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Etre amoureux

Etre amoureux… Ce titre est insupportable. Cette formule est traître. Elle véhicule du plaisir, de l’excitation, du rêve, de l’affection. Je ne suis pas à l’aise avec cet état. Depuis 5 jours il m’a procuré 5% de bien être pour 95 % de chaos. Et pourtant au plus profond de moi je ne veux pas le quitter.

Cette écriture est impossible, mon visage est fermé, je ne comprends pas ce qu’il se passe. Les mots qui avaient un sens avant pour moi, ne sont pas habilités pour décrire ce présent. Et mes tentatives de pensée et d’écriture me font souffrir. Amoureux, c’est l’amour, l’amour c’est le cœur, alors pourquoi mes tripes sont saisies, pressées, tordues. J.M Rilke me chuchotte à l’oreille : « la souffrance n’est que la résistance à quelque chose de nouveau ». Je ne devrais rien écrire de plus, et tâcher de ne pas résister. C’est plus fort que moi. La pression monte, je dois bien l’évacuer, survivre.

Chaque mot que j’écris trahis ce que je ressens, tu comprends ça? Le passé ne peut comprendre le présent. « On ne peut pas faire du nouveau avec l’ancien » écrit Deepak Choppra.

Etre amoureux m’énerve, ce n’est pas dans mes cordes. Et la facilité de l’Autre avec ça m’agace encore plus. Je ne suis plus dans mes batailles passées, dans mes peurs de l’abandon, dans mes attentes, dans mes projections et tout cet attirail d’images mentales qui me faisait souffrir. Non là, c’est pas dans la tête, c’est d’abord dans les boyaux, c’est dans la chair, c’est une force, une pression. Mes méditations ont l’effet du Colibri.

C’est la première fois que je respire autant et que j’explore mon être durant un article. Qu’est-qui est là? Impossible de l’écrire putain, les mots qui viennent interpréteront le phénomène avec le champ lexical de la souffrance. Alors que celui qui convient est celui du domaine du nouveau. Mais comment écrire le nouveau puisqu’il n’est pas connu. Oh il doit y avoir tant d’imposteur chez les personnes qui prétendent écrire! Ils ne font que recycler des vieux concepts sur de nouveaux phénomènes et en cela empêchent le nouveau d’émerger. Le nouveau est accueilli comme un ancien. Je suis le premier imposteur évidemment car je ne fais ici qu’écrire des phénomènes qui n’ont pas ce langage. C’est comme regarder BigBang Theory en version française. Comparaison loufoque mais drôle.

J’ai connu déjà ce genre d’opérations. Opération d’ouverture du cœur, jamais terminée appremment. Je suis de nouveau sur le billard, cette fois en présence d’un être divinement rassurant. Mais c’est justement cette main tendue qui me fait voyager encore plus profond dans une partie obscure. Certainement la plus obscure de moi-même, celle où est régie mon lien avec l’Autre. Cet autre est beaucoup trop mystérieux pour moi pour le décrire plus. A part décrire une intensité, les autres mots seront traîtres aussi.

« Je ne suis pas dans la merde, putain » . Tu vois c’est une pensée spontanée qui me vient. Un mode de fonctionnement ancien qui résiste à ce qui se passe.On peut savoir en théorie, on peut tout intellectualiser mais une fois confronter avec soi-même, ça nous aide pas. Il n’y a que l’Autre qui peut aider, en apparaissant ou en disparaissant à jamais (là c’est personnel). C’est une dépendance, je suis accroché.

Je suis complètement à sa merci.

Je ne sais pas…

Patience et espoir

W

Ps :Comme tous les vendredis, Je m’improvise animateur sur RadioHS ce soir de 21h, à 23h : rencontre entre hypersensibles en ligne, suffit d’un micro et de cliquer sur le lien : RadioHs. Possibilité de juste se connecter pour écouter.

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L’hôpital psy ou le début d’un art

hp art

Ô vie que tu es triste,                  Lorsque le cœur est fissuré

Comme beaucoup de bipolaires et autres HyperSensibles qui traversent une crise et sont hospitalisés en psychiatrie, l’art sublime notre douleur lors de cet enfermement.

Pendant ma dernière hospitalisation, j’ai dépassé l’ennui quelque fois grâce au dessin. Jamais je ne dessine habituellement mais le contexte de l’internement fait jaillir l’expression sous différentes formes. L’enfant artiste refoulé et sommeillant chez chaque hypersensible, peut enfin pleurer sa trop longue absence. Ses larmes se caractérisent en mots, peintures et autres formes possibles d’exploitées à l’hôpital.

Cet appel du fond de notre âme est à écouter et l’oeuvre d’art qui naît de l’enfer psychiatrique est à continuer en dehors de ces murs. J’ai, nous HS, avons un potentiel d’expression artistique sans limites. Après mes premières hospitalisations, il s’est avéré pour moi que c’était l’écriture qui allait être salvateur.

L’association des Hyper Sensibles que je crée avec d’autres en ce moment donnera de la place sur son site internet : www.association-hypersensibles.fr aux productions artistiques de tous HS qui comme moi trouvent dans l’art une nécessité pour canaliser une expression débordante. J’aimerais que cette asso mette en valeur toutes les étincelles insoupçonnées chez les hypersensibles : musique, dessin, mode, peinture, danse, et l’infinité de formes d’expressions existentes. Le talent venant avec la pratique. Croyons en notre étincelle et allumons un magnifique feu d’artifice.

Je disais donc, que durant ma dernière hospitalisation en décembre dernier, je me suis essayé naturellement au dessin. N’étant pas mon art de prédilection, ce n’était pas le résultat qui comptait à l’époque mais les heures que je passaient à tenter de reproduire l’objet devant moi. C’était l’arme que j’utilisais pour réduire l’ennui qui régnait durant ces longues journées.

Dans cet article et un autre prochainement sur ce même thème, je te partage quatre des dessins qui m’ont permis de m’extraire de l’enfermement le temps de leur conception.

Durant ce séjour en HP, j’ai aussi écrit quelques textes hurlant la souffrance, sublimant la peine qui suit une période d’exaltation, d’euphorie. Cette fois dans ce summum d’énergie qui a précédé l’hospitalisation j’ai eu une relation passionnelle si forte que sa rupture brutale m’a déchiré le cœur. Voilà un texte qui pour moi aujourd’hui n’est pas tant destiné pour la femme en question que pour la vie en générale. C’est une image d’une douleur aiguë qui survient les premiers jours d’internement.

« Je relis encore une fois ta lettre. Et je pleurs. Je suis assis dans le couloir vide à côté de la porte d’entrée du service Monet. Cette porte qui me sépare de la liberté, de toi. Et je pleurs, la gorge poignardée, je pleurs parce que j’aimerai tellement être avec toi, là. A faire couler mes larmes devant tes yeux. Ces larmes qui gâtent actuellement ce papier. Tu me manques. Je ne suis pas à ma place ici. J’ai déconné : j’ai rajouté des zéros sur un chèque sur un coup de délire, d’escroquerie. Que suis-je? Mais je ne mérite pas ça, je mérite ton amour. Si grand, si profond qui, je sais, peut accueillir tout mon être. Je pleurs aussi et surtout de te perdre. Que cette hospitalisation nous déconnecte. A ce moment même, à ces minutes larmoyantes, je suis au bout de mes forces. Je suis entre des murs et des personnes qui ne me comprennent pas. Et l’attente est trop dure. Je voudrais avoir le pouvoir d’écrire cette lettre directement dans ton cœur.

Nous construisons quelque chose de très fort qui entraîne de belles tempêtes comme celle-ci, mais je suis persuadé que l’avenir ne sera qu’un monde merveilleux.

Je ne suis pas fou, pas totalement en tout cas. Ma raison dicte à mon cœur de t’aimer. Et mon cœur saigne ma raison lorsque le tien est touché.

Dis moi juste que tu es encore ma fiancée. » 

Le sentiment torturé derrière ce texte va au-delà d’une séparation amoureuse. C’est la souffrance qu’engendre le trouble psychique, le voyage dans les plus profondes solitudes.

Cependant comme je le dit dans l’article précédent, on ne souffre pas pour rien, cette douloureuse expérience fait partie de ce que je suis aujourd’hui, elle fait partie de mon chemin, elle est riche d’enseignements, je ne regrette rien.

Je dédie ce texte à mon camarade, Hakim, avec qui j’ai partagé de longues heures d’ennui là bas. C’est lui sur ces deux dessins.

hp art 5

Patience et espoir,

W

 


Maniac story S6-E04 : Sommet de la crise

Je raconte ici ma dernière crise maniaque. Une aventure mystique qui a décollé lors des attentats de novembre 2015. Épisodes précédents : 1   2   3

Le samedi 5 décembre j’étais dans ma famille avec J. Impuissant face à la passion qui nous entraînait, nous étions toujours ensemble. Je ne crois pas qu’il y ait une seule nuit où nous étions séparés. Cette soirée avec mes parents et frères et sœurs se passa « bien »… en réalité, je n’ai aucun souvenir de ce moment. Amnésie plutôt rare, je me souviens généralement bien de ces périodes. Néanmoins, je me rappelle très bien de ce qui suivit : une dispute avec J, une rupture…

Les jours précédents, j’avais emmené J avec moi visiter une maison dans Paris. Car il était question que nous emménagions ensemble. Une magnifique maison à plusieurs millions d’euros. J’étais persuadé d’avoir les moyens de l’acheter. Evidemment, J penchait plus pour un logement disons… plus modeste! Voilà l’objet de notre dispute. Avec le recul, je me rends compte que c’était la première fois qu’elle ne me suivait pas, amoureusement dans ma folie. Il se produit une rupture et mon comportement changea brutalement. Il était 1 ou 2h du matin, je pris quelques affaires et je partis de chez mes parents à pied dans la nuit.

En fait, cela faisait depuis quelques temps que je voulais partir prendre le large. Mais j’avais abandonné tout plan parce que mes proches et psy m’avait convaincu que ce n’était pas raisonnable étant donné mon état. Aujourd’hui, je me demande encore ce qui serait passé si je n’avais pas annulé les quelques jours en Bretagne. Conscient que j’étais up, n’aurais-je pas pu enrayer la crise au calme de la Bretagne?

Cette envie réprimée a donc explosé cette nuit-là après ce léger désaccord. En banlieue en pleine nuit, je n’avais que l’auto-stop comme option. Un homme me prit et me déposa à la gare de Lyon. A cet instant, mon idée était de prendre le TGV pour Marseille afin d’aller chez mon amie Elise qui était « la seule qui me comprendrait » pensai-je. Mais le train en question était à 9h alors que le prochain départ était à 5h pour Milan. L’urgence de ma situation supprima aussitôt la première idée, la moins folle,  et valida mon départ pour l’Italie. J’attendis alors une bonne partie de la nuit dans la gare parisienne avec comme camarade quelques banlieusards. De part mon état et mes plans, je fis forte impression.

Je pris les rails. Avec pour bagage : mon ordinateur portable dans sa sacoche, une carte bleue en détresse et une centaine de pièces de cinquante centimes (prises d’urgence dans ma collection de pièces jaunes). Autrement dit, dans une France en état d’urgence, je voyageais sans pièce d’identité et sans téléphone. Et biensûr, sans billet de train.

Voici le journal de bord, les horaires sont approximatifs:

5h : Départ de la gare de Lyon

6h : Une charmante contrôleuse me fait une faveur, enfin ce que je croyais être une faveur, elle m’a belle et bien facturé 120 euros d’amende. Comme quoi, en crise, je ne suis pas toujours magicien séducteur.

9h: La police m’invite à descendre du train à la ville frontière entre la France et l’Italie car je n’ai pas de carte d’identité.

11h : je prends un bus pour la ville d’Italie la plus proche ayant une gare. Je paye avec mes centimes le billet et par chance il n’y a pas de contrôle à la frontière.

13h : Dans je ne sais quelle gare, j’envoie de mon ordinateur un mail à J, lui disant que je rentrerai le soir même. Plutôt raisonnable pour un mec en crise. A cette heure, mon plan était d’aller jusqu’à Rome et de rentrer tard à Paris en avion.

15h : Plusieurs trains plus tard, je suis sur le point d’arriver à Milan et là, prise de conscience : « arrête tes conneries maintenant, prend un train à Milan pour rentrer à Paris » pensai-je à peu près.

16h: Arrivée à Milan et grosse bêtise de ma part : je sors de la zone des quais… grosse bêtise parce que pour revenir sur les quais il faut un billet de train (ma carte bleue ne répond plus depuis Turin) et une pièce d’identité (trois petits points).

16h01 : Bloqué! Sans téléphone…

16h05 : Combien d’argent me reste t-il? environ 3 euros

17h: Je déambule dans Milan, mange deux Hamburgers. Je n’ai plus de délire en tête, je suis conscient de la situation mais néanmoins je ne sais quel ange gardien m’aide à ne pas paniquer au vue de la situation.

17h30 : Je rentre dans un pub pour capter du wifi. Mon ordinateur tombe depuis une table haute, il ne répond plus… Je sors et je l’abandonne sous un pont, comme on abandonnerait un chien, qui nous a été si fidèle, à la première complication. Là je devais un peu délirer…

De 17h30 à 21h : Je circule dans la gare de Milan entre l’accueil, les guichets, la police, les voyageurs espérant une solution, demandant un coup de fil (pas très généreux les italiens sur ce coup là). Au final je réussi à avoir J et mon père au téléphone grâce à la compassion exceptionnelle de deux immigrés (pas de commentaires, enfin si : prêter son téléphone est un beau geste!). J achète un billet en ligne et me donne un code correspondant au billet. L’accueil de la gare fait quelque chose dont je ne me souviens pas. Le guichet m’imprime un billet vierge sur lequel j’écris le code.

21h : Je ne sais pas par quel miracle je parviens à passer les contrôleurs et la police avec seulement un billet blanc avec inscrit dessus un code. Il doit me manquer une bribe de souvenir.

21h15 : Le train de nuit se dirige vers Paris. Je prends un xeroquel (neuroleptique) pour m’aider à dormir. (Je n’ai pas arrêté de prendre mon traitement durant cette crise, au contraire, je l’ai même adapté avec mon psy).

Dans la nuit : Je me fais réveiller brutalement par les douaniers. Le xeroquel avait dû me faire plonger dans un sommeil lourd qui a déplu à ces messieurs. Au final, il me laisse reprendre le train et j’avale un nouveau xeroquel.

Dans la nuit encore : Rebelote avec la police où je ne sais quel corps emmerdeur qui pareille me brutalise, me sorte du train (je crois). Au final, il me laisse reprendre le train et j’avale un nouveau xeroquel.

9h : Je suis sur le pas de la porte de J. Je sonne. Elle me prend dans se bras. On est lundi 7 décembre, le sommet de la crise et derrière moi et pourtant l’aventure n’est pas finie…

A suivre…

W

Episodes précédents :

Ep 1: Attentats       Ep 2 : La potion magique    Ep 3 : Amour et Voyage

 

 

 


Amour, Sexe, Amitié

A chaque fois que je rencontre une nouvelle femme, je ne peux pas m’empêcher de me demander si c’est elle, la femme de ma vie.

– Salut, je m’appelle Clara, enchanté…

Je me présente aussi, mais je pense en plus, en la regardant vaguement dans les yeux : est-ce que c’est elle? Bon, jusqu’ici la réponse a toujours été négative. Je suis persuadé que l’amour arrivera quand je m’y attendrai le moins, mais le problème c’est qu’à chaque mini occasion, je me pose cette question avant même qu’une quelconque énergie puisse s’amplifier.

Ensuite, une réaction que je qualifierai de bipolaire (bizarrement!) se produit. Cette réaction se produit après coup lorsque je suis rentré chez moi et suis seul, le soir avant de me coucher. Je précise car cela a toute son importance. Même si je n’ai pas rencontré la femme de ma vie, j’ai passé un moment avec une femme, un moment de sociabilité, de rupture de solitude, un moment de reconnaissance, un moment de vie, et cela ne me laisse pas indifférent. Je dirai même que ça fait naître une graine en moi. Graine que je vais cultiver maladroitement chez moi, lorsque je reviens à la solitude.

Donc, ce qui se déroule souvent, depuis ces derniers mois en tout cas, c’est que mon envie d’amour non maîtrisé, incontrôlé va s’emparer de cette rencontre pour assouvir un manque d’affection. A l’instant de la rencontre ce manque se traduit par la recherche d’un amour idéal et rentré chez moi il se bascule en une pulsion sexuelle (voilà c’était ça le côté bipolaire). Et mon esprit alambiqué profite de cette nouvelle connaissance, devenue la proie dans mon fantasme du soir. Il est même parfois difficile de s’en libérer, j’ai envie et mon mental cherche toute les possibilités et toutes les stratégies pour assouvir cette envie. Ces pulsions ont essentiellement lieu le soir quand je suis seul chez moi. Le lendemain, après une nuit compliquée, je n’ai plus envie de sexe, la pulsion est partie. Mais comme souvent, j’ai préparé un plan lors de ma pulsion pour la revoir et arriver à mes fins. Quand la rencontre se reproduit, je ne suis plus dans le même état d’esprit et je me contente souvent d’un moment amical. Car dans l’amitié il y a de l’amour et autant de réconfort, mais va expliquer ça à mes démons de minuit!!

Bref, exemple:

Il y a quelques temps, j’ai rencontré une jeune femme. Rha ! entre écrire « fille » ou « jeune femme » c’est un grand dilemme, je suis plus à l’aise avec « fille » mais y paraît que « jeune femme », c’est plus respectueux. Bon, j’ai rencontré une fille (pardon!) lors d’une soirée. Clara. Premier regard : « Est ce la femme de ma vie? » Rencontre, présentation : « Non ». Echange : on s’entend bien, un lien amical naît, pas de séduction ou alors séduction dont je ne suis pas conscient. La Femme, étant un concept dont toute ma vie ne suffira pas pour le comprendre. J’aime les femmes et je suis un homme. Je précise parce qu’un lecteur n’avait pas vu a priori de quel sexe j’étais. Sur le moment, dans l’échange, je n’ai pas d’envie sexuelle envers Clara. Il y a des cas, certaines que je trouve séduisantes même si elles ne sont pas l’amour de ma vie, à une heure avancée de la soirée, où une attirance corporelle existe, cela à l’instant où je discute avec elles. Mais généralement non. Alors je passe une bonne soirée, une bonne dose de sociabilité, de rupture de solitude et tout cela en toute amitié me convient parfaitement, sur le moment!

Après, je rentre chez moi et une énergie plus chaude plus sensuelle monte et cette Clara qui s’est ouverte à moi simplement devient l’objet de ma pulsion. C’est donc en décalage que je vais lui faire savoir, par un texto tardif, mes envies. Par soucis de sincérité, évidemment. Dans mon monde (pour ne pas dire psychose) tout est possible, même s’il est tard et qu’elle est sans doute fatiguée, on se retrouvera le soir même ou dans les jours à venir au pire, et là… Dès le moment où je la revois, le simple fait d’être en bonne compagnie va suffire pour calmer mon manque d’affection, je n’ai plus l’envie pulsionnelle de reposer ma tête sur ses seins. Une discussion d’esprit à esprit me suffit. Mais tôt ou tard, le soir solitaire reviendra.

Bon, j’ai essayé de te partager ici un aspect plutôt tortueux de moi même, dont je n’ai pas encore totalement conscience… Dur d’être précis. C’est comme décrire avec des mots la disposition d’un jeu de Mikado éclaté.

Suffit!

A bientôt,

Vive le printemps, la fin de beaucoup de dépressions approche!

🙂

W.


Le lacher prise a besoin d’amour

Quelle énergie dépensée à tomber amoureux de la première venue! A attendre, à espérer jusqu’à se rendre compte que je suis seul dans cette histoire. Quelle énergie dépensée aussi dans la désillusion! La dépendance affective… Est-ce un trouble, ou est-ce une partie de la condition humaine? Je me dévoile ici. De plus en plus de personnes que je connais ont l’adresse de mon blog et la possibilité d’entrer dans mon intimité. Tant pis!

La bipolarité c’est l’occasion qui m’a été donnée de faire du ménage intérieur. Ce que je n’aurai peut être jamais entrepris si ce trouble n’était pas apparu. Cela pourrait signifier que la majorité des gens ne feront jamais ce plongeon en eux de leur vie et cependant s’intéresseront aux personnes qui le font et qui leur livrent ce qui est caché inconsciemment chez eux aussi. Il est alors très possible que je sois regardé par certain comme un cas psychologique intéressant. Comme un don à la science.

Dans la guérison de la bipolarité, des pensées et des émotions qui nous malmènent, j’ai appris à ne plus les subir et à les observer passer en moi sans qu’elles n’aient d’impact et de maîtrise sur le présent que je traverse. Alors, lorsque des pensées ou des émotions (qui signifient « dérangement » étymologiquement, il paraît) je ne me laisse pas déranger, justement! Je les observe, je me place en spectateur. Ces sentiments amoureux qui surviennent si vite et qui m’envahissent, que sont-ils réellement? Pas de l’amour, évidemment, l’amour est plus profond, il est au delà des émotions. Qu’est-ce donc cette sensation enivrante, tout aussi jubilatoire qu’angoissante? Elle se manifeste dans le vide, lorsque je n’ai pas de pensées ou autres occupations.  Une dépendance affective en manque de relation humaine, d’une femme?

En tout cas, il me semble que j’arrive à l’origine de tous mes maux car il s’agit ici de ma relation avec ma mère bébé et enfant qui régit mon rapport avec les relations affectives. Cela a dû être très intense tout petit, logiquement je suis dans la recherche de relations tout autant intenses pour retrouver l’unification que je savourais bébé. Toutes femmes qui me plaisent un tant soit peu et qui me donnent un peu d’amour, dans le même temps, m’attachent à elles inconsciemment. Holà, ce sont des grands mots pour te parler de simples ressentis, j’exagère un peu pour me faire comprendre.

Est-ce bipolaire que de vivre cela? Oui, je pense, c’est encore quelque chose vécu à une intensité supérieure que la norme. Sensibilité, fragilité… Cependant, la vie m’envoie coup sur coup des femmes sur lesquelles je dois apprendre à être en relation sans pour autant m’attacher. Je vois ces épreuves comme les dernières avant de pouvoir déclarer haut et fort : « Je ne l’étais pas, je le suis devenu et aujourd’hui, je ne suis plus bipolaire! ». Ce n’est en aucun cas une finalité, la vie continue avec ses prochains lots de joie et de peine. Mais le gros de la souffrance n’aura plus de point d’accroches en moi, tous mes ports seront aguéris.

Bipolaire… Un mot fumeux, un nuage noir qui se pose au dessus de notre tête et qui trouble notre climat. Il peut rester là. Il peut aussi avec un vent d’espoir et de patience, s’en aller.

Bipolaire… Un mot rempli de souffrance qui éclate au grand jour. Le bipolaire peut se vider de cette souffrance en la regardant en face, en la mettant à la lumière et, tel un alchimiste, la transformer en or. Alors, le mot bipolaire ne devient qu’une coquille vide que l’on peut se débarrasser ou simplement garder comme un souvenir, un mot commun pour échanger avec d’autres voyageurs de l’âme.

La bipolarité, c’est un peu comme de la poésie de Baudelaire, une sensation d’enfermement, une mélancolie, un spleen, une drogue, un mal qui peut éclore une fleur.

J’ai lu sur la blogosphère que les romantiques n’étaient valables que dans la littérature. C’est peut être ça notre problème, nous sommes des romantiques dans un monde qui a peur de l’être.

A bientôt,

W.


Comment guérir de la bipolarité 1.3 Aimer sans retour

Cela peut paraître simpliste ou trop naïf pourtant c’est une clé en or pour se soulager d’une lourde peine : Aimer sans retour.

Comme d’habitude, je t’écris cela par rapport à une expérience actuelle. Lors de mes relations affectueuses passées, je souffrais de l’attente de sentiments des femmes auxquelles j’étais tombé sous leur charme. Aujourd’hui, grâce à une rencontre merveilleuse – je n’ai que ce mot à la bouche depuis quelques jours – je me suis libéré de ce virus. Bien que cette toute neuve relation s’est abrégée d’un simple coup de tonnerre, je suis désormais seul avec ces nobles sentiments.

La pièce de Shakespeare vu hier n’a pas suffit pour que je sombre dans une banale tragédie. Je suis seul avec ces sentiments mais cela ne leur enlève aucune beauté. Je les ressent, ils sont vraies.

J’étais malade lorsque j’aimais des femmes en attendant des choses d’elles en retour. J’étais malade en général lorsque le battement de mon cœur ne suffisait pas et qu’il était dépendant d’un autre cœur.

Il ne s’agit pas tellement de prouver à l’autre la noblesse de ces intentions, mais de vivre en paix les émotions que la vie nous amène. Rien attendre de l’autre, seulement le remercier de ce qu’il nous a partagé. Remercier la vie qui nous a orchestré une belle rencontre, celle que l’on désirait consciemment ou inconsciemment.

Depuis quelques temps, pour ma part, je suis conscient de ce qui m’arrive, ce qui facilite la digestion.

Etre bipolaire c’est être dépendant de ce que pense les autres, de l’amour des autres qui n’est jamais à la hauteur de ce que nous idéalisions. Guérir, c’est se libérer de cette prison dont les barreaux sont les liens affectueux qui nous malmènent et nous enferment.

Il m’a fallu du temps, ce n’est pas chose facile, mais toucher du doigt cet état de grâce est lumineux. Le combat continue, évidemment, pour continuer ce chemin mais encore un peu plus aujourd’hui, j’en goûte les fruits, je repense à ses yeux et je savoure toujours ses paroles amoureuses…

Le bipolaire est un romantique, tout le monde le sait. Mais savais-tu que le romantisme pouvait être vécu sans souffrances?

A bientôt,

W.