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Lettre à Monsieur Hollande

Monsieur le Président,

Vous écrire formellement ce que j’ai à vous communiquer n’est pas un exercice facile, ce n’est qu’une première lettre ; le message qui vous est destiné s’aiguisera au fur et à mesure des copies.

Monsieur, vous êtes à la tête d’un système qui étouffe la plus belle partie de moi-même. Vous culminez en haut d’une société qui fait souffrir tout ce qu’il y a de plus humain en moi. Ces mots viennent certainement d’un monde étranger au votre… Derrière ce concept vague « humain », je veux parler de sensibilité, d’émotivité, de créativité ainsi que de valeurs humaines telles que la tolérance, l’ouverture vers l’autre, la compassion, bref tout ce qui permettrai de vivre ensemble en harmonie, vous voyez ?

Hé bien, je porte ces valeurs, elles me sont chères. Ces principes essentiels alliés à ma sensibilité font de moi une personne qui a bien du mal à intégrer cette société.

Une société où il est préférable d’être individualiste, compétitif, insensible et surtout pas fragile.

Monsieur, je n’ai pas choisi d’être fragile, hypersensible et si attaché aux valeurs humaines. Je n’ai pas choisi d’être intéressé avant tout par l’être et non l’avoir. Je n’ai pas d’effort à faire pour être une personne généreuse, empathique, humaine. Je suis un enfant qui refuse de devenir adulte dans cette société de consommation. Je suis un rêveur, un utopique, une force d’amour qui s’est fait brûlé les ailes dans cette société si troublée.

Malgré moi, j’ai tant de choses à offrir pour améliorer ce système. Tant d’amour à donner, tant de personnes différentes que je peux comprendre. Mon hypersensibilité est à l’origine d’une énergie intense. Mais jusqu’ici, cette force s’est toujours retournée contre moi. J’avais le cœur sur la main, la société l’a fait exploser. Naturellement je me suis renfermé, j’ai dressé des murs pour protéger ce que j’ai de plus précieux. N’est-ce pas un grand gâchis ?

Je n’attends rien de vous. Vous n’êtes pas l’entier responsable de l’état de la société, vous êtes un maillon d’un mécanisme qui vous dépasse. Moi, le petit gravier, je tente de m’adapter. Je peine à concilier mon monde intérieur, ma fragile richesse avec la dureté du monde extérieur. Mais j’avance, j’avance avec patience et espoir.

Monsieur le Président, je suis loin d’être le seul HS. Hyper-Sensible, Hors-Système. Nous sommes des millions qui ne se retrouvent plus dans cette société. Des millions en marges à lutter pour trouver une petite place. Je n’ai aucune haine envers vous ou envers d’autres haut fonctionnaires et dirigeants, je ne suis pas révolté envers des hommes et des femmes. Je suis en révolution contre une société déshumanisée.

Voilà la première lettre à de longs maux que je vous adresserai.

Cordialement,

W.

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Keep calm and carry on

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J’ai vu ce drapeau dans un film regardé hier soir Le Grand Homme et je le trouve très à propos dans ce que je vis. « Reste calme et continue…  »

Avec le printemps, pas mal de choses sont arrivées et se serait facile d’en être déstabilisé. C’est le bon moment pour te faire une petite mise à jour sur ce qui se passe dans ma vie de bipolaire.

Je suis toujours l’arsenal thérapeutique que j’ai mis en place il y a deux ans à la sortie de ma dernière hospitalisation. Tant de moyens qui structurent mes semaines et qui n’ont qu’un seul objectif : le soin. En novembre 2013, à la suite d’un échec cuisant en tant que pion, j’ai choisi de ne pas revenir dans le monde professionnel et me focaliser sur un travail sur moi. Combattre mon trouble, maîtriser mes humeurs, entreprendre le grand voyage vers le centre de moi-même. Je suis un grand individualiste et égocentrique. Cela ne me gène pas étant que je suis persuadé que pour faire le bien, il faut être bien soi-même.

Je me rappellerai toujours le jour en HP,  en mars 2013, où je me suis dit à moi même « Ça suffit les conneries, à partir de maintenant, la priorité est de me soigner ». Deux mois auparavant, j’avais mis le feu à mon appartement…

Je suis content d’avoir été fidèle à cet engagement. Qu’est ce que j’en ai fait du chemin depuis ce jour-là. Faut dire qu’en matière de soin j’ai mis le paquet. Je dois préciser que je n’aurai jamais pu sans ma famille qui est un inestimable soutien.

Tout ce que je fais est thérapeutique. Ce qui me prend le plus de temps est l’écriture, notamment sur ce blog (lancé en novembre 2013) mais aussi au sein d’un atelier d’écriture dans lequel je publie entre autre ma poésie. Car avant tout je suis poète (compris ou incompris) et sans prétention aucune (pas de projet de recueil pour le moment mais pas loin de 150 poèmes écrits depuis 2009!). Mon salut dépend plus que jamais de mon expression à travers cet art. S’exprimer est la clé.

Ensuite c’est le théâtre qui m’occupe le plus. J’ai commencé en septembre 2013 dans deux ateliers amateurs. La motivation principale n’étant plus de nourrir mes rêves d’acteur mais encore de m’exprimer avec un outil différent. Il s’avère qu’aujourd’hui je répète deux spectacles dont un avec lequel je tourne dans 11 villages dans le sud en Juillet. Les répétitions s’intensifient depuis cette semaine. C’est devenu plus qu’une activité thérapeutique. Je me suis fixé la fin de l’été pour décider si je me lance à fond ou non dans le projet d’être comédien.

Aussi, je me suis introduit dans une troupe de clown depuis deux mois. Je l’ai écrit dans cet article : le grand cirque bipolaire, les bienfaits du clown pour une personne ayant un trouble psychique. Un véritable travail sur le corps très bénéfique lorsque l’on a une énergie qui fume dans le cerveau et qui n’attend que de circuler dans le reste du corps. Chacun a un clown en soi, qui n’est que sensibilité, fragilité et spontanéité et cela fait un bien fou de le libérer. Ça me demande beaucoup d’effort, entre ce travail là et l’intégration dans un groupe soudé de bons comédiens. Mais quoi de plus thérapeutique!

J’ai commencé le yoga en septembre 2014. C’est à peu près à cette période que j’ai senti la nécessité d’investir ma dimension spirituelle. Je n’ai pas fini d’en parler ici. Il s’agit d’entreprendre un chemin vers une réalité ultime qui se cache derrière tout les nœuds d’émotions, de pensées dans lequel notre esprit patauge. Depuis je pratique la méditation de plus en plus régulièrement et de plus en plus longuement. Sans parler de toutes les lectures qui m’aident sur ce chemin. Krishnamurti, James Redfield, Eckhartt Tolle, Don miguel Ruiz, Jon Kabat Zinn, Rinpoche, Jacques Ferber, Doreen Virtue, Frederic Lenoir, autant d’auteurs que je t’encourage vivement à découvrir. Des retraites chez les moines ou sage amérindien m’ont beaucoup apporté et je compte en faire régulièrement tellement que je suis convaincu des bienfaits. J’ai lancé un deuxième blog : Etre la paix, dans lequel je m’exprime sur ce champ là.

La semaine dernière j’ai lu Sur la voie de Bouddha de Rinpoche, cela a été la confirmation de beaucoup de mes croyances mystiques, j’ai l’impression que le bouddhisme va beaucoup m’inspirer dans mon combat contre ma bipolarité et mes maux en général.

Ah oui, je suis suivi par un psychiatre et une psychologue TCC (analyse des émotions) et je prends toujours un traitement qui diminue au fil des mois. Un cocktail de lithium, lamictal, xeroquel. Cela est aussi thérapeutique mais en termes de temps ça n’a pas beaucoup d’importance finalement. Le but étant à long termes de diminuer jusqu’à 0 ce traitement « conventionnel » est de laisser tout la place à ses traitements « véritables ». Attention, le traitement chimique me paraît essentiel au départ et je n’aurai jamais pu faire tout le reste sans cette base là.

Aujourd’hui, j’ai une copine (depuis 3 semaines). Là aussi, il y a quelque chose de thérapeutique parce que grâce à cette relation je travail sur mes vieux penchants d’attachement, de dépendance, de jalousie, de « trop » d’intensité et aspire à quelque chose de plus calme, de plus paisible. C’est aussi avec elle que je pratique une sexualité plus riche qu’avant grâce à la découverte du tantra, dont j’avais beaucoup de préjugés alors qu’il ne s’agit de quelque chose de très simple. Je te laisse découvrir par toi même si t’en as la curiosité.

J’ai quitté le cocon familiale dans lequel je m’étais réfugié après mes longs mois d’hospitalisation. Là aussi la vie en solitaire est un sacré travail sur moi même. Difficile au début de se retrouver seul…

Le fait que l’Express.fr m’a témoigné leur intérêt pour ce blog dernièrement est une grande satisfaction car d’une manière c’est une récompense du combat que je mène. Encore une fois, cela est très individualiste. Mais comme beaucoup me l’on dit via ce blog, témoigner ici de mes états d’âmes de mes ressentis, de ce que je comprends sur moi même, cela les aide aussi.

Et quand des bonnes choses arrivent, cela me déstabilise. Des nouveaux projets font ébullition, des nouvelles craintes, angoisses, peurs alors je respire et me dis: Keep calm and carry on!

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A bientôt,

W.


Une vie expérimentale

Je n’ai pas de croyance que j’aurais appris d’un tel maître ou telle maîtresse. Je n’ai pas de référent religieux, de repère spirituel intangible . Cette liberté est l’une des raisons de mes perditions mystiques, de mes dérapages incontrôlés et de mes chutes profondes. C’est tellement plus simple de grandir le long d’un tuteur, bien droit, bien fort. Tous les chemins se valent et le mien depuis le début ressort de l’aventure. La quête de la vérité par la recherche de moi-même. Individualiste, égocentrique, prétentieux, pourquoi pas! Est-ce que j’ai choisi cette route? Je ne sais pas, la graine de cette aspiration floue et profonde me semble avoir été plantée depuis mes premiers souvenirs.

Je rejette les théories et me nourrie de mes expériences. Dans mes délires passés, j’avais l’impression qu’on m’utilisait pour faire des expérimentations et que j’évoluais dans un laboratoire géant où des scientifiques se réjouissaient d’analyser mon esprit sans limites qui traversaient des états surprenant. Bref, j’ai dû foncer dans le mur pour constater qu’il existe, j’ai dû me noyer pour savoir nager, j’ai du mettre le feu pour accepter de me soigner. Une démarche expérimentale.

Depuis quelques années, j’ai fini quand même par m’ouvrir à la culture. Las de m’en tenir qu’à mon parchemin personnel dont le papier reste vierge, chaque verbe s’effaçant une fois que l’action était passée, j’ai ouvert des livres, dont les écrits resteront à jamais, pour y puiser quelques indications. Cependant, je laisse les livres venir à moi par les rencontres, les hasards comme des signes, des clins d’œil, des conseils livrés par les superviseurs de mon destin. Mes âmes protectrices qui m’aident à rester sur mon chemin de vie. Qui m’envoient des anges qui s’incarnent dans des personnes ou des choses que je croie l’instant de la rencontre. Pour me laisser pénétrer par l’énergie de toute cette identité, je pense, je médite, je prie, je me connecte aux autres artisans de Lumière.

Haha! Voilà un fourre-tout de ma propre croyance qui, comme tu le vois, est encore très floue, mais assez dessinée pour pouvoir avancer sur un chemin mieux balisé que durant mes épopées maniaques.

Bon, je voulais écrire sur l’énergie que je tente de canaliser mais vraisemblablement j’en suis pas encore assez conscient pour m’exprimer dessus. Ce sera pour plus tard!

A bientôt,

W.