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Impression Dépression Diversion

Je voudrais écrire « dépression » simplement mais ce que je vis n’a rien d’une maladie ou alors ce serait la condition humaine qui est une maladie? Je ne suis pas d’humeur à jouer sur les mots mais les mots sont importants car les mots qu’on pense conditionne notre état. « La tristesse est la résistance à quelque chose de nouveau » écrit R.M Rilke. Ce n’est pas ce que je vis qui est noir mais c’est ma manière d’accueillir ce nouveau qui me pèse. C’est ma façon de percevoir la vie qui n’est pas adaptée à ces nouveaux jours.

Voilà comment on peut vivre difficilement l’amour de quelqu’un, et harmonieusement la perte d’un être cher. C’est une question de perception. Alors je pourrais remettre tout en question, douter là où avant je me réjouissais. Ce n’est pas la vie qui a des couleurs définis : ça c’est rouge, ça c’est bleu, ça c’est noir… Une chose peut être vécue d’une infinité de manières différentes. Tout dépend du regard que l’on a au moment où l’on vit cette chose, tout est relatif à notre perception, à notre humeur du moment, à notre énergie. Voilà pourquoi je fouille au fond de mon être, pour trouver la paix. En moi. Car tout dépend de moi. C’est là que ça se passe. C’est de là que j’apprécie ou non l’extérieur. C’est de là que je crée.

Alors chercher la paix ou la créer. Existe-t-elle en moi ou dois-je l’inventer? Comme j’ai inventé mon monde ici. Créer la paix. Ou alors la recréer, ça fais déjà moins prétentieux. J’y avais jamais pensé, comme tout le reste d’ailleurs, je voulais parler de mon état en  » dépression  » au départ, mais je me laisse aller au jeu du clavier libre, et je me fous, désolé, de si tu vas comprendre ou pas. Je viens ici m’exprimer et non communiquer.

Comment on fait pour créer la paix? On se fout la paix? Pas loin, je dirai qu’on est en paix lorsqu’on parvient à vivre hors de soi. Hors de moi. Quoi qu’il m’arrive, rien ne s’accroche, tout glisse, me transperce. De l’air à la place de l’ego, et la vie qui continue est vent, et moi comme l’arbuste, j’accueille sans bouger.

Tout ça pour dire que pour se relever vite d’une dépression, il ne faut pas mettre des mots, il ne faut pas penser. Accueillir ce repos forcé sans le juger. Car le mental est en retard, le système d’exploitation est dépassé, il ne peut pas interpréter justement le présent. Le corps a besoin de ce repos pour se mettre à jour. Il n’y a rien à penser. Le mental doit être hors-je, le temps que l’énergie revienne. Diversion

C’est de cet état que j’écris. Car, étant dans le vif du sujet, je veux prouver de mon expérience que l’espoir est possible là où les pensées malades veulent nous dire l’inverse, que tout est noir, etc. Mais voilà le problème au fond, c’est qu’automatiquement on s’identifie à nos pensées, alors si nos pensées sont malades on dit qu’on est malade. Hé non non non! On peut choisir nos pensées, on peut même créer nos pensées, créer des pensées paisibles, c’est peut être un bon début pour se créer la paix.

Patience et Espoir

W

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Pense à ta gueule!

Il suffit d’une étincelle pour rallumer la lanterne « espoir ».

J’étais par terre dans une nuit noire sans étoile depuis plusieurs semaines. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été soumis au régime du désespoir.

Mais comme tu le sais, lecteur bien-aimé, même les périodes les plus ténébreuses ont une fin. Il n’y a que le temps, bien qu’il soit étouffant en ces moments là, qui peut me sauver de la même manière qu’il m’a condamné. M’enfin le temps, en réalité, n’a rien avoir là dedans, je ne fais que le traverser d’expériences en expériences. Ce sont les situations que j’enchaîne une par une qui matérialise mon aventure temporelle. Et ce sont ces expériences qui impliquent les autres qui engendrent soient le bonheur, soit l’attente, soit l’amour, soit la peur, soit le paradis, soit l’enfer. J’ai choisi de vivre à travers un projet qui m’amène à expérimenter toutes sortes de sensations. Tu l’as lu, dernièrement l’expérience était douloureuse mais pleine d’enseignements.

Le plus grand poète, après moi, Rilke écrivait : « la tristesse est la résistance à quelque chose de nouveau ». Je crois bien, oui, que si j’en ai chié c’est que quelque part un renouveau s’opère en moi, si nouveau, si gros, que la résistance de l’ancien moi c’est fait intense. Une nouvelle transformation, encore. Je goûte déjà les prémices de ce pouvoir en moi qui émerge peu à peu. J’ai eu des méditations dernièrement assez dérangeante, bref! Parce que oui, au fond, il s’agit de ça : de lâcher prise à ce que je crois être, lâcher le contrôle, laisser mon pouvoir contrôler mon esprit. Le pouvoir du cœur qui s’affirme sans être au service de l’égo, voilà toute la complexité. Bon je défriche là, hein…

J’écrirai plus tard (ou pas) sur les enseignements de cette période, lorsque je les aurai mieux décodé. Cependant j’ai pris conscience d’une chose. C’est une révolution pour moi. J’ai senti, je pèse le verbe choisi « sentir », j’ai senti pour la première fois que dans le passé, et cela vaut pour toute ma vie, je vivais par rapport à l’autre, pour l’autre, à cause de l’autre. Pourquoi? à cause de cette qualité qui m’a fait trop défaut : l’altruisme ou quelque chose du genre. Plus spécifiquement, le fait d’être hypersensible à ce que ressent l’autre, et du coup mettre plus d’importance à ce que ressent l’autre que sur soi. Ma nature fait que je ressens trop les émotions des autres, et par cette sensibilité, j’ai bien du mal à agir en respectant ce que je ressens moi. Car être connecté à ce que je ressens et agir justement par rapport à cela dérangerait les sentiments de l’autre, voir le blesser. Déranger ou blesser l’autre, c’est quelque chose de très difficile pour moi. Mais dernièrement, j’ai compris que je devais d’abord vivre pour moi, par rapport à ce que je ressens… si ça dérange l’autre et ben tant pis, c’est pas mon problème. Voilà le plomb que je dois mettre dans ma tête. C’est conciliable avec le lâcher prise, c’est même nécessaire.

Dernièrement, j’ai vécu très sensiblement mon insécurité affective. L’expérience l’a permis. La perte de repères affectifs coup sur coup m’a obligé de vaincre cette épreuve.

Cette sécurité affective je dois la trouver d’abord en moi car les autres sont éphémères. Ils arrivent un jour dans ma vie et la seule certitude, c’est qu’un jour ou l’autre, ils s’en vont. L’union-séparation doit être vécue à chaque heure de la journée. » Tu comprendras quand le malheur viendra chez toi » me chuchote Nekfeu. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas cultiver des relations sur le long terme. Non, au contraire. Mais je suis heureux de trouver meilleure attache en moi-même avant de continuer l’aventure.

Faire d’abord des choses pour moi, avant de faire des choses pour les autres (même si celles-ci me font du bien en même temps). Faire d’abord des choses juste pour moi. Comme ce foutu bouquin!

Il a suffi d’une étincelle pour rallumer… Cette étincelle, c’était la visite d’un vieil ami. Il est venu me voir dans ma grotte obscure, et sans le vouloir, il m’a remis en selle. Il ne lira certainement jamais ce texte, mais je le lui dédie. J’étais bloqué sur mon livre et il m’a débloqué, en deux jours, désormais il est presque prêt à être imprimé. Finalement, les trois petites offres de maison d’édition ne m’ont pas convaincu alors je vais l’auto-éditer, le faire de A à Z et le vendre ici. Ce sera un bon moyen de voir plus précisément l’étendu de mon public, parce qu’au final les statistiques du blog ne sont que des clics.

Je me suis remis à rêver de ma future invitation à « On n’est pas couché », haha aussi étrange que cela puisse paraître, refaire ces rêves, c’est bon signe!

Non mais sérieux… Attends. Tu es bipolaire, hypersensible ? Hmm j’ai quelque chose de pas mal à te prescrire pour aller mieux : Penses à ta gueule!

Hypersensibles, beaucoup d’entre nous sommes trop du côté « altruisme/bienveillance » de la balance, alors pour un rééquilibrage mettons un bon gros poids sur le côté « narcissique ».

Aussi, je me projette déjà sur mon deuxième bouquin : le thème « crises maniaques et hp », c’est avec cet opus que je serai disque d’or. Oui, je sais c’est un livre, mais moi au début… je voulais faire du rap!

Patience et Espoir et… Penses à ta gueule et agis pour ta gueule, deux fois par jour, ou plus si besoin. 😉

Merci pour tous vos messages de soutien précieux et touchant.

W


On ne souffre pas pour rien

Je ne sais plus quel grand artiste disait : « Toute souffrance est supportable tant qu’elle fait partie de son histoire ».

Cette citation a beaucoup de sens pour moi…

La dépression est une période très douloureuse pendant laquelle le désespoir, le vide, les doutes règnent. Il est pratiquement impossible de philosopher lorsque l’on touche le fond et se dire : « ce que je vis est dur mais c’est positif ». Impossible d’y croire lorsque l’on sombre dans une solitude infernale. Et pourtant, c’est vrai!

La dépression ne tombe pas du ciel, elle n’arrive pas par hasard. Au regard de notre vie, elle s’inscrit même logiquement dans notre évolution. La dépression et son lot de souffrance cache une transformation inconsciente. Elle annonce une période nouvelle. Et cela demande certaines mutations de notre être. Nous pensons, nous nous plaignons de ne pas avoir d’énergie lors de ces périodes, en réalité nous dépensons beaucoup d’énergie à résister…

Evidemment c’est plus fort que nous et nous n’en avons pas conscience, mais lors de la dépression nous résistons à quelque chose de nouveau qui s’opère en nous. Plus cette nouvelle partie de nous qui tend à émerger est grosse, plus nous résistons. Pourquoi? parce que l’inconnu fait peur et parce que nous sommes fragiles.

Rilke écrit dans « lettres à un jeune poète » (voir l’hommage que je fait à ce génie dans l’article : Rilke roi des HS) que la tristesse provient de notre résistance à un ressenti nouveau.

Lorsque je prend du recul sur mes dépressions et crises maniaques, je me rends compte qu’elles s’inscrivent parfaitement dans une évolution qui aboutit aujourd’hui à qui je suis, une personne qui n’a jamais été aussi prêt de soi (même si j’en suis encore loin!) L’important c’est le chemin. Bref!

Le mot « dépression » ne fait pas allusion à la souffrance littéralement. Il dénote que d’un répit, une baisse d’énergie. Le fait de souffrir ou pas dépend de l’accueil que l’on fait à ce qui nous arrive. Attention, je ne dis pas que c’est simple, même en ayant conscience de la signification de la dépression, je suis toujours débordé par la peur et les doutes lorsqu’elle arrive.

Bien vivre la dépression demande beaucoup d’auto-bienveillance et de compréhension de nos proches. Adieu la culpabilisation, le regret, l’angoisse d’être en train de rater sa vie, les comparaisons avec les gens stables, normaux qui ont un travail, une femme, etc.

La souffrance psychique n’attaque pas tout le monde. Injuste? Non! C’est seulement que nous sommes pas tout le monde et de ce fait il est alors insensé de se comparer avec la vie de tout le monde. A la différence de la plupart, nous avons quitté l’autoroute pour des chemins plus éreintants. Mais ce ne sont pas les sentiers les plus difficiles qui mènent aux vues les plus imprenables, belles?

La dépression est un passage de notre vie, une transition difficile mais nécessaire pour devenir qui on est. Mais bonne nouvelle, la dépression a toujours une fin! La patience est notre meilleure alliée.

Mais surtout ne culpabilise pas d’être fatigué, reposes toi autant que ton corps le demande. Ne culpabilise pas de ne rien faire, divertis-toi avec des films et toutes choses qui puissent t’apporter un petit plaisir. Ne sous-estimes pas l’appel à un ami, c’est toujours un réconfort.

La dépression ne se combat pas, elle s’accueille. Il n’y a rien à faire, elle a besoin de ce silence pour que des transformations profondes de l’être s’opère. Il n’y a que deux mots:

Patience et espoir

Voilà, ce texte m’a été inspiré lors de la rencontre skype de dimanche avec frodon 😉

W

Ps : le projet d’association entre hypersensibles se réalisent : www.association-hypersensibles.fr


Ma grande dépression 2008-2009

Mon nouveau blog à cette adresse http://etrelapaix.wordpress.com/

Ma grande Dépression de 2008

Il y a eu un temps de soulagement après la sortie de l’asile en juin 2008. J’étais sorti de l’enfer et j’avais retrouvé ma famille et toute la sécurité affective dont j’avais besoin. En fait, je n’ai pas en mémoire le retour chez moi, cela devait être un sentiment si extra-ordinaire que ma sérénité (relative) d’aujourd’hui ne parvient à en saisir les sensations. Un autre vide existentiel mais celui là est de toute autre nature, j’étais libre!

Très rapidement après ma sortie, à la fin de l’été, j’étais pris par l’ampleur de mon désastre. Cette crise maniaque, à l’époque reconnue comme bouffée délirante, m’avait profondément perturbé. Je ne savais plus qui j’étais. Je plongeai dans les méandres des questions existentielles… quelle est ma place sur Terre? Qui suis-je? Pourquoi vivre?

Ce premier épisode maniaque s’étant passé en juin à la fin de ma deuxième année en école de commerce. Je devais, en septembre, logiquement entamé ma troisième année. Malgré cette mélancolie profonde et nouvelle pour moi je repris les cours.

Dés la rentrée, la routine au sein de cette école qui avait été plus que supportable pendant les deux premières années s’avéra totalement différente. Les couleurs des murs, des cours, de mes camarades avaient changées. Tout était devenu gris. Mon cerveau lui aussi ne fonctionnait plus de la même manière. Là où il voyait du jaune, du vert, du bleu, il ne percevait que le noir et le blanc. Dans cette école, en troisième année, plusieurs cours étaient désormais enseignés en anglais. Moi, à moitié britannique, aurait du avoir un net avantage sur les autres, non, je vécu cette nouvelle difficulté comme un nouvel obstacle infranchissable. Je vivais une réelle dépression. Je n’avais plus de forces, plus d’énergies.

Les cadres de l’école avaient beau être compréhensifs et patients par rapport à mon état de santé, je ne pouvais plus combattre. Je capitulai et commença pour moi une nouvelle période, tout aussi inconnue, celle de rester chez soi et se laisser emporter dans une spirale mélancolique. Je n’avais plus aucun goût en la vie.

J’étais toujours suivi par le psychiatre de l’asile qui m’avait récupéré après ma crise de juin 2008. Il me prescrit toute une batterie d’antidépresseurs qui furent inefficace. Alors, la décision fut prise que j’aille tous les jours dans le CMP proche de l’HP pour subir une perfusion d’une heure d’un antidépresseur dont j’ai oublié le nom. « Subir » car je me rappelle qu’à cette période là, assis attendant la fin de chaque perfusions, que la vie n’avait plus aucune consistance. J’étais incapable de me projeter, l’insignifiance de toutes choses s’étaient enracinées profondément dans mon esprit.

Chez moi, les journées n’étaient que des petits enfers qui se suivaient. Je me souviens seulement de mon lit. Je restais allongé sans pensées ni espoirs. Je ne pleurais pas. Rien ne se passait. 

Les repas étaient comme un oasis dans le désert quotidien. Evidemment, je ne parlais pas mais j’appréciais ce moment où j’étais entouré par ma famille, je me laissais porter par cette énergie bienveillante qui, durant trente minutes, me donnaient un peu d’oxygène. J’étais incapable de leur exprimer ce que je ressentais, alors j’endurais seul la terrible séparation après chaque repas et replongeais dans mon monde vide allongé sur mon lit. En réalité, le but de ma vie reposait dans l’attente de ces repas et des soirées.

Le soir j’étais « en forme ». Durant plusieurs mois, j’adoptais le même rituel : celui de me mettre en pyjama juste après le dîner et puis revenir dans le salon regarder la télé allongé sur le canapé. Cela a duré presque six mois et je n’ai que ce souvenir de vie. A l’écrire, mes yeux picotent et des petites gouttes de larmes flouent la vue de mon écran. Pourquoi suis-je émue? Peut-être parce que je suis sorti de mon enfer. C’est aussi surement des larmes d’amours pour ceux qui m’entouraient à l’époque. Aussi parce que je relativise et je ne peux être qu’heureux aujourd’hui en prenant ce recul. Ce sont peut être des larmes de joie qui précédent quelques sanglots retenus naturellement pour je ne sais quelle raison.

Si tu vis en ce moment ce même enfer, il y a deux choses que j’aimerai t’écrire. D’abord la même phrase que ma mère m’a dit à cette période et qui résonne toujours : « Tu es dans un tunnel, tu ne vois pas la sortie car tu n’es pas assez bien pour la voir, mais crois moi, il y a une lumière au bout du tunnel et un jour tu la verras ». Et puis il y a quelque chose que je regrette de ne pas avoir fait lorsque je souffrais de la mélancolie : pleurer. Pleurs ta misère, pleurs la souffrance que tu endures, les larmes soulagent tellement…

Je suis donc resté ainsi l’automne et l’hiver chez moi. Et le printemps est arrivée avec ses nouveaux jours et là, enfin, les choses changèrent.

Cette dépression a donc suivi ma première crise maniaque, ce qui a facilité le diagnostic. Tu peux lire le récit de ma première crise ici : Maniac Story-ep01 Je t’aime à la folie

A bientôt,

ps : Cet article avait déjà été en partie rédigé, je n’ai fait que le compléter pour le publier aujourd’hui.

W.


Comment guérir de sa bipolarité 1.1

Encore un titre provocateur, j’aime ça. Guérir est mot taboo lorsqu’on parle de bipolarité. Tu n’entendras jamais un psychiatre dire qu’on peut guérir de la bipolarité mais seulement qu’on peut la soigner. Je suis d’accord pour une raison différente : la bipolarité n’est pas une maladie, alors comment guérir si l’on est pas malade? Je te renvoie à l’article La bipolarité n’est pas une maladieEvidemment je ne réfute pas la réalité, la bipolarité est un trouble, un handicap. Pour gérer ce trouble et pourquoi pas s’en libérer, je vais t’exposer ici les étapes à franchir. La bipolarité est une épreuve de vie qui nécessite donc pour la personne touchée de gravir des obstacles.

Accepter: C’est le plus difficile, le coming out. Peu de personnes acceptent de consulter ou le diagnostic posé par le psychiatre (voir : Diagnostic : la sentence est tombée). La fait de présenter la bipolarité comme une maladie incurable n’aide pas à surmonter cette étape. Il faut assumer cet handicap. C’est l’épreuve de notre vie, ce n’est pas une fatalité comme le cas d’une personne paralysée pour le reste de son existence, c’est ainsi. Il faut accepter en prenant du recul et prendre pleinement conscience que notre chemin, notre destin passent par la case bipolarité. Etre bipolaire est un état qui peut durer quelques années jusqu’à une vie entière ; tout dépend comment on reçoit ce combat et comment on le gère. L’accepter est la première barrière à franchir, la plus humiliante, la plus douteuse, la plus solitaire mais il faut y arriver. Concrètement c’est accepter de prendre un traitement, accepter l’hospitalisation quand c’est nécessaire et accepter une nouvelle hygiène de vie afin de ne pas rechuter. Même si la rechute n’est pas un échec.

– S’exprimer : Que ce soit à l’oral, à l’écrit, à travers n’importe quels arts avec ces proches, avec d’autres bipolaires ou avec des inconnus, la deuxième épreuve est d’extérioriser ses doutes, ses inquiétudes, ses réflexions et ses délires afin de se soulager. Les bienfaits sont ressentis très rapidement. Enlever le poids de son esprit permet d’être apaisé. Surmonter le renfermement sur soi et échanger avec d’autres sur sa bipolarité est salvateur. On se rend compte que l’on est pas seul, que notre malheur est très humain puisqu’il est lié à la sensibilité et à l’affection. Discuter avec d’autres permet aussi de découvrir que chaque bipolaire est différent et donc, caché sous notre trouble, demeure une personnalité unique. Pour ma part, ce blog est mon moyen d’expression, tu peux pas savoir à quel point ça fait du bien de m’extérioriser et de partager ma vie de bipolaire à qui veut lire.

S’unir : Ensemble on est plus fort. Il faut rendre son combat personnel une bataille collective. Se libérer de sa bipolarité passe par trouver sa place dans la société. Pour cela la société doit changer. Elle doit s’adapter à toi, à moi et aux milliers de personnes comme nous. Ce n’est pas les dirigeants et décisionnaires de ce système qui savent ce qui est bon pour nous. Nous seuls le savons. C’est donc à nous de changer les choses en notre faveur. Chacun dans son coin, fataliste et renfermé dans sa solitude, nous ne pouvons pas avoir d’impact. Par contre, si nous nous unissons, nous nous rassemblons, nous montrons notre volonté forte à avoir notre place, nous pourrons franchir cette dernière étape avant notre libération. Des actions se développent petit à petit, voir l’article A new World .

Patienter et espérer : Parce que chaque grand combat prend du temps, parce que chaque noble cause n’est pas facile à réaliser, il faut être patient. Nous sommes les mieux placés pour être patients. Nombreux d’entre nous l’ont été en hôpital psychiatrique. Approprions nous cette désignation médicale et dans notre quotidien difficile restons patients. L’espoir est nécessaire pour mener à bien notre combat, c’est l’arme la plus puissante face à toutes nos épreuves. Je suis un grand optimiste, idéaliste et j’ai toujours eu un espoir présent au fond de moi. Et c’est la principale cause de mon état aujourd’hui, de la confiance gagnée dans mon combat personnel. Nous aurons toujours des moments de déprime, c’est pour ça que l’on doit être ensemble derrière la même cause pour se soutenir et faire vivre la grande solidarité qui nous anime, nous hyper-sensibles.

L’heureux succès de mon blog m’a poussé à publier mon premier livre disponible et commandable ici : la vie d’un bipolaire, le livre, dont 50% des droits d’auteur seront reversés à l’association que j’ai créé à partir des liens qui se sont créés à partir de ce blog : www.association-hypersensibles.fr.

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L’échange entre personnes concernées par ce sujet est possible lors des rencontres proposées régulièrement par l’association et sur le forum : http://hypersensible.forumactif.org/

 

A bientôt,

W.


Les jolies colonies de vacances 1.1

Si tu sors tout juste d’hospitalisation et que cela a été une épreuve difficile, cet article et les prochains de cette série risque de remuer des choses désagréables en toi, c’est pourquoi je te préviens. Cet article n’est pas seulement écrit pour mes collègues psychotiques en nostalgie du bon temps mais pour tout ceux qui sont curieux de savoir ce qui se passe derrière les murs des hôpitaux psychiatriques. Evidemment, n’ayant pas testé tous les asiles de France, tu ne te retrouveras peut être pas dans tout ce que je vais écrire là. Ayant échangé largement sur ce sujet avec d’autres anciens pensionnaires de différents hôpitaux,  je sais néanmoins que, dans la globalité, ce que je t’écris aujourd’hui est révélateur de ce qui se passe « chez les fous » (Comme M6 avait titré son émission; sympa…).

Aujourd’hui je te parlerai de l’USI d’un hôpital psy dans lequel je suis resté un mois à la suite de ma dernière crise évoquée dans l’onglet : Je m’appelle.

USI veut dire Unité de Soins Intensifs. Des soins si intensifs, que je dois être un des rares capable, après ces soins, de m’exprimer clairement à l’écrit. Nous devions pas être plus de vingt patients dans ce service, la majorité d’entre nous étions même très patient au vue du très faible nombre de libération dont j’ai été témoin. D’ailleurs s’il y en a eu c’était pour 95 % des mutations dans d’autres établissements dont des prisons. En effet, il y en avait certain qui étaient des prisonniers en escale en psychiatrie pour se voir poser un diagnostic qui pourrait peut être excuser certains de leurs délits ou crimes. Il y avait aussi une équipe tournante d’environ quatre infirmiers plus ceux de gardes la nuit, et le précieux psychiatre si épanoui par ce fabuleux travail.

Etant particulièrement sonné, je ne garantis pas l’exactitude de ce que j’avance ici.

Description des lieux. Tout était au rez de chaussée, enfin je dirai plus au rez de notre cour puisqu’il nous était impossible de savoir où était la plus proche rue d’où nous étions. Je savais que j’étais en périphérie de Montpellier, mais à part ça tout était conçu de manière que je me sentais isolé de toute civilisation normale. Il y avait une salle commune assez grande pour pouvoir mettre une table de ping pong et avoir un minimum d’espace pour y jouer. C’était une salle ouverte d’un côté sur la cour, et d’un autre côté sur, un couloir menant vers les autres services et la sortie, un autre menant aux chambres et au milieu les boxs des infirmiers, et du psychiatre. Il y avait enfin une petite ouverture sur le réfectoire bien sûr. Dans cet espace commun était aligné d’un côté, une rangée d’une dizaine de chaises et en face rien, mis à part une télévision en haut à droite lorsque l’on regardait depuis les chaises. Les chambres étaient dans un bâtiment connexe. Curieux bâtiment : c’était un carré avec au milieu une cour dans laquelle on ne pouvait accéder. Un couloir dessinait ce carré, on pouvait faire le tour avec, à notre gauche cet cour elle aussi enfermée, à notre droite toutes les chambres bordants ce carré, il y en avait environ vingt, je crois. Toutes individuelles.

Je ne suis pas doué pour les descriptions, je finirais pas notre chère petite cour où l’herbe peinait à pousser et où un seul et unique petit arbre s’élançait. Ah oui, bien sûr, notre jardin était encadré de hauts murs.

Le déroulement d’une journée était très simple et parfaitement minuté. Evidemment, nous ne pouvions pas circulé librement dans notre domaine. Il y avait les heures de réfectoires, les heures de salles communes, les heures de chambre, les heures de récréation et bien sûr les heures de traitement. Cela ne va s’en dire que nous étions toujours dans l’attente de la prochaine heure afin de pouvoir se libérer de l’emprisonnement présent.

La nuit… Eh ben, c’était le moment au sommet de la solitude. Dès lors que j’avais trouvé le sommeil et vivais un instant de liberté dans mes rêves ou plutôt cauchemars, une lumière aveuglante rappelait ma condition. Tous les matins vers cinq heures du matin, un infirmier faisait sa ronde et dans chaque chambre allumait sa méga torche dans nos visages ensommeillés. Pourquoi? Je cherche encore. Voilà la première douceur qui sévit dans ce lieu.

En fait, c’est assez pénible comme témoignage, je ferai plusieurs parties pour ce même sujet, tu m’en excuseras.

Suite: Les jolies colonies de vacances 1.2

A bientôt,

W.