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« Attention au déni de la maladie »

keep calm

Ne laisses pas quelqu’un te faire croire que tu es malade si tu ne te sens pas malade. Et si tu te sens malade, ne laisses pas quelqu’un te faire croire que ta vie est foutue, car ce n’est pas vrai, on peut se libérer de tout mal, avec la conscience, le soin, la patience et l’espoir.

Malgré un diagnostique de bipolaire en 2008, je ne me suis jamais senti malade. Pourtant j’en ai chié, des crises maniaques, des hospitalisations à répétitions, bref un beau palmarès que tu peux découvrir dans le récit de mes aventures : maniac story ep 01-Je t’aime à la folie. J’ai atteint des jolis pics de souffrances à me mettre à genou par terre, en pleurs « Qu’est-ce que je dois faire mon Dieu, wouin wouin! », moi qui ne pratique aucune religion pourtant… Malgré tout cela, je ne me suis jamais senti malade. Quand tous les autres bipotes, eux, disent qu’ils sont malades, moi je pense « béh du coup, peut être qu’il y a eu une erreur de diagnostique » peut être qu’ils ont raison, et qu’en fait je ne suis pas bipolaire, tout simplement. J’aurai trompé tous mes lecteurs depuis trois ans… oh merde!

En réalité c’est pas simple cette histoire, parce que débattre autour de la bipolarité et la maladie est sans fin et engendre beaucoup de confusion, tout bêtement parce que le mot « bipolaire » n’a pas de sens au fond.

Premier non sens. On s’identifie au trouble : « Je suis bipolaire ». D’un côté c’est rassurant, on a une réponse à la question « Mais qu’est ce qui ne va pas chez moi? » mais en réalité on s’enferme dans une prison et on se stigmatise nous même à ….. ?oui, à quoi? On réduit notre personnalité, notre identité à une alternation de quelques périodes de souffrances. Une souffrance répétée qu’on interprète très vite comme maladie chronique, comme si on était prisonnier de notre passé et sans espoir pour le futur. « J’ai un trouble bipolaire » me paraît plus juste déjà. Même s’il y a un risque de fatalité aussi dans cette expression. Encore une fois, si seulement on pense le trouble comme une maladie.

Si le trouble bipolaire était seulement défini comme une variation particulière de l’humeur, une fragilité, une hypersensibilité, un handicap dans certaines situations, et tout ce que tu veux sauf le terme « maladie », alors là ok, pas de problème : J’ai un trouble bipolaire.

Je ne déni pas que j’ai une fragilité que je dois soigner, accueillir, connaître. Je ne dénie pas que j’ai une hypersensibilité très complexe que je dois comprendre. Je ne dénie pas que j’ai accumulé beaucoup de souffrances pendant la première partie de ma vie surtout, et que je dois continuer à mener un combat, pour me libérer de mes corps de souffrances, pour guérir mes blessures les plus profondes. Je ne dénie pas que j’ai un travail colossale d’affirmation de soi, d’incarnation. Haha! Mais tout ça, c’est le lot de tout le monde en fait! La différence, c’est que les événements de ma vie ont fait que j’ai acquis cette conscience, un peu en avance sur la masse, certes.

Si ce terme « maladie » m’embête ces derniers jours, c’est que je ne dois pas en être totalement libérer.

Définition Larousse de la maladie : « Altération de la santé ».

Si une maladie permet la libération, la prise de conscience, le goût du bonheur, des guérisons multiples, la sérénité, l’accomplissement, la création. Alors oui pourquoi pas.

Mon trouble bipolaire a évolué depuis que j’ai pris conscience de mon chemin, de mon combat, depuis que j’avance en conscience, pour résumé. Là où avant, les hospitalisations se répétaient presque chaque année, les dernières sont très espacées. Tout ça pour dire qu’on s’en libère de ce trouble qui apparaît au début comme une maladie chronique. Suffit d’y croire, et de mettre les moyens.

Ou alors peut-on dire que la bipolarité est un trouble qui remue notre être afin de nous donner la chance de soigner toutes nos maladies inconscientes.

Ou alors, peut-être qu’on peut dire que dans le monde actuelle, c’est perçu comme une maladie de vouloir être libre.

Si la liberté est une maladie. Comme l’amour qui rend malade.

Alors oh ouiii, je suis malade!

Je ne suis pas habitué à te faire la morale, ou t’enseigner quoi que soit, mais j’ai envie de proclamer haut et fort :

« Ne laisses pas quelqu’un te faire croire que tu es malade si tu ne te sens pas malade. Et si tu te sens malade, ne laisses pas quelqu’un te faire croire que ta vie est foutue, car ce n’est pas vrai, on peut se libérer de tout mal, avec la conscience, le soin, la patience et l’espoir »

W

mon bouquin : la vie d’un bipolaire

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L’hôpital psy ou le début d’un art

hp art

Ô vie que tu es triste,                  Lorsque le cœur est fissuré

Comme beaucoup de bipolaires et autres HyperSensibles qui traversent une crise et sont hospitalisés en psychiatrie, l’art sublime notre douleur lors de cet enfermement.

Pendant ma dernière hospitalisation, j’ai dépassé l’ennui quelque fois grâce au dessin. Jamais je ne dessine habituellement mais le contexte de l’internement fait jaillir l’expression sous différentes formes. L’enfant artiste refoulé et sommeillant chez chaque hypersensible, peut enfin pleurer sa trop longue absence. Ses larmes se caractérisent en mots, peintures et autres formes possibles d’exploitées à l’hôpital.

Cet appel du fond de notre âme est à écouter et l’oeuvre d’art qui naît de l’enfer psychiatrique est à continuer en dehors de ces murs. J’ai, nous HS, avons un potentiel d’expression artistique sans limites. Après mes premières hospitalisations, il s’est avéré pour moi que c’était l’écriture qui allait être salvateur.

L’association des Hyper Sensibles que je crée avec d’autres en ce moment donnera de la place sur son site internet : www.association-hypersensibles.fr aux productions artistiques de tous HS qui comme moi trouvent dans l’art une nécessité pour canaliser une expression débordante. J’aimerais que cette asso mette en valeur toutes les étincelles insoupçonnées chez les hypersensibles : musique, dessin, mode, peinture, danse, et l’infinité de formes d’expressions existentes. Le talent venant avec la pratique. Croyons en notre étincelle et allumons un magnifique feu d’artifice.

Je disais donc, que durant ma dernière hospitalisation en décembre dernier, je me suis essayé naturellement au dessin. N’étant pas mon art de prédilection, ce n’était pas le résultat qui comptait à l’époque mais les heures que je passaient à tenter de reproduire l’objet devant moi. C’était l’arme que j’utilisais pour réduire l’ennui qui régnait durant ces longues journées.

Dans cet article et un autre prochainement sur ce même thème, je te partage quatre des dessins qui m’ont permis de m’extraire de l’enfermement le temps de leur conception.

Durant ce séjour en HP, j’ai aussi écrit quelques textes hurlant la souffrance, sublimant la peine qui suit une période d’exaltation, d’euphorie. Cette fois dans ce summum d’énergie qui a précédé l’hospitalisation j’ai eu une relation passionnelle si forte que sa rupture brutale m’a déchiré le cœur. Voilà un texte qui pour moi aujourd’hui n’est pas tant destiné pour la femme en question que pour la vie en générale. C’est une image d’une douleur aiguë qui survient les premiers jours d’internement.

« Je relis encore une fois ta lettre. Et je pleurs. Je suis assis dans le couloir vide à côté de la porte d’entrée du service Monet. Cette porte qui me sépare de la liberté, de toi. Et je pleurs, la gorge poignardée, je pleurs parce que j’aimerai tellement être avec toi, là. A faire couler mes larmes devant tes yeux. Ces larmes qui gâtent actuellement ce papier. Tu me manques. Je ne suis pas à ma place ici. J’ai déconné : j’ai rajouté des zéros sur un chèque sur un coup de délire, d’escroquerie. Que suis-je? Mais je ne mérite pas ça, je mérite ton amour. Si grand, si profond qui, je sais, peut accueillir tout mon être. Je pleurs aussi et surtout de te perdre. Que cette hospitalisation nous déconnecte. A ce moment même, à ces minutes larmoyantes, je suis au bout de mes forces. Je suis entre des murs et des personnes qui ne me comprennent pas. Et l’attente est trop dure. Je voudrais avoir le pouvoir d’écrire cette lettre directement dans ton cœur.

Nous construisons quelque chose de très fort qui entraîne de belles tempêtes comme celle-ci, mais je suis persuadé que l’avenir ne sera qu’un monde merveilleux.

Je ne suis pas fou, pas totalement en tout cas. Ma raison dicte à mon cœur de t’aimer. Et mon cœur saigne ma raison lorsque le tien est touché.

Dis moi juste que tu es encore ma fiancée. » 

Le sentiment torturé derrière ce texte va au-delà d’une séparation amoureuse. C’est la souffrance qu’engendre le trouble psychique, le voyage dans les plus profondes solitudes.

Cependant comme je le dit dans l’article précédent, on ne souffre pas pour rien, cette douloureuse expérience fait partie de ce que je suis aujourd’hui, elle fait partie de mon chemin, elle est riche d’enseignements, je ne regrette rien.

Je dédie ce texte à mon camarade, Hakim, avec qui j’ai partagé de longues heures d’ennui là bas. C’est lui sur ces deux dessins.

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Patience et espoir,

W

 


Dépression en musique!

Je clique sur lecture sur la page internet de chantefrance.com et c’est la voix de Christine and the Queens qui accompagne l’écriture de cet article. Les mots sont inspirés par mes doutes et peurs. Cinq minutes avant cela, c’était la puissance de Kery James qui me prêtait main forte pour la gymnastique matinale que je maintiens quotidiennement tant bien que mal depuis mon hospitalisation. Les quelques pompes et tractions ont le bien fait de soulager le poids de mon esprit.

Tiens c’est la pub… et maintenant Balavoine avec son SOS d’un terrien. Tiens, tiens, comme par hasard…

Il m’est de plus en plus difficile d’exprimer l’obscurité, dans laquelle je m’engouffre depuis plusieurs semaines, ici sur ce blog où j’écris inlassablement l’espoir comme si l’écriture de ma tristesse entachait les bons sentiments répétés souvent sur ce site. Comme si, j’avais une responsabilité dans mes publications désormais, ce qui est faux et n’a jamais été une volonté de ma part.

Gerard Blanc, une autre histoire, maintenant…

Quand l’âme est en peine chaque action pèse son poids de doutes et de peurs, qui chez moi cause une certaine paralysie, voilà pourquoi j’ai une vieille tendance à m’isoler dans mon mal plutôt qu’à le partager. Voilà pourquoi il est possible que je colorie ici plus souvent les mots en rouge et jaune qu’en noir et gris.

Pascal Obispo, Personne…

Je précise, car ici il est caché, l’espoir existe toujours en moi, malgré les paragraphes mélancoliques, même s’il est dissimulé profondément, j’ai appris avec le temps a garder toujours un subtil contact, quoiqu’il arrive. Là je sais qu’il est présent, malgré l’absence de légitimité, malgré le fait que je ne trouve aucune raison d’y croire.

Joe Dassin, Siffler sur la coline…

Quatre lignes par chanson, je vois par ma vitesse d’écriture l’effort inhabituel qu’il me faut pour enfoncer chaque touches de mon clavier. Mais alors, W, c’est quoi ton problème?

Tina Arena, aller plus haut…

Bah voilà, merci Tina, je ne sais pas quelle est la prochaine étape pour aller plus haut. Bon, c’est pas tout à fait bien exprimé. En fait, j’ai quelques doutes, pas nombreux en quantité, qui se croisent dans mon esprit et m’empêche d’y voir clair, tant ils sont lourds. Depuis que je me suis remis physiquement de mon hospitalisation, depuis un mois, et notamment depuis quelques jours, une question a fait le siège et étouffe mon esprit : Qu’est ce que je vais faire? Il s’agit ici du métier, de la voix professionnelle dans laquelle m’investir. Dès que j’ai la tête inoccupée, entre deux films, avant et après un article, à chaque pose cigarette, à chaque ballade quotidienne, cette question revient à l’assaut et fait son nid entre mes oreilles. Une vingtaine de fois par jour…

Les 3 mousquetaires, Un jour…

Depuis une discussion avec ma mère, le théâtre est revenu à l’ordre du jour. (J’en ai fait deux ans entre 2013 et 2015). J’ai toujours eu le rêve caché de devenir acteur. Ironiquement, depuis quelques jours et le soutien nouveau de ma mère dans cette voie là, me voilà en train douter, est-ce cela mon destin? Faut dire que jusqu’ici tous mes choix de chemins ont abouti en crise et HP, ce qui fait qu’aujourd’hui je mets toute mon énergie à douter sur chaque décision. Tu me diras qu’en cela, il est bon de douter. Oui c’est vrai d’un côté, mais de l’autre ces mêmes doutes me paralysent au quotidien  (chaque chose, même le plus insignifiant coup de fil administratif relève d’un effort surhumain)…

… Natasha St Pier, Tu trouveras (j’adore)…

En même temps au regard du CV de mon nouveau moi, en supposant que la crise de 2013 a engendré une renaissance, on y trouve du théâtre, de l’écriture, et l’organisation de rencontres. Allez ça suffit pour aujourd’hui, j’ai réussi à m’exprimer, il est midi, je m’en vais manger ma côte d’agneau heureux.

Charles Aznavour, Emmenez moi

Patience et Espoir

W

 


Code de conduite en HP

Voilà mon code de conduite en hôpital psychiatrique écrit lors de ma dernière hospitalisation, en décembre 2015.

Article 1 : limiter au strict nécessaire la connexion avec les autres patients.

Article 2 : établir et entretenir une connexion de confiance avec le personnel soignant.

Article 3 : avoir des activités personnelles.

Article 4 : être à l’écoute de soi et suivre son instinct.

Article 5 : attention à ne pas faire trop état de sa souffrance auprès des proches. Car à l’extérieur ils souffrent déjà pour le patient.

Article 6 : Cultiver la patience, garder espoir et se montrer plus fort que l’on est.

 

 

Mon commentaire aujourd’hui avec le recul : 

Dans l’article 1, ce n’est pas la solitude totale que je prône mais une certaine distance, surtout lorsque l’on est encore fragile, car trop de proximité avec d’autres foufous aux pathologies plus sérieuses peut-être « contagieuse ». Sinon avoir un petit cercle de camarades un minimum conscient permet que le temps passe plus sympathiquement.

Dans l’article 2, il s’agit de se montrer le plus « stable possible » dans notre discours et comportement face aux infirmières par exemple, car elles seront écoutées en réunion de service lorsque l’équipe de soignant échangera sur notre possible sortie.

Dans l’article 3, je parle de dessins, d’écritures… car toutes nos créations au sein de l’hôpital psychiatrique ont une valeur particulière.

Dans l’article 4, je pense au fait que l’on est terriblement seul, surtout au début, lorsque l’on se réveille à l’asile. Sans repère, seul avec soi-même, c’est le moment où jamais de cultiver l’écoute de soi.

L’article 5 s’applique surtout dans le cas de ma dernière hospitalisation. Dans laquelle où je me suis rapidement remis et n’ai pas tellement vécu le grand désarroi d’autres fois. Faut dire que j’avais six hospitalisations derrière moi. Alors, l’ironie a fait que, à l’intérieur de l’hôpital, je souffrais/m’inquiétais certainement moins que mes parents, par exemple.

Patience et espoir naturellement. Dans le 6e article je crois qu’il faut se montrer plus fort que l’on est dans le but de sortir le plus tôt que possible.

Parce que l’objet de ce code de conduite est seulement de sortir le plus rapidement possible de l’hôpital psychiatrique.

Il m’a fallu tout de même 7 hospitalisations pour écrire ceci. Je te laisse ici mon : bipohypermaniac@gmail.com si jamais tu as envie ou besoin d’échanger plus longuement sur cet univers particulier qu’est l’HP.

W

 


Donnes toi les moyens d’y arriver

Déjà, tu peux écouter cette chanson des Neg’ marons à qui j’ai piqué le titre pour cet article : https://www.youtube.com/watch?v=lC99nCx42JI, parce que tout le monde aime la musique et écouter parfois une chanson avec des textes portant l’espoir vaut n’importe quel anxiolytique. Même si on ne peut pas comparer.

D’ailleurs, il ne s’agit pas de comparer différents moyens mais plutôt de te montrer la diversité d’outils possibles pour aller mieux et leur complémentarité. Je vais te lister tout les moyens que moi j’ai mis en oeuvre pour aller mieux, et aujourd’hui je vais mieux, oh beaucoup mieux. Aussi, il est très important que cet article ne te fasse pas un mauvais effet, je ne veux pas que tu te dises  » oh là tout ce qui fait, moi j’ai pas la force de faire tout ça, blablabla » non! chacun son rythme, chacun fait ce qu’il peut. Je te rappelle que pour ma part j’ai mis cinq ans après mon diagnostique pour prendre conscience vraiment de mon trouble et de me focaliser sur le soin. Cela fait deux ans, donc, que j’ai pris la décision de ne plus travailler et de faire que toutes mes activités soient centrées sur le soin, la compréhension et la guérison de ma bipolarité. Aussi j’ai conscience que j’ai pu avoir la chance de m’extraire des obligations de la vie pour me focaliser sur ma bipolarité. Bref, d’avoir une famille qui a pu subvenir à mes besoins. Donc encore une fois, chacun fait ce qui peut par rapport à sa situation et par rapport, surtout, par rapport à ce qui l’est.

Alors…

Le premier moyen mis en place, et celui-là je ne l’ai pas choisi, il est venu logiquement après ma première crise maniaque : l’hospitalisation. Aller à l’hôpital s’est avéré essentiel pour me couper du monde normal, me retirer pour soigner en urgence un état de crise. Ensuite il y a le traitement qui va avec. Je vois la camisole chimique comme le moyen thérapeutique par défaut. Je prends des médicaments parce qu’aujourd’hui en France il n’existe pas de traitement qui peuvent les remplacer. Que ce soit de la dépression ou de la manie, rien est aussi efficace qu’un rééquilibriage chimique de notre cerveau. Bien entendu, le but à long terme étant de diminuer les médocs en mettant en place des moyens alternatifs. Pour imager, je suis passé de 900 mg de Xeroquel à 50 mg aujourd’hui. Tout simplement parce que les autres moyens mis en place ont permit de me rééquilibrer, et je n’ai plus besoin autant de cette chimie exogène.

Hospitalisation, traitement et psychoéducation. Voilà le trio mis en place dès l’hôpital. La psycho éducation s’effectue en plusieurs séances avec d’autres bipolaires et un psychiatre. Le but étant d’identifier des indicateurs prévenant des crises. En gros, mieux connaître son trouble. Renseignes toi il y en a un peu partout en France et ça aide.

Le dernier moyen appartenant au corps médical est la psychothérapie. J’ai suivi une TCC (thérapie cognitivo comportementale pendant deux ans). Avec ce moyen on commence à entrer un peu plus en profondeir. Le principe est d’analyser son schéma : situation-émotion-pensées-comportement auquel on répond presque inconsciemment au quotidien. Une sorte de bouddhisme occidentale: on se met en spectateur de ce que l’on vit, on repère ses failles et on en discute avec le psy à défaut de méditer.

L’écriture a été le premier moyen alternatif mis en place. Nul besoin de te prouver le bénéfice de cette forme d’expression en voyant toutes les bonnes choses que m’apportent ce blog. J’ai commencé par écrire des poésies très abstraites en 2009. Au départ je n’avais aucun talent pour cet art. Les mots sont venus comme une nécessité. J’avais un tel besoin de m’exprimer, et je l’ai toujours, que l’encre a coulé à flot et avec le temps, je me suis forgé un style naturellement (y paraît que j’écris bien haha). J’ai toujours cette phrase d’un grand écrivain en tête  » c’est en écrivant que l’on devient écrivain ». Je suis certain que c’est en peignant que l’on devient peintre aussi. C’est en s’exprimant que l’on se vide et que l’on se sent mieux. Je suis persuadé que chacun peut trouver son moyen d’expression pour canaliser cette énergie (qu’elle soit noire mélancolique ou rouge maniaque). A toi de trouver ton art. Même sans talent, lances toi, crache ce que tu as dans la tête, dans le coeur, dans les couilles, dans les ovaires à travers un art et tu trouveras rapidement le bénéfice. L’important n’est pas le résultat, ne juge pas tes premières performances, ce qui importe et le moyen et non pas la fin. J’en profite pour mettre dans le même sac le sport. Comme l’écriture, je n’avais pas de talent particulier à la nage et pendant plus d’un an je suis allé à la piscine et c’est en nageant que j’ai appris à faire le crawl. Et dernièrement en Bretagne, j’ai eu le plaisir à nager le crawl dans la mer à côté de ceux qui nage une brasse de survie et boive la tasse à chaque vaguelette, hihi.

Le sport fait également partie de l’hygiène de vie. Je vais pas trop m’étaler ici : le sommeil, la nourriture, l’alcool avec modération ou encore mieux un sevrage temporaire, l’arrêt de toute drogue… tout cela est important.

Il y a deux ans aussi, j’ai commencé le théâtre. Une forme d’expression très complète. Cela me permet d’extérioriser mes émotions, canaliser mon énergie à travers un personnage, quelle libération! Encore mieux, le théâtre de clown. J’ai débuté en avril et en termes d’expression, c’est le meilleur moyen car il est très proche de notre émotivité, fragilité, sensibilité. Via mon clown, je peux les faire vivre. J’ai écrit un article à ce sujet Le grand Cirque Bipolaire.

Quoi d’autre? Le yoga! J’ai commencé il y a un an et ça m’aide beaucoup à assouplir mon corps, à l’ouvrir, à faire circuler l’énergie afin que l’intensité ne reste pas que dans la tête. Que ça circule dans tout le corps. Et même plus, être connecté entre ciel et terre, ainsi à commencer mon chemin spirituel!

Aujourd’hui, la méditation est la valeur ajoutée à mon arsenal thérapeutique qui m’a permis de transformer l’exaltation et l’euphorie maniaque en une joie plus calme et sereine. Il s’agit de transformer les bonheurs pathologiques de l’hypomanie en bien être sans les mauvaises conséquences et comportements inadaptés. Je ne développerai pas plus ce chapitre, c’est la cerise sur le gateau. J’ai pu faire place à la méditation seulement après avoir retrouver une stabilité. En revanche, il n’est jamais trop tôt pour se détendre, de revenir régulièrement à sa respiration, à l’écoute de son corps. Pourquoi pas lire « Le pouvoir de l’instant présent » d’Eckhart Tolle pour commencer. Ce bouquin a eu grand impact dans ma vie et et dans celle de beaucoup de mes proches.

Enfin, et je m’arrêterai là : L’échange. Ne pas rester seul avec son trouble. Partager avec des personnes aptes à écouter. Ne pas hésiter, c’est très important, NE PAS RESTER SEUL AVEC SON TROUBLE. Avec qui échanger? Hé bien un exemple, ce soir c’était la 11 e rencontre entre bipolaires et autres hypersensibles qui réunit des personnes à partir de ce blog. Une nouvelle fois encore, ça a été un très beau moment de partage en toute bienveillance. Rencontrer des personnes aux vécus similaires est salvateur. Le but de ces rencontres, faire revivre l’espoir, il n’y a pas de fatalité ; en ayant conscience de son mal être, en mettant les moyens, tout est possible!

La prochaine rencontre aura lieu en début octobre, tu peux déjà m’envoyer un mail à bipohypermaniac@gmail.com si tu as des questions ou si tu veux seulement échanger.

Et puis… il faut y croire, garder espoir, et avoir patience.

Patience et Espoir, tu vas y arriver 🙂

A bientôt,

W.


Keep calm and carry on

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J’ai vu ce drapeau dans un film regardé hier soir Le Grand Homme et je le trouve très à propos dans ce que je vis. « Reste calme et continue…  »

Avec le printemps, pas mal de choses sont arrivées et se serait facile d’en être déstabilisé. C’est le bon moment pour te faire une petite mise à jour sur ce qui se passe dans ma vie de bipolaire.

Je suis toujours l’arsenal thérapeutique que j’ai mis en place il y a deux ans à la sortie de ma dernière hospitalisation. Tant de moyens qui structurent mes semaines et qui n’ont qu’un seul objectif : le soin. En novembre 2013, à la suite d’un échec cuisant en tant que pion, j’ai choisi de ne pas revenir dans le monde professionnel et me focaliser sur un travail sur moi. Combattre mon trouble, maîtriser mes humeurs, entreprendre le grand voyage vers le centre de moi-même. Je suis un grand individualiste et égocentrique. Cela ne me gène pas étant que je suis persuadé que pour faire le bien, il faut être bien soi-même.

Je me rappellerai toujours le jour en HP,  en mars 2013, où je me suis dit à moi même « Ça suffit les conneries, à partir de maintenant, la priorité est de me soigner ». Deux mois auparavant, j’avais mis le feu à mon appartement…

Je suis content d’avoir été fidèle à cet engagement. Qu’est ce que j’en ai fait du chemin depuis ce jour-là. Faut dire qu’en matière de soin j’ai mis le paquet. Je dois préciser que je n’aurai jamais pu sans ma famille qui est un inestimable soutien.

Tout ce que je fais est thérapeutique. Ce qui me prend le plus de temps est l’écriture, notamment sur ce blog (lancé en novembre 2013) mais aussi au sein d’un atelier d’écriture dans lequel je publie entre autre ma poésie. Car avant tout je suis poète (compris ou incompris) et sans prétention aucune (pas de projet de recueil pour le moment mais pas loin de 150 poèmes écrits depuis 2009!). Mon salut dépend plus que jamais de mon expression à travers cet art. S’exprimer est la clé.

Ensuite c’est le théâtre qui m’occupe le plus. J’ai commencé en septembre 2013 dans deux ateliers amateurs. La motivation principale n’étant plus de nourrir mes rêves d’acteur mais encore de m’exprimer avec un outil différent. Il s’avère qu’aujourd’hui je répète deux spectacles dont un avec lequel je tourne dans 11 villages dans le sud en Juillet. Les répétitions s’intensifient depuis cette semaine. C’est devenu plus qu’une activité thérapeutique. Je me suis fixé la fin de l’été pour décider si je me lance à fond ou non dans le projet d’être comédien.

Aussi, je me suis introduit dans une troupe de clown depuis deux mois. Je l’ai écrit dans cet article : le grand cirque bipolaire, les bienfaits du clown pour une personne ayant un trouble psychique. Un véritable travail sur le corps très bénéfique lorsque l’on a une énergie qui fume dans le cerveau et qui n’attend que de circuler dans le reste du corps. Chacun a un clown en soi, qui n’est que sensibilité, fragilité et spontanéité et cela fait un bien fou de le libérer. Ça me demande beaucoup d’effort, entre ce travail là et l’intégration dans un groupe soudé de bons comédiens. Mais quoi de plus thérapeutique!

J’ai commencé le yoga en septembre 2014. C’est à peu près à cette période que j’ai senti la nécessité d’investir ma dimension spirituelle. Je n’ai pas fini d’en parler ici. Il s’agit d’entreprendre un chemin vers une réalité ultime qui se cache derrière tout les nœuds d’émotions, de pensées dans lequel notre esprit patauge. Depuis je pratique la méditation de plus en plus régulièrement et de plus en plus longuement. Sans parler de toutes les lectures qui m’aident sur ce chemin. Krishnamurti, James Redfield, Eckhartt Tolle, Don miguel Ruiz, Jon Kabat Zinn, Rinpoche, Jacques Ferber, Doreen Virtue, Frederic Lenoir, autant d’auteurs que je t’encourage vivement à découvrir. Des retraites chez les moines ou sage amérindien m’ont beaucoup apporté et je compte en faire régulièrement tellement que je suis convaincu des bienfaits. J’ai lancé un deuxième blog : Etre la paix, dans lequel je m’exprime sur ce champ là.

La semaine dernière j’ai lu Sur la voie de Bouddha de Rinpoche, cela a été la confirmation de beaucoup de mes croyances mystiques, j’ai l’impression que le bouddhisme va beaucoup m’inspirer dans mon combat contre ma bipolarité et mes maux en général.

Ah oui, je suis suivi par un psychiatre et une psychologue TCC (analyse des émotions) et je prends toujours un traitement qui diminue au fil des mois. Un cocktail de lithium, lamictal, xeroquel. Cela est aussi thérapeutique mais en termes de temps ça n’a pas beaucoup d’importance finalement. Le but étant à long termes de diminuer jusqu’à 0 ce traitement « conventionnel » est de laisser tout la place à ses traitements « véritables ». Attention, le traitement chimique me paraît essentiel au départ et je n’aurai jamais pu faire tout le reste sans cette base là.

Aujourd’hui, j’ai une copine (depuis 3 semaines). Là aussi, il y a quelque chose de thérapeutique parce que grâce à cette relation je travail sur mes vieux penchants d’attachement, de dépendance, de jalousie, de « trop » d’intensité et aspire à quelque chose de plus calme, de plus paisible. C’est aussi avec elle que je pratique une sexualité plus riche qu’avant grâce à la découverte du tantra, dont j’avais beaucoup de préjugés alors qu’il ne s’agit de quelque chose de très simple. Je te laisse découvrir par toi même si t’en as la curiosité.

J’ai quitté le cocon familiale dans lequel je m’étais réfugié après mes longs mois d’hospitalisation. Là aussi la vie en solitaire est un sacré travail sur moi même. Difficile au début de se retrouver seul…

Le fait que l’Express.fr m’a témoigné leur intérêt pour ce blog dernièrement est une grande satisfaction car d’une manière c’est une récompense du combat que je mène. Encore une fois, cela est très individualiste. Mais comme beaucoup me l’on dit via ce blog, témoigner ici de mes états d’âmes de mes ressentis, de ce que je comprends sur moi même, cela les aide aussi.

Et quand des bonnes choses arrivent, cela me déstabilise. Des nouveaux projets font ébullition, des nouvelles craintes, angoisses, peurs alors je respire et me dis: Keep calm and carry on!

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A bientôt,

W.


Quand l’HP devient un hôtel

Mon nouveau blog à cette adresse http://etrelapaix.wordpress.com/

 

C’était en 2009 à la sortie de ma deuxième hospitalisation à l’asile Théophile Roussel (A l’asile chez Théophile Roussel). Délivré de cet enfer, je suis entré dans la maison de repos Bellevue de Meudon afin de continuer de me soigner dans un environnement plus agréable que les murs et le personnel de Théophile.

J’étais redescendu de mon délire ( Maniac Story saison 2) mais une certaine euphorie demeurait. C’est un projet de création d’entreprise qui a été l’élément principal de la cause de cette deuxième crise maniaque. Le passage à l’asile n’avait pas effacé ma volonté de créer cette entreprise  Stars in Arts. Le confort de l’hôpital de Meudon m’a aidé à me redonner confiance sur ce projet. Peut-être un peu trop…

Je garde un souvenir très agréable de mon séjour à la maison de Bellevue. J’avais une chambre tout confort, un grand lit, une salle de bain, une télévision, bref une chambre d’hôtel avec une terrasse privée dans laquelle je recevais chaque jours des amis. Poker, playstation et tennis de table avec mes potes occupaientune bonne partie de mes journées.

Tu t’en doutes, il y a eu aussi des rencontres :

– la jeune patiente de 20 ans styliste de formation et dépressive qui me donna l’idée de créer une ligne de vêtement rattachée à Stars in Arts .

– Adriana, l’amie de la styliste. Lors d’une après midi ensoleillée sur ma terrasse, entouré de mes amis, je parlais de mes croyances, de Dieu, des anges, du Soleil. Un discours un peu perché… et là, Adriana, que je n’avais jamais vu de ma vie, se pointe sur ma terrasse et me donne sans raisos une carte du tarot sur laquelle est dessinée un grand soleil. Une coïncidence troublante vu que j’étais déjà up et conscient que j’ai rayonnais comme un Soleil… Adriana était donc un ange qui me maintint sur la longueur d’ondes des anges pendant plusieurs semaines. La nuit suivante de notre rencontre, elle revint dans l’hôpital. Je ne sais plus quelle passage elle avait trouvé pour se faufiler de la rue jusqu’à ma chambre m’enfin, je me souviens bien par contre qu’elle se faufila jusque dans mon lit. Il y a pire comme hospitalisation…

– Charlotte, la patiente du dessus. Elle avait dix ans de plus que les précédentes et souffraient d’une sorte de cirrhose qui avait atteint son psychisme. Elle était généreuse, très généreuse. Elle se disait la fille du numéro deux d’Areva. Une relation intense nous lia plusieurs semaines après notre sortie de Bellevue. C’était la belle vie. J’étais alors un ange entretenu par une âme généreuse. Elle m’offrait des cigarettes, restaurants, taxis, voyage et même un tatouage. Elle me maintenait dans un rêve en me disant qu’elle connaissait des célébrités et qu’elle me ferait rencontrer Charlotte Gainsbourg que j’apprécie particulièrement. Pendant presque deux mois je l’ai cru aveuglé par tout son argent jusqu’au jour où je mis en doute sa parole… Je me suis rendu compte que c’était une mythomane. Elle le vécu très mal et se transforma en une femme démoniaque. Dés lors, elle m’envoya des messages de haine et m’assura qu’elle obtiendrait facilement le licenciement de mon père grâce à ses relations.

Je coupai donc toutes relations avec elle et Adriana, je revins à la réalité et tournai la page…

A bientôt,

W.