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« Attention au déni de la maladie »

keep calm

Ne laisses pas quelqu’un te faire croire que tu es malade si tu ne te sens pas malade. Et si tu te sens malade, ne laisses pas quelqu’un te faire croire que ta vie est foutue, car ce n’est pas vrai, on peut se libérer de tout mal, avec la conscience, le soin, la patience et l’espoir.

Malgré un diagnostique de bipolaire en 2008, je ne me suis jamais senti malade. Pourtant j’en ai chié, des crises maniaques, des hospitalisations à répétitions, bref un beau palmarès que tu peux découvrir dans le récit de mes aventures : maniac story ep 01-Je t’aime à la folie. J’ai atteint des jolis pics de souffrances à me mettre à genou par terre, en pleurs « Qu’est-ce que je dois faire mon Dieu, wouin wouin! », moi qui ne pratique aucune religion pourtant… Malgré tout cela, je ne me suis jamais senti malade. Quand tous les autres bipotes, eux, disent qu’ils sont malades, moi je pense « béh du coup, peut être qu’il y a eu une erreur de diagnostique » peut être qu’ils ont raison, et qu’en fait je ne suis pas bipolaire, tout simplement. J’aurai trompé tous mes lecteurs depuis trois ans… oh merde!

En réalité c’est pas simple cette histoire, parce que débattre autour de la bipolarité et la maladie est sans fin et engendre beaucoup de confusion, tout bêtement parce que le mot « bipolaire » n’a pas de sens au fond.

Premier non sens. On s’identifie au trouble : « Je suis bipolaire ». D’un côté c’est rassurant, on a une réponse à la question « Mais qu’est ce qui ne va pas chez moi? » mais en réalité on s’enferme dans une prison et on se stigmatise nous même à ….. ?oui, à quoi? On réduit notre personnalité, notre identité à une alternation de quelques périodes de souffrances. Une souffrance répétée qu’on interprète très vite comme maladie chronique, comme si on était prisonnier de notre passé et sans espoir pour le futur. « J’ai un trouble bipolaire » me paraît plus juste déjà. Même s’il y a un risque de fatalité aussi dans cette expression. Encore une fois, si seulement on pense le trouble comme une maladie.

Si le trouble bipolaire était seulement défini comme une variation particulière de l’humeur, une fragilité, une hypersensibilité, un handicap dans certaines situations, et tout ce que tu veux sauf le terme « maladie », alors là ok, pas de problème : J’ai un trouble bipolaire.

Je ne déni pas que j’ai une fragilité que je dois soigner, accueillir, connaître. Je ne dénie pas que j’ai une hypersensibilité très complexe que je dois comprendre. Je ne dénie pas que j’ai accumulé beaucoup de souffrances pendant la première partie de ma vie surtout, et que je dois continuer à mener un combat, pour me libérer de mes corps de souffrances, pour guérir mes blessures les plus profondes. Je ne dénie pas que j’ai un travail colossale d’affirmation de soi, d’incarnation. Haha! Mais tout ça, c’est le lot de tout le monde en fait! La différence, c’est que les événements de ma vie ont fait que j’ai acquis cette conscience, un peu en avance sur la masse, certes.

Si ce terme « maladie » m’embête ces derniers jours, c’est que je ne dois pas en être totalement libérer.

Définition Larousse de la maladie : « Altération de la santé ».

Si une maladie permet la libération, la prise de conscience, le goût du bonheur, des guérisons multiples, la sérénité, l’accomplissement, la création. Alors oui pourquoi pas.

Mon trouble bipolaire a évolué depuis que j’ai pris conscience de mon chemin, de mon combat, depuis que j’avance en conscience, pour résumé. Là où avant, les hospitalisations se répétaient presque chaque année, les dernières sont très espacées. Tout ça pour dire qu’on s’en libère de ce trouble qui apparaît au début comme une maladie chronique. Suffit d’y croire, et de mettre les moyens.

Ou alors peut-on dire que la bipolarité est un trouble qui remue notre être afin de nous donner la chance de soigner toutes nos maladies inconscientes.

Ou alors, peut-être qu’on peut dire que dans le monde actuelle, c’est perçu comme une maladie de vouloir être libre.

Si la liberté est une maladie. Comme l’amour qui rend malade.

Alors oh ouiii, je suis malade!

Je ne suis pas habitué à te faire la morale, ou t’enseigner quoi que soit, mais j’ai envie de proclamer haut et fort :

« Ne laisses pas quelqu’un te faire croire que tu es malade si tu ne te sens pas malade. Et si tu te sens malade, ne laisses pas quelqu’un te faire croire que ta vie est foutue, car ce n’est pas vrai, on peut se libérer de tout mal, avec la conscience, le soin, la patience et l’espoir »

W

mon bouquin : la vie d’un bipolaire

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Consultation chez mon psychiatre

Cher Doc’,

Merci d’accepter cette originale consultation.

Dans trois heures je serai dans votre grand bureau avec ces hauts murs blancs décorés par des grands posters d’affiches de vieux films de cinéma. Avant la consultation, j’aurai certainement attendu un peu dans l’une de vos grandes salles d’attentes à feuilleter un des nombreux grands livres d’arts à disposition, ou un album sur l’Inde, pays que vous appréciez beaucoup pour la spiritualité présente là bas, je crois, bref!

Me voilà devant vous, vous devant moi, m’observant un peu, essayant de déceler en moi par mon comportement l’état de mon humeur. « Hmm, il doit certainement être up avec cette originalité qui me propose » ou peut être suis-je un peu parano.

Docteur, depuis notre dernière entrevue, il y a deux mois, il s’est passé beaucoup de choses. Des rencontres entre hypersensibles, une relation amoureuse, une tournée de théâtre qui a viré court, et dernièrement un séjour entre hypersensible merveilleux. C’est cette dernière expérience qui me donne cet élan de vous écrire.

Depuis que je suis rentré de ce long weekend partagé avec 16 hypersensibles! je suis logiquement un peu déstabilisé. M’enfin, je dors et garde une bonne hygiène de vie, beaucoup de repos, ce qui me permet de vivre le contre coup de cette grande vague sans dommages, pour le moment! Les fortes émotions ont laissé place aujourd’hui à une tête pleine de perspectives, de projets et de réflexions en arborescence du à ce mouvement qui prend toujours un peu plus d’ampleur. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais à partir seulement de la création de ce blog en novembre 2013, je suis aujourd’hui au centre d’une centaine d’hypersensibles concernés par mon projet d’association.

J’ai rassemblé 17 hypersensibles dans un gîte à la campagne. Un espace ou chacun a pu recevoir une dose de bienveillance, d’écoute, d’espoir. Après notre entretien je vais rejoindre d’ailleurs dans un café une dizaine d’hypersensibles présent ou non de ce séjour.

Plus que jamais, je réalise un monde rêvé, un monde ou des personnes souffrantes psychiquement, comme moi (surtout dans le passé) puissent se libérer petit à petit de leur trouble grâce à la rencontre, l’échange, le ressourcement, la création artistique.

Mon désir d’une pépinière HS (Un centre fixe dans la campagne de ressourcement pour HS et de création artistique) a déjà commencé à être assouvi par ce dernier weekend où il y a déjà eu des belles productions.

Voilà, cher psychiatre, aujourd’hui je me sens:

Fort : je créé un nouveau monde à mon image, des fondements ont déjà été posés, j’ai une équipe d’hs devenus amis à qui je peux déjà déléguer une partie de l’organisation des rencontres parisiennes. Ma (r)évolution intérieur (ce travail acharné que j’ai fait et fais encore sur moi) se reflète plus que jamais à l’extérieur sous forme dans une révolution sociale. Car au final c’est ça ce qui se passe, je créé du lien social entre personnes qui en avaient profondément besoin (comme moi). Je suis créateur.

Fragile : jamais à l’abri d’une exaltation mais tant que je reste en garde et que je suis ouvert à l’observation de mes proches et la votre (même si la dernière fois vous n’avez pas préféré m’hospitaliser alors qu’avec le recul ça aurait été mieux, haha!) tout ira bien. Et comme vous le dites, j’ai beaucoup de ressources, oh oui! Aussi ce monde que j’ai crée et que je co-crée maintenant suscitera des critiques de gens qui ne comprennent pas ce que je vis à l’intérieur. Cet amour que je veux partager. Qui comprennent pas que ce n’est pas tant le pouvoir et l’argent que je cherche mais une vie simple et heureuse faite d’amour inconditionnel. Si les gens ressentaient ce que je ressens ces derniers temps, cette paix, cette joie, cette amour, bon certes, il ferait certainement une crise maniaque pour ceux qui sont hypersensibles, et oui certes à l’inverse, peu de personnes solides pourraient le ressentir car il faut connaître le non-amour pour connaître l’amour, la souffrance pour connaître la Joie, l’agitation pour connaître la paix. Mais je suis certain qu’il y a des millions de gens qui ressentent, qui connaissent, ce que je vis, et qui n’attendent que, que je continue mon chemin toujours dans le travail sur l’égo et l’éclairage de la voie qui va du coeur à la parole sans passer par le cerveau.

Tout ça pour dire, que j’attire parfois des critiques dures, des gens qui me croient mal intentionnés, dangereux. Comme dit Alexandre Jollien : « RAF » : rien à foutre!  Désolé amis dé-traqueurs, c’est trop tard, je suis plus fort que vous, vous me ferez certainement douter une seconde, une minute, une journée mais pas beaucoup plus car j’ai un arsenal d’outils pour me recentrer: un traitement, un bon sommeil, l’écriture, et surtout toute une légion humaine, d’amis, de soutiens anonymes. Mon amour, ce je qu’exprime,  fait résonner tes peurs les plus inconscientes, tu résistes à lumière que regorge certain mots, mais c’est normal étant donnée ce que tu as vécu, ce que tu es devenu, toi et tes blessures, je ne t’en veux pas. Cependant je ne laisserai pas visible ton poison (tes commentaires) dans ce petit monde que je construis.

Fou : En voyant ce que je suis devenu, ce que j’ai fait, ce que j’ai, je me projette dans un futur proche en imaginant l’évolution de ce qui est là déjà, et naturellement mon égo se voit grand, holà très grand! Prenons Gandhi, l’abbé Pierre, Luther King… Mon égo se voit un destin à la hauteur du leur, et encore cet égo là est modeste! Le fond de ma folie se prend pour Dieu, le Dieu créateur, mais cela est-ce même de la folie? Je vois déjà des foules rassemblés par ce que j’ai impulsé. Par contre, mon besoin de notoriété ayant été largement soigné, je n’ai pas tellement envie d’être au centre d’une attention populaire. J’ai plutôt envie de vivre très simplement dans la nature avec une femme et des enfants, et déléguer la gestion de mon monde. Je n’ai pas besoin d’Harley Davidson (désolé doc’, pas pu m’empêcher!), de ferrari, d’habits chers ou de toute cette technologie. Il n’y a qu’à voir mon portable et le trou dans mes chaussettes et mes chaussures.

Sage : Je n’ai plus besoin d’être exalté pour être bien. Je suis sur un chemin ou la Joie et la Paix illimité se trouve et se vit d’abord à l’intérieur. Je peux méditer une heure avec un mental au repos, avec ma conscience seulement focaliser sur la respiration et les battements de mon cœur.

Je m’arrêterai là. J’espère que vous êtes allez jusqu’au bout et que vous ayez fait un dépassement de fonction (pas seulement prescrit un traitement comme la majorité des psychiatres). M’enfin, ça vous le savez, vous êtes un excellent psychiatre. Presque un vieil ami!

Voilà! maintenant on peut parler de comment on va collaborer tous les deux pour révolutionner la psychiatrie française. Envoyer valser les diagnostiques, faire évoluer le langage, et que sais-je encore!

Je vous invite doc’, à mettre votre prescription ou un petit mot en commentaire.

Merci, si j’en suis là, c’est en partie grâce à vous et à la confiance que vous avez eu en mes ressources personnelles et à la décision de ne pas trop m’avoir assommer chimiquement au contraire même!

Voilà ma carte vitale  et surtout…

W

 


Nouvelle routine

Voilà la suite de l’article précédent.

Durant le stage de théâtre, j’ai fait connaissance principalement avec ma partenaire, celle avec qui j’ai travaillé une scène. C’est elle qui m’a parlé d’un autre cours d’acteur que j’ignorais. J’ai regardé sur internet et il s’avère que ce cours m’intéresse. La sélection se faisant par un entretien, je pris rendez-vous.  C’était la semaine dernière

Pfff, je suis désolé, j’ai beaucoup de mal à écrire. D’ailleurs, j’ai du mal en général en ce moment. Pas beaucoup d’énergie, beaucoup de temps passé à regarder des films, la télé. Une flemme aiguë, difficile à ne pas y succomber. Le signe du Destin qui m’est apparu juste avant mon entretien pour accéder à ce fameux cours, me paraît aujourd’hui insignifiant. C’est fou comment la vie change selon l’humeur avec laquelle on la regarde.

Pour boucler l’histoire, en résumé, j’ai intégré ce cours d’acteur et j’ai commencé hier. Il s’est avéré que l’accès était beaucoup plus simple que ce que je pensais. C’est plutôt le tarif qui fait sélection dans ce genre d’école. M’enfin, le travail et la méthode proposés dans celui-ci me conviennent particulièrement. 3 cours de 3 heures par semaine, cela me laisse beaucoup de temps pour continuer à ne rien faire.

Mais c’est quand même un changement important. C’est mon retour dans un cadre social-professionnel. Retour dans une case. Qu’est-ce tu fais dans la vie? J’ai maintenant une réponse conventionnellement acceptable à cette question : je suis dans une école de théâtre ou je prends des cours d’acteurs. Même si ce n’est que 3 cours par semaine, je m’inscris dans une nouvelle routine. Cela faisait longtemps. Et ce changement me chamboule. Car il vient à moi toujours accompagné des doutes et des peurs. Est-ce la bonne direction? Surtout que le métier d’acteur ne promet pas une sécurité de l’emploi… Même si quelque part, j’y crois profondément. Sinon je prendrai pas de cours déjà. Tout ça pour dire, qu’en ce moment ma peine est lourde à porter et me fatigue très vite.

J’aimerai tellement être différent (han… pas bien!) et ne pas me prendre la tête. Avancer dans cette nouvelle voie sans me poser des questions, sans remettre tout en cause. C’est une période de transition. J’aime bien cette expression « période de transition » ; ça explique un mal être passager. D’ailleurs on pourrait remplacer l’expression « période de dépression » par période de transition. Qu’est-ce que tu as, ça va mal? Non, c’est juste que je suis en période de transition, tu comprends. Bah oui, pourquoi chercher plus loin.

J’étais en retraite au calme cet hiver suite à mon hospitalisation et aujourd’hui ma vie prend un virage, je m’inscris dans une nouvelle routine parisienne avec son lot de choses agréables et désagréables, avec sa dose de stress et de pression. Les virages (ou période de transition) ne sont jamais faciles. D’ailleurs, dans un virage, la force centrifuge nous pousse vers l’extérieur, vers le ravin. Cela demande donc un effort pour rester centrer sur sa route. Le moment où jamais pour s’accrocher à la personne à côté.

Patience et espoir,

A bientôt

W

 


Mélancolie de la rentrée

Il me semble familier cet air mélancolique qui souffle sur le mois de septembre…

D’ailleurs, je fais un rêve qui est très récurrent depuis de nombreuses années : une rentrée scolaire qui se relève plutôt d’un cauchemar. A chacune de ces rentrées rêvées, j’oublie quelque chose. Je me retrouve toujours dans une situation désagréable. Et je refais ce rêve en boucle, je rate ma rentrée encore et encore… Ce n’est pas anodin à mon avis. La rentrée, qu’elle soit scolaire-étudiante-professionnelle, est le symbole de la réinsertion dans le système. Alors cette mélancolie de septembre me rappellerai que je n’ai toujours pas trouvé une place stable dans ce dit système? Peut-être que ça te parle aussi et que tu ressens ce mou après l’été.

De plus que j’ai passé un très bel été (tournée dans le sud en tant que comédien – séjour à Marseille chez une amie – retraite méditative en Bretagne). Je vis alors le retour sur intensité bien connu. La relation avec Charlotte qui s’est terminée en août doit jouer aussi.

Ce qui est certain, avec un peu de recul, je distingue des raisons à cette mélancolie. Elle ne vient pas toute seule comme si elle faisait partie intégrante de moi. Détail important quand même. Le flou artistique de mon avenir à tout les plans en est la principale cause.

Après deux ans d’introspection et d’expression via plusieurs moyens différents (Donnes toi les moyens d’y arriver), cette année, le projet est de revenir vers une routine plus « normale ». Recherche d’un petit travail (dans le milieu des troubles psychiques tant qu’à faire), recherche d’une petite formation (quelque chose comme la mindfullness ou sophrologie) et enfin recherche d’une colocation. La seule activité que je reconduis étant le clown de théâtre vu le bien fait de sa pratique, et bien sûr l’écriture. Pourquoi pas écrire quelques articles dans un média sur la santé mentale par exemple. Bref, beaucoup de nouvelles perspectives qui ont le don de me paralyser en ce moment…

Je glande tel un petit dépressif digne de ce nom. Je regarde beaucoup de conneries à la télé, tout en combattant le sentiment de culpabilité de ne rien faire. M’enfin j’ai pas passé un DIAG + 6 en bipolarité pour subir ce schéma sans avoir conscience de ce qui se passe et sans avoir quelques armes pour vivre cette mélancolie agréablement. Non, bien sûr que ce n’est pas agréable en réalité cette baisse d’énergie. Mais le fait de savoir que c’est normal par rapports aux événements et ma sensibilité et que cette période va vite filer et laisser place à un nouveau soleil, hé ben ça c’est agréable. Oui, c’est une dépression  new age. C’est loin de ma dépression de 6 mois qui m’a hospitalisé en 2009. J’ai évolué. Encore une fois : ce diagnostique n’est pas figé, les troubles peuvent évoluer.

Je dors beaucoup, je me lève tard, je suis très peu productif mais je fais le minimum : courses, ménages, cuisine… J’ai fait quelques recherches et envoyées quelques mails au sujet de mes projets. C’est intéressant alors : je ressens ce sentiment mélancolique, cette baisse d’énergie, cet espèce de noirceur sur ma vie mais en même temps, avec un peu de recul, je parviens quand même à faire des choses. Donc la mélancolie est une humeur abstraite plus forte que la réalité. Hmmm j’ai conscience que c’est pas l’article où je suis le plus clair… Ce que je veux dire c’est que le principal moteur de la dépression, ce qui entretient les humeurs noirs , c’est principalement notre faculté a être dur avec nous même. En plus, la société est tout ce qu’elle véhicule nous aide pas à être bienveillant envers nous même lorsque l’on est pas efficace, fort, beau. Je le remarque sur moi-même en ce moment mais aussi sur beaucoup de personnes qui traversent des dépressions. NOUS AVONS TERRIBLEMENT DU MAL A ACCEPTER NOS FAIBLESSES. La dépression est une période où notre énergie est largement diminuée, nous sommes faibles. On nous fait croire dans notre société qu’être faible, c’est grave! Alors que devoir se reposer, ce n’est pas grave. Par contre, il y a une erreur grave que nous faisons dans les périodes dépressives : nous nous identifions dans cette faiblesse passagère. Nous croyons que nous sommes faibles… Non ! Nous vivons une période faible, c’est différent. Lorsque que c’est l’hiver, on sait que le beau temps reviendra, c’est exactement pareille!  Nous sommes hyper sensibles, ce qui fait que nous pouvons être potentiellement tout autant hyper faibles qu’hyper forts. Malheureusement, pour la grande majorité nous expérimentons d’abord le hyper faible ( la crise maniaque en faisant partie si on comprend les conséquences comme l’hospitalisation). C’est une triste réalité mais la belle vérité c’est que nous pouvons être hyper fort. Mon vécu en est la preuve. Je me sens beaucoup plus fort et épanoui qu’avant mon diagnostique. Je suis passé par la case hyper faible, certes, mais aujourd’hui je ne regrette aucun moment difficile.

Ce que j’essaye de démontrer c’est que c’est notre réaction à la mélancolie qui nourrit la mélancolie. Soigner, guérir une dépression c’est parvenir à accueillir avec bienveillance cette énergie étrangère et désagréable. Sans se juger. C’est le courant de la vie qui nous traverse. Un courant plus froid certes mais c’est la vie quand même. Nulle besoin de la combattre, de la critiquer de la prendre au sérieux ou pire de s’y identifier, non il faut la laisser passer comme elle est arrivée. Finalement, l’intensité de la souffrance d’une dépression est égale au taux de résistance que nous lui infligeons. C’est notre esprit hyper sensible, hyper noué, hyper complexe, hyper intelligent qui transforme un petit ruisseau tiède nous traversant en un torrent glacial chaotique. Voilà, je n’ai jamais aussi bien défini la dépression. Encore une fois, je le vois dans mes expériences. Plus je me connais, plus j’ai apaisé de souffrances, délié de nœuds, moins la dépression s’installe en temps et en intensité. La première a duré six mois. Aujourd’hui elles ne durent entre quelques minutes et quelques demis journées selon l’intensité des circonstances.

Alors si j’avais un conseil à me dire en ce moment : sois bienveillant, ce n’est pas grave si tu as pas pu faire tout ce que tu voulais, réjouis toi du peu que tu as fait, tu n’as pas beaucoup d’énergie en ce moment alors dors, mange, fais toi plaisir, et surtout ça va passer!!

Voilà et pour vous amis mélancoliques : vous vivez une- période- de mélancolie, -vous- vous êtes sensibles voilà tout et un jour vous serez aussi fort que vous êtes fragiles aujourd’hui.

Je vous aime

Patience et espoir,

W.


Keep calm and carry on

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J’ai vu ce drapeau dans un film regardé hier soir Le Grand Homme et je le trouve très à propos dans ce que je vis. « Reste calme et continue…  »

Avec le printemps, pas mal de choses sont arrivées et se serait facile d’en être déstabilisé. C’est le bon moment pour te faire une petite mise à jour sur ce qui se passe dans ma vie de bipolaire.

Je suis toujours l’arsenal thérapeutique que j’ai mis en place il y a deux ans à la sortie de ma dernière hospitalisation. Tant de moyens qui structurent mes semaines et qui n’ont qu’un seul objectif : le soin. En novembre 2013, à la suite d’un échec cuisant en tant que pion, j’ai choisi de ne pas revenir dans le monde professionnel et me focaliser sur un travail sur moi. Combattre mon trouble, maîtriser mes humeurs, entreprendre le grand voyage vers le centre de moi-même. Je suis un grand individualiste et égocentrique. Cela ne me gène pas étant que je suis persuadé que pour faire le bien, il faut être bien soi-même.

Je me rappellerai toujours le jour en HP,  en mars 2013, où je me suis dit à moi même « Ça suffit les conneries, à partir de maintenant, la priorité est de me soigner ». Deux mois auparavant, j’avais mis le feu à mon appartement…

Je suis content d’avoir été fidèle à cet engagement. Qu’est ce que j’en ai fait du chemin depuis ce jour-là. Faut dire qu’en matière de soin j’ai mis le paquet. Je dois préciser que je n’aurai jamais pu sans ma famille qui est un inestimable soutien.

Tout ce que je fais est thérapeutique. Ce qui me prend le plus de temps est l’écriture, notamment sur ce blog (lancé en novembre 2013) mais aussi au sein d’un atelier d’écriture dans lequel je publie entre autre ma poésie. Car avant tout je suis poète (compris ou incompris) et sans prétention aucune (pas de projet de recueil pour le moment mais pas loin de 150 poèmes écrits depuis 2009!). Mon salut dépend plus que jamais de mon expression à travers cet art. S’exprimer est la clé.

Ensuite c’est le théâtre qui m’occupe le plus. J’ai commencé en septembre 2013 dans deux ateliers amateurs. La motivation principale n’étant plus de nourrir mes rêves d’acteur mais encore de m’exprimer avec un outil différent. Il s’avère qu’aujourd’hui je répète deux spectacles dont un avec lequel je tourne dans 11 villages dans le sud en Juillet. Les répétitions s’intensifient depuis cette semaine. C’est devenu plus qu’une activité thérapeutique. Je me suis fixé la fin de l’été pour décider si je me lance à fond ou non dans le projet d’être comédien.

Aussi, je me suis introduit dans une troupe de clown depuis deux mois. Je l’ai écrit dans cet article : le grand cirque bipolaire, les bienfaits du clown pour une personne ayant un trouble psychique. Un véritable travail sur le corps très bénéfique lorsque l’on a une énergie qui fume dans le cerveau et qui n’attend que de circuler dans le reste du corps. Chacun a un clown en soi, qui n’est que sensibilité, fragilité et spontanéité et cela fait un bien fou de le libérer. Ça me demande beaucoup d’effort, entre ce travail là et l’intégration dans un groupe soudé de bons comédiens. Mais quoi de plus thérapeutique!

J’ai commencé le yoga en septembre 2014. C’est à peu près à cette période que j’ai senti la nécessité d’investir ma dimension spirituelle. Je n’ai pas fini d’en parler ici. Il s’agit d’entreprendre un chemin vers une réalité ultime qui se cache derrière tout les nœuds d’émotions, de pensées dans lequel notre esprit patauge. Depuis je pratique la méditation de plus en plus régulièrement et de plus en plus longuement. Sans parler de toutes les lectures qui m’aident sur ce chemin. Krishnamurti, James Redfield, Eckhartt Tolle, Don miguel Ruiz, Jon Kabat Zinn, Rinpoche, Jacques Ferber, Doreen Virtue, Frederic Lenoir, autant d’auteurs que je t’encourage vivement à découvrir. Des retraites chez les moines ou sage amérindien m’ont beaucoup apporté et je compte en faire régulièrement tellement que je suis convaincu des bienfaits. J’ai lancé un deuxième blog : Etre la paix, dans lequel je m’exprime sur ce champ là.

La semaine dernière j’ai lu Sur la voie de Bouddha de Rinpoche, cela a été la confirmation de beaucoup de mes croyances mystiques, j’ai l’impression que le bouddhisme va beaucoup m’inspirer dans mon combat contre ma bipolarité et mes maux en général.

Ah oui, je suis suivi par un psychiatre et une psychologue TCC (analyse des émotions) et je prends toujours un traitement qui diminue au fil des mois. Un cocktail de lithium, lamictal, xeroquel. Cela est aussi thérapeutique mais en termes de temps ça n’a pas beaucoup d’importance finalement. Le but étant à long termes de diminuer jusqu’à 0 ce traitement « conventionnel » est de laisser tout la place à ses traitements « véritables ». Attention, le traitement chimique me paraît essentiel au départ et je n’aurai jamais pu faire tout le reste sans cette base là.

Aujourd’hui, j’ai une copine (depuis 3 semaines). Là aussi, il y a quelque chose de thérapeutique parce que grâce à cette relation je travail sur mes vieux penchants d’attachement, de dépendance, de jalousie, de « trop » d’intensité et aspire à quelque chose de plus calme, de plus paisible. C’est aussi avec elle que je pratique une sexualité plus riche qu’avant grâce à la découverte du tantra, dont j’avais beaucoup de préjugés alors qu’il ne s’agit de quelque chose de très simple. Je te laisse découvrir par toi même si t’en as la curiosité.

J’ai quitté le cocon familiale dans lequel je m’étais réfugié après mes longs mois d’hospitalisation. Là aussi la vie en solitaire est un sacré travail sur moi même. Difficile au début de se retrouver seul…

Le fait que l’Express.fr m’a témoigné leur intérêt pour ce blog dernièrement est une grande satisfaction car d’une manière c’est une récompense du combat que je mène. Encore une fois, cela est très individualiste. Mais comme beaucoup me l’on dit via ce blog, témoigner ici de mes états d’âmes de mes ressentis, de ce que je comprends sur moi même, cela les aide aussi.

Et quand des bonnes choses arrivent, cela me déstabilise. Des nouveaux projets font ébullition, des nouvelles craintes, angoisses, peurs alors je respire et me dis: Keep calm and carry on!

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A bientôt,

W.


C’est quoi le trouble bipolaire?

Déjà, pourquoi avons nous le droit à l’étiquette « atteint d’un trouble bipolaire »? Pourquoi une dénomination? Hé bien, à un moment donné dans notre société moderne, des milliers, des centaines de milliers de mes camarades ont consultés et consultent encore les psychiatres pour alléger leurs souffrances. Ces consultations se font librement, à la demande d’un tiers ou encore, accompagnés par les forces de l’ordre. Et puis, les psychiatres, entre deux études de leurs bottins de classifications, ont constaté que nous (600 000 aujourd’hui) avons tous des soucis de sauts d’humeur. De la dépression à l’exaltation, au délire même. Chaque patient ausculté montrait un degré de variation de l’humeur différent mais il était tout de même pratique de mettre tout ce monde dans une catégorie et poser une étiquette pour gérer cette population plus facilement. « Psychose maniaco dépressive » était le nom au départ mais depuis les années 90, le premier pas de la stigmatisation a été fait pour une dénomination plus cool « trouble bipolaire ». Cela reste une expression qui regroupe 600 000 personnes qui répondent à des symptômes communs. Voilà la liste que j’ai recopiée de la brochure explicative publiée à l’occasion de la journée mondiale de la bipolarité qui se tiendra le 30 mars à Paris:

Symptômes de la dépression : Baisse de la concentration, trouble de l’appétit, pertes de mémoire, souffrance, culpabilité, suicide, perte du plaisir, épuisement, épuisement, tristesse, dévalorisation, indécision, désintérêt, isolement, ralentissement de la pensée, fatigue, pessimisme, idées noires, trouble du sommeil, dévalorisation de soi.

Symptômes de l’exaltation (manie) : déficit d’attention, difficultés de concentration, assurance excessive, hyperactivité, logorrhée, excitation, délires, dépenses inconsidérées, désinhibition, exaltation, euphorie, irritabilité, créativité, ambition, démesurées, extravagance, instabilité, diminution du sommeil, accélération de la pensée.

Voilà, tu retrouveras ces listes à peu de choses près dans les discours de chaque psychiatres ou autres médias d’information. Néanmoins, ce qui est moins courant c’est la liste des symptômes dits de stabilité : assurance, quiétude, humour, hypersensibilité, joie, normalité, acceptation, performance, bonheur, sérénité, sociabilité, équilibre, créativité, fiabilité, empathie, réflexion, tranquillité, attention.

Une personne qui témoigne d’une manière ou d’une de quelques symptômes de dépression à un psychiatre et, quelque peu après, de symptômes de manie, le diagnostic est prêt : « Vous avez un trouble bipolaire ».

Le travail du psychiatre est alors d’amener avec ses moyens thérapeutiques le patient à retrouver des symptômes de stabilité.

Sur le papier, c’est ça un trouble bipolaire. Ce qui est intéressant, à partir de ça, c’est de s’interroger sur ce qui se cache sous ses symptômes. Pourquoi surgissent-ils, à qui la « faute »?

 

Pfffiou, j’avais envie de faire un article consensuel, conventionnel, objectif… c’est pas mon dada, profite, c’est pas demain que j’en ferai d’autres! Car c’est pas faux tout ça mais c’est tellement fumeux!

A bientôt

P.S. Si tu es partant, la question « qu’est ce un trouble bipolaire » sera largement discutée lors de la journée du 30 mars, et je serai présent, évidemment.

W.

 

 


Après le trouble, la revanche?

J’ai la tête lourde. C’est le poids d’une grippe qui m’a travaillée pendant cinq jours. Une semaine après mon ordinateur, c’est à mon tour d’attraper un virus. C’est le grand ménage. Par le feu. La fièvre monte, le corps s’enflamme pour détruire le virus. Comme la Terre qui se réchauffe pour éliminer le virus humain? C’est la première fois que j’expérimente la grippe – je l’ai dégusté- , et il est évident que j’en sors différent. Transformation, transmutation, évolution? Je n’en sais rien, je suis encore plus perdu qu’avant…

La bipolarité, quand elle arrive, fait sauter tous les repères que notre famille et la société nous avaient enseignés (pour notre sécurité en fait). Depuis que je suis bipolaire, c’est un véritable problème : poser les limites. Par expérience, et non par croyances ou théories, je sais qu’il n’y a pas de limites. Mais pour vivre ici et maintenant, il est essentiel de se restreindre à des cases. La souffrance, la difficulté ou la passion -selon les humeurs- réside dans la gestion de l’infini proposé par notre esprit et l’adaptation de celle-ci avec les opportunités proposées par notre environnement. Nous sommes trop lourds en fait.

J’ai une envie qu’il me semble impossible de réaliser ici. Je ne sais pas quelle est cette envie puisque je ne saurai la voir sur Terre. Un désir d’amour. Non pas vraiment, car ça ne ressemble pas à celui que je connais ici. Bref, une aspiration à quelque chose d’ailleurs. J’en reviens à ma thèse sur les extra terrestres haha! Je suis en extra terrestre. Cette envie se réalisera peut-être à l’avenir. Comment le savoir, que faire, quel est le projet pour y parvenir? Je ne sais pas. Comment pourrais-je savoir où est le chemin vu que je ne sais pas où est la direction.

Il reste le présent. Tant mieux, puisqu’il n’y a que ça qui compte finalement. Le passé n’est plus et le futur n’est pas encore… Alors voilà, je n’ai plus le choix : je dois faire confiance. Je ne sais absolument pas où je vais, je suis totalement perdu. J’ai bravé bien des épreuves pour me perdre, j’espère que me retrouver sera plus simple. Quoi que je fasse aujourd’hui (plutôt rien), j’avance et suis le bon chemin, le mien. Toute mon histoire, jusqu’à cette grippe, ont fait ce que je suis à l’instant et vont conditionner les jours à suivre, ainsi de suite. Finalement, j’entreprends la partie agréable de mon histoire, je n’ai qu’à me laisser aller. Il n’y a plus de doutes, mes prochaines erreurs et réussites ne font que précéder d’autres réussites et erreurs. Je conçois de mieux en mieux cette philosophie du détachement. Je suis persuadé que mon salut en dépend.

Mais lâcher le contrôle me fait peur, c’est l’inconnu. Je sens bien qu’il s’agit de cet infini, cette réalité sans limites qui se cachent sous cette peur. Cette incroyable dimension qui m’a fait chuter plusieurs fois.

Alors, après le trouble, la revanche?

W.