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Impression Dépression Diversion

Je voudrais écrire « dépression » simplement mais ce que je vis n’a rien d’une maladie ou alors ce serait la condition humaine qui est une maladie? Je ne suis pas d’humeur à jouer sur les mots mais les mots sont importants car les mots qu’on pense conditionne notre état. « La tristesse est la résistance à quelque chose de nouveau » écrit R.M Rilke. Ce n’est pas ce que je vis qui est noir mais c’est ma manière d’accueillir ce nouveau qui me pèse. C’est ma façon de percevoir la vie qui n’est pas adaptée à ces nouveaux jours.

Voilà comment on peut vivre difficilement l’amour de quelqu’un, et harmonieusement la perte d’un être cher. C’est une question de perception. Alors je pourrais remettre tout en question, douter là où avant je me réjouissais. Ce n’est pas la vie qui a des couleurs définis : ça c’est rouge, ça c’est bleu, ça c’est noir… Une chose peut être vécue d’une infinité de manières différentes. Tout dépend du regard que l’on a au moment où l’on vit cette chose, tout est relatif à notre perception, à notre humeur du moment, à notre énergie. Voilà pourquoi je fouille au fond de mon être, pour trouver la paix. En moi. Car tout dépend de moi. C’est là que ça se passe. C’est de là que j’apprécie ou non l’extérieur. C’est de là que je crée.

Alors chercher la paix ou la créer. Existe-t-elle en moi ou dois-je l’inventer? Comme j’ai inventé mon monde ici. Créer la paix. Ou alors la recréer, ça fais déjà moins prétentieux. J’y avais jamais pensé, comme tout le reste d’ailleurs, je voulais parler de mon état en  » dépression  » au départ, mais je me laisse aller au jeu du clavier libre, et je me fous, désolé, de si tu vas comprendre ou pas. Je viens ici m’exprimer et non communiquer.

Comment on fait pour créer la paix? On se fout la paix? Pas loin, je dirai qu’on est en paix lorsqu’on parvient à vivre hors de soi. Hors de moi. Quoi qu’il m’arrive, rien ne s’accroche, tout glisse, me transperce. De l’air à la place de l’ego, et la vie qui continue est vent, et moi comme l’arbuste, j’accueille sans bouger.

Tout ça pour dire que pour se relever vite d’une dépression, il ne faut pas mettre des mots, il ne faut pas penser. Accueillir ce repos forcé sans le juger. Car le mental est en retard, le système d’exploitation est dépassé, il ne peut pas interpréter justement le présent. Le corps a besoin de ce repos pour se mettre à jour. Il n’y a rien à penser. Le mental doit être hors-je, le temps que l’énergie revienne. Diversion

C’est de cet état que j’écris. Car, étant dans le vif du sujet, je veux prouver de mon expérience que l’espoir est possible là où les pensées malades veulent nous dire l’inverse, que tout est noir, etc. Mais voilà le problème au fond, c’est qu’automatiquement on s’identifie à nos pensées, alors si nos pensées sont malades on dit qu’on est malade. Hé non non non! On peut choisir nos pensées, on peut même créer nos pensées, créer des pensées paisibles, c’est peut être un bon début pour se créer la paix.

Patience et Espoir

W


La souffrance mentale a encore tué

« Personnellement je me suis détaché de la connerie générale et je me moque éperdument d’adhérer ou non au modèle social ».

tiré d’un des nombreux commentaires que Pierrôt à écrit sur mon blog.

C’est la première personne avec qui j’ai été en contact qui se suicide.
La souffrance mentale a tué une nouvelle fois. Je ne peux m’empêcher de penser à notre société qui a une part de responsabilité dans toutes ces disparitions de personnes ayant eu un diagnostique psy.
Bref, je ravale ma colère, je vous retranscrit ci-dessous une compilation des nombreux commentaires que Pierrôt a publié sur mon blog. Mon modeste geste en sa mémoire. Que son âme repose en paix.

W

Introduction de son ex-femme

Pierrot a mis fin à ses jours le 29/12/2016 avec son fusil de chasse… les dernières vidéos qu’il avait regardée sur youtube et derniers articles consultés sur le web concernaient la procédure qu’il a suivie avec son fusil de chasse chargé d’une cartouche pour sanglier…

La police a osé me dire qu’il n’avait pas souffert…

La souffrance psychique est invisible c’est vrai…

Sa compagne qui était en déplacement n’arrivant pas à le joindre, a appelé la Police qui s’est rendue chez lui et l’a trouvé mort dans son jardin…

Il avait été hospitalisé d’office en Juillet, sorti fin septembre, il y retournait pour
injection d’abilify jusque début décembre.

Nous n’avons trouvé aucun écrit expliquant son geste… Souffrance
intolérablement invisible semble-t-il.

Les obsèques ont eu lieu le 13 janvier, il est enterré dans le caveau
familial avec ses parents et grands parents paternels. Il était le 4e fils de ce mariage d’amour entre une ukrainienne et un français, qui s’étaient rencontrés sur un camp de travail pendant la guerre.

La dernière fois que j’ai essayé de communiquer avec lui c’était la veille de la fête des pères en juin 2016, mais ce fut un échec supplémentaire pour moi de communication avec le père de ma fille, et ex mari, le seul mari et homme avec qui j’ai vécu près
de 11 années.

J’ai encore beaucoup de colère contre le corps médical, de tristesse de n’avoir pas écouté mon intuition et de retenter une communication avec lui depuis octobre…

Je peux lui parler maintenant en regardant les étoiles ou en allant au
cimetière… je n’ai plus peur de sa réaction… mais j’ai tant de peine.

Sirène.

Compil’ de commentaires de Pierrôt sur mon blog entre le 05/11/2014 et le 21/07/2015 :

inspire-blog-bipolaire-vivre-avec-hypersensible-association-souffrance-mentale-psy-suicide

« Je pense que W parle de la solitude d’un bipolaire dont les aspirations sont hors du commun, d’où le désire de croiser des routes animées des mêmes aspirations.

Je voudrais simplement souligner que le terme bipolaire a été mis en place pour permettre une approche globale des troubles de l’humeur, notamment par l’octroi de fonds aux laboratoires de recherche, il ne s’agit donc pas qu’un confort syntaxique ou de « mode ».
Je pense que la terminologie des mots »du psychiatre » relève d’étude spécifiques et se limite au champs d’action concerné. Ainsi, dire que la psychose est présente ou non
dans la bipolarité relève de professionnel. En l’occurrence si la symptomatologie de la psychose est présente, au plan clinique, le bipolaire n’est pas psychotique. Pour l’aspect de l’intégration la référence sociale reste le travail, ainsi on peut vivre correctement sa bipolarité sans pour autant travailler, mais dans
une intégration limitée. Ce qui est curieux c’est que l’on s’aperçoit que l’intégration sociale est un facteur de « réalisation » c’est à dire qu’il permet au bipolaire, à la fois de s’identifier personnellement et de relativiser une approche trop égocentrique de sa maladie, dont il fait sa seule raison d’exister.

Il n’y pas de gène à être handicapé, c’est seulement une posture d’acceptation de la différence . Vois tu la normalité prône l’homogénéité, ce qui est un leurre, le handicap n’est qu’une réalité différente.

Il ne faut pas entrer dans la posture de l’oiseau blessé qui nourrit une forme de mégalomanie, mais rester serein: la bipolarité revêt des formes d’expressions variées parfois extravagante mais reste une maladie, elle n’a rien à voir avec une forme quelconque de génie.
Que certaines intelligences en soient atteintes, c’est vrai. La réciproques pas forcément.
Je connais beaucoup de bipolaires qui s’en sortent et croyez moi l’aspect mystique de leur anciennes crises les laissent totalement indifférents.

Se restreindre à une approche chimique est curatif mais n’engage que difficilement un processus de guérison qui, à mon avis passe par la reconstruction de soi, au travers de notre réalité, c’est à dire de la relation sociale et avec soi-même. L’amour est
effectivement un élément central. On le trouve dans le couple, la paternité, la
maternité. Le désamour dans les violences, les abus, la toxicomanie. La recherche « d’amour enfui » dans la manie, l’exacerbation, la compulsion, le déficit affectif
dans la dépression, la mélancolie la dés-estime de soi. C’est donc une maladie psychosociale. Il est notable que nos choix de société ont une incidence sur son émergence, le consumérisme notamment et l’isolement des individus pris dans une course matérialiste, valorisant la compétition. La sollicitation quasi perpétuelle de
nos sens, de nos affects.

J’ai vécu l’autre coté puisque ma conjointe n’était pas bipolaire.
Cette maladie est traître parce qu’on ne la sent pas arriver, elle s’installe au gré des tensions, boulots etc…Ma conjointe n’était pas stable mais savait récupérer rapidement sa stabilité, la différence qui marque la maladie est que l’instabilité bipolaire peut évoluer vers une instabilité plus grande. Cela pourrit la vie de tout le monde, avec une incompréhension qui va croissante dans le couple. Jusqu’au clash, situation particulièrement critique pour un bipolaire qui va perdre tous ses repères dans l’aventure.

Il y a beaucoup d’envie dans le regard d’un bipolaire pour atteindre une stabilité mais en même temps cette instabilité est riche si elle n’est pas colorée de souffrance.

Si l’on se contente de stabiliser par médicament la situation n’évoluera pas beaucoup. Il y a un coté castrateur et aplanissant qui est peu tolérable et très mal toléré. Abrutissement, prise de poids, autant de facteurs dé-socialisants et qui brisent l’estime de soi donc le rapport à l’autre.

J’avance donc que la solution est ailleurs, médicamenteuse mais pas uniquement,
avec une réelle intention à la fois de comprendre les mécanismes , particulièrement les déclencheurs.

C’est pourquoi je suis si « chatouilleux  » lorsque l’on présente la bipolarité comme une réalité qui est figée. Mais peut être est ce effectivement de l’optimisme injustifié.

Je suis contre la violence parce que je ne suis pas un animal mais un être raisonnant.
Je pense que la bipolarité sous des formes multiple et les maladies psychiques
(versus mentales) sont des indicateurs de la santé morale d’une société.

Je crois en l’esprit créatif (ou esprit saint, à noter, dans l’Eglise, lui-même créateur) en cela il y a rapprochement  de Dieu, lui même Amour. L’Amour, ou condition de l’âme, aussi appelé Spiri d’où la spiritualité est une dimension capable d’agir sur la matière, laquelle est inerte, stable.

La bipolarité est une forme de spiritualité, son inconvénient est qu’elle est
détachée du plan matériel. Le spirituel, si on le dissocie du matériel ressemble à un oiseux, ou à une taupe.
Soit il s’envole, soit il s’enfonce
Je pense que l’avenir montrera que pour certains esprit il est nécessaire que leur environnement soit amical. Or nous vivons une ère de haine et d’individualisme.
En conséquence, apparaît la bipolarité qui exprime une incapacité à admettre des schémas sociaux agressifs et ultra-matérialistes.

Peut être faudrait-il laisser la société où elle est.
Personnellement je me suis détaché de la connerie générale et je me
moque éperdument d’adhérer ou non au modèle social. J’aime les gens,
la communication mais je ne vois pas pourquoi je devrais supporter la connerie locale.
Je ne suis pas un enseignant, je n’entends convaincre personne, ce mal être que l’on nomme bipolarité est parfois une simple réaction à la bêtise des groupes d’individus qui se disent être la normalité; en effet la normalité n’existe pas, c’est un leurre.
Seule la douleur est signe de mal-être.

Chaque être possède ses différences, moins il y en a et plus il est con.
Le summum est l’imbécile heureux tels les gros vautrés devant leur écran, une bière à la main.

That’s all, vive l’anormalité, vive l’individu, entier et différent, voilà la vrai richesse, le reste n’est qu’illusions et modèle social pour mieux faire consommer. »

Pierrôt


Reculer pour ne pas sauter?

Depuis peu, le soir, une énergie étrange m’habite. Des pensées parasites s’agrippent dessus et le résultat est une sorte d’envie suicidaire. Je n’ai pas la moindre du monde volonté de me tuer mais la pensée de me jeter de mon septième étage m’habite. Qu’est ce que c’est que ce bordel? C’est un peu désagréable. Je ne comprends pas d’où vient cette angoisse. Peut-être que les grands changements dernièrement (ah oui! en plus de l’Express, c’est maintenant M6 qui s’intéresse à mon cas…) provoque une sorte de funérailles d’une partie de moi. Un passé à enterrer pour un futur tout propre. Je ne sais pas en tout cas c’est pas cool. En d’autres termes c’est mon esprit troublé qui accueille d’une mauvaise manière ce que la vie m’adresse.

Bref, je suis en ce moment même en plein combat avec ce démon passager (soyons optimiste). Comme moyen de défense j’ai fermé ma fenêtre, je respire (j’ai tendance à l’oublier sur ces moments) et comme armes de combats : la symphonie 6 de Beethoven et l’expression! grâce à ce blog. Sans oublier le petit valium si ça se calme pas. J’ai aussi demandé une amie maîtrisant le reiki de m’envoyer quelques bonnes ondes. L’important est ne pas rester seul avec ça. Bon, ne t’inquiète pas, je t’écris cela surtout pour partager en direct cette expérience intéressante.

Je pense aussi à rentrer dormir chez mes parents en banlieue demain, c’est peut être préférable. Mais ça m’ennuie car ce serait perdre le combat quelque part. M’enfin, reculer pour ne pas sauter, c’est pas mal aussi. Le soucis aussi c’est de dire ça à mes parents sans les inquiéter. Voilà, cela faisait longtemps que je ne t’avais pas ouvert mon esprit. C’est un peu le bazar, hein?

Sinon, voilà l’adresse de mon blog qui vient d’être mis en ligne sur l’Express : http://blogs.lexpress.fr/bipolaire/. Je sais c’est pas très pratique pour toi fidèle lecteur de me suivre sur deux blogs différents, c’est même une sorte d’affront mais comprend moi : je ne voulais pas rater cette opportunité en or et d’un autre côté surtout pas fermé ce blog là auquel je me suis attaché. Cette situation reste provisoire. L’idée pour l’instant est d’écrire un article par semaine sur l’Express et les autres ici. Petite nouveauté, les articles sur l’Express seront traduits en anglais grâce à une lectrice de ce blog qui a la gentillesse et générosité de prêter ces compétences en traduction au service de mes écrits. Mille merci à toi. Le monde est à nous!! haha!!

Deuxième sinon, une journaliste missionnée par l’émission Zone Interdite va me suivre dans mes activités pour proposer à M6 un petit reportage sur la bipolarité. Le but étant de montrer que l’on peut s’en sortir. Une bonne étape vers la destigmatisation!

Voilà, voilà!

Je te souhaite une meilleure semaine.

Patience et espoir 🙂

A bientôt,

W.


Comment les pensées parasitent les émotions / How parasitic thoughts interfere with emotions

Il y a quelque chose qui me trotte dans la tête depuis quelques jours. Comment les pensées viennent-elles parasiter mes émotions?

Quand j’écris « émotions » j’imagine des énergies de couleurs différentes qui me traversent. On les appelle communément : la joie, la tristesse, la colère, etc. Mais je crois que mettre une étiquette à ces énergies est déjà y associer des mots et donc très rapidement des pensées et ainsi engendrer une récupération de ces flux par notre égo ; et ainsi l’alimentation de nos troubles. L’idéal serait alors de ressentir sans penser. C’est un des objectifs de la méditation d’ailleurs.

Cette théorie farfelue est très réelle et concrète dans ma vie en. Je me rends de plus en plus compte que les pensées qui se greffent sur mes émotions représentent le processeur central de mes troubles. En attendant évidemment une autre origine plus profonde, inconsciente que je n’ai pas encore découvert.                                                                                                                                                                                                                                                 C’est donc mon égo qui interprète cette vie (les émotions) qui me traverse plus ou moins intensément en continue. Pour moi, « l’égo » n’est autre que ce qui définit ma personne. Il est le résultat de mon éducation et plus largement de toutes les influences que j’ai reçu, essentiellement par toutes les rencontres que j’ai pu faire. J’aime l’image d’un écran transparent sur lequel de multiples formes et couleurs se sont projetés. Avec le temps, elles se sont accumulées, transformées.

Aujourd’hui ma personnalité est donc représentée par une oeuvre multiforme, multicolore fixée sur cet écran qui était à l’origine sans forme, sans couleur, bref il n’était personne. Voilà pourquoi le mot « personne » me passionne. Dans le bouddhisme, cet écran pur et transparent sous-jacent est la réalité ultime. Tout ce qui se greffe dessus – dû à l’expérience de mes cinq sens avec le monde extérieur- est la réalité relative. Chacun a eu une vie différente donc chacun a un égo différent et ainsi chacun interprète de façon différente l’énergie vitale qui nous traverse. Chacun y met des pensées différentes sur ces émotions et chacun y réagit à sa manière. Bien que nous sommes dirigés communément par des codes d’interprétations établis depuis des siècles : la jalousie, l’angoisse, la tristesse, l’euphorie, etc.

On est d’accord sur ces ressentis seulement parce que l’on vit dans une société qui nous rassemble et qui nous fait vivre plus ou moins les mêmes choses. C’est parce que il y a des choses dans notre environnement qui nourrissent la colère et qui font écho à des éléments de notre égo, que nous éprouvons parfois de la colère. Bref, je m’écarte un peu là.

Soyons plus concret! La bipolarité… Qu’est ce qui provoque la crise maniaque? Hé bien, j’ai pris conscience que ce sont les pensées que j’ai associé à une énergie forte qui m’ont enflammé (c’est le cas de le dire). Face à cette expérience intense de vie, mon égo qui découle largement d’une éducation chrétienne dans une société individualiste compétitive, des pensées prétentieuses et de domination me sont venues spontanément. « Je suis très fort, plus fort que les autres, je suis au dessus des autres, j’ai quelque chose à leur apporter… je suis l’élu…je suis Jésus… je suis Dieu » voilà en gros comment j’interprétais cette forte énergie. Cette forte lumière qui m’a illuminé a éclairé fortement les maux de notre civilisation fixés entre autres vertus (quand même!) sur  l’écran transparent, ma personne. Cela a donné beaucoup de puissance à mes aspirations de réussite professionnelles, sociales et surtout de reconnaissance populaire, plus ou moins inconscientes. J’appelle ça des barrages inconscients qui, confrontés à une forte énergie, créent des troubles, voire des tempêtes.

Etant donné que je suis convaincu par ce raisonnement, c’est pour cela que j’essaie par tous les moyens possibles de prendre conscience de mes propres barrages, de les comprendre afin que lorsque le vent se lève, il puisse souffler en moi naturellement sans rien emporter sur le passage. Aujourd’hui lorsqu’une énergie similaire à celle de mes crises maniaques se fait ressentir, je respire et je tente de mon mieux de ne pas lui assimiler des pensées de toute puissance, de supériorité. Je pense que c’est ainsi que je me rapproche vers une paix intérieure.

Qu’est ce qui provoque la dépression? C’est une énergie de même nature qui va rencontrer des événements que l’on pense triste : la perte d’un proche, une séparation amoureuse, un problème professionnel… Ben oui, au fond, pourquoi ce serait triste tout cela? Encore une fois ce sont des choses ancrées profondément dans notre égo qui le définissent. L’énergie de vie va donc prendre la couleur que l’on donne à ces événements et nous refroidir. Ensuite nous allons assimilés à cette sensation froide des pensées encore plus froides. Et alors, on glisse, on glisse. On se referme, nos barrages inconscients empêchent le courant de passer. L’eau monte jusqu’à, parfois, l’explosion du barrage : le drame. Laisses couler! Facile à dire. Mais je te jure, quand je prends conscience d’un de mes barrages, quelle soulagement, la vie circule! Même si à la découverte d’un barrage, deux autres se dessinent à l’horizon… Quelle aventure!

Mes envies suicidaires. Parfois et récemment d’ailleurs… J’habite au septième étage d’un immeuble parisien avec une fenêtre sur cour… L’autre nuit, j’étais allongé avec ma fenêtre ouverte en ligne de mire. J’ai senti le courant de vie s’intensifier et vu la situation, l’égo du moment, tout de suite des pensées suicidaires sont venues. Pourquoi? Je ne sais pas. Le barrage qui provoque ce trouble est encore très inconscient. Voilà, il y avait quelque chose qui me poussait à sauter. Quelqu’un de très instable sur le moment l’aurait même peut être interprété comme si c’était une voix diabolique. Non c’est juste la vie qui a pris une couleur noire à ce moment. Malgré ces pensées et du coup ce ressenti désagréable, j’ai respiré, attendu et c’est passé. Je te rassure maman si tu lis cet article (aucune chance hein! voilà une raison de l’anonymat), même s’il y avait des mauvaises pensées, mon corps n’était pas du tout d’accord de s’envoler et s’écraser dans une cour du 16e. « Il croyait vraiment savoir voler » aurait été inscrit sur ma tombe. Non, j’ai quelque chose encore plus inconscient que ce barrage et qui est bien plus fort ; une graine à l’origine de ma personne, à l’origine de personne : l’amour.

Comme quoi ça peut sauver une vie de croire en l’amour.

A bientôt, Si tu es arrivé jusqu’ici, bravo, je crois que c’est un de mes articles le plus long sur les 230 publiés (hé oui!)

W.

Et voilà ce que ça donne en anglais ! Merci à Dame5Sterne pour l’excellente traduction.

HOW PARASITIC THOUGHTS INTERFERE WITH EMOTIONS

There is something that has been creeping into my mind for a few days. How do parasitic thoughts interfere with emotions? As I write « emotion » , I can imagine energies of different colours flowing through me. They are commonly called: happiness, sadness, anger, etc. But I think that if we start putting labels on these emotions, then this means that we already associate them with words and therefore thoughts so that our ego can regain these energy flows in order to fuel our inner disorder. The ideal would be to be able to feel without thinking, in fact. This is one of the objectives of meditation by the way.

This silly theory plays a real and concrete role in my life. I am becoming increasingly aware that the thoughts coming to graft themselves on my emotions are in fact the main generator of my inner disorder. Of course, I am still waiting to find a more meaningful origin, that I don’t know yet, that I still haven’t discovered. So this is my ego which interprets this life ( I mean these emotions) that flows continuously through my veins to a greater or a lesser degree. For me, the « ego » is the one thing that identifies who I am. It is the result of the education that I have received and in a broader sense, of everything that has influenced me especially through every personal encounter that I had. I like to imagine it as being various colours and forms projected on a transparent screen. They have accumulated and have changed over time. This is why my personality has now taken the shape of an overall work of art full of coulours that stick to the screen which was formerly shapeless, colourless,in short: it was nobody.This is the reason why I am fascinated by the word « nobody ». In Buddhism, this underlying pure and transparent screen represents the ultimate reality. Everything that comes and sticks to the screen – resulting from my experience of the world through my five senses- represents the inner reality.

Every one of us leads a different life and thus has a different ego and so every one of us attributes a different meaning to the energy that goes through his body. Every one of us associates different thoughts to his emotions and every one of us reacts in his own way.All this despite the fact that we have been influenced by common codes for centuries: jealousy, fear, sadness, euphoria, etc. We all give the same definitions to these feelings but only because we live in a society that brings us together and in which we can all experience the same things, more or less. The reason why we sometimes feel angry is that there are things in our living environment which feed anger and echo elements of our ego. However, I digress.

But let’s be concrete! Bipolarity.. What causes a manic phase? Well, I’ve understood that it’s the thoughts that I had associated to a strong energy that set my mind on fire (believe me, I put it mildly!) As I had to go through this intense life experience, with my ego that is largely based on a Christian education and that I had developed within an individualist and competitive society, I naturally began to have pretentious domination thoughts.  » I am so strong, stronger than anybody else, I am above everyone else, I have something to teach them… I am God’s chosen representative.. I am Jesus.. I am God ». So basically, this was the meaning I gave to this strong energy. This bright radiance that illuminated my mind has shed light on all the ills of our civilisation that started to take shape, among a few qualities (still..) on the transparent screen that would be me. This gave a great boost to my professional and social success aspirations, but above all to my need for recognition of which I was more or less aware. I call them unconscious barriers; when subjected to an intense energy, they generate disorders and even storms.

As I am convinced this kind of reasoning is to some extent true, I try to use all available means to become aware of my own barriers and to understand them so that when the wind starts to blow, then I can let it blow my mind naturally without fear that it may carry anything away.

Today, when I start feeling this energy again that I felt during manic phases, I simply take a deep breath and try my best not to interpret it as if it were an overwhelming power or a sign of superiority. I think this is the only way for me to come closer to a state of inner peace.

What causes depression? It’s an energy of the same nature which collide with what we consider to be sad events: the loss of a close relative, the break-up of a loving relationship, a professional problem..Well yeah, why should all this be sad? Once again, it’s the things that are deeply ingrained in our ego that define it. The life energy will also take the colour that we give to these events and make our blood run cold. Then, we’ll associate this cold sensation with even colder thoughts. And then, the balance is lost.. We tend to lock ourselves up, our unconscious barriers block the vital energy flows. The pressure grows so high that it sometimes tears down the barriers: tragedy! Let it flow! That’s easy to say! But I swear that when I become aware of my own barriers I feel so relieved, I can feel life flowing! Even if two other barriers come up on the horizon when I’ve just torn down the first one. What an adventure!

My suicidal thoughts.. It happens sometimes; and it also happened recently… I live in a flat overlooking a courtyard, on the 7th floor of a parisian building.. The other night I was lying on my bed; the opened window was right in my line of sight. I could feel the flow of life increasing. Given the situation and the then current state of the ego in me, thoughts of suicide immediately occurred. Why? I have no idea. I am still unaware of the barrier that causes this disorder. That’s it, something impelled me to jump. At this point, somebody who would have found himself in an unstable state of mind would even have described it as a devilish voice. But it wasn’t. Life had simply turned black at this moment. In spite of these thoughts, and hence of this unpleasant feeling, I was able to take a deep breath, I waited for a while and it disappeared. Mum, if you read this article ( no chance! This is the principle of anonymity!) there is one thing I want you to know: even though I had negative thoughts my body didn’t agree with flying away and falling back down in a courtyard of the 16th Paris district. I would have had the words « he really thought he could fly » written on my tombstone. But I do have something that’s even more unconscious than this barrier, something that’s even more powerful; a kind of seed that lies at the origin of my existence, at the origin of nobody’s existence: love.

It’s the proof that believing in love can save lives.

Take care

If you have read this far, then great! I think this is the longest article among the 230 (in french, sorry!) I have already posted here! (Yup!)

W.