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Ma façon de méditer

J’observe. Je m’observe. Il y a toujours quelque chose. En peu de temps, beaucoup de voix peuvent m’envahir. Lorsque je me recentre, en mettant l’attention sur la respiration, elles se calment. J’observe alors la sensation qui se cache derrière ces voix. J’essaye de prendre conscience de cette énergie qui agissait à l’instant d’avant dans l’obscurité. Je respire, y mets mon attention en prenant garde de ne pas fixer des mots sur cette sensation, mais l’accueillir telle qu’elle est à l’état brut, seulement une énergie qui tente de circuler. Mon but est de la laisser sortir comme elle est entrée sans qu’elle se coince dans les filets de mon égo. Mon égo, constitué de toutes mes expériences passées, je lutte pour pas qu’il ne s’approprie cette énergie et qu’il la transforme en colère, jalousie, peur, ou autres émotions non désirables. Pour cela je travaille au dépouillement de cet égo. J’essaie de mettre en lumière les plus fondamentales de ces structures et surtout j’essaie de déceler tout ce qui a été refoulé depuis mon enfance dans la boîte noire de mon être. Ce sont ces souvenirs inconscients, ces énergies obscures qui agissent sur ma vie en coulisse. Tout ce que je ne maîtrise pas, tout ce que je subis, toutes les expériences nouvelles ne sont que le miroir de cette zone que la vie m’incite à explorer.

Tout un programme, hein! C’est nouveau que j’arrive un peu à l’écrire mais cela fait 3 ans que je me suis auto-embauché pour ce nettoyage de printemps.  C’est un mode d’emploi que j’ai assimilé à la croisée de différents ouvrages, de différentes âmes-sœurs (co-aventurier  spirituel) mais aussi par simple et mystérieuse inspiration.

Le but : être au plus proche du soi, de la source de l’unité, du tout, de cet éternité simplissime qui régit toute notre vie malgré nous et qui se cache sous ce que nous croyons être. En un mot : l’Eveil.

Dernièrement je suis obsédé par l’observation. A chaque nouveau moment, je reviens à ma respiration, je recentre ce qui se passe à travers mes sens sur ma respiration abdominale et j’observe, j’accueille les nouvelles sensations. La respiration calme très vite les voix de mon mentale, « l’ancien », je peux mettre alors la lumière de ma conscience sur « le nouveau », le nouvelles sensations et les pensées neuves qui vont avec. Je  respire pour faire circuler cette vie sans qu’elle s’accroche dans mon vieux-moi et ma boîte noire.

W


Respire!

Il est encore trop tôt pour savoir ce que je vais devenir tôt ou tard. Il reste toujours plein de rouages dans mon esprit qui sont encrassés et qui m’empêchent de voir clairement qui je suis. Même si je n’ai jamais été aussi proche de mon centre. Pendant de long mois, rien ne bouge, et d’un coup, un déclic, une nouvelle couleur insoupçonnée me dévoile une nouvelle manière de voir la vie, si bonne que je vais m’y accrocher, m’y aventurer pendant les mois à venir.

Je vais bien et pourtant mon emploi du temps n’a pas évolué, je n’ai accompli aucune action particulière. Je glande même depuis cette semaine plus que d’habitude. Bizarre, hein? Etre bien d’un coup sans qu’il n’y ai de signes extérieurs. En tant qu’expérimenté de l’hypomanie, c’est vrai que j’ai l’habitude d’aller bien en réaction d’événements extérieurs. Hmmm…. écrire ce paragraphe fait naître un sentiment étrange en moi, un mélange de doute, de peur… il y a quelque chose qui remonte et voudrait sortir, j’ai l’impression. Respire….. mes oreilles bourdonnent. Il y a des sensation intérieurs vraiment difficile à décrire. Je crois que c’est le fait de croiser mentalement mon bien-être actuel avec le souvenir de mes hypomanies qui a réveillé quelque chose en moi.C’est certain que toutes mes hypomanies (exaltions, excitations, euphories qui emballent le bipolaire) et les hospitalisations qui les ont suivi ont laissé en moi de profondes peurs. Là est ma différence principale avec les autres : je ne peut pas être heureux sans avoir peur d’être trop heureux et faire une crise maniaque, c’est embêtant hein! Je dois rester sur mes gardes.

Ce qui m’aide le plus dans la vie, c’est la respiration. En même temps, c’est ce qui permet L’Homme de vivre. J’ai commencé à vraiment prendre en compte ma respiration il y a deux ans, autant te dire que j’ai découvert que je n’avais jamais eu conscience de respirer avant. Le premier moyen d’agir contre ses souffrances, j’en suis certain, c’est respirer. Ça m’a demandé beaucoup de pratique mais j’explore maintenant les pouvoirs de cette activité à l’essence même de la vie. Lorsque l’on est centré sur la respiration, plus rien existe, tout ce qu’on pensait être rigide en nous se détend et disparaît. Bref, ceci est à la fois un discours perché et basique mais c’est une de mes arme secrètes, je te la partage.

Quand j’écrivais plus haut qu’il n’y avait rien de matériellement positif en ce moment qui pourrait expliquer mon bien-être, c’est pas tout à fait vrai. J’étais en Bretagne la semaine dernière avec mon frère. Ah oui, déjà, ce séjour à la mer a fait bouger quelque chose en moi. Puis la lecture de Deepak Chopra a créer un déclic dans ma façon de voir la vie. Il y a une richesse dans les livres. Et puis, ce qui est super, c’est qu’à chaque nouvelle lecture, c’est des nouveaux morceaux pour notre puzzle intérieur. Et parfois, un morceau seulement, peut révéler toute une image. C’est ce qui s’est passé je pense.

Depuis mon retour, lundi, je me suis remis à un ancien vice : le poker. Comme la drogue, l’alcool, le jeu m’a fait tourner la tête bien des fois auparavant. Surtout le poker. Je jouais beaucoup il y a quelques années, et étant plutôt bon, ça à compliqué encore plus les choses. Bref, je ne maîtrisais pas les effets de l’adrénaline alors j’ai préféré arrêté complètement. D’ailleurs mon psychiatre parfois me demande si je joue au poker, comme si c’était le témoin d’un état d’esprit particulier. Vu comme ça, on pourrait dire que je joue avec le feu. En réalité c’est là que je tire sûrement une satisfaction. Je maîtrise ma consommation de poker, pour résumé. Dominer quelque chose en moi qui me dominait avant est plutôt gratifiant. Bien sûr jouer avec son côté obscur demande de rester en garde. M’enfin voilà!

A bientôt,

W


Un conseil pour pouvoir t’exprimer

J’ai tellement de choses à t’écrire…

Tu as peut-être cette sensation d’être un puits sans fond de pensées et d’émotions à exprimer sans parvenir à trouver les mots, les notes ou les couleurs adaptés à ce que tu ressens. Alors les eaux montent en toi, et ne pouvant pas les canaliser, tu bâtis puis consolident sans cesse un barrage intérieur. Ce que l’on arrive pas à exprimer, par peur, on le protège derrière un mur. Oh je connais bien cela. Mais j’ai la chance d’avoir trouvé un moyen d’expression qui me convient et encore mieux, avec le temps, un public qui reçoit mes mots.

Cela fait deux semaines que je n’ai rien écrit, j’ai vécu de très belles expériences, des moments très forts. J’ai tant à te partager. Et face à toutes ces émotions et pensées qui se mélangent, je ne sais par quoi commencer, je ne sais quels mots utiliser. Je vis actuellement ce désarroi, cette difficulté à s’exprimer qui t’est sûrement familier, trop familier. Laisses moi te donner un conseil d’expression.

Je me suis levé ce matin avec cette volonté d’écrire un article. C’est devenu naturel dans ma vie : je vis des événements, je ressens, je pense, je me remplis et alors j’écris, je partage, je me vide. C’est mon cercle vertueux, responsable en très grande partie de ma guérison. Donc sans trop d’effort je me suis connecté sur la page « nouvel article » de wordpress. J’ai cette grande envie, ce grand besoin d’écrire mais je ne sais quoi écrire… Hé bien ce n’est plus un problème pour moi. Devant cette page, blanche il y a 10 minutes, je respire, me recentre et écrit l’idée qui va me venir. Cette idée, toujours très différente de ce que j’imaginais écrire la veille dans mon lit, ne va pas être tellement le sujet de mon article mais plutôt un rail, une embouchure nécessaire pour canaliser ce grand lac intérieur de pensées et émotions vers l’extérieur, vers toi. Lorsque la feuille est blanche, il ne faut pas se torturer à trouver les mots justes. Il faut écrire c’est tout. se laisser porter par le flot d’expression. Ecrire seulement un mot, dessiner un trait, faire un pas de danse, celui qui vient naturellement sans penser à créer toute une chorégraphie, exprimer juste ce que l’on a besoin. Ce qui nous est nécessaire. Peut être que ce seul mot exprimé suffit pour la journée, hé bien soit, demain est un autre jour. Dans cette optique de bienveillance envers soi-même, de non jugement, il viendra le moment, c’est une certitude, où le premier trait dessiné va créer une brèche dans notre grand barrage, tu vas le sentir, cela va t’inspirer un nouveau trait, la brèche va s’élargir, l’encre va pouvoir couler, ça y est tu seras sauvé.

Plus la vie nous aura bâtie un mur intérieur conséquent, fort plus il faudra de patience, d’amour, de bienveillance envers soi-même pour le détruire. L’expression est le moyen le plus fort pour vaincre nos peurs. J’utilise l’exemple de l’écriture, car c’est celle qui me convient mais il y a une infinité de moyens d’expressions et chacun à un art qui l’attend. Il faut oser. Danser, chanter, dessiner, sculpter, parler, etc.

Voilà, je n’avais pas idée que j’allais écrire cela. J’avais en tête de te partager ma tournée, ma très belle expérience de comédien. Ou bien des transformations qui se sont effectuées ces derniers jours. Ou encore de ma blessure profonde du cœur qui s’est réveillée hier avec Charlotte. Cette dernière qui m’a rappelée, à travers des comportement que j’ai eu avec elle, que je souffrais d’un mal, celui d’être encore incapable d’aimer une femme sans la faire souffrir. J’en ferai sûrement un texte. Je suis convaincu qu’à l’origine de tous nos maux, il y a une blessure profonde, inconsciente, dans le coeur. Que nous, êtres hyper sensibles, sommes des personnes qui ont peur de l’amour. Nous ressentons si fort l’amour, si intensément que nous peinons à l’accueillir. Mais notre jour viendra!

A bientôt,

J’espère que ce mois d’août sera plein de belles surprises pour toi.

W.


Journal – De l’amélioration

Elle est partie de chez moi pour une soirée ailleurs, comme hier, alors que je m’attendais à vivre ces derniers jours intensément avec elle avant de partir pour un mois sans se voir. Sensation d’abandon. Pas si mal car celle-ci me pousse à écrire. Ça va, je ne suis pas non plus dans un sentiment de solitude comme j’ai pu le vivre souvent. Ce mécanisme « situation-émotion-pensée-comportement » est maintenant beaucoup plus conscient chez moi, je le vis moins inconsciemment, donc j’en souffre beaucoup moins. C’est passionnant même. A la place de me laisser envahir par cette tristesse et solitude, j’accueille cette énergie en moi, je l’observe, je l’accepte avec bienveillance, je respire, j’y apporte toute ma conscience et pouf! ce qui était troublé se dénoue et laisse place à une légèreté et sérénité.

Bon, j’ai tout de même un sentiment d’injustice sur cette situation. Privilégier intensément notre début de relation (Charlotte et moi) ces jours – ci en sachant que l’on ne se verra pas pendant un mois me paraissait juste. J’avais donc rien prévu et laisser tout mon temps pour elle. Elle, non. Bien sûr ce qui me paraît juste, n’est pas forcément ce qui lui paraît juste pour elle, haha!  C’est tout de même un bon exemple pour me rendre compte de mon hyper sensibilité. Cette sensation d’abandon est très exagérée par rapport à la situation. M’enfin, je m’en sortirai hein!

En parlant d’elle… J’ai parfois l’impression qu’elle a trouvé ce blog parce qu’elle me parle de sujets que j’ai évoqué ici dernièrement. Simple coïncidence? Hé bien, si tu lis ceci Charlotte, saches que si je ne t’ai pas parlé de mon diagnostic c’est qu’il me semble qu’il ne représente pas ma réalité d’aujourd’hui. Oui, j’ai souffert de la bipolarité dans le passé. Mais aujourd’hui, même si je prends encore des médicaments (parce qu’on peut pas tout arrêter d’un coup, je diminue progressivement avec mon doc), je me suis sorti des profondeurs de ce trouble, j’ai appris à nager dans les turbulences de mon lac intérieur, j’ai construit un radeau pour naviguer sur la rivière vivante qui me traverse. J’ai même acquis une certaine maîtrise des énergies plus intenses qui peuvent troubler l’humain. Et ce n’est qu’un début. Le plus dure est passé, voilà. C’est vrai que je te cache une grande partie de mon histoire et que c’est un manque pour comprendre qui je suis, mais si je le fais, c’est que jusqu’ici j’ai senti que ce n’était pas le moment. Tu pourrais avoir peur. Tu pourrais mal interpréter beaucoup de choses, et ce serait normal. Je préfère, et c’est ce qu’il se passe, que tu me découvres à travers les moments que l’on partage. Si je te dissimule mon passé, j’essaye d’être le plus vrai possible au présent. Etre sincère avec toi. Grâce à cette sincérité que ton écoute et ouverture favorise, tu as pu découvrir en moi une certaine instabilité, ma petite folie, mon génie, ma fragilité. (Elle me dit que je suis fascinant! 🙂 ) Je pense que c’est mieux de me découvrir ainsi que part le partage de mon diagnostic. Diagnostic qui n’a plus tellement de valeur aujourd’hui. Et puis, le récit de mes crises pourraient pour le moins inquiéter.

Sinon, tout va bien dans le meilleur des mondes. Je me suis jamais aussi senti bien de toute ma vie. Je n’ai aucun problème à résoudre. Je me laisse porter par le temps jusqu’en septembre. Septembre étant l’inconnu. Je ne sais pas encore ce que je fais en septembre. Travail? formation? théâtre? coloc? Tant de questions qui se résoudront naturellement cet été. Je ne suis pas inquiet là-dessus. Ma vie m’a montré, et vraiment depuis deux ans, que ce qui est juste pour moi arrive sans que j’ai besoin de le chercher. Ce sera une rencontre peut-être ou autres choses, qui me décideront à m’orienter vers telle direction. J’ai souffert des années pour me recentrer, retrouver mon chemin, mon destin mais maintenant que je suis parvenu, ou presque, à recoller avec mon fil d’Ariane, la vie est simple. Ça coule comme un fleuve sans barrage. Je sais que beaucoup et sans cesse, il y aura des épreuves sur ma route mais je suis armé, je me connais, le combat sera facile. Un jour, je suis sûre, je pourrais, seulement avec un regard, traverser les épreuves qui me sont destinées.

Je n’ai pas de grandes idées sur ce que l’avenir me réserve, surtout au niveau des apparences : métier, famille, ami, pays… Mais plus que jamais j’ai cette confiance, cet Foi, cet espoir inaltérable. Confiance en moi, oui, mais pas seulement, en la vie aussi, en l’évolution humaine.

Enfin, afin de tenter de rester sincère ici sur ce qui m’arrive. Dernièrement j’ai rencontré la Franc Maçonnerie. C’est au détour d’une conversation qu’une amie m’en à parler. Curieux, et assoiffé de nouvelles rencontres humaines et humanistes je me suis renseigné et ai découvert ce que c’était cette société « secrète ». Fascinant! Ça m’a permis à l’occasion, de dépasser un préjugé. C’est toujours ça de gagné. Je suis allé, accompagné de Charlotte, à une conférence donnée dans le Temple de la Grande Loge de France sur le thème : Construire et se construire. D’ailleurs j’en ai fait un article sur le blog de l’express.fr : http://blogs.lexpress.fr/bipolaire/2015/07/15/construire-et-se-construire-cours-de-maconnerie/ 

Voilà au delà de vouloir intégrer la franc maçonnerie, cette rencontre est tombée à point nommée à une période où je recherchais des personnes avec des intérêts spirituels et humaniste. Si tu veux commenter cette expérience, j’espère seulement que tes arguments seront nourris par une critique personnelle et non pas par la reproduction de pré jugés. M’enfin, je dis ça…

Allez c’est à peu près tout ça ma vie en ce moment,

Je te souhaite un très bel été.

A bientôt,

W.


Doutes, peurs et châtiments

Doutes… Perte de confiance… C’est comme prendre sa luge et glisser, glisser, glisser… Stop! Qu’est ce qui va pas en fait? Pourquoi ce qui vient, le futur proche,  me paraît comme une montagne à escalader? Pourquoi ai-je perdu confiance en moi? Les petits efforts du quotidien se transforment en lourds fardeaux… La peur, toujours la peur. Et me voilà paralyser un beau dimanche après midi entre mes doutes et ma culpabilisation de rien faire.

Quel est l’idiot qui a dit que c’était une maladie? Si ce que je vis là, maintenant, est une maladie alors la vie est une maladie parce que c’est simplement la confrontation de ce que je suis et ce qu’est le monde extérieur qui engendre cette sensation d’engluement, et cette relation présente qui se renouvelle jusqu’à la mort de mon corps physique n’est elle pas représentative de la vie?

Dire que c’est une maladie est très grave car  cela nous ôte la possibilité, l’espoir ou toutes autres volontés de confronter ce qui vient avec ce que nous sommes. « Confronter » n’est pas le mot juste d’ailleurs, car il n’y a qu’à accepter ce que la vie nous apporte. Facile à dire, d’autant plus que nous ne savons pas de quoi sera fait l’instant prochain.

J’ai peur de ne pas être à la hauteur de ce que je voudrais être (belle phrase anxieuse) au sujet de mon prochain blog sur l’Express. Au passage, je te précise que je garde celui-là. J’ai peur de ne pas arriver à garder la sincérité et le partage, que j’ai miraculeusement produit ici, du fait que ce soit un environnement plus visible, grand public, commercial. De la pression aussi parce qu’avec la visibilité que me propose ce bien connu site d’actu, je sais par intuition qu’il ne me faudra pas longtemps pour atteindre le million de visites. Tout cela trouble une certaine paix intérieure que je commençais enfin à trouver.

Tout pourrait être résumé à la confiance en soi… Ben oui, on s’estime pas assez fort pour affronter un nouvel événement, une émotion, des pensées noires qui s’installent. « Affronter », non! encore une fois c’est le piège dans lequel je tombe encore trop souvent. Il faut « accepter » ces sensations qui nous viennent. Une grande respiration, et hop! Aussi, il faut s’abstenir d’étiqueter des pensées sur des ressentis qui nous viennent. Je sais que ce mal-être qui me trouble aujourd’hui vient du fait que j’ai (mon égo) a interprété une énergie inconnue donc étrange, donc déstabilisante, donc qui fait peur, donc j’ai peur, donc je suis faible, donc je perds confiance, donc je déprime. Alors que je pourrais laisser couler cette sensation étrange et nouvelle (du fait de cet événement nouveau et important) sans l’a penser nocive pour autant. C’est seulement la Vie sous une autre couleur. Je dois accepter. D’autant plus que c’est ce que j’ai voulu!

Autrement, cette opportunité d’être lu par un plus grand nombre est le franchissement d’une étape dans ma vie d’auteur (si elle existe) dans laquelle je mets beaucoup d’importance. Et monter une marche ne se fait pas sans perte d’équilibre. Le bébé de 18 mois est fort déstabilisé dans cet exercice mais plus il pratiquera plus le moment de déséquilibre entre ses deux pas se réduira. C’est une image, je pense qu’en réalité il ne s’agit pas d’une question d’âge mais de connaissance de soi. Ça tombe bien, pour guérir de ces pertes de confiance, il s’agit de se connaître soi-même.

Je te rappelle que c’est mon activité à plein temps depuis 2 ans d’apprendre à me connaître de l’intérieur. Quelque chose est sûre : dés que je prends conscience d’un de mes mécanismes jusqu’alors inconscient, je guéris. Je n’ai pas fini de guérir. Mon but de ma vie est peut-être de guérir. Il n’y a jamais eu un moment dans ma vie, ante ou post-diagnostique, où je me suis senti moins heureux que par le passé. Je pense toujours être plus heureux que jamais. Tout est relatif, hein! Tu me demanderas peut être de ce qu’il en est lors de mes dépressions : je ne sais plus, peut être que dans mes périodes basses je ne me demande pas si j’ai été plus heureux avant, pas la force de faire des comparaisons… Bref ! Si tu ne te perds pas dans cet article, je ne sais pas ce qu’il te faut! Je peux pas publier des articles comme ça dans l’Express.fr… Rha! ça recommence. En plus j’ai reçu beaucoup d’encouragements et je vais encore en recevoir mais que te dire, il y a des racines de peurs très ancrées en moi. J’ai beau comprendre, prendre conscience de certaines d’entre elles, je suis encore loin du tronc qui régit mes pensées noires. « Il suffit de mettre la lumière de sa conscience dessus et nos peurs disparaissent » écrit à peu près Eckhart Tolle. Mais bon tout ça, sans moment de méditation, d’observation de soi, de ses pensées, je ne pense pas que ce soit possible. En tout cas les thymo-régulateurs ne suffisent pas!!

Voilà il y a avait aussi le fait que j’ai du mal à apprendre mes textes de théâtre et que j’ai perdu un peu au poker qui grignotent un peu mon estime personnelle mais je t’ai suffisamment parlé de mes problèmes pour un dimanche.

Je te souhaite une très bonne semaine et une confiance en toi de malade! Enfin pas trop quand même 😉

A bientôt,

W.


Face au stress, le bipolaire tremble

Cette semaine, je suis tendue. Beaucoup de nouvelles choses font que je ne suis pas loin de la rupture. J’ai senti celle-ci il y a une heure en me rendant au cours de yoga. En marchant, direction la gare, les différents stress du moment se sont additionnés et ont créé une sorte d’enfermement de mon esprit. Comme si mon âme suffoquait, était en manque d’oxygène. Comme si l’espace se réduisait, une sensation de l’ordre du spleen baudelairien. Il a fallu seulement que mon RER s’affiche « en retard » pour que je cède et fasse demi tour. Même si le yoga me présageait un futur bien être, je n’avais plus la force pour m’y rendre. L’idée de rentrer tard chez moi (avec 45 minutes de marche) me fatiguait déjà. Ma fébrilité était telle que demander un possible covoiturage pour le retour au groupe du yoga, engendrait une appréhension.

Il y a tout ce qui tourne autour de mon emménagement, il y a mes barrières intérieures que je confronte lors de l’atelier clown et il y a surtout la représentation théâtrale de demain soir qui reste le noyau de mon angoisse actuelle. Tous ces stress (stresss au pluriel?) ont un point commun : la relation avec les autres. Dans chacune des situations qui m’angoissent c’est le rapport conflictuel avec les autres qui est la cause. Je ne parle pas de conflits dans le sens d’embrouille avec les gens mais plutôt d’une tension intérieure qui naît d’un échange déplaisant. Pour le théâtre, c’est la metteuse en scène qui me met la pression. Mais c’est une pression invisible parce qu’objectivement, elle ne fait que me donner des indications et des retours sur ce que je présente, bref elle fait son boulot. Tu penseras peut-être que c’est mon égo qui est blessé. En tout cas c’est pas facile. Pour le clown c’est le regard (que j’interprète comme un jugement) des autres, nettement plus expérimentés, qui me tracassent. Et l’emménagement, c’est un stress plus général.

Je me rends bien compte aujourd’hui que pendant 2 ans (après ma dernière hospitalisation) chez mes parents j’étais protégé du monde extérieur et tout le stress qu’il peut provoquer chez les personnes fragiles. Ne pas évoluer dans un environnement socio-professionnel était parfait pour cette période de convalescence. Privilégié même quand je pense à toi ou d’autres foufous qui sont contraints à garder un travail pour vivre et du coup confrontés à ce combat quotidien, faire face aux psychopathes légers (j’aime cette expression).

C’est difficile de vivre en société… Du collège au bac, j’étais mal dans mes baskets, complètement en retrait du groupe. Ensuite la drogue et l’alcool m’ont permis de vivre une vie sociale. Quelle illusion! Sain de corps, je me trouve bien con aujourd’hui face à mes démons d’antan. C’est un autre combat, en plus de l’exploration de mes profondeurs, qui démarre : vivre avec les autres, se créer un entourage social. Adapter mon monde à celui extérieur. Pour résumé, c’est cette perspective qui m’épuise.

Si tu lis ceci, c’est que tu as survécu jusqu’ici, tu as eu bien du courage. Je t’en souhaite encore plein pour qu’ensuite tous ces efforts deviennent naturels et que le voyage continue plus légèrement.

Gardons espoir et patience.

A bientôt,

W.


La magie du bipolaire 1.5 – Est-ce que vous êtes prêts ?

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Dans le grand délire de ma vie tu sais que la magie a une place importante. C’est cette magie qui me fait croire si profondément au Destin. J’ai toujours été persuadé qu’un jour quelque chose de merveilleux se produirait dont je serai l’acteur principal. Le rideau se lèverait, des anges m’accueilleraient et me mèneraient vers un paradis terrestre. Cette féérie est ancrée en moi, je ne peux l’étouffer car sinon elle imploserait comme elle l’a fait à travers des crises maniaques. Alors, je la vis et j’attends le jour J, le véritable éveil. Je sens depuis quelques temps que cette sensation magique s’empare d’un peu plus de mon être. Cette fois de manières non pathologiques. Je reste les pieds sur Terre mais avec l’esprit connecté sur ces ondes de haute conscience. Cependant, naturellement je réfreine cette prochaine illumination…

Suis-je prêt?

Hé oui, là est toute la question. Autrefois, à me croire plus fort que je l’étais je me suis brûlé à plusieurs reprises les ailes. Alors, suis-je prêt à m’envoler aujourd’hui? Comment le savoir? Je pense que la solution réside dans la peur. C’est la peur qui emprisonne mon esprit et la sépare du reste de la conscience à percevoir. J’ai parcouru de nombreux kilomètres sur mon chemin et j’ai franchi beaucoup d’obstacles. Dans la quête de ma connaissance, j’ai repoussé des peurs qui étaient fixées depuis mon enfance. Pour s’envoler, il ne faut pas avoir peur ou il faut avoir confiance dans le vide. Certes, j’ai une grande Foi en l’avenir, j’ai un grand espoir sur mon sort, j’ai confiance dans l’inconnu qui m’attend mais n’ai-je plus peur? Non, il me reste des peurs et c’est pour cela que je me sens pas si prêt que ça. J’ai surtout peur de me brûler mes ailes comme mes folles tentatives du passé. Tout seul, là tout de suite, je ne suis pas prêt. Seul, non, mais avec de l’aide…

Es-tu prêts?

Rien ne se fait seul. Ma magie me permets de faire monter les autres avec moi, ça y est c’est dit, tu connais mon secret mais cela ne reste que des mots. Pour autant, si tu y crois en ces mots me feras-tu confiance à t’envoler vers un monde qui t’es inconnu, à quitter tes habitudes, ta sécurité. Cet envol n’est que l’éveil. Mais cela perturbe, déstabilise, fait peur, tu risquerais de fuir comme beaucoup d’autres avant toi lorsque tu auras senti cette sensation qui tu seras étrangères. Voilà, je te le dis, aujourd’hui sans toi je ne suis pas prêt. Mais avec ton aide, cette inconnue, tout est possible. Dans le meilleur des cas, que se passera-t-il du reste du monde?

Es-ce que vous êtes prêts?

J’ai souvent une pensée qui me rassure lors de mes angoisses existentielles : « Ne t’inquiètes pas, ce n’est pas de ta faute, le monde n’est pas prêt à t’entendre ». Je crois en cette phrase et toutes les personnes mélancoliques devraient y croire, elle est vraie. Nous ne sommes pas responsables de notre malheur. Croire l’inverse est horrible et dramatique.

Est-ce que le monde est prêt à vivre ma magie? Je l’ai déjà exercé en crise, j’ai touché des personnes mais je n’ai pas été raisonnable, j’en ai voulu trop et trop vite. Aujourd’hui, j’ai une plus grande maîtrise de moi-même mais est-ce pour autant que le monde est prêt? J’en doute, encore beaucoup pensent que le paradis n’est pas réalisable ici alors que c’est le but même de la magie. Le monde ne croit plus au bonheur, au partage, à la confiance aveugle. Le monde pense même que l’humain est mauvais par nature.  Je ne peux lutter contre cela, je n’y arriverai pas et je deviendrai fou, encore…

Toi, qui veux quelque chose de précis, tu attends cette chose, cette personne ou ce sentiment. Tu en rêves, tu le veux du fond du cœur…

Ce soir je te pose une question : Si je t’annonçais à l’instant que ce que tu veux et devant la porte de chez toi, serais tu prêt à le recevoir? Serais tu prêt à quitter toute la vie que tu as mené sans cette chose, là, en un instant pour un avenir inconnu?

A bientôt,

W.

Précédemment dans ce thème : La magie du bipolaire 1.1   et      La magie du bipolaire 1.2  et       La magie du bipolaire 1.3 et La magie du bipolaire 1.4

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