« Attention au déni de la maladie »

keep calm

Ne laisses pas quelqu’un te faire croire que tu es malade si tu ne te sens pas malade. Et si tu te sens malade, ne laisses pas quelqu’un te faire croire que ta vie est foutue, car ce n’est pas vrai, on peut se libérer de tout mal, avec la conscience, le soin, la patience et l’espoir.

Malgré un diagnostique de bipolaire en 2008, je ne me suis jamais senti malade. Pourtant j’en ai chié, des crises maniaques, des hospitalisations à répétitions, bref un beau palmarès que tu peux découvrir dans le récit de mes aventures : maniac story ep 01-Je t’aime à la folie. J’ai atteint des jolis pics de souffrances à me mettre à genou par terre, en pleurs « Qu’est-ce que je dois faire mon Dieu, wouin wouin! », moi qui ne pratique aucune religion pourtant… Malgré tout cela, je ne me suis jamais senti malade. Quand tous les autres bipotes, eux, disent qu’ils sont malades, moi je pense « béh du coup, peut être qu’il y a eu une erreur de diagnostique » peut être qu’ils ont raison, et qu’en fait je ne suis pas bipolaire, tout simplement. J’aurai trompé tous mes lecteurs depuis trois ans… oh merde!

En réalité c’est pas simple cette histoire, parce que débattre autour de la bipolarité et la maladie est sans fin et engendre beaucoup de confusion, tout bêtement parce que le mot « bipolaire » n’a pas de sens au fond.

Premier non sens. On s’identifie au trouble : « Je suis bipolaire ». D’un côté c’est rassurant, on a une réponse à la question « Mais qu’est ce qui ne va pas chez moi? » mais en réalité on s’enferme dans une prison et on se stigmatise nous même à ….. ?oui, à quoi? On réduit notre personnalité, notre identité à une alternation de quelques périodes de souffrances. Une souffrance répétée qu’on interprète très vite comme maladie chronique, comme si on était prisonnier de notre passé et sans espoir pour le futur. « J’ai un trouble bipolaire » me paraît plus juste déjà. Même s’il y a un risque de fatalité aussi dans cette expression. Encore une fois, si seulement on pense le trouble comme une maladie.

Si le trouble bipolaire était seulement défini comme une variation particulière de l’humeur, une fragilité, une hypersensibilité, un handicap dans certaines situations, et tout ce que tu veux sauf le terme « maladie », alors là ok, pas de problème : J’ai un trouble bipolaire.

Je ne déni pas que j’ai une fragilité que je dois soigner, accueillir, connaître. Je ne dénie pas que j’ai une hypersensibilité très complexe que je dois comprendre. Je ne dénie pas que j’ai accumulé beaucoup de souffrances pendant la première partie de ma vie surtout, et que je dois continuer à mener un combat, pour me libérer de mes corps de souffrances, pour guérir mes blessures les plus profondes. Je ne dénie pas que j’ai un travail colossale d’affirmation de soi, d’incarnation. Haha! Mais tout ça, c’est le lot de tout le monde en fait! La différence, c’est que les événements de ma vie ont fait que j’ai acquis cette conscience, un peu en avance sur la masse, certes.

Si ce terme « maladie » m’embête ces derniers jours, c’est que je ne dois pas en être totalement libérer.

Définition Larousse de la maladie : « Altération de la santé ».

Si une maladie permet la libération, la prise de conscience, le goût du bonheur, des guérisons multiples, la sérénité, l’accomplissement, la création. Alors oui pourquoi pas.

Mon trouble bipolaire a évolué depuis que j’ai pris conscience de mon chemin, de mon combat, depuis que j’avance en conscience, pour résumé. Là où avant, les hospitalisations se répétaient presque chaque année, les dernières sont très espacées. Tout ça pour dire qu’on s’en libère de ce trouble qui apparaît au début comme une maladie chronique. Suffit d’y croire, et de mettre les moyens.

Ou alors peut-on dire que la bipolarité est un trouble qui remue notre être afin de nous donner la chance de soigner toutes nos maladies inconscientes.

Ou alors, peut-être qu’on peut dire que dans le monde actuelle, c’est perçu comme une maladie de vouloir être libre.

Si la liberté est une maladie. Comme l’amour qui rend malade.

Alors oh ouiii, je suis malade!

Je ne suis pas habitué à te faire la morale, ou t’enseigner quoi que soit, mais j’ai envie de proclamer haut et fort :

« Ne laisses pas quelqu’un te faire croire que tu es malade si tu ne te sens pas malade. Et si tu te sens malade, ne laisses pas quelqu’un te faire croire que ta vie est foutue, car ce n’est pas vrai, on peut se libérer de tout mal, avec la conscience, le soin, la patience et l’espoir »

W

mon bouquin : la vie d’un bipolaire

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6 responses to “« Attention au déni de la maladie »

  • Grenouille

    C’est juste être + sensibles, en plus d’avoir eu un passé traumatisant. C’est juste qu’on a été obligés de s’adapter au système malgré tout, et que toutes ces remises en question a aiguisé notre perception du monde. Si j’osais dire, donc, un refus d’entrer dans un système « inhumain »où l’argent et le pouvoir prône sur tout (ce qui est illogique pour nous qui fonctionnons avec notre coeur).
    Ce n’est pas une maladie; c’est comme tu l’as écrit, en prenant exemple de l’amour. Il n’y avait pas de meilleurs exemple ! Car c’est notre amour qui est touché dans le système où on vit sur cette terre.
    D’où notre colère, notre révolte, notre incompréhension du monde, ce décalage qu’on ressent.
    On garde espoir ! 😉

  • vulcania

    Personnellement, je ne me sens pas malade mais je reconnais avoir un trouble bipolaire.
    Qui dit maladie, dit médicaments. Pour voir si j’avais vraiment une maladie, j’ai donc arrêté mon traitement et j’ai effectivement vu revenir à grands pas mon trouble.
    Le terme « maladie » ne me convient pas puisque je ne me sens pas malade. J’utilise donc le mot « Trouble », il donne l’espoir d’un retour au « clair » 😉
    Chacun est libre de se définir et autant le faire avant que ce soit les autres qui le fassent à notre place. L’important pour notre bien-être mental est que nos pensées, nos mots et nos actes soient en cohérence.

  • OLIVIER

    Merci pour cet article 🙂

  • Malisse

    Je trouve toujours tres interessant ta facon de t exprimer et de permettre a tous ceux qui te lisent de pouvoir s exprimer..
    il est vrai que d etre étiqueté par un diagnostique n a rien d aidant surtout qu en matiere de santé mentale etre malade effraie..pourtant peut etre me ferais je l avocat du diable le diagnostique a pour but de permettre une prise en charge(malheureusement qui est bien sommaire si elle n est que traitement et hospit). il y a de grosses failles car encore une fois tout ce qui se rapporte a la psy fait svt peur ou est caricaturé reduit a la folie.. alors que personne n est a l abri a un moment ou un autre d etre en desequilibre.. comme tu l ecris en ex par amour…
    il demeure tt de meme important de pouvoir y mettre des mots meme si parfois ca parait inadapté, non pas pour creer des barrieres comme cela semble l etre quand le diagnostique est posé mais pour pouvoir vivre avec.. mieux se connaitre, permettre d en avoir conscience..pas forcement renier cette hypersensibilité mais svr l apprivoiser car meme si elle ne definit pas ce que tu es a part entiere elle fait partie de ce que tu es.

  • benoit2253

    Excellent texte, plein d’intelligence et d’empathie. Plein de clarifications aussi, toutes très précieuses. Bravo W. Et merci.

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