Une journée, 5e partie

Le début de la journée

Merci

La balade est terminée. J’ai marché avec quelques doutes en tête. Dés que j’explore un peu plus loin ma sphère, c’est toujours avec le doute en accompagnant. La métaphore d’aller nager pour la première fois là où l’on a pas pied, est plutôt parlante. Et c’est toujours un peu avec fébrilité que je révèle un peu plus de mon être.

Je pense savoir pourquoi la peur est particulièrement présente en ce moment. Il est prévu que j’aille une semaine en vacances avec mon ami d’enfance chez ses parents en Haute Alpes. Vacances similaires à celles qu’on avait l’habitude de partager quand nous étions meilleurs amis gamins. C’est à dire il y a vingt ans. Ce futur retour dans le passé me nourrit d’appréhension. Je pense que la source de nombreux de mes mal-êtres réside dans mon enfance. Et cet ami incarne mon enfance. D’ailleurs je rêve souvent de lui. « Lui » dans mes rêves représentent simplement moi enfant, je pense. L’enfant en moi s’exprime dans mes rêves puisque j’ai bien du mal à lui laisser champ libre dans mes journées. J’étais beaucoup dans le jeu enfant, dans la légèreté, clown. Et qu’est ce que je suis devenu sérieux aujourd’hui. D’ailleurs mon amie la plus proche qui est passée me rendre visite quelques jours lors de mon exil à Groix, me l’a douloureusement fait comprendre. Car sur mon île, dans cette liberté que je me suis offert un mois, j’étais dans mon élément, et cette amie m’a vu jouer sur la plage, déconner, bref, elle a vu une partie de moi inexistante presque à Paris et m’a dit un jour dans la maison de pêcheur que j’avais loué : « Je ne savais pas que tu étais drôle » … Ça a été un coup… Innocemment, elle m’a rappelé combien je m’étais éloigné du gamin qui faisait rire toute la famille dans les repas, qui faisait rire la classe à l’école, l’enfant qui inventait des jeux dans n’importe quel situation.

Les dix dernières années, j’ai pu retrouver cette joie de vivre (parce qu’au final c’est de ça qu’il s’agit) lors de ma période dans l’animation avec les enfants : les colos, les classes découvertes. Et dans la relation amoureuse la plus importante que j’ai eu, avec une nana qui était aussi dans le jeu, dans l’aventure, la spontanéité. Mais tout cela se faisait grâce à l’alcool, et une hygiène de vie préjudiciable avec ma fragilité psychique. Cela m’a traîné d’hospitalisation en hospitalisation. Bref! le plan maintenant est de retrouvé cet enfant intérieur, cette joie de vivre sans les artifices alcool et drogue. Lâcher prise, laisser aller les états d’humeurs sans se préoccuper du regard des autres et du dérangement que ça peu causer. Et là j’en reviens à ce que j’écrivais ce matin sur l’affirmation de soi. La boucle est bouclée!

Voilà, tu es toujours là? Question bête. J’ai vu quelques réactions, merci! C’est plutôt plaisant le mystère du nombre de personnes qui lisent cela, quand j’y pense. Parce que tu t’es sans doute déjà demandé pourquoi je publiais mes écrits, que je ne les gardais pas privé, comme tant de gens le font avec leur journal intime. Bon, déjà, j’ai presqu’ autant d’écrits reposant dans les oubliettes de plusieurs carnets, que d’écrits publiés. Après, de façon général j’ai du mal à garder les choses intimes. J’ai un besoin insatiable de partager. Je suis peut-être un exhibitionniste de l’âme. Je suis comme ces personnes qui participent aux émissions de télé réalité, à la différence que ce sont mes ressentis et pensées écrites que je veux montrer. Mais c’est intéressant parce que lors de moments où je suis « up » hors de contrôle, il m’est arrivé à m’exhiber sexuellement sur skype ou texto. Je peux l’écrire sans trop de peur, car j’ai beaucoup travaillé sur ces pulsions sexuelles et lors de la dernière montée, j’ai su maîtriser la bête seule. « Gros pervers! » ah ça, c’était une partie de moi qui aime bien juger.

C’est donc par désir insatiable de partager ce que je vis, mes pensées, ce que je ressens, que ce blog est devenu un partenaire de vie. Et ton regard permet cette expression. Je n’écris pas pour toi, mais grâce à toi. C’est bien dit ça. C’est assez universel, on existe grâce à l’autre. Je suis au cœur de cette vérité universelle. Et puisque j’ai bien du mal à être moi en présence physique de l’autre. Je remercie le web, cet intermédiaire qui me sauve. En attendant que je puisse m’exprimer comme je le fais ici, en société : famille, amis, travail, partout! Le jour où je serai en phase avec ce que je ressens dans toutes les situations de ma vie, je n’aurai plus besoin W ni de toi. Bien sûr il va y avoir une évolution à demi mesure. J’ai trouvé ici mon espace d’expression privilégié.

Pour moi c’est cela vivre équilibré : pouvoir exprimer ce que l’on imprime. Et étant hypersensible, j’imprime, je reçois, j’éponge tellement que j’ai du trouver un outil pour exprimer et partager à volonté. Je te souhaite de trouver ton outil. Ce qui est avantageux avec l’écrit, c’est à portée de tous. Suffit d’écrire. On devient écrivain en écrivant, disait l’autre. Il n’y a rien apprendre de plus de ce que l’on a appris à l’école. Je suis un exemple qui montre bien que l’on peut écrire même avec une expression et une orthographe maladroite.

Il est 16 : 38, je cale. Parce que oui, il y a une attente de résultats, j’ai envie de prouver à mon monde que je suis capable de cette prestation, j’ai envie d’aller au bout de cette idée qui se faisait jouissante dans mon esprit depuis quelques jours. Tout ça pour dire que l’écriture du jour est particulièrement lié à mon égo surdimensionné, cet égo que j’ai du mal à assumer. Cet égo qui m’a fait croire que j’étais Dieu.

Aller petite pause de 5 minutes, clope et chocolat.

Suite

 

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2 responses to “Une journée, 5e partie

  • eM

    hallucinant,
    l’interieur d’une tête en direct
    une vraie intervention psy sur lui même
    rêves et cauchemars éveillés
    a quelle heure s’est il lever
    a quelle heure va t il dormir
    va t il ensuite se reveiller ?
    va t il ensuite continuer ?
    après combien de jours ?
    cela devient angoissant
    cet effort in sensé !

  • Annick Raïssa

    Ce serait bien si t’arrivais à mieux gérer ta condition tout en abandonnant la clope et la caféine. Je sais, c’est extrêmement difficile et ça prend très souvent du temps. Mais si tu veux retrouver l’enfant qui est en toi, tu dois aussi supprimer ces choses au fur et à mesure et ne pas les regretter une fois le résultat atteint car tu risques de retomber dans les vieilles habitudes. Je sentais que je devais te le dire même si je sais que tu le sais déjà.

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