres. Stop.

Je suis à ta porte. A l’entrée du Soi, du Moi, ou je ne sais quels ridicules mots pour te nommer. Bref, j’ai cru à ce chemin menant vers toi, le cœur de l’existence, maintenant ouvre-moi! J’ai porté ma pierre, libère-moi. Le chemin a été si long que j’en ai oublié ce qu’était la vie légère.

Je suis à ta porte, ouvre-moi, ne me renvois pas à une énième épreuve! Ce travail sur moi est infini, je veux m’en arrêter là, être ce que je suis.

Débarrasse-moi du contrôle que j’exerce sur ma vie, libère-moi des murs de mon mental, laisse-moi m’envoler. Croire que si je vole, ce n’est pas tant grâce à mes ailes mais au vent et à l’air.

Donne-moi cette confiance qui m’épargnerait les calculs, les stratégies, toutes ces pensées qui prennent naissance dans la peur et qui la cultivent.

Qu’ai-je fait de ma jeunesse?

Ça suffit, j’en ai assez bavé, laisse-moi entrer.

W

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12 responses to “L’enfer, c’est les autres

  • maja

    Erf. L’enfer c’est les autres, version Youssoupha, philosophe connu. Base de nombreuses graphorrhées personnelles. Tu fais écho là W. Tu fais exprès ou quoi ? 😉

  • OLIVIER

    Je te comprends et suis avec toi W. 🙂

  • Edith

    « Quand tu traverses l’enfer, surtout continue d’avancer »…Quand on « travaille sur soi », il arrive de passer par des périodes de crises …ce n’est pas un retour à la case départ mais une crise de croissance. L’évolution se fait sur le mode de la spirale qui s’élève: à chaque tour de progression, on passe par une zone de turbulence et ça passe puis ça va de mieux en mieux. Je n’explique pas là une théorie fumeuse mais mon vécu de HS bipolaire qui va bien. Ta sincérité me touche. Es tu accompagné par des soignants quand tu rencontres des zones de turbulences ? Tiens bon, ça va passer c’est sûr, garde l’espoir des jours meilleurs très prochainement encore plus beaux qu’avant ces moments très difficiles pour toi actuellement. Tendresse et amitié à toi. Edith

  • L.

    Hey encore moi ! Tu l’avais déjà donné ce titre non ? En tout cas quand je lis l’article, je vois un tableau de peinture noir et rouge plein de sang, de ronces, de flammes… ça fait peur :-O

    En tout cas peu importe, si tu as besoin, tu sais que certaines personnes sont là. Dont moi. De mon côté quand quelqu’un souffre je me dis qu’il a aussi besoin d’être tranquille et de ronger son frein. C’est difficile de trouver le juste milieu… C’est vrai que c’est dur d’avoir cette écoute « neutre », je m’en rends compte dans la vie de tous les jours. On fait tous la même chose, avec nos bons conseils qu’on n’arrive même pas à appliquer à nous-mêmes ! 🙂 En fait on a juste envie d’entendre : Je comprends.

    Donc : je te comprends. Et je rajoute : je te soutiens. Parce qu’un ami, quoi qu’il fasse comme choix, a toujours ses raisons, et peu importe si elles sont influencées par son caractère, personne n’est parfait… Puis qui est-on pour juger sans essayer de comprendre ce qu’il se passe ? Je pense que toutes les personnes ici agissent dans leur vie quotidienne en leur bonne conscience, vers le bien. C’est ton cas ! C’est facile d’être là dans les bons moments, et de juger dès qu’un nuage se profile… Tout d’un coup, hop, on oublie tout ce qu’à faire la personne et on diabolise ! Non non, on peut traverser des moments difficiles, sortir de ses gonds, faire des choix qu’on regrette, et alors, qui est parfait ici ?

    Sinon pour donner beaucoup, peu recevoir, de mon point de vue c’est un schéma erroné qui te maintient dans la souffrance ( la psy the come-back ). J’ai et je continue de fonctionner parfois ainsi. J’essaie de me donner, à moi-même d’abord, puis aux autres, et de mettre des limites. Pourquoi sans cesse se charger du poids du monde alors qu’on a déjà du mal à s’occuper de soi ? Pourquoi attendre un amour qui ne viendra pas ? Je n’ai pas la réponse, je sais juste qu’il faut commencer par soi. Qu’on peut toujours revenir en arrière. Que les épreuves sont des leçons, et que si elles ne sont pas étudiées, se reproduiront encore et encore. Si je n’apprends pas, que je reproduis, mes compagnons dépressions et phase maniaque m’attendent sagement pour me recaler : alors, on s’est encore 1000 projets sur la gueule ? Sans exprimer ses émotions ? Se laisser bouffer par les autres sans mettre de limite ? Attendre la reconnaissance ? etc.

    Ah ah ah.

    J’espère être une petite bougie et tant que je serai persuadée que tu agis pour « le bien » je serai là.
    Peace & Love. Mais pas de courgettes stp…

  • Damien

    Moi aussi, je pense que je te comprends. Et c’est pas tous les jours, alors autant le dire quand je le ressens ainsi ^^

    J’imagine que ce que tu décris est un passage obligatoire, et qu’il y en aura d’autres… oui, le chemin est bien long.
    Mais il vaut le coup, au final, j’en suis persuadé.
    Sinon on serait mort depuis longtemps.

    Courage!

  • Ariaga

    Je découvre, au hasard de l’errance sur les blogs et je trouve une nouvelle relation à l’Autre. Passionnant.

  • Saint Calimero (évêque de Milan)

    L’enfer c’est soi même.

    Mais est-ce vraiment l’enfer ?

    Tes textes sont mieux écrits et plus inspirants quand tu penses vivre l’enfer, modus peut-être est-ce le chemin du paradis que tu arpentes en réalité.

    Et puis, tu es peut-être exactement là où tu étais censé être à avoir créer et animer une communauté de soutien pour personnes en souffrance psychologique.

    C’est un grand soulagement lorsque quelqu’un d’autre met des mots sur sa propre souffrance.

    Continue le blog, meeting, livres, etc.

    Et pour ce qui est de tes tourments intérieurs, si on en croit la vie des saints et saintes à travers les âges c’est plutôt bon signe.

    Mais les fruits de la sagesse ne s’acquièrent pas un en jour et rares sont ceux qui la possèdent.

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