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Pense à ta gueule!

Il suffit d’une étincelle pour rallumer la lanterne « espoir ».

J’étais par terre dans une nuit noire sans étoile depuis plusieurs semaines. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été soumis au régime du désespoir.

Mais comme tu le sais, lecteur bien-aimé, même les périodes les plus ténébreuses ont une fin. Il n’y a que le temps, bien qu’il soit étouffant en ces moments là, qui peut me sauver de la même manière qu’il m’a condamné. M’enfin le temps, en réalité, n’a rien avoir là dedans, je ne fais que le traverser d’expériences en expériences. Ce sont les situations que j’enchaîne une par une qui matérialise mon aventure temporelle. Et ce sont ces expériences qui impliquent les autres qui engendrent soient le bonheur, soit l’attente, soit l’amour, soit la peur, soit le paradis, soit l’enfer. J’ai choisi de vivre à travers un projet qui m’amène à expérimenter toutes sortes de sensations. Tu l’as lu, dernièrement l’expérience était douloureuse mais pleine d’enseignements.

Le plus grand poète, après moi, Rilke écrivait : « la tristesse est la résistance à quelque chose de nouveau ». Je crois bien, oui, que si j’en ai chié c’est que quelque part un renouveau s’opère en moi, si nouveau, si gros, que la résistance de l’ancien moi c’est fait intense. Une nouvelle transformation, encore. Je goûte déjà les prémices de ce pouvoir en moi qui émerge peu à peu. J’ai eu des méditations dernièrement assez dérangeante, bref! Parce que oui, au fond, il s’agit de ça : de lâcher prise à ce que je crois être, lâcher le contrôle, laisser mon pouvoir contrôler mon esprit. Le pouvoir du cœur qui s’affirme sans être au service de l’égo, voilà toute la complexité. Bon je défriche là, hein…

J’écrirai plus tard (ou pas) sur les enseignements de cette période, lorsque je les aurai mieux décodé. Cependant j’ai pris conscience d’une chose. C’est une révolution pour moi. J’ai senti, je pèse le verbe choisi « sentir », j’ai senti pour la première fois que dans le passé, et cela vaut pour toute ma vie, je vivais par rapport à l’autre, pour l’autre, à cause de l’autre. Pourquoi? à cause de cette qualité qui m’a fait trop défaut : l’altruisme ou quelque chose du genre. Plus spécifiquement, le fait d’être hypersensible à ce que ressent l’autre, et du coup mettre plus d’importance à ce que ressent l’autre que sur soi. Ma nature fait que je ressens trop les émotions des autres, et par cette sensibilité, j’ai bien du mal à agir en respectant ce que je ressens moi. Car être connecté à ce que je ressens et agir justement par rapport à cela dérangerait les sentiments de l’autre, voir le blesser. Déranger ou blesser l’autre, c’est quelque chose de très difficile pour moi. Mais dernièrement, j’ai compris que je devais d’abord vivre pour moi, par rapport à ce que je ressens… si ça dérange l’autre et ben tant pis, c’est pas mon problème. Voilà le plomb que je dois mettre dans ma tête. C’est conciliable avec le lâcher prise, c’est même nécessaire.

Dernièrement, j’ai vécu très sensiblement mon insécurité affective. L’expérience l’a permis. La perte de repères affectifs coup sur coup m’a obligé de vaincre cette épreuve.

Cette sécurité affective je dois la trouver d’abord en moi car les autres sont éphémères. Ils arrivent un jour dans ma vie et la seule certitude, c’est qu’un jour ou l’autre, ils s’en vont. L’union-séparation doit être vécue à chaque heure de la journée. » Tu comprendras quand le malheur viendra chez toi » me chuchote Nekfeu. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas cultiver des relations sur le long terme. Non, au contraire. Mais je suis heureux de trouver meilleure attache en moi-même avant de continuer l’aventure.

Faire d’abord des choses pour moi, avant de faire des choses pour les autres (même si celles-ci me font du bien en même temps). Faire d’abord des choses juste pour moi. Comme ce foutu bouquin!

Il a suffi d’une étincelle pour rallumer… Cette étincelle, c’était la visite d’un vieil ami. Il est venu me voir dans ma grotte obscure, et sans le vouloir, il m’a remis en selle. Il ne lira certainement jamais ce texte, mais je le lui dédie. J’étais bloqué sur mon livre et il m’a débloqué, en deux jours, désormais il est presque prêt à être imprimé. Finalement, les trois petites offres de maison d’édition ne m’ont pas convaincu alors je vais l’auto-éditer, le faire de A à Z et le vendre ici. Ce sera un bon moyen de voir plus précisément l’étendu de mon public, parce qu’au final les statistiques du blog ne sont que des clics.

Je me suis remis à rêver de ma future invitation à « On n’est pas couché », haha aussi étrange que cela puisse paraître, refaire ces rêves, c’est bon signe!

Non mais sérieux… Attends. Tu es bipolaire, hypersensible ? Hmm j’ai quelque chose de pas mal à te prescrire pour aller mieux : Penses à ta gueule!

Hypersensibles, beaucoup d’entre nous sommes trop du côté « altruisme/bienveillance » de la balance, alors pour un rééquilibrage mettons un bon gros poids sur le côté « narcissique ».

Aussi, je me projette déjà sur mon deuxième bouquin : le thème « crises maniaques et hp », c’est avec cet opus que je serai disque d’or. Oui, je sais c’est un livre, mais moi au début… je voulais faire du rap!

Patience et Espoir et… Penses à ta gueule et agis pour ta gueule, deux fois par jour, ou plus si besoin. 😉

Merci pour tous vos messages de soutien précieux et touchant.

W


C’est invisible

En 2013, une solitude terrible m’a obligé de créer cet espace pour m’exprimer, verser tout les mots qui traduisent mon isolement. Alors je t’ai trouvé, toi lecteur anonyme, j’étais compris, je n’étais pas seul. J’ai eu le besoin alors de réaliser un peu plus ce fait que je n’étais pas seul. De là est né une première rencontre le 21 juin 2014. A la suite de celle-ci j’ai écrit cet article : C’est indicible. Un texte né par des larmes libératrices.

Deux ans plus tard, 20 rencontres plus tard, ce weekend c’était le premier week end entre hypersensibles. Un weekend à la campagne qui regroupait 5 personnes habituées des rencontres parisiennes et 5 autres de toute la France avec qui je développais depuis les débuts de mon blog des relations à distance. Je n’aurai pas cru que ce weekend aurai eu le même impact que la première rencontre. Hier matin les mêmes larmes ont coulé.

Ce weekend, certainement le plus beau de ma vie, celui qui m’ apporté le plus.

J’ai une appréhension à écrire, et partager ce qui se passe en moi depuis dimanche soir. J’ai peur de trahir mon monde intérieur en m’exprimant mal.

Dernièrement, il y a eu la Bretagne, Deepak Chopra qui m’illumine et m’accompagne à travers son ouvrage : Le livre des secrets. Voir les articles précédents. Tout cela a permis de profondes transformations en moi. Et là ce weekend, avec l’intensité des échanges, la richesse humaine qui s’est partagée, c’est une libération encore plus violente. Mon monde est nouveau. Je vis un renouveau. Deux personnes rencontrées grâce à ce blog, habituées des rencontres parisiennes, amis hypersensibles, ayant participé à ce weekend me renvoient également leur transformation personnelle. A la différence d’avant, je ne suis pas seul à explorer…. Bref, j’ai des amis, futur coloc même, trio magique. Des véritables amis avec qui je peux être ce nouveau moi.

Aujourd’hui est un jour nouveau, si nouveau.

J’essaie de l’écrire, mais tout cela est si invisible. Ce qui m’importe est invisible, ce qui me constitue est invisible.

Chaque instant, chaque moment prochain est si vierge. J’ai compris que mon bien être résultait de ma faculté à ne rien attendre, rien vouloir, ne pas m’attacher à des croyances, ne m’attacher à rien pour pouvoir accueillir le présent sans le poids d’une identité déjà passée. Je sais que je trouverai la paix en travaillant à être personne. Effacer les barrières qui me séparent de l’autre, de toi, de vous, de toutes choses. Me laisser entraîner par le flot de la vie. Ça paraît spirituel, perché. Çà semble être une prémisse d’une crise maniaque. Tu percevras ce texte par rapport à qui tu es, ton identité, ta mémoire, tes croyances, tes peurs. Pas deux personnes l’interpréteront pareil.

J’ai compris aussi qu’il n’y avait pas de séparation entre la dimension spirituelle et physique. Tout est physique et spirituelle en même temps. Ecrire est une action physique avec un sens spirituel, c’est créer.

On ne peut pas faire du nouveau avec de l’ancien, écrit Choppra. C’est vrai, et je sens des parties de mon identité qui me pesaient tant, enfin se libérer et disparaître. Mais cela est invisible. Chaque moment que je partage avec d’autres, je vois leur visage, écoute leur parole, c’est le visible. Ce qu’ils me montrent n’est autre qu’une partie de moi, invisible, qui se manifeste, devient visible. C’est la création aussi simple soit-elle. Chaque expérience nouvelle qui passe, c’est l’invisible en moi qui se manifeste à travers une personne, une action. Et inversement pour la personne. Je suis à chaque instant ce que montre l’autre. L’autre existe pourtant dans sa partie invisible. Chaque instant qui passe est un espace-temps où deux phénomènes invisibles deviennent visible. Le big bang.

Je suis un explorateur, je n’ai pas eu le choix, c’est mon trouble à l’époque qui m’a obligé à explorer à l’intérieur pour régler mes conflits internes. Aujourd’hui, je récolte le fruit de mon travail, j’ai navigué si longtemps, découvert quelques îles qui m’ont permis de garder espoir et le cap. Aujourd’hui, comme Christophe Colomb, j’ai découvert un continent. J’ai jamais étais aussi proche du centre de la Terre, de ma Terre, de ma planète.  J’ai tant de choses à écrire. Je dois écrire pour rester avec toi, je dois avoir des amis pour être avec eux qu’ils m’écoutent, qu’ils m’aident et inversement. Cette aventure ne peut être solitaire. Je dois garder contact avec ma famille, même si cela est compromis car je dois garder une part ancienne de mon identité pour être en contact avec eux. Je ne peux pas être que dans le nouveau, je risque la folie, mais surtout de faire souffrir ceux qui m’aiment, ceux qui ont besoin de moi.

Cette terre étrangère, invisible pour les autres car c’est mon unicité, que je foule n’est pleine que de surprises. C’est l’inconnu. C’est merveilleux et déstabilisant en même temps. Comme le bébé qui commence à marcher (image tiré du livre des secrets de Choppra). Heureusement le Destin a répondu à mon désir oublié de reparticiper à la tournée comme l’année précédente, coup du Destin qui s’est opéré ce weekend aussi avec le coup de fil de ma metteur en scène. Travailler ce spectacle au sein d’une troupe que j’aime chaque jour jusqu’à Juillet va me permettre de rester ancrer. La vie est bien faite.

La méditation, le recentrage sur ma respiration, l’observation de mes émotions et pensées, est l’activité numéro une  de mes journées. Entre chaque moment je me recentre, je digère les perceptions passées pour mieux accueillir celle à venir. Que le nouveau ne s’entrechoque pas trop avec l’ancien. J’ai découvert récemment plus profondément les nœuds en moi sources de souffrance. Principalement le sentiment d’injustice profondément ancré en moi, il existe fortement car c’est durant l’enfance que j’ai été exposé à d’hyper sensibles injustices. Lorsque cette partie obscure se manifeste, je tente de l’accueillir, je l’observe, je ne fais pas tellement attention aux pensées qui s’en échappe mais plutôt à l’émotion douloureuse sous jascente. Eckart Tolle écrit que poser la lumière de sa conscience sur un trouble, le soigne déjà en partie. Je me centre sur ce sentiment, je sens la douleur alors, je l’accueille et plus je met la lumière dessus plus elle peut se dissiper en moi et disparaître. Le corps évacue la douleur naturellement. Mais le fait de refouler ce qui fait mal, cela crée la souffrance. Et la souffrance est une autre affaire.

Es-tu là encore ami lecteur? Oui, sinon cette phrase qui s’écrit n’existerait pas pour toi. Je me demande quelle part invisible de toi va se manifester quand tu vas rencontrer ce texte visible. Sûrement le savant fou qui est en toi, haha! Je suppose, impossible pour moi de le savoir car cela est en fonction de ton univers invisible qui est fondamentalement unique. Moi, j’ai besoin d’écrire tout cela. Il le faut, je ne peux pas laisser ces pensées dans les eaux stagnantes oubliées au fond du puits de mon être.

Ce qui est nouveau dans mon écriture c’est que je me recentre (respiration abdominale et état court de non-pensée) parfois entre deux paragraphes. Aussi la journée, lorsque le désir d’écrire un article survient, je m’efforce à ne pas anticiper ce que je vais exprimer. Pour ce soir, je n’avais que le titre.

Je sens mon cœur battre. Je suis comblé. Il me manque juste une femme, une femme avec qui je pourrais faire une partie du chemin, la main dans la main, les jambes entre-mêlées. Mais ce n’est pas urgent, cela viendra lorsque je serai prêt certainement. En attendant je travaille la pratique du tantra seul, c’est à dire la circulation de l’énergie sexuelle dans tout le corps. Il est vrai que j’éprouve parfois la forte envie de partager ces moments avec une autre. M’enfin patience!

La priorité aujourd’hui est de partager, je dois parler avec mes amis, partager, ne pas rester seul avec tous ces nouveaux ressentis. Prendre soin de moi, garder une bonne hygiène de vie pour bien digérer toutes ces nouvelles composantes de mon être. Ne pas vouloir tout comprendre tout de suite. J’ai compris qu’il ne faut pas rajouter trop d’aliments en période de digestion. J’ai toute la vie pour continuer cette exploration. « Cours pas trop vite, sinon tu vas tomber ». Trop de courant, trop d’énergie qui ne circule pas entraîne un pétage de plomb. Là j’ai emmagasiné une énorme énergie, ce n’est pas le moment d’augmenter la tension mais plutôt de la répandre dans mes différentes canalisations. Les arts, les amis, le sport.

Et bien sûr : Patience et Espoir.

W

 


Attention v’là le printemps!

Pour les animaux, c’est la fin de l’hibernation, pour nous, HS, c’est la fin de la dépression.

Bon, j’ai conscience que ce n’est pas aussi catégorique que cela. De la même manière qu’il y a des animaux qui n’hibernent pas, la population HS ne réagit pas uniformément à l’hiver. Ah oui! Je dois préciser que là où j’utilisais le mot « bipolaire » j’écris depuis plusieurs mois celui d »‘hypersensible ou HS », je préfère cette nouvelle étiquette qui décrit mieux ma réalité.

Je n’ai pas eu l’habitude de ressentir une baisse d’énergie lors de mes hivers passés. J’ai même eu 4 épisodes up au creux de cette saison. Cependant, la venue du printemps s’accompagne d’une énergie renouvelée.  Cette année particulièrement je suis en phase avec la nature et ses saisons. Faut dire que depuis ma sortie d’hôpital à Noël c’est pas la grande joie.

Le printemps, c’est le renouveau. Et, depuis quelques semaines, je sens bien qu’une transformation essaye d’opérer en moi. Mes vertiges sont de retour, ce sont des sortes de début de crise de panique marqués par la sensation de faire une crise cardiaque. La prise d’un valium calmant l’affaire, il s’avère que cela reste surtout une angoisse qu’une anomalie cardiaque. Cela peut être traité médicalement par un anxiolytique sans se poser de question mais en réalité, c’est simple : ces vertiges sont caractéristiques d’une peur. Ressenti comme une peur de faire une crise cardiaque, la peur de la mort. Oui, c’est la peur de laisser un ancien moi pour accueillir un nouveau moi qui est inconnu. Et la peur de l’inconnu, c’est bien connu! En plus de ces vertiges témoins d’un changement, depuis ce début de semaine j’éprouve une lourde fatigue. Ces derniers-jours, j’étais complètement assommé, sans énergie, seulement bon à regarder des films. D’ailleurs j’ai vu Divergente, c’est fou comme ce film représente bien les HS, comme X-men l’avait fait dans le passé. Comme quoi Hollywood n’est pas que bon à mâcher, bref!

Voilà, je suis en métamorphose. Un papillon se libérant de son cocon, son ancien corps, pour voler pleinement sous le soleil de mars. Le printemps, c’est la saison de l’amour. Chaque année, ça ne manque pas, je ressens hypersensiblement la flamme du désir me chatouiller le ventre. L’énergie sexuelle se réveille naturellement à cette période. Je le vois dans le parc près de chez moi : les oies, les canards, les poules d’eaux et mêmes les pigeons laisse aller leurs pulsions de reproduction. La différence avec ce printemps 2016, c’est que je suis plus conscient de ces changements énergétiques qui sont à l’origine de mes comportements, de mes créations, de qui je vais être cette année. L’énergie sexuelle étant l’énergie la plus forte chez l’être humain, simplement parce que c’est elle qui a le pouvoir de créer la vie, c’est l’énergie créatrice.

Energie créatrice, cool! ça va m’aider pour écrire un bouquin et développer génialement l’association des hypersensibles. D’ailleurs va donc sur le site : www.association-hypersensibles.fr ou sur la page facebook : facebookAHS. Pas si simple, je ne suis qu’un jeune padawan dans la maîtrise de cette force. Je ne parviens pas encore à canaliser cette énergie. Faut dire qu’elle me touche assez intensivement ; à voir l’ampleur de mes crises maniaques : maniac story… En réalité, je suis au stade de l’accueil. Oui, c’est le premier stade dans toute chose de la vie, mais attention, il m’a fallu beaucoup de temps pour en être conscient. L’accueil de cette énergie qui se manifeste actuellement sous sa forme primitive, brut, sexuelle, je le fais avec l’aide de la méditation. La respiration, l’observation, le lâcher prise. Ces dernières années, je me suis ouvert à plusieurs influences spirituelles différentes, et me suis confectionné des outils personnalisés empiriquement.

Enfin, je te confesse que ce n’est pas facile d’écrire autour de cette énergie, ce feu sacré que raconte mon amie Elise ( le feu sacré : explications). Même si je déclare en avoir conscience, je suis tout autant certain de comprendre qu’une toute petite partie de cette énergie créatrice. L’aventure humaine étant de maîtriser son énergie sexuelle (à ce sujet le Tantra est une bonne école) pour se libérer de sa condition animale, s’approprier le pouvoir sans limites de créations de cette énergie afin de se rapprocher du divin.

A bientôt

Je te rappelle les deux liens qui m’importent aujourd’hui :

www.association-hypersensibles.fr

facebookAHS

W

 


On ne souffre pas pour rien

Je ne sais plus quel grand artiste disait : « Toute souffrance est supportable tant qu’elle fait partie de son histoire ».

Cette citation a beaucoup de sens pour moi…

La dépression est une période très douloureuse pendant laquelle le désespoir, le vide, les doutes règnent. Il est pratiquement impossible de philosopher lorsque l’on touche le fond et se dire : « ce que je vis est dur mais c’est positif ». Impossible d’y croire lorsque l’on sombre dans une solitude infernale. Et pourtant, c’est vrai!

La dépression ne tombe pas du ciel, elle n’arrive pas par hasard. Au regard de notre vie, elle s’inscrit même logiquement dans notre évolution. La dépression et son lot de souffrance cache une transformation inconsciente. Elle annonce une période nouvelle. Et cela demande certaines mutations de notre être. Nous pensons, nous nous plaignons de ne pas avoir d’énergie lors de ces périodes, en réalité nous dépensons beaucoup d’énergie à résister…

Evidemment c’est plus fort que nous et nous n’en avons pas conscience, mais lors de la dépression nous résistons à quelque chose de nouveau qui s’opère en nous. Plus cette nouvelle partie de nous qui tend à émerger est grosse, plus nous résistons. Pourquoi? parce que l’inconnu fait peur et parce que nous sommes fragiles.

Rilke écrit dans « lettres à un jeune poète » (voir l’hommage que je fait à ce génie dans l’article : Rilke roi des HS) que la tristesse provient de notre résistance à un ressenti nouveau.

Lorsque je prend du recul sur mes dépressions et crises maniaques, je me rends compte qu’elles s’inscrivent parfaitement dans une évolution qui aboutit aujourd’hui à qui je suis, une personne qui n’a jamais été aussi prêt de soi (même si j’en suis encore loin!) L’important c’est le chemin. Bref!

Le mot « dépression » ne fait pas allusion à la souffrance littéralement. Il dénote que d’un répit, une baisse d’énergie. Le fait de souffrir ou pas dépend de l’accueil que l’on fait à ce qui nous arrive. Attention, je ne dis pas que c’est simple, même en ayant conscience de la signification de la dépression, je suis toujours débordé par la peur et les doutes lorsqu’elle arrive.

Bien vivre la dépression demande beaucoup d’auto-bienveillance et de compréhension de nos proches. Adieu la culpabilisation, le regret, l’angoisse d’être en train de rater sa vie, les comparaisons avec les gens stables, normaux qui ont un travail, une femme, etc.

La souffrance psychique n’attaque pas tout le monde. Injuste? Non! C’est seulement que nous sommes pas tout le monde et de ce fait il est alors insensé de se comparer avec la vie de tout le monde. A la différence de la plupart, nous avons quitté l’autoroute pour des chemins plus éreintants. Mais ce ne sont pas les sentiers les plus difficiles qui mènent aux vues les plus imprenables, belles?

La dépression est un passage de notre vie, une transition difficile mais nécessaire pour devenir qui on est. Mais bonne nouvelle, la dépression a toujours une fin! La patience est notre meilleure alliée.

Mais surtout ne culpabilise pas d’être fatigué, reposes toi autant que ton corps le demande. Ne culpabilise pas de ne rien faire, divertis-toi avec des films et toutes choses qui puissent t’apporter un petit plaisir. Ne sous-estimes pas l’appel à un ami, c’est toujours un réconfort.

La dépression ne se combat pas, elle s’accueille. Il n’y a rien à faire, elle a besoin de ce silence pour que des transformations profondes de l’être s’opère. Il n’y a que deux mots:

Patience et espoir

Voilà, ce texte m’a été inspiré lors de la rencontre skype de dimanche avec frodon 😉

W

Ps : le projet d’association entre hypersensibles se réalisent : www.association-hypersensibles.fr


En pleine transformation

Nous sommes le 11 novembre et il est bientôt 11h11 soit 11/11 11:11 et il fait beau… Tout un symbole. Sans pour autant commettre de sur-interprétations ésotériques, j’aime penser qu’il y a des jours et heures propices à une certaine magie. Comment l’expliquer? Je pense tout simplement que le fait que de nombreuses personnes y voit un moment spécial pour méditer, se connecter, prier cela créé une rencontre multiple de bonnes intentions, bonnes ondes, bonnes énergies et décuple les effets de libérations, lorsqu’on y croit! Hé oui, tout repose sur le fait d’y croire en fait. En tout cas, voilà ma logique qui me paraît irrationnellement rationnelle. D’ailleurs, souviens toi de l’heure 22h22 où je t’invitais, lorsque tu surprenais ton horloge à cette heure là, d’envoyer une pensée positive, de te connecter à un réseau spirituel d’amour en même temps que d’autres. Voir l’article 22h22 L’heure révolutionnaire et le partager à tous ceux qui ont envie de croire à un réseau social invisible qui, lorsque l’on s’y connecte, apporte un peu de courage, d’espoir, d’amour.

Amour, amour, amour. Je n’est jamais autant employé ce mot, d’autant plus que je suis célibataire et que je ne suis pas en recherche d’une énième relation amoureuse. Enfin si, je travaille une relation amoureuse avec moi-même étant persuadé que c’est la clé la plus puissante pour toutes guérisons. Une simplicité, oui, et pourtant j’en ai pris vraiment conscience que depuis très récemment, et les effets se ressentent déjà même si c’est un soin qui se pratique quotidiennement au cours de toute la vie et qui nécessite une patience confiante.

Je pense que le texte que je t’ai recopié de Rilke ainsi que l’allégorie de la caverne de Platon ont été un déclic. Voir l’article Platon et Rilke, rois des HS. Ça y est 11h11 est passé, pas de tremblements de Terre, d’illuminations… peut-être est-ce seulement un symbole qui rappelle qu’à chaque minute le monde se transforme, se recrée, que tout est possible. Je me souviens d’une belle phrase d’un grand artiste dont j’ai oublié le nom : « Ferme les yeux, et rouvre les avec un regard nouveau sur le monde », encore une manière de vivre l’instant présent. Revenons à Rilke…

La lecture de Lettres à un jeune poète m’a été d’une véritable aide. Elle m’a permis d’amorcer un nouveau regard sur mes mélancolies, mes moments de solitudes. Grâce à l’écriture de Rilke j’ai compris que la tristesse n’était pas fondamentalement négative, elle était témoin d’une transformation. Une transition, une émancipation qui nécessite une certaine convalescence, une patience. Je dois être patient et accueillir, aimer cette tristesse qui accompagne une libération.

Je vis une mutation de mon être (déclenchée significativement depuis ma dernière forte crise de janvier 2013). Le fait d’en avoir pleinement conscience m’aide à ne pas culpabiliser car privilégié « l’être » demande de suspendre le « faire » et « l’avoir ». C’est donc normal  que j’ai du mal à me projeter dans l’avenir, à faire des choses, à douter, puisque ma personnalité est en profonde transformation. Il ne reste, ce qui est loin d’être facile, qu’à simplement être confiant durant ce voyage vers un nouveau moi. Un nouveau moi, qui dans quelques années, sera si différent du moi d’il y a 3 ans que j’aurai beaucoup de mal à croire à ce conte de fées. D’ailleurs cette métamorphose est douloureuse par nature : quitter une vieille peau troublée n’est pas une Thalasso-thérapie. Parce ce que ce voyage est une traversée vers un nouveau continent, une exploration vers une Terre inconnue. Il n’y a pas de balises, pas de repères qui nous montrent le chemin. Tout simplement parce que l’on chemine vers notre Destin, notre chemin de vie qui est unique. J’aime beaucoup l’image de la personne qui fait une nouvelle trace dans la neige à côté de celle qui a été marqué par le passage d’un grand nombre de voyageurs. J’ai quitté ce sentier commun, pour ma propre trace dans une neige vierge.

J’ai pris conscience aussi récemment que je dois faire attention à ne pas m’attacher à un monde révolu, à mon ancienne peau, que je dois être ouvert au nouveau. Ouvert, rester ouvert, toujours s’ouvrir et Accueillir, accueillir, toujours accueillir. Cela résume peut-être ma philosophie. Aussi, oui je peux douter mais pas douter de mes doutes. Croire fermement à cela.

Pour revenir au sujet fâcheux de ce blog : bipolarité, maladie… Je voudrais dire ici un risque dommageable de vivre ses périodes troublées comme une vulgaire maladie que l’on pourrait comparer au diabète (c’est une comparaison que j’entends beaucoup malheureusement), ce risque serait de croire que nos perceptions durant nos périodes troubles seraient fausses. Non mes perceptions ne sont pas fausses. C’est terrible de croire cela. Croire que notre perception de la vie est fausse seulement parce qu’elle est différente! Nos perceptions sont troublées parce qu’à un moment donnée deux réalités sont en conflits : notre imaginaire et une certaine objectivité. Le but est de concilier les deux. Bon ce paragraphe est hors sujet, m’enfin…

Pour terminer sur la transformation dont les témoins sont la tristesse, la crise maniaque, la dépression, la solitude et bien d’autres. Cette métamorphose de l’être que nous, HS (hypersensibles), sommes plus exposées est aussi le lieu de l’émergence de nos pouvoirs humains enfouis si profond en nous. Ce qui explique l’intensité qui peut avoir dans certains chaos que nous vivons. Il y a quelque chose de très chaud, très intense, presque incontrôlable qui veut se manifester si puissamment que l’on peine à le canaliser. Je pense que cette chose est notre essence, l’essence de la vie, cette poussière d’étoile, l’Amour…

W.


Platon et Rilke, rois des HS

Je suis en train de lire Lettres à un jeune poète de Rilke (1875-1926). C’est la première fois qu’un chapitre d’un livre me frappe si fort que je le relis plusieurs fois. Naturellement, je me sens obligé de partager ce texte si actuel. C’est l’extrait d’une lettre qu’envoie Rilke à un de ces disciples que je t’ai recopié ici, comme pour mieux me l’imprégner. Elle m’est tout bonnement adressée aussi et certainement à toi, à tous :

                       

Borgeby Gard, Fladie, Suède, le 12 août 1904

 » (…)Vous avez eu de nombreuses et grandes tristesses qui sont passées. Et vous dites que même le fait qu’elles aient passé vous a été pénible et fut débilitant. Mais demandez-vous, je vous en prie, si ces grandes tristesses ne vous ont pas traversé plutôt qu’elles n’ont passé? Si bien des choses en vous ne se sont pas transformées, si vous même quelque part, en quelque endroit de votre être, vous n’avez pas changé tandis que vous étiez triste. (…) S’il nous était possible de voir au-delà des limites où s’étend notre savoir (…) peut-être alors supporterions nous nos tristesses avec plus de confiance que nos joies. Elles sont, en effet, ces instants où quelque chose de nouveau à pénétré en nous, quelque chose d’inconnu; nos sentiments font silence alors, obéissant à une gêne effarouchée, tout en nous se rétracte, le silence se fait, et ce qui est nouveau, que personne connaît, se tient là, au centre, et se tait.(…)

Nous sommes seuls, en effet, face à cette étrangeté (la tristesse) qui est entrée en nous ; car, pour un temps, tout ce qui nous est familier, tout ce qui est habituel nous est ravi ; nous sommes, en effet, eu cœur d’une transition où nous ne savons pas nous fixer. C’est aussi la raison pour laquelle la tristesse est passagère(…). Il serait facile de nous persuader qu’il ne s’est rien passé ; mais nous avons pourtant bien changé, comme change une maison où un hôte est entré. (…) Plus nous sommes silencieux, patients et disponibles lorsque nous sommes tristes, et plus ce qui est nouveau pénétrera profondément et sûrement en nous, mieux nous le ferons nôtre.(…) Il est nécessaire – et c’est vers cela que peu à peu doit tendre notre évolution- que nous ne nous heurtions à aucune expérience étrangère, mais que nous ne rencontrions que ce qui, depuis longtemps, nous appartient.(…)

Et si nous en revenons à parler de la solitude, il sera toujours plus évident que ce n’est là, au fond, rien qu’on puisse choisir ou quitter. Nous sommes solitaires.(…) Celui qui, presque sans préparation ni transition, est transporté d’une pièce familière au sommet d’une haute montagne devrait éprouver quelque chose d’analogue ; un sentiment d’insécurité inouïe, le sentiment d’être livré à l’indicible l’anéantirait presque. Il s’imaginerait tomber, ou se croirait propulsé dans l’espace, dispersé en mille morceaux : quel mensonge extraordinaire son cerveau ne devrait-il pas inventer pour rattraper la situation de ses sens, et pour en rendre compte. C’est ainsi que se transforment pour qui devient solitaire toutes les distances, tous les critères. Beaucoup de ces transformations se produisent subitement, et elles ont pour conséquence de faire apparaître, comme chez cet homme soudain transporté au sommet d’une montagne, des représentation insolites et d’étranges sensations qui semblent se développer au delà du supportable. Mais il est nécessaire que nous fassions aussi cette expérience-là. Il nous faut accepter notre existence au si loin qu’elle peut aller ; tout et même l’inouï doit y être possible. C’est au fond le seul courage qu’on exige de nous ; être courageux face à ce que nous pouvons rencontrer de plus insolite, de plus merveilleux, de plus inexplicable. (…) Ce n’ est pas en en effet, la paresse seule qui est responsable du fait que les rapports humains se répètent sans innovation et de manière si indiciblement monotone ; c’est plutôt la crainte d’une quelconque expérience inédite et imprévisible qu’on s’imagine  ne pas être de taille à éprouver. Mais seul celui qui est prêt à tout, celui qui n’exclut rien, pas même ce qui est le plus énigmatique , vivra la relation à quelqu’un d’autre comme si elle était quelque chose de vivant, et y jettera même toute son existence. Car si nous nous représentons cette existence individuelle comme une pièce plus ou moins vaste, on constatera que la plupart n’ont à pris à connaître qu’un recoin de leur espace, une place devant la fenêtre, un trajet où ils vont et viennent. Ainsi ont-ils le bénéfice  d’une certaine sécurité. (…)

Nous n’avons aucune raison d’éprouver de la méfiance à l’égard de notre monde, car il n’est pas tourné contre nous. S’il recèle de peurs, ce nos peurs ; des abîmes, ils sont nôtres ; présente-t-il des dangers, nous devons tenter de les aimer. (…) Peut-être tout ce qui est effrayant est-il, au fond, ce qui est désemparé et qui requiert notre aide. (…) Vous devez alors penser que quelque chose se produit en vous, que la vie ne vous a pas oublié, qu’elle vous tient en main et ne vous laissera pas tomber. Pourquoi voudriez-vous exclure de votre vie une quelconque inquiétude, une quelconque souffrance, une quelconque mélancolie(…)? Pourquoi vouloir vous persécuter avec la question de savoir d’où provient tout cela, où tout cela vous mène t-il? Puisque vous savez que vous êtes en pleine transition, et que vous ne désirez rien tant que vous transformer. Si quelque processus en vous est morbide, sachez alors que la maladie est le moyen par lequel un organisme se débarrasse de ce qui lui est étranger ; il faut, dans ce cas, simplement l’aider à être malade, à faire en sorte que sa maladie se déclare et se développe tout à fait, car c’est ainsi qu’il progresse.(…) En vous, il se passe actuellement tant de choses ; soyez patient comme un malade, et confiant comme un convalescent, car peut être êtes-vous l’un et l’autre. Et davantage : vous êtes aussi le médecin qui doit veiller sur lui-même. Or il y a, dans toute maladie, bien des jours où le médecin ne peut rien faire qu’attendre. (…)

Ne vous examinez pas trop. Ne tirez pas de trop hâtives conclusions de ce qui vous arrive, laissez-le tout simplement se produire (…).

Vous rappelez-vous à quel point cette vie a voulu sortir de l’enfance, aspirant aux « grandes choses »? Je constate aujourd’hui que, à partir de grandes choses, elle continue d’aspirer aux plus grandes. C’est pourquoi elle ne cessera pas d’être difficile, mais c’est aussi pourquoi elle ne cessera de croître.

Et si j’ai encore une chose à vous dire, j’ajouterai ceci : ne croyez pas que celui qui cherche à vous réconforter vit sans difficulté parmi les mots simples et tranquilles qui, parfois, vous font du bien. Sa vie est pleine de peine et de tristesse, et reste très en deçà de la vôtre. S’il en était autrement, il n’eût jamais su trouver ces mots.

Votre

Rainer Maria Rilke » 

C’est génial, voilà que celui qui est présenté comme le plus grand poète par certains est un auteur qui me ressemble! Ce qui est plutôt normal vu la portée universelle de ces textes…

Cher lecteur ne quitte pas encore cet article. Voilà maintenant l’allégorie de la caverne de Platon racontée en 5 minutes ici : Allégorie de la caverne.

Ces vérités là me touchent car elles sont remplies d’espoir. C’est un bonheur aussi de savoir que Platon et Rilke illustre mes croyances et me confortent dans mes visions de la souffrance, du trouble comme transformation, de l’évolution. Je retrouve mêmes les caractéristiques de la bipolarité et de la folie dans ces deux œuvres. La dépression est très présente lorsqu’ils parlent de souffrance, douleur, tristesse mais aussi la crise maniaque avec l’image de la montagne chez Rilke et celle de la lumière qui éblouie chez Platon. Dans l’allégorie de la caverne, l’homme, une fois qu’il redescend dans la caverne après avoir goûté à la réalité authentique, est rejeté par les autres, incompris, et tué… Comme moi, comme nous, à l’exception près de ne pas avoir été totalement tué malgré le fait que lors de l’hospitalisation, il y a des choses en nous qui se meurent.

J’ai écouté une conférence donnée par des professeurs qui expliquaient cette allégorie (ici), j’ai été surpris que ces chercheurs littéraires aux travaux souvent compliqués avaient une interprétation très simple avec laquelle je suis d’accord de ce mythe.

Le problème de cet homme qui se libère, c’est qu’il sort seul de la caverne. Il n’a personne avec qui partager sa découvert, un regard extérieur qui la confirme, sans être pris pour un fou et il lui faudrait une stabilité surhumaine pour ne pas devenir fou, seul avec cette réalité. Tout ça pour dire, que nous avons la chance aujourd’hui de ne pas être seul avec cette expérience. Nous sommes beaucoup à être sorti de la caverne, à avoir été ébloui par une réalité brillante et inconnue, à être redescendu dans la caverne (la réalité commune, la société) et à être désormais incompris, confus, seul, hors service, hors système, hyper sensible, HS. Je pense que cette opportunité est très nouvelle dans l’Histoire. Cette opportunité de pouvoir se rassembler, échanger se rencontrer entre héros et héroïnes de Socrate.

C’est une certaine Sophie et un certain Miloud, deux HS qui ont eu leur petit voyage en dehors de la caverne, qui m’ont mis ce texte et cette vidéo sous les yeux. Comme quoi, il y a une véritable force créé par nos rencontres.

Si tu as lu jusqu’ici bravo! Tu as toute ma reconnaissance 🙂

Bon week end,

W.

 


La famille du bipolaire

Je pense que si l’on déclare de forts troubles de l’humeur, une instabilité mentale, c’est que notre famille n’est pas tout à fait zen… Le sage amérendien Don Marcelino entre autres m’a justement enseigné que notre premier travail sur Terre était de purifier notre arbre généalogique. Prendre conscience de tous les troubles, les nœuds, les souffrances transmises inconsciemment de générations en générations et de les soigner afin de ne pas reproduire les mêmes schémas que nos parents. Ainsi, nos enfants n’hériteront plus de tous ces maux. Dans l’idéal. Bref, je vais écrire sur ma famille ici.

D’abord, ma mère est une hyper sensible. Nulle doute là dessus. Eternelle inquiete pour ces six merveilleux enfants à qui elle est liée affectivement très intensément. Par ce lien elle me partage à moi et à ma fratrie tout son amour mais aussi toute son inquiétude et toute sa souffrance cachée qu’elle a elle même héritée.

Pour le moment je suis l’enfant qui en a souffert le plus visiblement avec ce joli diagnostique et toutes mes crises. Elle est en partie responsable de mes grands troubles passés. Mais attention, elle n’est pas fautive. Je lui pardonne, oh oui je lui pardonne. Persuadé que c’est la première chose à faire. Ce n’est pas facile, car je suis le seul dans ma famille sur ce chemin spirituel que je dissimule en grande partie encore pour ne pas nourrir leur inquiétude. En effet la spiritualité est un terrain non sans risque pour quelqu’un de fragile psychiquement. Je suis donc le seul dans la famille qui a réellement conscience de ces schémas de souffrances qui circulent dans la famille depuis tout temps. Cela m’affecte profondément et explique toute la difficulté que j’ai eu pour trouver ma place dans ma famille.

Aujourd’hui, je parviens à exprimer clairement cela. Le plus difficile appartient au passé. Aujourd’hui je sens, je vois même une transformation plus ou moins consciente qui se vit dans ma famille. C’est magnifique, mais cela ne se fait pas sans résistance. Tant les peurs sont ancrées si profondément. Tout va mieux depuis que j’ai compris que le meilleur moyen d’action étant dans la prière, la méditation et non dans une communication directe. Ces fortes connexions troubles affectives font que la communication est plutôt brouillée. Alors je préfère ne rien dire ou dire peu que dire mal. Je lis d’ailleurs en ce moment un livre sur la communication non violente pour soigner les mots que j’utilise avec eux. C’est un vrai champ de bataille intérieur. Peut être ma dernière grosse épreuve sur mon chemin : me réconcilier profondément avec ma famille. Qui se concrétisera dans le gain de la confiance de ma mère. Car la pauvre, elle subit tellement ce passif de souffrance, que jusqu’ici elle ne parvient pas à avoir confiance en ces enfants. Nous sommes toujours ces petits oisillons et c’est si dur pour elle de nous laisser voler de nos propres ailes. Le fait qu’elle soit infirmière et du coup notre première soignante rend encore plus difficile cette autonomie.

La première semaine en Bretagne se termine ce week end. Cette semaine, nous étions quatre sur six enfants présents. Deux de mes frères sont repartis aujourd’hui. Une sœur arrive demain pour la deuxième semaine avec ma petite nièce. Le dernier ne sera pas de la partie cet été étant donnée qu’il est en Irak. Beaucoup d’émotions pour ma mère… Surtout que ce dernier leur a annoncé hier au téléphone qu’il entendait les bombardements américains! Tout ça pour dire que ce matin, il n’a fallu à ma mère pas grand chose pour pleurer discrètement. Avec mon père ils sont partis tout à l’heure pour la plage et devant le refus de ma dernière petite soeur et moi de les accompagner, les larmes ont coulé. Elle s’est gardée de nous les montrer. Je l’ai senti, et directement, dans ma douche, je me suis mis à pleurer aussi. Voilà, c’est pour t’illustrer, la sensibilité présente.

Je suis heureux aujourd’hui de pouvoir partager à ce sujet. Cela montre bien une évolution, et un mieux être à venir prochainement.

Je part méditer avec ces mots que je répète beaucoup en ce moment : Pardon, merci, lumière, amour.

Et je t’exprime ceux là particulièrement pour toi : Patience et Espoir.

Bon week end

A bientôt

W.