Assumer sa folie, c’est tout

Je suis le premier à écrire qu’il faut accepter son trouble, accueillir qui on est avec patience et espoir…

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Mais je m’interroge sur le sens de cela, où va-t-on par exemple lorsqu’on dit qu’il faut « accepter son trouble » ou même « accepter sa bipolarité »?

Bien que j’ai eu un diagnostique de bipolaire en 2008, je n’accepte pas le terme de malade cependant j’accepte de dire que je traverse des périodes de trouble, ceux là sont plus forts que la norme mais au final, tout le monde un tant soit peu en vie fait face aux turbulences de l’expérience humaine…

Voilà, c’est fou ça! je me perds dans ce genre d’explication, j’avais une énergie, un élan d’écriture qui s’est dissipé dans ces creuses justification. Je voulais tout simplement écrire :

Mais qu’est-ce que j’attends pour vivre?

Je suis en révolte dans ma dépression. J’ai envie de hurler. Je suis un troubadour enchaîné. Le système réussit son coup et perdure dans sa stabilité en culpabilisant les instables et les poussant à se stabiliser.

Comment je peux accepter que je sois instable, accepter ma folie et la faire taire en même temps avec tous les moyens, tout ça pour rester en contact, en communication avec la norme?

Je suis en train de passer à côté de ma vie en essayant de jouer l’équilibriste entre ces 2 camps. J’ai beau méditer, plus je suis lucide, plus je me rends compte de la réalité qui m’entoure. Pas étonnant, que je cultive rapidement des illusions, que je fuis les autres et préfère la folie, je ne suis pas en accord avec cette réalité que la majorité des gens, la norme, accepte et s’épanouisse dedans à coup de consommations, et de plaisirs palliatifs.

Le problème est que j’ai ce désir, ce plan (destin?), ce rôle à jouer pressenti, d’évoluer au sein des autres et non me retirer là où je suis compris, dans ma solitude. Je suis piégé a vivre sans cesse décalé, car je suis différent, bien trop différent pour être sur la même longueur d’onde et pouvoir avoir une communication. Au fond de moi, je sais que ce n’est pas ma place d’être en communication avec l’autre, dés que je vais contre cette nature, je resserre les chaînes qui étouffent le bouffon en moi.

Ma place sociale est celle du clown, celui qui s’exprime et qui émeut par son comportement décalé, spontané, sans prismes. C’est la place que je tenais enfant, dans ma famille, ou en classe, je ne prenais la parole que pour sortir un trait d’humour. J’étais heureux. Cette place, je l’ai perdu. J’ai perdu ma légèreté pour un sérieux lourd. « Accepter sa bipolarité », trop sérieux, « psycho éducation » trop sérieux, « échanges de témoignages entre hypersensibles » trop sérieux, « diriger une association » trop sérieux. Tout ce sérieux me plombe et m’éloigne du clown en moi.

J’ai fait partie d’une troupe de clown, ironie du sort, je n’arrive pas à faire le clown sur scène, mais lorsque je le faisais hors de scène dans le groupe, je perturbais la classe, et je me suis fait gentiment remettre à ma place. Je n’arrive qu’à être en phase avec ma folie, à être moi, lorsque une multitude de facteurs sont là pour mettre en confiance mon clown qui s’exprime brutalement : « Je suis un prophète! » par exemple. Et dans ce monde sérieux, c’est pris au sérieux, du coup je le prends au sérieux, en oubliant que je suis fou que je ne suis pas sérieux, que je n’y crois pas, que seulement ça me met en joie de le proclamer. On appelle ça une crise maniaque… Mais la crise maniaque n’est pas la folie, c’est la résistance mentale à la folie, la peur de la folie, c’est ça la crise maniaque, c’est prendre au sérieux la folie.

Et on prend tout ça au sérieux, et vient l’arsenal thérapeutique pour se soigner. Pitain, on est parti loin…

Et je réfléchis, et j’écris, et je débats sur la bipolarité, le sens dans tout ça, l’hypersensibilité, et ça me rend encore plus sérieux, et plus je mets en oeuvre des moyens qui sont censés me faire accepter qui je suis, me recentrer, plus en réalité je m’éloigne de ma légèreté, et de mon rôle, celui dans lequel je me sens bien : le troubadour, le clown, le bouffon.

O toi qui me connais, qui me vois si sérieux, tu auras du mal à l’admettre.

Diriger l’AHS en attendant un remplaçant, je veux bien, mais L’AHS c’est très sérieux, c’est un mouvement qui fait partie d’un mouvement plus grand de révolution de la société française. Ce mal-être mental de plus en plus grand en France va…

Bref!

Accepter sa bipolarité? Non. Accepter sa folie? oui. Et vivre sa folie. Assumer sa folie. Assumer d’être en décalage. Ne pas résister à sa différence. Ne pas aller contre nature et s’insérer dans un rôle qui n’est pas le sien. Ne pas se taire. Je suis fou et c’est en étant fou que je suis heureux.

Elle est où ma souffrance? Elle est dans ma résistance à ma folie. Tant que je n’accepterai pas et n’assumerai pas à vivre ma folie avec toutes les révolutions qu’elle apportera dans ma vie, pour le meilleur et le pire, je souffrirai et me rassurerai avec ces termes: « bipolaires » hypersensibles »psy »troubles.

Mais qu’est ce que j’attends pour vivre pleinement ma folie?

Et de répondre au sérieux :

« Je m’en fous, je suis fou! »

Patience et Espoir, mon cul!

W

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11 responses to “Assumer sa folie, c’est tout

  • OLIVIER

    Et bien, sois fou !

  • lhomme

    rien aucun et pourtant tellement à dire mais ce serait te répéter ou pas ….
    une bipo aussi folle que toi voir plus…..alors oui
    assumons notre folie c est marrant c est ce que je me suis dit ce matin au réveil moment de grande méditation chez moi ou de grand rituel…. pour commencer une journée…..ET
    je pense que la vie nous suivra………
    HYPERSENSIBLEMENT
    F

  • Vulcania

    La vie a mis la maladie psychiatrique sur ma route, ce n’est pas pour rien, j’ai certainement des choses à y apprendre.
    Et effectivement, je commence à découvrir les enseignements de la bipolarité depuis que j’ai commencé à lui faire une place dans ma vie.

    Elle m’apprend l’Acceptation de la réalité telle qu’elle est et non pas celle que je voudrais qu’elle soit.
    Elle m’apprend à ne plus avoir Honte de moi, à ne plus me battre contre moi-même pour contrôler mon image extérieure et répondre aux folles exigences de mon Super-égo.
    Elle me pousse à m’aimer avec mes fragilités et à me défusionner du regard des autres.

    Mais alors, l’épreuve de la maladie psychiatrique m’aide à devenir plus sage et me libère de la prison de mon égo tyrannique ???!!!
    Si en plus j’arrive à vivre mon quotidien avec légèreté et humour, alors je veux bien que l’on me traite de Grande Folle ! 😉

    • S.c.

      Oui, la maladie détruit l’ego. Surtout les maladies mentales qui sont très stigmatisées et stigmatisantes.

      Après cela ne sert à rien de s’autoflageller non plus car la vie se charge d’elle même de nous donner les coups de fouets que l’on mérite.

      Mais les mérite-t-on vraiment en fin de compte ? Ne passe-t-on pas l’essentiel de sa vie à recevoir les coups de fouets inutiles que l’on se donne soi même ?

      Il faut accepter ses faiblesses peut être est ce bien là la clé.

  • katsiejolie

    Bonsoir,
    Je te lis et « Je suis en train de passer à côté de ma vie en essayant de jouer l’équilibriste entre ces 2 camps. J’ai beau méditer, plus je suis lucide, plus je me rends compte de la réalité qui m’entoure. Pas étonnant, que je cultive rapidement des illusions, que je fuis les autres et préfère la folie, je ne suis pas en accord avec cette réalité que la majorité des gens, la norme, accepte et s’épanouisse dedans à coup de consommations, et de plaisirs palliatifs. » Tu as raison, c’est ça le problème: Cette merde qui ne nous convient pas et tous ces gens qui forme un troupeau qui cautionne toute cette décadence morale. Compétitivité, pognon, cruauté animale, malheureux laissés sur le bord de la route, planète asphyxiée. Quand on discute avec les gens on voit que ça ne les commotionne pas vraiment, ça ne les empêche pas de se reproduire. Bref, moi versus eux.
    Je me sens de plus en plus différente au fur et à mesure que les jours s’enchaînent, mes prises de conscience sont de plus en plus violentes et douloureuse: j’ai compris que j’étais « montée à l’envers », différente, toujours à contre courant dans ce monde qui ne me convient plus du tout…On me dit: « Mais tu es la seule à penser ainsi. »Trop humaine m’a dit une psy (qui est extra!!) Je cherche la solution, je tourne en rond comme un papillon dans un bocal et je me fracasse. Aucun répit, l’enfer. Ne jamais être comprise, avoir constamment affaire à des gens pas « équipés » pour comprendre. Alors fuir.. Mais non j’oubliais: c’est pas possible! Le système le veut ainsi. Faire semblant? Je ne peux plus..Plus du tout envie de me justifier: de mes choix mûrement réfléchis, de mes convictions personnelles, de mes idées sur ce monde pourri dont la plupart s’accommodent parfaitement. Je te comprends, je suis obligée de m’exiler dans ma bulle, où il y a le moins d’ interférence possible. Toxicité générale, elle est partout. Des fois je souffre tellement d’être corticalisée, hypersensible, empathique et surtout dans ce monde, que j’ai l’impression que je vais en mourir. Je cherche la solution également. Enfin je cherche plutôt à savoir s’il y a une solution.

    • JuStemoi

      Je ressens la même chose. (Pourtant?) Je ne suis pas bipolaire… je me suis posé la question maintes fois pourtant, et je l’ai posé aux « spécialistes » … Ma psy dit que je suis juste et seulement « hypersensible à l’influence des autres »… Je traduis : hyper connectée à l’énergie? hyper empathique? hyper consciente? Bref, ça me fait mal en tout cas. Tout le temps.
      Certains ici ont lu le livre « La prophétie des Andes »?! Le monde change, va changer, nous en sommes les artisans, et un jour lointain (on sera déjà morts, c’est sûr! Haha), la norme telle qu’elle existe maintenant, n’existera plus, et pour nos enfants, la souffrance telle que nous la connaissons n’existera plus aussi forte. J’y crois, ce n’est qu’un bouquin, je suis probablement folle (!) Ben non, c’est réel si on est plusieurs à y croire. Il faut aussi voir comment et pourquoi l’auteur a écrit ce bouquin… Les gens « normaux » ne sont pas si nombreux. Vive la folie!
      Il y a une solution, il y a un équilibre, une 3ème voie, c’est pas du temps perdu W, c’est le travail de toutes nos vies… Créer quelque chose de meilleur. Merci pour tes mots, pour ta folie, pour ton énergie. Patience, espoir, action (écrire) et folie (imagination, création).
      Avec amour et humour (et surtout pas sérieux ;))
      Ju

  • Sirène

    Notre société a besoin de dirigeant troubadour clown bouffon hypersensible, ouvres toi au mieux être que tu apportes à tant d’êtres, sensibles, hypersensibles ou hyposensibles… merci pour ce que tu partages avec nous

    • S.c.

      Hyposensibles…

      C’est une très bonne question ça ; n’est-ce pas une source de souffrance également..!?

      Il faudrait monter l’association des hyposensibles peut-être bien.

  • Sirène

    Il faudrait que chaque être humain soit bienveillant avec la sensibilité de tout autre être humain qu’il rencontre car chaque être a sa propre sensibilité mais certain/e ont peur de la différence et deviennent malveillants/es…???

  • eM

    « la maladie détruit l’ego », « sensibilités » différentes, profondes.
    Les bouffons, bouffones résistent aux tyrans, comprennent mieux !

    Vivons comme des DIEUX, DEESSES, et merde aux humains.
    y a qu’un fou, folle, à se prendre pour dieu, CQFD

    • Aida

      Moi aussi je suis apparement folle. Je suis une sainte, une élue de Dieu, et trèèès heureuse de l’être. En fait, je n’ai jamais été aussi heureuse que depuis que je suis passée De bipolaire 2 à bipolaire 1. Et dans la foulée , j’ai décidé de quitter le système : travail, faux amis et famille qui n’a jamais accepté ma différence.
      Pour moi, c’est le monde qui est fou, je ne le comprends pas et ne le comprendrai jamais. Par contre, j’ai compris que je dois cesser de chercher à le comprendre.
      Pour les autres , je suis folle. Soit !!!
      Je le suis, je l’assume. Et j’attends avec impatience une prochaine manie avec un bon délire mystique et inspiration poétique comme j’en ai eu la dernière fois. Que du bonheur !!!

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