Archives de Tag: super pouvoirs

La bipolarité n’est pas une maladie 1.2- X-Men

J’ai toujours cru que derrière la science fiction se cachait une part de vérité actuelle. Même si je n’ai jamais su l’expliquer rationnellement, je n’ai jamais pu m’empêcher de ressentir que le monde rationnel n’était juste qu’une dimension de la réalité. Comment expliquer quelque chose d’irrationnel? On apprend dés le collège à raisonner à partir d’observations pour ensuite constater et interpréter. Une démarche scientifique qui régit notre manière de penser et voir le monde. Il ne s’agit donc pas de convaincre l’autre de ses étranges convictions mais d’y croire simplement. Il n’y a pas de fumée sans feu… si monsieur Marvel raconte des histoires où des personnages ont des supers pouvoirs c’est qu’il a bien été inspiré par une certaine réalité. On invente rien à partir de rien, en tout cas c’est ce que j’ai toujours cru.

Comme je l’ai fait à partir du film Hysteria (lire l’article à ce sujet dont je suis très fier La bipolarité n’est pas une maladie 1.1) je vais m’inspirer des films X-men pour te dévoiler encore une de mes théories abracadabrantes.

Les X-men sont des mutants. Leur pouvoir, différent selon la personne, n’est pas simplement un don du ciel pour faire le bien. J’aime la réplique de Wolverine qui va dans ce sens :  « It’s not a gift because I can’t give it back » C’est pas un don parce que je ne peux pas le rendre. C’est une spécificité de leur personnalité qui se développe pendant l’enfance et évolue jusqu’à devenir un réel pouvoir s’il est bien contrôlé. Hé oui, avant de pouvoir jouer avec le feu ou rentrer dans l’esprit de n’importe qui, l’histoire nous raconte que cela reste un fardeau jusqu’au jour où le mutant est accueilli dans l’école du professeur pour se faire aider à comprendre sa bizarrerie et l’utiliser pour le bien. « Fardeau » car les mutants sont une minorité qui souffrent de leur différence et ont bien du mal à s’intégrer dans la société américaine présentée dans le film. La fille qui ne peut pas toucher la peau d’un autre sans le tuer en est un parfait exemple. Quand vient le moment d’embrasser son amoureux, elle ne peut résister à prendre le traitement anti-mutant pour guérir de sa maladie.

Tu l’as senti venir, en regardant les X-men, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec la bipolarité. Les bipolaires étant les mutants. On retrouve chez les personnages aux gènes mutés des lieux communs : la solitude, la marginalisation,la différence, l’exclusion et  l’hyper sensibilité qui engendre la haine envers les autres pour certains. Avec l’entre-aide, illustré dans l’école pour surdoués, l’apprentissage de sa spécificité, la connaissance de soi et l’appartenance à un groupe soudé, l’étrangeté initiale évolue en une force  contrôlable. Les mutants sont divisés en deux clans : il y a ceux qui rejettent totalement la société et qui veulent éliminer tous les normaux avec le prétexte que ces derniers les persécutent et ont pour projet de les guérir, et il y a ceux « les gentils » qui œuvrent pour un monde d’amour où les mutants et normaux pourraient vivre en harmonie. Les mutants qui sont parvenus à s’épanouir malgré leur handicap-pouvoir entrent dans le cercle vertueux des X-men. Chez nous, il y a les bipolaires qui subissent leur trouble et ceux qui parviennent à s’épanouir malgré leur trouble-originalité.

On retrouve dans ces films la notion de doute et de perdition. Cette anomalie qui se développe depuis leur ADN les trouble profondément. C’est le professeur et son équipe de mutants expérimentés qui vont réconfortés ces petits mutants égarés. Ils vont les aider à accepter cette partie de eux mêmes qui leur fait peur et tout ça sans lithium! Cet aspect là me passionne. Je me suis mis naturellement à leur place. Moi aussi j’ai quelque chose en moi qui me trouble et qui a explosé plusieurs fois. J’ai peur de cette partie de moi même qui m’a fait commettre des actes terribles. Même si je suis plutôt avancé dans la connaissance de ma bipolarité, j’ai toujours peur de ce petit diable enfermé et contenu à coup de lithium, lamictal et xeroquel. Les psychiatres aujourd’hui sont pas au même stade que le Professeur chez les X-men, ils n’ont pas encore compris notre trouble puisqu’ils n’ont pas d’autres choix que la camisole chimique. Finalement, il n’y a pas que moi qui ai peur mais toute la société puisqu’elle n’a pas encore trouvé de moyens humains pour nous protéger.

Néanmoins, j’ai espoir. Je suis convaincu qu’un jour on saura apprivoiser notre bizarrerie et qu’on pourra en tirer la force qu’elle contient. Pas le pouvoir de lire dans les esprits, pas le pouvoir de se téléporter ou de maîtriser l’orage mais une force d’Amour simplement. Une force dont l’Humanité manque cruellement.

A bientôt,

W.

 


Maniac Story-ep14 – Je vaux un million

Je partis seul sur Paris avec l’argent de mes futurs associés. Comme tout grand chef d’entreprise, le transport en commun n’était pas à la hauteur de ma valeur. Je voyageai en taxi aux frais de Stars in Arts. J’avais rendez-vous avec celui qui devait me louer une salle pour le lancement de l’entreprise. Il me fit visiter le lieu en question. Un grand amphithéâtre de deux cents places. Je lui payai la moitié de la location et l’affaire était conclu. J’avais donc l’endroit. C’était pas loin de la place d’Italie (Paris 13e). Bien sûr, je n’étais pas entièrement satisfait. Je décidai qu’il me fallait un bar adapté après le meeting pour célébrer le nouvel ère qui viendrait grâce à Stars in Arts. Le Fouquet’s, pas de doute la dessus, il me fallait le Fouquet’s.

Un taxi m’amena au célèbre restaurant. Je demandai, avec toute l’assurance d’un jeune entrepreneur ambitieux, à voir le responsable des privatisations. La personne me reçu dans un bureau au dessus du restaurant. C’était une jeune femme, belle, class’, qui ne mérite pas pour autant une description Flaubertienne. Elle m’informa sur les tarifs. Je voulais les cocktails à volonté, le champagne, les amuse-gueules, tout. Heureux hasard, le jour prévu était un dimanche et une salle du Fouquet’s était libre. Je précise que ma journée de lancement était prévu la semaine d’après. C’était de la dernière minute. En discutant avec la gérante, je compris rapidement que le Fouquet’s n’aurait pas d’autres opportunités d’ici là pour louer leur salle de réception. C’est grâce à cet argument, allié à mon charme, ma persuasion et mon éloquence que je parvins à négocier l’affaire pour la moitié de son prix initial. Je devais avancer une part afin de réserver, cinq cents euros. Je ne les avais pas. Je conclus l’entretien en prévenant la jeune femme que je reviendrai rapidement avec la somme dite.

Je devais trouver de l’argent. Je n’étais pas inquiet. La perspective de mon meeting dans un amphi suivi d’une réception au Fouquet’s m’avait au contraire boosté. Je me voyais déjà tout puissant, populaire et riche.

Je marchais à Paris à la recherche d’un filon rapide pour rassembler une grosse somme d’argent. Je remarquai que les passants me regardaient attentivement avant de me croiser. Logiquement une société secrète avait eu lieu de mon grand projet et me surveillait. Je savais que mon entreprise allait faire de l’ombre à certain. J’étais même surement actuellement sur écoute. Je pris mon téléphone à l’oreille et fis semblant d’avoir une conversation. J’avais raison, des individus m’observaient et rapportaient mon comportement par téléphone. C’est pourquoi j’eus. « Il me faut un million d’euros maintenant sinon.. », je répétai ces mots dans le but que ceux qui m’espionnaient fasse remonter l’information. J’étais une personne très importante pour l’humanité, il ne pouvait que céder à mes caprices. Il redoutait ma puissance, il ne résisterait pas à mon chantage.

A suivre.

Épisodes précédents :

Maniac Story-ep13 : Stars in Arts

Maniac Story-ep12 : Amourettes

Maniac Story-ep11 : Season 2

Saison précédente : Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

A bientôt,

W.


Maniac Story-ep11 : Season 2

Maniac Story Season 2

Après le récit de ma première crise, raconté sur ce blog dans les dix premiers épisodes, j’enchaîne sur celle de 2009 tout aussi surprenante même si différente de la première. L’épisode 11 que voici est donc le début de la saison 2 de Maniac Story si je puis dire.

Introduction

Tu as du t’en douter, après l’accès maniaque de l’été 2008, j’ai atterri en hôpital psychiatrique. Puis j’ai sombré dans une dépression qui a duré de septembre 2008 à avril 2009, je m’en suis sorti grâce à une hospitalisation à partir de février 2009 dans un autre hôpital. J’écrirai sur ces différents séjours plus tard. Bref, j’ai remonté la pente petit à petit grâce à une batterie d’antidépresseurs comprenant notamment le puissant Anafranil. J’arrive donc à l »été 2009  et c’est là que reprend le récit de mes folies.

J’étais en Bretagne sur la sublime côte de granit rose. Vacances traditionnelles en famille dans une maison louée à cet effet. Cette année j’avais invité un ami (N.) a passé une semaine avec moi dans cet endroit magnifique. Le spectre de la dépression avait disparu, j’allais bien. Je continuais tout de même à prendre mon traitement riche en antidépresseurs. Je dois te préciser qu’à cette date, personne ne se doutait qu’une rechute dans la manie était plus que possible. Pour moi, la crise maniaque de 2008, n’était qu’une grande bouffée délirante isolée qui dans n’aucun cas était la première crise qui en appellerait tant d’autres. Tout ça pour dire que je ne faisais pas attention à mon hygiène de vie, au contraire, je profitais pleinement des plaisirs offerts à la jeunesse (filles, alcool, cannabis). Ma famille et N. n’étaient pas non plus inquiet pour moi.

Voilà le contexte : Anafranil, vacances idéales, compagnon d’aventures, filles, alcool, cannabis et toute confiance… Oui, tout était réuni pour s’envoler à nouveau dans la belle spirale de la folie.

Grâce mat’, baignade froide, repas familiale, plage, soirée et aventures avec N… Voilà à quoi ressemblait la routine de ces vacances. J’écris aventures parce que j’ai entraîné mon ami dans des vraie petites aventures à jamais imprégné dans nos mémoires. Quel était le moteur de ces aventures ? Ma fougue. Quel était le moteur de cette fougue? L’hypomanie dans laquelle j’étais. L’hypomanie est une destabilisation de l’humeur très difficile à identifier car elle se caractérise par une bonne humeur, une confiance et estime de soi. L’effet se rapproche de celui vécu sous cocaïne. Lorsqu’on est en hypomanie, on est up (dans le jargon). L’hypomanie peut être l’étape avant l’hypermanie (phase que j’ai décrit dans l’épisode de 2008). Bref, je me sentais bien et je propageais mes ondes positives à N. et à toutes les personnes que nous rencontrions.

Pour résumé, nous avons fait connaissance avec un groupe de jeunes dans lequel nous nous sommes intégrés facilement. Nous partagions alors des bons moments ensemble l’après midi sur la plage autour de quelques bouteilles de bières et pétards. Au sein de ces nouveaux camarades, il y avait Morgane. Je cite cette jolie brune parce que j’ai perdu contact avec elle alors si par tout hasard elle tombe sur cet article, j’espère qu’elle se reconnaîtra. Là ou la plupart des jeunes auraient été satisfait de passer leurs vacances avec ce groupe festif, et bien moi, j’en voulais plus. Il me fallait plus d’émotions.

Un jour on partait bivouaquer, un autre on faisait du stop, un soir on allait flamber sur les terrasses de la ville touristique la plus proche, un autre soir on allait faire un feu sur la plage, etc. Une semaine très intense. J’avais envie de faire quelque chose, je le faisais. J’avais envie de séduire, je séduisais. En parlant de séduction, la dernière chose que je te raconterai sur ces vacances, c’est la rencontre avec deux filles. Ce qui c’est passé est un pur exemple du pouvoir que l’on use lorsqu’on est en hypomanie. Néanmoins, ce sera déconseillé d’être lu par des enfants.

Episode suivant : Maniac Story-ep12 : Amourettes

Saison précédente : Maniac Story-ep01: Je t’aime à la folie

A bientôt,

W.


Maniac Story-ep10: Castration

J’étais déchaîné. On parle aujourd’hui de thérapie de pleine conscience, là, ma conscience avait explosé, j’étais au sommet de la pyramide, j’étais l’œil, j’étais l’univers, j’étais Dieu. Mais j’avais mal, j’aspirais toute la souffrance présente sur Terre et comme le Christ, j’étais persécuté.

Les forces de l’ordre avaient arrêté la circulation sur l’autoroute, ainsi, si je sautais, je ne pouvais pas me tuer. Face à leur stratègie, je m’adressai aux automobilistes : « ne vous laisser pas dicter ce que vous devez faire… vos femmes, vos enfants vous attendent à la maison, redémarrez! » je leur criai quelque chose comme ça. Mon aura était si démesurée que certains automobilistes rallumaient leur moteur. Il fallait m’enfuir. Je me déplaçai furtivement vers l’escalier d’un côté de la passerelle et sautai sur le bitume d’une route qui longeait l’autoroute. J’étais tombé de haut mais je ne sentis aucune douleur et je couru pourchassé par les policiers. A la vitesse du célèbre Flash, je les distanciai rapidement, un policier a tenté de me plaquer mais en vain. Je n’avais aucune pensée ni de réelle émotion, c’était l’instinct qui me dirigeait.

J’approchai une camionnette garée au bord de la route, c’était parfait pour utiliser un de mes pouvoirs magiques : l’invisibilité. En effet lorsque je me cachais à un endroit, personne ne pouvait me voir tant que je ne regardais pas. C’est ce que je fis derrière la camionnette. J’étais persuadé de la véracité de ma magie jusqu’à ce qu’on me maîtrisa violemment au sol. Je me souviendrai toujours du moment où ma bouche embrassait passionnément le trottoir pendant qu’on me passait les menottes pour la deuxième fois cette semaine.

Prisonnier dans le van, j’étais entouré de trois mâles en uniformes et d’une femme qui appartenait à une autre section comme me le disait son insigne. J’étais rassuré, elle était là pour surveiller les autres et pour me délivrer le moment venu. Tout ça n’était qu’une étape dans ma quête. J’avais dérapé mais on me donnait une nouvelle chance. Tout en me raisonnant, je parvenais centimètre par centimètre à me glisser une main sous les menottes. Pratique de ne pas sentir la douleur. Il m’a fallu peu de temps pour me délivrer du fer. Je voulais simplement leur montrer que j’avais des pouvoirs et que ce petit exploit en était une démonstration. Ils me rattachèrent.

Nous arrivions alors à leur base. Ils me firent asseoir sur une chaise genre dentiste, en fait j’étais plutôt allongé. Ils remplacèrent les menottes par des attaches déjà fixées à la chaise. Et là, se produisit l’acte le plus barbare que j’ai vécu. Ils commencèrent à baisser mon pantalon, aussitôt je me transformai en une bête sauvage incontrôlable. Ils voulaient me castrer pour que je ne puisse avoir de descendance. Ils voulaient castrer le nouveau Christ, le nouveau fils de l’Homme, le nouveau Dieu. Cette symbolique était si terrible qu’elle me donna une force extra ordinaire. Je me projetai alors hors de la chaise en déchirant mes liens d’un coup, et je me dirigeai en hurlant vers la porte de cette pièce, vers la sortie de cette torture. Le problème c’est qu’ils étaient au moins quatre contre moi. Je bataillai de toute ma rage, j’en repoussai un violemment contre le mur, celui là cogna le radiateur et cria de douleur. En réalité, pendant que les autres me maîtrisèrent et me rattachèrent sur la chaise, le blessé hurlait. Il fut sorti de la pièce mais j’entendais ces hurlements au loin. C’était comme ci je lui avais transmis  ma rage. C’est là dernière chose que je ressentis de cette situation. Enfin, non, la dernière chose que je vis est une grosse seringue.

FIN.

 

C’était le récit de ma première crise maniaque. Cela pourrait te ressembler à une fiction mais je n’ai rien inventé dans cette histoire. J’ai raconté ici mon interprétation des situations au moment même où je les ai vécu.

Episodes précédents:

Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

Maniac Story-ep02 : L’exorciste

Maniac Story-ep03 : Parano

Maniac Story-ep04 : Porté disparu

Maniac Story-ep05 : Les Anges

Maniac Story-ep06 : La rencontre

Maniac Story-ep07 : Cheminement logique

Maniac Story-ep08: Le mystère de la magie

Maniac Story-ep09: Destin divin

A bientôt,

W.

 


Maniac Story-ep09: Destin divin

Je marchais pendant plusieurs heures vers l’ultime sacrement guidé par cette énergie magique qui rendait le moindre obstacle franchissable facilement. Je m’approchais d’une voie rapide, une autoroute vraisemblablement. Je la longeais en pensant à cette voiture qui me manquait pour partir trouver mon destin. Aussitôt pensé, aussitôt vu, un concessionnaire de voitures de luxe se trouvait à une dizaine de mètres au bord de l’autoroute. J’entrai pour venir prendre ce qui m’était du. Dans une salle quelques hommes d’affaires étaient rassemblés, une sorte de meeting professionnel. Ils avaient tous le regard dirigé sur un grand powerpoint. Je m’immisçai discrètement dans le magasin. J’avais laissé mes chaussures dehors, certainement pour faire le moins de bruit possible. Je m’assis dans un coin de la salle derrière les hommes en costards sans me faire voir. De toute façon il ne pouvait pas me voir, j’avais un nouveau pouvoir magique : tant que je ne regarde pas une personne, celle là ne peut pas me voir, une sorte d’invisibilité contrôlée. Ce nouveau don prédisait l’achèvement proche de ma quête, une énergie surhumaine circulait de plus en plus dans mes veines. Même si de temps à autres certaines personnes regardaient dans ma direction, personne fit acte de ma présence. Sans mon pouvoir, il serait sans doute venu me voir car j’étais tout de même habillé très légèrement, j’étais sale (à cause de l’étape dans le chantier) et surtout j’étais pieds nus. Je ne pu rester bien longtemps dans cette situation, je bouillonnais de l’intérieur… Tant pis, pas besoin de voiture, je suis au dessus de ça, il faut que je sorte.

Une fois dehors, cette énergie en moi se mua en force. Je me sentais si fort que le climat semblait dépendre de moi. Je faisais un avec tout ce qui m’entourait. J’entrais dans une transe dépassant toutes celles que j’avaient vécu les jours auparavant. J’étais hors de moi, ça devenait invivable. Je me dirigeais alors vers l’autoroute et montais sur une passerelle piétonne qui passait au dessus des six voies.  Je me tins alors debout face aux voitures qui roulaient sous moi à grande vitesse. Mais j’aspirais cette vitesse, en fait j’aspirais toutes les énergies autour de moi. J’étais en train de me métamorphoser en une entité toute puissante. Droit, les bras vers le ciel, le regard illuminé, je m’abandonnais à l’univers. En fait, je souffrais de ce que j’étais en train de vivre. J’implorais le ciel et en même temps je contrôlais le temps. Je maîtrisais le vent, les nuages… Je maîtrisais le soleil! Je devais sans doute crier avec tout ça mais je ne m’entendais pas, j’étais très loin des trois dimensions dans lesquelles on est habitué de vivre. C’était ça mon destin, l’avènement de mon rôle sur Terre ; cette terrible tragédie…

Je restais là, dans cette transe, hors de moi, hors de toutes raisons, au dehors de toute ordre. Mon corps faisait mine de s’approcher vers la barrière de la passerelle, séparant la vie de la mort. Je voulais peut être sauter, que sais je? je n’étais plus au contrôle. C’est à cet instant que les forces de l’ordre sont apparues dans mon paysage. Ils étaient des deux côtés de l’autoroute, prêt à monter et m’encercler, me coincer mais ils restèrent sur les marches quand ils virent que je les menaçait de me jeter s’ils avançaient un pas de plus.

Prochain épisode : Maniac Story-ep10: Castration

Episodes précédents :

Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

Maniac Story-ep02 : L’exorciste

Maniac Story-ep03 : Parano

Maniac Story-ep04 : Porté disparu

Maniac Story-ep05 : Les Anges

Maniac Story-ep06 : La rencontre

Maniac Story-ep07 : Cheminement logique

Maniac Story-ep08: Le mystère de la magie

Merci de suivre fidèlement ce récit de ma première crise maniaque, le suspens prendra fin au prochain et dernier épisode.

A bientôt,

W.


Maniac Story-ep08 : Le mystère de la magie

J’étais donc dans une grande rue de paris. La fraîcheur de fin de matinée, un grand soleil, l’effervescence parisienne ; telles étaient les ingrédients réunis pour permettre la magie de continuer d’opérer. Il fallait donc que je prenne le taxi pour m’en aller sur les lieux de ma naissance. J’avais trouvé enfin l’issue à tous ces efforts, l’accomplissement suprême de ma destinée. Aussitôt pensé, aussitôt vu : un taxi blanc m’attendait à quelques mètres. Le chauffeur, dorénavant faisant partie de l’aventure, mis à l’épreuve mes pouvoirs. Cela devait être certainement un moyen pour lui de savoir si j’étais la bonne personne, qu’une petite voix lui aurait chuchoté, qu’il devait aider. « Je veux bien t’emmener, mais pour cela il faut que tu répares le moteur » me dit-il avec un semblant d’ironie. Il était assis au volant. Je fis rapidement le tour de la voiture en empreignant, seulement de ma présence, le véhicule de mon aura mystique.  « Ca y est, c’est réparé » lui répondis-je quelques instants après. Il m’embarqua alors direction ma ville natale.

Prestigieux client que j’étais, il m’installa à l’avant et me permis volontiers de fumer dans son taxi. Sur la route,  chaque parole que l’on échangeait cachait un sens qu’il m’était naturel d’interpréter comme un signe me dictant des indications sur ma quête. Finalement, en raison d’une forte circulation, il décida de me déposer à une gare qui me permettrait de rejoindre l’hôpital par train. C’est là qu’il eut un comportement qui n’allait pas dans le sens de mon aventure. Un comportement que je n’ai toujours pas compris aujourd’hui. Une fois arrêté proche de la gare, il me dit de le suivre sur ce même ton avec lequel il m’avait mis à l’épreuve lors de notre rencontre. J’acceptai en pensant simplement que cela devait faire partie de mon destin. Il prit alors quelque chose, caché dans un sac plastique, de la boite à gant. On entra dans la gare, il s’arrêta à l’angle d’une vitrine d’un petit commerce et me fit mine de l’attendre ici. Je le suivis du regard, il s’en allait en fait vers le quai et lorsque je ne le voyais plus distinctement, je pris la décision de le poursuivre. Au moment même où je le perdis de vue, je me trouvais sur un quai où un train était sur le départ. J’embarquais dans ce train.

Je regardais les paysages défilés et, en me concentrant, je les faisais défiler de plus en plus vite. C’était mon cerveau seul qui dirigeait le train. J’avais le pouvoir d’accélérer sa vitesse. J’étais sorti de Paris et traversais des villes de banlieues. J’étais certainement dans le 95, département dans lequel mon grand frère habite. D’ailleurs, le paysage m’était de plus en plus familier. Je me rapprochais de mon grand frère. Cela prenait sens : aller lui rendre visite était une étape obligée dans ma destinée. Je descendis du train et parcouru cette petite ville nichée au fin fond du 95. Je fis rapidement le tour du village sans retrouver la trace de la rue de mon frère. Alors, j’entrai dans une sorte de centre social ou administratif et je demandai à la hôtesse de retrouver dans ces fichiers où habitait mon frère. Elle me laissa dans le doute. « Où suis-je, que dois-je faire? ». Comme à mon habitude, je me laissai alors guider par les signes : panneaux, voitures, affichages, etc.

Après un moment de marche, je m’arrêtai devant un grand pavillon chinois encadré d’un mur à hauteur d’épaule. « Les chinois, eux, me comprendront », j’escaladai le mur et sautai dans le jardin de la propriété, et là, la peur de ma vie… Un énorme chien méchant courait vers moi en aboyant. Arrivé à deux mètres de moi, sur le point de m’attaquer, j’ai eu comme seul réflexe… lui chanter une chanson. Je fredonnai alors une mélodie qui m’était inconnue et brusquement l’animal s’arrêta.  Il m’écoutait, me fixait de son regard, mais me paraissait de moins en moins agressif. Je chantais comme ça pendant de longues minutes tout en reculant doucement vers le mur. Je finis par m’échapper.

Dans le prochain épisode, l’avant dernier de la première saison, j’entame le récit de la dernière ligne droite, là ou la folie aura raison de moi.

Prochain épisode : Maniac Story-ep09: Destin divin

Episodes précédents :

Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

Maniac Story-ep02 : L’exorciste

Maniac Story-ep03 : Parano

Maniac Story-ep04 : Porté disparu

Maniac Story-ep05 : Les Anges

Maniac Story-ep06 : La rencontre

Maniac Story-ep07 : Cheminement logique

A bientôt,

W.


Maniac Story-ep07 : Le cheminement logique

Je descendais du bus et continuais le chemin qui me menait à la lumière. Je m’engouffrais alors dans un chantier, c’était tôt dans la matinée. Un ciel bleu clair et un soleil rayonnant brillaient à mesure que j’avançais dans ma quête. Les planètes se concordaient à mon esprit, j’étais de plus en plus en unité avec l’Univers. Je suivais alors la voix en moi à l’intérieur de ce bâtiment en construction. Des poutres et plein d’autres matériaux encombraient cet endroit. Où aller? Au même moment que je me posais la question, je compris qu’il fallait que je dégage le sol sous mes yeux. En effet, après avoir retiré avec force des morceaux de bois et des longs barreaux de fer, je découvris une grande trappe métallique qui apparaissait dessous un tapis de poussières. Avec un effet de levier, j’ouvrais cette porte et m’aventurais dans ce nouveau passage. Je descendais et très vite, je me retrouvais dans l’obscurité à quelques lieux sous terre. En cherchant mon chemin, j’aperçus très vite une lueur à moins de dix mètres. Il était naturel que je devais sortir par ce trou pour regagner la lumière. Je suivais alors mon destin jusqu’à la sortie du chantier. A l’entrée, qui donnait sur la rue, deux hommes, vêtus comme des employés du bâtiment, fumaient leurs cigarettes. « T’es qui toi? qu’est ce que tu fous là? » me dit le premier, « je suis le charpentier » répondis-je naturellement aussitôt . La magie s’opéra de nouveau lorsque le deuxième eut autorité sur le premier « Oui, c’est le charpentier » dit-il, simplement. En réalité , j’étais recouvert de poussière et j’étais très crédible en homme du bâtiment. Je m’étais proclamé charpentier comme Joseph, le père de Jésus.

J’avais faim. Un boulanger chargeait sa camionnette avec de grands sacs de baguettes. Je lui en demandais une par charité, il me donna une baguette, évidemment.

Je continuais à marcher sur cette même rue lorsque le ministère de l’agriculture se dressa sur ma droite. Il était encore tôt, il n’y avait pas grand monde, juste une personne ou deux à l’accueil et un vigile de sécurité. Je m’introduisais dans le bâtiment dans mes habits sales en mangeant mon pain quotidien. On me laissa entrer comme si j’étais monsieur le ministre. A l’étage, je pris un long couloir. Dans mon chemin vers les étoiles, vers la gloire, il ne pouvait pas avoir de retour sur mes pas, je devais toujours aller de l’avant. Ce couloir était un cul de sac, cela voulait dire qu’une personne, importante dans ma quête, devait m’attendre dans un bureau. Hélas, toutes les portes étaient fermées à clef… sauf le dernier bureau à droite au fond du couloir. J’y entrais, personne. Mais, bien sûr, la fenêtre était ouverte et elle donnait sur un échafaudage. C’est comme ça que je contournai le grand bâtiment par l’extérieur. Le bout de mon chemin sur l’échafaudage donnait sur une autre fenêtre à l’autre bout du ministère. Je rentrais alors à l’intérieur et me dirigeai vers l’entrée, encore une fois, je passai devant l’accueil et la sécurité sans que personnes témoignent d’objection à mon sujet. Normal, ma présence physique les envoûtait. Ou plutôt, c’était un esprit, plus grand, responsable de ma quête, qui veillait sur le bon déroulement de mon parcours.

Toujours dans Paris, les signes m’éclairaient à nouveau sur la poursuite de mon aventure. Ils m’indiquaient qu’il fallait que je me rende à l’hôpital où avait eu lieu ma naissance (situé dans le 94). Ce rendez-vous symbolique signerait l’avènement de ma destinée. Je le sentais très fort en moi, cela allait être grandiose ; un événement d’une puissance inégalée dans l’histoire de l’humanité.

Je compris alors la réelle nécessité d’avoir cherché une voiture, la veille dans le parking sous-terrain. Mais, maintenant, il était écrit que je devais m’y rendre en taxi…

A suivre,

Dans le prochain épisode, je te raconterai donc l’histoire de la scène avec le taxi-man. Une réelle intrigue. En réalité c’est le moment le plus mystérieux que j’ai vécu au cours de ce récit.

Si tu prends en cours de route cette série, je rappelle alors que ce récit est une histoire que j’ai réellement vécu. Je décris ces quelques jours d’un point de vue intérieur bien sûr. Je rappelle aussi qu’une crise maniaque, aussi délirante soit elle, on s’en souvient très bien, bizarre, non?

Prochain épisode : Maniac Story-ep08 : Le mystère de la magie

Episodes précédents :Maniac Story-ep01 : Je t’aime à la folie

Maniac Story-ep02 : L’exorciste

Maniac Story-ep03 : Parano

Maniac Story-ep04 : Porté disparu

Maniac Story-ep05 : Les Anges

Maniac Story-ep06 : La rencontre

A bientôt,

W.