Une journée 3e partie

1ere partie, 2e partie

Je continue malgré la forme. Cette nuit mouvementée a fait place à une journée fatiguée. Mais le désir à vivre cette journée intense d’écriture l’emporte sur mon corps fatigué. Le café et la cigarette aide. En plus des repas et pause clope, il y a la balade quotidienne qui marquera aussi certainement une rupture dans l’expression aujourd’hui.

Besoin de me vider. Chaque expérience nouvelle, rencontre, discussion, action dans l’association a son lot d’émotions et de pensées nouvelles entrantes, que je dois pour respect de mon équilibre faire ressortir. N’étant pas un bon communicant de ma personne dans la vraie vie, ce blog est nécessaire pour rétablir l’équilibre. L’expression est meilleure et plus sincère car l’autre et tout ce qu’il transmet est absent. Cette absence, permet ma présence. C’est cela que je dois travailler : ma relation à l’autre.

J’ai bien du mal à être moi-même dans mes relations, surtout en groupe. Comme je le disais précédemment, automatiquement je vais mettre en valeur les parts de mon être que j’estime êtres belles en refoulant les parts qui me paraissent plus sombre, de peur qu’elles ne plaisent pas. Lorsqu’on aborde cette difficulté être soi pleinement, on en revient toujours au regard de l’autre. J’ai du mal à supporter l’idée de ne pas être aimé. Alors, automatiquement (je préfère ce terme à naturellement) je vais adapter mon comportement à la ou les personnes en ma présence pour ne pas déranger celles-ci, surtout pas les blesser, je vais leur montrer une part de moi qui correspond aux comportements qu’elles ont dans la situation. Ce n’est pas que je ment à moi-même, enfin pas tout à fait, puisque ce que j’exprime, ce que je montre est une partie de moi-même, mais ce n’est pas entièrement moi. Bref, exemple :

Durant la rencontre entre hypersensibles de samedi dernier, j’ai été confronté à une situation qui me demandait d’exprimer une part de moi autoritaire. Il y avait une participante qui monopolisait la parole. Une part de moi avait envie de la couper pour le bien du groupe, mais la peur de déranger, de blesser, l’a emporté, et je n’ai pas réussi à m’interposer, au lieu de ça, je me suis laissé envahir, sapé mon énergie. C’est très rare que j’ai à faire avec ce genre de personnes lors des rencontres, ce qui fait que je ne suis pas préparé. En plus de cela, il y avait aussi une autre personne qui était plus venue pour rencontrer l’âme sœur que pour échanger sur l’hypersensibilité. Je ressentais fortement le mal aise qu’il causait lorsqu’il s’asseyait à côté de chaque nanas tour à tour, mais encore une fois la même peur m’empêcha d’agir. Je précise que ces deux personnes n’avaient pas de comportements dangereux, qu’elles étaient gentilles, seulement elles ne se rendaient pas compte. Voilà, c’est là que je dois m’affirmer. C’est là que je dois m’interposer, affirmer mes contrariétés même si cela dérange ou blesse, pour le bien du groupe, mais surtout pour moi. Car en rentrant le soir, j’étais mal, je me sentais envahi, comme si on m’avait marché dessus. Je me sentais victime.

Si la vie m’a confronté à cette expérience de samedi dernier, c’est pour qu’un déclic se fasse, que je me dise : « Ca suffit, impose toi! ». Car je pense qu’on revit les mêmes expériences à répétition tant qu’on ne se décide pas à surpasser, prendre son courage à traverser la peur qui nous sépare d’un nouveau moi un peu plus libéré. Alors j’écoute du Kery James, et je commence ce nouveau combat, déjà dans mon arène solitaire, avant d’entrer sur le prochain ring avec des nouveaux adversaires que la vie aura finement choisi pour représenter cette partie de moi que je dois accueillir, combattre et libérer. Car accueillir est un combat contre sa peur de l’étranger.

Il ne s’agit pas de voir les personnes qui nous posent le problème comme des autres séparés de nous, mauvais et ennemis. Non, ces autres que l’on va juger facilement malgré nous, nous sont intimement liés. Ils sont là pour nous. Ils représentent notre émancipation. Et les aimer peut s’apparenter à les déranger, ou les blesser. C’est ce qui peut arriver quand on s’affirme. Il ne s’agit pas ici de violences physiques ou morales. Simplement dire « non » peut blesser. Simplement dire « Je ne veux pas » ou « peux tu laisser parler les autres » peut créer un mal  aise. Ce mal aise dont j’anticipe le ressenti, et que je veux éviter. La peur d’avoir peur…

Viens avec ça, les outils de communication non violente, afin de s’affirmer en limiter les dégâts chez l’autre. Ne pas dire « tu m’énerves parce que » mais « Je me suis senti mal quand tu as fait… ». C’est vraiment pas simple pour moi. Car dans un moment où je sens le besoin d’exprimer une contrariété, je ne suis pas dans un étant serein, je suis déstabilisé par un remous d’émotions engendré par le comportement de l’autre bref, je suis trop agité pour pouvoir m’exprimer clairement. Et c’est pour cela que je préfère ne pas m’imposer car je sais que dans l’état actuel ce sera de manière maladroite. Logique puisque je n’ai jamais eu l’habitude de le faire. Et du coup je sais très bien qu’il en résultera un conflit. Et aahhh, je ne supporte pas les conflits relationnels, je préfère vendre ma peau pour apaiser le plus vite la situation que d’affirmer ma propre justice. Alors je ravale.

Ces situations étant relativement rare, je n’ai jamais mis à l’ordre du jour, cette nécessité de m’affirmer, moi, mes parts sombres, m’exposer aux risques de ne pas être aimés. Mais aujourd’hui, les récents événement m’y obligent. Ça va chier! D’ailleurs je vais aller aux toilettes, et fumer. Je reprends dans quelques minutes dans un nouvel article.

Suite

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One response to “Une journée 3e partie

  • Olivier

    Peut-être que la solution W. est de poser d’entrée de jeu ,lors d’une réunion, des règles basiques. Tout le monde doit pouvoir s’exprimer, chacun son tour. Comme cela tu annonces la couleur de façon non violente.
    Tu me diras que de ne pas trop parler, pour moi, c’est un peu difficile parfois. Enfin, surtout quand j’ai l’impression que personne d’autre ne veut prendre la parole. Parce que c’est aussi le problème, des fois les gens n’osent pas parler et c’est compliqué de les faire parler…

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