Archives de Tag: hypomanie

Respire!

Il est encore trop tôt pour savoir ce que je vais devenir tôt ou tard. Il reste toujours plein de rouages dans mon esprit qui sont encrassés et qui m’empêchent de voir clairement qui je suis. Même si je n’ai jamais été aussi proche de mon centre. Pendant de long mois, rien ne bouge, et d’un coup, un déclic, une nouvelle couleur insoupçonnée me dévoile une nouvelle manière de voir la vie, si bonne que je vais m’y accrocher, m’y aventurer pendant les mois à venir.

Je vais bien et pourtant mon emploi du temps n’a pas évolué, je n’ai accompli aucune action particulière. Je glande même depuis cette semaine plus que d’habitude. Bizarre, hein? Etre bien d’un coup sans qu’il n’y ai de signes extérieurs. En tant qu’expérimenté de l’hypomanie, c’est vrai que j’ai l’habitude d’aller bien en réaction d’événements extérieurs. Hmmm…. écrire ce paragraphe fait naître un sentiment étrange en moi, un mélange de doute, de peur… il y a quelque chose qui remonte et voudrait sortir, j’ai l’impression. Respire….. mes oreilles bourdonnent. Il y a des sensation intérieurs vraiment difficile à décrire. Je crois que c’est le fait de croiser mentalement mon bien-être actuel avec le souvenir de mes hypomanies qui a réveillé quelque chose en moi.C’est certain que toutes mes hypomanies (exaltions, excitations, euphories qui emballent le bipolaire) et les hospitalisations qui les ont suivi ont laissé en moi de profondes peurs. Là est ma différence principale avec les autres : je ne peut pas être heureux sans avoir peur d’être trop heureux et faire une crise maniaque, c’est embêtant hein! Je dois rester sur mes gardes.

Ce qui m’aide le plus dans la vie, c’est la respiration. En même temps, c’est ce qui permet L’Homme de vivre. J’ai commencé à vraiment prendre en compte ma respiration il y a deux ans, autant te dire que j’ai découvert que je n’avais jamais eu conscience de respirer avant. Le premier moyen d’agir contre ses souffrances, j’en suis certain, c’est respirer. Ça m’a demandé beaucoup de pratique mais j’explore maintenant les pouvoirs de cette activité à l’essence même de la vie. Lorsque l’on est centré sur la respiration, plus rien existe, tout ce qu’on pensait être rigide en nous se détend et disparaît. Bref, ceci est à la fois un discours perché et basique mais c’est une de mes arme secrètes, je te la partage.

Quand j’écrivais plus haut qu’il n’y avait rien de matériellement positif en ce moment qui pourrait expliquer mon bien-être, c’est pas tout à fait vrai. J’étais en Bretagne la semaine dernière avec mon frère. Ah oui, déjà, ce séjour à la mer a fait bouger quelque chose en moi. Puis la lecture de Deepak Chopra a créer un déclic dans ma façon de voir la vie. Il y a une richesse dans les livres. Et puis, ce qui est super, c’est qu’à chaque nouvelle lecture, c’est des nouveaux morceaux pour notre puzzle intérieur. Et parfois, un morceau seulement, peut révéler toute une image. C’est ce qui s’est passé je pense.

Depuis mon retour, lundi, je me suis remis à un ancien vice : le poker. Comme la drogue, l’alcool, le jeu m’a fait tourner la tête bien des fois auparavant. Surtout le poker. Je jouais beaucoup il y a quelques années, et étant plutôt bon, ça à compliqué encore plus les choses. Bref, je ne maîtrisais pas les effets de l’adrénaline alors j’ai préféré arrêté complètement. D’ailleurs mon psychiatre parfois me demande si je joue au poker, comme si c’était le témoin d’un état d’esprit particulier. Vu comme ça, on pourrait dire que je joue avec le feu. En réalité c’est là que je tire sûrement une satisfaction. Je maîtrise ma consommation de poker, pour résumé. Dominer quelque chose en moi qui me dominait avant est plutôt gratifiant. Bien sûr jouer avec son côté obscur demande de rester en garde. M’enfin voilà!

A bientôt,

W

Publicités

Quand l’HP devient un hôtel

Mon nouveau blog à cette adresse http://etrelapaix.wordpress.com/

 

C’était en 2009 à la sortie de ma deuxième hospitalisation à l’asile Théophile Roussel (A l’asile chez Théophile Roussel). Délivré de cet enfer, je suis entré dans la maison de repos Bellevue de Meudon afin de continuer de me soigner dans un environnement plus agréable que les murs et le personnel de Théophile.

J’étais redescendu de mon délire ( Maniac Story saison 2) mais une certaine euphorie demeurait. C’est un projet de création d’entreprise qui a été l’élément principal de la cause de cette deuxième crise maniaque. Le passage à l’asile n’avait pas effacé ma volonté de créer cette entreprise  Stars in Arts. Le confort de l’hôpital de Meudon m’a aidé à me redonner confiance sur ce projet. Peut-être un peu trop…

Je garde un souvenir très agréable de mon séjour à la maison de Bellevue. J’avais une chambre tout confort, un grand lit, une salle de bain, une télévision, bref une chambre d’hôtel avec une terrasse privée dans laquelle je recevais chaque jours des amis. Poker, playstation et tennis de table avec mes potes occupaientune bonne partie de mes journées.

Tu t’en doutes, il y a eu aussi des rencontres :

– la jeune patiente de 20 ans styliste de formation et dépressive qui me donna l’idée de créer une ligne de vêtement rattachée à Stars in Arts .

– Adriana, l’amie de la styliste. Lors d’une après midi ensoleillée sur ma terrasse, entouré de mes amis, je parlais de mes croyances, de Dieu, des anges, du Soleil. Un discours un peu perché… et là, Adriana, que je n’avais jamais vu de ma vie, se pointe sur ma terrasse et me donne sans raisos une carte du tarot sur laquelle est dessinée un grand soleil. Une coïncidence troublante vu que j’étais déjà up et conscient que j’ai rayonnais comme un Soleil… Adriana était donc un ange qui me maintint sur la longueur d’ondes des anges pendant plusieurs semaines. La nuit suivante de notre rencontre, elle revint dans l’hôpital. Je ne sais plus quelle passage elle avait trouvé pour se faufiler de la rue jusqu’à ma chambre m’enfin, je me souviens bien par contre qu’elle se faufila jusque dans mon lit. Il y a pire comme hospitalisation…

– Charlotte, la patiente du dessus. Elle avait dix ans de plus que les précédentes et souffraient d’une sorte de cirrhose qui avait atteint son psychisme. Elle était généreuse, très généreuse. Elle se disait la fille du numéro deux d’Areva. Une relation intense nous lia plusieurs semaines après notre sortie de Bellevue. C’était la belle vie. J’étais alors un ange entretenu par une âme généreuse. Elle m’offrait des cigarettes, restaurants, taxis, voyage et même un tatouage. Elle me maintenait dans un rêve en me disant qu’elle connaissait des célébrités et qu’elle me ferait rencontrer Charlotte Gainsbourg que j’apprécie particulièrement. Pendant presque deux mois je l’ai cru aveuglé par tout son argent jusqu’au jour où je mis en doute sa parole… Je me suis rendu compte que c’était une mythomane. Elle le vécu très mal et se transforma en une femme démoniaque. Dés lors, elle m’envoya des messages de haine et m’assura qu’elle obtiendrait facilement le licenciement de mon père grâce à ses relations.

Je coupai donc toutes relations avec elle et Adriana, je revins à la réalité et tournai la page…

A bientôt,

W.


Maniac Story-ep14 – Je vaux un million

Je partis seul sur Paris avec l’argent de mes futurs associés. Comme tout grand chef d’entreprise, le transport en commun n’était pas à la hauteur de ma valeur. Je voyageai en taxi aux frais de Stars in Arts. J’avais rendez-vous avec celui qui devait me louer une salle pour le lancement de l’entreprise. Il me fit visiter le lieu en question. Un grand amphithéâtre de deux cents places. Je lui payai la moitié de la location et l’affaire était conclu. J’avais donc l’endroit. C’était pas loin de la place d’Italie (Paris 13e). Bien sûr, je n’étais pas entièrement satisfait. Je décidai qu’il me fallait un bar adapté après le meeting pour célébrer le nouvel ère qui viendrait grâce à Stars in Arts. Le Fouquet’s, pas de doute la dessus, il me fallait le Fouquet’s.

Un taxi m’amena au célèbre restaurant. Je demandai, avec toute l’assurance d’un jeune entrepreneur ambitieux, à voir le responsable des privatisations. La personne me reçu dans un bureau au dessus du restaurant. C’était une jeune femme, belle, class’, qui ne mérite pas pour autant une description Flaubertienne. Elle m’informa sur les tarifs. Je voulais les cocktails à volonté, le champagne, les amuse-gueules, tout. Heureux hasard, le jour prévu était un dimanche et une salle du Fouquet’s était libre. Je précise que ma journée de lancement était prévu la semaine d’après. C’était de la dernière minute. En discutant avec la gérante, je compris rapidement que le Fouquet’s n’aurait pas d’autres opportunités d’ici là pour louer leur salle de réception. C’est grâce à cet argument, allié à mon charme, ma persuasion et mon éloquence que je parvins à négocier l’affaire pour la moitié de son prix initial. Je devais avancer une part afin de réserver, cinq cents euros. Je ne les avais pas. Je conclus l’entretien en prévenant la jeune femme que je reviendrai rapidement avec la somme dite.

Je devais trouver de l’argent. Je n’étais pas inquiet. La perspective de mon meeting dans un amphi suivi d’une réception au Fouquet’s m’avait au contraire boosté. Je me voyais déjà tout puissant, populaire et riche.

Je marchais à Paris à la recherche d’un filon rapide pour rassembler une grosse somme d’argent. Je remarquai que les passants me regardaient attentivement avant de me croiser. Logiquement une société secrète avait eu lieu de mon grand projet et me surveillait. Je savais que mon entreprise allait faire de l’ombre à certain. J’étais même surement actuellement sur écoute. Je pris mon téléphone à l’oreille et fis semblant d’avoir une conversation. J’avais raison, des individus m’observaient et rapportaient mon comportement par téléphone. C’est pourquoi j’eus. « Il me faut un million d’euros maintenant sinon.. », je répétai ces mots dans le but que ceux qui m’espionnaient fasse remonter l’information. J’étais une personne très importante pour l’humanité, il ne pouvait que céder à mes caprices. Il redoutait ma puissance, il ne résisterait pas à mon chantage.

A suivre.

Épisodes précédents :

Maniac Story-ep13 : Stars in Arts

Maniac Story-ep12 : Amourettes

Maniac Story-ep11 : Season 2

Saison précédente : Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

A bientôt,

W.


Dans ma tête – Les apparences sont trompeuses

Lorsqu’on me fait part de l’image que je renvoie aux autres, on me dit toujours que j’ai l’air normal ou des choses dans ce sens là. Peut-être que parfois les gens ne veulent pas me blesser mais étant donné que même des amis me donnent cet avis là, alors cela doit être vrai. Pourtant, c’est difficile à croire puisque vu de l’intérieur je suis loin de considérer de vivre normalement. Les apparences sont souvent trompeuses et dans mon cas cette expression communément utilisée est criante de vérité.

Aujourd’hui, j’admets que « j’ai l’air normal », ce qui n’est pas toujours évident pour un bipolaire… mais alors quelle lutte pour obtenir ce résultat! Quel combat pour préserver ces apparences! Quelle machination même! Monsieur Florent, fondateur du Cours Florent, disait qu’être acteur c’était savoir « jouer le naturel », eh bien ça me parle! sauf que moi, c’est dans la vie que je cherche et essaie mon naturel. C’est à dire que je suis toujours dans la recherche du comportement adéquat. Contrairement aux apparences, je n’évolue pas naturellement de groupes en groupes (par exemple) en m’adaptant quand il le faut. En fait, j’ai une réelle difficulté à vivre en société.

Avant de vivre une situation qui implique d’autres personnes, je vais naturellement l’anticiper. C’est à dire que je vais créer dans ma petite tête une multitude de scénario possibles. Je vais jouer la situation avant de la vivre pour déterminer quels comportements je vais devoir adopter. Je vais imaginer toutes les répliques possibles que certaines personnes pourraient dire afin de trouver à l’avance la réponse correcte. Voilà, et quand je penserais arriver à un scénario parfait, je vais le rejouer en boucle parce qu’en fait, il n’est jamais parfait. « Arrêtes de stresser… Sois toi-même… Tout va bien se passer…Personne va te faire du mal ». Oui, je sais, merci pour le conseil… C’est là aussi que je me dis « Sois naturel », mais le soucis c’est que justement je me prends la tête comme ça depuis toujours, elle est là ma vraie nature!

Quand je suis en train de vivre la situation, je me pose également des questions « Que pense-t-il de moi là? Veux-t-il que je m’en aille? », je me sens jugé et j’ai souvent du mal à me positionner dans le groupe. Le grand dilemme qui me ronge souvent dans ces moments est de savoir si je dois reproduire les codes du groupe dans lequel je suis, m’adapter totalement à eux ou est-ce que je dois être moi-même et m’affirmer. Je crois que c’est un peu des deux, mais quel est le bon dosage? Même si c’est toujours un casse tête avant de m’y confronter, il m’arrive de vivre sereinement -ou presque- une situation, certains moments plutôt…

Aussi, un rien va me blesser, intérieurement, bien sûre je m’efforce de rien ne laisser paraître, et ce rien va être douloureux. Quelque chose en moi va mémoriser la scène  et c’est à chaque fois très difficile de l’oublier pour me reconnecter à ce qui se passe. En réalité, c’est petit pic que je vais ultra ressentir vont briser le peu de confiance que j’avais sur le moment et me fragiliser encore plus. Par exemple, je vais parler trop vite et dire quelque chose qui pourrait rendre mal à l’aise une personne présente… je vais le ressentir extrêmement et du coup je me mettrais moi-même à l’écart du groupe pendant un moment, c’est comme si ça me paralysait. Et si des pics s’enchaînent, ça fait mal… Bref, je suis en train de me rendre compte que je mets bien à nu dans cet article là, j’espère que tu vas adorer pervers ou perverse que tu es.

Haha! Pour t’illustrer encore mieux la chose, je viens de sortir fumer une cigarette et je me suis surpris à anticiper une possible discussion de ce soir avec mes parents alors que nous sommes en vacances. En fumant, j’ai créé dans mon esprit un dialogue avec eux au sujet de ce blog même et je réfléchissais aux répliques idéales que je devrais dire s’il me posait telle ou telle question…

La problématique de cette prise de tête permanente, c’est qu’elle rend tout plaisir difficile à savourer. En effet, dans une situation qui devrait m’être agréable en théorie,  pour laquelle je vais être terriblement impatient, je vais avoir du mal à lâcher prise et à profiter simplement du moment. Il y aurait peut être là une sorte de culpabilité qui me rendrait mal à l’aise, que sais-je…Heureux les simples d’esprit disait l’autre.

En société, c’est à dire hors de mon bureau d’écriture, au sein d’un groupe je ressens une certaine solitude dans mes pensées. Dans des discussions par exemple, je vais avoir du mal à trouver ma place tant les pensées que je voudrais exprimer sont différentes de celles échangées et je sais, par expérience, que l’affirmation de certaines d’entre elles ne sont jamais bien reçues. Le fait que je m’exprime mal oralement n’arrange pas, certes. Alors, généralement, je ne dis pas le fond ni la moitié de ce que je pense et en résulte une solitude.

Enfin, lorsque je suis dans un contexte qui me convient (c’est rare) et que je parvins à m’exprimer et me comporter librement, ce n’est toujours pas simple. Je vais douter. Est-ce que je ne serai pas en train de monter, amorcer une hypomanie (première phase de la crise maniaque)? Avec le temps, j’arrive mieux à distinguer si oui ou non mais aujourd’hui encore, à ces moments, je me pose la question et juste le fait de douter sur soi-même empêche le plaisir.

Je vais finir sur une note positive en précisant que dans mes relations duelles, je suis beaucoup plus à l’aise et les apparences alors deviennent de moins en moins trompeuses.

Merci de m’avoir écouter, je te dois combien?

🙂

Et dans le même esprit:

Journal-Sociopathe

C’est plus fort que moi, je rêve

Trouver sa place

Le psychotique et ses psychoses

Illuminations nocturnes

A bientôt, a ce soir en fait  pour le journal du dimanche soir 😉

W.

 

 

 

 

 


Maniac Story-ep12 : Amourettes

Un soir, N. et moi nous nous promenions dans le petit centre ville. Il devait être 22 heures et il n’y avait personne. Les soirées précédentes nous avions beaucoup bougé hors de la ville où nous logions. Ce soir là, aucune vadrouille n’était prévu, cependant, j’étais toujours en recherche d’actions. Je voulais des sensations, que quelque chose se passe… Surprise! Deux jeunes filles étaient assises sur un banc en face de l’office du tourisme. Pour moi, elles aussi étaient dans l’attente de quelque chose qui pourrait animer leur soirée. Cette chose, ce devait être moi. Armé de la magie de l’hypomanie je les abordai sans mal. Un quart d’heure plus tard nous étions tout les quatre sur une plage à partager une bouteille dans la nuit bretonne. Une demie heure plus tard, deux couples s’étaient formés. Séparés d’une dizaine de mètres, N. et moi profitions alors de ce plaisir qui, souvent, alimente l’hypomanie. Je veux parler ici du plaisir sexuelle. La soirée était parfaite. En fait, tout ce que j’entreprenais durant ces vacances réussissait. Tout contact humain était facile. Je dominais toutes situations. Ces deux jeunes filles s’étaient laissée prendre par mon aura de séduction. En réalité, elles et N. profitaient de mon état d’esprit, de l’ambiance que je créé malgré moi. Tout était simple et plaisant.

On les retrouva le lendemain et à l’abri dans les rochers, chacun dans son coin, on se laissa encore aller dans les plaisirs de la chaire. Ce n’est pas m’avancer que ces ébats resteront gravés dans la mémoire de chacun de nous quatre. Le dernier soir, on entrepris même de s’immiscer avec nos demoiselles tard dans la maison familiale pour profiter d’un bon lit pour clore notre semaine en beauté. Malgré une stratégie ficelée afin de ne pas se faire prendre, au moment où la mienne devait sortir de ma chambre (collée à celle de mes parents), ma mère était là. J’ai eu beau mettre ma main sur la bouche de ma partenaire lors de notre affaire, ma mère avait dû entendre ou plutôt avait dû avoir une certaine intuition. Ça doit être le moment le plus embarrassant que j’ai vécu pour l’instant. Où était N.? Il était avec la sienne dans le jardin profitant des étoiles sur une couverture qu’on leur avait jeté par la fenêtre de ma chambre. Bref, tout ça pour dire que cette relation aussi éphémère qu’intense n’était qu’un produit dérivé de cette douce montée maniaque.

Voilà, pendant une semaine, N. et moi avons profité à fond de cet élan qui nous paraissait anodin. Ni ma famille, ni personne s’est alertée sur mon comportement. Ce n’est pas de leur faute, c’est en réalité très difficile de déceler une période d’hypomanie et même presque impossible quand il s’agit d’un bipolaire en début de carrière.

Après la Bretagne, il restait un mois de vacances à passer chez moi dans la banlieue ouest parisienne. Très avenant, j’ait fait des nouvelles rencontres qui m’ont rendu très confiant. Très confiant j’ai entrepris des projets qui ont commencé à me faire délirer.

A suivre.

Episodes précédents : Maniac Story-ep11 : Season 2

Saison précédente : Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

A bientôt,

W.


Maniac Story-ep11 : Season 2

Maniac Story Season 2

Après le récit de ma première crise, raconté sur ce blog dans les dix premiers épisodes, j’enchaîne sur celle de 2009 tout aussi surprenante même si différente de la première. L’épisode 11 que voici est donc le début de la saison 2 de Maniac Story si je puis dire.

Introduction

Tu as du t’en douter, après l’accès maniaque de l’été 2008, j’ai atterri en hôpital psychiatrique. Puis j’ai sombré dans une dépression qui a duré de septembre 2008 à avril 2009, je m’en suis sorti grâce à une hospitalisation à partir de février 2009 dans un autre hôpital. J’écrirai sur ces différents séjours plus tard. Bref, j’ai remonté la pente petit à petit grâce à une batterie d’antidépresseurs comprenant notamment le puissant Anafranil. J’arrive donc à l »été 2009  et c’est là que reprend le récit de mes folies.

J’étais en Bretagne sur la sublime côte de granit rose. Vacances traditionnelles en famille dans une maison louée à cet effet. Cette année j’avais invité un ami (N.) a passé une semaine avec moi dans cet endroit magnifique. Le spectre de la dépression avait disparu, j’allais bien. Je continuais tout de même à prendre mon traitement riche en antidépresseurs. Je dois te préciser qu’à cette date, personne ne se doutait qu’une rechute dans la manie était plus que possible. Pour moi, la crise maniaque de 2008, n’était qu’une grande bouffée délirante isolée qui dans n’aucun cas était la première crise qui en appellerait tant d’autres. Tout ça pour dire que je ne faisais pas attention à mon hygiène de vie, au contraire, je profitais pleinement des plaisirs offerts à la jeunesse (filles, alcool, cannabis). Ma famille et N. n’étaient pas non plus inquiet pour moi.

Voilà le contexte : Anafranil, vacances idéales, compagnon d’aventures, filles, alcool, cannabis et toute confiance… Oui, tout était réuni pour s’envoler à nouveau dans la belle spirale de la folie.

Grâce mat’, baignade froide, repas familiale, plage, soirée et aventures avec N… Voilà à quoi ressemblait la routine de ces vacances. J’écris aventures parce que j’ai entraîné mon ami dans des vraie petites aventures à jamais imprégné dans nos mémoires. Quel était le moteur de ces aventures ? Ma fougue. Quel était le moteur de cette fougue? L’hypomanie dans laquelle j’étais. L’hypomanie est une destabilisation de l’humeur très difficile à identifier car elle se caractérise par une bonne humeur, une confiance et estime de soi. L’effet se rapproche de celui vécu sous cocaïne. Lorsqu’on est en hypomanie, on est up (dans le jargon). L’hypomanie peut être l’étape avant l’hypermanie (phase que j’ai décrit dans l’épisode de 2008). Bref, je me sentais bien et je propageais mes ondes positives à N. et à toutes les personnes que nous rencontrions.

Pour résumé, nous avons fait connaissance avec un groupe de jeunes dans lequel nous nous sommes intégrés facilement. Nous partagions alors des bons moments ensemble l’après midi sur la plage autour de quelques bouteilles de bières et pétards. Au sein de ces nouveaux camarades, il y avait Morgane. Je cite cette jolie brune parce que j’ai perdu contact avec elle alors si par tout hasard elle tombe sur cet article, j’espère qu’elle se reconnaîtra. Là ou la plupart des jeunes auraient été satisfait de passer leurs vacances avec ce groupe festif, et bien moi, j’en voulais plus. Il me fallait plus d’émotions.

Un jour on partait bivouaquer, un autre on faisait du stop, un soir on allait flamber sur les terrasses de la ville touristique la plus proche, un autre soir on allait faire un feu sur la plage, etc. Une semaine très intense. J’avais envie de faire quelque chose, je le faisais. J’avais envie de séduire, je séduisais. En parlant de séduction, la dernière chose que je te raconterai sur ces vacances, c’est la rencontre avec deux filles. Ce qui c’est passé est un pur exemple du pouvoir que l’on use lorsqu’on est en hypomanie. Néanmoins, ce sera déconseillé d’être lu par des enfants.

Episode suivant : Maniac Story-ep12 : Amourettes

Saison précédente : Maniac Story-ep01: Je t’aime à la folie

A bientôt,

W.


Maniac Story-ep04 : Porté disparu

Bonjour,

Je me relance dans l’histoire de ma première crise maniaque de 2008. Une crise maniaque est une légère (au début), montée en puissance dont l’intensité va dépendre des personnes. La première phase de cette montée s’appelle l’hypomanie, pour faire une simple analogie, on ressent sensiblement les mêmes effets que ceux engendrés par la prise de cocaïne: désinhibition, sur-confiance, sur-créativité, etc.

J’ai commencé mon récit directement lorsque l’hypomanie s’est développée en’hypermanie. Je voulais donc que tu saches qu’avant celle-ci je suis passé par une période d’hypomanie que je ne raconterai pas dans cette « 1ere saison de Maniac Story ». Le délire n’est pas encore présent dans l’hypomanie. Enfin, il n’existe qu’une infime partie de bipolaires qui vivent ces phases de délire, la plupart s’arrête à des phases d’hypomanies.

Trêve de bavardage voilà la suite:

Maniac Story-ep04:  Porté disparu

               L’après midi au centre de loisirs se déroule sans événements extra-ordinaires. C’est comme-ci les enfants avaient permis d’estomper mon délire. Mais il restait là, latent, mon esprit était en fait, déjà, infecté profondément.

                     A la fermeture du centre, les deux responsables du secteur jeunesse, que je connaissais depuis trois ans et avec lesquels j’avais d’excellents rapports, me prirent à part. Ils semblaient très touchés par l’annonce qu’ils allaient me faire. Leurs regards témoignaient d’une grande compassion, mêlés d’un sentiment d’incompréhension. En effet, le patron de toute la structure leur avait donné l’ordre de me donner congé. Ils n’avaient pas eu droit à d’explications.  En fait, la fille dénommée C. dont j’étais amoureux et dont j’avais terrorisé par mon acte d’amour tragique (voir épisode 1), était à l’origine de cette décision. Travaillant dans ce centre de loisirs depuis peu, elle ne pouvait, évidemment concevoir le fait se retrouver face à moi. Ces parents, connaissant indirectement le grand patron, avaient fait pression. Mon dernier jour auprès de ces enfants, que j’ai vu s’épanouir de semaines en semaines pendant trois ans, avait sonné. Ému de l’affection qui transparaissait dans leur annonce, j’acceptai la décision sereinement. En fait, les éclats émotionnelles qui avaient précédés dans la journée avaient épuisé mon stock d’énergie. Je vécu la fin de la journée calmement.

                      J’invitai mes collègues à se poser dans un parc près de chez moi. En guise de pot de départ, un joint ou deux d’herbes, je leurs fis part de mes pensées philosophiques qui prenaient sources dans cette latente folie aux confins de mon esprit. Il s’avérait, par l’expression de mes nouvelles théories, que je ressentais une connexion avec la vérité universelle. L’expérimentation d’une transe nouvelle. Dans ce même moment, je proposai à mon frère de nous rejoindre,  mélanger amis et famille était très inhabituel. Il vint nous rejoindre. Nous rentrâmes, ensuite, à la maison et je continuais de lui livrer les grandes vérités universelles autour d’un jus de pamplemousse qu’il m’offrit gentiment. (Il me confessa deux ans plus tard, que ma mère avait mis un puissant calmant dans ce jus de pamplemousse. Il m’avoua aussi que ma philosophie était étrange mais pas dénuée de sens, par contre mes théories politiques étaient, elles, irrationnelles).

                       Etant donné ma réaction diabolique envers le corps médical plus tôt dans la journée, je ne pouvais accepter de plein grès un médicament. Ils avaient eu raison de ma paranoïa par la ruse. Je me suis réveillé le lendemain après pas moins de quinze heures de sommeil. C’était dimanche. Je suis resté dans état de lobotomie… dur à expliquer. Tu vois, quand on se réveille très difficilement, les premières minutes sont « comatiques »… Bon et bien je suis resté dans ce « coma » jusqu’à la fin de l’après midi. Mon meilleur ami de l’époque vint me rendre visite. Cela me redonna un peu d’énergie. On discuta de choses dont je ne me souvins pas. Mais j’étais conscient de la nécessité de rester à la maison afin de me reposer. Ma mère et le reste de ma famille étaient très surpris par ce qu’il se passait et surtout désemparés face à mon comportement imprévisible. Heureusement, ils avaient l’arme du pamplemousse pour garder un contrôle sur mes « états d’âmes », en attendant une prochaine approche psychiatrique . Me voyant discuter normalement avec mon ami, était une preuve rassurante que mon excès de folie était derrière moi. La présence de mon ami m’avait éclairci l’esprit et je voulu profiter jusqu’au dernier moment de sa compagnie. C’est pourquoi, j’ai convaincu ma mère de me laisser le raccompagner à la gare, en lui promettant de revenir directement après. C’était sincère sur l’instant.

                         Plus, mon ami et moi, s’écartions de la maison, plus mon esprit reprenait de l’activité. Mon énergie remontait. Une sensation de libération proliférait dans mon for intérieur. Si bien que je persuadai mon ami de l’accompagner jusqu’à la station où il devait descendre pour rentrer chez lui, en prétextant le besoin d’acheter des cigarettes. Il accepta à contre-cœur (des mois plus tard, il me révéla qu’il s’en voulait de m’avoir laisser partir). Une fois séparés,  je lui ayant promis de rentrer chez moi (là, c’était moins sincère), je demeurai seul face à moi-même, face à mon esprit qui n’avait pas fini de me jouer des tours…

                       Je regardai autour de moi : les passants,  les phares des voitures, les panneaux de signalisation, tout me faisait signe d’aller quelque part. Ce quelque part n’était pas le domicile familiale, où ma mère souffrait déjà d’impatience face à mon hypothétique retour… Moins d’une heure plus tard, mon père était au commissariat et établissait le procès verbal déclarant ma disparition.

A suivre

Aux lecteurs de cette série,

                     Je m’excuse si les épisodes ne sont pas assez longs et pas assez rapprochés entre eux. Si cela ressemble à une simple histoire, en réalité, c’est un exercice particulier pour moi de la raconter. J’écris dans cette section, une expérience « irrationnelle » que j’ai vécu. Il m’est difficile de mettre des mots sur des sensations pas communes. Celle-ci date de 2008, plusieurs autres ont survenu depuis, et pourtant c’est encore très présent à l’esprit. Je ne suis pas le seul à avoir vécu ce genre d’aventures. Je veux d’ailleurs dédier ce texte à Joel à qui, je m’engage à publier le prochain épisode avant le 17 janvier ;).

Bon Week-End.

Prochain épisode :Maniac Story-ep05: Les Anges

Précédents épisodes : Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

                                            Maniac Story-ep02 : L’exorciste

                                            Maniac Story-ep03 : Parano

Merci pour votre fidélité,

W.