Archives de Tag: espoir

« Attention au déni de la maladie »

keep calm

Ne laisses pas quelqu’un te faire croire que tu es malade si tu ne te sens pas malade. Et si tu te sens malade, ne laisses pas quelqu’un te faire croire que ta vie est foutue, car ce n’est pas vrai, on peut se libérer de tout mal, avec la conscience, le soin, la patience et l’espoir.

Malgré un diagnostique de bipolaire en 2008, je ne me suis jamais senti malade. Pourtant j’en ai chié, des crises maniaques, des hospitalisations à répétitions, bref un beau palmarès que tu peux découvrir dans le récit de mes aventures : maniac story ep 01-Je t’aime à la folie. J’ai atteint des jolis pics de souffrances à me mettre à genou par terre, en pleurs « Qu’est-ce que je dois faire mon Dieu, wouin wouin! », moi qui ne pratique aucune religion pourtant… Malgré tout cela, je ne me suis jamais senti malade. Quand tous les autres bipotes, eux, disent qu’ils sont malades, moi je pense « béh du coup, peut être qu’il y a eu une erreur de diagnostique » peut être qu’ils ont raison, et qu’en fait je ne suis pas bipolaire, tout simplement. J’aurai trompé tous mes lecteurs depuis trois ans… oh merde!

En réalité c’est pas simple cette histoire, parce que débattre autour de la bipolarité et la maladie est sans fin et engendre beaucoup de confusion, tout bêtement parce que le mot « bipolaire » n’a pas de sens au fond.

Premier non sens. On s’identifie au trouble : « Je suis bipolaire ». D’un côté c’est rassurant, on a une réponse à la question « Mais qu’est ce qui ne va pas chez moi? » mais en réalité on s’enferme dans une prison et on se stigmatise nous même à ….. ?oui, à quoi? On réduit notre personnalité, notre identité à une alternation de quelques périodes de souffrances. Une souffrance répétée qu’on interprète très vite comme maladie chronique, comme si on était prisonnier de notre passé et sans espoir pour le futur. « J’ai un trouble bipolaire » me paraît plus juste déjà. Même s’il y a un risque de fatalité aussi dans cette expression. Encore une fois, si seulement on pense le trouble comme une maladie.

Si le trouble bipolaire était seulement défini comme une variation particulière de l’humeur, une fragilité, une hypersensibilité, un handicap dans certaines situations, et tout ce que tu veux sauf le terme « maladie », alors là ok, pas de problème : J’ai un trouble bipolaire.

Je ne déni pas que j’ai une fragilité que je dois soigner, accueillir, connaître. Je ne dénie pas que j’ai une hypersensibilité très complexe que je dois comprendre. Je ne dénie pas que j’ai accumulé beaucoup de souffrances pendant la première partie de ma vie surtout, et que je dois continuer à mener un combat, pour me libérer de mes corps de souffrances, pour guérir mes blessures les plus profondes. Je ne dénie pas que j’ai un travail colossale d’affirmation de soi, d’incarnation. Haha! Mais tout ça, c’est le lot de tout le monde en fait! La différence, c’est que les événements de ma vie ont fait que j’ai acquis cette conscience, un peu en avance sur la masse, certes.

Si ce terme « maladie » m’embête ces derniers jours, c’est que je ne dois pas en être totalement libérer.

Définition Larousse de la maladie : « Altération de la santé ».

Si une maladie permet la libération, la prise de conscience, le goût du bonheur, des guérisons multiples, la sérénité, l’accomplissement, la création. Alors oui pourquoi pas.

Mon trouble bipolaire a évolué depuis que j’ai pris conscience de mon chemin, de mon combat, depuis que j’avance en conscience, pour résumé. Là où avant, les hospitalisations se répétaient presque chaque année, les dernières sont très espacées. Tout ça pour dire qu’on s’en libère de ce trouble qui apparaît au début comme une maladie chronique. Suffit d’y croire, et de mettre les moyens.

Ou alors peut-on dire que la bipolarité est un trouble qui remue notre être afin de nous donner la chance de soigner toutes nos maladies inconscientes.

Ou alors, peut-être qu’on peut dire que dans le monde actuelle, c’est perçu comme une maladie de vouloir être libre.

Si la liberté est une maladie. Comme l’amour qui rend malade.

Alors oh ouiii, je suis malade!

Je ne suis pas habitué à te faire la morale, ou t’enseigner quoi que soit, mais j’ai envie de proclamer haut et fort :

« Ne laisses pas quelqu’un te faire croire que tu es malade si tu ne te sens pas malade. Et si tu te sens malade, ne laisses pas quelqu’un te faire croire que ta vie est foutue, car ce n’est pas vrai, on peut se libérer de tout mal, avec la conscience, le soin, la patience et l’espoir »

W

mon bouquin : la vie d’un bipolaire

et les derniers articles sur fb

quelques liens intéressants 1  2  3  4  5  6  7

Publicités

Dépression, encore.

bipolaire-W-la-vie-d-un-livre-journal-blog-crise-maniaque-illumination-folie-Dieu-eveil-peur-liberation-association-hypersensible

Mon compagnon durant un mois sur mon île

Entre deux mondes.

Le retour à la normale, comme prévu, est dur. Dépression.

Il y a beaucoup de dépressions différentes. Au fil des ans, les miennes évoluent. Ce ne sont plus des longs mois pire que la mort. Mais des séjours, encore douloureux, mais plus intéressants déjà. Comme celle-ci où j’observe que la souffrance vient du contraste entre le manque d’énergie et les fortes envies et projets à réaliser. Pas mal de choses à faire mais pas l’énergie pour, c’est frustrant. Voilà ce que je peux observer mais je sais très bien que sous cet état d’épuisement général, il y a des causes inconscientes. Des transformations en coulisses. Des choses subtiles qui se passent en moi que je ne peux distinguer. Ça me donne de l’espoir. Enfin… de l’espoir vécu de manière théorique.

Quelque part ça m’énerve de te faire part de cette dépression, et la rendre publique, car elle peut donner raison aux fatalistes du trouble. « T’es malade et tu vas en chier toute la vie ». Non! Même dans mon sale état de solitude, loin de la solitude que je vivais sur mon île, je conteste ce fatalisme.

Cette expérience d’un mois sur une île seul, a été riche, et a bousculé mon esprit sur pas mal de choses. Finalement c’est normal qu’il y ait une dépression après coup. C’est difficile à admettre, même pour moi, mais je crois que c’est aussi simple que ça. On a encore tant à apprendre de ce qui se cache sous la souffrance. J’aime bien la phrase de Rilke « la tristesse est le fait de résister à quelque chose de nouveau », on peut transposer ça à la souffrance.

Accepter, accueillir ce qui est là, ce qui vit là maintenant en soi.

Aujourd’hui, j’accepte en vivant dans un laisser aller presque total. Je dors, regarde la télé, je fais le moins d’effort. Chaque pensée inquiète si courte soit-elle épuise déjà l’énergie que je n’ai pas.

J’ai des nouvelles inspirations, nouveaux projets ces dernier-temps qui submergent mon esprit. Peut-être que cette dépression est nécessaire pour que le brouillard se disperse, pour que les moyens pour ancrer ce renouveau se manifeste.

Autre raison de la dépression. Je ne pensais pas être seul une semaine de plus à mon retour. Et être isolé quand il fait beau, en plus.

Tout ça pour dire que j’en chie. L’écrire, le partager pour peut-être s’en libérer. Mais surtout pour écrire que la dépression n’est pas une maladie. C’est une période de souffrance qui a un sens. C’est plus simple de trouver le sens après coup, certes!

Mais si on a les moyens pour vivre cette dépression pleinement sans dommages collatéraux, et qu’on sait les raisons de cette tempête, et enfin qu’on est convaincu qu’elle aura une fin…

… Alors la « dépression » qui définissait une période terrible de souffrance, de mal être, pourrait être définit un jour comme : « un repos au calme bien mérité ».

Et depuis le marécage douteux dans lequel je suis, je t’écris : Si je souffre, c’est parce que j’ai la maladie de vouloir vivre une vie qui n’existe pas. Je pense que ça résume bien.

Voilà c’est de ce genre d’articles qu’est composé mon premier bouquin commandable en librairie ou sur : la vie d’un bipolaire, le livre, m’enfin je sais pas si ça vaut vraiment le coup, je t’avouerai!

Allez!

Patience et espoir…

W

1   2   3    4   5   6   7


J’attends le prochain train

destin-bipolaire-hypersensible-voyage-vie-destinee-existentiel

J’attends le prochain train…

Je ne sais pas d’où il vient, je ne sais pas où il m’emmènera, mais de là où je patiente je crois deviner ce qu’il va se passer.

Ce train vient du futur et m’emportera vers un passé perdu. Un pays que j’ai imaginé enfant, et oublié lorsqu’un autre réalité m’a rattrapé.

J’attends dans cette gare où la vie m’a débarqué la dernière fois. Le dernier voyage a été interrompu, le conducteur m’a dit que je n’étais pas prêt pour la suite. Avant de me laisser seul sur le quai, il m’a soufflé un conseil et il m’a mis entre les mains un fil, puis il a relancé sa machine qui a continué son voyage dans le temps. Le train a disparu avec les rails à l’horizon tout en déroulant le fil. Ce fil, seul souvenir de mon destin.

J’attends le prochain train, je m’occupe comme je le peux, sans trop prévoir pour ne pas déranger la suite de l’aventure qui doit rester imprévue. J’essaie de ne pas trop penser, et me concentrer sur ce fil, le fil de mon histoire, hors de contrôle mais plein d’espoir.

Je me prépare dans le silence, je me fais ombre dans l’ombre. Je veux être prêt pour le prochain voyage, ne pas commettre les mêmes erreurs afin de rester le plus longtemps transporté. Avant une prochaine gare, une prochaine attente…

Patience et espoir.

W

Autres articles sur la destinée : Signes et Destin


Pense à ta gueule!

Il suffit d’une étincelle pour rallumer la lanterne « espoir ».

J’étais par terre dans une nuit noire sans étoile depuis plusieurs semaines. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été soumis au régime du désespoir.

Mais comme tu le sais, lecteur bien-aimé, même les périodes les plus ténébreuses ont une fin. Il n’y a que le temps, bien qu’il soit étouffant en ces moments là, qui peut me sauver de la même manière qu’il m’a condamné. M’enfin le temps, en réalité, n’a rien avoir là dedans, je ne fais que le traverser d’expériences en expériences. Ce sont les situations que j’enchaîne une par une qui matérialise mon aventure temporelle. Et ce sont ces expériences qui impliquent les autres qui engendrent soient le bonheur, soit l’attente, soit l’amour, soit la peur, soit le paradis, soit l’enfer. J’ai choisi de vivre à travers un projet qui m’amène à expérimenter toutes sortes de sensations. Tu l’as lu, dernièrement l’expérience était douloureuse mais pleine d’enseignements.

Le plus grand poète, après moi, Rilke écrivait : « la tristesse est la résistance à quelque chose de nouveau ». Je crois bien, oui, que si j’en ai chié c’est que quelque part un renouveau s’opère en moi, si nouveau, si gros, que la résistance de l’ancien moi c’est fait intense. Une nouvelle transformation, encore. Je goûte déjà les prémices de ce pouvoir en moi qui émerge peu à peu. J’ai eu des méditations dernièrement assez dérangeante, bref! Parce que oui, au fond, il s’agit de ça : de lâcher prise à ce que je crois être, lâcher le contrôle, laisser mon pouvoir contrôler mon esprit. Le pouvoir du cœur qui s’affirme sans être au service de l’égo, voilà toute la complexité. Bon je défriche là, hein…

J’écrirai plus tard (ou pas) sur les enseignements de cette période, lorsque je les aurai mieux décodé. Cependant j’ai pris conscience d’une chose. C’est une révolution pour moi. J’ai senti, je pèse le verbe choisi « sentir », j’ai senti pour la première fois que dans le passé, et cela vaut pour toute ma vie, je vivais par rapport à l’autre, pour l’autre, à cause de l’autre. Pourquoi? à cause de cette qualité qui m’a fait trop défaut : l’altruisme ou quelque chose du genre. Plus spécifiquement, le fait d’être hypersensible à ce que ressent l’autre, et du coup mettre plus d’importance à ce que ressent l’autre que sur soi. Ma nature fait que je ressens trop les émotions des autres, et par cette sensibilité, j’ai bien du mal à agir en respectant ce que je ressens moi. Car être connecté à ce que je ressens et agir justement par rapport à cela dérangerait les sentiments de l’autre, voir le blesser. Déranger ou blesser l’autre, c’est quelque chose de très difficile pour moi. Mais dernièrement, j’ai compris que je devais d’abord vivre pour moi, par rapport à ce que je ressens… si ça dérange l’autre et ben tant pis, c’est pas mon problème. Voilà le plomb que je dois mettre dans ma tête. C’est conciliable avec le lâcher prise, c’est même nécessaire.

Dernièrement, j’ai vécu très sensiblement mon insécurité affective. L’expérience l’a permis. La perte de repères affectifs coup sur coup m’a obligé de vaincre cette épreuve.

Cette sécurité affective je dois la trouver d’abord en moi car les autres sont éphémères. Ils arrivent un jour dans ma vie et la seule certitude, c’est qu’un jour ou l’autre, ils s’en vont. L’union-séparation doit être vécue à chaque heure de la journée. » Tu comprendras quand le malheur viendra chez toi » me chuchote Nekfeu. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas cultiver des relations sur le long terme. Non, au contraire. Mais je suis heureux de trouver meilleure attache en moi-même avant de continuer l’aventure.

Faire d’abord des choses pour moi, avant de faire des choses pour les autres (même si celles-ci me font du bien en même temps). Faire d’abord des choses juste pour moi. Comme ce foutu bouquin!

Il a suffi d’une étincelle pour rallumer… Cette étincelle, c’était la visite d’un vieil ami. Il est venu me voir dans ma grotte obscure, et sans le vouloir, il m’a remis en selle. Il ne lira certainement jamais ce texte, mais je le lui dédie. J’étais bloqué sur mon livre et il m’a débloqué, en deux jours, désormais il est presque prêt à être imprimé. Finalement, les trois petites offres de maison d’édition ne m’ont pas convaincu alors je vais l’auto-éditer, le faire de A à Z et le vendre ici. Ce sera un bon moyen de voir plus précisément l’étendu de mon public, parce qu’au final les statistiques du blog ne sont que des clics.

Je me suis remis à rêver de ma future invitation à « On n’est pas couché », haha aussi étrange que cela puisse paraître, refaire ces rêves, c’est bon signe!

Non mais sérieux… Attends. Tu es bipolaire, hypersensible ? Hmm j’ai quelque chose de pas mal à te prescrire pour aller mieux : Penses à ta gueule!

Hypersensibles, beaucoup d’entre nous sommes trop du côté « altruisme/bienveillance » de la balance, alors pour un rééquilibrage mettons un bon gros poids sur le côté « narcissique ».

Aussi, je me projette déjà sur mon deuxième bouquin : le thème « crises maniaques et hp », c’est avec cet opus que je serai disque d’or. Oui, je sais c’est un livre, mais moi au début… je voulais faire du rap!

Patience et Espoir et… Penses à ta gueule et agis pour ta gueule, deux fois par jour, ou plus si besoin. 😉

Merci pour tous vos messages de soutien précieux et touchant.

W


Dans mon côté obscur

IAM accompagne cet article : L’empire du côté obscur

Ça fait de longs jours que navigue sans cap dans mon côté obscur. Qu’est-ce qui m’a fait plonger dans mon ombre? Je pense que c’est simple. J’avais deux personnes qui m’accompagnaient dans mon quotidien ces derniers temps. Deux lumières avec lesquelles j’avançaient. La rupture amoureuse m’a fait vaciller, et une rupture (temporaire, j’espère) amicale m’a fait perdre pied. Deux étoiles dont je m’étais habitué à leur clarté qui se sont éteintes pour moi aujourd’hui. Destinée?

Peut-être ai-je besoin de ce coup de projecteur noir pour chercher plus profond ma propre lumière, celle qui scintille quelque part en moi, celle qui est là, toujours là indépendamment des relations qui se tissent et se déchirent. Plus de repères extérieurs pour mieux trouver mes propres repères? C’est ça? Ben, pinaise, c’est dur, quelle merde…

Je broie du noir depuis de longs jours, l’espoir qui m’a tant animé jusqu’ici se cache, je ne perçoit que la lueur de son ombre. Les peurs et les doutes prennent le pouvoir dans mon esprit. Une nouvelle étape, une énième épreuve? Et tout cela arrive alors que mes méditations prenaient une autre dimension, où j’étais plus proche de mon cœur. Où je distinguais mieux son langage et ne faisais pas l’amalgame avec l’interprétation du mental. Je me sentais plus proche de mon cœur, je côtoyais cette énergie si fragile et si belle qui s’en émane et badadam! voilà que la vie m’en met plein la face. Ça aurait été trop facile.

« Petit frère veut grandir trop vite, mais il a oublié que ça ne sert à rien de courir » rap IAM. Il y a peut-être de ça.

J’aimerai tant avoir 40, 50 ans, j’en ai assez de cette jeunesse qui s’éternise. Difficile à comprendre de ta part, je suppose, c’est plutot l’inverse en général. Moi ça toujours était dans ce sens. Ces dix dernières années, j’ai vécu tant d’agitations, expérimenté tant de choses différentes, tant d’intensité, tant de degré, ça suffit! J’aspire à une vie tranquille. Etre structuré, un travail qui me convient, une femme qui comme moi ne cherche plus à trouver son prince charmant mais plutôt construire. Je demande pas grand chose. Une petite maison loin de la grande ville, une activité liée à l’association et ou à l’animation (mon seul domaine pro). D’ailleurs je vais faire une formation chez SEVE. Une nouvelle fondation qui oeuvre pour apporter la méditation dans l’éducation.

Bref, c’est bien niais comme désir, car je suis ce que je suis devenu. Et à voir le chemin parcouru, j’ai pas fini d’être surpris par les terrains non découverts de mon être.

Ok, je continue à jouer le jeu, cette recherche de soi, et je pars le weekend prochain faire un bout de Saint Jacques de Compostelle.

Je m’en vais continuer à découvrir ma propre lumière. La tête lourde et un peu baissé je t’avoue.

Mais qu’est-ce qu’il fait noir en ce moment… Azize!

« Patience et Espoir »

-Oué, oué, c’est ça…

« Patience et Espoir »

-ta gueule!

« Patience et Espoir »

… bon d’accord.

W

 


Consultation chez mon psychiatre

Cher Doc’,

Merci d’accepter cette originale consultation.

Dans trois heures je serai dans votre grand bureau avec ces hauts murs blancs décorés par des grands posters d’affiches de vieux films de cinéma. Avant la consultation, j’aurai certainement attendu un peu dans l’une de vos grandes salles d’attentes à feuilleter un des nombreux grands livres d’arts à disposition, ou un album sur l’Inde, pays que vous appréciez beaucoup pour la spiritualité présente là bas, je crois, bref!

Me voilà devant vous, vous devant moi, m’observant un peu, essayant de déceler en moi par mon comportement l’état de mon humeur. « Hmm, il doit certainement être up avec cette originalité qui me propose » ou peut être suis-je un peu parano.

Docteur, depuis notre dernière entrevue, il y a deux mois, il s’est passé beaucoup de choses. Des rencontres entre hypersensibles, une relation amoureuse, une tournée de théâtre qui a viré court, et dernièrement un séjour entre hypersensible merveilleux. C’est cette dernière expérience qui me donne cet élan de vous écrire.

Depuis que je suis rentré de ce long weekend partagé avec 16 hypersensibles! je suis logiquement un peu déstabilisé. M’enfin, je dors et garde une bonne hygiène de vie, beaucoup de repos, ce qui me permet de vivre le contre coup de cette grande vague sans dommages, pour le moment! Les fortes émotions ont laissé place aujourd’hui à une tête pleine de perspectives, de projets et de réflexions en arborescence du à ce mouvement qui prend toujours un peu plus d’ampleur. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais à partir seulement de la création de ce blog en novembre 2013, je suis aujourd’hui au centre d’une centaine d’hypersensibles concernés par mon projet d’association.

J’ai rassemblé 17 hypersensibles dans un gîte à la campagne. Un espace ou chacun a pu recevoir une dose de bienveillance, d’écoute, d’espoir. Après notre entretien je vais rejoindre d’ailleurs dans un café une dizaine d’hypersensibles présent ou non de ce séjour.

Plus que jamais, je réalise un monde rêvé, un monde ou des personnes souffrantes psychiquement, comme moi (surtout dans le passé) puissent se libérer petit à petit de leur trouble grâce à la rencontre, l’échange, le ressourcement, la création artistique.

Mon désir d’une pépinière HS (Un centre fixe dans la campagne de ressourcement pour HS et de création artistique) a déjà commencé à être assouvi par ce dernier weekend où il y a déjà eu des belles productions.

Voilà, cher psychiatre, aujourd’hui je me sens:

Fort : je créé un nouveau monde à mon image, des fondements ont déjà été posés, j’ai une équipe d’hs devenus amis à qui je peux déjà déléguer une partie de l’organisation des rencontres parisiennes. Ma (r)évolution intérieur (ce travail acharné que j’ai fait et fais encore sur moi) se reflète plus que jamais à l’extérieur sous forme dans une révolution sociale. Car au final c’est ça ce qui se passe, je créé du lien social entre personnes qui en avaient profondément besoin (comme moi). Je suis créateur.

Fragile : jamais à l’abri d’une exaltation mais tant que je reste en garde et que je suis ouvert à l’observation de mes proches et la votre (même si la dernière fois vous n’avez pas préféré m’hospitaliser alors qu’avec le recul ça aurait été mieux, haha!) tout ira bien. Et comme vous le dites, j’ai beaucoup de ressources, oh oui! Aussi ce monde que j’ai crée et que je co-crée maintenant suscitera des critiques de gens qui ne comprennent pas ce que je vis à l’intérieur. Cet amour que je veux partager. Qui comprennent pas que ce n’est pas tant le pouvoir et l’argent que je cherche mais une vie simple et heureuse faite d’amour inconditionnel. Si les gens ressentaient ce que je ressens ces derniers temps, cette paix, cette joie, cette amour, bon certes, il ferait certainement une crise maniaque pour ceux qui sont hypersensibles, et oui certes à l’inverse, peu de personnes solides pourraient le ressentir car il faut connaître le non-amour pour connaître l’amour, la souffrance pour connaître la Joie, l’agitation pour connaître la paix. Mais je suis certain qu’il y a des millions de gens qui ressentent, qui connaissent, ce que je vis, et qui n’attendent que, que je continue mon chemin toujours dans le travail sur l’égo et l’éclairage de la voie qui va du coeur à la parole sans passer par le cerveau.

Tout ça pour dire, que j’attire parfois des critiques dures, des gens qui me croient mal intentionnés, dangereux. Comme dit Alexandre Jollien : « RAF » : rien à foutre!  Désolé amis dé-traqueurs, c’est trop tard, je suis plus fort que vous, vous me ferez certainement douter une seconde, une minute, une journée mais pas beaucoup plus car j’ai un arsenal d’outils pour me recentrer: un traitement, un bon sommeil, l’écriture, et surtout toute une légion humaine, d’amis, de soutiens anonymes. Mon amour, ce je qu’exprime,  fait résonner tes peurs les plus inconscientes, tu résistes à lumière que regorge certain mots, mais c’est normal étant donnée ce que tu as vécu, ce que tu es devenu, toi et tes blessures, je ne t’en veux pas. Cependant je ne laisserai pas visible ton poison (tes commentaires) dans ce petit monde que je construis.

Fou : En voyant ce que je suis devenu, ce que j’ai fait, ce que j’ai, je me projette dans un futur proche en imaginant l’évolution de ce qui est là déjà, et naturellement mon égo se voit grand, holà très grand! Prenons Gandhi, l’abbé Pierre, Luther King… Mon égo se voit un destin à la hauteur du leur, et encore cet égo là est modeste! Le fond de ma folie se prend pour Dieu, le Dieu créateur, mais cela est-ce même de la folie? Je vois déjà des foules rassemblés par ce que j’ai impulsé. Par contre, mon besoin de notoriété ayant été largement soigné, je n’ai pas tellement envie d’être au centre d’une attention populaire. J’ai plutôt envie de vivre très simplement dans la nature avec une femme et des enfants, et déléguer la gestion de mon monde. Je n’ai pas besoin d’Harley Davidson (désolé doc’, pas pu m’empêcher!), de ferrari, d’habits chers ou de toute cette technologie. Il n’y a qu’à voir mon portable et le trou dans mes chaussettes et mes chaussures.

Sage : Je n’ai plus besoin d’être exalté pour être bien. Je suis sur un chemin ou la Joie et la Paix illimité se trouve et se vit d’abord à l’intérieur. Je peux méditer une heure avec un mental au repos, avec ma conscience seulement focaliser sur la respiration et les battements de mon cœur.

Je m’arrêterai là. J’espère que vous êtes allez jusqu’au bout et que vous ayez fait un dépassement de fonction (pas seulement prescrit un traitement comme la majorité des psychiatres). M’enfin, ça vous le savez, vous êtes un excellent psychiatre. Presque un vieil ami!

Voilà! maintenant on peut parler de comment on va collaborer tous les deux pour révolutionner la psychiatrie française. Envoyer valser les diagnostiques, faire évoluer le langage, et que sais-je encore!

Je vous invite doc’, à mettre votre prescription ou un petit mot en commentaire.

Merci, si j’en suis là, c’est en partie grâce à vous et à la confiance que vous avez eu en mes ressources personnelles et à la décision de ne pas trop m’avoir assommer chimiquement au contraire même!

Voilà ma carte vitale  et surtout…

W

 


Dépression en musique!

Je clique sur lecture sur la page internet de chantefrance.com et c’est la voix de Christine and the Queens qui accompagne l’écriture de cet article. Les mots sont inspirés par mes doutes et peurs. Cinq minutes avant cela, c’était la puissance de Kery James qui me prêtait main forte pour la gymnastique matinale que je maintiens quotidiennement tant bien que mal depuis mon hospitalisation. Les quelques pompes et tractions ont le bien fait de soulager le poids de mon esprit.

Tiens c’est la pub… et maintenant Balavoine avec son SOS d’un terrien. Tiens, tiens, comme par hasard…

Il m’est de plus en plus difficile d’exprimer l’obscurité, dans laquelle je m’engouffre depuis plusieurs semaines, ici sur ce blog où j’écris inlassablement l’espoir comme si l’écriture de ma tristesse entachait les bons sentiments répétés souvent sur ce site. Comme si, j’avais une responsabilité dans mes publications désormais, ce qui est faux et n’a jamais été une volonté de ma part.

Gerard Blanc, une autre histoire, maintenant…

Quand l’âme est en peine chaque action pèse son poids de doutes et de peurs, qui chez moi cause une certaine paralysie, voilà pourquoi j’ai une vieille tendance à m’isoler dans mon mal plutôt qu’à le partager. Voilà pourquoi il est possible que je colorie ici plus souvent les mots en rouge et jaune qu’en noir et gris.

Pascal Obispo, Personne…

Je précise, car ici il est caché, l’espoir existe toujours en moi, malgré les paragraphes mélancoliques, même s’il est dissimulé profondément, j’ai appris avec le temps a garder toujours un subtil contact, quoiqu’il arrive. Là je sais qu’il est présent, malgré l’absence de légitimité, malgré le fait que je ne trouve aucune raison d’y croire.

Joe Dassin, Siffler sur la coline…

Quatre lignes par chanson, je vois par ma vitesse d’écriture l’effort inhabituel qu’il me faut pour enfoncer chaque touches de mon clavier. Mais alors, W, c’est quoi ton problème?

Tina Arena, aller plus haut…

Bah voilà, merci Tina, je ne sais pas quelle est la prochaine étape pour aller plus haut. Bon, c’est pas tout à fait bien exprimé. En fait, j’ai quelques doutes, pas nombreux en quantité, qui se croisent dans mon esprit et m’empêche d’y voir clair, tant ils sont lourds. Depuis que je me suis remis physiquement de mon hospitalisation, depuis un mois, et notamment depuis quelques jours, une question a fait le siège et étouffe mon esprit : Qu’est ce que je vais faire? Il s’agit ici du métier, de la voix professionnelle dans laquelle m’investir. Dès que j’ai la tête inoccupée, entre deux films, avant et après un article, à chaque pose cigarette, à chaque ballade quotidienne, cette question revient à l’assaut et fait son nid entre mes oreilles. Une vingtaine de fois par jour…

Les 3 mousquetaires, Un jour…

Depuis une discussion avec ma mère, le théâtre est revenu à l’ordre du jour. (J’en ai fait deux ans entre 2013 et 2015). J’ai toujours eu le rêve caché de devenir acteur. Ironiquement, depuis quelques jours et le soutien nouveau de ma mère dans cette voie là, me voilà en train douter, est-ce cela mon destin? Faut dire que jusqu’ici tous mes choix de chemins ont abouti en crise et HP, ce qui fait qu’aujourd’hui je mets toute mon énergie à douter sur chaque décision. Tu me diras qu’en cela, il est bon de douter. Oui c’est vrai d’un côté, mais de l’autre ces mêmes doutes me paralysent au quotidien  (chaque chose, même le plus insignifiant coup de fil administratif relève d’un effort surhumain)…

… Natasha St Pier, Tu trouveras (j’adore)…

En même temps au regard du CV de mon nouveau moi, en supposant que la crise de 2013 a engendré une renaissance, on y trouve du théâtre, de l’écriture, et l’organisation de rencontres. Allez ça suffit pour aujourd’hui, j’ai réussi à m’exprimer, il est midi, je m’en vais manger ma côte d’agneau heureux.

Charles Aznavour, Emmenez moi

Patience et Espoir

W