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Expérience de la dépression

La dépression évolue mais continue en ce début de semaine.

Hier, oh que j’avais la tête lourde, je me suis traîné dans le parc près de chez moi. Si tu étais dans le coin, tu as peut-être vu un zombie se balader, c’était moi. La souffrance psychique a laissé place a une énorme fatigue physique.

Je subis toujours le contre coup de mon hyper activité cérébrale des dernières semaines. Malgré mon besoin de repos, j’ai maintenu la réunion de samedi dernier. A bout d’énergie, j’ai du pour la première fois quitter la rencontre qui a suivi à 19h. Dans les transports au retour, la fatigue me rendait vulnérable, et l’agitation du métro parisien se transforma en un véritable petit enfer. Des signes et synchronicités m’attaquaient de toutes part. Chaque conversation qui m’entourait semblait parler de moi. Je me suis retrouvé dans une situation et une fragilité qui m’a fait vriller dans la manie, le délire bien des fois dans le passé.

C’est comme-ci, je n’avais plus d’énergie pour avoir le contrôle sur mon mental, que je me laissait ballotter par l’environnement extérieur à cause du peu de volonté qui me restait. C’était l’inconscient collectif qui m’emportait, je n’étais plus acteur de ce qui se passait. Difficile à expliquer.

Bref, samedi n’a pas été de tout repos et je pensais qu’une journée à la campagne le dimanche avec M signerait la fin de la dépression. Mais hier, après une bonne nuit, j’ai vite senti que le bagne n’était pas  terminé.

Je ne suis plus aux prises avec mes peurs comme la semaine dernière. Rha pinaise, c’était quelque chose, surtout le soir où j’ai choisi de les affronter consciemment et ne pas avoir recours à la chimie. Ce dernier combat intérieur semble être terminé mais il laisse place à un champ de bataille sans vie, une atmosphère pesante, une tristesse, un sentiment mélancolique étrange.

Ce matin, ça va un peu mieux, et la rencontre tout à l’heure va pouvoir me changer les idées.

Tout ça pour dire que la dépression est bien plus complexe qu’elle ne paraît de l’extérieur. Elle n’arrive pas par hasard, il y a un véritable sens (même s’il est inconscient) et une raison de vivre cette période basse. La dépression, bien que douloureuse, est riche en enseignements. Elle annonce aussi un renouveau, l’émergence d’un nouveau soi. Un nouveau soi, étrange, qui nous fait peur, auquel on résiste (résistance source de douleur), qui fait émerger des peurs que l’on doit dépasser pour entrer dans notre nouvelle ère.

Heureux celui qui traverse une dépression, car il vit en coulisse une transformation nécessaire.

Et puis après la tempête, le soleil revient toujours rayonner.

Patience et espoir

W

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Drôle de blog!

J’écris cet article sous perfusion de la chanson : Homme debout de Claudio Capéo qui chante très bien mon état d’âme. Malgré la peine, les doutes, la souffrance qu’entraîne mon combat intérieur, bizarrement « Je reste un homme debout » comme si j’étais sûr qu’une victoire se profilait à l’horizon.

Tu as tapé dans google « bipolaire » avec d’autres mots clés  et tu es tombé ici… La vie d’un bipolaire. Mais, c’est qui ce bipolaire qui ne parle pas de maladie, de traitement, de symptôme, qui écrit très rarement le mot « bipolaire » même? Oui, je comprends que beaucoup d’internautes ne trouvent pas ici les mots qu’ils attendaient. Ou alors il faudrait que vous fouilliez dans mes premiers articles.

J’ai écrit des articles sur ce qu’était la bipolarité, qu’elles étaient les moyens pour se soigner. En voilà deux sélectionnés : bipolaire définition  /  C’est quoi le trouble bipolaire.

A l’écoute de « Il est où le bonheur il est oùùùù….. » oui, je suis dans une phase variétés.

Mon blog n’est pas une explication de ce qu’est la bipolarité. Ça m’est même bizarre d’écrire ces mots « bipolaires, bipolarités » depuis quelques temps, ils me semblent étranges, très difficiles à définir aujourd’hui, et même dangereux, grand risque de s’y identifier.

Laviedunbipolaire. C’est le récit de mon combat intérieur que je mène pour éclaircir mes troubles, mes démons, déconstruire mon égo, tendre vers une plénitude, l’amour… et voilà cela devient rapidement spirituel comme démarche! Parce que si j’ai bien une certitude aujourd’hui c’est que tu ne peux pas te libérer complètement de tes troubles psychiques sans t’inscrire dans une démarche spirituelle. Attention, spiritualité n’est pas religion mais plutôt développement personnel. « Spirituel » étant un mot qui peut diviser, couper des personnes de quelque chose de très simple au final. Regarder à l’intérieur de soi est spirituel. Pour comprendre ses troubles, se comprendre, se connaître, il est nécessaire de plonger dans son monde intérieur. Une grande aventure nous y attend!

Tout ça pour dire que dans ce blog « bipolaire » correspond intimement avec la notion de développement personnel, de combat intérieur, de travaille sur soi, d’expression, de méditation etc, ces moyens se sont imposés dans ma vie il y a 3 ans comme une nécessité pour me sortir de mes troubles intérieurs (psychiques, mentaux, émotifs). Tout comme l’écriture de ce blog pour écrire et partager ce qui se passe en moi, je n’ai pas choisi ce combat, c’est une question de survie. L’handicap permet le dépassement de soi, et à l’échelle humaine, le progrès. Si j’avais le choix, ce serait très étrange de vouloir m’engager sur un chemin éprouvant où j’enchaîne les affrontements avec mes peurs, les rencontres avec les doutes, et la certaine solitude qu’exige cette route. C’est ça que j’écris sous la bannière laviedunbipolaire. Je tente d’exprimer ce qui se passe en moi. Car c’est trop difficile de vivre cette aventure tout seul sans pouvoir partager.

Laviedunbipolaire est un combat au quotidien, mais un combat d’ouverture, d’accueil de soi, de ses peurs, de cette zone d’ombre pour la connaître et maîtriser de vieux démons qui nous ont fait craquer, déprimer. C’est pour cela que laviedunbipolaire doit être d’abord orienté vers soi, son monde intérieur pour résoudre ces conflits intérieurs.

Et pour cela : Beaucoup de patience et d’espoir.

A bientôt,

W

 


How to live?

Je suis en train de lire « How to live » de Sarah Bakewell. Comment vivre en 20 points, selon les Essais de Montaigne. Je ne savais pas que Montaigne, 500 ans avant moi, a écrit un journal de réflexions sur lui-même. Il s’exprimait régulièrement sur ces ressentis et pensées qui venaient à lui une fois qu’il avait la plume en contact avec la feuille blanche. Voilà, c’est tout! Ça me fait plaisir de savoir que mon blog est un exercice d’expression à la manière de Montaigne. Même si, je l’avoue, la plupart du temps j’ai une petite idée de ce que je vais écrire ; plutôt une pensée que je vais développer dans un sens inconnu avant l’écriture de celle-ci. Montaigne, précurseur du free-style.

Plus je grandis, plus je me rends compte, que l’on m’a très mal vendu les grands auteurs de l’Histoire, souvent même dégoûté. J’en redécouvre chaque année et je suis à chaque fois surpris de la richesse mais surtout de l’accessibilité de celle-ci donnée par l’auteur. Je ne suis pas le seul à avoir été marqué par les profs de français au collège qui essayent de nous enseigner des grands maîtres de la littérature alors que l’on a 13 ans ; on est pas prêt ; il faut avoir vécu un minimum pour comprendre certaines choses. Ce premier rendez-vous avec le livre raté du collège et du lycée laisse certainement un obstacle que l’on doit franchir 10, 20 ans plus tard pour pouvoir profiter d’une sagesse gratuite, qu’on a faillit louper.

Les deux premiers conseils de Montaigne sont : Ne pas s’occuper de la mort ( elle s’occupera très bien de nous sans notre aide). Prêter attention. (je suis pas assez loin dans le chapitre pour vulgariser comme le premier point).

La mort m’obsède ces derniers-mois. Mes crises d’angoisses, sensations de mort imminente -crises cardiaques, sont revenus depuis 2016. Je ne pense pas à ma mort mais à celle de mes proches. Depuis quelques temps, dés que ma mère ou un frère prend route, j’imagine automatiquement un accident. C’est plus fort que moi. C’est pas très agréable! Mes angoisses viennent soit sans raisons dont j’ai conscience ou lorsque, par exemple, je regarde un film où il est question de morts, de crises d’angoisses, etc.

Je vis cette période morbide avec philosophie car elle n’est que la caractéristique visible d’une transformation intérieure qui s’est intensifiée depuis novembre 2015. Sortant d’une dépression de 3 mois (dé-pression non douloureuse je précise), plus les terroristes, ce n’est pas étonnant que depuis, la mort est présente dans mon esprit. J’en conclue que j’ai un « moi » que je dois laisser mourir, laisser partir, pour faire de la place à un nouveau « moi ». Cela fait partie de l’Eveil. La spiritualité, au passage, est absolument nécessaire pour tendre vers une libération totale de ses troubles. Cependant ce n’est un long fleuve tranquille. Plutôt un véritable combat que l’on accepte ou pas. Un combat qui permet d’évoluer, faire évoluer son trouble. Je le vois dans ma dernière dépression et crise maniaque ; je n’ai pas vécu ces périodes comme des phases maladives comme toutes celles qui ont précédées mais plutôt comme une fluctuation d’énergie qui est possible de maîtriser pour ne pas sombrer dans une névrose extrême qui nous mène à la psychose. Je n’ai pas maîtriser totalement, non, loin de là! Mais assez pour être convaincu que c’est possible. Qu’il y a une autre vie derrière celle du bipolaire qui souffre de ces phases. Pour cela il faut croire en son destin, allez au-delà du monde apparent, se libérer des croyances que l’on a pas choisi, se libérer de beaucoup de choses en fait, ça demande du courage. Courage qui vient naturellement lorsque l’on sait intuitivement que c’est le bon chemin.

Voilà. Amen! Non, mais il faut bien que parfois je partage ce qui me permet de mieux vivre une dépression, mieux vivre tout simplement. Hé ben, cette introspection couplée à l’expression m’amène lentement à être plus proche de moi-même. Et être soi, c’est ça le bonheur, je crois.

Patience et espoir

W

bipohypermaniac@gmail.com

 

 


Mélancolie et révolte

J’essuie depuis un mois ma plus grande défaite.

J’ai rechuté en novembre avec comme élément déclencheur principal : les attentats du 13 novembre. Je suis monté en crise maniaque, j’ai vécu de multiples aventures à Paris et en Italie jusqu’au 9 décembre, jour où je me suis fait coffrer par la police pour tentative d’escroquerie… Deux jours après, je fus transférer à l’asile (cet HP porte très bien la désignation d’asile), le même dans lequel j’ai fait deux séjours en 2008 et 2009. Je t’ai déjà parlé de cet endroit sur ce blog ici: A l’asile chez Théophile Roussel.

Voilà un bon teaser en attendant que je te raconte cet épisode et l’ajoute aux autres crises maniaques publiées dans ce blog : maniac story .

Cette 7e hospitalisation m’a séché. Je te passe la garde à vue qui m’a tout de suite rappelé celle de janvier 2013. Quel sentiment de défaite atroce qui s’est imposé à moi lorsque ma raison est revenue le deuxième jour à l’asile. Cette amertume ma paralyse encore, voir même plus aujourd’hui alors que je suis sorti depuis trois semaines. Quel contre coup…

Jamais j’aurai imaginé il y a quelques mois que je rechuterai si classiquement après trois ans de combat contre mon trouble psychique. J’ai mis toutes mes chances de mon côté, employé d’innombrables moyens thérapeutiques, sans parler de ce blog et toutes les activités autour de celui-ci qui me maintiennent en garde. Quelle défaite ! La plus grande et la plus ressentie de ma vie. J’ai rechuté six fois entre 2008-2013 avant celle-ci mais jamais je n’avais vécu une telle claque. Car ce n’est que depuis celle de 2013 que j’ai véritablement accepté mon trouble et lancé le combat contre celui-ci donc toutes celles avant n’avait pas la même signification.

Il n’y a pas de défaite sans bataille. Finalement, ce n’est pas tant étonnant de perdre une bataille dans un long combat, Churchill (illustre bipolaire) en témoigne par sa carrière . Pas étonnant, mais il en reste tout de même que je suis à terre.

Dans cet épisode, je me suis embrouillé sur un détail avec mon colocataire parisien (détail qui a révélé sa personne) et j’ai déménagé quelques jours plus tard. Me revoilà revenu au point de départ, géographiquement, chez mes parents en banlieue. Avec un enseignement en tête : Paris, c’est fini. Revenir à Paris après ça serait une erreur. L’environnement parisien n’est pas compatible avec mon hypersensibilité. Sur-informations, sur-stimulations, absence de nature, routine métro-boulot-dodo inhumaine. Bien sûr il y a beaucoup de points positifs aussi, qui m’ont d’ailleurs masqué ce qui me paraît évident aujourd’hui : je ne suis pas fait pour la grande ville. Je vais plus loin, tout bipolaire ne peut être pleinement épanoui à Paris, il peut survivre oui, être stable oui, mais pas plus, il est très probable qu’il rechute.

Dans ce rejet de Paris, je me suis désengagé de toutes activités. Bénévolat et principalement : les ateliers de théâtre. Je suis donc à ce jour sans activité, sans engagement, redevenu célibataire depuis ma sortie d’HP (hé oui, dommage collatéral, j’en parlerai un autre jour), sans vie sociale. Le temps est suspendu au dessus d’un vide dans lequel je me baigne volontairement pour goûter aux fruits mélancoliques.

Je travaille sur la création d’une association. Oui, l’association des Hyper Sensibles verra le jour en mars. Association dans laquelle je place tous mes espoirs et ai besoin de vos soutiens lorsque je commencerai à communiquer celle-ci. Cette structure, en une phrase, permettra de formaliser mon et notre combat et le faire exister dans cette société.

Cette société… Je suis en colère contre cette société. Elle a une si grande responsabilité dans ma souffrance psychique. Cette société aux valeurs de consommations, d’individualisme, de compétition. Et la politique… Je suis révolté, j’ai honte de faire partie d’un pays qui fait la guerre sous prétexte de défense des droits de l’homme aux moyen orient depuis vingt ans et on s’étonne de se faire attaquer aujourd’hui (je reprends ici la pensée de Michel Onfray dans laquelle je m’y retrouve beaucoup). Bref, résultats je suis victime d’une guerre, avec ces attentats, dans laquelle je n’ai aucune responsabilité. Déjà en tant que citoyen je suis en colère mais en plus je suis un citoyen qui souffre de ne pas trouver sa place en tant que citoyen. Je suis révolté à plusieurs degré. T’as vu ce qui se passe pour les employés de l’entreprise Goodyear (voilà une pétition à signer : pétition). Et comment est traité la liberté d’expression…

Tout ça pour dire que mon sentiment mélancolique intérieur est représentatif de la situation révoltante extérieure. Ce lien toujours existant entre mon monde intérieur et le monde extérieur, entre le subjectif et l’objectif, est tout à fait passionnant.

Il va falloir à un moment donné qu’on (les personnes un minimum conscientes) fasse quelque chose parce que si on les (tous ceux qui sont au pouvoir)  laisse aux postes de décisions dans notre société, l’avenir nous nous appartiendra pas. Je veux croire qu’il existe des personnes encore qui ne sont pas résignés. Je comprends la résignation, j’ai flirté de loin avec elle mais je n’ai jamais été tenté de vivre une vie sans couleurs. Tel le colibri dans sa légende, je fais ma part, je créé une association qui prétend pouvoir améliorer la vie des personnes ayant un trouble psychique que je préfère appeler personnes hypersensibles, j’espère que beaucoup d’entre vous joindront cette aventure collective.

Je ne sais pas pour toi mais dans mes mélancolies j’ai ce goût de révolte. Je crois qu’au départ c’est une colère contre moi-même, celle d’avoir rechuté, celle d’avoir commises d’erreurs, celle qui constate les conséquences de la crise. Une colère que je me pardonne en regardant le monde qui m’entoure. Image métaphorique:

Je suis un arbuste qui peine à grandir… Je n’en veux pas à la graine qui est à mon origine. C’est évident que ce n’est pas de sa faute quand je regarde autour de moi dans quel jardin je suis né. Mes racines ont bien dû mal à s’ancrer dans cette terre sèche, pollué. Il y a ses mauvaises herbes aussi partout autour de moi avec lesquelles j’ai du mal à tisser des relations amicales. Non, ce n’est pas moi qui vais mal, le mal était là avant moi.

Patience et espoir,

Hypersensiblement,

W

 


Reculer pour ne pas sauter?

Depuis peu, le soir, une énergie étrange m’habite. Des pensées parasites s’agrippent dessus et le résultat est une sorte d’envie suicidaire. Je n’ai pas la moindre du monde volonté de me tuer mais la pensée de me jeter de mon septième étage m’habite. Qu’est ce que c’est que ce bordel? C’est un peu désagréable. Je ne comprends pas d’où vient cette angoisse. Peut-être que les grands changements dernièrement (ah oui! en plus de l’Express, c’est maintenant M6 qui s’intéresse à mon cas…) provoque une sorte de funérailles d’une partie de moi. Un passé à enterrer pour un futur tout propre. Je ne sais pas en tout cas c’est pas cool. En d’autres termes c’est mon esprit troublé qui accueille d’une mauvaise manière ce que la vie m’adresse.

Bref, je suis en ce moment même en plein combat avec ce démon passager (soyons optimiste). Comme moyen de défense j’ai fermé ma fenêtre, je respire (j’ai tendance à l’oublier sur ces moments) et comme armes de combats : la symphonie 6 de Beethoven et l’expression! grâce à ce blog. Sans oublier le petit valium si ça se calme pas. J’ai aussi demandé une amie maîtrisant le reiki de m’envoyer quelques bonnes ondes. L’important est ne pas rester seul avec ça. Bon, ne t’inquiète pas, je t’écris cela surtout pour partager en direct cette expérience intéressante.

Je pense aussi à rentrer dormir chez mes parents en banlieue demain, c’est peut être préférable. Mais ça m’ennuie car ce serait perdre le combat quelque part. M’enfin, reculer pour ne pas sauter, c’est pas mal aussi. Le soucis aussi c’est de dire ça à mes parents sans les inquiéter. Voilà, cela faisait longtemps que je ne t’avais pas ouvert mon esprit. C’est un peu le bazar, hein?

Sinon, voilà l’adresse de mon blog qui vient d’être mis en ligne sur l’Express : http://blogs.lexpress.fr/bipolaire/. Je sais c’est pas très pratique pour toi fidèle lecteur de me suivre sur deux blogs différents, c’est même une sorte d’affront mais comprend moi : je ne voulais pas rater cette opportunité en or et d’un autre côté surtout pas fermé ce blog là auquel je me suis attaché. Cette situation reste provisoire. L’idée pour l’instant est d’écrire un article par semaine sur l’Express et les autres ici. Petite nouveauté, les articles sur l’Express seront traduits en anglais grâce à une lectrice de ce blog qui a la gentillesse et générosité de prêter ces compétences en traduction au service de mes écrits. Mille merci à toi. Le monde est à nous!! haha!!

Deuxième sinon, une journaliste missionnée par l’émission Zone Interdite va me suivre dans mes activités pour proposer à M6 un petit reportage sur la bipolarité. Le but étant de montrer que l’on peut s’en sortir. Une bonne étape vers la destigmatisation!

Voilà, voilà!

Je te souhaite une meilleure semaine.

Patience et espoir 🙂

A bientôt,

W.


Face au stress, le bipolaire tremble

Cette semaine, je suis tendue. Beaucoup de nouvelles choses font que je ne suis pas loin de la rupture. J’ai senti celle-ci il y a une heure en me rendant au cours de yoga. En marchant, direction la gare, les différents stress du moment se sont additionnés et ont créé une sorte d’enfermement de mon esprit. Comme si mon âme suffoquait, était en manque d’oxygène. Comme si l’espace se réduisait, une sensation de l’ordre du spleen baudelairien. Il a fallu seulement que mon RER s’affiche « en retard » pour que je cède et fasse demi tour. Même si le yoga me présageait un futur bien être, je n’avais plus la force pour m’y rendre. L’idée de rentrer tard chez moi (avec 45 minutes de marche) me fatiguait déjà. Ma fébrilité était telle que demander un possible covoiturage pour le retour au groupe du yoga, engendrait une appréhension.

Il y a tout ce qui tourne autour de mon emménagement, il y a mes barrières intérieures que je confronte lors de l’atelier clown et il y a surtout la représentation théâtrale de demain soir qui reste le noyau de mon angoisse actuelle. Tous ces stress (stresss au pluriel?) ont un point commun : la relation avec les autres. Dans chacune des situations qui m’angoissent c’est le rapport conflictuel avec les autres qui est la cause. Je ne parle pas de conflits dans le sens d’embrouille avec les gens mais plutôt d’une tension intérieure qui naît d’un échange déplaisant. Pour le théâtre, c’est la metteuse en scène qui me met la pression. Mais c’est une pression invisible parce qu’objectivement, elle ne fait que me donner des indications et des retours sur ce que je présente, bref elle fait son boulot. Tu penseras peut-être que c’est mon égo qui est blessé. En tout cas c’est pas facile. Pour le clown c’est le regard (que j’interprète comme un jugement) des autres, nettement plus expérimentés, qui me tracassent. Et l’emménagement, c’est un stress plus général.

Je me rends bien compte aujourd’hui que pendant 2 ans (après ma dernière hospitalisation) chez mes parents j’étais protégé du monde extérieur et tout le stress qu’il peut provoquer chez les personnes fragiles. Ne pas évoluer dans un environnement socio-professionnel était parfait pour cette période de convalescence. Privilégié même quand je pense à toi ou d’autres foufous qui sont contraints à garder un travail pour vivre et du coup confrontés à ce combat quotidien, faire face aux psychopathes légers (j’aime cette expression).

C’est difficile de vivre en société… Du collège au bac, j’étais mal dans mes baskets, complètement en retrait du groupe. Ensuite la drogue et l’alcool m’ont permis de vivre une vie sociale. Quelle illusion! Sain de corps, je me trouve bien con aujourd’hui face à mes démons d’antan. C’est un autre combat, en plus de l’exploration de mes profondeurs, qui démarre : vivre avec les autres, se créer un entourage social. Adapter mon monde à celui extérieur. Pour résumé, c’est cette perspective qui m’épuise.

Si tu lis ceci, c’est que tu as survécu jusqu’ici, tu as eu bien du courage. Je t’en souhaite encore plein pour qu’ensuite tous ces efforts deviennent naturels et que le voyage continue plus légèrement.

Gardons espoir et patience.

A bientôt,

W.


De la dépression au lâcher prise

Je remarque que dans mes périodes dépressives la culpabilité est très présente. Coupable de ne parvenir à rien faire. Coupable de voir les autres travailler, avoir une vie, pendant que moi je suis paralysé chez moi dans ma bulle grise. Coupable de n’être pas assez fort. Coupable de n’être pas productif dans mes Yo, t’es quelque part dans la vague? en cours. Cette culpabilité est ancrée profondément, largement responsable de ces épisodes down, et qui demeure latente dans mes périodes de bien être m’attendant au tournant pour m’agripper une fois de plus.

Cette culpabilité n’est pas génétique. Petit clin d’oeil à ceux qui persistent à espérer que leur trouble est héréditaire, une façon inconsciente de fuir le combat puisqu’il est inscrit dans l’ADN. NON! Cette culpabilité qui est donc, en partie, à l’origine de mon trouble a pris naissance dans mon histoire familiale, dans mon éducation catholique et plus largement a certainement pris racine dans notre culture judéo chrétienne.

Prendre conscience de ce mal qui m’enferme est une bonne chose, oui, mais s’en dépêtrer n’est pas une partie simple. Je me retrouve dans une nouvelle jungle intérieure qui s’est développée, s’est nourrie pendant des années. Le combat continue! Il en vaut la chandelle. J’aperçois, je devine au loin mon être débarrassé des ronces de la culpabilité, wouaah c’est beau! Allez, je surmonte mes peurs, j’y vais la machette à la main, je défriche, j’éclaircis, j’éclaircis, j’éclaircis…

A la suite du week end dernier – mon stage de clown dans le sud-, je suis tombé malade. C’est la deuxième fois que je vis le processus : expérience intense suivie de quelques jours où je suis séché physiquement. La première fois c’était la retraite amérindienne dans laquelle j’ai vécue une aventure mystique dans les règles traditionnelles amérindiennes et non dans celles de la pathologie. Au retour, au lieu d’être exalté, illuminé et excité comme lors de mes crises maniaques, j’étais d’un calme absolu, une paix divine. Cette expérience m’avait poussé à écrire l’article Je suis guériEt deux jours après, je tombe malade. « C’est le corps qui se nettoie après avoir compris quelque chose » selon certains. Soit… Ce qui est clair c’est que depuis ce week end, un grand mieux être s’est instauré dans ma vie et des opportunités sont venues naturellement.

Ce week end clown était merveilleux. J’ai découvert un espace d’expression -par mon clown- privilégié. C’est la première fois que j’expérimente un moyen d’expression si bien adapté à ce que je recherche. Le nez rouge et la scène m’ont permis d’exprimer des émotions et une sensibilité dans une infinie liberté. Comme on dit dans le milieu « J’ai accouché de mon clown ». L’expérience a été si intense qu’il est logique que je subisse un contre coup.

Avant, un moment de bonheur était suivi d’une période de vide. La bipolarité dans toute sa splendeur… Ces deux dernières expériences montrent une évolution. Ce n’est pas psychiquement mais physiquement que j’accuse le coup. Ce n’est pas forcément plus agréable cependant ça évolue, et c’est cela qui importe.

Bon, et la culpabilité dans tout ça…

En réalité, le clown m’a chamboulé au delà du contre coup physique. Depuis quelques jours, je peine à me remettre dans mes projets. Je suis omnibulé par cette nouvelle perspective du nez rouge. Aussi, je suis sur le point de quitter le cocon familial pour un studio. Bref, une période de transition, de transformation qui me dépasse. Tout effort devient difficile, je passe le plus clair de mon temps à regarder des films. Et je culpabilise! Voilà j’y viens… Hé oui, je culpabilise de me lever tard, de ne pas avancer sur mon projet de livre, de ne rien faire et de rêver fumeusement à une gloire de carrière de clown. Et donc je me rends compte que c’est la culpabilité qui me fait vivre mal cette période. Ben oui, objectivement, ne pas travailler, glander, regarder des films, rien foutre, tout le monde qui travaille aime ça. Moi même, je me rappelle que lorsque je travaillais, j’appréciais les jours de congés où je pouvais me laisser aller en toute impunité.

Tout ça pour dire : si j’arrivais à vivre ces périodes de peu d’énergie comme des jours où le repos est légitime et la glande est prescrite, bref, sans culpabilité, alors ce genre de dépression serait des vacances. La dépression est un répit, beaucoup de spécialistes le disent, alors vivons là comme un répit. Acceptons cette faiblesse, ce besoin de ne rien faire, ne culpabilisons pas par rapport aux autres qui travaillent, nous avons une manière différente de fonctionner, c’est comme ça. Résister contre ce que nous sommes ne fait qu’accroître la souffrance lors de ces dépressions.

Enfin, je suis sûr qu’en étant maître de sa dépression, lâcher prise dans le rien faire, l’énergie reviendra plus rapidement.

A bientôt,

W.