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Fichu bouquin

Ça y est! L’expérience de la solitude dans un environnement naturel et isolé est terminée. Mon retour sur mon blog et ma reconnexion à internet me le prouve. Suis-je un nouvel homme? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que j’ai pu explorer des territoires solitaires en moi et que j’ai pu y apporter un peu de paix, simplement par le fait de les reconnaître. J’ai écrit tout un journal manuscrit de cette expérience, mais je ne pense pas qu’il soit intéressant vu qu’il est très factuel. Peut être seulement les quelques poésies et prières pourraient faire écho à quelques âmes sensibles.

Bref, me revoilà de retour ici avec le principe d’écrire un petit article par jour qui me reste sur mon ex’île. J’ai l’impression d’avoir perdu mes repères d’expression sur mon blog après cette retraite mais certainement aussi avec la mise en vente de mon livre. C’est ici, sur le site de l’imprimeur qu’il est disponible : la vie d’un bipolaire, le livre. Je médite à ne pas trop cogiter sur le succès ou non de ce premier bouquin. M’enfin, beaucoup de personnes qui ont lu quelques articles de ce Journal m’ont répété que cela leur avait aidé à mieux se comprendre, eux ou un proche. Donc, j’imagine que je peux avoir la prétention de dire que ce livre aide au moins les personnes concernées par la bipolarité à comprendre. Voilà! le gros de ma communication est faite ici, puisque c’est à moi de faire de la pub. N’hésites pas à faire tourner l’info, c’est le bouche à oreille qui fera connaître ce bouquin. Fichu bouquin que je n’arrive pas à approcher sans qu’il me brûle les doigts de peur de découvrir une faute ou une phrase bancale, bref, oui, c’est vrai… il ne m’appartient plus! C’est très difficile pour moi de me vendre, même si je suis curieux de savoir si le succès d’un blog fait le succès d’un livre, rien est moins sûre!

Et pour ajouter de l’anxiété à tout ça, j’ai peur que 22,22 euros soit trop cher, mais c’est important le nombre 22, c’est comme 22h22, l’heure de l’Amour!  J’ai peur que les rares internautes qui me lisaient tous les jours de 2013 à 2014 me disent « mais il y a rien de nouveau! ». Ce qui est assez vrai dans le fond mais ce livre est destiné à tout le monde. Et les textes qui font la matière du bouquin étaient apprécié à l’époque où ils étaient visibles mais depuis ils sont tombés dans l’oubli derrière 200 plus récents articles. 95 % du contenu du livre n’est d’ailleurs plus en ligne. Seul ce bouquin permet de lire les « origines » du journal d’un explorateur de l’Etre. Vois comment je me justifie!

Aussi, la réaction de ma mère résonne dans ma tête « Normalement, on ne publie pas le journal de quelqu’un de son vivant » ou quelque chose comme ça que moi j’entendais comme ça : « Espèce de prétentieux, tu te prends pour qui! ». Le pire c’est que ça me touche et je donnerai toujours un peu raison à cette voix négative tant que la vie d’un bipolaire, le livre ne soit pas un putain de bestseller! Oh, je pense que je pourrais me délivrer de ça avant, c’est un nouveau travail sur soi… Tu as vu, j’ai remis un lien vers le site de l’imprimeur, je fais du marketing sur mon blog arrrg… il y a une partie de moi qui aime pas du tout ça. J’ai, à l’image de la société, un problème avec l’argent. Encore du travail de libération à faire.

Je m’arrête là pour rester dans un format de petit article. Je ne voulais pas parler du livre mais  il faut que j’exprime tout ça pour qu’ensuite des nouvelles choses émergent.

Et merci pour tous vos gentils messages! D’ailleurs, la page de remerciements dans le livre vous est uniquement dédiée, à vous tous lecteurs de ce blog : c’est en grande partie grâce à vous que ce fichu bouquin existe 🙂 .

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Je me suis évadé. Introduction

Il y a tant à écrire sur ce que l’on vit. Tant à dire sur l’expérience humaine. Tant à décrire sur ce que je ressens. Tant à décoder. Tant à découvrir. On connaît si peu de choses. Je suis sur le seuil d’un monde à venir. Dans la salle d’attente de mon avenir. Ce n’est qu’une image car en vérité, chaque jour qui passe, je m’engouffre un peu plus dans cet inconnu. Muni de ma lampe frontale je continue à éclaircir les terres ombragées de mon être. Face à mes peurs, c’est avec la lumière et l’amour comme essence que je puise en moi et dans la beauté de l’autre pour cheminer le plus léger possible, avec espoir et patience.

J’ai été connecté à une colère brûlante durant ma tournée en Provence. Celle-ci a été salvatrice, elle a permis une libération. Faut que je te remette le contexte:

J’ai commencé le théâtre il y a 3 ans avec une grande metteuse en scène de 77 ans ayant une belle carrière derrière elle. Ma motivation, n’ayant aucun talent de comédien à la base, était de me servir du théâtre comme un outil d’expression privilégié pour mes émotions. Grâce au punch de cette metteuse en scène, j’ai progressé très vite. J’ai du pour cela me faire violence, surmonté la pression et me mettre à répétition en danger. J’acceptais cette tension car je pensais qu’elle était légitime si je voulais avancer dans cet art là. Aussi je prenais sur moi lorsque elle s’énervait, j’acceptais sa personnalité très nerveuse.  Très rapidement je l’ai suivi dans tous ses ateliers, ses stages, ses spectacles. Jusqu’à l’été dernier où elle m’a emmené avec sa compagnie professionnelle pour sa tournée annuelle dans des villages de Haute Provence. Cette expérience s’est si bien déroulée, que mon rêve d’être un grand acteur commençait à se réaliser, ou en tout cas à être envisageable. Cette aspiration cachée d’être une star de cinéma, était en fait la conséquence d’une blessure affective profonde qui engendrait un besoin de reconnaissance énorme. Une volonté de notoriété présente dans tous mes projets. Un manque qui trouvait refuge et excitation dans la voie possible d’être acteur qui s’ouvrait à moi.

A la fin de l’été dernier, après la réussite de la tournée, je devais choisir entre m’engager à fond dans le théâtre via une école, que m’avait pistonné ma metteuse en scène, ou revenir à un chemin plus classique. J’ai opté pour la deuxième voie, ce qui m’a amené à être plus que déstabilisé lors des attentats de novembre. Aventure mystique, hospitalisation, repos, retraite, travail sur soi, méditations, ont suivi et m’ont amené à Mars et à un stage de théâtre. Et là, comme une évidence, j’étais certain qu’il fallait que je me mette à fond dans le théâtre. J’ai intégré un groupe d’actor studio, jusqu’à mai, où à ma grande surprise ma metteuse en scène me proposa de remplacer un comédien pour la tournée de cette année. Ma présence dans la troupe cette année n’étant pas prévu vu que j’avais arrêté de travailler avec elle depuis l’année dernière. Du jour au lendemain, courant mai, je me suis mis à travailler tous les jours avec elle et avec la nouvelle équipe, dont je connaissais 2 des acteurs déjà présent l’été dernier.

C’est durant ces répétitions qui ont duré jusqu’à juillet, qu’il c’est passé ce qui devait se passer. Quelque chose en moi avant changé depuis l’été dernier. Durant ce long hiver, ce début d’année difficile, cette longue période de solitude, de retrait, d’introspection, de compréhension de moi-même, je me suis soigné d’une plaie profonde sans le savoir. C’est avec du recul et durant les répétitions que je me suis aperçu que je m’étais libéré en grande partie de ce manque affectif qui m’obligeait à avoir une aspiration pour la notoriété, la reconnaissance du plus grand nombre. C’est donc sans ce prisme que j’ai travaillé la pièce de cette année. Je me suis rendu compte que le travail d’acteur, l’apprentissage d’un rôle ne me plaisait pas, en réalité. Certes j’éprouvais du bien être a être sous les projecteurs, à être applaudi mais le travail de comédien en lui-même ne me correspondait. Chose dont je ne pouvais pas avoir conscience jusque là, tant j’étais prisonnier de cette blessure de l’égo.

Tout ça pour dire que j’abordé la tournée de ce mois de juillet en sachant que ce serai mes adieux du théâtre et la fin d’un chapitre. J’ai commencé le théâtre comme un outil thérapeutique, et ça devait rester qu’un outil et non pas un projet de vie. Quelle libération! Je ne me sens plus poussé par ce désir de reconnaissance si profondément ancré depuis toujours, quel soulagement.

Pour cette tournée, pas de pression. Je me suis gardé de dire à ma metteuse en scène que j’abandonnais mon projet de carrière, ainsi qu’à la plupart de l’équipe pour rester sur la même longueur d’onde.

A la différence de l’année dernière, l’acolyte de ma metteuse en scène n’était pas de la partie, celle-ci servait de tampon, de souffre-douleur même, ma metteuse en scène étant ultra anxieuse, stressée, nerveuse lors de la tournée. Alors c’est nous, les 6 comédiens, qui devions prendre sur nous ces excès d’humeurs, ces paroles blessantes. Chacun de nous trouvions un intérêt à supporter ces moments d’énervements, car l’expérience de la tournée est si belle et enrichissante, que ça valait la peine. Sauf que moi, comparé aux autres, j’avais quelques intérêts en moins. Ce qui a fait qu’au bout de 5 jours, pendant lesquelles j’ai pris sur moi comme je l’ai fait durant 3 ans le caractère de ma metteuse en scène, j’ai dit stop!

Et cela de manière tout à fait théâtrale…

A suivre très bientôt, tant que c’est chaud!

W


C’est invisible

En 2013, une solitude terrible m’a obligé de créer cet espace pour m’exprimer, verser tout les mots qui traduisent mon isolement. Alors je t’ai trouvé, toi lecteur anonyme, j’étais compris, je n’étais pas seul. J’ai eu le besoin alors de réaliser un peu plus ce fait que je n’étais pas seul. De là est né une première rencontre le 21 juin 2014. A la suite de celle-ci j’ai écrit cet article : C’est indicible. Un texte né par des larmes libératrices.

Deux ans plus tard, 20 rencontres plus tard, ce weekend c’était le premier week end entre hypersensibles. Un weekend à la campagne qui regroupait 5 personnes habituées des rencontres parisiennes et 5 autres de toute la France avec qui je développais depuis les débuts de mon blog des relations à distance. Je n’aurai pas cru que ce weekend aurai eu le même impact que la première rencontre. Hier matin les mêmes larmes ont coulé.

Ce weekend, certainement le plus beau de ma vie, celui qui m’ apporté le plus.

J’ai une appréhension à écrire, et partager ce qui se passe en moi depuis dimanche soir. J’ai peur de trahir mon monde intérieur en m’exprimant mal.

Dernièrement, il y a eu la Bretagne, Deepak Chopra qui m’illumine et m’accompagne à travers son ouvrage : Le livre des secrets. Voir les articles précédents. Tout cela a permis de profondes transformations en moi. Et là ce weekend, avec l’intensité des échanges, la richesse humaine qui s’est partagée, c’est une libération encore plus violente. Mon monde est nouveau. Je vis un renouveau. Deux personnes rencontrées grâce à ce blog, habituées des rencontres parisiennes, amis hypersensibles, ayant participé à ce weekend me renvoient également leur transformation personnelle. A la différence d’avant, je ne suis pas seul à explorer…. Bref, j’ai des amis, futur coloc même, trio magique. Des véritables amis avec qui je peux être ce nouveau moi.

Aujourd’hui est un jour nouveau, si nouveau.

J’essaie de l’écrire, mais tout cela est si invisible. Ce qui m’importe est invisible, ce qui me constitue est invisible.

Chaque instant, chaque moment prochain est si vierge. J’ai compris que mon bien être résultait de ma faculté à ne rien attendre, rien vouloir, ne pas m’attacher à des croyances, ne m’attacher à rien pour pouvoir accueillir le présent sans le poids d’une identité déjà passée. Je sais que je trouverai la paix en travaillant à être personne. Effacer les barrières qui me séparent de l’autre, de toi, de vous, de toutes choses. Me laisser entraîner par le flot de la vie. Ça paraît spirituel, perché. Çà semble être une prémisse d’une crise maniaque. Tu percevras ce texte par rapport à qui tu es, ton identité, ta mémoire, tes croyances, tes peurs. Pas deux personnes l’interpréteront pareil.

J’ai compris aussi qu’il n’y avait pas de séparation entre la dimension spirituelle et physique. Tout est physique et spirituelle en même temps. Ecrire est une action physique avec un sens spirituel, c’est créer.

On ne peut pas faire du nouveau avec de l’ancien, écrit Choppra. C’est vrai, et je sens des parties de mon identité qui me pesaient tant, enfin se libérer et disparaître. Mais cela est invisible. Chaque moment que je partage avec d’autres, je vois leur visage, écoute leur parole, c’est le visible. Ce qu’ils me montrent n’est autre qu’une partie de moi, invisible, qui se manifeste, devient visible. C’est la création aussi simple soit-elle. Chaque expérience nouvelle qui passe, c’est l’invisible en moi qui se manifeste à travers une personne, une action. Et inversement pour la personne. Je suis à chaque instant ce que montre l’autre. L’autre existe pourtant dans sa partie invisible. Chaque instant qui passe est un espace-temps où deux phénomènes invisibles deviennent visible. Le big bang.

Je suis un explorateur, je n’ai pas eu le choix, c’est mon trouble à l’époque qui m’a obligé à explorer à l’intérieur pour régler mes conflits internes. Aujourd’hui, je récolte le fruit de mon travail, j’ai navigué si longtemps, découvert quelques îles qui m’ont permis de garder espoir et le cap. Aujourd’hui, comme Christophe Colomb, j’ai découvert un continent. J’ai jamais étais aussi proche du centre de la Terre, de ma Terre, de ma planète.  J’ai tant de choses à écrire. Je dois écrire pour rester avec toi, je dois avoir des amis pour être avec eux qu’ils m’écoutent, qu’ils m’aident et inversement. Cette aventure ne peut être solitaire. Je dois garder contact avec ma famille, même si cela est compromis car je dois garder une part ancienne de mon identité pour être en contact avec eux. Je ne peux pas être que dans le nouveau, je risque la folie, mais surtout de faire souffrir ceux qui m’aiment, ceux qui ont besoin de moi.

Cette terre étrangère, invisible pour les autres car c’est mon unicité, que je foule n’est pleine que de surprises. C’est l’inconnu. C’est merveilleux et déstabilisant en même temps. Comme le bébé qui commence à marcher (image tiré du livre des secrets de Choppra). Heureusement le Destin a répondu à mon désir oublié de reparticiper à la tournée comme l’année précédente, coup du Destin qui s’est opéré ce weekend aussi avec le coup de fil de ma metteur en scène. Travailler ce spectacle au sein d’une troupe que j’aime chaque jour jusqu’à Juillet va me permettre de rester ancrer. La vie est bien faite.

La méditation, le recentrage sur ma respiration, l’observation de mes émotions et pensées, est l’activité numéro une  de mes journées. Entre chaque moment je me recentre, je digère les perceptions passées pour mieux accueillir celle à venir. Que le nouveau ne s’entrechoque pas trop avec l’ancien. J’ai découvert récemment plus profondément les nœuds en moi sources de souffrance. Principalement le sentiment d’injustice profondément ancré en moi, il existe fortement car c’est durant l’enfance que j’ai été exposé à d’hyper sensibles injustices. Lorsque cette partie obscure se manifeste, je tente de l’accueillir, je l’observe, je ne fais pas tellement attention aux pensées qui s’en échappe mais plutôt à l’émotion douloureuse sous jascente. Eckart Tolle écrit que poser la lumière de sa conscience sur un trouble, le soigne déjà en partie. Je me centre sur ce sentiment, je sens la douleur alors, je l’accueille et plus je met la lumière dessus plus elle peut se dissiper en moi et disparaître. Le corps évacue la douleur naturellement. Mais le fait de refouler ce qui fait mal, cela crée la souffrance. Et la souffrance est une autre affaire.

Es-tu là encore ami lecteur? Oui, sinon cette phrase qui s’écrit n’existerait pas pour toi. Je me demande quelle part invisible de toi va se manifester quand tu vas rencontrer ce texte visible. Sûrement le savant fou qui est en toi, haha! Je suppose, impossible pour moi de le savoir car cela est en fonction de ton univers invisible qui est fondamentalement unique. Moi, j’ai besoin d’écrire tout cela. Il le faut, je ne peux pas laisser ces pensées dans les eaux stagnantes oubliées au fond du puits de mon être.

Ce qui est nouveau dans mon écriture c’est que je me recentre (respiration abdominale et état court de non-pensée) parfois entre deux paragraphes. Aussi la journée, lorsque le désir d’écrire un article survient, je m’efforce à ne pas anticiper ce que je vais exprimer. Pour ce soir, je n’avais que le titre.

Je sens mon cœur battre. Je suis comblé. Il me manque juste une femme, une femme avec qui je pourrais faire une partie du chemin, la main dans la main, les jambes entre-mêlées. Mais ce n’est pas urgent, cela viendra lorsque je serai prêt certainement. En attendant je travaille la pratique du tantra seul, c’est à dire la circulation de l’énergie sexuelle dans tout le corps. Il est vrai que j’éprouve parfois la forte envie de partager ces moments avec une autre. M’enfin patience!

La priorité aujourd’hui est de partager, je dois parler avec mes amis, partager, ne pas rester seul avec tous ces nouveaux ressentis. Prendre soin de moi, garder une bonne hygiène de vie pour bien digérer toutes ces nouvelles composantes de mon être. Ne pas vouloir tout comprendre tout de suite. J’ai compris qu’il ne faut pas rajouter trop d’aliments en période de digestion. J’ai toute la vie pour continuer cette exploration. « Cours pas trop vite, sinon tu vas tomber ». Trop de courant, trop d’énergie qui ne circule pas entraîne un pétage de plomb. Là j’ai emmagasiné une énorme énergie, ce n’est pas le moment d’augmenter la tension mais plutôt de la répandre dans mes différentes canalisations. Les arts, les amis, le sport.

Et bien sûr : Patience et Espoir.

W

 


On ne souffre pas pour rien

Je ne sais plus quel grand artiste disait : « Toute souffrance est supportable tant qu’elle fait partie de son histoire ».

Cette citation a beaucoup de sens pour moi…

La dépression est une période très douloureuse pendant laquelle le désespoir, le vide, les doutes règnent. Il est pratiquement impossible de philosopher lorsque l’on touche le fond et se dire : « ce que je vis est dur mais c’est positif ». Impossible d’y croire lorsque l’on sombre dans une solitude infernale. Et pourtant, c’est vrai!

La dépression ne tombe pas du ciel, elle n’arrive pas par hasard. Au regard de notre vie, elle s’inscrit même logiquement dans notre évolution. La dépression et son lot de souffrance cache une transformation inconsciente. Elle annonce une période nouvelle. Et cela demande certaines mutations de notre être. Nous pensons, nous nous plaignons de ne pas avoir d’énergie lors de ces périodes, en réalité nous dépensons beaucoup d’énergie à résister…

Evidemment c’est plus fort que nous et nous n’en avons pas conscience, mais lors de la dépression nous résistons à quelque chose de nouveau qui s’opère en nous. Plus cette nouvelle partie de nous qui tend à émerger est grosse, plus nous résistons. Pourquoi? parce que l’inconnu fait peur et parce que nous sommes fragiles.

Rilke écrit dans « lettres à un jeune poète » (voir l’hommage que je fait à ce génie dans l’article : Rilke roi des HS) que la tristesse provient de notre résistance à un ressenti nouveau.

Lorsque je prend du recul sur mes dépressions et crises maniaques, je me rends compte qu’elles s’inscrivent parfaitement dans une évolution qui aboutit aujourd’hui à qui je suis, une personne qui n’a jamais été aussi prêt de soi (même si j’en suis encore loin!) L’important c’est le chemin. Bref!

Le mot « dépression » ne fait pas allusion à la souffrance littéralement. Il dénote que d’un répit, une baisse d’énergie. Le fait de souffrir ou pas dépend de l’accueil que l’on fait à ce qui nous arrive. Attention, je ne dis pas que c’est simple, même en ayant conscience de la signification de la dépression, je suis toujours débordé par la peur et les doutes lorsqu’elle arrive.

Bien vivre la dépression demande beaucoup d’auto-bienveillance et de compréhension de nos proches. Adieu la culpabilisation, le regret, l’angoisse d’être en train de rater sa vie, les comparaisons avec les gens stables, normaux qui ont un travail, une femme, etc.

La souffrance psychique n’attaque pas tout le monde. Injuste? Non! C’est seulement que nous sommes pas tout le monde et de ce fait il est alors insensé de se comparer avec la vie de tout le monde. A la différence de la plupart, nous avons quitté l’autoroute pour des chemins plus éreintants. Mais ce ne sont pas les sentiers les plus difficiles qui mènent aux vues les plus imprenables, belles?

La dépression est un passage de notre vie, une transition difficile mais nécessaire pour devenir qui on est. Mais bonne nouvelle, la dépression a toujours une fin! La patience est notre meilleure alliée.

Mais surtout ne culpabilise pas d’être fatigué, reposes toi autant que ton corps le demande. Ne culpabilise pas de ne rien faire, divertis-toi avec des films et toutes choses qui puissent t’apporter un petit plaisir. Ne sous-estimes pas l’appel à un ami, c’est toujours un réconfort.

La dépression ne se combat pas, elle s’accueille. Il n’y a rien à faire, elle a besoin de ce silence pour que des transformations profondes de l’être s’opère. Il n’y a que deux mots:

Patience et espoir

Voilà, ce texte m’a été inspiré lors de la rencontre skype de dimanche avec frodon 😉

W

Ps : le projet d’association entre hypersensibles se réalisent : www.association-hypersensibles.fr


Dépression en musique!

Je clique sur lecture sur la page internet de chantefrance.com et c’est la voix de Christine and the Queens qui accompagne l’écriture de cet article. Les mots sont inspirés par mes doutes et peurs. Cinq minutes avant cela, c’était la puissance de Kery James qui me prêtait main forte pour la gymnastique matinale que je maintiens quotidiennement tant bien que mal depuis mon hospitalisation. Les quelques pompes et tractions ont le bien fait de soulager le poids de mon esprit.

Tiens c’est la pub… et maintenant Balavoine avec son SOS d’un terrien. Tiens, tiens, comme par hasard…

Il m’est de plus en plus difficile d’exprimer l’obscurité, dans laquelle je m’engouffre depuis plusieurs semaines, ici sur ce blog où j’écris inlassablement l’espoir comme si l’écriture de ma tristesse entachait les bons sentiments répétés souvent sur ce site. Comme si, j’avais une responsabilité dans mes publications désormais, ce qui est faux et n’a jamais été une volonté de ma part.

Gerard Blanc, une autre histoire, maintenant…

Quand l’âme est en peine chaque action pèse son poids de doutes et de peurs, qui chez moi cause une certaine paralysie, voilà pourquoi j’ai une vieille tendance à m’isoler dans mon mal plutôt qu’à le partager. Voilà pourquoi il est possible que je colorie ici plus souvent les mots en rouge et jaune qu’en noir et gris.

Pascal Obispo, Personne…

Je précise, car ici il est caché, l’espoir existe toujours en moi, malgré les paragraphes mélancoliques, même s’il est dissimulé profondément, j’ai appris avec le temps a garder toujours un subtil contact, quoiqu’il arrive. Là je sais qu’il est présent, malgré l’absence de légitimité, malgré le fait que je ne trouve aucune raison d’y croire.

Joe Dassin, Siffler sur la coline…

Quatre lignes par chanson, je vois par ma vitesse d’écriture l’effort inhabituel qu’il me faut pour enfoncer chaque touches de mon clavier. Mais alors, W, c’est quoi ton problème?

Tina Arena, aller plus haut…

Bah voilà, merci Tina, je ne sais pas quelle est la prochaine étape pour aller plus haut. Bon, c’est pas tout à fait bien exprimé. En fait, j’ai quelques doutes, pas nombreux en quantité, qui se croisent dans mon esprit et m’empêche d’y voir clair, tant ils sont lourds. Depuis que je me suis remis physiquement de mon hospitalisation, depuis un mois, et notamment depuis quelques jours, une question a fait le siège et étouffe mon esprit : Qu’est ce que je vais faire? Il s’agit ici du métier, de la voix professionnelle dans laquelle m’investir. Dès que j’ai la tête inoccupée, entre deux films, avant et après un article, à chaque pose cigarette, à chaque ballade quotidienne, cette question revient à l’assaut et fait son nid entre mes oreilles. Une vingtaine de fois par jour…

Les 3 mousquetaires, Un jour…

Depuis une discussion avec ma mère, le théâtre est revenu à l’ordre du jour. (J’en ai fait deux ans entre 2013 et 2015). J’ai toujours eu le rêve caché de devenir acteur. Ironiquement, depuis quelques jours et le soutien nouveau de ma mère dans cette voie là, me voilà en train douter, est-ce cela mon destin? Faut dire que jusqu’ici tous mes choix de chemins ont abouti en crise et HP, ce qui fait qu’aujourd’hui je mets toute mon énergie à douter sur chaque décision. Tu me diras qu’en cela, il est bon de douter. Oui c’est vrai d’un côté, mais de l’autre ces mêmes doutes me paralysent au quotidien  (chaque chose, même le plus insignifiant coup de fil administratif relève d’un effort surhumain)…

… Natasha St Pier, Tu trouveras (j’adore)…

En même temps au regard du CV de mon nouveau moi, en supposant que la crise de 2013 a engendré une renaissance, on y trouve du théâtre, de l’écriture, et l’organisation de rencontres. Allez ça suffit pour aujourd’hui, j’ai réussi à m’exprimer, il est midi, je m’en vais manger ma côte d’agneau heureux.

Charles Aznavour, Emmenez moi

Patience et Espoir

W

 


Code de conduite en HP

Voilà mon code de conduite en hôpital psychiatrique écrit lors de ma dernière hospitalisation, en décembre 2015.

Article 1 : limiter au strict nécessaire la connexion avec les autres patients.

Article 2 : établir et entretenir une connexion de confiance avec le personnel soignant.

Article 3 : avoir des activités personnelles.

Article 4 : être à l’écoute de soi et suivre son instinct.

Article 5 : attention à ne pas faire trop état de sa souffrance auprès des proches. Car à l’extérieur ils souffrent déjà pour le patient.

Article 6 : Cultiver la patience, garder espoir et se montrer plus fort que l’on est.

 

 

Mon commentaire aujourd’hui avec le recul : 

Dans l’article 1, ce n’est pas la solitude totale que je prône mais une certaine distance, surtout lorsque l’on est encore fragile, car trop de proximité avec d’autres foufous aux pathologies plus sérieuses peut-être « contagieuse ». Sinon avoir un petit cercle de camarades un minimum conscient permet que le temps passe plus sympathiquement.

Dans l’article 2, il s’agit de se montrer le plus « stable possible » dans notre discours et comportement face aux infirmières par exemple, car elles seront écoutées en réunion de service lorsque l’équipe de soignant échangera sur notre possible sortie.

Dans l’article 3, je parle de dessins, d’écritures… car toutes nos créations au sein de l’hôpital psychiatrique ont une valeur particulière.

Dans l’article 4, je pense au fait que l’on est terriblement seul, surtout au début, lorsque l’on se réveille à l’asile. Sans repère, seul avec soi-même, c’est le moment où jamais de cultiver l’écoute de soi.

L’article 5 s’applique surtout dans le cas de ma dernière hospitalisation. Dans laquelle où je me suis rapidement remis et n’ai pas tellement vécu le grand désarroi d’autres fois. Faut dire que j’avais six hospitalisations derrière moi. Alors, l’ironie a fait que, à l’intérieur de l’hôpital, je souffrais/m’inquiétais certainement moins que mes parents, par exemple.

Patience et espoir naturellement. Dans le 6e article je crois qu’il faut se montrer plus fort que l’on est dans le but de sortir le plus tôt que possible.

Parce que l’objet de ce code de conduite est seulement de sortir le plus rapidement possible de l’hôpital psychiatrique.

Il m’a fallu tout de même 7 hospitalisations pour écrire ceci. Je te laisse ici mon : bipohypermaniac@gmail.com si jamais tu as envie ou besoin d’échanger plus longuement sur cet univers particulier qu’est l’HP.

W

 


Prochaines rencontres

C’est avec joie que je t’annonce les prochaines rencontres entre hypersensibles.

le samedi 6 février à 16h dans un bar à Paris.

De qui je parle lorsque j’écris « hypersensibles »?

Ce n’est que depuis quelques mois que je préfère cette appellation à celle de « bipolaire » et toutes autres troubles psychiques. Parce qu’il y a manifestement beaucoup de personnes non diagnostiquées qui se sentent concernées par la fragilité, la solitude, l’incompréhension, la sensibilité, le rapport difficile à l’autre et à notre société, la difficulté de trouver sa place, et tous les thèmes qui touchent de près ma vie et que je partage au fil de ce blog.

Je trouve le terme « hypersensible » plus humain et plus réaliste que « bipolaire » par exemple. Car en soit, « bipolaire » n’est qu’un mot inventé pour tenter d’étiqueter un certain nombres de symptômes et de ce fait un certain nombre de personnes (600 000 il paraît), de plus c’est un mot qui a remplacé l’expression « psychose maniaco dépressive » et qui à son tour dans les années à venir sera aussi remplacé. Remplacé par « hypersensible » pourquoi pas! En tout cas je travaille pour!

Donc, ces rencontres sont ouverts aux hypersensibles. En fait, elles sont ouvertes à toutes les personnes qui tombent sur ce blog et qui se sentent concernées par mes écrits.

Ces rencontres permettent d’échanger sur nos troubles/problèmes/maux/ressentis/souffrances que l’on a vécu. Ce moment de partage privilégié est tout à fait informel : pas de psy et dans un lieu sympa (un bar le plus souvent). Les 13 premières rencontres se sont toutes passées dans une humeur conviviale, les sourires, et rires au rendez vous. Il n’y a pas de ton dramatique mais plutôt un espoir qui jaillit de ces rencontres. Un espoir car à chaque rencontre, il y a des personnes hypersensibles, qui ont déjà bien combattu leurs troubles et ont une vie aujourd’hui « heureuse », qui témoignent que tout est possible.

Voilà, je crois que j’en ai dit beaucoup!

Enfin, pour ceux qui veulent, la rencontre continuera le soir avec un petit restau.

Rencontre Skype

Cela fait un an qu’il y en a pas eu. Je relance ce type de rencontre qui permet aux personnes loin de Paris de pouvoir échanger quand même grâce à la technologie! Cette rencontre se fera dans les semaines à venir.

Pour ces deux rencontres, je vois envoie toutes informations complémentaires par mail : bipohypermaniac@gmail.com

Rencontre à Strasbourg

Hélas, la rencontre prévue à Strasbourg en novembre dernier à dû être annulée au dernier moment. Je ne me sentais pas assez stable pour être de l’aventure. Ce n’est que reporté! Elle se déroulera en mars.

Voilà, voilà

En te souhaitant un très bon week end de repos.

A bientôt,

W.