Archives de Catégorie: IV L’hôpital psychiatrique

A l’asile chez Théophile Roussel

Qu’y a t-il de pire pour moi qu’un séjour à l’hôpital psychiatrique Théophile Roussel?

– Deux séjours à l’hôpital psychiatrique Théophile Roussel. Hôpital que j’appelle par son véritable nom : asile. J’ai visité quatre instituts psychiatriques différents et celui-là convient mieux pour bénéficier du dénominatif « asile ».

C’était en 2009 à la suite de ma deuxième crise maniaque (que tu peux lire ici : Maniac Story-ep11 Season 2). Habitant dans le secteur de l’asile, je fus naturellement escorté là bas par les pompiers et policiers (je crois). Piqûre de rappel : la police m’avait arrêté au siège de canal plus parce que j’étais convaincu qu’il y avait une bombe. Cet événement étant l’aboutissement d’une montée en folie depuis quelques jours. Même si ce deuxième opus dans ma carrière maniaque était moins spectaculaire que le premier (Maniac Story-ep10 Castration ), un schéma identique se reproduit : pétage de plombs-police-menottes-pompiers/samu-tranquillisant – réveil à Théophile Roussel. Voilà, il ne m’est pas nécessaire de te développer pourquoi vivre une deuxième fois un circuit infernal est dure.

Comme pour l’année précédente, je n’ai pas de souvenir de mes premières heures hormis un flash dans ma chambre d’isolement lorsque je reçus mon plateau repas, et encore, peut être n’est-ce qu’un rêve… Néanmoins, je me souviens bien, quand je repris mes esprits, du sentiment douloureux d’apercevoir que j’étais revenu en enfer. Toute la peine vécue lors de mon séjour là bas en 2008 avait réinvesti ma pauvre âme. Revoir ces visages bien connus confirmaient bien que je ne me trompais pas : j’étais revenu au même lieu avec la même incertitude, celle de la date de ma libération. Malgré tous les anesthésiants qui rendaient la pensée difficile, celle de vouloir sortir à tout prix est encore ancrée dans ma mémoire. Cette pensée ou plutôt cette envie est commune à toutes mes hospitalisations ; rentrer chez moi au près de ma chère famille lors de mes enfermements est le désir le plus fort que je n’ai jamais connu.

Pour décrire ce séjour, je n’ai pas grand chose à ajouter au récit du premier. En réalité les souvenirs de 2008 et de 2009 à l’asile se confondent facilement. Il m’est difficile de différencier. Cependant je suis certain que mes paralysies soudaines du corps sont rattachées au volet de 2009. A plusieurs reprises, mon corps fut frappé d’une paralysie partant des hanches jusqu’à la nuque qui m’obligeait à marcher en me recroquevillant de plus en plus jusqu’à avoir le dos parallèle au sol. Ajouté à ce châtiment, effet secondaire d’un médicament sûrement, il me fallait attendre un éternel moment pour qu’un infirmier veuille avoir la peine de prendre soin de moi.

Pareille à l’année précédente, les visites de ma mère, parfois de mon père, étaient des bouffées d’oxygène et de nicotine ; elle m’apportait mes deux paquets de cigarettes, bien le plus précieux en psychiatrie. La voir arriver dans le service était un bonheur incomparable… enfin si, à celui du malheur ressentit quand elle repartait.

Sinon, la « nourriture » n’avait pas changé, le fou qui marchait à quatre pattes et qui se jetait sur mes tartines le matin était toujours là, les deal à travers le grillage qui séparait le service Renoir d’un autre fonctionnaient toujours, l’inhumanité des infirmiers sévissaient encore, les cris diaboliques s’échappant de la chambre d’isolement me terrorisaient toujours et autres attractions n’avaient cesser d’envoûter l’asile de Théophile.

Voilà, avec les récits de ces deux séjours, tu peux avoir une petite idée de ce qui se passe derrière ces hauts murs de ce curieux endroit installé en périphérie de la ville de Montesson (78).

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Hospitalisé pour dépression

Mon nouveau blog à cette adresse http://etrelapaix.wordpress.com/

Fin de la grande dépression et hospitalisation de mars à mai 2009

Dans l’inefficacité de tous les traitements antidépresseurs essayés, mes parents (et moi) décidèrent de m’hospitaliser dans la clinique du Château à Garches (92) en mars 2009. C’est ma mère qui eu un bon écho de cet hôpital notamment au sujet de l’équipe de psychiatres. Depuis le mois de janvier j’avais d’ailleurs changé de psychiatre pour être dorénavant suivi par un spécialiste de la bipolarité de cette clinique, le docteur Gay. C’est donc en ce début d’année 2009 que je fus officiellement diagnostiqué bipolaire de type 1.

Sortis de l’asile en juin 2008, me voilà reprendre mes quartiers chez les fous… Cette deuxième expérience en institut psychiatrique n’avait rien à voir avec la première. Cette fois-ci je fus hospitalisé pour dépression et non pour « bouffée délirante ». Autre différence : la clinique du château à l’allure d’une grande maison de repos dans un cadre exceptionnel digne d’un hôtel quatre étoiles alors que  l’hôpital psychiatrique  Théophile Roussel de Montesson (l’asile de 2008) n’est qu’un réceptacle de déchets de la société, pour être bref.

Evidemment je n’ai pu apprécier la beauté des lieux à mon entrée en mars 2009, j’étais au fond du trou…

Je dois te préciser que cet hôpital est complètement hors norme. C’est un endroit privé, réservé pour les personnes qui ont une très bonne mutuelle et qui peuvent se permettre d’avancer des frais d’hospitalisations de cinq cents euros minimum par jour. Les patients sont soignés plus comme des clients que comme des malades psychiatriques. Le domaine comprend réellement un château luxueux avec de sublimes chambres, deux salons dont un avec un grand billard français. De nombreuses célébrités séjournent dans cette clinique. On dit même que c’est ici que Saint-Exupéry aurait écrit le petit prince…

Je n’ai pas des grands souvenirs des premières semaines de mon hospitalisation. La dépression ne laisse qu’un vide. Ces deux mois à la clinique ne m’ont laissé que des flashs dans ma mémoires dont j’ai beaucoup de mal à reconstitué dans un ordre chronologique. Ce qui est sûre, c’est que je suis passé par trois phases lors de cette hospitalisation : une période mélancolique, une période de mieux-être et une période de bien-être.

Une réelle résilience s’est effectuée là bas. Sans parler du traitement et des activités mis en place, ce sont surtout des rencontres humaines qui m’ont fait revivre.

Il y a eu Eloïse, une blonde de 18, 19 ans. Grâce à cette jolie fille, j’ai retrouvé le sentiment amoureux. Il n’y a jamais rien eu entre nous, je n’avais pas l’énergie et le courage de tenter quoi que soit. C’était plutôt une douce amourette plus fictive que réelle mais cela a eu un rôle dans l’arrêt de la spirale infernale.

Il y a eu Karim, l’éblouissant homme de 35 ans qui en fait 25 et son regard bleu et si profond. Il a fait rallumer une étincelle en moi, la magie que nous avons en nous. 

Il y a eu le Saoudien, fils du consul d’Arabie Saoudite, un montre de muscle à faire peur enveloppant un cœur d’ange. On a beaucoup discuté, beaucoup marché. Chaque jour, nous faisions plusieurs fois le tour du parc et lorsqu’on était caché derrière les sapins, il roulait un pétard avec ces cigarettes menthol qu’on fumait en quelques grosses taffes pour être rapide et n’éveiller aucun soupçons. Il a rendu mon quotidien agréable lors de son passage.

Il y a eu l’actrice brune et mystérieuse qui passait sa journée dans le noir de sa chambre a regarder des dvds. Lorsqu’elle sortait, c’était pour discuter un peu avec moi. On s’entendait bien, souvent, aussi, autour d’un joint.

Et enfin, il y a eu Jean, mon compagnon de galère. Il était là quand je suis arrivé et il était là quand je suis parti. C’est le seul qui m’a accompagné durant tout mon séjour. Il avait 20 ans et souffrait d’une dépression depuis cinq ans. Aucun médecins n’avaient réussi à le soigner. Il a tenté multiples suicides. C’est le seul dont je me souviens vraiment, on a passé tellement de temps ensemble. Je doute qu’il soit en vie car j’ai essayé de le contacter plusieurs fois… Il n’arrivait pas à vivre. Je me souviens des soirs où l’on sortait sur la terrasse en peignoir en fumant nos chères cigarettes. (Tout le monde fume là bas). Je me souviens aussi de l’après midi ou un ami était venu avec une bouteille de whisky. On l’a bu ensemble cachés dans le parc, Jean a eu son moment de bonheur grâce à l’alcool. Je souviens enfin de la fois où il avait essayer de réitérer l’expérience seul et avait était récupéré allongé dans le parc au bord du coma par les infirmiers.

J’ai des flashs d’autres personnes : un toxico, un business man addict à l’héro, la femme de 70 ans du PDG de Clarins qui m’aimait, et plein d’autres riches et mystérieux personnages.

Il y a eu la patiente qui me faisait des massages brisant l’interdiction de se rendre dans les chambres des autres. Il y a eu beaucoup d’interdictions brisées…

Les visites régulières de ma famille et de quelques amis ont été essentiel pour retrouver une bonne santé.

Grâce à toutes ces personnes, grâce à cet atypique hôpital, je suis sorti de cette longue dépression. La fin de l’hospitalisation avait un goût de colonie de vacances. Je suis rentré chez moi le moral boosté. A l’époque je prenais onze comprimés le soir dont le célèbre Anafranil, l’antidépresseur qui a fonctionné! Un peu trop d’ailleurs… 

A bientôt,

W.


Les jolies colonies de vacances 1.3

Les 2 premières parties : Les jolies colonies de vacances 1.1     et   1.2

 

Je continue sur le récit de mon séjour de vacances  dans L’USI (unité de soins intensifs) d’un service de psychiatrie dans un hôpital de Montpellier.

Dire que je suis resté 1 mois là dedans. 1 mois emprisonné car je ne pensais qu’à être libéré. 1 mois terriblement seul car je ne voulais qu’une seule chose : revenir simplement dans ma famille. Après le drame causé dans mon appartement, mes parents ont été rapidement mis au courant et à peine une semaine (peut être plus, je ne sais plus) après mon hospitalisation mon père est descendu à Montpellier pour me rendre visite. Il y a toujours un laps de temps en début d’hospitalisation sévère où l’on ne peut voir personne de l’extérieur. Atroce. Malgré la relation toujours très distante que j’ai eu avec mon père, à sa vue, je me suis jeté dans ses bras. Je ne détaillerai pas l’étendue des sentiments que je ressentais à l’instant. Il y avait quelque chose de tragique. Imaginer ce qu’a du ressentir mon père sur le moment est impossible.

Aussitôt arrivé, aussitôt parti, les visites n’étaient pas longues. Le départ de mon père où ma mère (c’est ensuite elle qui faisait l’aller retour Paris-Montpellier une fois par semaine) ressemblait à la déchirure qui se produit lorsque la maman abandonne le premier jour son enfant de trois ans à la maternelle. Après chaque séparation, je ne pouvais que me réfugier dans ma chambre (ou attendre que le créneau chambre arrive…) me mettre à genoux devant mon lit et pleurer toute ma misère. Ensuite après les sanglots venait le moment (plusieurs fois par jour) de prière qui ressemblait à une autre scène de tragédie. Mon Dieu que dois-je faire? Pourquoi dois-je souffrir à ce point? Que me veux-tu? J’en peux plus, sauve moi! je m’arrête là. Moi qui ne vais pas à la messe et ne fais jamais de prières… Je suis sûr que le plus grand des athées, dans cette même situation, ne pourrait que s’agenouiller et s’en rendre à quelque chose de plus puissant qui pourrait lui venir en aide. Misérable condition humaine : il faut toucher le fond pour reconnaître qu’il y a quelque chose au dessus (mon point de vue). Une fois un peu soulagé, je rejoignais mes compagnons.

Il y avait plusieurs musulmans qui parlaient beaucoup de leur religion et qui citaient souvent leur prophète. Il y en a un qui m’apprenait comment se laver selon les préceptes du Coran. Tu vois où je veux en venir, la religion dans la condition que nous vivions a une place très importante et je comprends très bien comment des jeunes hommes se font convertir dans les prisons. J’avais de la chance ces « psychos-criminels » (pour rester très large) m’aimaient bien. On formait une petite bande, et j’avais droit à ma chaise auprès d’eux dans la cour. Il y avait des sourires de bienveillances entre nous, on vivait le même enfermement la même sensation d’être indésirables et d’être profondément différents. Les visages trop souvent froids de nos matons  pardon, infirmiers n’aidaient pas à éloigner ces sentiments. Bref, tout cela faisait exister une réelle solidarité entre nous. Il y avait même de l’espoir.

J’étais toujours un peu perché pendant cette hospitalisation (comment être normal dans cet endroit en même temps…). J’avais inventé un mouvement dans lequel je m’incluais et mes camarades jouaient le jeu. C’était le MEF : Marchons ensemble frère. A chaque fois qu’on se serrait la main (dès qu’on se croisait dans le service en fait, voir les articles précédents ) on échangeait alors d’un ton sérieux « Marchons ensemble frère…Oué, Marchons Ensemble…T’as oublié frère, c’est important le frère, c’est Marchons Ensemble Frère… »

Voilà, difficile à construire un article sur ce thème à partir de sentiments et ressentis si confus.

Les jolies colonies de vacances 1.1

Les jolies colonies de vacances 1.2

Dans ce même but de reconstituer des périodes particulières de ma vie de bipolaire, je te propose aussi dans ce blog le récit de ma première crise maniaque (Maniac Story)

Voici le premier épisode des publiés pour le moment : Maniac Story-ep01

A bientôt,

W.


Les jolies colonies de vacances 1.2

Précédemment Les jolies colonies de vacances 1.1

Retour sur le récit de mon hospitalisation en USI (unité de soins intensifs) dans un hôpital psychiatrique dans l’agglomération de Montpellier.

05:00  réveil brutal par l’infirmier et sa lampe torche (voir 1.1)

06:00 impossible de se rendormir, l’espace de liberté qu’abrite le sommeil est terminé ; un nouveau jour d’enfermement, d’attente irrationnelle de ma libération commence. Aucun aspect de la journée n’éveille ne saurait-ce qu’un soupçon de désir de vivre. Je sors dans le couloir et comme tous les matins, je vois mon compagnon d’infortune, Abdel. Un grand nounours à la peau mate à mes yeux ; un grand costaux criminel déséquilibré aux yeux de la société. Comme à notre habitude, on tue l’aurore à marcher en rond dans le bâtiment des chambres, ou plutôt, on tourne en carré. On ne parle pas, à vrai dire, même si nous étions meilleurs amis-détenus, je n’ai pas de réels souvenirs de conversation avec lui. Alors, on se « check », instant intense. Ces salutations matinales avec Abdel, avec toutes ses gestuelles symboliques, étaient des expressions fraternelles, amicales, solidaires. Dans chaque « poignée de main » résidait des « Salut mon frère…grâce à toi, je ne suis plus seul…je te suis reconnaissant de l’attention que tu me portes…restons ensemble…tu es mon compagnons de misère…nous souffrons tout les deux…il ne reste, pour survivre, qu’à nous aimer… », voilà ce que l’on ressentait inconsciemment tout les deux. Un tour, deux tours, trois tours, quatre tours… nous marchions ensemble tout les deux dans notre complet-veston deux pièces d’un turquoise déprimé. Aux pieds, lui, de grosses baskets pour son gros corps et moi une paire d’occasion prêté par le service (à vrai dire, je suis arrivé à l’hôpital qu’avec une seule chaussure, j’ai perdu l’autre en sortant de mon « feu de joie ». Je me rappelle avoir déambulé, escorté par Dupont et Dupont entre commissariat-garde à vue-désintoxication-commissariat-garde à vue-camion de pompiers-et enfin l’USI tout ça avec un pied en chaussure et l’autre en chaussette, pathétique! Bref, et évidemment nos chaussures n’avaient pas de lacets. A part quelques paroles machinales, j’entendaient surtout sa respiration atypique qui décrivait bien ce qu’il se passait dans sa tête. En fait, Abdel était le cliché parfait du gros méchant balaise mais totalement simplet au grand cœur. Même si j’ai oublié son prénom, je me souviendrai toujours de ce type, paradoxalement, mystérieux.

Tu te rendras vite compte qu’un certain grand amour, une certain grande fraternité et une certaine cohésion existait entre nous, enfin « nous » : c’était un groupe de 4-5 personnes qui avaient l’aptitude minimale à la sociabilisation.

07:00 Abdel et moi rentrons dans notre chambre pour tenter de dormir en attendant le petit déjeuner

8:30 petit déjeuner… Quelqu’un de doué pourrait écrire tout un bouquin sur les repas en psychiatrie. Pour l’instant je te dirais seulement que la cantine de mon collège, dont tout le monde se plaignait dans le passé à juste titre, était le Fouquet’s comparé à la nourriture de l’USI. Et deux choses me frappent encore : la surveillance de sentinelle qu’effectuait nos matons en blouse blanche pendant les repas. C’était toujours toute une grande stratégie, étudiée à l’avance, pour que je puisse refiler mes yaourts (j’aime pas les yaourts) au Maître (autre personnage énigmatique avec lequel j’ai passé la plupart de mon temps) sans qu’un infirmier me repris sèchement (à l’instar de la première fois où je pensais naïvement que l’on pouvait partager). La deuxième chose c’était que la moindre composante de notre repas était scellée dans une barquette plastique. Enfin il n’y avait aucune fenêtre dans le réfectoire. Moi qui est rédigé des fonctionnements pédagogiques pour les temps de repas en colonie de vacances en tant que directeur, je pourrais énoncer ces temps là vécu en psychiatrie pour mettre au point un thème « dîner dans un asile » au sein d’une colo. Bon, je m’égare!

9:30 chambre, toilette.

10:00 fermeture du bâtiment dortoir. Ouverture pendant 20 minutes de la cour pour que le troupeau puisse paître dans son enclos emmuré (voir 1.1). Il n’y avait pas un patient qui ne fumait pas. Juste avant l’ouverture de la cour, tout le monde faisait la queue pour pouvoir récupérer son tabac auprès des infirmiers. J’ai toujours une blague à tabac sur laquelle est collée une vignette portant mon nom et mon numéro. Tout était noté. Ensuite dehors, nous allions tous demander un par un à l’infirmier qu’il ait la gentillesse de nous donner du feu pour allumer nos cigarettes. En pensant aussi à nos cousins en prison, ce serait peut être le bon endroit pour écrire un Apologie au tabac.

Allez, ça suffit pour aujourd’hui.

Ps: Si jamais un de mes anciens tortionnaires tombent sur cet article, je précise que bien sûr, tout cela ne sort que de mon imagination. Même si une sorte de diable vous habite pour pouvoir faire ce travail, évidemment je vous pardonne, vous n’êtes que des petites faibles victimes du système.

A bientôt,

W.


Les jolies colonies de vacances 1.1

Si tu sors tout juste d’hospitalisation et que cela a été une épreuve difficile, cet article et les prochains de cette série risque de remuer des choses désagréables en toi, c’est pourquoi je te préviens. Cet article n’est pas seulement écrit pour mes collègues psychotiques en nostalgie du bon temps mais pour tout ceux qui sont curieux de savoir ce qui se passe derrière les murs des hôpitaux psychiatriques. Evidemment, n’ayant pas testé tous les asiles de France, tu ne te retrouveras peut être pas dans tout ce que je vais écrire là. Ayant échangé largement sur ce sujet avec d’autres anciens pensionnaires de différents hôpitaux,  je sais néanmoins que, dans la globalité, ce que je t’écris aujourd’hui est révélateur de ce qui se passe « chez les fous » (Comme M6 avait titré son émission; sympa…).

Aujourd’hui je te parlerai de l’USI d’un hôpital psy dans lequel je suis resté un mois à la suite de ma dernière crise évoquée dans l’onglet : Je m’appelle.

USI veut dire Unité de Soins Intensifs. Des soins si intensifs, que je dois être un des rares capable, après ces soins, de m’exprimer clairement à l’écrit. Nous devions pas être plus de vingt patients dans ce service, la majorité d’entre nous étions même très patient au vue du très faible nombre de libération dont j’ai été témoin. D’ailleurs s’il y en a eu c’était pour 95 % des mutations dans d’autres établissements dont des prisons. En effet, il y en avait certain qui étaient des prisonniers en escale en psychiatrie pour se voir poser un diagnostic qui pourrait peut être excuser certains de leurs délits ou crimes. Il y avait aussi une équipe tournante d’environ quatre infirmiers plus ceux de gardes la nuit, et le précieux psychiatre si épanoui par ce fabuleux travail.

Etant particulièrement sonné, je ne garantis pas l’exactitude de ce que j’avance ici.

Description des lieux. Tout était au rez de chaussée, enfin je dirai plus au rez de notre cour puisqu’il nous était impossible de savoir où était la plus proche rue d’où nous étions. Je savais que j’étais en périphérie de Montpellier, mais à part ça tout était conçu de manière que je me sentais isolé de toute civilisation normale. Il y avait une salle commune assez grande pour pouvoir mettre une table de ping pong et avoir un minimum d’espace pour y jouer. C’était une salle ouverte d’un côté sur la cour, et d’un autre côté sur, un couloir menant vers les autres services et la sortie, un autre menant aux chambres et au milieu les boxs des infirmiers, et du psychiatre. Il y avait enfin une petite ouverture sur le réfectoire bien sûr. Dans cet espace commun était aligné d’un côté, une rangée d’une dizaine de chaises et en face rien, mis à part une télévision en haut à droite lorsque l’on regardait depuis les chaises. Les chambres étaient dans un bâtiment connexe. Curieux bâtiment : c’était un carré avec au milieu une cour dans laquelle on ne pouvait accéder. Un couloir dessinait ce carré, on pouvait faire le tour avec, à notre gauche cet cour elle aussi enfermée, à notre droite toutes les chambres bordants ce carré, il y en avait environ vingt, je crois. Toutes individuelles.

Je ne suis pas doué pour les descriptions, je finirais pas notre chère petite cour où l’herbe peinait à pousser et où un seul et unique petit arbre s’élançait. Ah oui, bien sûr, notre jardin était encadré de hauts murs.

Le déroulement d’une journée était très simple et parfaitement minuté. Evidemment, nous ne pouvions pas circulé librement dans notre domaine. Il y avait les heures de réfectoires, les heures de salles communes, les heures de chambre, les heures de récréation et bien sûr les heures de traitement. Cela ne va s’en dire que nous étions toujours dans l’attente de la prochaine heure afin de pouvoir se libérer de l’emprisonnement présent.

La nuit… Eh ben, c’était le moment au sommet de la solitude. Dès lors que j’avais trouvé le sommeil et vivais un instant de liberté dans mes rêves ou plutôt cauchemars, une lumière aveuglante rappelait ma condition. Tous les matins vers cinq heures du matin, un infirmier faisait sa ronde et dans chaque chambre allumait sa méga torche dans nos visages ensommeillés. Pourquoi? Je cherche encore. Voilà la première douceur qui sévit dans ce lieu.

En fait, c’est assez pénible comme témoignage, je ferai plusieurs parties pour ce même sujet, tu m’en excuseras.

Suite: Les jolies colonies de vacances 1.2

A bientôt,

W.