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Inquiet en amitié et en amour

Tout vacille…

Au niveau de l’association: c’est bon, plus de précipitation, pas de séjour jusqu’à nouvel ordre. Le nouvel ordre arrivera quand des personnes impulseront « avec » moi l’organisation. La pression est retombée, je n’ai plus qu’à gérer les adhésions à l’asso (à bon entendeur salut! contact@association-hypersensibles.fr). La prochaine rencontre, le 26 octobre a été lancé par un autre hs, les choses vont bien. Je peux revenir à la base, c’est à dire mes correspondances, qui sont l’essence de l’association, je me le rappelle.

Par contre au niveau relationnel, amical et amoureux, c’est plus compliqué. Amicalement, je suis inquiet pour un ami, c’est plus fort que moi, il a beau me rassurer, je ressens de l’inquiétude. Et les pensées engendrées par cette sensation proviennent de mon expérience que je projette, j’en suis bien conscient. Enfin bref, je crains que cet ami soit en crise maniaque. Je crains que le processus maniaque dont j’ai été victime bien des fois soit en train diriger inconsciemment mon ami. Encore une fois, cette peur m’appartient, et est née de mon expérience. Elle n’a donc pas valeur de vérité objective sur ce que vit mon ami. Je suis donc piégé entre un ressenti d’inquiétude que je ne peux renier car c’est un ressenti, et l’altérité, que mon ami est autre et que ce qui vaut pour lui ne vaut pour moi. Mais alors que faire de mon expérience sur ce vicieux processus? Bref, je dois taire ma vérité pour laisser place à la vérité qui fera surface avec son expérience des jours et semaines à venir.

Ce qui est désolant, c’est que du coup notre relation est brouillée, car je ne peux être en contact avec lui en dissimulant mon inquiétude. Et je ne peux exprimer mon inquiétude car celle là l’affecte. Ma peur engendre de la peur chez lui. Et la peur même fait parti du développement de ce putain de processus.

Ce processus fait que lorsque notre esprit a été sujet a beaucoup d’activités, beaucoup de stimulations, beaucoup de stress, beaucoup de pression, beaucoup d’amour, en un temps réduit, l’équilibre activité/repos est rompu. Et lorsque ce déséquilibre s’est accru durant des mois et s’accélère de plus en plus, le retour à l’équilibre est très difficile. Pour la grande majorité des cas, pour ne pas dire tout les cas, le rééquilibre est atteint par la chute, l’hospitalisation, et tout le tralala.

Toute la perversité du processus maniaque, c’est qu’il est sous-jascent et inconscient, et même si on a conscience que l’on doit se reposer, on a pas conscience de l’intensité du repos auquel on doit être soumis. Et plus on est monté haut dans notre activité, plus on doit descendre bas, et cette descente est douloureuse, et naturellement nous sommes pas attirés par la douleur, alors on continue. « toujours debout, toujours la banane, toujours au rendez vous » chante l’autre.

M’enfin ceci n’est que théorie fumeuse venue de mon expérience. Je l’exprime comme tous ressentis que j’exprime ici, pour me libérer. Ce n’est pas à prendre personnellement.

Voilà je suis inquiet, malgré le fait qu’il controle la situation et me rassure, il reste un fond d’inquiétude. Cette peur appartient-elle qu’à moi, et alors dois-je faire attention à ne pas engendrer la peur? Ou cette peur est-elle là pour dire attention? Hé bien, je n’en sais rien, je suis inquiet « point ».

Et comme rien ne vient seul, les peurs ont refrappé dans ma relation amoureuse. La nuit dernière, M m’a exprimé une nouvelle fois une peur liée à notre relation. Je ne saurais comment détailler cela maintenant. Mais en tout cas, mon cœur a été touché une nouvelle fois. J’ai l’impression que mon amour l’étouffe. Que ma lumière lui fait peur. Que mon cœur n’arrive pas à être compris. Dramatique n’est-ce pas? Oui nous aimons bien être dramatique, nous hypersensible, je crois.

Le problème c’est que nos croyances fondamentales, celles qui nous structurent sont différentes. Alors que nous utilisons tous les deux l’outil « spiritualité », car pour moi la spiritualité est un outil que l’homme à créer pour permettre l’amour de se propager sur Terre, nous avons des croyances différentes. Des mots différents : là où elle parle de vibration énergétique, d’énergie positive négative, d’entités négatives, moi je parle d’amour et de peur de l’amour simplement. Au final c’est plutôt sain d’être différent, d’avoir son intimité unique. Mais vu que l’on ne peut s’empêcher d’échanger nos peurs et ressentis les plus profonds on rentre souvent dans l’intimité de l’autre, et on vit alors l’étranger qui est chez l’autre. L’étranger dans le sens qui nous est inconnu. Et : quel est le sentiment que provoque trop souvent l’étranger, l’inconnu? la peur.

Voilà, l’épreuve du jour : une amitié et relation amoureuse qui vacille.

Solution ; un peu de distance,  d’ancrage. Et pour cela rien de mieux que la famille, un petit séjour à Bruxelles chez mon frère semble être une bonne chose.

Patience et espoir

Ps : Une prière dont ça faisait bien longtemps que je n’avais pas lu, qui a enflammé mon cœur hier soir :

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.

Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.

Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.

Là où il y a la discorde, que je mette l’union.

Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.

Là où il y a le doute, que je mette la foi.

Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.

Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.

Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler,

à être compris qu’à comprendre,

à être aimé qu’à aimer,

car c’est en donnant qu’on reçoit

,c’est en s’oubliant qu’on trouve,

c’est en pardonnant qu’on est pardonné,

c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.

Saint François.


Méditons ensemble!

Je me rends compte dernièrement que j’ai acquis par l’expérience et la lecture une boîte à outils pour mieux respirer, me détendre, méditer, me recentrer qui n’est en fait pas évident pour beaucoup de personnes à qui j’en parle dans les rencontres.

J’ai écris d’ailleurs récemment comment je méditais sur cet article

Alors voilà, j’ai eu l’idée hier soir de te proposer des rencontres spéciales « méditation », un mot très large qui ne doit pas être un obstacle, où le but serait de partager nos techniques de respiration/ détente, bref tout ce qui nous aide à nous recentrer et se libérer de nos angoisses. Et s’exercer à la pratique ensemble dans un parc, à défaut d’avoir les montagnes à  Paris.

Je précise que je n’ai aucune formation à ce sujet, mais un savoir acquis par l’expérience qui, j’en suis persuadé, est un moyen thérapeutique essentiel pour se libérer des troubles psychiques. Et ce serait une joie de faire profiter ça à qui veut!

Voilà, organisons ça dés maintenant via mon mail : bipohypermaniac@gmail.com

Je suis toujours aussi friand de lire et apprendre de ton expérience, n’hésites pas. Je suis en vacances en plus!!

Patience et espoir

W

 


Ça reviendra

Ça reviendra… Si j’ai une certitude c’est bien celle-là : un jour ou l’autre, une année ou l’autre, ça reviendra.

De quoi?  Hé bien la crise maniaque et la dépression ; le up et le down. Je définis ici la crise maniaque simplement par une forte énergie ressentie et la dépression par une absence d’énergie ressentie. Comment se caractérise cette hausse/baisse d’énergie et comment elles sont vécues (bien/mal), ça c’est une autre histoire, ça dépend de beaucoup de choses. Se tenir à la définition réductrice ci-dessus me permet d’affirmer cette vérité : je revivrai une hausse d’énergie apparentée à la crise maniaque. Quelle manière et quelles conséquences? ça je ne peux pas prédire.

Théoriquement c’est logique. Dans la vie, rien est statique, rien est stable. Les personnes normales, ne souffrant d’aucunes pathologies, ne sont pas stables pour autant, elles ont des émotions, tristes, contents, bref ça varie. Comment peut-on parler de stabilité pour un bipolaire là où ce n’est pas possible pour quiconque hors les robots? Je crois que la recherche de stabilité n’est pas un bon chemin, ou du moins que le terme « stabilité » n’a pas sa place ici. Il me paraît plus important d’accepter que l’on soit très instable justement. HyperSensible. J’aime bien la comparaison avec l’électron, d’où « lui, c’est un électron libre ». Voilà, voilà. Je ne pense pas qu’il soit possible de transformer notre instabilité en une stabilité, si ce n’est avec une camisole chimique très forte. Il vaut mieux essayer d’adapter son instabilité avec les autres, la société. On parlerai alors d' »être adapté » à la place d' »être stable »… bon, c’est aussi moche.

Ce peu de choses me paraissent évidentes aujourd’hui mais en réalité, il m’a fallut ce dernier épisode de décembre 2015 pour en prendre conscience. Moi qui pensais en avoir fini avec les crises maniaques, être « guéri », être stable, non je n’ai jamais pensé être « stable », ce mot n’est pas approprié à la condition humaine, je t’ai dit. Je pensais être protégé d’un nouveau virage maniaque parce que la vie que je menais me le prouvait. Trois ans sans rechutes, de nombreux moyens thérapeutiques mis en place qui m’ont permis une meilleure compréhension de mon trouble. Aussi  j’ai traversé des situations riches en stress (le décès de mon grand père et une tournée de théâtre) qui quelques années auparavant aurait suffit pour déclencher une crise. Et pour couronner le tout j’ai vécu des exaltations maniaques que j’ai réussi à contrôler, je te les avait partagé en direct en trois épisodes ) l’époque : Maniac Story en live . Mais je minimisais un facteur dans ma réflexion : l’inconnu du futur. Cet inconnu que je ne maîtrise pas se caractérisa en novembre 2015 par des attentas près de chez moi. Nouvel événement, nouvelles énergies et là pour le coup le niveau énergétique était haut et j’ai été transporté malgré moi. Fin de l’histoire en garde à vue puis en HP, le même recommencement dont je pensais en avoir fini avec.

A ma grande surprise, donc, c’est revenu. Alors, un mois et demi après ma sortie d’HP, fort de cette dernière expérience, je me sens grandi par son enseignement : ça reviendra.

A suivre, demain

W

PS: La crise suite aux attentats racontée ici : Maniac Story Saison 6


STOP les doutes

C’est la première fois que j’écris ici le matin. Je crois que j’ai besoin de faire circuler les mots. Bizarrement, même si les choses avancent bien pour moi (nouvel appart’, nouveaux projets) et que j’ai l’air détendu quand je suis avec les autres, ces derniers jours je suis particulièrement pourchassé par les doutes. Alors que tous les signaux de ma vie sont aux verts, l’envers du décors n’est pas aussi serein. Je n’ai pas l’esprit tranquille.

Au petit déjeuner, sur mon balcon, au déjeuner, le soir, au coucher, à plusieurs moments de ma journée, lorsque je suis seul, les doutes m’envahissent. Quand je suis maître de ma conscience et que j’observe ces flux qui me traversent, je m’aperçois que je pense à toutes mes différentes activités et différentes relations et que chacune de ces pensées, emmêlées les unes dans les autres, sont crispées, sous tensions/pressions, stressées. C’est comme si une peur générale, profonde et subtile contrariée chacun des aspects de ma vie. Tu veux peut-être des exemples pour clarifier cela… Au sujet de ma colocation: je stress sur le fait de lui dire que la cuisine a besoin d’un grand nettoyage. Au sujet du groupe de clown : j’ai peur de ne pas être à la hauteur durant le dernier exercice. Au sujet du cours de maths que je donne en bénévolat et de mon cours de mindfullness tout les deux dispensés le matin : j’appréhende de me lever tôt… A  la relecture, de ces exemples, je ne peux m’empêcher de constater que c’est fou d’être perturbé par des choses anodines. Le terme HS (hypersensible) me sied à merveille!

Je remarque qu’il y a un point commun presque général : la peur du regard de l’autre. Heureusement tout ce qui concerne les rencontres et autres projets gravitant autour de ce blog ne sont pas contaminés par ces ondes négatives, au contraire!

Peut-être que ces peurs particulièrement perceptibles sont liés au changement. Sans doute même. J’ai appris dans le programme de mindfullness (pleine conscience), que je suis en ce moment, une technique à utiliser lorsque les doutes se font sentir : STOP : Stop- Take a breath- Observe-Process. C’est à dire ne pas se laisser contrôler par ces pensées malades. Lorsqu’elles se font nombreuses et chaotiques, la technique est d’arrêter ce que l’on est en train de faire, mettre son attention sur tous ces flux qui nous traversent, respirer en pleine conscience de ce qui est, de ce qui se passe là maintenant, observer tout ça, et une fois un peu de calme cérébral revenu, agir. Pour prendre mon exemple avec mon colocataire, l’action serait de lui dire tout simplement que la cuisine mérite d’être nettoyé pour que cela soit plus agréable à vivre, ou quelque chose dans le genre, sur un ton courtois et aimable. C’est reprendre le contrôle de la haute sphère…

J’ai beaucoup de difficultés à dire des choses non plaisantes à quelqu’un, j’ai peur de rentrer dans le conflit alors je préfère ne rien dire. Ce qui fait que j’accumule la pression sans pouvoir l’exprimer. C’est pas très bon comme fonctionnement, j’ai encore beaucoup de boulot. Le combat continue!

Allez, il fait beau, bonne journée!

A bientôt,

W.


Apprentissage de la légèreté

Mon hypersensibilité est à l’origine de périodes pendant lesquelles j’ai l’impression d’être écrasé par un poids étouffant.
En ce moment, dans ce contexte de changements, d’inconnus, de flous artistiques quand à mon avenir professionnel, je peine à retrouver le calme. Je me suis ré ouvert à de multiples canaux de stress.
Je vis en ce moment pas mal de petites situations objectivement anodines qui apportent chacune leurs doses de pression.
Cette pression est lourde et me paralyse alors que, avec un peu de recul, je sais qu’il n’y a pas de reels raisons d’être inquiet. Mais que veux-tu, il suffit d’un gravier dans la force centrifuge pour que je ressente le poids d’un rocher.
Cette lourdeur se ressent même dans mon expression…
Tout ça pour dire que je manque de légèreté. Je mets trop d’importance pour de trop petites choses.
L’apprentissage de la légèreté s’apparente à vivre l’instant présent à se soulager des poids du jugement, de la culpabilité. Se délester de ce plomb et le remplacer d’une auto bienveillance et s’entourer de doux (pour reprendre l’expression si juste de Sophie 🙂 ).
Facile à dire mais comment faire en pratique pour être plus léger:

Premièrement, relativiser. Mettre en perspective une situation cause de stress avec une situation bien plus douloureuse que j’ai connue. C’est vrai que, comparé aux périodes où j’étais interné, le moral plus bas que terre, aujourd’hui je suis un petit oiseau qui vole librement. Petit oisillon apprend toujours à voler, néanmoins…

Deuxièmement  et très concrètement, cette pression, il faut que je l’évacue. Mon moyen privilégié est l’écriture. S’exprimer est l’ultime recours pour s’alléger. S’exprimer par n’importe quel moyen. Je suis certain que chacun peut trouver son canal d’évacuation de pression.
Pour remédier à la lourdeur psychique que je transporte en ce moment, j’écrirai un article chaque soir pour soulager ma haute sphère.

Enfin, il existe un moyen qui m’accompagne depuis quelque temps et que je dois me rappeler lors des moments où j’en ai le plus besoin : la méditation basée sur la respiration. J’ai réussi à m’endormir hier grâce à cette méthode. Méthode très simple : Allonges-toi au calme. Respire à fond à plusieurs reprises pour commencer. Ensuite laisse ton attention dériver sur les pensées que tu ressasses, les situations passées où à venir qui te rendent anxieux. Lorsque ton attention est confrontée à une pensée troublée, « respire dedans ». Fait respirer ce nœud, apporte de l’oxygène à l’endroit de la tension. Voilà, la méthode est de porter sa conscience simultanément sur la respiration et sur la pensée qui entretient le stress.
C’est très simple mais faut avoir la présence d’esprit pour l’utiliser. Quand j’y pense, ça me calme très rapidement.

Rien de plus léger que l’air,  alors n’oublions pas de respirer!

A demain soir. Ce sera un article intitulé « lettre au président  » qui me permettra de lâcher un peu de pression.

Bonne nuit, je te souhaite plein de rêves en apesanteur; )

W.


Attention, retour à la réalité, danger!

Tout va trop vite. J’ai remis le pied à l’étriller et le cheval harnaché au system s’est mis à galoper sans se soucier de l’équilibre. J’ai remis le bout du nez dans la matrice (pole emploi, cap emploi, bénévolat), j’en ai sniffé l’infinité des données et possibilité et j’ai frôlé l’overdose. Je me suis remis à vivre des journées de 14h, j’ai ouvert la porte à de multiples sources de stress différentes, il n’a fallu que trois jours pour que mon cerveau se remette à fumer sous l’effet de la pression. Heureusement, j’ai acquis une maturité, un recul qui m’a permis de faire ralentir le cheval de course parisien. Je suis responsable, je suis passé d’un emploi du temps très léger dont les journées commençaient à 14h à un emploi du temps chargé en différents projets, nombreux interlocuteurs donc nombreuses sources d’anxiété. D’un extrême à l’autre, pas étonnant hein!

Cette éprouvante semaine m’amène a travailler un point important si je veux continuer d’avancer. Si tu es un lecteur habitué, tu penseras sûrement : « encore quelque chose à travailler, encore un travail sur soi à effectuer ». Oui, c’est à nous de faire le boulot d’adaptation puisque l’Etat n’a pas encore pris acte de notre hypersensibilité. Bref, je ne divaguerai pas plus loin là dessus, ce n’est pas à propos, lis l’article C’est injuste on doit se revolter qui exprime ce sentiment d’injustice. Donc, ce travail, évoqué plus haut, consiste à programmer un emploi du temps le plus adapté possible avec ma sensibilité. Trouver le rythme idéal. Tendre vers l’équilibre.

Et puis surtout, ne pas oublier les armes que je me suis forgé ces dernières années pour traverser les périodes de troubles à venir. Expression écrite, théâtrale et méditation notamment. Entraîner par le courant systématique, par le sprint de la vie parisienne, ces outils me permettent de retrouver le calme. Soulager la pression, me recentrer. Parce qu’il s’agit de cela en fait : la réalité extérieure et ses contraintes me décentrent. Si je ne fais pas attention, dans cette agitation sans fin, je peux m’oublier rapidement, oublier de prendre soin de moi.

Cette semaine j’ai eu peur. Pour mon retour dans l’effervescence de la vie active, j’ai retrouvé mes petits démons. Tu sais ces pensées en boucle qui anticipent une situation à venir ou qui debrief et ressassent des situations passées. Pourquoi toute cette pression? Je crois que je suis une sorte de perfectionniste, un éternel insatisfait et un grand impatient. Une fois qu’un projet est enclenché, je veux faire tout trop bien, trop vite, tout de suite. Cette semaine, la machine à vapeur a redémarré si fortement que mercredi soir j’étais dans un état de fatigue nerveuse alarmant. Lorsque l’activité se passe aux niveaux des pensées, lorsque mon énergie se transforme en fumée sous la pression, je ne suis plus à l’écoute de mes ressentis. Difficile donc de revenir ici où ce sont justement les ressentis qui s’expriment. C’est avec soulagement que je mets un point à cet article.

W.


Doutes, peurs et châtiments

Doutes… Perte de confiance… C’est comme prendre sa luge et glisser, glisser, glisser… Stop! Qu’est ce qui va pas en fait? Pourquoi ce qui vient, le futur proche,  me paraît comme une montagne à escalader? Pourquoi ai-je perdu confiance en moi? Les petits efforts du quotidien se transforment en lourds fardeaux… La peur, toujours la peur. Et me voilà paralyser un beau dimanche après midi entre mes doutes et ma culpabilisation de rien faire.

Quel est l’idiot qui a dit que c’était une maladie? Si ce que je vis là, maintenant, est une maladie alors la vie est une maladie parce que c’est simplement la confrontation de ce que je suis et ce qu’est le monde extérieur qui engendre cette sensation d’engluement, et cette relation présente qui se renouvelle jusqu’à la mort de mon corps physique n’est elle pas représentative de la vie?

Dire que c’est une maladie est très grave car  cela nous ôte la possibilité, l’espoir ou toutes autres volontés de confronter ce qui vient avec ce que nous sommes. « Confronter » n’est pas le mot juste d’ailleurs, car il n’y a qu’à accepter ce que la vie nous apporte. Facile à dire, d’autant plus que nous ne savons pas de quoi sera fait l’instant prochain.

J’ai peur de ne pas être à la hauteur de ce que je voudrais être (belle phrase anxieuse) au sujet de mon prochain blog sur l’Express. Au passage, je te précise que je garde celui-là. J’ai peur de ne pas arriver à garder la sincérité et le partage, que j’ai miraculeusement produit ici, du fait que ce soit un environnement plus visible, grand public, commercial. De la pression aussi parce qu’avec la visibilité que me propose ce bien connu site d’actu, je sais par intuition qu’il ne me faudra pas longtemps pour atteindre le million de visites. Tout cela trouble une certaine paix intérieure que je commençais enfin à trouver.

Tout pourrait être résumé à la confiance en soi… Ben oui, on s’estime pas assez fort pour affronter un nouvel événement, une émotion, des pensées noires qui s’installent. « Affronter », non! encore une fois c’est le piège dans lequel je tombe encore trop souvent. Il faut « accepter » ces sensations qui nous viennent. Une grande respiration, et hop! Aussi, il faut s’abstenir d’étiqueter des pensées sur des ressentis qui nous viennent. Je sais que ce mal-être qui me trouble aujourd’hui vient du fait que j’ai (mon égo) a interprété une énergie inconnue donc étrange, donc déstabilisante, donc qui fait peur, donc j’ai peur, donc je suis faible, donc je perds confiance, donc je déprime. Alors que je pourrais laisser couler cette sensation étrange et nouvelle (du fait de cet événement nouveau et important) sans l’a penser nocive pour autant. C’est seulement la Vie sous une autre couleur. Je dois accepter. D’autant plus que c’est ce que j’ai voulu!

Autrement, cette opportunité d’être lu par un plus grand nombre est le franchissement d’une étape dans ma vie d’auteur (si elle existe) dans laquelle je mets beaucoup d’importance. Et monter une marche ne se fait pas sans perte d’équilibre. Le bébé de 18 mois est fort déstabilisé dans cet exercice mais plus il pratiquera plus le moment de déséquilibre entre ses deux pas se réduira. C’est une image, je pense qu’en réalité il ne s’agit pas d’une question d’âge mais de connaissance de soi. Ça tombe bien, pour guérir de ces pertes de confiance, il s’agit de se connaître soi-même.

Je te rappelle que c’est mon activité à plein temps depuis 2 ans d’apprendre à me connaître de l’intérieur. Quelque chose est sûre : dés que je prends conscience d’un de mes mécanismes jusqu’alors inconscient, je guéris. Je n’ai pas fini de guérir. Mon but de ma vie est peut-être de guérir. Il n’y a jamais eu un moment dans ma vie, ante ou post-diagnostique, où je me suis senti moins heureux que par le passé. Je pense toujours être plus heureux que jamais. Tout est relatif, hein! Tu me demanderas peut être de ce qu’il en est lors de mes dépressions : je ne sais plus, peut être que dans mes périodes basses je ne me demande pas si j’ai été plus heureux avant, pas la force de faire des comparaisons… Bref ! Si tu ne te perds pas dans cet article, je ne sais pas ce qu’il te faut! Je peux pas publier des articles comme ça dans l’Express.fr… Rha! ça recommence. En plus j’ai reçu beaucoup d’encouragements et je vais encore en recevoir mais que te dire, il y a des racines de peurs très ancrées en moi. J’ai beau comprendre, prendre conscience de certaines d’entre elles, je suis encore loin du tronc qui régit mes pensées noires. « Il suffit de mettre la lumière de sa conscience dessus et nos peurs disparaissent » écrit à peu près Eckhart Tolle. Mais bon tout ça, sans moment de méditation, d’observation de soi, de ses pensées, je ne pense pas que ce soit possible. En tout cas les thymo-régulateurs ne suffisent pas!!

Voilà il y a avait aussi le fait que j’ai du mal à apprendre mes textes de théâtre et que j’ai perdu un peu au poker qui grignotent un peu mon estime personnelle mais je t’ai suffisamment parlé de mes problèmes pour un dimanche.

Je te souhaite une très bonne semaine et une confiance en toi de malade! Enfin pas trop quand même 😉

A bientôt,

W.