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Calme-toi cousin!

« Calme-toi cousin! ». C’est ce que m’a dit au tel tout à l’heure l’autre quand il a entendu l’état dans lequel je suis.

L’énergie remonte en moi. J’étais plutôt « middle » ces derniers temps avant d’avoir été down en fin 2016. Là je suis up. Mais c’est un up plutôt tranquille pour le moment. Mon état d’humeur n’est pas un hasard chimique, où je ne sais quelle autre explication médicale. Je le rappelle car pour moi il n’y a rien de pathologique, il n’y a que la vie et la résistance qu’on lui oppose. A méditer..

vague-up-exaltation-intense-energie-bipolaire-symptomes-crise-maniaque-vivre-avec-delire-association-hypersensibles-temoignage-blog

Bref! ce sursaut d’énergie survient aujourd’hui après des heures de travail sur le site de l’association qui va bientôt « s’upgrader ». Et se libérer de la forme actuelle qui existe depuis des mois. Ça fait depuis des mois qu’avec un autre j’ai pensé et travaillé sur ce fameux réseau de rencontres entre hypersensibles, dont une première version va apparaître la semaine prochaine. Grande satisfaction pour moi.

Dorénavant, lorsqu’il s’agit de parler d’un ami, de la famille ou de toutes autre personnes j’emploierai toujours le même mot : l’autre, ainsi leur anonymat sera préservé. Enfin, j’aurai fait ma part!

Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas accompli quelque chose d’aussi important à mes yeux et d’aussi concret. Et ce n’est qu’un début, les jours à venir vont être un véritable décollage pour moi et pour l’asso. Car dans les jours à venir, je vais apparaître dans un mini reportage dans un journal télé de France 2 ou 3. Un sujet sur les conditions d’hospitalisations dans lequel je témoigne. Sur la vidéo sera affiché l’adresse du site web de l’asso. Sacré coup de com’! C’est pourquoi je tiens à ce qu’une première version du site soit prête pour accueillir les nouveaux curieux.

Tu verras donc peut-être ma gueule, ce sera certainement pas l’image de W que tu t’es fait. Désolé pour la désillusion. T’es pas obligé d’aller voir. M’enfin, d’autres vidéos vont sortir, et le monde la verra de plus en plus, ma gueule!

Déjà tout ça c’est source de fortes émotions, mais c’est pas tout! Car comme rien ne vient seul, ce weekend je vais avoir 30 ans, précisément le vendredi 13, haha! Le soir même j’ai invité pour un petit restau raclette des vieux amis que je ne vois plus mélangés avec les nouveaux amis issus de ce blog pour la grande majorité. Le choix de la raclette est stratégique. A une bonne dose, elle permet l’ancrage.

Voilà, puis je vais le fêter avec ma famille le samedi, super aussi. Et pour couronner le tout, dimanche, je suis invité au mariage d’un vieux pote. Premier mariage d’un ami. Je pense que c’est le weekend le plus intense de ma vie.

C’est marrant parce que pas plus tard qu’hier j’étais en train de commencer un article angoissant, plein de doute, de fragilité, de peur comme j’en ai le secret, sur mon handicap relationnel qui me faisait mal ces derniers temps, accentué surtout par le fait qu’un autre ne répondait pas à mes messages et coup de tel. J’ai ruminé que je l’étouffait, qu’il en avait marre que je le contact. Je l’ai vu finalement lundi soir et il m’a rassuré.

Aujourd’hui je suis à dix mille lieues de cette blessure intérieure, cette insécurité affective. Je vole, comme dans ces rêves récurrents. D’ailleurs le dernier c’était il y a deux nuits. J’étais avec deux autres, et je leur montrait fièrement mon don : voler. Haha! même mes rêves sont up!

Je me baladais tout à l’heure, comme je le fais quotidiennement, et oui hygiène de vie : prendre l’air, exercice physique, dormir, bien manger, bien respirer, bien fumer. Très important le tabac. Toutefois je soutiens de tout cœur deux autres qui essaient d’arrêter, spécial dédicace à vous le noyau dur. Coïncidence, à l’instant je reçois un message d’une autre du noyau qui est down et que j’aime fort.

Synchronicité! je suis connecté!! Mais connecté à quoi en fait? Connecté à la vague, ou plus précisément à l’énergie qui engendre la vague. Je suis dans le courant, à moi de bien surfer. Alors serai-je connecté à la Lune, vu que c’est la planète qui régule les marées. La Lune, les étoiles. D’ailleurs dans mes méditations avant de me coucher je vois des étoiles dans ma chambre. Elles sont la projection de ce que je ressens au fond de moi. Projection qui peut se faire lorsque le calme mental est absolu. Les étoiles sont en moi, alors la boucle est bouclée, je suis connecté avec moi, ou plutôt le Soi qui est dépouillé d’égo.

L’écriture paraît frénétique, excitée, exaltée. Mais en réalité je surjoue pour me moquer de mes états de débuts de délire dans lesquels je me suis tant perdu dans ma vingtaine. Hé oui! Je vais avoir 30 ans, hyper symbolique, c’est la fin de 10 ans de psychiatrie (7 hospi, plusieurs dépressions, et 7 crises maniaques, hmm le chiffre 7..). Le chiffre 7, chiffre divin. Hmm 30 ans un vendredi 13. Je suis le centre du monde.

L’écriture redevient frénétique, excitée, exaltée. Non, sérieusement je suis calme, j’ai aujourd’hui beaucoup de distance avec toutes ces croyances qui nous rendent fou.

D’ailleurs si tu es up et que mon article te upitise encore plus, sache que tous ce que j’ai écris n’a rien de véritable. Ce n’est que le produit de mon imaginaire. Oui, l’imaginaire est vrai même s’il est irrationnel et subjectif, mais la réalité à laquelle je mets le plus de mon énergie est celle de l’instant présent : je suis assis, les doigts un peu froid sur le clavier, les jambes croisés, la bouche sucrée, la tête calme un peu fatigué, j’écoute du gainsbourg. Après avoir publié cet article, j’étendrai mon linge, répondrai à quelques mails et regarderai la télé. Voilà la réalité à laquelle je donne le plus d’importance actuellement. Ce soir je méditerai, et là je mettrai mon attention sur quelque chose de plus imaginaire, de plus irrationnel. Mais pas plus magique. La magie s’offre à nous lorsqu’on est dans l’instant présent, et ça c’est le travaille de tout une vie! Pile poil milles mots! Enfin.. Mille six maintenant… mille neuf…

Patience et espoir,

W

bipohypermaniac@gmail.com


Maniac story S6-E04 : Sommet de la crise

Je raconte ici ma dernière crise maniaque. Une aventure mystique qui a décollé lors des attentats de novembre 2015. Épisodes précédents : 1   2   3

Le samedi 5 décembre j’étais dans ma famille avec J. Impuissant face à la passion qui nous entraînait, nous étions toujours ensemble. Je ne crois pas qu’il y ait une seule nuit où nous étions séparés. Cette soirée avec mes parents et frères et sœurs se passa « bien »… en réalité, je n’ai aucun souvenir de ce moment. Amnésie plutôt rare, je me souviens généralement bien de ces périodes. Néanmoins, je me rappelle très bien de ce qui suivit : une dispute avec J, une rupture…

Les jours précédents, j’avais emmené J avec moi visiter une maison dans Paris. Car il était question que nous emménagions ensemble. Une magnifique maison à plusieurs millions d’euros. J’étais persuadé d’avoir les moyens de l’acheter. Evidemment, J penchait plus pour un logement disons… plus modeste! Voilà l’objet de notre dispute. Avec le recul, je me rends compte que c’était la première fois qu’elle ne me suivait pas, amoureusement dans ma folie. Il se produit une rupture et mon comportement changea brutalement. Il était 1 ou 2h du matin, je pris quelques affaires et je partis de chez mes parents à pied dans la nuit.

En fait, cela faisait depuis quelques temps que je voulais partir prendre le large. Mais j’avais abandonné tout plan parce que mes proches et psy m’avait convaincu que ce n’était pas raisonnable étant donné mon état. Aujourd’hui, je me demande encore ce qui serait passé si je n’avais pas annulé les quelques jours en Bretagne. Conscient que j’étais up, n’aurais-je pas pu enrayer la crise au calme de la Bretagne?

Cette envie réprimée a donc explosé cette nuit-là après ce léger désaccord. En banlieue en pleine nuit, je n’avais que l’auto-stop comme option. Un homme me prit et me déposa à la gare de Lyon. A cet instant, mon idée était de prendre le TGV pour Marseille afin d’aller chez mon amie Elise qui était « la seule qui me comprendrait » pensai-je. Mais le train en question était à 9h alors que le prochain départ était à 5h pour Milan. L’urgence de ma situation supprima aussitôt la première idée, la moins folle,  et valida mon départ pour l’Italie. J’attendis alors une bonne partie de la nuit dans la gare parisienne avec comme camarade quelques banlieusards. De part mon état et mes plans, je fis forte impression.

Je pris les rails. Avec pour bagage : mon ordinateur portable dans sa sacoche, une carte bleue en détresse et une centaine de pièces de cinquante centimes (prises d’urgence dans ma collection de pièces jaunes). Autrement dit, dans une France en état d’urgence, je voyageais sans pièce d’identité et sans téléphone. Et biensûr, sans billet de train.

Voici le journal de bord, les horaires sont approximatifs:

5h : Départ de la gare de Lyon

6h : Une charmante contrôleuse me fait une faveur, enfin ce que je croyais être une faveur, elle m’a belle et bien facturé 120 euros d’amende. Comme quoi, en crise, je ne suis pas toujours magicien séducteur.

9h: La police m’invite à descendre du train à la ville frontière entre la France et l’Italie car je n’ai pas de carte d’identité.

11h : je prends un bus pour la ville d’Italie la plus proche ayant une gare. Je paye avec mes centimes le billet et par chance il n’y a pas de contrôle à la frontière.

13h : Dans je ne sais quelle gare, j’envoie de mon ordinateur un mail à J, lui disant que je rentrerai le soir même. Plutôt raisonnable pour un mec en crise. A cette heure, mon plan était d’aller jusqu’à Rome et de rentrer tard à Paris en avion.

15h : Plusieurs trains plus tard, je suis sur le point d’arriver à Milan et là, prise de conscience : « arrête tes conneries maintenant, prend un train à Milan pour rentrer à Paris » pensai-je à peu près.

16h: Arrivée à Milan et grosse bêtise de ma part : je sors de la zone des quais… grosse bêtise parce que pour revenir sur les quais il faut un billet de train (ma carte bleue ne répond plus depuis Turin) et une pièce d’identité (trois petits points).

16h01 : Bloqué! Sans téléphone…

16h05 : Combien d’argent me reste t-il? environ 3 euros

17h: Je déambule dans Milan, mange deux Hamburgers. Je n’ai plus de délire en tête, je suis conscient de la situation mais néanmoins je ne sais quel ange gardien m’aide à ne pas paniquer au vue de la situation.

17h30 : Je rentre dans un pub pour capter du wifi. Mon ordinateur tombe depuis une table haute, il ne répond plus… Je sors et je l’abandonne sous un pont, comme on abandonnerait un chien, qui nous a été si fidèle, à la première complication. Là je devais un peu délirer…

De 17h30 à 21h : Je circule dans la gare de Milan entre l’accueil, les guichets, la police, les voyageurs espérant une solution, demandant un coup de fil (pas très généreux les italiens sur ce coup là). Au final je réussi à avoir J et mon père au téléphone grâce à la compassion exceptionnelle de deux immigrés (pas de commentaires, enfin si : prêter son téléphone est un beau geste!). J achète un billet en ligne et me donne un code correspondant au billet. L’accueil de la gare fait quelque chose dont je ne me souviens pas. Le guichet m’imprime un billet vierge sur lequel j’écris le code.

21h : Je ne sais pas par quel miracle je parviens à passer les contrôleurs et la police avec seulement un billet blanc avec inscrit dessus un code. Il doit me manquer une bribe de souvenir.

21h15 : Le train de nuit se dirige vers Paris. Je prends un xeroquel (neuroleptique) pour m’aider à dormir. (Je n’ai pas arrêté de prendre mon traitement durant cette crise, au contraire, je l’ai même adapté avec mon psy).

Dans la nuit : Je me fais réveiller brutalement par les douaniers. Le xeroquel avait dû me faire plonger dans un sommeil lourd qui a déplu à ces messieurs. Au final, il me laisse reprendre le train et j’avale un nouveau xeroquel.

Dans la nuit encore : Rebelote avec la police où je ne sais quel corps emmerdeur qui pareille me brutalise, me sorte du train (je crois). Au final, il me laisse reprendre le train et j’avale un nouveau xeroquel.

9h : Je suis sur le pas de la porte de J. Je sonne. Elle me prend dans se bras. On est lundi 7 décembre, le sommet de la crise et derrière moi et pourtant l’aventure n’est pas finie…

A suivre…

W

Episodes précédents :

Ep 1: Attentats       Ep 2 : La potion magique    Ep 3 : Amour et Voyage

 

 

 


Maniac Story S6 ep-03 Voyage et amour

A lire avant : épisode 2

Quelle soirée inoubliable…

Avec J nous rentrâmes chez moi, le colocataire étant absent. Posés, tranquilles, sur le balcon, elle s’alluma un pétard d’herbe plutôt naturelle, qu’elle me dit. Cela faisait 7 ans que j’avais arrêté le cannabis, la weed avait été un décelencheur de mes crises de 2008 (maniac story saison 1) et 2009 (maniac story saison 2). Mais j’ai toujours eu en tête cet objectif de repouvoir fumer quand je serai plus fort psychiquement. Ce soir-là je me sentais confiant et d’un grand contrôle sur moi-même pour prendre juste une petite taff. Ce que je fis, c’était vraiment pas grand chose. Et pourtant…

Quelques instants après je m’assis dans le salon et paf! wouuuuuuuuu, shhhhh, tac paf, aaaaaaa, oooo…………..paf! wouuuuuuuu, shhhh tac pa,aaaaa, oooo EUREKA………paf! wouuuuuu, naaaaaaaaaaaaaaaaaaaan, oulaaaaaaa, aaaaaa  J aide moi!! ça va maa…. shhh

Comment décrire ce qui me semble aujourd’hui totalement indicible?

Je me suis renseigné un minimum : c’était  un voyage intérieur. Mystique, chamanique. Je ne l’ai pas choisi, j’ai subi cette espèce de spirale infernale dans lequel je n’arrivais pas à m’en sortir. Dans cette mystérieuse expérience, j’ai eu l’impression de mourir plusieurs fois. A chaque fois je découvrais une vérité universelle et mourrais puis je renaissais (dans une autre dimension?), je pensais que ça se calmait mais non, j’étais emporté une nouvelle, un autre Eurêka et puis une nouvelle mort.

Ce voyage s’extériorisait par une valse de mon corps dans le salon. Heureusement que J était là pour maintenir un infime fil rouge avec la réalité. La pauvre… Au début de cette crise, dans la première spirale, je crois, dans la première mort – je pense que c’était dans les périodes de mort que j’étais en contact avec la vérité universelle (je savais tout sur tout les mystères de la vie) – j’ai cru être persuadé que J étais la femme de ma vie, à l’instant donc, je lui demandai en mariage.

Bref je ne m’attarderai pas sur ce sujet car il est encore assez sensible mais tellement déroutant. Ce qui est le plus étonnant c’est que j’ai vécu une expérience similaire au sommet de ma crise maniaque de 2013 à Montpellier. Une même sorte de spirale intérieure émergeant des ténèbres volcaniques du moi profond. Et quelque chose me dit que ce n’est pas la dernière fois que cela arrivera. W, l’apprenti sorcier…

C’est donc cette demande de mariage qui fut office de début de relation amoureuse avec J. Relation intensément passionnée dans laquelle j’investissais mes pouvoirs énergétiques puissants. Cela dura un mois, jusqu’à l’hospitalisation. Bizarrement je ne me sens pas de raconter la magie qui opéra entre nous deux. Bref il y a avait une sorte d’élévation de mon être qui permettait un accueil surhumain de la nature de sa féminité, qui est l’amour. Dans cette période j’étais persuadé plus que jamais que la femme était amour, qu’elle est sur Terre pour aider les hommes à aimer. Aux hommes de rappeler par l’accueil de leur femme et la sensualité leur nature profonde. Croyance que j’ai même en dehors mes états maniaques.

Malgré toutes ces choses qui me font planer loin des réalités communes, j’étais conscient que j’étais up et J m’aidais à rester un minimum ancré en étant très ancrée elle même. Elle m’accompagna deux fois chez mon psy et une fois à Ste Anne.

Mon hospitalisation et ces 3 jours de contacts interdits avec l’extérieur nous ont déconnecté de cette énergie si élevée dans laquelle nous nous sublimions. Elle m’annonça dès ma sortie qu’elle ne pouvait vivre dans cet intensité tout le temps…

Lorsque je l’ai vu plus tard à ma sortie d’HP, je l’ai perçu comme une simple terrienne avec ses qualités et ses défauts.

W.

Episode précédant :Saison 6 épisode 2 La potion magique

Saison 6 épisode 1  Attentats

 

 


Maniac Story S6 -ep 1 Attentats

13 novembre 2015

Il doit être 19h, je me dirige à pied chez une amante qui vit dans le 11e arrondissement. Je me sens bien, dernièrement j’ai expérimenté des transformations intérieures, une élévation de moi-même. J’ai compris certaines choses en moi qui me permettent d’accueillir ce que la vie m’amène désormais et spécialement ce soir. En marchant vers l’appartement de mon amie, je respire, je lâche prise, c’est comme si j’étais en passe d’accueillir une sensation nouvelle, une prochaine forte expérience.

J’arrive chez C., on prend, comme à notre habitude, une douche longue et chaude ensemble. Puis pendant que je me sèche dans son salon, elle apprend par son téléphone qu’il y a des fusillades non loin de chez elle. Comme beaucoup de français à ce moment, on allume la télévision et on apprend ce que tout le monde à appris. Je me suis surpris  d’avoir eu un petit sourire en coin qui voulait dire que cela ne m’étonnait pas, que cet événement s’inscrivait parfaitement sur mon chemin. La sensation d’être au centre du monde ancrée profondément en moi-même, s’est réveillée ce soir là, comme un petit démon qui refait surface. Bref, malgré les excitantes horreur qui défilaient à l’écran, je suggérai à C qu’on fasse l’amour pendant que les autres fassent la guerre. A ce moment déjà, le petit prophète en moi montrait le bout de son nez.

Je rentre plus tard dans la soirée chez moi, il y a un climat de peur dans Paris. Je suis touché, mon quotidien allait être chamboulé, je me suis senti d’une mission. Une mission assez floue au début. Les jours qui ont suivi, je passai mon temps dehors, sur la place de la République principalement, à rencontrer du monde, à échanger avec des inconnus. A être là, présent, tout simplement. Ma place était là, au cœur de ce climat nouveau, de cet éveil global. Car au delà de toutes apparences, c’était bel et bien  l’Eveil global qui se manifestait via cet événement, intimement lié à mon Eveil personnel. L’harmonie! Je flottais et me laissais donc entraîner sur ce vent nouveau. Là où les autres ressentaient de la haine et désolation,  existait pour moi une atmosphère d’amour et la possibilité plus que jamais d’exprimer la paix et la lumière. Je portais ce message à tous ceux que je croisaient. Où était-ce ce message qui me guidait? Trois ans après la dernière prophétie à Montpellier, le messie était revenu au cœur de Paris.

Je passai mes journées et soirées dehors. Mon colocataire s’étant absenté à cette période, je recevais du monde dans l’appartement proche de Belleville. Des amis, essentiellement M et S, deux bipos que j’ai connu grâce aux rencontres entre HS, et toutes personnes que je rencontraient sur les places et terrasses près de chez moi qui attiraient ma sympathie. Sympathie que j’offrais à toute l’humanité étant donnée la quête dans laquelle je fonçais. Je voyais M pratiquement tous les jours, il me suivit dans mes aventures et enchaînait ces dépôts de jour de congé. Contrairement aux crises précédentes, je ne me suis pas échappé seul dans mon délire. Je suis montée dans mes sphères accompagnées de M, S (jusqu’à ce que je coupe contact une fois qu’elle manifesta son inquiétude), de mes parents, et d’une femme…Et cela a duré plus d’un mois.

A suivre : Episode 2 La potion magique

W

Autres récits foufous : Maniac Story S1 Castration


Le Cirque Bipolaire recrute des clowns!

Le Cirque Bipolaire arrive en France et recherche des clowns pour s’animer et animer les français . Cette nouvelle troupe inédite est constituée de personnes, affublées « bipolaires », qui grâce au nez rouge laissent cour à leur folie. Un ballet d’émotions, un feu d’artifice d’irrationalités venant d’ailleurs à la grande surprise et pour le bonheur du public.

Profil du clown recherché:

– Diagnostiqué bipolaire de type 1

– Au moins 3 ans d’expériences du délire et de la dépression

– Au moins 1 séjour en asile

Osez cette expérience inconnue. Soyez les premiers à entrer dans l’histoire du Cirque Bipolaire!

Salaire : le sourire qui naîtra sur le visage des enfants et le rire de leurs parents. Ou les larmes.

Le Cirque Bipolaire recherche aussi des secrétaires, trésoriers, managers, communicants, techniciens, donateurs, animaux, costumes. Toutes ces personnes étant non bipolaires, de préférence 🙂 .

Envoyez votre CV et LM à : cirquebipolaire@gmail.com

Cette offre d’emploi n’est pas communiquée par le Pole Emploi ni CAP emploi ni la MDPH ni le ministère de la Santé ni monsieur Valls. Ce dernier aurait dit que ce projet n’était pas réalisable, que les fous n’avaient qu’à bien se tenir…

Néanmoins, Charlie est un fervent supporter de cette nouvelle troupe. Du haut du ciel, il aurait dit : « le jour où l’on entendra des fous s’exprimer impunément en public, la Marianne jouira de liberté ».

Rideau!


Maniac Story ep19 Un cent mètre infernal

Ceci est la suite de l’épisode : Maniac Storyep18 Je suis un prophète

Je gardai tout de même en mémoire le prochain rendez-vous avec le groupe qui me ferait échapper de ce parc. Parc qui n’avait plus du tout le gout magique et merveilleux. Il me fallait sortir de ce celui-ci et marcher une centaine de mètres pour rejoindre les autres. Ce fut les cents mètres les plus longs de ma vie. Entamant la distance qui me séparait des autres, je ne glissai plus dans cette spirale infernale mais l’intérieur de ma tête s’était simplement transformé en une sorte d’enfer. Concrètement, j’étais à un degré de fragilité extrême. Les nombreux passants, le bruit des voitures, la chaleur et tout le reste qui faisaient partie de cette rue rendirent mon avancée très pénible. Ce n’était pas une douleur physique mais une souffrance psychologique ou psychique. C’est difficile de te donner les bons mots pour décrire cette scène. Je me rappelle d’être en train de marcher très lentement en regardant et comptant par moment mes pas. Dans mon esprit, c’était les montagnes russes, je devais marquer une pause tous les trois mètres et toucher un mur, un poteau ou n’importe quoi qui pourrait me rassurer. J’évoluai dans une souffrance irrationnelle, toucher sans cesse quelque chose du monde réel me permettait simplement de ne pas m’évanouir. J’aurai pu me laisser aller, tomber pour qu’on m’aide mais, instinctivement, je voulais résister. Le tercian pris dans le parc avant ma chevauchée héroïque faisait aussi son effet. J’étais affaibli physiquement, sonné même, ce qui ne facilitait pas ma marche vers l’avant. Pour me donner du courage je me chantais à moi même « Every little thing is gonna be all right » de Three little birds Bob Marley, et me répétais des citations que j’avais inventé moi même et écrite quelques minutes plutôt sur la pelouse  dans un carnet. Je m’étais créer instinctivement une discipline pour traverser cette épreuve. A bout de vie, je rejoignis le groupe en utilisant mes dernières forces pour feindre ma faiblesse totale.

Au programme juste après : ballade en bateau sur la Thames. La retranscription de ce moment va être très rapide. Je me souviens être entré dans la partie intérieure du bateau et m’être allongé. « On y va! » me déclara d’un coup la maire adjointe de Vitry.( Oui, je me ne me souviens qu’à l’instant qu’une délégation de la mairie était venue voir comment se passait la colo en terre anglaise et donc, la maire adjointe nous accompagnait à Londres). Bref! Durant quelques secondes, j’avais perdu tous repères spatiaux temporels, j’étais dans la plus complète incompréhension de ce qui se passait ici bas sur Terre. Je mis plusieurs minutes pour comprendre que j’étais tomber dans un sommeil si profond aussitôt allongé sur une banquette du bateau que je pensai que la balade n’avait pas encore débuté lorsque la maire adjointe intervint. Il s’était donc passé plus d’une heure là où je pensais que mes yeux ne s’étaient fermés que deux secondes. Bref! j’étais complètement zombifié. Ce n’est que l’effet de 100 mg de Tercian. Essayes 20 mg et tu pourras te rendre compte si tu veux. Je me suis donc traîné jusqu’au retour le soir au campus. Cette balade dans les étoiles les plus lointaines durant l’excursion sur la Thames du groupe m’a tout de même permis de rompre avec l’atrocité que souffrit mon esprit durant ce mémorable après midi d’août à Londres.

Dans la même lignée, j’ai passé la soirée au campus sonné. Je me souviens du cinquième dans la pièce réservée au staff de toutes les colos. Un joli metlting pot international d’animateurs. (Dans l’animation, on appelle le cinquième repas celui qui est partagé entre adultes une fois les colons couchés. C’est un moment de détente qui peut prendre de multiples formes différentes selon les animateurs et selon la colo. Il peut être simple, animé de jeux, alcoolisés, festifs et c’est le moment ou des rapprochements entre animateurs s’effectuent. «Ce qui se passe en colo reste en colo » selon le vieil adage… )Bref, l’animation de cette dernière soirée, pour moi étant donné que ma mère venait me chercher le lendemain, s’articula autour d’un grand monsieur ayant longtemps œuvré pour la jeunesse de Vitry. Il siégeait dans le fauteuil centrale de la pièce et nous racontait tel un parrain de l’animation multiples histoires et conseils.J’écris « grand monsieur » car tout le monde l’écoutait comme s’il détenait une certaine vérité. Pour ma part, le Tercian toujours actif, je ne pouvais pas faire grand chose d’autres que rester assis. Je n’étais pas encore remis de cette rude journée, j’étais incapable de penser quoi que soit sur ce qu’il m’était arrivé. J’étais encore sous le choc et cela dura jusqu’à la venue de ma mère le lendemain matin.

A suivre évidemment.

W

Prochain épisode : Maniac Story-ep20 Torrent de larmes

Début de la saison 3 : Maniac Story-ep 16 Season 3

Début du récit Maniac Story : Maniac Story-ep01 Je t’aime à la folie

A bientôt,

W.


Maniac Story ep18 Je suis un prophète

Ceci est la suite de l’épisode : Maniac Story-ep17 Un animateur brillant

Je partis avec le groupe en car direction : Londres. Les ados étaient prévenus qu’ils ne devaient se référer qu’aux deux autres animateurs et à la directrice. Je ne me souviens plus si j’avais pris un tercian mais le matin c’est passé sans grand mal. Je suivais le groupe dans sa promenade autour de Buckingham Palace et l’une de ses visites dans un monument dont je ne me rappelle plus le nom. J’étais centré sur moi-même et subissais des effets parano-paranormales dont je suis incapable de détailler. Ceux-ci étaient légers durant cette matinée qui se terminait par un pique nique dans le grand parc connu de Londres : Hyde park. Là je me détachai du groupe.

Le calme relatif du parc par rapport aux rues londoniennes déclencha quelque chose en moi. Je me souviens surtout de la sensation extra ordinaire d’une puissante illumination. Les arbres, les plantes et le lac ne faisaient qu’un avec moi même, je percevais leur magie. Je devins si sensible aux choses que ma raison n’avait plus de place dans mon esprit pour s’exprimer. Pendant que le groupe déjeunait à une dizaine de mètres, je parlais à un chêne (ou autre grand arbre), je le touchais et rentrais en contact avec l’Univers. Je détachai quelques écorces de son tronc pour garder avec moi un peu de sa matière magique. A ce jour j’ai encore un peu de cet arbre chez moi. A ce moment là, je ne souffrais pas, je planais sur une longueur d’onde mystique qui me faisait vivre chaque chose autour de moi pleinement. Une joie intérieur brûlait.

Assis sous mon chêne a recevoir révélations après révélations, je pensais à Bouddha qui avait vécu ça autrefois et je jouissais de savoir que j’étais son successeur. Je me retournai et fis quelques mètres jusqu’à l’étang. Je voyais bien dans les passants qu’il percevait ma présence magique. A leurs yeux je me sentais comme une personne exceptionnelle : divine, héroïque, angélique ou surhumaine. Ils avaient un comportement qui témoignaient d’un grand respect et une grande précaution envers moi. C’est comme-ci ils étaient conscients que j’étais très fragile et qu’il ne fallait pas me brusquer. Il y avait un couple dont je percevais leur amour intensivement. J’étais purement dans le présent, je n’étais personne -ni passé ni futur- je suivais la vie sans cesse en mouvement autour de moi. Je n’étais plus l’observateur ou l’observé mais les deux en même temps. Le temps, qui d’ailleurs, n’existait pas. Il y avait des canards ou autres petits animaux qui participaient à accroître le merveilleux que je vivais dans ce parc. La vie me proclamait prophète et me livrait ses secrets.

A la fin du pique nique, Claire, ma chère directrice, vint à moi. « Je leur ai annoncé que tu devais partir demain… ils ont été choqué » elle était émue, « j’ai craqué en leur disant, j’ai pas réussi à retenir mes larmes » ajouta -t-elle. Je vécu ce moment à l’image de ce qui se passait depuis une heure : intensément. Ensuite on convint ensemble que je ne les suivrai pas dans leur shopping et la foule qui va avec. On se donna rendez vous pour un peu plus tard à une centaines de mètres du parc.

J’étais donc seul dans ce grand parc pour une grosse heure à attendre. J’abandonnai mon chêne et allai plutôt vers les grandes pelouses. L’attente se transforma rapidement en une mystérieuse paranoïa. Vu que les gens étaient conscients de l’important personnage qui se reposait dans le parc, j’étais persuadé que certains viendraient à moi pour me féliciter, m’aider pour la suite ou surtout apaiser ce lourd fardeau que je devais dorénavant porter. Le monde sur mes épaules… Le problème était que les promeneurs se montraient plutôt distant comme si mon aura divin les empêchait de communiquer avec moi. Certains feignaient de m’observer. Toutes les personnes dans mon champ de vision étaient sereines ou joyeuses, elles profitaient des ondes nouvelles dont j’étais le seul émetteur sur Terre. Les gens jouissaient de ma présence mais n’osaient me déranger. Je captais seulement l’admiration que leurs regards me portaient. Cette scène était comme un petit cauchemar dans lequel j’étais terriblement seul et ne trouvais pas d’issu. J’appartenais en partie désormais au ciel, à quelques choses de surnaturels, d’angéliques mais cette nouvelle identité ne pouvait être comprise avec les personnes totalement humaines. Ces dernières pouvaient bénéficier de mes effets mais logiquement pas communiquer avec la source : moi. Je me déplaçai un peu dans le parc mais rien y fit, ma position était sans espoir, piégée entre ciel et terre, mon esprit glissait dans une spirale infernale.

A suivre,

W.

Prochain épisode : Maniac Story-ep19 Un cent mètre infernal

Début de la saison 3 : Maniac Story-ep 16 Season 3

Début du récit Maniac Story : Maniac Story-ep01 Je t’aime à la folie