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Maniac Story-ep17 Un animateur brillant

Ceci est la suite de l’épisode : Maniac Story-ep16 Season 3

L’énergie était là. J’étais dans mon rôle d’animateur dans toute ma splendeur. Les jeunes m’aimaient, l’ambiance dans l’équipe d’animation était très bonne et surtout, les relations tissées avec les autres animateurs du campus étaient extraordinaires. Comme je l’ai décrit dans l’épisode 16, il y avait une dizaine de saisonniers étrangers : allemands, espagnols, néo zélandais et bien sûr anglais. Je me rappelle surtout des animatrices anglaises évidemment. Au fil des jours, j’ai sympathisé avec l’animateur allemand. Je ne saurai comment le décrire mais quelque chose de magique émanait de notre naissante amitié. En fait, dans cet environnement tout à fait inédit pour moi, une partie de ma personnalité, enfouie d’habitude, pouvait dans ce contexte s’exprimer. C’est la poussière d’étoile en moi (et en chaque humain) qui, exceptionnellement, commençait à briller.

Je montais en puissance. Cependant c’était différent de l’escalade de mes humeurs folles dont je t’ai relaté les récits dans les 15 premiers épisodes (voir liens en fin d’article). J’évoluai avec tout un tas de gens qui étaient reliés à moi au quotidien. Mon illumination était contagieuse. D’abord au sein de mon groupe. Chaque ados avaient trouver leur place et l’énergie d’amour que je propageai eu comme première conséquence la naissance de plusieurs couples. Il y avait un climat de paix, une ambiance sereine et joyeuse. J’étais persuadé (je le suis toujours) que j’étais responsable de cet amour qui s’exprimait dans chaque petite chose du quotidien. Plus je constatai la magie qui opérait, plus je brillais. Ma directrice (jeune femme adorable ayant la trentaine) s’était mise en couple avec mon collègue animateur français qui avait 20 ans. Plus les jours avançaient plus les personnes qui m’entouraient dans ce campus étaient détendues, décontractées. Cela se voyait dans les tenues vestimentaires qui devenaient de plus en plus colorées et allégées. Les deux anglaises qui dirigeaient le campus, étonnamment jeunes pour leurs responsabilités, étaient psycho-rigides à notre arrivée (surement pour compenser leur inexpérience, m’enfin!). A mon contact, elles relâchèrent la pression. Au début, avec ma directrice il était clair que les relations resteraient professionnelles et même un peu tendues avec ces deux anglaises. Hé non! Même elles n’ont pas été insensibles aux ondes magiques dont j’étais la source.

Donc, plus je m’apercevais de cette mystérieuse beauté de vie qui évoluait dans ce micro système (le campus), plus je brillais et plus cela me déstabilisait. Au deux tiers de la colo, une anxiété s’amorça au sein du bien être féerique dans lequel je planais. Il n’y avait jamais eu de pauses, de stabilités ou de retours en arrière dans mes virages maniaques ; l’énergie monte et je monte avec sans pouvoir m’arrêter. Totalement conscient de mon illumination, je commençai donc à m’inquiéter sur ce que j’allai devenir en continuant de briller comme cela. Je me rappelle les nuits, seul dans le parc du campus, à questionner les étoiles, à être en connexion avec quelque chose de magique qui me dépassait complètement. Difficile de trouver les mots sur ces sensations là.

La différence avec mes précédentes frasques, c’est que j’avais un certain recul sur moi. Aussi avec mes expériences passés, j’avais pris l’habitude d’avoir toujours du tercian (un gros calmant pour être bref) sur moi. J’en prenais donc, en plus de mon traitement habituel, pour arriver à dormir. Mais ça ne suffisait pas pour stabiliser cette énergie pour le peu déstabilisante.

Autour de la dixième nuit, encore un plus angoissé et terrifié par mon état, je pris la décision de révéler le poteau rose à ma directrice : « Je suis bipolaire…blablabla… Je me sens bizarre…blablabla… Je sens que je vais craquer ». Mon adorable directrice, infirmière de métier, fut très compréhensible. Elle décida qu’à partir du lendemain je ne serais plus responsable des jeunes. Le programme étant une journée à Londres, je viendrais avec le groupe tout de même mais non pas en tant qu’animateur, seulement en tant qu’accompagnateur. Aussi, j’appellerai ma mère pour un retour anticipé.

Ouf ! La pression allait redescendre… Enfin, c’est ce que je pensais cette nuit là avant de m’endormir. Jamais je n’aurai pu prévoir que cette journée à Londres serait en réalité un véritable cauchemar.

A suivre

W.

Prochain épisode : Maniac Story-ep18 Je suis un prophète

Début de la saison 3 : Maniac Story-ep 16 Season 3

Début du récit Maniac Story : Maniac Story-ep01 Je t’aime à la folie

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Je suis un extra-terrestre

Oui, parfois cette pensée délirante s’installe naturellement dans mon esprit : « Suis-je un extra-terrestre? » C’est une solution qui semble répondre facilement à mes doutes et incompréhensions.

Etant donné que je ne trouve pas ma place ici-bas sur Terre, peut être que simplement je ne suis pas le bienvenu dans cette forme de vie. Mon corps peut assouvir tous ces besoins afin de survivre : manger, boire et se reproduire. Mon esprit est ailleurs. Je suis sans cesse en train de m’adapter à tel environnement, à tel situation, à tel événement et à tel humain pour pouvoir exister.

Personne ne me comprend. A chaque occasion que j’ai pour m’expliquer, développer mon opinion ou exprimer un ressenti, j’ai directement le sentiment d’être incompris. Oralement, mon langage n’est pas clair parce que dès les premiers mots sortis de ma bouche, je sens qu’il ne seront pas bien reçu alors ça brouille le reste du message. Lorsqu’une personne prend la peine de m’entendre et fais l’effort de m’écouter et prononce le mot sacré « je te comprends », je quitte tout de même la discussion avec un sentiment amer d’inachevé. J’ai des idées et des pensées qui ne sont pas comprises ici alors d’où viennent elles? et moi, d’où je viens? Il arrive parfois que je parviens à m’exprimer avec le cœur, à sortir de moi un message intensément personnel et à chaque fois on me fait signe d’un moyen ou d’un autre de me calmer, de me taire en fait.

Il y a certaines choses qui me font vibrer ici. Tu sais, ce qu’on appelle les grandes valeurs humaines : le partage, la tolérance et la solidarité. Je suis très sensible à ces idéaux. Idéaux parce qu’en réalité je ne les vois pas être appliqués sur la Terre. Ils sont dérivés de l’Amour. Mais où est l’Amour sur Terre? Pour être plus précis, dans la vie de tous les jours, je suis sensible aux situations exposant un manque de partage, un manque de tolérance et un manque de solidarité. Le pire, c’est qu’au fil des années, je deviens de plus en plus  imperméable face à ces situations. Je m’humanise? ou je me déshumanise? S’adapter à la vie terrestre est pareil à oublier ces valeurs qui sont alors extra-terrestres?

Je me surprends à rêver la nuit en fixant le ciel étoilé comme un enfant loin de sa maison et de sa famille. Entre Ciel et Terre je ne sais pas d’où je viens. Certainement mon corps appartient à cette planète mais je suis sûr que mon esprit lui vient d’ailleurs. D’une étoile si lointaine que mon regard ne peut l’attraper pour soulager cette blessure existentielle.

Finalement, j’ai du mal à croire Darwin et son théorème de l’évolution malgré le magnifique Origin of Species édition Folio Society trônant sur mon étagère. L’Homme ne peut être la progéniture de la Terre. Certes le corps humain apparaît comme le résultat d’une évolution parfaite depuis l’apparition de la vie sur cette planète, mais l’esprit humain ne peut pas l’être. Connais-tu une forme de vie qui détruit son propre environnement. Si on soustrait l’humanité de la vie terrestre, tout est parfait. La chaîne alimentaire est préservée. Tout ne fais qu’un, le paysage fait jaillir la Beauté de tous les éléments d’une logique incalculable et toutes ces richesses se fondent les unes dans les autres pour faire un Tout : une nature merveilleuse. Maintenant, introduisons l’Homme et ses constructions… L’unité est rompue, il y a quelque chose qui cloche. Plus l’humanité évolue plus elle détruit sa sois-disante Terre Mère. Si la Terre est vraiment la mère biologique de l’Homme, le père lui est absent physiquement de la planète. Nous sommes des extra-terrestres, en partie du moins. Des bâtards abandonnés.

L’humanité n’y croit pas, moi je le sens et je ne peux vivre à contre sens donc je dois assumer seul : je suis un extra terrestre.

Et toi, qu’en penses-tu? J’aimerai beaucoup savoir…

A bientôt,

W.


C’est plus fort que moi : Je rêve

Il y a quelque chose qui me maintient en vie depuis tout le temps : c’est rêver. C’est plus fort que moi : je rêve ma vie. Et ça, aucune blouse blanche, ni de hauts murs, ni de pilules pourront l’empêcher…

Petit, je rêvais d’être heureux. A dix ans, le soir dans mon lit, je me demandais souvent comment je voulais être plus grand ; je n’avais aucune réponse précise à part celle de vouloir être heureux. J’y aspirais tellement à cet état de bonheur. Alors, je regardais la télévision et je voyais les footballeurs qui se faisaient acclamer dans les stades, j’ai donc fait du foot, je rêvais d’être acclamer comme une star. Puis, quand j’ai vu que je n’avais pas de talent particulier pour ce sport, j’ai rêvé à autre chose. Au collège,  la découverte des sentiments qu’on pouvait éprouver pour une fille m’a fait rêver à l’amour. J’aspirais si fortement à la sensation de pouvoir s’abandonner dans une autre personne, fusionner et créer un monde propre à tous les deux. Et puis, la société m’a fait comprendre qu’il fallait un bon travail pour être heureux alors j’ai rêvé d’être riche, très riche, posséder la Lamborghini Diablo Gt orange, celle que j’avais collé dans mon agenda. Lorsque mes professeurs me demander d’écrire quel travail je voulais faire, j’inscrivais sur les petites feuilles de renseignement : PDG de Carrefour. Rêves de grandeurs…

Au lycée, je suis revenu à mes aspirations essentielles, trouver le bonheur, être heureux quelle qu’en soit la forme. Mal dans ma peau, je rêvais d’une aisance, d’un amour propre, d’une reconnaissance. J’écoutais du rap en faisant des abdos, tractions, et pompes, je rêvais d’un corps musclé, fort. Cela ne m’a jamais amené une once de bonheur, heureusement, ensuite, il y a eu l’alcool et le cannabis. Boire et fumer m’ont aidé à me désinhiber mais à cet époque je ne rêvais plus, je me fuyais. A 22 ans, je n’arrivais toujours pas encore à réaliser mon rêve : être heureux. Je ne trouvais pas de formes sur Terre dans lesquelles je pouvais trouver ce profond sentiment. J’avais accumulé pendant toutes ces années cet propension en l’espoir, ce désir de l’absolu et cette soif d’amour sans pouvoir y goûter réellement. Alors je me suis inondé, j’ai implosé, ne trouvant pas mon compte dans le réel, j’ai plongé dans l’irréel. Tu connais la suite…

J’ai rêvé trop grand, trop large, trop vague sans travailler à réaliser quelque chose. Je préférais m’oublier dans des heures de films et vivre dans ces fictions en regrettant que chaque film ait une fin. Ne sachant quel rêve concret réaliser, j’ai rêver ma vie. « Vis tes rêves » facile à dire… Même si je ne savais pas vers quelle direction rêvée m’orienter, je ne pouvais me résoudre à une vie banale, mon destin est grand, impossible de le renier. Cette obstination intime n’avait guerre d’issue que la pathologie et la souffrance. « Tu ne veux pas d’une vie modeste? tu veux vivre un rêve dont tu ne fais rien pour y parvenir parce que tu ne sais pas sous quelle forme réel il tient ?… et bien souffre! » Cela me semble juste : la souffrance est une forme d’existence pour les difformes.

Après la première vague de folie, j’ai su que je voulais être acteur, tel était mon rêve, mon destin, ma façon d’être heureux. Cela m’a maintenu dans une sorte de fuite qui laissait tout le loisir à la folie de m’emporter à la moindre fragilité. C’était trop tard pour être acteur et je n’avais pas un don inné pour la comédie. J’avais toujours en moi cet océan à canaliser, toute cette énergie captée depuis ma naissance et sublimée par la manie. N’étant pas un grand communiquant avec mes proches, il me fallait un moyen d’expression, un média entre mon univers intérieur et la réalité. L’écriture est venue comme une nécessité. L’Art est une nécessité. On ne peut vivre sans s’exprimer et pour les êtres spéciaux-non communs-fou, l’Art est salvateur. J’ai commencé à écrire brutalement sous forme de poésie, j’ai vomi dans des vers abstraits mon bordel intérieur. Et depuis (pas si longtemps en fait) j’écris.

Et je rêve toujours, mais je suis plus sage, je rêve de choses réalisables. Non, c’est faux, j’ai toujours cette aspiration latente en quelque chose de grand, gigantesque et c’est pourquoi mon amie folie n’est jamais loin. Je rêve toujours en regardant des films ou concerts en voulant intensément ressentir les mêmes grandes énergies que les célébrités reçoivent lorsqu’elles se font acclamer comme si elle étaient des vraies étoiles. Je rêve toujours d’un amour fusionnel et cette création d’un univers à deux. Je rêve toujours d’être riche pour pouvoir voyager et installer mon large égo où je veux. Je rêve toujours d’être un acteur et ce rêve est moins fantasmatique qu’avant puisque je fais du théâtre (alors qui sait?). Et je rêve, évidemment, d’être écrivain, un artiste. La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que depuis ma première crise de folie j’ai trouvé mon média, mon moyen de parvenir à mes rêves : l’écriture. Je rêve toujours autant ma vie, mais aujourd’hui je peux dire que je travaille enfin à la réalisation de mon rêve (même s’il faudrait que j’augmente le rythme de production si je veux avancer).

Les rêves c’est personnels alors vas-y n’hésite pas : rêve! C’est par là que tout commence, il faut rêver, avoir foi en ses rêves, avoir espoir et enfin être ouvert aux opportunités que la vie nous réserve afin de réaliser nos rêves.

L’échange entre personnes concernées par ce sujet est possible sur le forum que j’ai créé avec d’autres foufous : http://hypersensible.forumactif.org/

PS : Je lance un projet d’association entre HyperSensibles qui inclue biensur les bipolaires : www.association-hypersensibles.fr

A bientôt,

W.


Maniac Story-ep07 : Le cheminement logique

Je descendais du bus et continuais le chemin qui me menait à la lumière. Je m’engouffrais alors dans un chantier, c’était tôt dans la matinée. Un ciel bleu clair et un soleil rayonnant brillaient à mesure que j’avançais dans ma quête. Les planètes se concordaient à mon esprit, j’étais de plus en plus en unité avec l’Univers. Je suivais alors la voix en moi à l’intérieur de ce bâtiment en construction. Des poutres et plein d’autres matériaux encombraient cet endroit. Où aller? Au même moment que je me posais la question, je compris qu’il fallait que je dégage le sol sous mes yeux. En effet, après avoir retiré avec force des morceaux de bois et des longs barreaux de fer, je découvris une grande trappe métallique qui apparaissait dessous un tapis de poussières. Avec un effet de levier, j’ouvrais cette porte et m’aventurais dans ce nouveau passage. Je descendais et très vite, je me retrouvais dans l’obscurité à quelques lieux sous terre. En cherchant mon chemin, j’aperçus très vite une lueur à moins de dix mètres. Il était naturel que je devais sortir par ce trou pour regagner la lumière. Je suivais alors mon destin jusqu’à la sortie du chantier. A l’entrée, qui donnait sur la rue, deux hommes, vêtus comme des employés du bâtiment, fumaient leurs cigarettes. « T’es qui toi? qu’est ce que tu fous là? » me dit le premier, « je suis le charpentier » répondis-je naturellement aussitôt . La magie s’opéra de nouveau lorsque le deuxième eut autorité sur le premier « Oui, c’est le charpentier » dit-il, simplement. En réalité , j’étais recouvert de poussière et j’étais très crédible en homme du bâtiment. Je m’étais proclamé charpentier comme Joseph, le père de Jésus.

J’avais faim. Un boulanger chargeait sa camionnette avec de grands sacs de baguettes. Je lui en demandais une par charité, il me donna une baguette, évidemment.

Je continuais à marcher sur cette même rue lorsque le ministère de l’agriculture se dressa sur ma droite. Il était encore tôt, il n’y avait pas grand monde, juste une personne ou deux à l’accueil et un vigile de sécurité. Je m’introduisais dans le bâtiment dans mes habits sales en mangeant mon pain quotidien. On me laissa entrer comme si j’étais monsieur le ministre. A l’étage, je pris un long couloir. Dans mon chemin vers les étoiles, vers la gloire, il ne pouvait pas avoir de retour sur mes pas, je devais toujours aller de l’avant. Ce couloir était un cul de sac, cela voulait dire qu’une personne, importante dans ma quête, devait m’attendre dans un bureau. Hélas, toutes les portes étaient fermées à clef… sauf le dernier bureau à droite au fond du couloir. J’y entrais, personne. Mais, bien sûr, la fenêtre était ouverte et elle donnait sur un échafaudage. C’est comme ça que je contournai le grand bâtiment par l’extérieur. Le bout de mon chemin sur l’échafaudage donnait sur une autre fenêtre à l’autre bout du ministère. Je rentrais alors à l’intérieur et me dirigeai vers l’entrée, encore une fois, je passai devant l’accueil et la sécurité sans que personnes témoignent d’objection à mon sujet. Normal, ma présence physique les envoûtait. Ou plutôt, c’était un esprit, plus grand, responsable de ma quête, qui veillait sur le bon déroulement de mon parcours.

Toujours dans Paris, les signes m’éclairaient à nouveau sur la poursuite de mon aventure. Ils m’indiquaient qu’il fallait que je me rende à l’hôpital où avait eu lieu ma naissance (situé dans le 94). Ce rendez-vous symbolique signerait l’avènement de ma destinée. Je le sentais très fort en moi, cela allait être grandiose ; un événement d’une puissance inégalée dans l’histoire de l’humanité.

Je compris alors la réelle nécessité d’avoir cherché une voiture, la veille dans le parking sous-terrain. Mais, maintenant, il était écrit que je devais m’y rendre en taxi…

A suivre,

Dans le prochain épisode, je te raconterai donc l’histoire de la scène avec le taxi-man. Une réelle intrigue. En réalité c’est le moment le plus mystérieux que j’ai vécu au cours de ce récit.

Si tu prends en cours de route cette série, je rappelle alors que ce récit est une histoire que j’ai réellement vécu. Je décris ces quelques jours d’un point de vue intérieur bien sûr. Je rappelle aussi qu’une crise maniaque, aussi délirante soit elle, on s’en souvient très bien, bizarre, non?

Prochain épisode : Maniac Story-ep08 : Le mystère de la magie

Episodes précédents :Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

Maniac Story-ep02 : L’exorciste

Maniac Story-ep03 : Parano

Maniac Story-ep04 : Porté disparu

Maniac Story-ep05 : Les Anges

Maniac Story-ep06 : La rencontre

A bientôt,

W.


Maniac Story-ep06 : La rencontre

Voilà la suite du récit de ma première crise maniaque.

Précédemment dans Maniac Story:

Un élan d’excitation, d’effusion, d’hyper activité me donna des ailes et me fit entreprendre une aventure peu ordinaire. Cette montée en puissance débuta au sein de mon école de commerce en Juin 2008. Très vite je me métamorphosai en Cyrano de Bergerac auprès de ma bien aimée (épisode 1). Puis je sentis une force intérieure démoniaque lorsque mes parents, inquiets par mon comportement, m’emmenèrent voir un psychiatre (épisode 2). Puis, je fus remercié par mon employeur qui était au courant de mes frasques (épisode 3). Après une nuit d’accalmie, shooté par un puissant anxiolytique, à la maison, mon esprit profondément prit par la folie, mit ma raison hors de contrôle. Je disparus dans la nature (épisode 4). Commença alors, un vagabondage à travers La Défense et le hasard me fit découvrir des situations mystérieuses (épisode 5). Enfin, je me rendis au restaurant parisien le Fouquets où devait m’attendre le gardien d’un nouveau monde qui m’appelait à travers tant de signes depuis quelques jours.

J’attendis alors quelques instants au bar de ce lieu luxueux, idéal pour mon entrée dans la famille des Stars qui m’appelait pas plus tard que la veille à travers ce fameux clip musical qu’était apparu sur mon téléphone. La dite personne n’était pas là. C’est normal, je ne suis pas assez bien habillé pour me faire accepter auprès de cette classe prestigieuse. Sans même attendre le whisky que j’avais commandé, je sortis et me dirigeai vers la grande boutique Hugo Boss. Les conversations que je croisais dans la rue étaient des messages secrets pour m’indiquer ce que je devais faire. Les signes me disaient alors d’attendre sur le banc en face de la belle entrée et une personne viendrait m’ouvrir, en pleine nuit, la boutique et m’offrirait une tenue convenable. Quelques minutes plus tard, j’étais toujours en train d’attendre et un autre signe m’indiquait de me diriger dans le parking souterrain (le George V je crois). Le rendez vous avait changé d’endroit pour un lieu plus discret et retiré, plus adéquat pour mon baptême chez les Etoiles. L’excitation ne faisait que croître et j’étais de plus en plus dans un état de trans, d’osmose avec mon environnement, je ne faisais qu’un avec l’univers et je sentais mes pouvoirs se développer. Je cherchais alors cette voiture prestigieuse qui devait être à ma disposition. Elle était garée à l’écart des autres, recouverte à moitié par une bâche de protection. Elle était la matérialisation concrète de ce que mon esprit prévoyait. Il me manquait les clés. Lorsque je demandais au gardien, dans son box, s’il avait trouvé des clés, une élégante personne qui me croisait au même moment et qui avait entendu ma requête, répondit à la place du pauvre homme qu’elle avait vu des clés de voitures par terre quelque part dans le parking. Je la remerciais pour son aide. Mais je ne trouvais pas la clé. Je devais être en avance pour mon heureux avènement.

Je marchais dans les rues de Paris. J’étais hors du temps. J’évoluai dans une dimension qui m’était propre à moi et aux personnes qui m’avaient introduite dans cette matrice. Il me fallait les retrouver absolument. J’atterris dans une cour à l’intérieur d’un monument parisien (Le Louvre peut être). Il faisait toujours nuit, et je devais retrouver une personne qui me guiderait dans ma quête. Sortant de l’obscurité, un curieux personnage vint à ma rencontre, je ne me souvins plus de ce qu’il me raconta. Sûrement un vulgaire vagabond à la recherche aussi de sa propre destinée. Dans cette cour, je pouvais apercevoir des bureaux sous-sols avec des petites fenêtres qui donnaient au rez de graviers. Il y avait à en endroit une petite descente qui menait à une porte cachée par l’ombre de la nuit. Elle devait évidemment servir d’entrée dans ces locaux d’agents secrets. Je voyais de la lumière par les fenêtres mais il n’y avait aucune présence humaine. Après un échange non mémorable, mon curieux guide s’engouffra dans le noir de cette descente, puis disparu. Après un court instant, je descendis aussi. Personne, et la porte était bel et bien fermée. J’étais embêté, perdu, que devais-je faire à présent? Persuadé qu’il fallait que j’aille dans ces bureaux secrètement souterrains, je ramassai une pierre et l’envoyai sur la fenêtre. Aussitôt fait, je partis. Sortis de cette impasse qui ne m’offrais aucun signe, je repris mes esprits. Il me fallait prendre le bus.

Le soleil se leva et montra un nouveau jour qui marquera bientôt la fin de ma quête.

Prochain épisode : Maniac Story-ep07 : Cheminement logique

Episodes précédents: Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

Maniac Story-ep02 : L’exorciste

Maniac Story-ep03 : Parano

Maniac Story-ep04 : Porté disparu

Maniac Story-ep05 : Les Anges

W.


Maniac Story-ep05 : Les Anges

Je pris alors le RER direction Paris et me laissais guider par cette voix. En réalité, ce n’était pas une voix mais une force intérieure qui avait pris le contrôle sur ma raison. Je descendais la station d’une ville de proche banlieue. Je suivais les signes qui apparaissaient autour de moi : des affiches publicitaires, des conversations de gens qui me croisaient par exemple. J’avais un objectif. Quelqu’un m’attendait à un endroit. Je devais me laisser guider pour le retrouver. En fait, c’était un entrepreneur très charismatique, rencontré le mois dernier au sein de mon école de commerce, que je devais rencontrer pour qu’il puisse m’ouvrir les portes d’un autre monde. Celui des stars, des étoiles comme celles qui étaient apparues via un clip sur mon portable. Le téléphone de dernière technologie qui reposait maintenant au fond de la seine. Mon étoile intérieure brillait – je brillais si fort- alors mon destin était de rejoindre ces autres personnes de lumière.

Un peu plus tard, je me baladais sur l’esplanade de la Défense. Il faisait nuit. Une certaine pureté reposait dans l’air autour de moi. Il y avait une sorte de passerelle faite de bois. Large de dix mètres, il y avait des bancs au milieu de celle ci. J’étais pratiquement seul  à marcher dessus vers son extrémité. C’était un cul-de-sac et à la fin de ce couloir, parsemé de  petites lumières sur le sol (comme un chemin d’étoiles), un panorama de Paris se dévoilait sous mes yeux. L’Arc de Triomphe était en face, dans le prolongement de la passerelle et du couloir étoilé. C’était magique. Un couple était debout à quelques mètres de moi. Un couple d’Anges. Ils étaient presque transparents et irradiaient une énergie si apaisante et tellement pleine d’amour. Ils étaient là pour m’emmener. J’allai à leur rencontre. Il était très tranquille et elle était très belle. Je leur parlai mais ne compris pas leur langage. Néanmoins, ils me firent signe de suivre un chat noir qui était dans la rue en dessous de nous. 

J’étais alors à un grand carrefour de voitures non loin de l’esplanade de la Défense. J’étais persuadé d’être au bon endroit au bon moment. Mon but était resté le même : rejoindre le gardien de mon nouveau monde. Je m’apprêtais à faire du stop et à peine une minute plus tard, une voiture s’arrêtait pour m’emmener. C’était comme si tout l’univers était à mon service. Deux magnifiques jeunes femmes, en tenue de soirée, me conduisirent à une borne de taxis. Elles semblaient avoir l’immense privilège de m’escorter, de rencontrer la nouvelle star. On s’approcha alors de deux taxis qui stationnaient, la belle conductrice me demanda « tu veux prendre le taxi rouge ou le taxi noir? », je répondis « le rouge », évidemment.

J’ordonnai au chauffeur de taxi de m’emmener au Fouquet’s, restaurant prestigieux de Paris, le Gardien devait certainement m’attendre là bas. En fait, il m’attendait là bas, c’était sûr, tous les signes m’y dirigeaient.

Avant toutes choses, je m’installai au bar et commandai un whisky.

Prochain épisode : Maniac Story-ep06 : La rencontre

Précédens épisodes : Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

 Maniac Story-ep02 : L’exorciste

Maniac Story-ep03 : Parano

Maniac Story-ep04 : Porté disparu

W.


Maniac Story-ep03: Parano

C’était un samedi après-midi ensoleillé du mois de mai 2008. A côté de mes études de commerce, je travaillais en tant qu’animateur pour enfants dans un complexe sportif au bord de la seine quelque part dans les Yvelines.  Ce samedi après midi j’étais attendu au centre de loisirs pour animer un anniversaire.

Après ce passage chez les démons en blouse blanche, j’avais un milliard de choses à l’esprit mais je me dirigeais tout de même vers mes obligations professionnelles en empruntant un chemin le long de la seine.

Plutôt dans la semaine, pour répondre à mes besoins de créateur d’entreprise, j’avais acheté un téléphone dernière génération doté d’un forfait pro à 100 euros par mois. Très faible investissement vu que j’étais l’ entrepreneur de l’année.

Marchant vers la seine, toujours sous l’emprise de cette énergie démesurée, je tentai de m’apaiser en regardant une fois de plus  la chanson, sous la forme d’un clip vidéo, qui s’était chargée mystérieusement sur mon portable. « On est tous africain, africain… On est tous africain, africain… loin de nos origines… » plusieurs stars françaises chantaient ces paroles et illuminaient devant mes yeux l’écran de mon portable.  Ils m’avaient envoyés ce message via mon téléphone, ils m’invitaient à les rejoindre, j’en étais persuadé. Depuis quelques jours je brillais intérieurement de milles feux. Ces artistes, ces anges, ces étoiles surhumaines avaient repéré ma renaissance, la révélation de mon étoile, et venaient me chercher, tout naturellement, pour que je retrouve ma vraie famille.

Le problème c’est qu’en écoutant cet hymne à mon honneur, mon téléphone se mit à sonner: mon portable est piégé, des personnes me suivent, on veut m’empêcher d’atteindre mon but, je suis persécuté. Une fois de plus, une rage intérieure me dépassa et sans hésiter je me débarrassai de mon téléphone. Je le jetai dans la seine. Voilà, je suis libre. Me sentant léger je continuai mon chemin au bord du fleuve. Cet élan de libération ne s’arrêta pas. Je sentis le besoin de me débarrasser de mon cuir. Allez hop! 250 euros dans la seine. Je jubilai, je me sentais en fusion avec la nature. Je sortis du chemin, descendis le talus et m’essayai près d’un arbuste au près de l’eau. Le sentiment de persécution n’étais pas totalement parti avec le jet de mon téléphone. Il fallait que j’élimine les traces que je laissais derrière moi. Qu’est ce qui efface le mieux les traces? Je me mis à a préparer un feu. Je vidai mes poches en dessous de l’arbuste. Ce dernier était sec, parfait. Je démarrai le feu et puis repris la route. Je me sentis mieux, je me dirigeai alors vers le centre de loisirs. L’idée d’être entouré d’enfants que je connaissais bien, loin de tout mal, m’apaisai déjà.

Prochain épisode: Maniac Story-ep04 : Porté disparu

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Maniac Story-ep02 : L’exorciste

W.