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C’est invisible

En 2013, une solitude terrible m’a obligé de créer cet espace pour m’exprimer, verser tout les mots qui traduisent mon isolement. Alors je t’ai trouvé, toi lecteur anonyme, j’étais compris, je n’étais pas seul. J’ai eu le besoin alors de réaliser un peu plus ce fait que je n’étais pas seul. De là est né une première rencontre le 21 juin 2014. A la suite de celle-ci j’ai écrit cet article : C’est indicible. Un texte né par des larmes libératrices.

Deux ans plus tard, 20 rencontres plus tard, ce weekend c’était le premier week end entre hypersensibles. Un weekend à la campagne qui regroupait 5 personnes habituées des rencontres parisiennes et 5 autres de toute la France avec qui je développais depuis les débuts de mon blog des relations à distance. Je n’aurai pas cru que ce weekend aurai eu le même impact que la première rencontre. Hier matin les mêmes larmes ont coulé.

Ce weekend, certainement le plus beau de ma vie, celui qui m’ apporté le plus.

J’ai une appréhension à écrire, et partager ce qui se passe en moi depuis dimanche soir. J’ai peur de trahir mon monde intérieur en m’exprimant mal.

Dernièrement, il y a eu la Bretagne, Deepak Chopra qui m’illumine et m’accompagne à travers son ouvrage : Le livre des secrets. Voir les articles précédents. Tout cela a permis de profondes transformations en moi. Et là ce weekend, avec l’intensité des échanges, la richesse humaine qui s’est partagée, c’est une libération encore plus violente. Mon monde est nouveau. Je vis un renouveau. Deux personnes rencontrées grâce à ce blog, habituées des rencontres parisiennes, amis hypersensibles, ayant participé à ce weekend me renvoient également leur transformation personnelle. A la différence d’avant, je ne suis pas seul à explorer…. Bref, j’ai des amis, futur coloc même, trio magique. Des véritables amis avec qui je peux être ce nouveau moi.

Aujourd’hui est un jour nouveau, si nouveau.

J’essaie de l’écrire, mais tout cela est si invisible. Ce qui m’importe est invisible, ce qui me constitue est invisible.

Chaque instant, chaque moment prochain est si vierge. J’ai compris que mon bien être résultait de ma faculté à ne rien attendre, rien vouloir, ne pas m’attacher à des croyances, ne m’attacher à rien pour pouvoir accueillir le présent sans le poids d’une identité déjà passée. Je sais que je trouverai la paix en travaillant à être personne. Effacer les barrières qui me séparent de l’autre, de toi, de vous, de toutes choses. Me laisser entraîner par le flot de la vie. Ça paraît spirituel, perché. Çà semble être une prémisse d’une crise maniaque. Tu percevras ce texte par rapport à qui tu es, ton identité, ta mémoire, tes croyances, tes peurs. Pas deux personnes l’interpréteront pareil.

J’ai compris aussi qu’il n’y avait pas de séparation entre la dimension spirituelle et physique. Tout est physique et spirituelle en même temps. Ecrire est une action physique avec un sens spirituel, c’est créer.

On ne peut pas faire du nouveau avec de l’ancien, écrit Choppra. C’est vrai, et je sens des parties de mon identité qui me pesaient tant, enfin se libérer et disparaître. Mais cela est invisible. Chaque moment que je partage avec d’autres, je vois leur visage, écoute leur parole, c’est le visible. Ce qu’ils me montrent n’est autre qu’une partie de moi, invisible, qui se manifeste, devient visible. C’est la création aussi simple soit-elle. Chaque expérience nouvelle qui passe, c’est l’invisible en moi qui se manifeste à travers une personne, une action. Et inversement pour la personne. Je suis à chaque instant ce que montre l’autre. L’autre existe pourtant dans sa partie invisible. Chaque instant qui passe est un espace-temps où deux phénomènes invisibles deviennent visible. Le big bang.

Je suis un explorateur, je n’ai pas eu le choix, c’est mon trouble à l’époque qui m’a obligé à explorer à l’intérieur pour régler mes conflits internes. Aujourd’hui, je récolte le fruit de mon travail, j’ai navigué si longtemps, découvert quelques îles qui m’ont permis de garder espoir et le cap. Aujourd’hui, comme Christophe Colomb, j’ai découvert un continent. J’ai jamais étais aussi proche du centre de la Terre, de ma Terre, de ma planète.  J’ai tant de choses à écrire. Je dois écrire pour rester avec toi, je dois avoir des amis pour être avec eux qu’ils m’écoutent, qu’ils m’aident et inversement. Cette aventure ne peut être solitaire. Je dois garder contact avec ma famille, même si cela est compromis car je dois garder une part ancienne de mon identité pour être en contact avec eux. Je ne peux pas être que dans le nouveau, je risque la folie, mais surtout de faire souffrir ceux qui m’aiment, ceux qui ont besoin de moi.

Cette terre étrangère, invisible pour les autres car c’est mon unicité, que je foule n’est pleine que de surprises. C’est l’inconnu. C’est merveilleux et déstabilisant en même temps. Comme le bébé qui commence à marcher (image tiré du livre des secrets de Choppra). Heureusement le Destin a répondu à mon désir oublié de reparticiper à la tournée comme l’année précédente, coup du Destin qui s’est opéré ce weekend aussi avec le coup de fil de ma metteur en scène. Travailler ce spectacle au sein d’une troupe que j’aime chaque jour jusqu’à Juillet va me permettre de rester ancrer. La vie est bien faite.

La méditation, le recentrage sur ma respiration, l’observation de mes émotions et pensées, est l’activité numéro une  de mes journées. Entre chaque moment je me recentre, je digère les perceptions passées pour mieux accueillir celle à venir. Que le nouveau ne s’entrechoque pas trop avec l’ancien. J’ai découvert récemment plus profondément les nœuds en moi sources de souffrance. Principalement le sentiment d’injustice profondément ancré en moi, il existe fortement car c’est durant l’enfance que j’ai été exposé à d’hyper sensibles injustices. Lorsque cette partie obscure se manifeste, je tente de l’accueillir, je l’observe, je ne fais pas tellement attention aux pensées qui s’en échappe mais plutôt à l’émotion douloureuse sous jascente. Eckart Tolle écrit que poser la lumière de sa conscience sur un trouble, le soigne déjà en partie. Je me centre sur ce sentiment, je sens la douleur alors, je l’accueille et plus je met la lumière dessus plus elle peut se dissiper en moi et disparaître. Le corps évacue la douleur naturellement. Mais le fait de refouler ce qui fait mal, cela crée la souffrance. Et la souffrance est une autre affaire.

Es-tu là encore ami lecteur? Oui, sinon cette phrase qui s’écrit n’existerait pas pour toi. Je me demande quelle part invisible de toi va se manifester quand tu vas rencontrer ce texte visible. Sûrement le savant fou qui est en toi, haha! Je suppose, impossible pour moi de le savoir car cela est en fonction de ton univers invisible qui est fondamentalement unique. Moi, j’ai besoin d’écrire tout cela. Il le faut, je ne peux pas laisser ces pensées dans les eaux stagnantes oubliées au fond du puits de mon être.

Ce qui est nouveau dans mon écriture c’est que je me recentre (respiration abdominale et état court de non-pensée) parfois entre deux paragraphes. Aussi la journée, lorsque le désir d’écrire un article survient, je m’efforce à ne pas anticiper ce que je vais exprimer. Pour ce soir, je n’avais que le titre.

Je sens mon cœur battre. Je suis comblé. Il me manque juste une femme, une femme avec qui je pourrais faire une partie du chemin, la main dans la main, les jambes entre-mêlées. Mais ce n’est pas urgent, cela viendra lorsque je serai prêt certainement. En attendant je travaille la pratique du tantra seul, c’est à dire la circulation de l’énergie sexuelle dans tout le corps. Il est vrai que j’éprouve parfois la forte envie de partager ces moments avec une autre. M’enfin patience!

La priorité aujourd’hui est de partager, je dois parler avec mes amis, partager, ne pas rester seul avec tous ces nouveaux ressentis. Prendre soin de moi, garder une bonne hygiène de vie pour bien digérer toutes ces nouvelles composantes de mon être. Ne pas vouloir tout comprendre tout de suite. J’ai compris qu’il ne faut pas rajouter trop d’aliments en période de digestion. J’ai toute la vie pour continuer cette exploration. « Cours pas trop vite, sinon tu vas tomber ». Trop de courant, trop d’énergie qui ne circule pas entraîne un pétage de plomb. Là j’ai emmagasiné une énorme énergie, ce n’est pas le moment d’augmenter la tension mais plutôt de la répandre dans mes différentes canalisations. Les arts, les amis, le sport.

Et bien sûr : Patience et Espoir.

W

 


Dépression en musique!

Je clique sur lecture sur la page internet de chantefrance.com et c’est la voix de Christine and the Queens qui accompagne l’écriture de cet article. Les mots sont inspirés par mes doutes et peurs. Cinq minutes avant cela, c’était la puissance de Kery James qui me prêtait main forte pour la gymnastique matinale que je maintiens quotidiennement tant bien que mal depuis mon hospitalisation. Les quelques pompes et tractions ont le bien fait de soulager le poids de mon esprit.

Tiens c’est la pub… et maintenant Balavoine avec son SOS d’un terrien. Tiens, tiens, comme par hasard…

Il m’est de plus en plus difficile d’exprimer l’obscurité, dans laquelle je m’engouffre depuis plusieurs semaines, ici sur ce blog où j’écris inlassablement l’espoir comme si l’écriture de ma tristesse entachait les bons sentiments répétés souvent sur ce site. Comme si, j’avais une responsabilité dans mes publications désormais, ce qui est faux et n’a jamais été une volonté de ma part.

Gerard Blanc, une autre histoire, maintenant…

Quand l’âme est en peine chaque action pèse son poids de doutes et de peurs, qui chez moi cause une certaine paralysie, voilà pourquoi j’ai une vieille tendance à m’isoler dans mon mal plutôt qu’à le partager. Voilà pourquoi il est possible que je colorie ici plus souvent les mots en rouge et jaune qu’en noir et gris.

Pascal Obispo, Personne…

Je précise, car ici il est caché, l’espoir existe toujours en moi, malgré les paragraphes mélancoliques, même s’il est dissimulé profondément, j’ai appris avec le temps a garder toujours un subtil contact, quoiqu’il arrive. Là je sais qu’il est présent, malgré l’absence de légitimité, malgré le fait que je ne trouve aucune raison d’y croire.

Joe Dassin, Siffler sur la coline…

Quatre lignes par chanson, je vois par ma vitesse d’écriture l’effort inhabituel qu’il me faut pour enfoncer chaque touches de mon clavier. Mais alors, W, c’est quoi ton problème?

Tina Arena, aller plus haut…

Bah voilà, merci Tina, je ne sais pas quelle est la prochaine étape pour aller plus haut. Bon, c’est pas tout à fait bien exprimé. En fait, j’ai quelques doutes, pas nombreux en quantité, qui se croisent dans mon esprit et m’empêche d’y voir clair, tant ils sont lourds. Depuis que je me suis remis physiquement de mon hospitalisation, depuis un mois, et notamment depuis quelques jours, une question a fait le siège et étouffe mon esprit : Qu’est ce que je vais faire? Il s’agit ici du métier, de la voix professionnelle dans laquelle m’investir. Dès que j’ai la tête inoccupée, entre deux films, avant et après un article, à chaque pose cigarette, à chaque ballade quotidienne, cette question revient à l’assaut et fait son nid entre mes oreilles. Une vingtaine de fois par jour…

Les 3 mousquetaires, Un jour…

Depuis une discussion avec ma mère, le théâtre est revenu à l’ordre du jour. (J’en ai fait deux ans entre 2013 et 2015). J’ai toujours eu le rêve caché de devenir acteur. Ironiquement, depuis quelques jours et le soutien nouveau de ma mère dans cette voie là, me voilà en train douter, est-ce cela mon destin? Faut dire que jusqu’ici tous mes choix de chemins ont abouti en crise et HP, ce qui fait qu’aujourd’hui je mets toute mon énergie à douter sur chaque décision. Tu me diras qu’en cela, il est bon de douter. Oui c’est vrai d’un côté, mais de l’autre ces mêmes doutes me paralysent au quotidien  (chaque chose, même le plus insignifiant coup de fil administratif relève d’un effort surhumain)…

… Natasha St Pier, Tu trouveras (j’adore)…

En même temps au regard du CV de mon nouveau moi, en supposant que la crise de 2013 a engendré une renaissance, on y trouve du théâtre, de l’écriture, et l’organisation de rencontres. Allez ça suffit pour aujourd’hui, j’ai réussi à m’exprimer, il est midi, je m’en vais manger ma côte d’agneau heureux.

Charles Aznavour, Emmenez moi

Patience et Espoir

W

 


Sincérité quand tu me tiens

Et là voila de retour…

…Cette sensation, cette force qui vient à mon secours lorsque mon égo est en déséquilibre sur ce qui croît être le fil de son destin. Tu sais cet égo qui est ce moi que je crois être, ce moi qui a envie de cela, ce moi qui veut être cela. Ce moi qui voulait encore, il y a quelques instants, ne pas revenir ici crier son émoi. Travailler mon égo la rendue plus fragile. Je le comprends là, en apercevant encore étonné cette sensation, cette force venant du cœur et transperçant la coquille « pseudo-identité ». Cette force, c’est la sincérité. Elle me pousse à exprimer ce que je ressens même si cela doit remettre en cause toutes mes décisions, actions, pensées, passés.

La sincérité vient du cœur, c’est certain. Ecoute ton cœur, disent-ils. Oui écoute le mais attention, je te préviens ça va te secouer. La sincérité est une force de la nature, elle est ce qui doit être, un retour vers l’équilibre.

Bref, c’est magique, c’est poétique, magnifique, peut-être vu de l’extérieur mais lorsqu’on la vit, cette sincérité, elle nous oblige à témoigner le fait que, là laisser s’exprimer, cette sincérité, c’est éprouvant.

La sincérité, c’est abandonner le contrôle, c’est faire face à l’inconnu le mental dépouillé, sans armes tirées d’expériences car sans ego, c’est faire face à un vide. C’est l’expérience la plus forte de foi, de confiance aux autres, de confiance en la vie. Car la sincérité demande d’exprimer ce que l’on a peur d’exprimer de peur de ne pas être écouté, compris. Par peur de paraître faible, par peur d’éloigner les personnes que l’on aime. Peurs infondées, fausses, mais peurs quand même.

Je le vois autour de moi, ma famille, mes proches, les personnes que je rencontre le temps de les écouter un peu, je ressens chez eux souvent un manque de sincérité. Malgré eux, évidemment. Processus inconscients. Ils n’ont pas besoin d’être sincère pour vivre équilibré. Et puis il faut du temps, il faut le choisir, il faut s’engager dans un long combat pour être sincère. Inutile de lui dire : « Sois sincère! ». Non la sincérité se travaille, il faut des outils et des personnes bienveillantes autour de soi.

Moi j’ai la chance d’avoir cet espace et ces personnes. Je me suis lancé ici dans l’expression sincère de mes sentiments car à l’époque c’était nécessaire, c’était une question de survie, fallait que je laisse exprimer mon cœur, une pulsion qui maintenant fait partie de moi et qui me rattrape à chaque fois qu’un semblant d’égo se forme et m’alourdisse.

Encore une fois, est-ce que je vais être compris? Voilà la question. Je n’en ai aucune idée, la peur me ferait plus me pencher vers non, mais d’un autre côté mes lecteurs me surprennent à chaque fois. Se confronter à l’incertitude de comment va être reçu mon message est un contact avec la sincérité.

Bien sûr, je peux tout bonnement mal m’exprimer alors là il ne sera pas question de sincérité si je suis mal compris.

 

Aujourd’hui, cette sincérité me rattrape, me transperce, me vide de mes certitudes, me perd et m’ouvre à toi. C’est un ballet dans lequel je me sens prisonnier. Est-ce finalement ça mon rôle, ou est-ce encore une partie de ma construction? Je pense que c’est une arme. Une arme qui me maîtrise encore. Mais peut-on maîtriser ce qui vient du cœur?

 

En fait, mon ego ne voulait pas revenir ici, car il ne voulait plus s’exprimer sous la bannière laviedunbipolaire, parce qu’il a un contentieux avec le mot « bipolaire » et préfère depuis quelque temps le terme « hypersensible ». J’étais donc coincé entre ce prétexte, et la nécessité de m’exprimer. Et puis il y a toi et toi et toi qui m’ont écrit et déploraient l’arrêt du blog.

Mais je ne suis pas bon qu’à ça, c’est pas possible! Il faut que je trouve une forme d’expression artistique qui me fasse vivre, il faut que je m’exprime via un projet qui se réalise ou par un travail qui me fasse vivre! Tu comprends? Je ne peux pas me concentrer que sur ce blog est tout ce qui l’entoure, même si j’en aurais très envie. Je me cherche là dessus en ce moment. Je travaille sur une association des hypersensibles qui aura le nom de l’association des Hypers Sensibles tout simplement. Outre tous les objets sociaux et solidaires, ce projet d’association permettrait de rendre plus réel et formel mon expression et pourquoi pas en faire un travail à terme .

Tout ça pour dire que je suis revenu auprès de toi chanter ma complainte. J’aurais peut-être dû plutôt te raconter  mon mois de décembre qui s’est terminé par une légère hospitalisation, m’enfin voilà pour ce soir…

Le combat continue, et c’est lorsque je crois qu’il est terminé, qu’il a en réalité besoin d’un second souffle.

Patience et espoir

W.


Face à l’autre…

…J’aurai préféré être un stylo, un crayon à papier ou un clavier d’ordinateur parce qu’apparemment avec mon corps, ma bouche j’ai bien du mal à m’exprimer et à me faire comprendre. Voilà pourquoi j’écris, non pas parce que j’aime la littérature ou par quelques passions, mais parce que c’est une nécessité pour pouvoir m’exprimer. Cette situation de nouvelle colocation peut paraître tout à fait anodine, en réalité elle est très révélatrice quant à ma faiblesse de communication. Dès qu’une personne nouvelle entre dans un cercle de ma vie, je suis déstabilisé. Que ce soit sur le plan professionnel ou social, lorsque je suis contraint d’être en relation avec une personne que je connais pas, qui me connait pas, où le feeling prend pas naturellement, alors mon esprit rentre dans une sordide bataille.

Je pense qu’au départ j’ai peur de m’affirmer par peur d’être rejeté. C’est comme si j’avais quelque chose à cacher, que je ne pouvais pas être moi-même, qu’il faut que j’use de stratégies pour plaire. Et quand il y a quelque chose chez l’autre qui me déplaît je suis incapable de l’exprimer. Alors mon esprit tourne, cogite, fume et lorsque j’ai l’occasion de dire à haute voix ce que j’ai fulminé pendant des heures, je suis happé par l’énergie de l’autre et incapable de suivre le plan que j’avais répété.

Je pense que je suis hypersensible à ce que ressens l’autre. De sa moindre gène qui ne le « gène » pas du tout en réalité. Je perçois instinctivement et très rapidement les petites pousses d’émotions négatives que l’autre va ressentir et naturellement (j’ai toujours réagi comme ça) je vais « respecter » ce que vit l’autre et je vais taire ce qui me gênait jusqu’ici juste le temps de la situation. Et puis une fois seul, je vais souffrir de ce comportement et je vais remettre la machine en route, ressasser-douter-anticiper…

Tu vas peut être penser que je pense trop, j’ai conscience que ce que j’exprime ici peut paraître ridicule. En réalité c’est un véritable enfer. C’est un sentiment de solitude extrême. Une solitude si profonde est complexe qu’il ne me vient pas d’appeler un proche pour partager cette tristesse et être réconforté parce que je ne saurai comment l’expliquer oralement « en vrai » à quelqu’un.

Face à l’autre, je ressens trop et je perds mon pouvoir d’expression. J’aurai voulu être un crayon, je me serais marié à une feuille et nous aurions eu plein de petits mots / mômes…

Pfff… Que faire?

W.


La famille du bipolaire

Je pense que si l’on déclare de forts troubles de l’humeur, une instabilité mentale, c’est que notre famille n’est pas tout à fait zen… Le sage amérendien Don Marcelino entre autres m’a justement enseigné que notre premier travail sur Terre était de purifier notre arbre généalogique. Prendre conscience de tous les troubles, les nœuds, les souffrances transmises inconsciemment de générations en générations et de les soigner afin de ne pas reproduire les mêmes schémas que nos parents. Ainsi, nos enfants n’hériteront plus de tous ces maux. Dans l’idéal. Bref, je vais écrire sur ma famille ici.

D’abord, ma mère est une hyper sensible. Nulle doute là dessus. Eternelle inquiete pour ces six merveilleux enfants à qui elle est liée affectivement très intensément. Par ce lien elle me partage à moi et à ma fratrie tout son amour mais aussi toute son inquiétude et toute sa souffrance cachée qu’elle a elle même héritée.

Pour le moment je suis l’enfant qui en a souffert le plus visiblement avec ce joli diagnostique et toutes mes crises. Elle est en partie responsable de mes grands troubles passés. Mais attention, elle n’est pas fautive. Je lui pardonne, oh oui je lui pardonne. Persuadé que c’est la première chose à faire. Ce n’est pas facile, car je suis le seul dans ma famille sur ce chemin spirituel que je dissimule en grande partie encore pour ne pas nourrir leur inquiétude. En effet la spiritualité est un terrain non sans risque pour quelqu’un de fragile psychiquement. Je suis donc le seul dans la famille qui a réellement conscience de ces schémas de souffrances qui circulent dans la famille depuis tout temps. Cela m’affecte profondément et explique toute la difficulté que j’ai eu pour trouver ma place dans ma famille.

Aujourd’hui, je parviens à exprimer clairement cela. Le plus difficile appartient au passé. Aujourd’hui je sens, je vois même une transformation plus ou moins consciente qui se vit dans ma famille. C’est magnifique, mais cela ne se fait pas sans résistance. Tant les peurs sont ancrées si profondément. Tout va mieux depuis que j’ai compris que le meilleur moyen d’action étant dans la prière, la méditation et non dans une communication directe. Ces fortes connexions troubles affectives font que la communication est plutôt brouillée. Alors je préfère ne rien dire ou dire peu que dire mal. Je lis d’ailleurs en ce moment un livre sur la communication non violente pour soigner les mots que j’utilise avec eux. C’est un vrai champ de bataille intérieur. Peut être ma dernière grosse épreuve sur mon chemin : me réconcilier profondément avec ma famille. Qui se concrétisera dans le gain de la confiance de ma mère. Car la pauvre, elle subit tellement ce passif de souffrance, que jusqu’ici elle ne parvient pas à avoir confiance en ces enfants. Nous sommes toujours ces petits oisillons et c’est si dur pour elle de nous laisser voler de nos propres ailes. Le fait qu’elle soit infirmière et du coup notre première soignante rend encore plus difficile cette autonomie.

La première semaine en Bretagne se termine ce week end. Cette semaine, nous étions quatre sur six enfants présents. Deux de mes frères sont repartis aujourd’hui. Une sœur arrive demain pour la deuxième semaine avec ma petite nièce. Le dernier ne sera pas de la partie cet été étant donnée qu’il est en Irak. Beaucoup d’émotions pour ma mère… Surtout que ce dernier leur a annoncé hier au téléphone qu’il entendait les bombardements américains! Tout ça pour dire que ce matin, il n’a fallu à ma mère pas grand chose pour pleurer discrètement. Avec mon père ils sont partis tout à l’heure pour la plage et devant le refus de ma dernière petite soeur et moi de les accompagner, les larmes ont coulé. Elle s’est gardée de nous les montrer. Je l’ai senti, et directement, dans ma douche, je me suis mis à pleurer aussi. Voilà, c’est pour t’illustrer, la sensibilité présente.

Je suis heureux aujourd’hui de pouvoir partager à ce sujet. Cela montre bien une évolution, et un mieux être à venir prochainement.

Je part méditer avec ces mots que je répète beaucoup en ce moment : Pardon, merci, lumière, amour.

Et je t’exprime ceux là particulièrement pour toi : Patience et Espoir.

Bon week end

A bientôt

W.

 


Se vider, avec un soupçon de sincérité

Mon crâne. Il se vide, il se remplit… c’est peut-être ça aussi la bipolarité. D’ailleurs, est-ce que ça se passe à l’intérieur du crâne toute cette activité qui me trouble tant? En tout cas, là, je suis rempli. Sous pression. La cocotte minute est une très belle image à ce sujet. Ma situation actuelle est faite de réalisations (l’Express.fr, Zone interdite) et de répétitions intenses de théâtre en préparation d’une tournée en Juillet. Beaucoup de nouvelles choses, de nouveaux ressentis, de pensées inattendues qui s’entassent dans le sas de mon laboratoire psychique attendant tous leurs assimilations et leur intégration dans ma conscience. Chaque élément venant de ces récentes expériences est amplifié dû à mon trouble sous-jacent. Chaque petite émotion est grossie par le spectre de ma bipolarité. J’ai l’impression d’être traversé par des flux d’énergies difficiles à canaliser. Même si je suis parvenu à construire des canaux relativement forts. Mais, bien que le lit de la rivière s’élargit, le courant ne se des-intensifie pas pour autant. La vie et ses turbulences s’engouffrent partout où il y a de l’espace. C’est un fait. Et cela est une source (décidément!) de doutes qui m’amènent facilement à conclure que je vais souffrir de ce travail de canalisations toute ma vie. Si t’as réussi à t’en sortir avec toutes ces images farfelues, bravo!

Actuellement, j’ai un nœud jusqu’ici inconscient qui me perturbe particulièrement. C’est mon aspiration profonde à la célébrité. Nœud qui me semble exister depuis toujours. Hé bien, cette reconnaissance public, même si dérisoire, se réalise aujourd’hui. Je l’ai toujours voulu et pourtant elle me provoque plus de mal que de bien. Certes, j’éprouve une satisfaction mais elle ne prend pas le dessus sur les doutes qu’elle entraîne. Tout ça est encore flou mais une certitude se dégage : ce n’est pas la renommée qui me rendra heureux. Merde alors! Alors qu’est ce qui me rendra heureux? Je me questionne donc sur ce qui m’apporte de la joie……. Simple question, mais je n’arrive pas à y répondre. Oui, bien sûr, l’amour blablabla mais je te parle ici de choses concrètes (oula, j’ai failli écrire « réelles »!). Non, je crois en l’amour, mais quelle réalisation – vu que la célébrité me paraît plus une source de joie – m’apportera la joie et surtout la paix. Ou quelque chose qui se rapproche de ces états de grâce. Quel travail par exemple? Je vais me pencher sérieusement là dessus tant cela me paraît indispensable de le savoir.

Bref, ce n’est pas le ciel bleu dans ma réalité en ce moment. Rien de tel que de se vider pour écarter quelques nuages. S’exprimer. Sur ce point, je suis bien fortuné d’avoir trouvé mon média. Chacun en a un, connu ou inconnu. En rentrant ce soir, j’ai discuté quelques secondes avec un Malien débarqué par bateau clandestin via l’Italie et qui faisait la manche sur la place de la République (Paris). Pfff, il y a de quoi relativiser ma petite misère. Lorsque je prends du recul sur ma situation, aujourd’hui sur notre planète, je dois malgré tout remercier ma bonne étoile. Merci!

PS: J’ai écrit plus haut « Zone interdite », en effet j’ai été contacté pour témoigner dans le cadre d’une émission sur la bipolarité qui serait diffusée en Octobre. Je ne t’en parle pas plus pour l’instant, ce n’est encore qu’un projet. Mais bon, c’est fou comment les choses se précipitent. Heureusement qu’il reste quelques arbres en Ile-de-France qui peuvent me transmettre l’ancrage sur Terre. Ma relation avec la Nature est une autre histoire!

PS2: mon blog sur l’Express : http://blogs.lexpress.fr/bipolaire/

A bientôt,

W.


Reculer pour ne pas sauter?

Depuis peu, le soir, une énergie étrange m’habite. Des pensées parasites s’agrippent dessus et le résultat est une sorte d’envie suicidaire. Je n’ai pas la moindre du monde volonté de me tuer mais la pensée de me jeter de mon septième étage m’habite. Qu’est ce que c’est que ce bordel? C’est un peu désagréable. Je ne comprends pas d’où vient cette angoisse. Peut-être que les grands changements dernièrement (ah oui! en plus de l’Express, c’est maintenant M6 qui s’intéresse à mon cas…) provoque une sorte de funérailles d’une partie de moi. Un passé à enterrer pour un futur tout propre. Je ne sais pas en tout cas c’est pas cool. En d’autres termes c’est mon esprit troublé qui accueille d’une mauvaise manière ce que la vie m’adresse.

Bref, je suis en ce moment même en plein combat avec ce démon passager (soyons optimiste). Comme moyen de défense j’ai fermé ma fenêtre, je respire (j’ai tendance à l’oublier sur ces moments) et comme armes de combats : la symphonie 6 de Beethoven et l’expression! grâce à ce blog. Sans oublier le petit valium si ça se calme pas. J’ai aussi demandé une amie maîtrisant le reiki de m’envoyer quelques bonnes ondes. L’important est ne pas rester seul avec ça. Bon, ne t’inquiète pas, je t’écris cela surtout pour partager en direct cette expérience intéressante.

Je pense aussi à rentrer dormir chez mes parents en banlieue demain, c’est peut être préférable. Mais ça m’ennuie car ce serait perdre le combat quelque part. M’enfin, reculer pour ne pas sauter, c’est pas mal aussi. Le soucis aussi c’est de dire ça à mes parents sans les inquiéter. Voilà, cela faisait longtemps que je ne t’avais pas ouvert mon esprit. C’est un peu le bazar, hein?

Sinon, voilà l’adresse de mon blog qui vient d’être mis en ligne sur l’Express : http://blogs.lexpress.fr/bipolaire/. Je sais c’est pas très pratique pour toi fidèle lecteur de me suivre sur deux blogs différents, c’est même une sorte d’affront mais comprend moi : je ne voulais pas rater cette opportunité en or et d’un autre côté surtout pas fermé ce blog là auquel je me suis attaché. Cette situation reste provisoire. L’idée pour l’instant est d’écrire un article par semaine sur l’Express et les autres ici. Petite nouveauté, les articles sur l’Express seront traduits en anglais grâce à une lectrice de ce blog qui a la gentillesse et générosité de prêter ces compétences en traduction au service de mes écrits. Mille merci à toi. Le monde est à nous!! haha!!

Deuxième sinon, une journaliste missionnée par l’émission Zone Interdite va me suivre dans mes activités pour proposer à M6 un petit reportage sur la bipolarité. Le but étant de montrer que l’on peut s’en sortir. Une bonne étape vers la destigmatisation!

Voilà, voilà!

Je te souhaite une meilleure semaine.

Patience et espoir 🙂

A bientôt,

W.