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Mon maître Kubo

Dimanche soir, j’ai regardé « Kubo et l’armure magique ». Ce dessin animé à l’allure commerciale m’a illuminé. L’effet ressenti de la super lune de la nuit dernière est minime comparé à la portée qu’a eu l’aventure du petit bonhomme à la guitare magique sur moi. Je te laisse le téléch… heu pardon ! te le procurer.

Ce film m’a envoyé dans les coins les plus perchés de mon esprit. Là où sont cachés les secrets existentiels, un territoire inexploré où un mélange de folie/génie/sagesse fait autorité. Un territoire où je me suis perdu plus d’une fois, une partie de moi où il n’y a pas encore de lois, de raisons. Un paradis dangereux. Pour accéder à ce monde, parallèle à celui dans lequel j’évolue au quotidien, il faut montrer « patte blanche ». Haha! Mais à qui? Qui est le gardien de ce lieu? Là est la question! Au stade de mon avancée, je dirai que c’est moi-même, ou plutôt une partie de Soi, une sorte de protection inconsciente qui m’empêcherait de pénétrer le mystère si je ne suis pas prêt.

« Oublie tout ce que tu crois savoir » : voilà la seule condition pour entrer dans cette autre dimension. C’est simple, le poids de l’ego est incompatible avec ce voyage. C’est comme lorsqu’on prend l’avion, on ne peut prendre la maison avec soi. Comparaison grotesque? Pas vraiment. Je ne peux prendre avec moi le passé pour embarquer vers quelque part où le temps psychologique n’existe pas. Et ce qui fait exister le passé à cet instant : ce sont nos croyances, ce que l’on pense… qui sont le résultat de tout ce qu’on a vu, entendu, lu dans notre vie. « Oublie tout ce que tu crois savoir », réussir à être dans cet état de légèreté dépend de notre pouvoir à remettre en question, en suspend en tout cas, les plus profondes croyances qui nous structurent.  Bref!

L’histoire de Kubo a été un bon stimulant et m’a permis d’être en condition pour regagner le palier de ce monde. C’est comme dans les jeux vidéos qui fonctionnent en « niveau ». Lorsque tu perds, tu recommences au début, tu essayes de revenir au niveau où tu as perdu, pour tenter d’aller plus loin. Hé bien, je me suis retrouvé au même niveau, dans ce monde perdu. Le problème c’est que j’ai du mal à maintenir cet état de légèreté dans ma progression. Pour garder l’équilibre dans ces hautes montagnes de mon esprit il est absolument nécessaire de rester neuf, vierge. C’est à dire d’explorer sans interpréter. Car le fonctionnement de mon mental, mes pensées, mes croyances qui constituent le prisme avec lequel je perçois la vie, empêche de voir cette nouvelle réalité telle qu’elle est. Dans mon expérience, c’est même dangereux. Lorsque je m’enfonce dans ces nouvelles contrées et que l’ego réapparaît, cela créé un déséquilibre, et entraîne la chute. Deepak Chopra l’écrit très bien : « on ne peut pas faire du nouveau avec l’ancien ». Par exemple, tu ne peux pas aller dans l’eau si tu n’as pas changer de tenue. Si tu le fais, ça va être désagréable.

Tout ça pour dire, que dans l’exploration de ces zones sensibles, presque interdites de mon esprit mais si riches en pouvoirs et promesses, hé ben je n’ai jamais été vraiment aidé!! Ce qui est difficile dans cette petite vie, c’est que je n’ai pas eu de mode d’emploi. Si à la place de ma maîtresse de CM2, j’avais eu un véritable maître qui m’aurait mis sur les rails, ou plus tard, à 18 ans, une lettre qui m’aurait appris comment je fonctionnais, oh j’aurais été épargné de tant de souffrances!

Mais non! Je dois cheminer seul, expérimenter la souffrance, le doute, la peur sans avoir une sorte de maître qui m’apprendrait à découvrir mon pouvoir. Comme on le voit dans les contes, les films, tous les mythes, pourquoi ça existe pas pour moi! Oui, je sais, quelque part c’est moi qui l’ai voulu…

Bon j’ai quelques amis qui m’éclairent parfois, certes mais la plupart du temps je galère seul ! Je monte comme un pionnier cette falaise qui m’appelle sans cesse et dont je sais qu’au dessus il y a quelque chose à découvrir, quelque chose de très simple mais de très troublant. Rien que de l’écrire là je sens un étourdissement. Et qu’est-ce que je me blesse dans cette aventure… Aventure où je suis le héros. Où je suis le maître par défaut. Je te parlais du problème de l’égo. C’est réel, j’ai bien du mal à lâcher prise, et parfois le conflit entre l’égo et cette dimension engendre des angoisses et crise de panique.

Tout ça pour dire que j’y vais à l’aveugle. Tout cela est très invisible d’ailleurs, pour moi et du coup j’imagine que pour toi ce que je raconte ça doit être bien farfelu!

Sinon, sans déconner, le premier livre de « La vie d’un bipolaire » est bientôt à disposition sur ce blog. Oui, j’ai choisi de l’auto-éditer. J’ai fait moi même la mise en page, un ami va faire la couverture, et je paierai un imprimeur. D’ailleurs je pense à 100 exemplaires… Ma mère ne croit pas que j’arriverai à les vendre, que les gens qui lisent des blogs ne lisent pas des livres. Moi je pense, qu’il y a bien 100 d’entre vous qui lisent aussi des livres et qui l’achèteront, non?

De toute façon, je vais pas commencer aujourd’hui à douter. Si il y a bien quelque chose que j’ai appris (sans mode d’emploi!) c’est qu’il faut aller au bout de ces envies malgré ce que disent les autres. Facile à dire, mais pas si simple en fait!

Ça fait longtemps que je t’ai pas donné mon mail si tu as envie de correspondre : bipohypermaniac@gmail.com.

Patience et espoir

W

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Consultation chez mon psychiatre

Cher Doc’,

Merci d’accepter cette originale consultation.

Dans trois heures je serai dans votre grand bureau avec ces hauts murs blancs décorés par des grands posters d’affiches de vieux films de cinéma. Avant la consultation, j’aurai certainement attendu un peu dans l’une de vos grandes salles d’attentes à feuilleter un des nombreux grands livres d’arts à disposition, ou un album sur l’Inde, pays que vous appréciez beaucoup pour la spiritualité présente là bas, je crois, bref!

Me voilà devant vous, vous devant moi, m’observant un peu, essayant de déceler en moi par mon comportement l’état de mon humeur. « Hmm, il doit certainement être up avec cette originalité qui me propose » ou peut être suis-je un peu parano.

Docteur, depuis notre dernière entrevue, il y a deux mois, il s’est passé beaucoup de choses. Des rencontres entre hypersensibles, une relation amoureuse, une tournée de théâtre qui a viré court, et dernièrement un séjour entre hypersensible merveilleux. C’est cette dernière expérience qui me donne cet élan de vous écrire.

Depuis que je suis rentré de ce long weekend partagé avec 16 hypersensibles! je suis logiquement un peu déstabilisé. M’enfin, je dors et garde une bonne hygiène de vie, beaucoup de repos, ce qui me permet de vivre le contre coup de cette grande vague sans dommages, pour le moment! Les fortes émotions ont laissé place aujourd’hui à une tête pleine de perspectives, de projets et de réflexions en arborescence du à ce mouvement qui prend toujours un peu plus d’ampleur. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais à partir seulement de la création de ce blog en novembre 2013, je suis aujourd’hui au centre d’une centaine d’hypersensibles concernés par mon projet d’association.

J’ai rassemblé 17 hypersensibles dans un gîte à la campagne. Un espace ou chacun a pu recevoir une dose de bienveillance, d’écoute, d’espoir. Après notre entretien je vais rejoindre d’ailleurs dans un café une dizaine d’hypersensibles présent ou non de ce séjour.

Plus que jamais, je réalise un monde rêvé, un monde ou des personnes souffrantes psychiquement, comme moi (surtout dans le passé) puissent se libérer petit à petit de leur trouble grâce à la rencontre, l’échange, le ressourcement, la création artistique.

Mon désir d’une pépinière HS (Un centre fixe dans la campagne de ressourcement pour HS et de création artistique) a déjà commencé à être assouvi par ce dernier weekend où il y a déjà eu des belles productions.

Voilà, cher psychiatre, aujourd’hui je me sens:

Fort : je créé un nouveau monde à mon image, des fondements ont déjà été posés, j’ai une équipe d’hs devenus amis à qui je peux déjà déléguer une partie de l’organisation des rencontres parisiennes. Ma (r)évolution intérieur (ce travail acharné que j’ai fait et fais encore sur moi) se reflète plus que jamais à l’extérieur sous forme dans une révolution sociale. Car au final c’est ça ce qui se passe, je créé du lien social entre personnes qui en avaient profondément besoin (comme moi). Je suis créateur.

Fragile : jamais à l’abri d’une exaltation mais tant que je reste en garde et que je suis ouvert à l’observation de mes proches et la votre (même si la dernière fois vous n’avez pas préféré m’hospitaliser alors qu’avec le recul ça aurait été mieux, haha!) tout ira bien. Et comme vous le dites, j’ai beaucoup de ressources, oh oui! Aussi ce monde que j’ai crée et que je co-crée maintenant suscitera des critiques de gens qui ne comprennent pas ce que je vis à l’intérieur. Cet amour que je veux partager. Qui comprennent pas que ce n’est pas tant le pouvoir et l’argent que je cherche mais une vie simple et heureuse faite d’amour inconditionnel. Si les gens ressentaient ce que je ressens ces derniers temps, cette paix, cette joie, cette amour, bon certes, il ferait certainement une crise maniaque pour ceux qui sont hypersensibles, et oui certes à l’inverse, peu de personnes solides pourraient le ressentir car il faut connaître le non-amour pour connaître l’amour, la souffrance pour connaître la Joie, l’agitation pour connaître la paix. Mais je suis certain qu’il y a des millions de gens qui ressentent, qui connaissent, ce que je vis, et qui n’attendent que, que je continue mon chemin toujours dans le travail sur l’égo et l’éclairage de la voie qui va du coeur à la parole sans passer par le cerveau.

Tout ça pour dire, que j’attire parfois des critiques dures, des gens qui me croient mal intentionnés, dangereux. Comme dit Alexandre Jollien : « RAF » : rien à foutre!  Désolé amis dé-traqueurs, c’est trop tard, je suis plus fort que vous, vous me ferez certainement douter une seconde, une minute, une journée mais pas beaucoup plus car j’ai un arsenal d’outils pour me recentrer: un traitement, un bon sommeil, l’écriture, et surtout toute une légion humaine, d’amis, de soutiens anonymes. Mon amour, ce je qu’exprime,  fait résonner tes peurs les plus inconscientes, tu résistes à lumière que regorge certain mots, mais c’est normal étant donnée ce que tu as vécu, ce que tu es devenu, toi et tes blessures, je ne t’en veux pas. Cependant je ne laisserai pas visible ton poison (tes commentaires) dans ce petit monde que je construis.

Fou : En voyant ce que je suis devenu, ce que j’ai fait, ce que j’ai, je me projette dans un futur proche en imaginant l’évolution de ce qui est là déjà, et naturellement mon égo se voit grand, holà très grand! Prenons Gandhi, l’abbé Pierre, Luther King… Mon égo se voit un destin à la hauteur du leur, et encore cet égo là est modeste! Le fond de ma folie se prend pour Dieu, le Dieu créateur, mais cela est-ce même de la folie? Je vois déjà des foules rassemblés par ce que j’ai impulsé. Par contre, mon besoin de notoriété ayant été largement soigné, je n’ai pas tellement envie d’être au centre d’une attention populaire. J’ai plutôt envie de vivre très simplement dans la nature avec une femme et des enfants, et déléguer la gestion de mon monde. Je n’ai pas besoin d’Harley Davidson (désolé doc’, pas pu m’empêcher!), de ferrari, d’habits chers ou de toute cette technologie. Il n’y a qu’à voir mon portable et le trou dans mes chaussettes et mes chaussures.

Sage : Je n’ai plus besoin d’être exalté pour être bien. Je suis sur un chemin ou la Joie et la Paix illimité se trouve et se vit d’abord à l’intérieur. Je peux méditer une heure avec un mental au repos, avec ma conscience seulement focaliser sur la respiration et les battements de mon cœur.

Je m’arrêterai là. J’espère que vous êtes allez jusqu’au bout et que vous ayez fait un dépassement de fonction (pas seulement prescrit un traitement comme la majorité des psychiatres). M’enfin, ça vous le savez, vous êtes un excellent psychiatre. Presque un vieil ami!

Voilà! maintenant on peut parler de comment on va collaborer tous les deux pour révolutionner la psychiatrie française. Envoyer valser les diagnostiques, faire évoluer le langage, et que sais-je encore!

Je vous invite doc’, à mettre votre prescription ou un petit mot en commentaire.

Merci, si j’en suis là, c’est en partie grâce à vous et à la confiance que vous avez eu en mes ressources personnelles et à la décision de ne pas trop m’avoir assommer chimiquement au contraire même!

Voilà ma carte vitale  et surtout…

W

 


Je me suis évadé. Introduction

Il y a tant à écrire sur ce que l’on vit. Tant à dire sur l’expérience humaine. Tant à décrire sur ce que je ressens. Tant à décoder. Tant à découvrir. On connaît si peu de choses. Je suis sur le seuil d’un monde à venir. Dans la salle d’attente de mon avenir. Ce n’est qu’une image car en vérité, chaque jour qui passe, je m’engouffre un peu plus dans cet inconnu. Muni de ma lampe frontale je continue à éclaircir les terres ombragées de mon être. Face à mes peurs, c’est avec la lumière et l’amour comme essence que je puise en moi et dans la beauté de l’autre pour cheminer le plus léger possible, avec espoir et patience.

J’ai été connecté à une colère brûlante durant ma tournée en Provence. Celle-ci a été salvatrice, elle a permis une libération. Faut que je te remette le contexte:

J’ai commencé le théâtre il y a 3 ans avec une grande metteuse en scène de 77 ans ayant une belle carrière derrière elle. Ma motivation, n’ayant aucun talent de comédien à la base, était de me servir du théâtre comme un outil d’expression privilégié pour mes émotions. Grâce au punch de cette metteuse en scène, j’ai progressé très vite. J’ai du pour cela me faire violence, surmonté la pression et me mettre à répétition en danger. J’acceptais cette tension car je pensais qu’elle était légitime si je voulais avancer dans cet art là. Aussi je prenais sur moi lorsque elle s’énervait, j’acceptais sa personnalité très nerveuse.  Très rapidement je l’ai suivi dans tous ses ateliers, ses stages, ses spectacles. Jusqu’à l’été dernier où elle m’a emmené avec sa compagnie professionnelle pour sa tournée annuelle dans des villages de Haute Provence. Cette expérience s’est si bien déroulée, que mon rêve d’être un grand acteur commençait à se réaliser, ou en tout cas à être envisageable. Cette aspiration cachée d’être une star de cinéma, était en fait la conséquence d’une blessure affective profonde qui engendrait un besoin de reconnaissance énorme. Une volonté de notoriété présente dans tous mes projets. Un manque qui trouvait refuge et excitation dans la voie possible d’être acteur qui s’ouvrait à moi.

A la fin de l’été dernier, après la réussite de la tournée, je devais choisir entre m’engager à fond dans le théâtre via une école, que m’avait pistonné ma metteuse en scène, ou revenir à un chemin plus classique. J’ai opté pour la deuxième voie, ce qui m’a amené à être plus que déstabilisé lors des attentats de novembre. Aventure mystique, hospitalisation, repos, retraite, travail sur soi, méditations, ont suivi et m’ont amené à Mars et à un stage de théâtre. Et là, comme une évidence, j’étais certain qu’il fallait que je me mette à fond dans le théâtre. J’ai intégré un groupe d’actor studio, jusqu’à mai, où à ma grande surprise ma metteuse en scène me proposa de remplacer un comédien pour la tournée de cette année. Ma présence dans la troupe cette année n’étant pas prévu vu que j’avais arrêté de travailler avec elle depuis l’année dernière. Du jour au lendemain, courant mai, je me suis mis à travailler tous les jours avec elle et avec la nouvelle équipe, dont je connaissais 2 des acteurs déjà présent l’été dernier.

C’est durant ces répétitions qui ont duré jusqu’à juillet, qu’il c’est passé ce qui devait se passer. Quelque chose en moi avant changé depuis l’été dernier. Durant ce long hiver, ce début d’année difficile, cette longue période de solitude, de retrait, d’introspection, de compréhension de moi-même, je me suis soigné d’une plaie profonde sans le savoir. C’est avec du recul et durant les répétitions que je me suis aperçu que je m’étais libéré en grande partie de ce manque affectif qui m’obligeait à avoir une aspiration pour la notoriété, la reconnaissance du plus grand nombre. C’est donc sans ce prisme que j’ai travaillé la pièce de cette année. Je me suis rendu compte que le travail d’acteur, l’apprentissage d’un rôle ne me plaisait pas, en réalité. Certes j’éprouvais du bien être a être sous les projecteurs, à être applaudi mais le travail de comédien en lui-même ne me correspondait. Chose dont je ne pouvais pas avoir conscience jusque là, tant j’étais prisonnier de cette blessure de l’égo.

Tout ça pour dire que j’abordé la tournée de ce mois de juillet en sachant que ce serai mes adieux du théâtre et la fin d’un chapitre. J’ai commencé le théâtre comme un outil thérapeutique, et ça devait rester qu’un outil et non pas un projet de vie. Quelle libération! Je ne me sens plus poussé par ce désir de reconnaissance si profondément ancré depuis toujours, quel soulagement.

Pour cette tournée, pas de pression. Je me suis gardé de dire à ma metteuse en scène que j’abandonnais mon projet de carrière, ainsi qu’à la plupart de l’équipe pour rester sur la même longueur d’onde.

A la différence de l’année dernière, l’acolyte de ma metteuse en scène n’était pas de la partie, celle-ci servait de tampon, de souffre-douleur même, ma metteuse en scène étant ultra anxieuse, stressée, nerveuse lors de la tournée. Alors c’est nous, les 6 comédiens, qui devions prendre sur nous ces excès d’humeurs, ces paroles blessantes. Chacun de nous trouvions un intérêt à supporter ces moments d’énervements, car l’expérience de la tournée est si belle et enrichissante, que ça valait la peine. Sauf que moi, comparé aux autres, j’avais quelques intérêts en moins. Ce qui a fait qu’au bout de 5 jours, pendant lesquelles j’ai pris sur moi comme je l’ai fait durant 3 ans le caractère de ma metteuse en scène, j’ai dit stop!

Et cela de manière tout à fait théâtrale…

A suivre très bientôt, tant que c’est chaud!

W


Journal d’un explorateur de l’Etre

Voilà un nouveau titre pour ce blog. Il annonce mieux ce que j’écris ici. Plus qu’un titre, c’est le sens de ma vie. Les souffrances que j’ai enduré pendant ma vingtaine m’ont permis/obligés à tourner mon regard à l’intérieur de mon être pour observer tous ces nœuds, tous ces barrages, toutes ces peurs qui me séparent de mon centre, du Soi, de la source, de la lumière, de l’Amour, de cette énergie si puissante qui n’attend que d’être canalisée et exprimée à bon escient.

Cette exploration, cette conquête de moi-même n’est pas un voyage tranquille. Car lorsqu’on prend ce chemin, la vie nous amène à vivre les expériences que l’on doit traverser pour comprendre un aspect de nous-même encore inconscient, ce qui n’est pas toujours agréable. Ce chemin vers l’éveil n’est pas facile car il passe par l’affrontement de ses peurs, l’affranchissement de tous ses conditionnements, la déconstruction de toutes ces croyances, l’abandon à une dimension inconnue en Soi, un saut vertigineux, un lâcher prise du control de son mental, l’accueil inconditionnel de sa vulnérabilité.

La méditation est mon premier outil pour travailler, l’accueil de l’instant présent est l’ouvrage que je remets sans cesse sur le métier. J’ai beaucoup travailler seul et je vois aujourd’hui le cadeau de l’autre, du partenaire, pour prolonger ce travail par l’union. Sentir la présence profonde de l’autre. Se mettre en relation avec « elle », « lui » et chercher une relation de plus en plus haute, subtile, moins d’ego, plus de cœur, se découvrir de toutes ces peurs, en les partageant humblement déjà. Je commence tout juste à te partager cela, de nombreux articles suivront aux rythmes de ma nouvelle relation.

Je sais que nous sommes loin d’être les seuls à faire se travail, dans l’ombre, à être des artisans de lumière, car en travaillant sur Soi on élève directement l’énergie de la Terre. Bref, nous utilisons peut être des mots différents pour exprimer ce travail, mais nous sommes beaucoup, disséminés, pour beaucoup peut-être trop seul. Mais de plus en plus nous nous retrouvons. Les rencontres en sont la preuve. Nous n’agissons plus seul mais en groupe. Et ce n’est que le début…

… Je rêve que dans des années futures quelques gouvernements, commencent à donner du crédit à notre travail, et une place reconnue pour exprimer et agir au sein des sociétés. Car il y a un gigantesque pouvoir d’Amour qui gronde en beaucoup de nous et qui n’attend que de répandre sa lumière sur la Terre. Artisans de lumière, c’est à dire hommes et femmes faisant de leur développement personnel leur priorité dans la vie, nous avons chacun une expérience d’exploration des peurs et de conquête de Soi, nous sommes chacun des sortes de pionniers, et donc nous avons la possibilité d’aider les autres à se recentrer à dépasser leur propre barrage, à guérir. Il y a un avenir pour moi, toi, nous, Soi.

Sur ces belles paroles je me retire d’internet pendant 20 jours, le temps de faire ma dernière tournée en tant que comédien et marier mon frère. Et le temps pour toi de lire les 300 articles qui amènent à celui-ci, et voir mon petit cheminement!!

Je te souhaite un bon été, merci d’être là, je t’aime.

Patience et espoir

W


Ma façon de méditer

J’observe. Je m’observe. Il y a toujours quelque chose. En peu de temps, beaucoup de voix peuvent m’envahir. Lorsque je me recentre, en mettant l’attention sur la respiration, elles se calment. J’observe alors la sensation qui se cache derrière ces voix. J’essaye de prendre conscience de cette énergie qui agissait à l’instant d’avant dans l’obscurité. Je respire, y mets mon attention en prenant garde de ne pas fixer des mots sur cette sensation, mais l’accueillir telle qu’elle est à l’état brut, seulement une énergie qui tente de circuler. Mon but est de la laisser sortir comme elle est entrée sans qu’elle se coince dans les filets de mon égo. Mon égo, constitué de toutes mes expériences passées, je lutte pour pas qu’il ne s’approprie cette énergie et qu’il la transforme en colère, jalousie, peur, ou autres émotions non désirables. Pour cela je travaille au dépouillement de cet égo. J’essaie de mettre en lumière les plus fondamentales de ces structures et surtout j’essaie de déceler tout ce qui a été refoulé depuis mon enfance dans la boîte noire de mon être. Ce sont ces souvenirs inconscients, ces énergies obscures qui agissent sur ma vie en coulisse. Tout ce que je ne maîtrise pas, tout ce que je subis, toutes les expériences nouvelles ne sont que le miroir de cette zone que la vie m’incite à explorer.

Tout un programme, hein! C’est nouveau que j’arrive un peu à l’écrire mais cela fait 3 ans que je me suis auto-embauché pour ce nettoyage de printemps.  C’est un mode d’emploi que j’ai assimilé à la croisée de différents ouvrages, de différentes âmes-sœurs (co-aventurier  spirituel) mais aussi par simple et mystérieuse inspiration.

Le but : être au plus proche du soi, de la source de l’unité, du tout, de cet éternité simplissime qui régit toute notre vie malgré nous et qui se cache sous ce que nous croyons être. En un mot : l’Eveil.

Dernièrement je suis obsédé par l’observation. A chaque nouveau moment, je reviens à ma respiration, je recentre ce qui se passe à travers mes sens sur ma respiration abdominale et j’observe, j’accueille les nouvelles sensations. La respiration calme très vite les voix de mon mentale, « l’ancien », je peux mettre alors la lumière de ma conscience sur « le nouveau », le nouvelles sensations et les pensées neuves qui vont avec. Je  respire pour faire circuler cette vie sans qu’elle s’accroche dans mon vieux-moi et ma boîte noire.

W


Une vie meilleure

C’est difficile de détendre tous les nœuds qui encombrent mon esprit. Il m’arrive, comme hier, de voir clair, parfois. De goûter pendant un petit moment l’état ultime de mon évolution. Cette sensation de légèreté, d’unité. Ce sentiment de ne plus être un poids qui combat contre soi-même mais une plume qui se fond dans le monde.  Plus d’ego plus de séparation entre moi et l’autre. Je fais partie d’un tout. Les soucis et souffrances personnelles s’évaporent car dans ces instants, ma vie n’est pas une affaire personnelle.

J’aime cet état là, tout est simple, tout est facile. Je suis dans une dimension où tout n’est qu’un où les choses se font par amour naturellement. C’est enivrant, c’est ce qui m’a déjà exalté et propulsé dans des énergies qui m’ont fait perdre le contrôle. Je travail maintenant à pouvoir vivre cet état de conscience tout en restant ancré dans ce que je fais et où je suis.

J’ai mis toutes ces années pour découvrir en moi cette petite fenêtre qui donne vue sur une vie meilleure. Pas meilleure dans le sens que mes projets se réalisent, que j’accomplisse des choses, non. Meilleure dans le sens où je traverse l’espace temps d’une manière totalement différente que mes habitudes profondes. Jamais je n’aurai pu imaginer cet état d’esprit, il est insoupçonnable. J’ai appris, pour savourer cette légèreté de vie, qu’il fallait abandonner toutes images, comparaisons, désirs, stratégies, connaissances du monde matériel, dans le but de cultiver un espace vierge en soi dans lequel peut s’installer doucement cette autre chose. Une connexion avec la source, peut-être.

Cette récente éclaircie qui fait suite à un séjour bonifiant en Bretagne, met une lumière sur tous ce qui encombre la traversée de celle-ci. Les désirs, les pulsions, le mauvais rapport à l’autre, tout ce qui pèse en moi et dont je n’ai pas encore la maîtrise. En moi car tout ce que j’écris, tout ce que je vis n’est qu’une impression de ma cuisine intérieure. D’ailleurs la lecture du livre « le livre des secrets » de Deepak Chopra, m’éclaire beaucoup à ce sujet là.

Plus que jamais, j’expérimente et me prouve à moi que le bonheur auquel j’aspire est en moi. Tout est en moi, mes expériences, mes écrits en attestent, il n’y a qu’à continuer le voyage.

Ce qui est le plus difficile, c’est de cesser de comparer ma vie avec celle des autres, à désirer la vie qu’ont certain autres, de m’identifier par rapport à quelque chose de connu. Même si je le sais en théorie, j’ai bien dû mal à étendre dans tous mon système de pensée et comprendre, le fait que je suis unique. Nous sommes tous uniques. Je suis unique mais je ne cesse de vouloir être meilleur que les autres, c’est totalement contradictoire. J’ai bien du mal aussi à m’extraire du jugement et du regard de l’autre. Alors que je sais bien que c’est une peur personnelle, un égo trop important, un manque de confiance.

Voilà, voilà.

Patience et espoir

W


Etre, Faire et Avoir

Etre, faire et avoir.

Il y a un équilibre à trouver entre ces trois verbes lorsque l’on se les approprie. Il est évident que depuis quelques années je me suis engouffré dans l’être, dans la compréhension du moi et la recherche du soi ; le premier étant le nuage de l’égo à éclaircir pour atteindre la plénitude du deuxième. Dans mon être j’ai découvert multiples richesses mais aussi des ombres aussi tenaces que les merveilles qu’elles emprisonnent. Depuis plusieurs moi, j’ai le sentiment de m’être perdu dans l’être au détriment du faire et de l’avoir.

Je ne prends pas en compte le blog et tout ce qui va avec dans le sens qu’ici j’ai construit seulement un miroir du parcours de mon être.

Pour avoir, il faut faire. Cela fait bien longtemps que je ne suis plus dans le faire. J’insinue ici que la composante principale du faire est le métier, l’activité professionnelle. C’est cet aspect du faire dont je me suis écarté. Etant donnée que je ne suis pas dans le faire, je ne suis pas dans l’avoir. Autrement dit, je vis dans le subjectif et non dans l’objectif.

Depuis ma sortie d’hôpital, en janvier, je vis les limites de l’entreprise du développement personnel de l’être. J’ai la sensation de m’être écarté très loin de toutes réalités communes, sur une étoile anonyme depuis laquelle je survis socialement à travers la connexion que permet ce blog entre moi et l’autre (toi en l’occurrence).

Depuis quelques semaines, dès que je me déconnecte de la toile qui nous relie, je flotte dans mon atmosphère personnelle, de doutes en fragiles certitudes, de prises de consciences en peurs. Je persiste dans une inactivité dans l’ombre infinie de moi-même. Voilà le désarroi que je tente d’exprimer.

La bonne nouvelle est que je sens depuis quelques jours la nécessité, pour ma santé, de transvaser le plus grand de mon énergie de la question Qui suis-je à Que faire? Mais alors que faire? Cette interrogation a le don de me tétaniser et mettre en couleur mon manque de confiance. J’ai tellement chuter. Je me suis brûler les ailes tant de fois. Et il y a cette Foi en moi qui me fait croire que des grandes actions, des belles créations m’attendent… Mais cela fait 13 ans que j’ai la possibilité d’entamer la construction de ces tours qui toucheraient le ciel de mes rêves. Mais voilà, j’ai 30 ans et ma capacité réside toujours plus à rêver qu’à agir. En fait, malgré mon fond d’espérance, l’avenir me fait peur. Je suis terroriser lorsque je m’imagine 10 ans plus tard à écrire un pareil article dans ma chambre de la maison de mes parents. L’image de ce que doit être la vie d’adulte que nous impose la société et le regard de l’autre sur mon incapacité à devenir cet adulte respectable me terrorise. Et pour parfaire ce joli petit enfer, j’ai conscience que j’ai un regard dur envers moi-même. Cette même conscience que j’ai élargi au prix de nombreuses expériences initiatiques et hospitalisations, m’handicape face à l’autre en groupe. Je vis sur une autre longueur d’onde, c’est bien ça ma solitude. Heureusement il me reste l’écriture et ce personnage W qui maintient un lien entre moi et une réalité conventionnelle.

Bref que faire? Aujourd’hui, demain, c’est quoi le projet, le métier dans lequel je pourrais faire et un peu moins être et pour ensuite me gratifier un peu de avoir? Concrètement, je ne vois pas comment l’écriture pourrait me rapprocher plus de la Terre. Le théâtre ? j’ai appelé ma metteuse en scène de la tournée de l’été dernier et il s’avère que je ne serai pas de la partie cette année. Et j’ai cette philosophie qui me colle à la peau : « ne pas forcer, ce qui est bon pour toi, la vie te l’amènera.  »

Juste avant d’écrire cet article, je fumais ma première des trois cigarettes quotidiennes – c’est fou je fume quatre fois moins depuis un mois sans grandes volontés, bref – sur la terrasse sous un ciel bleu, petit teaser du prochain printemps, et l’idée du pèlerinage de St Jacques de Compostelle me parut providentielle.

Bref, tout ça pour dire que si je suis déséquilibré c’est fondamentalement dans la répartition de mon énergie entre l’être, le faire et l’avoir.

Ps: A chaque fois j’oublie de le rappeler : j’ai un autre blog hébergé par l’express : http://blogs.lexpress.fr/bipolaire/  .

Patience et espoir

W

bipohypermaniac@gmail.com