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Consultation chez mon psychiatre

Cher Doc’,

Merci d’accepter cette originale consultation.

Dans trois heures je serai dans votre grand bureau avec ces hauts murs blancs décorés par des grands posters d’affiches de vieux films de cinéma. Avant la consultation, j’aurai certainement attendu un peu dans l’une de vos grandes salles d’attentes à feuilleter un des nombreux grands livres d’arts à disposition, ou un album sur l’Inde, pays que vous appréciez beaucoup pour la spiritualité présente là bas, je crois, bref!

Me voilà devant vous, vous devant moi, m’observant un peu, essayant de déceler en moi par mon comportement l’état de mon humeur. « Hmm, il doit certainement être up avec cette originalité qui me propose » ou peut être suis-je un peu parano.

Docteur, depuis notre dernière entrevue, il y a deux mois, il s’est passé beaucoup de choses. Des rencontres entre hypersensibles, une relation amoureuse, une tournée de théâtre qui a viré court, et dernièrement un séjour entre hypersensible merveilleux. C’est cette dernière expérience qui me donne cet élan de vous écrire.

Depuis que je suis rentré de ce long weekend partagé avec 16 hypersensibles! je suis logiquement un peu déstabilisé. M’enfin, je dors et garde une bonne hygiène de vie, beaucoup de repos, ce qui me permet de vivre le contre coup de cette grande vague sans dommages, pour le moment! Les fortes émotions ont laissé place aujourd’hui à une tête pleine de perspectives, de projets et de réflexions en arborescence du à ce mouvement qui prend toujours un peu plus d’ampleur. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais à partir seulement de la création de ce blog en novembre 2013, je suis aujourd’hui au centre d’une centaine d’hypersensibles concernés par mon projet d’association.

J’ai rassemblé 17 hypersensibles dans un gîte à la campagne. Un espace ou chacun a pu recevoir une dose de bienveillance, d’écoute, d’espoir. Après notre entretien je vais rejoindre d’ailleurs dans un café une dizaine d’hypersensibles présent ou non de ce séjour.

Plus que jamais, je réalise un monde rêvé, un monde ou des personnes souffrantes psychiquement, comme moi (surtout dans le passé) puissent se libérer petit à petit de leur trouble grâce à la rencontre, l’échange, le ressourcement, la création artistique.

Mon désir d’une pépinière HS (Un centre fixe dans la campagne de ressourcement pour HS et de création artistique) a déjà commencé à être assouvi par ce dernier weekend où il y a déjà eu des belles productions.

Voilà, cher psychiatre, aujourd’hui je me sens:

Fort : je créé un nouveau monde à mon image, des fondements ont déjà été posés, j’ai une équipe d’hs devenus amis à qui je peux déjà déléguer une partie de l’organisation des rencontres parisiennes. Ma (r)évolution intérieur (ce travail acharné que j’ai fait et fais encore sur moi) se reflète plus que jamais à l’extérieur sous forme dans une révolution sociale. Car au final c’est ça ce qui se passe, je créé du lien social entre personnes qui en avaient profondément besoin (comme moi). Je suis créateur.

Fragile : jamais à l’abri d’une exaltation mais tant que je reste en garde et que je suis ouvert à l’observation de mes proches et la votre (même si la dernière fois vous n’avez pas préféré m’hospitaliser alors qu’avec le recul ça aurait été mieux, haha!) tout ira bien. Et comme vous le dites, j’ai beaucoup de ressources, oh oui! Aussi ce monde que j’ai crée et que je co-crée maintenant suscitera des critiques de gens qui ne comprennent pas ce que je vis à l’intérieur. Cet amour que je veux partager. Qui comprennent pas que ce n’est pas tant le pouvoir et l’argent que je cherche mais une vie simple et heureuse faite d’amour inconditionnel. Si les gens ressentaient ce que je ressens ces derniers temps, cette paix, cette joie, cette amour, bon certes, il ferait certainement une crise maniaque pour ceux qui sont hypersensibles, et oui certes à l’inverse, peu de personnes solides pourraient le ressentir car il faut connaître le non-amour pour connaître l’amour, la souffrance pour connaître la Joie, l’agitation pour connaître la paix. Mais je suis certain qu’il y a des millions de gens qui ressentent, qui connaissent, ce que je vis, et qui n’attendent que, que je continue mon chemin toujours dans le travail sur l’égo et l’éclairage de la voie qui va du coeur à la parole sans passer par le cerveau.

Tout ça pour dire, que j’attire parfois des critiques dures, des gens qui me croient mal intentionnés, dangereux. Comme dit Alexandre Jollien : « RAF » : rien à foutre!  Désolé amis dé-traqueurs, c’est trop tard, je suis plus fort que vous, vous me ferez certainement douter une seconde, une minute, une journée mais pas beaucoup plus car j’ai un arsenal d’outils pour me recentrer: un traitement, un bon sommeil, l’écriture, et surtout toute une légion humaine, d’amis, de soutiens anonymes. Mon amour, ce je qu’exprime,  fait résonner tes peurs les plus inconscientes, tu résistes à lumière que regorge certain mots, mais c’est normal étant donnée ce que tu as vécu, ce que tu es devenu, toi et tes blessures, je ne t’en veux pas. Cependant je ne laisserai pas visible ton poison (tes commentaires) dans ce petit monde que je construis.

Fou : En voyant ce que je suis devenu, ce que j’ai fait, ce que j’ai, je me projette dans un futur proche en imaginant l’évolution de ce qui est là déjà, et naturellement mon égo se voit grand, holà très grand! Prenons Gandhi, l’abbé Pierre, Luther King… Mon égo se voit un destin à la hauteur du leur, et encore cet égo là est modeste! Le fond de ma folie se prend pour Dieu, le Dieu créateur, mais cela est-ce même de la folie? Je vois déjà des foules rassemblés par ce que j’ai impulsé. Par contre, mon besoin de notoriété ayant été largement soigné, je n’ai pas tellement envie d’être au centre d’une attention populaire. J’ai plutôt envie de vivre très simplement dans la nature avec une femme et des enfants, et déléguer la gestion de mon monde. Je n’ai pas besoin d’Harley Davidson (désolé doc’, pas pu m’empêcher!), de ferrari, d’habits chers ou de toute cette technologie. Il n’y a qu’à voir mon portable et le trou dans mes chaussettes et mes chaussures.

Sage : Je n’ai plus besoin d’être exalté pour être bien. Je suis sur un chemin ou la Joie et la Paix illimité se trouve et se vit d’abord à l’intérieur. Je peux méditer une heure avec un mental au repos, avec ma conscience seulement focaliser sur la respiration et les battements de mon cœur.

Je m’arrêterai là. J’espère que vous êtes allez jusqu’au bout et que vous ayez fait un dépassement de fonction (pas seulement prescrit un traitement comme la majorité des psychiatres). M’enfin, ça vous le savez, vous êtes un excellent psychiatre. Presque un vieil ami!

Voilà! maintenant on peut parler de comment on va collaborer tous les deux pour révolutionner la psychiatrie française. Envoyer valser les diagnostiques, faire évoluer le langage, et que sais-je encore!

Je vous invite doc’, à mettre votre prescription ou un petit mot en commentaire.

Merci, si j’en suis là, c’est en partie grâce à vous et à la confiance que vous avez eu en mes ressources personnelles et à la décision de ne pas trop m’avoir assommer chimiquement au contraire même!

Voilà ma carte vitale  et surtout…

W

 


Non respect de la dignité humaine

Parce qu’il me semble important que l’on recueille les témoignages d’usagers des hôpitaux psychiatriques qui ont vécu des manquements grave à la dignité humaine, voici quelques lignes que j’ai écrites durant mon dernier séjour :

« Le 11 décembre 2015,

Madame, Monsieur siégeant à la commission départementale des soins psychiatriques,

Actuellement hospitalisé à l’hôpital psychiatrique Théophile Roussel à Montesson (78), il m’est nécessaire de vous témoigner les traitements qui me sont infligés, trop souvent au nom « d’un processus ».

J’accuse l’incompétence du personnel infirmier (et les limites du processus dont ils dépendent) sur les points suivants :

  • Le personnel est très peu (voir jamais) présent dans les couloirs mais plutôt regroupé en petit comité dans leur cafétéria, à l’écart des patients seuls avec leurs troubles aux quatre coins du service. Un jour, ils étaient dix dans leur petite salle de 12h30 à 14h30, cette absence a permis à plusieurs usagers de régler leur compte entre eux. Coups de pieds et de poings mais aussi des lancers de tables et de chaises. Certes ça anime un peu le service, m’enfin c’est grave non?!
  • Mes demandes aux soignants sont incessamment reportés avec toujours les mêmes mots « pas pour l’instant ». J’ai toujours l’impression de les gêner à chaque fois que je vais vers eux. Et lorsque exceptionnellement ils écoutent ma requête c’est pour dire que je dois voir avec le médecin, qui m’accueille seulement tous les 3 jours. Et les rares entretiens que j’ai avec le psychiatre de l’hôpital sont pour signer des papiers. Je ne me souviens pas d’une entrevue ayant duré plus de 5 minutes.
  • Je n’ai jamais de réel entretien où je pourrais parler un peu de moi et de ce que je vis. Je n’ai pas pu pour le moment (jamais en réalité) raconter la crise qui m’a amené ici. J’ai l’impression d’être un numéro, ce que je suis d’ailleurs.
  • La relation avec les soignants se résument à la prise des traitements et la signature de documents administratifs.
  • J’accuse ce manque de présence, d’écoute, de disponibilité des soignants, la chose essentielle dont j’ai besoin.

Pour leur défense, ils diront qu’ils sont en sous effectifs, etc. C’est vrai mais cela n’empêche pas d’avoir une attitude un minimum humaine là où plus que jamais des personnes en ont besoin.

Très peu d’activités sont proposés. En dix jours, j’ai pu faire seulement deux heures de Baskets et une heure de cuisine. C’est à moi et avec les autres patients de trouver des occupations alors que nous sommes dans un état où plus que jamais nous avons besoin d’être accompagnés. Non, je ne suis pas accompagné dans le mal que je traverse.

Le traitement médicamenteux reste nécessaire mais s’il n’est pas couplé avec un traitement humain, cela fait de nous des animaux en cage.

Le chaos règne dans ce service. En plus de l’absence de soignant, les quelques petits plaisirs et divertissements ne fonctionnent pas. La machine à café et boissons sont en panne et la télévision, organe centrale dans la vie d’un service psychiatrique et essentiel, aussi! Vu la non surveillance des soignants, des patients (moi aussi mais au début) fument dans les couloirs. Devant ce sentiment d’impuissance, la cadres de santé nous a menacé d’interdire le tabac. Impensable!

Il est 21h, c’est avec un grand désespoir que je vous écrit cette lettre. Je suis hospitalisé et ne me sens pas en sécurité. Il y a très peu d’humanité ici…

Cordialement,

W »

Voilà pour moi et ce dernier séjour à Théophile Roussel, le troisième dans cet HP et le plus supportable des trois. J’ai déjà raconté les deux premiers séjours ici : A l’asile chez Théophile. Je ne pense pas que ce sont les conditions qui se sont améliorées mais plutôt mon expérience qui m’a rendu la visite  moins insupportable.

Dans mon CV, l’HP le plus affligeant, le plus inhumain reste l’Unité de Soins Intensifs de l’hôpital la Colombière à Montpellier dans lequel j’ai séjourné un mois à la suite dune crise maniaque en janvier 2013. J’ai  récité cette aventure ici : Les jolies colonies de vacances.

A travers mes correspondances et les rencontres j’ai entendu de multiples autres expériences souvent traumatisantes de l’hôpital psychiatrique. J’ai un contact qui travaille à l’Unafam et oeuvre pour des meilleurs conditions d’hospitalisations et qui est à la recherche de témoignage comme celui-ci. Il y a vraiment tout un univers à changer, je t’invite vivement à écrire aussi, dénoncer les conditions d’hospitalisations que tu as vécu. 

Envoie moi ta plainte : bipohypermaniac@gmail.com

J’aimerai pouvoir recueillir plusieurs témoignages et les faire parvenir aux commissions des soins psychiatriques existantes. A toi de crier pour plus d’humanité!

W

 

 


Ça reviendra, oui mais différemment (suite)

Voici la suite de ça reviendra, écrit hier.

Alors, il y aura d’autres aventures, oui ça c’est sûr. J’ai un potentiel énergétique fort, au vu de mes crises maniaques, qui font de ma vie des montagnes russes… Attention, j’ai peur d’être mal compris dans cet article, je ne suis pas en train de plaider pour un fatalisme, une résignation et encore moins en train de dire que je ne peux rien faire face à cette maladie. Je rappelle d’ailleurs, ce que j’ai écrit dans d’autres articles, que je ne me considère pas malade, donc étant bipolaire, la bipolarité pour moi n’est pas une maladie. Je ne défends pas ici les thèses des pessimistes, au contraire…

Oui il y aura encore des envolées mais tout l’enjeu est là : la prochaine hausse d’énergie peut ne pas se caractériser en crise maniaque. Je serai certainement une autre fois up mais ce up peut très bien ne pas avoir les caractéristiques d’une crise maniaque. Il peut être maîtrisé. La folie peut être contrôlée. Déjà dans mon dernier épisode il y a des éléments qui sont contradictoires à la définition de la crise maniaque. Par exemple, c’est la première fois que j’ai accepté d’aller à 2 reprises chez mon psychiatre pour adapter mon traitement mais aussi de passer par Ste Anne pour un avis supplémentaire. Alors que généralement une personne en état maniaque n’est pas consciente qu’elle est dans cet état et refuse de voir un docteur. Avant cette crise, durant tous les épisodes maniaques précédents j’étais loin d’en avoir conscience. En décembre dernier, je savais que j’étais up, c’est le point où j’ai évolué, par contre le délire était tout de même présent.

Le trouble évolue, si on le souhaite. Hier, ma crise maniaque était moins maniaque qu’avant hier, demain elle le sera encore moins et un jour, avec la même énergie qui me traverse, je ne basculerai pas en crise maniaque, ce sera seulement une très grande forme créatrice sans mauvaises conséquences. En tout cas je tends vers ça. Je veux réussir à maîtriser ce feu intérieur lorsqu’il s’enflamme en moi et prends le dessus sur la raison. C’est l’histoire de Dr Jekyll et Mr Hyde. Il me faudra encore quelques pics d’énergie (bouffées délirantes pour certains, pareille je n’aime pas ce mot car il trahit toutes les richesses que l’on peut extraire d’un tel épisode) pour réussir à canaliser cette force qui me dépasse encore largement : en décembre, je me suis encore pris pour le prophète, c’est pour dire que je n’arrive pas à vivre cette énergie tout en restant ancré sur Terre. Mais j’y arriverai.

Je pense que c’est simplement une histoire de canalisation. Comme si ma raison et mes moyens d’expressions étaient les rivières et canaux et que cette énergie, cette force si inspiratrice, était les flots qui coulerait dans les canaux. Et pour ma part donc, une cascade qui déborderait tout et noierai le raisonnable en moi. L’enjeu est là, il faut que j’arrive à canaliser cette énergie lorsqu’elle reviendra, par l’écriture par exemple. Ou n’importe quel autre moyen qui me permettrait de rester ancrer ; les pieds sur Terre.

Pour reprendre l’image des montagnes russes, la crise maniaque serait comme prendre un looping à extrêmes sensations et, à cause de la vitesse très élevée, dérailler à la sortie du looping pour finir dans le décor. Le décor étant ici l’HP. Hé bien, je pense qu’il est possible de prendre le même looping sans chute à l’arrivée. Ce ne serait pas une crise maniaque car la souffrance ne serait pas présente. La souffrance étant un bon indice.

Bon, avec tout ça je ne peux pas m’empêcher de taper le mot interdit : si la bipolarité est une maladie, alors la guérison est possible.

Patience et espoir

W


Keep calm and carry on

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J’ai vu ce drapeau dans un film regardé hier soir Le Grand Homme et je le trouve très à propos dans ce que je vis. « Reste calme et continue…  »

Avec le printemps, pas mal de choses sont arrivées et se serait facile d’en être déstabilisé. C’est le bon moment pour te faire une petite mise à jour sur ce qui se passe dans ma vie de bipolaire.

Je suis toujours l’arsenal thérapeutique que j’ai mis en place il y a deux ans à la sortie de ma dernière hospitalisation. Tant de moyens qui structurent mes semaines et qui n’ont qu’un seul objectif : le soin. En novembre 2013, à la suite d’un échec cuisant en tant que pion, j’ai choisi de ne pas revenir dans le monde professionnel et me focaliser sur un travail sur moi. Combattre mon trouble, maîtriser mes humeurs, entreprendre le grand voyage vers le centre de moi-même. Je suis un grand individualiste et égocentrique. Cela ne me gène pas étant que je suis persuadé que pour faire le bien, il faut être bien soi-même.

Je me rappellerai toujours le jour en HP,  en mars 2013, où je me suis dit à moi même « Ça suffit les conneries, à partir de maintenant, la priorité est de me soigner ». Deux mois auparavant, j’avais mis le feu à mon appartement…

Je suis content d’avoir été fidèle à cet engagement. Qu’est ce que j’en ai fait du chemin depuis ce jour-là. Faut dire qu’en matière de soin j’ai mis le paquet. Je dois préciser que je n’aurai jamais pu sans ma famille qui est un inestimable soutien.

Tout ce que je fais est thérapeutique. Ce qui me prend le plus de temps est l’écriture, notamment sur ce blog (lancé en novembre 2013) mais aussi au sein d’un atelier d’écriture dans lequel je publie entre autre ma poésie. Car avant tout je suis poète (compris ou incompris) et sans prétention aucune (pas de projet de recueil pour le moment mais pas loin de 150 poèmes écrits depuis 2009!). Mon salut dépend plus que jamais de mon expression à travers cet art. S’exprimer est la clé.

Ensuite c’est le théâtre qui m’occupe le plus. J’ai commencé en septembre 2013 dans deux ateliers amateurs. La motivation principale n’étant plus de nourrir mes rêves d’acteur mais encore de m’exprimer avec un outil différent. Il s’avère qu’aujourd’hui je répète deux spectacles dont un avec lequel je tourne dans 11 villages dans le sud en Juillet. Les répétitions s’intensifient depuis cette semaine. C’est devenu plus qu’une activité thérapeutique. Je me suis fixé la fin de l’été pour décider si je me lance à fond ou non dans le projet d’être comédien.

Aussi, je me suis introduit dans une troupe de clown depuis deux mois. Je l’ai écrit dans cet article : le grand cirque bipolaire, les bienfaits du clown pour une personne ayant un trouble psychique. Un véritable travail sur le corps très bénéfique lorsque l’on a une énergie qui fume dans le cerveau et qui n’attend que de circuler dans le reste du corps. Chacun a un clown en soi, qui n’est que sensibilité, fragilité et spontanéité et cela fait un bien fou de le libérer. Ça me demande beaucoup d’effort, entre ce travail là et l’intégration dans un groupe soudé de bons comédiens. Mais quoi de plus thérapeutique!

J’ai commencé le yoga en septembre 2014. C’est à peu près à cette période que j’ai senti la nécessité d’investir ma dimension spirituelle. Je n’ai pas fini d’en parler ici. Il s’agit d’entreprendre un chemin vers une réalité ultime qui se cache derrière tout les nœuds d’émotions, de pensées dans lequel notre esprit patauge. Depuis je pratique la méditation de plus en plus régulièrement et de plus en plus longuement. Sans parler de toutes les lectures qui m’aident sur ce chemin. Krishnamurti, James Redfield, Eckhartt Tolle, Don miguel Ruiz, Jon Kabat Zinn, Rinpoche, Jacques Ferber, Doreen Virtue, Frederic Lenoir, autant d’auteurs que je t’encourage vivement à découvrir. Des retraites chez les moines ou sage amérindien m’ont beaucoup apporté et je compte en faire régulièrement tellement que je suis convaincu des bienfaits. J’ai lancé un deuxième blog : Etre la paix, dans lequel je m’exprime sur ce champ là.

La semaine dernière j’ai lu Sur la voie de Bouddha de Rinpoche, cela a été la confirmation de beaucoup de mes croyances mystiques, j’ai l’impression que le bouddhisme va beaucoup m’inspirer dans mon combat contre ma bipolarité et mes maux en général.

Ah oui, je suis suivi par un psychiatre et une psychologue TCC (analyse des émotions) et je prends toujours un traitement qui diminue au fil des mois. Un cocktail de lithium, lamictal, xeroquel. Cela est aussi thérapeutique mais en termes de temps ça n’a pas beaucoup d’importance finalement. Le but étant à long termes de diminuer jusqu’à 0 ce traitement « conventionnel » est de laisser tout la place à ses traitements « véritables ». Attention, le traitement chimique me paraît essentiel au départ et je n’aurai jamais pu faire tout le reste sans cette base là.

Aujourd’hui, j’ai une copine (depuis 3 semaines). Là aussi, il y a quelque chose de thérapeutique parce que grâce à cette relation je travail sur mes vieux penchants d’attachement, de dépendance, de jalousie, de « trop » d’intensité et aspire à quelque chose de plus calme, de plus paisible. C’est aussi avec elle que je pratique une sexualité plus riche qu’avant grâce à la découverte du tantra, dont j’avais beaucoup de préjugés alors qu’il ne s’agit de quelque chose de très simple. Je te laisse découvrir par toi même si t’en as la curiosité.

J’ai quitté le cocon familiale dans lequel je m’étais réfugié après mes longs mois d’hospitalisation. Là aussi la vie en solitaire est un sacré travail sur moi même. Difficile au début de se retrouver seul…

Le fait que l’Express.fr m’a témoigné leur intérêt pour ce blog dernièrement est une grande satisfaction car d’une manière c’est une récompense du combat que je mène. Encore une fois, cela est très individualiste. Mais comme beaucoup me l’on dit via ce blog, témoigner ici de mes états d’âmes de mes ressentis, de ce que je comprends sur moi même, cela les aide aussi.

Et quand des bonnes choses arrivent, cela me déstabilise. Des nouveaux projets font ébullition, des nouvelles craintes, angoisses, peurs alors je respire et me dis: Keep calm and carry on!

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A bientôt,

W.


D’une dépression à Bouddha!

Cette année le printemps est arrivé avec son lot de fraîcheurs et crustacés. Ce genre même de prose témoigne d’un bien être chez moi. M’enfin soyons compréhensible:

Tu l’as senti dans mes derniers articles, depuis quelques semaines je pataugeai dans une sorte de solitude liée à mon emménagement dans une petite piaule parisienne. Cette période s’est terminée avec une chute profonde de l’humeur. Qui a duré un jour et demi seulement mais dont l’intensité semblait à des années de mélancolie accumulée. Rien que ça. Petite parenthèse : une dépression d’un jour et demi, ça paraît peu commun, oui!. Depuis que je mène mon combat vers la guérison, vers l’éveil (soyons direct), mes périodes de dépressions ne cessent de s’écourter dans le temps. Cela témoigne de l’évolution possible de ce trouble. De la dispersion progressive des choses qui me troublent, pour être plus exacte.

Mon regain d’énergie a coïncidé parfaitement avec la venue du soleil (il y a dix jours). C’est la première fois que je ressens l’importance du climat et comprends mieux pourquoi certain vieux discutent passionnément de la météo jour après jour. Un signe de sagesse, peut-être… Et comme les réjouissances viennent toujours à plusieurs, le vent printanier m’a fait rencontrer une jeune hirondelle qui elle aussi s’ennuyait de l’hiver.

Cela faisait longtemps que j’attendais une petite relation comme celle-ci qui remet du baume au cœur. Un agréable oasis sur ce chemin ardu. Je parle du voyage intérieur, de ma chasse aux démons, de mon combat contre mes troubles, de mon obsession à purifier mon esprit, à me soigner, à me guérir.

J’aime cette sensation de vivre un renouveau. Je suis conscient qu’il ne sera pas permanent, je tente alors à ne pas m’attacher à ses objets et plane à tire d’aile au dessus de tout ça.

En ce moment, je lis plus que je n’écris. J’ai découvert L’amant tantrique de Jacques Ferber, et donc approché le tantra à travers cette lecture. Si je ne parlais pas beaucoup de sexe ici, depuis que je sais qu’il est possible d’allier spiritualité et sexualité (c’est ça en gros le tantra), ça va changer! C’est une lecture facile d’accès que je recommande à qui veut s’ouvrir.

J’ai fini aujourd’hui le bouquin La voie de Bouddha de Kalou Rinpoché. C’est la première fois que j’étudie en profondeur le bouddhisme et à ma grande surprise, beaucoup de mes croyances floues trouvent une structure dans le dharma (l’enseignement bouddhiste) dont le but est l’éveil, l’état de Bouddha. Sympa, non? Quoi que beaucoup pensent, la dimension spirituelle me semble un champ riche d’enseignements, d’aides et de soins pour les personnes ayant un trouble psychique. Partir à la découverte intérieur de son trouble étant une démarche spirituelle. La compréhension du côté mystique des crises maniaques ne pouvant être complète sans l’ouverture vers la spiritualité. M’enfin, le jour où les psychiatres prescriront un accompagnement spirituel n’est pas arrivé! Même si je prie fortement pour cette ouverture! J’insiste sur le mot « accompagnement » car pour des personnes fragiles psychiquement c’est très risqué de s’aventurer dans ces eaux troubles. J’en ai fait les frais plusieurs fois. Pour tout te dire, j’avance toujours sur un fil. Mais grâce à maintes lectures et échanges, je commence à stabiliser des fondations, beaucoup plus saines et solides que le lithium.

Côté traitement, je suis toujours accompagné par mon lithium, lamictal et xeroquel. Les doses continuent à baisser au fur et à mesure que les mois passent. Je n’ai jamais eu si peu de médicaments depuis mon diagnostic. Ce n’est pas trop m’avancer d’écrire que dans maximum cinq ans je n’en aurai plus besoin. Bah oui, une fois qu’on devient Bouddha…

Je pense beaucoup à tous ceux qui souffrent en ce moment de ce trouble, notamment à ceux et celles qui se réveillent en HP après un épisode maniaque et délirant et qui ont perdu tout repère de la réalité. Patience et espoir!

🙂

A bientôt,

W.


C’est quoi le trouble bipolaire?

Déjà, pourquoi avons nous le droit à l’étiquette « atteint d’un trouble bipolaire »? Pourquoi une dénomination? Hé bien, à un moment donné dans notre société moderne, des milliers, des centaines de milliers de mes camarades ont consultés et consultent encore les psychiatres pour alléger leurs souffrances. Ces consultations se font librement, à la demande d’un tiers ou encore, accompagnés par les forces de l’ordre. Et puis, les psychiatres, entre deux études de leurs bottins de classifications, ont constaté que nous (600 000 aujourd’hui) avons tous des soucis de sauts d’humeur. De la dépression à l’exaltation, au délire même. Chaque patient ausculté montrait un degré de variation de l’humeur différent mais il était tout de même pratique de mettre tout ce monde dans une catégorie et poser une étiquette pour gérer cette population plus facilement. « Psychose maniaco dépressive » était le nom au départ mais depuis les années 90, le premier pas de la stigmatisation a été fait pour une dénomination plus cool « trouble bipolaire ». Cela reste une expression qui regroupe 600 000 personnes qui répondent à des symptômes communs. Voilà la liste que j’ai recopiée de la brochure explicative publiée à l’occasion de la journée mondiale de la bipolarité qui se tiendra le 30 mars à Paris:

Symptômes de la dépression : Baisse de la concentration, trouble de l’appétit, pertes de mémoire, souffrance, culpabilité, suicide, perte du plaisir, épuisement, épuisement, tristesse, dévalorisation, indécision, désintérêt, isolement, ralentissement de la pensée, fatigue, pessimisme, idées noires, trouble du sommeil, dévalorisation de soi.

Symptômes de l’exaltation (manie) : déficit d’attention, difficultés de concentration, assurance excessive, hyperactivité, logorrhée, excitation, délires, dépenses inconsidérées, désinhibition, exaltation, euphorie, irritabilité, créativité, ambition, démesurées, extravagance, instabilité, diminution du sommeil, accélération de la pensée.

Voilà, tu retrouveras ces listes à peu de choses près dans les discours de chaque psychiatres ou autres médias d’information. Néanmoins, ce qui est moins courant c’est la liste des symptômes dits de stabilité : assurance, quiétude, humour, hypersensibilité, joie, normalité, acceptation, performance, bonheur, sérénité, sociabilité, équilibre, créativité, fiabilité, empathie, réflexion, tranquillité, attention.

Une personne qui témoigne d’une manière ou d’une de quelques symptômes de dépression à un psychiatre et, quelque peu après, de symptômes de manie, le diagnostic est prêt : « Vous avez un trouble bipolaire ».

Le travail du psychiatre est alors d’amener avec ses moyens thérapeutiques le patient à retrouver des symptômes de stabilité.

Sur le papier, c’est ça un trouble bipolaire. Ce qui est intéressant, à partir de ça, c’est de s’interroger sur ce qui se cache sous ses symptômes. Pourquoi surgissent-ils, à qui la « faute »?

 

Pfffiou, j’avais envie de faire un article consensuel, conventionnel, objectif… c’est pas mon dada, profite, c’est pas demain que j’en ferai d’autres! Car c’est pas faux tout ça mais c’est tellement fumeux!

A bientôt

P.S. Si tu es partant, la question « qu’est ce un trouble bipolaire » sera largement discutée lors de la journée du 30 mars, et je serai présent, évidemment.

W.

 

 


La bipolarité n’est pas une maladie 1.2- X-Men

J’ai toujours cru que derrière la science fiction se cachait une part de vérité actuelle. Même si je n’ai jamais su l’expliquer rationnellement, je n’ai jamais pu m’empêcher de ressentir que le monde rationnel n’était juste qu’une dimension de la réalité. Comment expliquer quelque chose d’irrationnel? On apprend dés le collège à raisonner à partir d’observations pour ensuite constater et interpréter. Une démarche scientifique qui régit notre manière de penser et voir le monde. Il ne s’agit donc pas de convaincre l’autre de ses étranges convictions mais d’y croire simplement. Il n’y a pas de fumée sans feu… si monsieur Marvel raconte des histoires où des personnages ont des supers pouvoirs c’est qu’il a bien été inspiré par une certaine réalité. On invente rien à partir de rien, en tout cas c’est ce que j’ai toujours cru.

Comme je l’ai fait à partir du film Hysteria (lire l’article à ce sujet dont je suis très fier La bipolarité n’est pas une maladie 1.1) je vais m’inspirer des films X-men pour te dévoiler encore une de mes théories abracadabrantes.

Les X-men sont des mutants. Leur pouvoir, différent selon la personne, n’est pas simplement un don du ciel pour faire le bien. J’aime la réplique de Wolverine qui va dans ce sens :  « It’s not a gift because I can’t give it back » C’est pas un don parce que je ne peux pas le rendre. C’est une spécificité de leur personnalité qui se développe pendant l’enfance et évolue jusqu’à devenir un réel pouvoir s’il est bien contrôlé. Hé oui, avant de pouvoir jouer avec le feu ou rentrer dans l’esprit de n’importe qui, l’histoire nous raconte que cela reste un fardeau jusqu’au jour où le mutant est accueilli dans l’école du professeur pour se faire aider à comprendre sa bizarrerie et l’utiliser pour le bien. « Fardeau » car les mutants sont une minorité qui souffrent de leur différence et ont bien du mal à s’intégrer dans la société américaine présentée dans le film. La fille qui ne peut pas toucher la peau d’un autre sans le tuer en est un parfait exemple. Quand vient le moment d’embrasser son amoureux, elle ne peut résister à prendre le traitement anti-mutant pour guérir de sa maladie.

Tu l’as senti venir, en regardant les X-men, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec la bipolarité. Les bipolaires étant les mutants. On retrouve chez les personnages aux gènes mutés des lieux communs : la solitude, la marginalisation,la différence, l’exclusion et  l’hyper sensibilité qui engendre la haine envers les autres pour certains. Avec l’entre-aide, illustré dans l’école pour surdoués, l’apprentissage de sa spécificité, la connaissance de soi et l’appartenance à un groupe soudé, l’étrangeté initiale évolue en une force  contrôlable. Les mutants sont divisés en deux clans : il y a ceux qui rejettent totalement la société et qui veulent éliminer tous les normaux avec le prétexte que ces derniers les persécutent et ont pour projet de les guérir, et il y a ceux « les gentils » qui œuvrent pour un monde d’amour où les mutants et normaux pourraient vivre en harmonie. Les mutants qui sont parvenus à s’épanouir malgré leur handicap-pouvoir entrent dans le cercle vertueux des X-men. Chez nous, il y a les bipolaires qui subissent leur trouble et ceux qui parviennent à s’épanouir malgré leur trouble-originalité.

On retrouve dans ces films la notion de doute et de perdition. Cette anomalie qui se développe depuis leur ADN les trouble profondément. C’est le professeur et son équipe de mutants expérimentés qui vont réconfortés ces petits mutants égarés. Ils vont les aider à accepter cette partie de eux mêmes qui leur fait peur et tout ça sans lithium! Cet aspect là me passionne. Je me suis mis naturellement à leur place. Moi aussi j’ai quelque chose en moi qui me trouble et qui a explosé plusieurs fois. J’ai peur de cette partie de moi même qui m’a fait commettre des actes terribles. Même si je suis plutôt avancé dans la connaissance de ma bipolarité, j’ai toujours peur de ce petit diable enfermé et contenu à coup de lithium, lamictal et xeroquel. Les psychiatres aujourd’hui sont pas au même stade que le Professeur chez les X-men, ils n’ont pas encore compris notre trouble puisqu’ils n’ont pas d’autres choix que la camisole chimique. Finalement, il n’y a pas que moi qui ai peur mais toute la société puisqu’elle n’a pas encore trouvé de moyens humains pour nous protéger.

Néanmoins, j’ai espoir. Je suis convaincu qu’un jour on saura apprivoiser notre bizarrerie et qu’on pourra en tirer la force qu’elle contient. Pas le pouvoir de lire dans les esprits, pas le pouvoir de se téléporter ou de maîtriser l’orage mais une force d’Amour simplement. Une force dont l’Humanité manque cruellement.

A bientôt,

W.