Une journée, 7e partie

Début de la journée

Voici la suite et la fin de cette journée d’écriture. Malgré une pause inattendue de 18h à 22h avec la visite d’un ami, cette expérience est inédite pour moi. Jusqu’ici mon écriture se résumait à un crachat de ressenti d’une heure maximale une fois ou deux par semaine. Un jet d’humeur sans réel effort, à part celui d’avoir le courage parfois d’être sincère là où il est difficile de mettre des mots. Mais cet effort est aussi assez jouissif, donc rien avoir avec  une effort plus lié à un travail de concentration, de choix des mots, de narration, etc. Rien de tout ça chez moi et désolé du coup au lecteur sensible à l’orthographe. D’ailleurs je ne me suis pas relu aujourd’hui donc encore désolé, même si je le suis à moitié en fait, car si tu lis ces lignes c’est que tu as une certaine tolérance et que le fond t’intéresse tellement que tu en oublies les fautes!

J’ai lu les commentaires, merci à vous!

Voilà, bon… Je suis fatigué. En réalité, je suis fatigué depuis ce matin. J’ai très mal dormi à cause de mon rêve apocalyptique et le thon peu frais manger la veille. Je me suis forcé à sortir du lit ce matin car je voulais vraiment réaliser cette expérience. Du coup je sens que là je vais commencer à écrire pour écrire. Et je ne sais pas faire. Lorsque l’état d’esprit est vierge, pas de pensées emmêlées, pas d’inspiration… Ah ça me refait penser à mon histoire de dissection d’ego. J’en ai parlé à mon ami d’ailleurs. Mais aaaaah, encore une fois quelle frustration de ne pas pouvoir communiquer à l’autre tout ce que j’exprime ici. En relation avec l’autre, tout est plus compliqué. Si j’avais un vrai handicap ce serait celui là : handicapé dans la relation à l’autre. Même si bien sûr il y a des personnes avec qui c’est plus facile, cela reste en général difficile. A coté l’handicap dit « trouble bipolaire » perd toute signification. Là c’est réelle. Enfin bref, et c’est d’autant plus difficile que l’autre n’en a pas tellement conscience et ne perçoit pas cet handicap invisible. Je ne remets nullement l’autre en question. Le monde extérieur est le reflet de mon monde intérieur. Soit le changement que tu veux voir dans le monde. C’est à moi de me libérer, c’est à moi de prendre conscience et de m’ouvrir toujours plus large pour que l’autre un jour puisse me comprendre.

22:22!

L’entreprise de dissection de mon ego, commencé plus tôt dans la journée, est une bonne piste pour travailler sur mon ouverture à l’autre. Car si j’ai du mal avec l’autre, c’est tout d’abord parce que je suis très centré sur moi! Je ne me justifierai pas là dessus. M’enfin voilà, j’ai passé la journée à écrire sur moi. Mais Socrate l’a dit : Connais-toi toi même, et tu connaîtras l’univers! J’en suis persuadé. Je passe le plus grand temps sur Terre à faire connaissance avec moi-même, à me comprendre à m’accueillir. Oh! je te sens venir petit juge intérieur, mais sache que c’est en me connaissant que je peux te connaître. C’est en incarnant ce que je dois incarner que je peux apporter quelque chose sur Terre. Et bien plus que Bowie!

Il est nul cet article. Juge. C’est une pensée que j’aurai pu ne pas écrire, mais au point où j’en suis. Je ne sais pas si tout est bon à dire, mais en tout cas tout est bon à exprimer. Car ce qui ne s’exprime pas reste, vieillit, s’aigrit, et est de plus en plus difficile à libérer. Jusqu’à un point où c’est la vie qui s’en charge, et un jour c’est la mort. Mais alors, si on fait circuler idéalement, cela voudrait dire qu’on pourrait être immortel. Comme il est suggérer dans le Tantra. Qu’il y a des circuits vertueux dans la vie et même régénérescent. Cela voudrait dire que mieux qu’immortel on pourrait rajeunir. Ce n’est pas tellement une envie que j’ai, seulement une pensée, une croyance. C’est vrai qu’avec le tabac et le café et le lithium, je ne prends pas le chemin de l’immortalité. En ce qui concerne le tabac, j’arrêterai à 37 ans, cela fait longtemps que je m’y suis décidé. Et voilà, j’écris du factuel, et j’en éprouve aucun intérêt. D’ailleurs même avec les plus d’un millier de pages que j’ai écrit ici, dont mon livre, je te mets à défi de connaître ma vie « apparente ». Où j’habite, mon Cv, ma famille, etc. Je dis ça parce que je veux bien admettre que je suis égocentrique, que mes écrits sont centrés sur moi, mais je n’écris pas non plus un banal journal intime sur mon quotidien, non c’est quand même un egocentrisme plus intéressant. D’ailleurs j’écrirai ça en sous titre de mon prochain bouquin : « un egocentrique plus intéressant que les autres ». Il y a plusieurs degré, c’est drôle.

Ah l’impression d’écrire pour écrire revient, c’est pas bon ça. C’est peut-être le moment d’arrêter. C’est marrant parce que le fait d’admettre ce petit point négatif à l’instant à ouvert la porte à un jugement intérieur beaucoup plus négatif dans le genre : » tout ce que tu as écrit aujourd’hui est de la merde ».  Et si je n’avais pas coupé court le shmilblik un autre jugement aurait suivi naturellement « ton blog n’a aucun intérêt ». Hé oui, ça va vite chez nous les hypersensibles!

Je commence à mieux connaître les paramètres du doute, du jugement et de la peur chez moi, et c’est très intéressant. Même si je crois que tant que je suis sous condition humaine, je ne pourrais maîtriser ces choses là, peut-être simplement mieux les traverser. Car je traverse, nous sommes tous en traversée. Vers où? je ne sais pas mais ce que je suis sûr, c’est que nous y allons! Demain est un autre jour. Ou plutôt demain est un nouveau jour. Oui m’enfin, ces phrases ont perdu de leur sens, on ne les écoute plus au premier degré. Où va t-on? Réussir à ce déconditionner au point à pouvoir croire que tout est possible, tout est changeable, que l’inimaginable se produise, c’est génial. C’est un peu terrifiant, mais tout autant jouissif. Le lâcher prise. Quelles certitudes a-t-on pour pouvoir être sans espoir? Lorsque je suis désespéré c’est parce que je crois trop bien savoir ce qui va se passer. Le désespoir est un péché d’orgueil?

Philosophie du soir bonsoir. Pas l’habitude d’écrire sur ce thème, et pourtant j’en aurai des choses à dire, ce sera pour plus tard, lorsque je serai plus sage et que j’aurai trouvé une Pensée, une vraie, construite comme tous les grands penseurs. Pour le moment je ne fais que cracher ce qui me vient à l’idée de peur que cela s’entremêle et m’embarrasse. Encore une stratégie de survie. Lorsque je saurais penser j’aurai moins besoin de m’exprimer. Et lorsque je le ferai, cela sera plus ordonné, plus propre, plus éditable, plus rémunérateur, plus viable. Bullshit!

Il est temps que je te remercie toi qui a suivi cette expérience, si tu n’avais pas compris, le début c’est ici : Une journée. Si tu avais compris, ne va pas tout relire, ce serait dommage!

Je ferai mieux la prochaine fois.

Patience et espoir

W

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5 responses to “Une journée, 7e partie

  • Annick Raïssa

    Dommage que je n’habite pas en Europe, j’aurais tellement aimé assister aux rencontres pour hypersensibles que tu organises. Je te souhaite beaucoup de courage pour ton gros projet et patience et espoir car lorsque le temps viendra, tu retrouveras ton âme d’enfant. 🙂

  • OLIVIER

    🙂 c’est loin d’être nul ce que tu écris. Merci d’avoir partagé avec nous ta journée, bravo pour ta sincérité, de pouvoir t’exprimer sur des sujet que beaucoup de personnes voudraient cacher

  • claudia

    Hier, j’ai tout suivi ! j’ai tout lu ! j’ai tout aimé ! même les pauses 🙂
    Trop fort de se livrer en direct et qu’est ce que ça fait du bien de se trouver parfois tout pareil BRAVO et MERCI !
    On avance, on cale pas, on ne résiste pas à l’idée d’écrire plustôt que de dire….

  • L.

    Eh ben quel long jet ! Intéressant ceci dit 🙂 C’est vrai qu’il y a un décalage énorme entre notre manière de nous comporter face aux autres et le flot incessant de nos paroles par écrit, le flot de pensées complexes.

    Je te souhaite de pouvoir retrouver l’enfant perdu. Après je comprends que tu ne puisses pas à la fois profiter des rencontres et les cadrer… Car si toi tu pars en biberine et que tu ne fais pas attention, tu es en quelque sorte « responsable ». Je pense que le compromis s’installera au fur et à mesure.

    Courage

  • eM

    les ami(e)s
    alors que diagnostiqué depuis 3 ans, j’ai pas mal potassé la question, je tombe aujourd’hui sur un docu « pas dégeu qui déchire à donf » :

    TOUTES formes d’art, veux tu W !
    partageons déjà notre culture commune, « communautaire, et alors »
    voila pourquoi je vous envoie ce lien, le temps que notre écrivain récupère un peu de force.

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