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Qu’est-ce que le mal?

Le mal en soi n’existe pas. Nulle personne, nul objet sont mal en soi. C’est le regard que l’on porte dessus qui est à l’origine du mal. Pas de la douleur, hein, je parle du mal être.

Je l’ai vu la semaine passée. Cinq jours noirs. Paralysé par un profond mal être. Pas de la dépression avec ses doutes et culpabilités, mais plutôt de la mélancolie. Je ne pouvais parler, l’isolement était la seule solution, être ombre dans l’ombre. Et puis je voulais épargner les autres de mes pensées venimeuses.

Il y a des parties de moi que je trouve malsaines. Je ne peux pas les affirmer, leurs donner une place dans ma personnalité « visible », car ces pensées, ces envies sont contraires à mes valeurs. C’est mon auto-jugement qui me fait mal. Exemple avec mon amie. Si je partageais telle envie, elle réagirait certainement mal, elle penserait que je lui manque de respect. Voilà le conflit entre une envie et la peur qu’elle soit réprimée par l’autre car je la considère mauvaise, car j’ai l’impression qu’elle est considérée indigne par la majorité des gens. Alors je réprime cette envie moi-même.

Et me réprimer me fait mal. Penser qu’une partie de moi est intolérante, irrespectueuse, égoïste, me fait mal. C’est le jugement que je me porte qui fait mal, ce n’est pas l’envie ou l’objet en question. Car s’il y a amour et bienveillance, l’autre peut tout entendre, sans pour autant être d’accord avec notre pensée ou dire « oui », évidemment. Mais vaut mieux un désaccord paisible, un « non », que une non expression.

J’ai réussi depuis à avouer à mon amie ce qui me paraissait inavouable et j’ai été heureusement surpris par sa réaction. Rien que le fait d’exprimer sans être juger est un début de soin sur ma blessure à l’origine de ce mal. Ce n’est qu’un début, mais c’est déjà très libérateur.

La liberté, c’est pouvoir exprimer ce qui est emprisonné en soi, ce qui nous paraît mal, ce qui est enfermé au plus profond de soi.

Aujourd’hui, cette partie considérée indigne, irrespectueuse, intolérante serait peut-être notre partie animale que l’on réprime. Des envies et pensées que l’on juge mauvaises mais qui font partie de notre humanité. A trop les refouler, un jour cela explose et provoque des dégâts pour soi et les autres. A l’extrême, je pense aux crimes, viols, meurtres, suicides. Tout autant d’horreurs qui auraient pu être évitées s’il y avait eu ex-pression dans un cadre bienveillant avant que ce qui soit jugé mal à tort gangrène…

La liberté c’est pouvoir exprimer ce qui est emprisonné en soi. Nous sommes notre propre prison.

Pour se libérer : oser! Choisir la bonne personne, le bon espace, le bon outil. Exprimer ce qui nous semble mal, irrespectueux, sur twitter n’est peut-être pas une bonne idée. Les personnes qui font du mal publiquement n’ont peut-être pas d’entourage proche, suffisamment d’amour, qui puisse entendre sans jugement leur côté noir.

Tout le monde à un côté « noir » là encore je juge… Un côté qui nous paraît noir.

Si on en a conscience, celle-ci nous permet de maîtriser et attendre et choisir d’exprimer ce mal dans les bonnes conditions. L’inconscience va nous faire exprimer notre mal dans un moment non choisi, il y aura dégâts. Et lorsque ceux-ci seront très violents et coûteux, il y aura peut-être prise de conscience!

Bref!

Patience et espoir

Si tu n’étais pas au courant, hé bien, je vends mon livre sur la Fnac ou Amazon. Si tu le savais, hé bien, je te le répète et répéterai jusqu’à mort s’en suive, et si tu l’as acheté, oh merci! pour moi et l’asso qui prend 50% des droits d’auteurs, maintenant tu peux mettre un avis sur la Fnac ou Amazon, j’apprécierai beaucoup quelque soit l’avis, et si tu es au courant, que tu l’as acheté, que tu as mis un commentaire, hé ben, je sais pas… c’est peut-être à ton tour d’écrire un bouquin!

Ps : Je peux aussi te le vendre directement lors d’une rencontre de l’asso. J’en ai commandé un carton, du coup physiquement je peux te le vendre moins cher. Dis moi sur bipohypermaniac@gmail.com . Tu peux m’écrire pour raconter ta vie aussi, hein!

Allez, et tant que j’y suis dans cette fin d’article à informations multiples. La journée portes ouvertes de l’association des Hypersensibles a lieu le 28 Octobre à Paris, détails sur le lien. Une occas’ de se rencontrer aussi!

W

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« Attention au déni de la maladie »

keep calm

Ne laisses pas quelqu’un te faire croire que tu es malade si tu ne te sens pas malade. Et si tu te sens malade, ne laisses pas quelqu’un te faire croire que ta vie est foutue, car ce n’est pas vrai, on peut se libérer de tout mal, avec la conscience, le soin, la patience et l’espoir.

Malgré un diagnostique de bipolaire en 2008, je ne me suis jamais senti malade. Pourtant j’en ai chié, des crises maniaques, des hospitalisations à répétitions, bref un beau palmarès que tu peux découvrir dans le récit de mes aventures : maniac story ep 01-Je t’aime à la folie. J’ai atteint des jolis pics de souffrances à me mettre à genou par terre, en pleurs « Qu’est-ce que je dois faire mon Dieu, wouin wouin! », moi qui ne pratique aucune religion pourtant… Malgré tout cela, je ne me suis jamais senti malade. Quand tous les autres bipotes, eux, disent qu’ils sont malades, moi je pense « béh du coup, peut être qu’il y a eu une erreur de diagnostique » peut être qu’ils ont raison, et qu’en fait je ne suis pas bipolaire, tout simplement. J’aurai trompé tous mes lecteurs depuis trois ans… oh merde!

En réalité c’est pas simple cette histoire, parce que débattre autour de la bipolarité et la maladie est sans fin et engendre beaucoup de confusion, tout bêtement parce que le mot « bipolaire » n’a pas de sens au fond.

Premier non sens. On s’identifie au trouble : « Je suis bipolaire ». D’un côté c’est rassurant, on a une réponse à la question « Mais qu’est ce qui ne va pas chez moi? » mais en réalité on s’enferme dans une prison et on se stigmatise nous même à ….. ?oui, à quoi? On réduit notre personnalité, notre identité à une alternation de quelques périodes de souffrances. Une souffrance répétée qu’on interprète très vite comme maladie chronique, comme si on était prisonnier de notre passé et sans espoir pour le futur. « J’ai un trouble bipolaire » me paraît plus juste déjà. Même s’il y a un risque de fatalité aussi dans cette expression. Encore une fois, si seulement on pense le trouble comme une maladie.

Si le trouble bipolaire était seulement défini comme une variation particulière de l’humeur, une fragilité, une hypersensibilité, un handicap dans certaines situations, et tout ce que tu veux sauf le terme « maladie », alors là ok, pas de problème : J’ai un trouble bipolaire.

Je ne déni pas que j’ai une fragilité que je dois soigner, accueillir, connaître. Je ne dénie pas que j’ai une hypersensibilité très complexe que je dois comprendre. Je ne dénie pas que j’ai accumulé beaucoup de souffrances pendant la première partie de ma vie surtout, et que je dois continuer à mener un combat, pour me libérer de mes corps de souffrances, pour guérir mes blessures les plus profondes. Je ne dénie pas que j’ai un travail colossale d’affirmation de soi, d’incarnation. Haha! Mais tout ça, c’est le lot de tout le monde en fait! La différence, c’est que les événements de ma vie ont fait que j’ai acquis cette conscience, un peu en avance sur la masse, certes.

Si ce terme « maladie » m’embête ces derniers jours, c’est que je ne dois pas en être totalement libérer.

Définition Larousse de la maladie : « Altération de la santé ».

Si une maladie permet la libération, la prise de conscience, le goût du bonheur, des guérisons multiples, la sérénité, l’accomplissement, la création. Alors oui pourquoi pas.

Mon trouble bipolaire a évolué depuis que j’ai pris conscience de mon chemin, de mon combat, depuis que j’avance en conscience, pour résumé. Là où avant, les hospitalisations se répétaient presque chaque année, les dernières sont très espacées. Tout ça pour dire qu’on s’en libère de ce trouble qui apparaît au début comme une maladie chronique. Suffit d’y croire, et de mettre les moyens.

Ou alors peut-on dire que la bipolarité est un trouble qui remue notre être afin de nous donner la chance de soigner toutes nos maladies inconscientes.

Ou alors, peut-être qu’on peut dire que dans le monde actuelle, c’est perçu comme une maladie de vouloir être libre.

Si la liberté est une maladie. Comme l’amour qui rend malade.

Alors oh ouiii, je suis malade!

Je ne suis pas habitué à te faire la morale, ou t’enseigner quoi que soit, mais j’ai envie de proclamer haut et fort :

« Ne laisses pas quelqu’un te faire croire que tu es malade si tu ne te sens pas malade. Et si tu te sens malade, ne laisses pas quelqu’un te faire croire que ta vie est foutue, car ce n’est pas vrai, on peut se libérer de tout mal, avec la conscience, le soin, la patience et l’espoir »

W

mon bouquin : la vie d’un bipolaire

et les derniers articles sur fb

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Sous Pression, envie d’émancipation

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Je ressens une pression dans la tête à la limite du supportable depuis que je suis retourné chez mes parents. Le fait d’être à la maison, surtout pendant les repas, exposé à leur présence… argh j’ai du mal à écrire.

J’en peux plus d’être avec eux. Ils ne font rien de mal, ils sont patients, je ne peux pas leur en vouloir, mais c’est très difficile de leur expliquer ce que je ressens. Quand j’essaie, c’est pénible, leur réaction ne font qu’accentuer cette sensation d’avoir un étau dans la tête, ou dans l’enclume, ou dans le marteau, je ne sais plus l’expression. Surtout quand ma mère suppose que la cause réside dans le fait d’avoir diminué de 50 mg le Xeroquel, baissé à 100 mg ce n’est pas un gros changement.

Et j’ai toujours cette oreille bouchée, pitain!!

Pourtant la véritable cause est simple. Mon expérience de vie d’un mois sur l’Ile de Groix pratiquement seul dans cet environnement naturel loin de l’agitation des grandes villes a été si bénéfique que le retour dans cette routine est d’autant plus douloureux.

Je veux partir, m’émanciper, me libérer de cette prison dorée qu’est la belle maison de mes parents. Pour le bien de tous. Car lorsque je suis éloigné de mes parents, notre relation est bien meilleure. Actuellement, la proximité avec eux est insoutenable. C’est simple, mon hypersensibilité en générale à la particularité de me rendre très poreux à ce que ressentent les gens autour de moi. Je ressens fortement leurs énergies subtiles, leurs états d’âmes. Le lien qui m’unit avec mes parents, surtout avec ma mère, est tellement intense que la perception est décuplée.

Concrètement dés que j’entre dans une pièce où elle est présente, je suis automatiquement envahi par les ondes qu’elle dégage, j’en suis asphyxié. Tellement plombé que toutes communications de ma part deviennent un effort terrible que je n’arrive plus à affronter. Je suis décentré et très loin de pouvoir être moi. Ce qui était beaucoup plus simple le mois dernier sur mon île. Rien que d’être en sa présence est très compliquée mais alors quand elle me parle… je suis submergé dans un nuage gris condensé.

C’est terrible parce que je les aime profondément mes parents et que je suis dans l’incapacité de le montrer, et de leur faire comprendre ce que je ressens.

Alors quoi faire?

Déménager à la campagne, oui ce projet de longue date commence à être d’une nécessité absolue. Mes parents ne m’encouragent pas dans ce sens et me transmettent leur peur : mes 800 euros par mois ne me permettront pas d’être indépendant. Pourtant je sais que c’est possible. A la campagne et en colocation. Voilà ce que je cherche. Si tu as des idées ou un plan pour moi, même si ce n’est que pour quelques mois, dis moi, sauve moi! bipohypermaniac@gmail.com

Il y a toujours eu cette espèce de toxicité avec mes parents. Je n’ai jamais voulu l’admettre, aveuglé par l’amour qui nous attache. Des personnes qu’on aime peuvent nous être toxiques alors… Mais comment leur faire comprendre sans les blesser?Comment faire comprendre à une personne quelque chose d’inconnu qui réside au delà de leur sphère de compréhension. Très dure pour moi d’accepter cela. Enfin bref, je ne cherche pas à être compris, je cherche à être tranquille, serein et chez moi cela n’est pas possible. Je dois partir! Help!

J’aurais pu écrire aussi des articles sur d’autres thèmes ces derniers jours : le manque affectif, source en partie du trouble. Le système qui se casse la gueule gentiement… « Fuyez pauvre fou! » criait Gandalf. Le printemps, le manque de sexe. La frustration des sites de rencontres. L’énergie qui bout en moi, qui a bien du mal à se canaliser dans quelque chose. Bref ça part dans tous les sens en ce moment. Et bizarrement dés que je sors de chez moi, pour une rencontre entre hypersensibles par exemple, tout ce petit bazar se calme. Je crois que l’environnement est en très grande partie la cause de mes soucis. Un environnement favorable me fait même basculer très facilement de l’autre côté de la balance, ce côté où je jouis simplement de choses simples…

Patience et espoir

Ah oui mon bouquin est dispo ici!

W

 


Dépression, encore.

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Mon compagnon durant un mois sur mon île

Entre deux mondes.

Le retour à la normale, comme prévu, est dur. Dépression.

Il y a beaucoup de dépressions différentes. Au fil des ans, les miennes évoluent. Ce ne sont plus des longs mois pire que la mort. Mais des séjours, encore douloureux, mais plus intéressants déjà. Comme celle-ci où j’observe que la souffrance vient du contraste entre le manque d’énergie et les fortes envies et projets à réaliser. Pas mal de choses à faire mais pas l’énergie pour, c’est frustrant. Voilà ce que je peux observer mais je sais très bien que sous cet état d’épuisement général, il y a des causes inconscientes. Des transformations en coulisses. Des choses subtiles qui se passent en moi que je ne peux distinguer. Ça me donne de l’espoir. Enfin… de l’espoir vécu de manière théorique.

Quelque part ça m’énerve de te faire part de cette dépression, et la rendre publique, car elle peut donner raison aux fatalistes du trouble. « T’es malade et tu vas en chier toute la vie ». Non! Même dans mon sale état de solitude, loin de la solitude que je vivais sur mon île, je conteste ce fatalisme.

Cette expérience d’un mois sur une île seul, a été riche, et a bousculé mon esprit sur pas mal de choses. Finalement c’est normal qu’il y ait une dépression après coup. C’est difficile à admettre, même pour moi, mais je crois que c’est aussi simple que ça. On a encore tant à apprendre de ce qui se cache sous la souffrance. J’aime bien la phrase de Rilke « la tristesse est le fait de résister à quelque chose de nouveau », on peut transposer ça à la souffrance.

Accepter, accueillir ce qui est là, ce qui vit là maintenant en soi.

Aujourd’hui, j’accepte en vivant dans un laisser aller presque total. Je dors, regarde la télé, je fais le moins d’effort. Chaque pensée inquiète si courte soit-elle épuise déjà l’énergie que je n’ai pas.

J’ai des nouvelles inspirations, nouveaux projets ces dernier-temps qui submergent mon esprit. Peut-être que cette dépression est nécessaire pour que le brouillard se disperse, pour que les moyens pour ancrer ce renouveau se manifeste.

Autre raison de la dépression. Je ne pensais pas être seul une semaine de plus à mon retour. Et être isolé quand il fait beau, en plus.

Tout ça pour dire que j’en chie. L’écrire, le partager pour peut-être s’en libérer. Mais surtout pour écrire que la dépression n’est pas une maladie. C’est une période de souffrance qui a un sens. C’est plus simple de trouver le sens après coup, certes!

Mais si on a les moyens pour vivre cette dépression pleinement sans dommages collatéraux, et qu’on sait les raisons de cette tempête, et enfin qu’on est convaincu qu’elle aura une fin…

… Alors la « dépression » qui définissait une période terrible de souffrance, de mal être, pourrait être définit un jour comme : « un repos au calme bien mérité ».

Et depuis le marécage douteux dans lequel je suis, je t’écris : Si je souffre, c’est parce que j’ai la maladie de vouloir vivre une vie qui n’existe pas. Je pense que ça résume bien.

Voilà c’est de ce genre d’articles qu’est composé mon premier bouquin commandable en librairie ou sur : la vie d’un bipolaire, le livre, m’enfin je sais pas si ça vaut vraiment le coup, je t’avouerai!

Allez!

Patience et espoir…

W

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Rencontres entre HyperSensibles

Ne pas rester seul dans notre combat quotidien. Il est suffisamment invisible comme ça. L’isolement étant ce qu’il fait le plus souffrir, je suis persuadé que créer des liens nous consolide face à l’adversité. Bref, via l’association des hypersensibles, j’organise toujours des rencontres régulières à Paris.

La prochaine demain, mercredi 15 février, soir et ensuite le 25 février. Rencontres aussi dorénavant à Nancy, Rennes, Lyon et en Mai une première à Marseille.

Toutes les infos sur le nouveau site www.association-hypersensibles.fr

hypersensible-hypersensibilite-bipolaire-symptome-definition-rencontres-association-emotionnelle-psychologie-amour-caractere-type-1-surdoue-haut-potentiel

Je travaille depuis l’été dernier sur ce réseau de rencontres avec mon frère, c’est une grande satisfaction pour moi d’avoir matérialisé le projet, alors fais moi le plaisir d’aller voir! C’est sur le site que l’organisation et la communication des rencontres est centralisé désormais.

Voilà, sinon c’est pas la joie, qu’est-ce qu’on en chie en ce moment pitain! Je compte les jours qui me séparent de mon île.

Patience et espoir…

W


La souffrance mentale a encore tué

« Personnellement je me suis détaché de la connerie générale et je me moque éperdument d’adhérer ou non au modèle social ».

tiré d’un des nombreux commentaires que Pierrôt à écrit sur mon blog.

C’est la première personne avec qui j’ai été en contact qui se suicide.
La souffrance mentale a tué une nouvelle fois. Je ne peux m’empêcher de penser à notre société qui a une part de responsabilité dans toutes ces disparitions de personnes ayant eu un diagnostique psy.
Bref, je ravale ma colère, je vous retranscrit ci-dessous une compilation des nombreux commentaires que Pierrôt a publié sur mon blog. Mon modeste geste en sa mémoire. Que son âme repose en paix.

W

Introduction de son ex-femme

Pierrot a mis fin à ses jours le 29/12/2016 avec son fusil de chasse… les dernières vidéos qu’il avait regardée sur youtube et derniers articles consultés sur le web concernaient la procédure qu’il a suivie avec son fusil de chasse chargé d’une cartouche pour sanglier…

La police a osé me dire qu’il n’avait pas souffert…

La souffrance psychique est invisible c’est vrai…

Sa compagne qui était en déplacement n’arrivant pas à le joindre, a appelé la Police qui s’est rendue chez lui et l’a trouvé mort dans son jardin…

Il avait été hospitalisé d’office en Juillet, sorti fin septembre, il y retournait pour
injection d’abilify jusque début décembre.

Nous n’avons trouvé aucun écrit expliquant son geste… Souffrance
intolérablement invisible semble-t-il.

Les obsèques ont eu lieu le 13 janvier, il est enterré dans le caveau
familial avec ses parents et grands parents paternels. Il était le 4e fils de ce mariage d’amour entre une ukrainienne et un français, qui s’étaient rencontrés sur un camp de travail pendant la guerre.

La dernière fois que j’ai essayé de communiquer avec lui c’était la veille de la fête des pères en juin 2016, mais ce fut un échec supplémentaire pour moi de communication avec le père de ma fille, et ex mari, le seul mari et homme avec qui j’ai vécu près
de 11 années.

J’ai encore beaucoup de colère contre le corps médical, de tristesse de n’avoir pas écouté mon intuition et de retenter une communication avec lui depuis octobre…

Je peux lui parler maintenant en regardant les étoiles ou en allant au
cimetière… je n’ai plus peur de sa réaction… mais j’ai tant de peine.

Sirène.

Compil’ de commentaires de Pierrôt sur mon blog entre le 05/11/2014 et le 21/07/2015 :

inspire-blog-bipolaire-vivre-avec-hypersensible-association-souffrance-mentale-psy-suicide

« Je pense que W parle de la solitude d’un bipolaire dont les aspirations sont hors du commun, d’où le désire de croiser des routes animées des mêmes aspirations.

Je voudrais simplement souligner que le terme bipolaire a été mis en place pour permettre une approche globale des troubles de l’humeur, notamment par l’octroi de fonds aux laboratoires de recherche, il ne s’agit donc pas qu’un confort syntaxique ou de « mode ».
Je pense que la terminologie des mots »du psychiatre » relève d’étude spécifiques et se limite au champs d’action concerné. Ainsi, dire que la psychose est présente ou non
dans la bipolarité relève de professionnel. En l’occurrence si la symptomatologie de la psychose est présente, au plan clinique, le bipolaire n’est pas psychotique. Pour l’aspect de l’intégration la référence sociale reste le travail, ainsi on peut vivre correctement sa bipolarité sans pour autant travailler, mais dans
une intégration limitée. Ce qui est curieux c’est que l’on s’aperçoit que l’intégration sociale est un facteur de « réalisation » c’est à dire qu’il permet au bipolaire, à la fois de s’identifier personnellement et de relativiser une approche trop égocentrique de sa maladie, dont il fait sa seule raison d’exister.

Il n’y pas de gène à être handicapé, c’est seulement une posture d’acceptation de la différence . Vois tu la normalité prône l’homogénéité, ce qui est un leurre, le handicap n’est qu’une réalité différente.

Il ne faut pas entrer dans la posture de l’oiseau blessé qui nourrit une forme de mégalomanie, mais rester serein: la bipolarité revêt des formes d’expressions variées parfois extravagante mais reste une maladie, elle n’a rien à voir avec une forme quelconque de génie.
Que certaines intelligences en soient atteintes, c’est vrai. La réciproques pas forcément.
Je connais beaucoup de bipolaires qui s’en sortent et croyez moi l’aspect mystique de leur anciennes crises les laissent totalement indifférents.

Se restreindre à une approche chimique est curatif mais n’engage que difficilement un processus de guérison qui, à mon avis passe par la reconstruction de soi, au travers de notre réalité, c’est à dire de la relation sociale et avec soi-même. L’amour est
effectivement un élément central. On le trouve dans le couple, la paternité, la
maternité. Le désamour dans les violences, les abus, la toxicomanie. La recherche « d’amour enfui » dans la manie, l’exacerbation, la compulsion, le déficit affectif
dans la dépression, la mélancolie la dés-estime de soi. C’est donc une maladie psychosociale. Il est notable que nos choix de société ont une incidence sur son émergence, le consumérisme notamment et l’isolement des individus pris dans une course matérialiste, valorisant la compétition. La sollicitation quasi perpétuelle de
nos sens, de nos affects.

J’ai vécu l’autre coté puisque ma conjointe n’était pas bipolaire.
Cette maladie est traître parce qu’on ne la sent pas arriver, elle s’installe au gré des tensions, boulots etc…Ma conjointe n’était pas stable mais savait récupérer rapidement sa stabilité, la différence qui marque la maladie est que l’instabilité bipolaire peut évoluer vers une instabilité plus grande. Cela pourrit la vie de tout le monde, avec une incompréhension qui va croissante dans le couple. Jusqu’au clash, situation particulièrement critique pour un bipolaire qui va perdre tous ses repères dans l’aventure.

Il y a beaucoup d’envie dans le regard d’un bipolaire pour atteindre une stabilité mais en même temps cette instabilité est riche si elle n’est pas colorée de souffrance.

Si l’on se contente de stabiliser par médicament la situation n’évoluera pas beaucoup. Il y a un coté castrateur et aplanissant qui est peu tolérable et très mal toléré. Abrutissement, prise de poids, autant de facteurs dé-socialisants et qui brisent l’estime de soi donc le rapport à l’autre.

J’avance donc que la solution est ailleurs, médicamenteuse mais pas uniquement,
avec une réelle intention à la fois de comprendre les mécanismes , particulièrement les déclencheurs.

C’est pourquoi je suis si « chatouilleux  » lorsque l’on présente la bipolarité comme une réalité qui est figée. Mais peut être est ce effectivement de l’optimisme injustifié.

Je suis contre la violence parce que je ne suis pas un animal mais un être raisonnant.
Je pense que la bipolarité sous des formes multiple et les maladies psychiques
(versus mentales) sont des indicateurs de la santé morale d’une société.

Je crois en l’esprit créatif (ou esprit saint, à noter, dans l’Eglise, lui-même créateur) en cela il y a rapprochement  de Dieu, lui même Amour. L’Amour, ou condition de l’âme, aussi appelé Spiri d’où la spiritualité est une dimension capable d’agir sur la matière, laquelle est inerte, stable.

La bipolarité est une forme de spiritualité, son inconvénient est qu’elle est
détachée du plan matériel. Le spirituel, si on le dissocie du matériel ressemble à un oiseux, ou à une taupe.
Soit il s’envole, soit il s’enfonce
Je pense que l’avenir montrera que pour certains esprit il est nécessaire que leur environnement soit amical. Or nous vivons une ère de haine et d’individualisme.
En conséquence, apparaît la bipolarité qui exprime une incapacité à admettre des schémas sociaux agressifs et ultra-matérialistes.

Peut être faudrait-il laisser la société où elle est.
Personnellement je me suis détaché de la connerie générale et je me
moque éperdument d’adhérer ou non au modèle social. J’aime les gens,
la communication mais je ne vois pas pourquoi je devrais supporter la connerie locale.
Je ne suis pas un enseignant, je n’entends convaincre personne, ce mal être que l’on nomme bipolarité est parfois une simple réaction à la bêtise des groupes d’individus qui se disent être la normalité; en effet la normalité n’existe pas, c’est un leurre.
Seule la douleur est signe de mal-être.

Chaque être possède ses différences, moins il y en a et plus il est con.
Le summum est l’imbécile heureux tels les gros vautrés devant leur écran, une bière à la main.

That’s all, vive l’anormalité, vive l’individu, entier et différent, voilà la vrai richesse, le reste n’est qu’illusions et modèle social pour mieux faire consommer. »

Pierrôt


Pour ceux qui souffrent, qui sont HS

Quel automne et quel hiver!

Mon esprit ou plutôt mon âme n’a jamais été aussi en harmonie avec celles d’autres personnes qui me sont chères. Autrement dit : on est paquet de l’assoHS à en avoir chié en cette fin d’année.

J’ai traversé des nuages bien noir, une fois de plus j’ai fait l’expérience que l’enfer se vivait sur Terre. Que l’enfer n’était pas à l’extérieur de nous, malgré des zones très sombres en ce moment sur la planète, mais bien une expérience à vivre à l’intérieur de nous.

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Qu’est-ce que l’enfer à part l’expérience de nos peurs les plus profondes?

Qu’est-ce que l’enfer à part une aventure courageuse de nos âmes dans les coins obscures de nos esprits?

Qu’est-ce que l’enfer à part être perdu, loin de nos repères, loin de la lumière de notre conscience, loin de notre zone de confort?

Qu’est ce que l’enfer à part une période à traverser, un état à accepter à accueillir, une invitation à lâcher prise. Car qu’est ce que l’enfer à part notre mental qui résiste à quelque chose de nouveau qui émerge en nous?

Qu’est que l’enfer à part la lutte qui nous mène à notre paradis perdu?

Bref, ce que je voulais dire au départ avant que je m’exprime comme un pasteur farfelu, c’est que je souhaite fort que toutes ces âmes en souffrance puissent connaître de la douceur dans ce qu’elles traversent. Une musique que O. m’a fait découvrir et qui a le pouvoir de secourir : Love vibration

J’ai beaucoup souffert pour être beau. Haha! Non ce que je veux dire c’est que j’ai du souffrir pour me découvrir, pour trouver la lumière en moi. Je pense que j’ai pas fini de souffrir sur ce chemin de l’éveil. Mais d’un autre côté, je suis persuadé qu’on peut se libérer de nos chaînes, de nos peurs, de nos conditionnements, dans la douceur et l’amour. Même si pour beaucoup, on a pas trouvé ce sentier plus doux, je veux croire que c’est possible.

Le passé n’est pas vérité quand l’avenir est espoir. La souffrance est une étape pour l’humanité. Car le chemin que l’on fait chacun pour Soi et pour les autres, on le fait aussi pour l’Humain de demain.

Nos enfants naîtront dans une clarté plus grande, avec moins d’ombre, et les enfants de nos enfants connaîtront de moins en moins la souffrance.

Je ne croit pas que la souffrance est une condition humaine. La douleur oui, mais pas la souffrance. On ne peut pas vivre une chute, une séparation sans douleur, mais on peut se libérer de la souffrance .

Je veux rassurer de tout cœur ceux qui souffrent en ce moment, ceux qui peinent dans leurs ombres, je connais si bien cet état, je veux leur dire que ce qu’ils vivent est tout à fait normal.

Ce n’est pas de leur faute, cela ne remet en aucun cas en cause leur vitalité, leur pouvoir à être heureux et à rendre heureux.

C’est simplement l’hiver! Rien ne sert de lutter, d’essayer de comprendre, il n’y a qu’à vivre l’inconfort de l’hiver. Rien ne sert de vouloir briller, de vouloir être en forme comme au printemps dernier car il fait nuit et froid. On devrait juste pouvoir se reposer et rester au chaud. Le travail rend ce programme d’hibernation difficile, certes. Mais alors, soyons bienveillant envers nous-même, si on est fatigué, déprimé, c’est normal, surtout pour les hs,  on vit contre-nature!

On aura beau penser, se culpabiliser, réfléchir sur notre état, il n’y a rien que notre mental puisse faire à part nous faire souffrir. Ressentons le froid qui fait dehors, vivons le sensation de chaleur lorsqu’on rentre à l’intérieur. Mangeons, divertissons nous, et attendons le printemps.

Plus tu vis l’hiver tel qu’il est, froid et noir, plus tu vivras le printemps tel qu’il est, un renouveau. Etre ombre dans l’ombre, et lumière dans la lumière.

Pour ceux dans le down, du fond du coeur : patience et espoir.

(Toujours un plaisir de correspondre avec toi : bipohypermaniac@gmail.com)

Aaaah! pour ma part ça faisait longtemps que j’avais pas écrit un article débraillé, ça fait du bien.

J’ai hâte! Demain soir, soirée spéciale : Noël HS à partir de 18h dans un bar parisien avec vous, en grande partie connu grâce à ce blog.

Et puis après la soirée, à minuit exceptionnellement radioHS (rencontre sur les ondes) https://framatalk.org/radiohs, suffit de cliquer sur ce lien et avoir un micro. Plus d’excuses pour ceux qui sont pas de Paris. D’ailleurs en Janvier L’AHS continue de se déployer en France, rencontres à Paris, Nancy, Lyon et une première à Rennes.

Prenez le train HyperSensible en route sur contact@association-hypersensibles.fr

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