Archives de Tag: force

Je suis guéri

Voilà,

Cela a pris quelques années mais aujourd’hui je ne souffre plus, je ne suis pas malade, je suis guéri.

Beaucoup d’éléments ont permis cette transformation du trouble en énergie. Les rencontres.

L’écriture de ce blog m’a ouvert a un puits sans fond d’énergies. Cette intention née il y a un an m’a tourné vers toi. Mes mots ont attiré ton attention. Tu m’as lu et ce faisant tu m’as envoyé volontairement ou non une force invisible qui m’a soufflé un vent de révolte. Vous êtes nombreux, cette force est le résultat d’une multiplication de vues.

Tu ne peux pas imaginer à quel point je te suis reconnaissant. Pour la plupart d’entre vous, je ne vous connais pas physiquement mais j’apprends à m’ouvrir de plus en plus à vos pensées. Je sens depuis quelque jours une vibration qui s’intensifie. Je veux te la partager. Je ne veux pas être seul avec ce bien être.

Tu m’as transmis de l’amour sous diverses forme. A mon tour, je veux t’affirmer que je t’aime.

Si tu es malade, sache maintenant que tu guériras. Les moments de doute et de souffrances, il y en aura encore, pense à moi qui est réussi à guérir grâce à toi. Imagine seulement un instant que c’est possible. Ouvres toi à l’énergie qui n’attends que ça.

Mon chemin sur Terre est encore long mais à partir d’aujourd’hui je sais qu’il est merveilleux. Et plus de personnes empruntent le chemin qui est leur, plus ils vibreront et plus on sera ensemble.

J’ai besoin de toi pour avancer. Dans le partage, dans l’échange d’amour. Alors nous nous rencontrerons et la vie sera plus facile et nous aurons le véritable présent que nous méritons.

Merci.

A bientôt,

W.

Publicités

La bipolarité n’est pas une maladie 1.2- X-Men

J’ai toujours cru que derrière la science fiction se cachait une part de vérité actuelle. Même si je n’ai jamais su l’expliquer rationnellement, je n’ai jamais pu m’empêcher de ressentir que le monde rationnel n’était juste qu’une dimension de la réalité. Comment expliquer quelque chose d’irrationnel? On apprend dés le collège à raisonner à partir d’observations pour ensuite constater et interpréter. Une démarche scientifique qui régit notre manière de penser et voir le monde. Il ne s’agit donc pas de convaincre l’autre de ses étranges convictions mais d’y croire simplement. Il n’y a pas de fumée sans feu… si monsieur Marvel raconte des histoires où des personnages ont des supers pouvoirs c’est qu’il a bien été inspiré par une certaine réalité. On invente rien à partir de rien, en tout cas c’est ce que j’ai toujours cru.

Comme je l’ai fait à partir du film Hysteria (lire l’article à ce sujet dont je suis très fier La bipolarité n’est pas une maladie 1.1) je vais m’inspirer des films X-men pour te dévoiler encore une de mes théories abracadabrantes.

Les X-men sont des mutants. Leur pouvoir, différent selon la personne, n’est pas simplement un don du ciel pour faire le bien. J’aime la réplique de Wolverine qui va dans ce sens :  « It’s not a gift because I can’t give it back » C’est pas un don parce que je ne peux pas le rendre. C’est une spécificité de leur personnalité qui se développe pendant l’enfance et évolue jusqu’à devenir un réel pouvoir s’il est bien contrôlé. Hé oui, avant de pouvoir jouer avec le feu ou rentrer dans l’esprit de n’importe qui, l’histoire nous raconte que cela reste un fardeau jusqu’au jour où le mutant est accueilli dans l’école du professeur pour se faire aider à comprendre sa bizarrerie et l’utiliser pour le bien. « Fardeau » car les mutants sont une minorité qui souffrent de leur différence et ont bien du mal à s’intégrer dans la société américaine présentée dans le film. La fille qui ne peut pas toucher la peau d’un autre sans le tuer en est un parfait exemple. Quand vient le moment d’embrasser son amoureux, elle ne peut résister à prendre le traitement anti-mutant pour guérir de sa maladie.

Tu l’as senti venir, en regardant les X-men, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec la bipolarité. Les bipolaires étant les mutants. On retrouve chez les personnages aux gènes mutés des lieux communs : la solitude, la marginalisation,la différence, l’exclusion et  l’hyper sensibilité qui engendre la haine envers les autres pour certains. Avec l’entre-aide, illustré dans l’école pour surdoués, l’apprentissage de sa spécificité, la connaissance de soi et l’appartenance à un groupe soudé, l’étrangeté initiale évolue en une force  contrôlable. Les mutants sont divisés en deux clans : il y a ceux qui rejettent totalement la société et qui veulent éliminer tous les normaux avec le prétexte que ces derniers les persécutent et ont pour projet de les guérir, et il y a ceux « les gentils » qui œuvrent pour un monde d’amour où les mutants et normaux pourraient vivre en harmonie. Les mutants qui sont parvenus à s’épanouir malgré leur handicap-pouvoir entrent dans le cercle vertueux des X-men. Chez nous, il y a les bipolaires qui subissent leur trouble et ceux qui parviennent à s’épanouir malgré leur trouble-originalité.

On retrouve dans ces films la notion de doute et de perdition. Cette anomalie qui se développe depuis leur ADN les trouble profondément. C’est le professeur et son équipe de mutants expérimentés qui vont réconfortés ces petits mutants égarés. Ils vont les aider à accepter cette partie de eux mêmes qui leur fait peur et tout ça sans lithium! Cet aspect là me passionne. Je me suis mis naturellement à leur place. Moi aussi j’ai quelque chose en moi qui me trouble et qui a explosé plusieurs fois. J’ai peur de cette partie de moi même qui m’a fait commettre des actes terribles. Même si je suis plutôt avancé dans la connaissance de ma bipolarité, j’ai toujours peur de ce petit diable enfermé et contenu à coup de lithium, lamictal et xeroquel. Les psychiatres aujourd’hui sont pas au même stade que le Professeur chez les X-men, ils n’ont pas encore compris notre trouble puisqu’ils n’ont pas d’autres choix que la camisole chimique. Finalement, il n’y a pas que moi qui ai peur mais toute la société puisqu’elle n’a pas encore trouvé de moyens humains pour nous protéger.

Néanmoins, j’ai espoir. Je suis convaincu qu’un jour on saura apprivoiser notre bizarrerie et qu’on pourra en tirer la force qu’elle contient. Pas le pouvoir de lire dans les esprits, pas le pouvoir de se téléporter ou de maîtriser l’orage mais une force d’Amour simplement. Une force dont l’Humanité manque cruellement.

A bientôt,

W.

 


Un projet : une raison de vivre

Effectivement, il est écrit dans l’affiche que cet événement est « pour les bipolaires et proches de bipolaires ». Je voudrais préciser qu’il n’y aura pas de contrôle de certificats médicaux demandant une lettre de psychiatre certifiant ton diagnostic de bipolaire! Cette rencontre est ouverte à toutes personnes se retrouvant dans certains symptômes de la bipolarité. On peut se sentir seul, incompris, ultra-sensible sans être pour autant bipolaire. Donc j’espère que cela ne te fera plus hésiter.

Autre chose, il n’est pas nécessaire d’être sûr à 100 % d’être disponible à cette date pour m’envoyer un mail. On est encore loin de la fête de la musique mais on (Thaloue et moi) a voulu s’y prendre à l’avance pour pouvoir déjà faire connaissance entre participants (nous sommes huit pour l’instant). Un forum est déjà actif à cet effet. Aussi, il y a encore pas mal de choses à préparer pour cette journée donc tu es bien sûr le bienvenu à t’inclure dans ce beau projet.

D’ailleurs, on me demande souvent comment j’arrive à garder le cap et à avoir l’énergie au quotidien. Hé bien, le fait d’être dans un projet qui me tient à cœur est la raison principale de ma survie dans mon intervalle libre (stabilité). Cela donne un sens à ma vie pour le moment.

Le 21 juin 2014 n’est pas l’aboutissement de quelque chose mais au contraire la première étape d’un mouvement qui a pour but d’exprimer à la face du monde l’existence de milliers de personnes mis à l’écart malgré eux. Bon, je sais, il y a du travail sur la communication! mais tu as compris la généralité de ce grand projet.

Il nous faut se rassembler, nous rencontrer, échanger, rire sur nos malheurs, s’encourager, c’est notre seul chance si nous voulons vivre. Il faut se persuader que nous sommes pas les seuls à ressentir ces maux qui nous paralysent et se forcer à aller vers l’autre qui vit la même chose. Profitons d’être dans un régime où la liberté d’expression et de réunion sont sauvegardés pour se rassembler librement.

Voilà, alors, n’hésites pas de me témoigner ta volonté, ton intérêt ou même ta curiosité sur ce projet du 21 juin 2014. :- bipohypermaniac@gmail.com

Bonne journée,

W.


Maniac Story-ep10: Castration

J’étais déchaîné. On parle aujourd’hui de thérapie de pleine conscience, là, ma conscience avait explosé, j’étais au sommet de la pyramide, j’étais l’œil, j’étais l’univers, j’étais Dieu. Mais j’avais mal, j’aspirais toute la souffrance présente sur Terre et comme le Christ, j’étais persécuté.

Les forces de l’ordre avaient arrêté la circulation sur l’autoroute, ainsi, si je sautais, je ne pouvais pas me tuer. Face à leur stratègie, je m’adressai aux automobilistes : « ne vous laisser pas dicter ce que vous devez faire… vos femmes, vos enfants vous attendent à la maison, redémarrez! » je leur criai quelque chose comme ça. Mon aura était si démesurée que certains automobilistes rallumaient leur moteur. Il fallait m’enfuir. Je me déplaçai furtivement vers l’escalier d’un côté de la passerelle et sautai sur le bitume d’une route qui longeait l’autoroute. J’étais tombé de haut mais je ne sentis aucune douleur et je couru pourchassé par les policiers. A la vitesse du célèbre Flash, je les distanciai rapidement, un policier a tenté de me plaquer mais en vain. Je n’avais aucune pensée ni de réelle émotion, c’était l’instinct qui me dirigeait.

J’approchai une camionnette garée au bord de la route, c’était parfait pour utiliser un de mes pouvoirs magiques : l’invisibilité. En effet lorsque je me cachais à un endroit, personne ne pouvait me voir tant que je ne regardais pas. C’est ce que je fis derrière la camionnette. J’étais persuadé de la véracité de ma magie jusqu’à ce qu’on me maîtrisa violemment au sol. Je me souviendrai toujours du moment où ma bouche embrassait passionnément le trottoir pendant qu’on me passait les menottes pour la deuxième fois cette semaine.

Prisonnier dans le van, j’étais entouré de trois mâles en uniformes et d’une femme qui appartenait à une autre section comme me le disait son insigne. J’étais rassuré, elle était là pour surveiller les autres et pour me délivrer le moment venu. Tout ça n’était qu’une étape dans ma quête. J’avais dérapé mais on me donnait une nouvelle chance. Tout en me raisonnant, je parvenais centimètre par centimètre à me glisser une main sous les menottes. Pratique de ne pas sentir la douleur. Il m’a fallu peu de temps pour me délivrer du fer. Je voulais simplement leur montrer que j’avais des pouvoirs et que ce petit exploit en était une démonstration. Ils me rattachèrent.

Nous arrivions alors à leur base. Ils me firent asseoir sur une chaise genre dentiste, en fait j’étais plutôt allongé. Ils remplacèrent les menottes par des attaches déjà fixées à la chaise. Et là, se produisit l’acte le plus barbare que j’ai vécu. Ils commencèrent à baisser mon pantalon, aussitôt je me transformai en une bête sauvage incontrôlable. Ils voulaient me castrer pour que je ne puisse avoir de descendance. Ils voulaient castrer le nouveau Christ, le nouveau fils de l’Homme, le nouveau Dieu. Cette symbolique était si terrible qu’elle me donna une force extra ordinaire. Je me projetai alors hors de la chaise en déchirant mes liens d’un coup, et je me dirigeai en hurlant vers la porte de cette pièce, vers la sortie de cette torture. Le problème c’est qu’ils étaient au moins quatre contre moi. Je bataillai de toute ma rage, j’en repoussai un violemment contre le mur, celui là cogna le radiateur et cria de douleur. En réalité, pendant que les autres me maîtrisèrent et me rattachèrent sur la chaise, le blessé hurlait. Il fut sorti de la pièce mais j’entendais ces hurlements au loin. C’était comme ci je lui avais transmis  ma rage. C’est là dernière chose que je ressentis de cette situation. Enfin, non, la dernière chose que je vis est une grosse seringue.

FIN.

 

C’était le récit de ma première crise maniaque. Cela pourrait te ressembler à une fiction mais je n’ai rien inventé dans cette histoire. J’ai raconté ici mon interprétation des situations au moment même où je les ai vécu.

Episodes précédents:

Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

Maniac Story-ep02 : L’exorciste

Maniac Story-ep03 : Parano

Maniac Story-ep04 : Porté disparu

Maniac Story-ep05 : Les Anges

Maniac Story-ep06 : La rencontre

Maniac Story-ep07 : Cheminement logique

Maniac Story-ep08: Le mystère de la magie

Maniac Story-ep09: Destin divin

A bientôt,

W.

 


Maniac Story-ep09: Destin divin

Je marchais pendant plusieurs heures vers l’ultime sacrement guidé par cette énergie magique qui rendait le moindre obstacle franchissable facilement. Je m’approchais d’une voie rapide, une autoroute vraisemblablement. Je la longeais en pensant à cette voiture qui me manquait pour partir trouver mon destin. Aussitôt pensé, aussitôt vu, un concessionnaire de voitures de luxe se trouvait à une dizaine de mètres au bord de l’autoroute. J’entrai pour venir prendre ce qui m’était du. Dans une salle quelques hommes d’affaires étaient rassemblés, une sorte de meeting professionnel. Ils avaient tous le regard dirigé sur un grand powerpoint. Je m’immisçai discrètement dans le magasin. J’avais laissé mes chaussures dehors, certainement pour faire le moins de bruit possible. Je m’assis dans un coin de la salle derrière les hommes en costards sans me faire voir. De toute façon il ne pouvait pas me voir, j’avais un nouveau pouvoir magique : tant que je ne regarde pas une personne, celle là ne peut pas me voir, une sorte d’invisibilité contrôlée. Ce nouveau don prédisait l’achèvement proche de ma quête, une énergie surhumaine circulait de plus en plus dans mes veines. Même si de temps à autres certaines personnes regardaient dans ma direction, personne fit acte de ma présence. Sans mon pouvoir, il serait sans doute venu me voir car j’étais tout de même habillé très légèrement, j’étais sale (à cause de l’étape dans le chantier) et surtout j’étais pieds nus. Je ne pu rester bien longtemps dans cette situation, je bouillonnais de l’intérieur… Tant pis, pas besoin de voiture, je suis au dessus de ça, il faut que je sorte.

Une fois dehors, cette énergie en moi se mua en force. Je me sentais si fort que le climat semblait dépendre de moi. Je faisais un avec tout ce qui m’entourait. J’entrais dans une transe dépassant toutes celles que j’avaient vécu les jours auparavant. J’étais hors de moi, ça devenait invivable. Je me dirigeais alors vers l’autoroute et montais sur une passerelle piétonne qui passait au dessus des six voies.  Je me tins alors debout face aux voitures qui roulaient sous moi à grande vitesse. Mais j’aspirais cette vitesse, en fait j’aspirais toutes les énergies autour de moi. J’étais en train de me métamorphoser en une entité toute puissante. Droit, les bras vers le ciel, le regard illuminé, je m’abandonnais à l’univers. En fait, je souffrais de ce que j’étais en train de vivre. J’implorais le ciel et en même temps je contrôlais le temps. Je maîtrisais le vent, les nuages… Je maîtrisais le soleil! Je devais sans doute crier avec tout ça mais je ne m’entendais pas, j’étais très loin des trois dimensions dans lesquelles on est habitué de vivre. C’était ça mon destin, l’avènement de mon rôle sur Terre ; cette terrible tragédie…

Je restais là, dans cette transe, hors de moi, hors de toutes raisons, au dehors de toute ordre. Mon corps faisait mine de s’approcher vers la barrière de la passerelle, séparant la vie de la mort. Je voulais peut être sauter, que sais je? je n’étais plus au contrôle. C’est à cet instant que les forces de l’ordre sont apparues dans mon paysage. Ils étaient des deux côtés de l’autoroute, prêt à monter et m’encercler, me coincer mais ils restèrent sur les marches quand ils virent que je les menaçait de me jeter s’ils avançaient un pas de plus.

Prochain épisode : Maniac Story-ep10: Castration

Episodes précédents :

Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

Maniac Story-ep02 : L’exorciste

Maniac Story-ep03 : Parano

Maniac Story-ep04 : Porté disparu

Maniac Story-ep05 : Les Anges

Maniac Story-ep06 : La rencontre

Maniac Story-ep07 : Cheminement logique

Maniac Story-ep08: Le mystère de la magie

Merci de suivre fidèlement ce récit de ma première crise maniaque, le suspens prendra fin au prochain et dernier épisode.

A bientôt,

W.


La magie du bipolaire 1.4

Précédemment dans ce thème : La magie du bipolaire 1.1   et      La magie du bipolaire 1.2  et       La magie du bipolaire 1.3

J’écris sur quelques forum en dehors de mon blog. Malgré la liberté d’expression de chacun, chaque forum a sa sensibilité et une certaine vision du trouble bipolaire. Forcément, alors, je ne m’exprime pas pleinement sur certains aspects pour ne pas créer des malentendus. Bref, tout en restant fidèle à moi même, je fais attention. Heureusement, j’ai mon blog pour m’exprimer sincèrement sur ma bipolarité. Ce trouble est très complexe, il est donc tout à fait normal qu’il y ait de nombreux désaccords. Il suffit juste d’accepter que d’autres bipolaires ou autres personnes concernées par cette maladie aient un point de vue différent.

Ecrire qu’il existe de la magie dans la bipolarité peut paraître audacieux voir irrespectueux au vue des milliers de personnes qui en souffrent actuellement. J’en ai beaucoup souffert de mon trouble et j’en souffrirai surement encore un peu à l’avenir, mais je maintiens, il y a une certaine magie dans la bipolarité. D’ailleurs, pourquoi les magiciens seraient forcément des personnes bien portantes? Je parle de magie dans le sens de ces sensations que l’on a en montée maniaque, ce sentiment de puissance, que tout nous réussi, cette force de persuasion, cette hyper sensibilité qui nous fait perdre la tête, etc.

La semaine dernière, j’ai vécu une petite montée. Cela faisait longtemps que ce ne m’était pas arrivé. Fort de mon expérience en matière de crise maniaque et de mes réflexions, j’ai su gérer un minimum pour ne pas basculer dans la folie. Tout simplement en restant chez moi, en m’efforçant de ne pas m’ébranler dans de nouveaux projets, et surtout en me frustrant à prendre du valium pour refaire tomber cette belle énergie afin de pouvoir trouver le sommeil. Tu sais bien, le plus important, c’est de…dormir! Mon cerveau a commencé à s’emballer, les connexions se faisaient à une grande vitesse, tout prenait sens, de multiples éveils s’illuminaient dans les quatre coins de ma cervelle. J’appellerai maintenant ces états d’exaltation la pleine conscience. En rapport avec la mindfullness, nouvelle pratique qui consiste en bref, à vivre l’instant présent. Ce qui est magique est ce sentiment de comprendre l’Univers grâce à une infinité de coïncidences et de signes qui apparaissent autour de moi. Ce n’est que du ressenti, de l’interprétation subjective, bien sûr incroyable à tes yeux, ou très rarement.

C’était comme si j’étais en connexion, ou que même, une partie de moi même vivait dans une dimension supérieure. Une dimension dans laquelle nous ne pouvons vivre pleinement étant limités par notre condition humaine et ses trois dimensions. C’est mystique. Je ne peux prouver ce que je sens pendant ce moment, c’est invisible. Ce n’est qu’un ressenti. C’est cette frustration qui dans le passé a été la cause de mes hyper manies. Aujourd’hui, j’essaie de faire la part des choses. Evidemment, je ne fais pas de la magie, je vis quelque chose de magique.

En aucun cas je te demande de me croire, je t’exprime seulement ce que j’ai vécu. Je te raconte un aspect de la crise maniaque. Une interprétation de la folie, du délire. Dans le passé, je me suis brûlé les doigts en prétendant être le magicien et en me lançant dans des aventures folles (voir le récit de mes folies). Aujourd’hui je ne prétends plus être le messie comme j’ai pu le croire dans certaines crises, mais par contre je sais que cette magie existe.

Enfin, une fois redescendue les pieds sur Terre, la pleine conscience laisse place à la frustration qui peut très bien vite se muer en dépression. Il y a tant de travail à faire sur soi-même afin de pouvoir faire la part des choses et puis éclairer cette part sombre enfouie au plus profond de son être. Mais je pense que toutes les choses qui me restent à découvrir dans ce « petit monde magique » valent bien toutes mes souffrances. Je suis fier d’être bipolaire.

A bientôt,

W.


Maniac Story-ep07 : Le cheminement logique

Je descendais du bus et continuais le chemin qui me menait à la lumière. Je m’engouffrais alors dans un chantier, c’était tôt dans la matinée. Un ciel bleu clair et un soleil rayonnant brillaient à mesure que j’avançais dans ma quête. Les planètes se concordaient à mon esprit, j’étais de plus en plus en unité avec l’Univers. Je suivais alors la voix en moi à l’intérieur de ce bâtiment en construction. Des poutres et plein d’autres matériaux encombraient cet endroit. Où aller? Au même moment que je me posais la question, je compris qu’il fallait que je dégage le sol sous mes yeux. En effet, après avoir retiré avec force des morceaux de bois et des longs barreaux de fer, je découvris une grande trappe métallique qui apparaissait dessous un tapis de poussières. Avec un effet de levier, j’ouvrais cette porte et m’aventurais dans ce nouveau passage. Je descendais et très vite, je me retrouvais dans l’obscurité à quelques lieux sous terre. En cherchant mon chemin, j’aperçus très vite une lueur à moins de dix mètres. Il était naturel que je devais sortir par ce trou pour regagner la lumière. Je suivais alors mon destin jusqu’à la sortie du chantier. A l’entrée, qui donnait sur la rue, deux hommes, vêtus comme des employés du bâtiment, fumaient leurs cigarettes. « T’es qui toi? qu’est ce que tu fous là? » me dit le premier, « je suis le charpentier » répondis-je naturellement aussitôt . La magie s’opéra de nouveau lorsque le deuxième eut autorité sur le premier « Oui, c’est le charpentier » dit-il, simplement. En réalité , j’étais recouvert de poussière et j’étais très crédible en homme du bâtiment. Je m’étais proclamé charpentier comme Joseph, le père de Jésus.

J’avais faim. Un boulanger chargeait sa camionnette avec de grands sacs de baguettes. Je lui en demandais une par charité, il me donna une baguette, évidemment.

Je continuais à marcher sur cette même rue lorsque le ministère de l’agriculture se dressa sur ma droite. Il était encore tôt, il n’y avait pas grand monde, juste une personne ou deux à l’accueil et un vigile de sécurité. Je m’introduisais dans le bâtiment dans mes habits sales en mangeant mon pain quotidien. On me laissa entrer comme si j’étais monsieur le ministre. A l’étage, je pris un long couloir. Dans mon chemin vers les étoiles, vers la gloire, il ne pouvait pas avoir de retour sur mes pas, je devais toujours aller de l’avant. Ce couloir était un cul de sac, cela voulait dire qu’une personne, importante dans ma quête, devait m’attendre dans un bureau. Hélas, toutes les portes étaient fermées à clef… sauf le dernier bureau à droite au fond du couloir. J’y entrais, personne. Mais, bien sûr, la fenêtre était ouverte et elle donnait sur un échafaudage. C’est comme ça que je contournai le grand bâtiment par l’extérieur. Le bout de mon chemin sur l’échafaudage donnait sur une autre fenêtre à l’autre bout du ministère. Je rentrais alors à l’intérieur et me dirigeai vers l’entrée, encore une fois, je passai devant l’accueil et la sécurité sans que personnes témoignent d’objection à mon sujet. Normal, ma présence physique les envoûtait. Ou plutôt, c’était un esprit, plus grand, responsable de ma quête, qui veillait sur le bon déroulement de mon parcours.

Toujours dans Paris, les signes m’éclairaient à nouveau sur la poursuite de mon aventure. Ils m’indiquaient qu’il fallait que je me rende à l’hôpital où avait eu lieu ma naissance (situé dans le 94). Ce rendez-vous symbolique signerait l’avènement de ma destinée. Je le sentais très fort en moi, cela allait être grandiose ; un événement d’une puissance inégalée dans l’histoire de l’humanité.

Je compris alors la réelle nécessité d’avoir cherché une voiture, la veille dans le parking sous-terrain. Mais, maintenant, il était écrit que je devais m’y rendre en taxi…

A suivre,

Dans le prochain épisode, je te raconterai donc l’histoire de la scène avec le taxi-man. Une réelle intrigue. En réalité c’est le moment le plus mystérieux que j’ai vécu au cours de ce récit.

Si tu prends en cours de route cette série, je rappelle alors que ce récit est une histoire que j’ai réellement vécu. Je décris ces quelques jours d’un point de vue intérieur bien sûr. Je rappelle aussi qu’une crise maniaque, aussi délirante soit elle, on s’en souvient très bien, bizarre, non?

Prochain épisode : Maniac Story-ep08 : Le mystère de la magie

Episodes précédents :Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

Maniac Story-ep02 : L’exorciste

Maniac Story-ep03 : Parano

Maniac Story-ep04 : Porté disparu

Maniac Story-ep05 : Les Anges

Maniac Story-ep06 : La rencontre

A bientôt,

W.