Archives de Catégorie: VI Journal de bord

Fichu bouquin

Ça y est! L’expérience de la solitude dans un environnement naturel et isolé est terminée. Mon retour sur mon blog et ma reconnexion à internet me le prouve. Suis-je un nouvel homme? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que j’ai pu explorer des territoires solitaires en moi et que j’ai pu y apporter un peu de paix, simplement par le fait de les reconnaître. J’ai écrit tout un journal manuscrit de cette expérience, mais je ne pense pas qu’il soit intéressant vu qu’il est très factuel. Peut être seulement les quelques poésies et prières pourraient faire écho à quelques âmes sensibles.

Bref, me revoilà de retour ici avec le principe d’écrire un petit article par jour qui me reste sur mon ex’île. J’ai l’impression d’avoir perdu mes repères d’expression sur mon blog après cette retraite mais certainement aussi avec la mise en vente de mon livre. C’est ici, sur le site de l’imprimeur qu’il est disponible : la vie d’un bipolaire, le livre. Je médite à ne pas trop cogiter sur le succès ou non de ce premier bouquin. M’enfin, beaucoup de personnes qui ont lu quelques articles de ce Journal m’ont répété que cela leur avait aidé à mieux se comprendre, eux ou un proche. Donc, j’imagine que je peux avoir la prétention de dire que ce livre aide au moins les personnes concernées par la bipolarité à comprendre. Voilà! le gros de ma communication est faite ici, puisque c’est à moi de faire de la pub. N’hésites pas à faire tourner l’info, c’est le bouche à oreille qui fera connaître ce bouquin. Fichu bouquin que je n’arrive pas à approcher sans qu’il me brûle les doigts de peur de découvrir une faute ou une phrase bancale, bref, oui, c’est vrai… il ne m’appartient plus! C’est très difficile pour moi de me vendre, même si je suis curieux de savoir si le succès d’un blog fait le succès d’un livre, rien est moins sûre!

Et pour ajouter de l’anxiété à tout ça, j’ai peur que 22,22 euros soit trop cher, mais c’est important le nombre 22, c’est comme 22h22, l’heure de l’Amour!  J’ai peur que les rares internautes qui me lisaient tous les jours de 2013 à 2014 me disent « mais il y a rien de nouveau! ». Ce qui est assez vrai dans le fond mais ce livre est destiné à tout le monde. Et les textes qui font la matière du bouquin étaient apprécié à l’époque où ils étaient visibles mais depuis ils sont tombés dans l’oubli derrière 200 plus récents articles. 95 % du contenu du livre n’est d’ailleurs plus en ligne. Seul ce bouquin permet de lire les « origines » du journal d’un explorateur de l’Etre. Vois comment je me justifie!

Aussi, la réaction de ma mère résonne dans ma tête « Normalement, on ne publie pas le journal de quelqu’un de son vivant » ou quelque chose comme ça que moi j’entendais comme ça : « Espèce de prétentieux, tu te prends pour qui! ». Le pire c’est que ça me touche et je donnerai toujours un peu raison à cette voix négative tant que la vie d’un bipolaire, le livre ne soit pas un putain de bestseller! Oh, je pense que je pourrais me délivrer de ça avant, c’est un nouveau travail sur soi… Tu as vu, j’ai remis un lien vers le site de l’imprimeur, je fais du marketing sur mon blog arrrg… il y a une partie de moi qui aime pas du tout ça. J’ai, à l’image de la société, un problème avec l’argent. Encore du travail de libération à faire.

Je m’arrête là pour rester dans un format de petit article. Je ne voulais pas parler du livre mais  il faut que j’exprime tout ça pour qu’ensuite des nouvelles choses émergent.

Et merci pour tous vos gentils messages! D’ailleurs, la page de remerciements dans le livre vous est uniquement dédiée, à vous tous lecteurs de ce blog : c’est en grande partie grâce à vous que ce fichu bouquin existe 🙂 .


Mon premier bouquin est réel!

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La vie d’un bipolaire, le livre.

Hé ben voilà, cela fait 3 ans que je traîne ce projet… Je m’abstiendrai pour le moment de commentaires sur tous les ressentis  qui me traversent : joie, peur du jugement, dégoût, etc. et je resterai sur un ton informatif :

Mon premier livre est disponible!

Actuellement sur le site de l’imprimeur : https://www.bod.fr/livre/w-w/la-vie-dun-bipolaire/.html

Et bientôt commandable en librairie.

Le prix? 22,22 euros évidemment!   Et 50 % des droits d’auteur reversés à l’Association des Hypersensibles, naturellement!

PS : 20 jours que je suis sur mon île, l’expérience est très riche. Seul hic, j’ai bien du mal à allier pour le moment le vent, la mer, les solitudes particulières que je vis ici avec l’activité sur Internet.

Mais j’écris, j’écris beaucoup.

Et je reviendrai vite ici pour partager les vents contraires qui me traversent notamment avec la venue de ce fichu bouquin!

Ces dix dernières années, je ne compte plus le nombre de projets inachevés. Ce livre, c’est la première fois que j’ai concrétisé dans la matière un rêve qui semblait bien loin à l’époque. Qu’est ce qui a fait que je l’ai terminé ce projet? Je pense que j’y ai cru, et lorsqu’il n’avançait pas, je continuais d’y croire même s’il n’y avait pas de raisons extérieurs d’y croire. Haha, je suis en train de m’auto interviewer là… Bref!

Tout ça pour te dire, pour tes projets, tes désirs, nos rêves : il suffit d’y croire, avec

Patience et Espoir.

W


Séjour HS en direct 2e partie et fin

Voilà la fin du journal de ce séjour HS, un séjour très riche. Je ne peux publier cet article que maintenant, n’ayant pas eu de connexion internet avant. Aujourd’hui je suis rentré chez moi, je me sens bien moi qu’avant le séjour. Beaucoup de choses se sont éclaircis grâce à cette expérience. Les deux derniers jours ont été très paisible et léger. Un article viendra rapidement, pour actualiser mes ressentis et pensées qui ont bien évolué depuis l’écriture de cet article ci dessous. Je tiens à remercier les personnes présentes ce séjours qui ont permis cette expérience importante pour la suite de l’association. Je tiens à m’excuser pour les personnes qui ont absorbé les effets collatéraux de la HS en question. Je tiens à ce que celle-ci, si elle lit cet article, ne culpabilise en rien, que j’ai toujours beaucoup d’affection, et qu’au contraire moi et beaucoup d’autres pensent fortement à elle dans cette période difficile et empreinte de souffrance. Je n’ai pas de reproche aujourd’hui à qui que ce soit, je me sens responsable de ce qui s’est passé. Cependant l’association a pris un virage, et beaucoup de choses vont changer dorénavant. Merci à toi lecteur qui a réagi et m’a soutenu encore à travers les commentaires. Le meilleur est à venir…

Samedi

Après l’article d’hier, j’ai du m’endormir vers 2h… Et là des rêves…

Rêve de colonie de vacances, moi en animateur (mon métier passé) avec des enfants. Et je ne sais plus comment, mais les choses tournent mal… Et puis un autre rêve : Je pars de quelque part, rejoindre ma mère et une soeur et j’ai les pieds en sang. J’ai des agrafes partout sous les pieds et avec cela une sensation cauchemardesque… Et là une HS (vers 4h) du matin rentre dans le dortoir des mecs. Ces rêves étaient prémonitoires. Je ne sais plus ce que je t’ai raconté hier mais une des HS est venu en étant up. La connaissant, j’ai accepté qu’elle vienne au séjour malgré son hypomanie. N’étant pas au top de ma forme, et pas d’une grande lucidité, ce n’était peut-être pas la meilleure idée. En fait son hypomanie est liée à un fort sentiment amoureux qu’elle a pour un HS présent à ce séjour. Qui ce dernier a laissé croire, sans s’en rendre compte, qu’une relation entre eux étaient possible. Bref, les deux réunis dans le gîte cette nuit là a eu un sacré impact.

Elle a débarqué à 4h du mat’ voulant faire je ne sais pas trop quoi, en tout cas elle était dans un état up, proche de la manie. Je me suis levé et je suis descendu avec elle dans le salon pour discuter… Je n’irai pas dans les détails, mais cette HS que j’aime beaucoup était dans un état maniaque. Elle était choquée par la prise de conscience que le HS ne partageait pas ses sentiments. Et cela engendrait des parôles délirantes. J’ai passé la nuit avec une autre hs à l’accompagner dans ses crises de parano, alternées d’instant de lucidité culpabilisant, de coup de colère, de silence bruyant, etc. Accompagner une personne en hypomanie est le mot, car conseiller et raisonner n’est pas possible. Le pic de la crise est arrivé lorsque la question était de savoir s’il fallait qu’elle rentre chez elle aujourd’hui. J’ai eu la mère, mais comme souvent lorsqu’un bipo est en crise il est en conflit avec ses parents, et l’appel n’a fait qu’alimenter la colère, donc elle restera ici jusqu’à nouvel ordre.

Tout ça pour dire que cette nuit a été un petit enfer pour moi, car j’ai l’impression de m’être laissé porté par des peurs et que ce que je redoutais est arrivé. Je suis pas bien, car pour une fois que je lâche prise, les choses tournent au vinaigre.

Aujourd’hui, il est 19h, 5 autres HS sont arrivés et ça va mieux. L’HS en hypo est un peu plus calme. Mais bon, je suis un peu chamboulé.

Tout une partie du dortoir est utilisé comme infirmerie pour les 3 HS protagonistes, l’entente est calme. Je serai rassuré lorsque celle en crise la veille aura pris au moins 500mg pour bien dormir cette nuit.

Vu de l’extérieur, tout va plutôt bien maintenant en fait, on a fait une belle balade, des belles discussions. Mais là, dans mon for intérieur, je ne suis pas très bien. Un mélange d’énervement, de solitude.

Le groupe se connaît plutôt bien, donc une stabilité s’en dégage.

Le plus déstabilisant en fait, c’est ma prise de conscience que je ne peux plus garder le control de l’association, son développement, et l’organisation seul. Que je dois faire confiance à l’autre. Que je lâche prise sur ce que j’ai créé.

Voilà, maintenant je vais retourner avec eux, me divertir et peut être un peu m’exprimer, on verra.

 

Dimanche 16h:

Hé bien après la soirée de samedi qui était plutôt bonne, la HS en mode hypermanie, car en fait ce n’est pas de l’hypomanie vu que le délire est présent, était dans état plutôt gérable et pas trop déstablisante pour le groupe…

Mais à 4h du mat’… rebelote. Malgré une augmentation de son traitement. Elle souffre trop de son état, par contre elle accepte de prendre des médoc’s, alors sous l’accord du Samu on lui fait prendre du tercian, fort anxiolytique. Grâce à un autre HS arrivé le jour même qui en avait dans sa pharmacie personnelle. Du coup il n’y a pas eu de trop gros pétage de plomb. Par contre, nous étions impuissants, moi et les 2 HS qui accompagnaient son délire, nous pouvions plus rien faire, et même au contraire nous étions épuisés. Finalement à 11h, le Samu l’embarque, les parents sont au courant.  Tous peinés, les 11 HS, connaissant pour la plupart l’hospitalisation, mais en même temps soulagé, car on ne pouvait pas faire mieux et l’hospitalisation était nécessaire…

Quelle aventure…

Quelle expérience, très bonne finalement, car pas de conséquence grave, on a plutôt bien géré. Les effets collatéreaux sont qu’à cette heure-ci les 2 autres HS avec qui on a géré la situation sont KO et dorment maintenant, et vont avoir besoin de temps pour récupérer.

Moi ça va, j’ai pu dormir un peu. Et je suis soulagé par cette fin. Ma copine est arrivée aujourd’hui, sa présence me fait du bien. Le séjour, en tant que ressourcement, va pouvoir commencer!

Enseignement : avoir une vigilance maximale sur l’état des HS participants au séjour.

Les autres hs participants, passent un bon séjour malgré ça, et c’est cela qui m’importe. Pfffiou

Lundi 18:18

Le côté léger et détente du séjour a commencé hier soir. Autour d’un petit jeu de carte, le fameux « trouduc ». Aujourd’hui nous sommes plus que 4. 2 HS sont repartis ce matin. Dont le garçon HS qui a reçu les foudres de celles en crise les deux derniers jours. Ce dernier était donc dans un état de fatigue et de fragilité élevée.

Au delà de cette aventure maniaque, quelque chose me pèse dans ce séjour, c’est la vie en collectivité et le non partage des tâches. Si je ne pousse pas les gens à participer à la vie quotidienne alors un petit nombre se charge du tout. Moi qui suis hypersensible à l’injustice, c’est pas facile à vivre.

Pour le prochain séjour, déjà il n’y en aura pas tant que d’autres prennent en charge l’organisation avec moi. L’association a besoin de cadrage en général. Bref, au prochain séjour, chaque participant s’engagera en amont dans une tâche de vie quotidienne. Toute la vie quotidienne en collectivité sera prévue, et tout le monde sera acteur du séjour et pas seulement consommateur. Le but étant que chacun fasse quelque chose qui soit dans ses cordes.

Je me suis trompé en croyant que les gens prendraient conscience naturellement des choses à faire et les feraient.

Ce qu’il faut que tu saches, c’est que j’ai travaillé pratiquement 10 ans en collectivités avec les enfants, j’ai certainement plus de  réflexes dans ce domaine.

Du coup lorsque les choses ne sont pas cadrées c’est très dur pour moi de dire : « il faut faire la cuisine, la vaisselle, le feu, ranger, etc » à des adultes.

Bref, je t’écris cette prise de tête, alors que là je suis tranquille près du feu et que tout va bien.

Finalement ce séjour HS  a été riche en enseignement et l’association des hypersensibles en sort grandi. D’ailleurs ça y est tu peux être membre et participer un jour pourquoi pas un séjour et voir en direct des crises maniaques! Dis comme ça… Belle promo : contact@association-hypersensibles.fr

Allez, je vais profiter de la dernière soirée sans trop penser à la suite, car je ne sais pas où je vais en ce moment! Plus de joie et de légèreté!!

A bientôt,

Patience et espoir

W


Je me suis évadé. Suite

Voilà la suite de Je me suis évadé. Introduction

Même si aujourd’hui, cela fait partie du passé et que mon esprit est pris à tout autres choses, notamment à un début de relation qui met en lumière toute la complexité de mon être, pour ne parler que de mon côté…

Donc, ma metteuse en scène m’a confronté à mes limites et au bout de 5 jours, une simple remarque à fait déborder le vase. A une heure d’une représentation, elle me dit que je ne devais pas fumer de cigarettes vu que j’avais une crève, que ce n’était pas professionnel. En général je n’aime pas trop qu’on me dicte ce qui est bon pour moi personnellement de manière sèche. Alors là, elle m’a touché, je me suis écarté, elle a remis le couvert, j’ai éclaté. Par cet ultime pic, elle a activé un feu de colère qu’elle alimentait petit à petit depuis le début. J’étais énervé comme jamais, je suis parti me promener, j’ai appelé un ami. J’étais pas bien, je sentais une force de feu qui pouvait me mettre hors de contrôle à tout moment. Pas bon, pas bon du tout. Finalement j’ai joué la pièce ce soir là, j’ai pu canaliser ma colère dans mon personnage, ce qui n’était pas plus mal. Mais à partir de ce moment, une décision en moi a été prise, je refuserai tout venin de sa part désormais, et pour cela je décidais de ne plus lui parler. Elle, après notre conflit, se sentait toute légère et était revenue dans une fausse gentillesse avec tout le monde.

Cette colère a eu pour effet la libération de l’emprise qu’elle avait sur moi. Je n’avais plus peur d’elle, je n’avais plus d’intérêts à accepter son caractère. Même si c’était douloureux, je me sentais libéré d’une emprise qu’elle avait sur moi depuis 3 ans. Alors jusqu’à la représentation du lendemain soir, je lui fit la gueule, l’ignorai lorsqu’elle me parlait. Bonjour l’ambiance dans l’équipe. M’enfin eux comprenaient très bien ce que je ressentais. Ce lendemain, le vendredi, j’ai pris la décision d’abandonner la tournée en profitant de la venue d’amis de Marseille pour m’échapper avec eux. La représentation du vendredi soir était donc mes adieux cachés à la scène.

Après cette représentation, dans le chaud de l’après spectacle, ma metteuse en scène pensait sûrement que je serai ouvert à ses réactions dans les loges. Mais non, j’avais toujours une dent très pointue contre elle. Et lorsqu’elle me reprocha une erreur que j’avait fait dans le spectacle, j’explosai encore plus cinglant que la veille, en commençant par un très beau « MAIS FERME TA GUEULE, etc » Je laissai libre cours à toute ma fureur qui passa par quelques insultes regrettables, je le confesse. Ce qui a été génial et une grande première c’est que ma colère ne m’a pas empêché d’exprimer clairement ce que je pensais d’elle, j’ai pu à ma grande surprise expulser de mon cœur tous ce qu’il fallait que je lui dise. Comment je la percevais elle et son comportement d’intéressée qu’elle avait avec les gens, sa manière de projeter son venin impunément et de se faire excuser par une fausse gentillesse qui suivait, la sorte de vampire qu’elle était. Ce monstre a fini par pleurer et par s’excuser. Je me suis excusé aussi car crier avec fureur et haine « JE TE BAISE » entre autres à une femme de 77 ans, c’est pas très correct tout de même.

Bref! Le lendemain, je partis en douce, laissant une note qui expliquai mon départ. L’impossibilité de rester auprès de cette personne qui m’étais désormais insupportable. C’était mieux comme ça.

Voilà comment j’ai conclu mon expérience de comédien. Qui avait commencé comme simple outil thérapeutique, puis devenue un projet professionnel illusoire, et enfin c’était terminé grâce à un travail sur moi qui m’avait libéré d’une fausse croyance qui m’habitait depuis toujours : celle de croire que j’avais besoin d’être connu pour être heureux. Quelle libération…

Je suis donc libre… mais pas de repos pour les explorateurs de l’Etre car je suis engagé (oh le gros mot!) depuis peu dans une relation qui me demande beaucoup d’énergie et de travail, tant la lumière qui a jailli de cette rencontre a éclairé de peurs, de résistances, de doutes, de blessures, à accueillir, soigner, et s’en libérer encore, encore…Vivre en conscience seul n’est pas facile déjà, mais alors à deux…

A bientôt,

D’ailleurs on se voit dans deux jours, mercredi, au parc monceau, hein?

Patience et espoir,

W


Je me suis évadé. Introduction

Il y a tant à écrire sur ce que l’on vit. Tant à dire sur l’expérience humaine. Tant à décrire sur ce que je ressens. Tant à décoder. Tant à découvrir. On connaît si peu de choses. Je suis sur le seuil d’un monde à venir. Dans la salle d’attente de mon avenir. Ce n’est qu’une image car en vérité, chaque jour qui passe, je m’engouffre un peu plus dans cet inconnu. Muni de ma lampe frontale je continue à éclaircir les terres ombragées de mon être. Face à mes peurs, c’est avec la lumière et l’amour comme essence que je puise en moi et dans la beauté de l’autre pour cheminer le plus léger possible, avec espoir et patience.

J’ai été connecté à une colère brûlante durant ma tournée en Provence. Celle-ci a été salvatrice, elle a permis une libération. Faut que je te remette le contexte:

J’ai commencé le théâtre il y a 3 ans avec une grande metteuse en scène de 77 ans ayant une belle carrière derrière elle. Ma motivation, n’ayant aucun talent de comédien à la base, était de me servir du théâtre comme un outil d’expression privilégié pour mes émotions. Grâce au punch de cette metteuse en scène, j’ai progressé très vite. J’ai du pour cela me faire violence, surmonté la pression et me mettre à répétition en danger. J’acceptais cette tension car je pensais qu’elle était légitime si je voulais avancer dans cet art là. Aussi je prenais sur moi lorsque elle s’énervait, j’acceptais sa personnalité très nerveuse.  Très rapidement je l’ai suivi dans tous ses ateliers, ses stages, ses spectacles. Jusqu’à l’été dernier où elle m’a emmené avec sa compagnie professionnelle pour sa tournée annuelle dans des villages de Haute Provence. Cette expérience s’est si bien déroulée, que mon rêve d’être un grand acteur commençait à se réaliser, ou en tout cas à être envisageable. Cette aspiration cachée d’être une star de cinéma, était en fait la conséquence d’une blessure affective profonde qui engendrait un besoin de reconnaissance énorme. Une volonté de notoriété présente dans tous mes projets. Un manque qui trouvait refuge et excitation dans la voie possible d’être acteur qui s’ouvrait à moi.

A la fin de l’été dernier, après la réussite de la tournée, je devais choisir entre m’engager à fond dans le théâtre via une école, que m’avait pistonné ma metteuse en scène, ou revenir à un chemin plus classique. J’ai opté pour la deuxième voie, ce qui m’a amené à être plus que déstabilisé lors des attentats de novembre. Aventure mystique, hospitalisation, repos, retraite, travail sur soi, méditations, ont suivi et m’ont amené à Mars et à un stage de théâtre. Et là, comme une évidence, j’étais certain qu’il fallait que je me mette à fond dans le théâtre. J’ai intégré un groupe d’actor studio, jusqu’à mai, où à ma grande surprise ma metteuse en scène me proposa de remplacer un comédien pour la tournée de cette année. Ma présence dans la troupe cette année n’étant pas prévu vu que j’avais arrêté de travailler avec elle depuis l’année dernière. Du jour au lendemain, courant mai, je me suis mis à travailler tous les jours avec elle et avec la nouvelle équipe, dont je connaissais 2 des acteurs déjà présent l’été dernier.

C’est durant ces répétitions qui ont duré jusqu’à juillet, qu’il c’est passé ce qui devait se passer. Quelque chose en moi avant changé depuis l’été dernier. Durant ce long hiver, ce début d’année difficile, cette longue période de solitude, de retrait, d’introspection, de compréhension de moi-même, je me suis soigné d’une plaie profonde sans le savoir. C’est avec du recul et durant les répétitions que je me suis aperçu que je m’étais libéré en grande partie de ce manque affectif qui m’obligeait à avoir une aspiration pour la notoriété, la reconnaissance du plus grand nombre. C’est donc sans ce prisme que j’ai travaillé la pièce de cette année. Je me suis rendu compte que le travail d’acteur, l’apprentissage d’un rôle ne me plaisait pas, en réalité. Certes j’éprouvais du bien être a être sous les projecteurs, à être applaudi mais le travail de comédien en lui-même ne me correspondait. Chose dont je ne pouvais pas avoir conscience jusque là, tant j’étais prisonnier de cette blessure de l’égo.

Tout ça pour dire que j’abordé la tournée de ce mois de juillet en sachant que ce serai mes adieux du théâtre et la fin d’un chapitre. J’ai commencé le théâtre comme un outil thérapeutique, et ça devait rester qu’un outil et non pas un projet de vie. Quelle libération! Je ne me sens plus poussé par ce désir de reconnaissance si profondément ancré depuis toujours, quel soulagement.

Pour cette tournée, pas de pression. Je me suis gardé de dire à ma metteuse en scène que j’abandonnais mon projet de carrière, ainsi qu’à la plupart de l’équipe pour rester sur la même longueur d’onde.

A la différence de l’année dernière, l’acolyte de ma metteuse en scène n’était pas de la partie, celle-ci servait de tampon, de souffre-douleur même, ma metteuse en scène étant ultra anxieuse, stressée, nerveuse lors de la tournée. Alors c’est nous, les 6 comédiens, qui devions prendre sur nous ces excès d’humeurs, ces paroles blessantes. Chacun de nous trouvions un intérêt à supporter ces moments d’énervements, car l’expérience de la tournée est si belle et enrichissante, que ça valait la peine. Sauf que moi, comparé aux autres, j’avais quelques intérêts en moins. Ce qui a fait qu’au bout de 5 jours, pendant lesquelles j’ai pris sur moi comme je l’ai fait durant 3 ans le caractère de ma metteuse en scène, j’ai dit stop!

Et cela de manière tout à fait théâtrale…

A suivre très bientôt, tant que c’est chaud!

W


Bonne journée…

Premier réveil, je regarde l’heure : 20h40 sur mon horloge que je n’ai toujours pas remise à l’heure. Avec un petit calcul que je fais chaque matin, je vois qu’il est 7h30 en réalité. C’est trop tôt, que vais-je faire de tout ce temps? Je me rendors, le temps d’un rêve d’enfance. Deuxième réveil : 22h30, cela veut dire 9hoo. Je me lève. Petit déjeuner : bol de céréales et yeux rivés sur Kaizen, mon magazine du matin. Encore trop ensommeillé pour prendre une douche, je me défatigue 20 minutes devant les clips à la télé, de quoi rester dans des mondes rêvés. Cigarette dehors, un pull sur le pyjama, il fait beau. Douche. Pas de gymnastique matinale aujourd’hui, pas le courage. Je prends un mug de café et m’assois à mon bureau. Et me voilà, sur le clavier, ma main droite n’a pas échappé à une goutte de café. La tête un peu plus réveillée ; poussé par le désir, ou par le devoir -je ne sais pas-, d’écrire mais ne sachant pas sur quoi, je partage le film de mes matins. Les dernières gorgées du café sont tièdes, froides, mais je l’accepte comme s’il y avait quelque chose de sacré à finir sa tasse de café. Bonne journée.

ps : cet article écrit  avant que je sache pour les attentats de Bruxelles prend une saveur particulière… J’ai tenté l’impossible en essayant d’exprimer mon ressenti après la triste nouvelle, sur mon blog de l’express : Face à la sauvagerie…

W


Journal-Nouveau Départ

C’est de la terrasse de mon nouveau quartier que je te partage les dernières nouvelles. Un thé, un clavier et quelques doigts frigorifiés..

Beaucoup de nouveauté avec cet emménagement: cette nouvelle vie en colocation, ces différents projets et rêves qui prennent formes (Je t’invite dans mes rêves). Premier bienfait de ce nouveau cadre : une meilleure hygiène de vie. Là où je peinais à me coucher et à me lever tôt, depuis que j’ai changé de murs, cela me demande beaucoup moins d’effort pour respecter la pierre angulaire du soin : mon sommeil. Un rythme de vie plus sain et des projets, voilà un très bon traitement pour sublimer la bipolarité. Donc oui, l’hygiène de vie est une condition importante pour se soigner, mais il y a des conditions insoupçonnées qui favorise une bonne hygiène de vie. Bref, regardons toujours plus loin…

Tout ça pour dire que je vais bien. Même si des petits rien du quotidien peuvent encore m’embêter, je mets ça sur le compte du changement d’air, le temps de m’habituer à cette nouvelle vie.

Il y a certaine choses qui m’ont ennuyé cette semaine. Après trois entretiens avec des membres d’une loge de la franc maçonnerie (Je t’avais partagé ici il y a quelques mois mon souhait d’intégrer cette association), on m’a annoncé cette semaine que m’a candidature avait été rejeté. Le fait que je sois hypersensible et pas encore suffisamment stable les a refroidi. Je les comprends. Et je ne peux que me réjouir d’avoir été sincère avec eux et de voir qu’au delà de la société, même une société discrète rejette, par peur ou mauvaises connaissances, les personnes aux différences marquées et affirmées. Cet acte là signe aussi le fait que la franc maçonnerie n’est pas une secte. Etant donnée qu’il est très facile d’entrer dans une secte surtout lorsqu’on est fragile et influençable. Voilà, donc si tu as des préjugés comme j’avais avant au sujet de la Franc maçonnerie, renseignes toi et use de ton avis critique pour participer au grand travail de destigmatisation qui reste à faire dans notre société. Ne stigmatisons pas là où l’on ne veut pas être stigmatisé. Et enfin, si ceux qui m’ont refusé l’entrée me lisent,  mon égo vous dit : « Tant pis pour vous! » Mais il est plus juste de vous remercier, peut être étais-je dans cette démarche en train de me disperser.

Les projets annoncés sur l’article précédent l’article précédent vont bon train (Je t’invite dans mes rêves). Doucement mais sûrement. Même si l’idée de chaque projet à l’origine vient de mon génie, chacun d’entre eux évolue et évoluera de manière participative. Ce ne sont pas des projets personnels et s’ils avancent actuellement c’est dû à l’implication d’autres personnes. Ces personnes sont des lecteurs de ce blog. Ce sont des HS (hypersensibles). Tout ça pour dire que le succès de ces projets, dont j’en suis persuadé, est étroitement lié au succès de ce blog. Au passage, je crois bien que je suis blogueur bipolaire littéraire le plus lu (selon le gros Google), merci bande de fous!

J’en profite pour rappeler le café HS. Tous les lundis en fin d’après midi, je t’invite à prendre un café à deux en toute simplicité (même si tu es irrésistible, je n’oublierai pas l’essence de ces rencontres!) pour échanger sur nos vies de HS. Ceci en plus des rencontres mensuelles (la prochaine à Strasbourg, j’ai hâte!!). Toujours dans le but de rompre avec l’isolement. Si tu es prêt à traverser l’écran n’hésites pas! Sinon, c’est toujours avec plaisir que j’échangerai par mail. bipohypermaniac@gmail.com.

Enfin, mon écriture ce lance à la conquête du genre de la nouvelle. J’ai écrit ce week end ma première micro nouvelle que j’ai envoyé à Radio France dans le cadre d’un concours. Je suis motivé pour exploiter ce filon là. Ne sois pas surpris si je suis reçu par France culture pour recevoir un prix et une collection de bouquins en cadeaux! Oui, parce qu’en fait, j’écris aussi en dehors du blog, et j’écrivais déjà avant. Beaucoup de poèmes, une pièce de théâtre, un roman de science fiction en cours… voilà mon CV d’écrivain. D’ailleurs, je pense m’orienter vers un métier alimentaire dans le domaine de l’écriture (écrivain public, rédacteur de contenu web ou autres taff un peu chiant mais qui auront le mérité d’aiguiser mes mots et de plus pratiquer).

Voilà pour l’état des lieux.

Je vais m’atteler la semaine prochaine à écrire un petit billet tous les jours pour tenter d’exposer ce qui se passe dans l’esprit d’un HS lorsqu’il est soumis à un changement de vie. Tout cela pour l’utilité publique. Ces articles seront d’ailleurs subventionnés par le ministère de la santé. En attendant les tee shirts!

Je te souhaite une très bonne semaine pleine de petites réjouissances.

Patience et espoir,

W.