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Impression Dépression Diversion

Je voudrais écrire « dépression » simplement mais ce que je vis n’a rien d’une maladie ou alors ce serait la condition humaine qui est une maladie? Je ne suis pas d’humeur à jouer sur les mots mais les mots sont importants car les mots qu’on pense conditionne notre état. « La tristesse est la résistance à quelque chose de nouveau » écrit R.M Rilke. Ce n’est pas ce que je vis qui est noir mais c’est ma manière d’accueillir ce nouveau qui me pèse. C’est ma façon de percevoir la vie qui n’est pas adaptée à ces nouveaux jours.

Voilà comment on peut vivre difficilement l’amour de quelqu’un, et harmonieusement la perte d’un être cher. C’est une question de perception. Alors je pourrais remettre tout en question, douter là où avant je me réjouissais. Ce n’est pas la vie qui a des couleurs définis : ça c’est rouge, ça c’est bleu, ça c’est noir… Une chose peut être vécue d’une infinité de manières différentes. Tout dépend du regard que l’on a au moment où l’on vit cette chose, tout est relatif à notre perception, à notre humeur du moment, à notre énergie. Voilà pourquoi je fouille au fond de mon être, pour trouver la paix. En moi. Car tout dépend de moi. C’est là que ça se passe. C’est de là que j’apprécie ou non l’extérieur. C’est de là que je crée.

Alors chercher la paix ou la créer. Existe-t-elle en moi ou dois-je l’inventer? Comme j’ai inventé mon monde ici. Créer la paix. Ou alors la recréer, ça fais déjà moins prétentieux. J’y avais jamais pensé, comme tout le reste d’ailleurs, je voulais parler de mon état en  » dépression  » au départ, mais je me laisse aller au jeu du clavier libre, et je me fous, désolé, de si tu vas comprendre ou pas. Je viens ici m’exprimer et non communiquer.

Comment on fait pour créer la paix? On se fout la paix? Pas loin, je dirai qu’on est en paix lorsqu’on parvient à vivre hors de soi. Hors de moi. Quoi qu’il m’arrive, rien ne s’accroche, tout glisse, me transperce. De l’air à la place de l’ego, et la vie qui continue est vent, et moi comme l’arbuste, j’accueille sans bouger.

Tout ça pour dire que pour se relever vite d’une dépression, il ne faut pas mettre des mots, il ne faut pas penser. Accueillir ce repos forcé sans le juger. Car le mental est en retard, le système d’exploitation est dépassé, il ne peut pas interpréter justement le présent. Le corps a besoin de ce repos pour se mettre à jour. Il n’y a rien à penser. Le mental doit être hors-je, le temps que l’énergie revienne. Diversion

C’est de cet état que j’écris. Car, étant dans le vif du sujet, je veux prouver de mon expérience que l’espoir est possible là où les pensées malades veulent nous dire l’inverse, que tout est noir, etc. Mais voilà le problème au fond, c’est qu’automatiquement on s’identifie à nos pensées, alors si nos pensées sont malades on dit qu’on est malade. Hé non non non! On peut choisir nos pensées, on peut même créer nos pensées, créer des pensées paisibles, c’est peut être un bon début pour se créer la paix.

Patience et Espoir

W

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Expérience de la dépression

La dépression évolue mais continue en ce début de semaine.

Hier, oh que j’avais la tête lourde, je me suis traîné dans le parc près de chez moi. Si tu étais dans le coin, tu as peut-être vu un zombie se balader, c’était moi. La souffrance psychique a laissé place a une énorme fatigue physique.

Je subis toujours le contre coup de mon hyper activité cérébrale des dernières semaines. Malgré mon besoin de repos, j’ai maintenu la réunion de samedi dernier. A bout d’énergie, j’ai du pour la première fois quitter la rencontre qui a suivi à 19h. Dans les transports au retour, la fatigue me rendait vulnérable, et l’agitation du métro parisien se transforma en un véritable petit enfer. Des signes et synchronicités m’attaquaient de toutes part. Chaque conversation qui m’entourait semblait parler de moi. Je me suis retrouvé dans une situation et une fragilité qui m’a fait vriller dans la manie, le délire bien des fois dans le passé.

C’est comme-ci, je n’avais plus d’énergie pour avoir le contrôle sur mon mental, que je me laissait ballotter par l’environnement extérieur à cause du peu de volonté qui me restait. C’était l’inconscient collectif qui m’emportait, je n’étais plus acteur de ce qui se passait. Difficile à expliquer.

Bref, samedi n’a pas été de tout repos et je pensais qu’une journée à la campagne le dimanche avec M signerait la fin de la dépression. Mais hier, après une bonne nuit, j’ai vite senti que le bagne n’était pas  terminé.

Je ne suis plus aux prises avec mes peurs comme la semaine dernière. Rha pinaise, c’était quelque chose, surtout le soir où j’ai choisi de les affronter consciemment et ne pas avoir recours à la chimie. Ce dernier combat intérieur semble être terminé mais il laisse place à un champ de bataille sans vie, une atmosphère pesante, une tristesse, un sentiment mélancolique étrange.

Ce matin, ça va un peu mieux, et la rencontre tout à l’heure va pouvoir me changer les idées.

Tout ça pour dire que la dépression est bien plus complexe qu’elle ne paraît de l’extérieur. Elle n’arrive pas par hasard, il y a un véritable sens (même s’il est inconscient) et une raison de vivre cette période basse. La dépression, bien que douloureuse, est riche en enseignements. Elle annonce aussi un renouveau, l’émergence d’un nouveau soi. Un nouveau soi, étrange, qui nous fait peur, auquel on résiste (résistance source de douleur), qui fait émerger des peurs que l’on doit dépasser pour entrer dans notre nouvelle ère.

Heureux celui qui traverse une dépression, car il vit en coulisse une transformation nécessaire.

Et puis après la tempête, le soleil revient toujours rayonner.

Patience et espoir

W


En pleine transformation

Nous sommes le 11 novembre et il est bientôt 11h11 soit 11/11 11:11 et il fait beau… Tout un symbole. Sans pour autant commettre de sur-interprétations ésotériques, j’aime penser qu’il y a des jours et heures propices à une certaine magie. Comment l’expliquer? Je pense tout simplement que le fait que de nombreuses personnes y voit un moment spécial pour méditer, se connecter, prier cela créé une rencontre multiple de bonnes intentions, bonnes ondes, bonnes énergies et décuple les effets de libérations, lorsqu’on y croit! Hé oui, tout repose sur le fait d’y croire en fait. En tout cas, voilà ma logique qui me paraît irrationnellement rationnelle. D’ailleurs, souviens toi de l’heure 22h22 où je t’invitais, lorsque tu surprenais ton horloge à cette heure là, d’envoyer une pensée positive, de te connecter à un réseau spirituel d’amour en même temps que d’autres. Voir l’article 22h22 L’heure révolutionnaire et le partager à tous ceux qui ont envie de croire à un réseau social invisible qui, lorsque l’on s’y connecte, apporte un peu de courage, d’espoir, d’amour.

Amour, amour, amour. Je n’est jamais autant employé ce mot, d’autant plus que je suis célibataire et que je ne suis pas en recherche d’une énième relation amoureuse. Enfin si, je travaille une relation amoureuse avec moi-même étant persuadé que c’est la clé la plus puissante pour toutes guérisons. Une simplicité, oui, et pourtant j’en ai pris vraiment conscience que depuis très récemment, et les effets se ressentent déjà même si c’est un soin qui se pratique quotidiennement au cours de toute la vie et qui nécessite une patience confiante.

Je pense que le texte que je t’ai recopié de Rilke ainsi que l’allégorie de la caverne de Platon ont été un déclic. Voir l’article Platon et Rilke, rois des HS. Ça y est 11h11 est passé, pas de tremblements de Terre, d’illuminations… peut-être est-ce seulement un symbole qui rappelle qu’à chaque minute le monde se transforme, se recrée, que tout est possible. Je me souviens d’une belle phrase d’un grand artiste dont j’ai oublié le nom : « Ferme les yeux, et rouvre les avec un regard nouveau sur le monde », encore une manière de vivre l’instant présent. Revenons à Rilke…

La lecture de Lettres à un jeune poète m’a été d’une véritable aide. Elle m’a permis d’amorcer un nouveau regard sur mes mélancolies, mes moments de solitudes. Grâce à l’écriture de Rilke j’ai compris que la tristesse n’était pas fondamentalement négative, elle était témoin d’une transformation. Une transition, une émancipation qui nécessite une certaine convalescence, une patience. Je dois être patient et accueillir, aimer cette tristesse qui accompagne une libération.

Je vis une mutation de mon être (déclenchée significativement depuis ma dernière forte crise de janvier 2013). Le fait d’en avoir pleinement conscience m’aide à ne pas culpabiliser car privilégié « l’être » demande de suspendre le « faire » et « l’avoir ». C’est donc normal  que j’ai du mal à me projeter dans l’avenir, à faire des choses, à douter, puisque ma personnalité est en profonde transformation. Il ne reste, ce qui est loin d’être facile, qu’à simplement être confiant durant ce voyage vers un nouveau moi. Un nouveau moi, qui dans quelques années, sera si différent du moi d’il y a 3 ans que j’aurai beaucoup de mal à croire à ce conte de fées. D’ailleurs cette métamorphose est douloureuse par nature : quitter une vieille peau troublée n’est pas une Thalasso-thérapie. Parce ce que ce voyage est une traversée vers un nouveau continent, une exploration vers une Terre inconnue. Il n’y a pas de balises, pas de repères qui nous montrent le chemin. Tout simplement parce que l’on chemine vers notre Destin, notre chemin de vie qui est unique. J’aime beaucoup l’image de la personne qui fait une nouvelle trace dans la neige à côté de celle qui a été marqué par le passage d’un grand nombre de voyageurs. J’ai quitté ce sentier commun, pour ma propre trace dans une neige vierge.

J’ai pris conscience aussi récemment que je dois faire attention à ne pas m’attacher à un monde révolu, à mon ancienne peau, que je dois être ouvert au nouveau. Ouvert, rester ouvert, toujours s’ouvrir et Accueillir, accueillir, toujours accueillir. Cela résume peut-être ma philosophie. Aussi, oui je peux douter mais pas douter de mes doutes. Croire fermement à cela.

Pour revenir au sujet fâcheux de ce blog : bipolarité, maladie… Je voudrais dire ici un risque dommageable de vivre ses périodes troublées comme une vulgaire maladie que l’on pourrait comparer au diabète (c’est une comparaison que j’entends beaucoup malheureusement), ce risque serait de croire que nos perceptions durant nos périodes troubles seraient fausses. Non mes perceptions ne sont pas fausses. C’est terrible de croire cela. Croire que notre perception de la vie est fausse seulement parce qu’elle est différente! Nos perceptions sont troublées parce qu’à un moment donnée deux réalités sont en conflits : notre imaginaire et une certaine objectivité. Le but est de concilier les deux. Bon ce paragraphe est hors sujet, m’enfin…

Pour terminer sur la transformation dont les témoins sont la tristesse, la crise maniaque, la dépression, la solitude et bien d’autres. Cette métamorphose de l’être que nous, HS (hypersensibles), sommes plus exposées est aussi le lieu de l’émergence de nos pouvoirs humains enfouis si profond en nous. Ce qui explique l’intensité qui peut avoir dans certains chaos que nous vivons. Il y a quelque chose de très chaud, très intense, presque incontrôlable qui veut se manifester si puissamment que l’on peine à le canaliser. Je pense que cette chose est notre essence, l’essence de la vie, cette poussière d’étoile, l’Amour…

W.


Journal – De l’amélioration

Elle est partie de chez moi pour une soirée ailleurs, comme hier, alors que je m’attendais à vivre ces derniers jours intensément avec elle avant de partir pour un mois sans se voir. Sensation d’abandon. Pas si mal car celle-ci me pousse à écrire. Ça va, je ne suis pas non plus dans un sentiment de solitude comme j’ai pu le vivre souvent. Ce mécanisme « situation-émotion-pensée-comportement » est maintenant beaucoup plus conscient chez moi, je le vis moins inconsciemment, donc j’en souffre beaucoup moins. C’est passionnant même. A la place de me laisser envahir par cette tristesse et solitude, j’accueille cette énergie en moi, je l’observe, je l’accepte avec bienveillance, je respire, j’y apporte toute ma conscience et pouf! ce qui était troublé se dénoue et laisse place à une légèreté et sérénité.

Bon, j’ai tout de même un sentiment d’injustice sur cette situation. Privilégier intensément notre début de relation (Charlotte et moi) ces jours – ci en sachant que l’on ne se verra pas pendant un mois me paraissait juste. J’avais donc rien prévu et laisser tout mon temps pour elle. Elle, non. Bien sûr ce qui me paraît juste, n’est pas forcément ce qui lui paraît juste pour elle, haha!  C’est tout de même un bon exemple pour me rendre compte de mon hyper sensibilité. Cette sensation d’abandon est très exagérée par rapport à la situation. M’enfin, je m’en sortirai hein!

En parlant d’elle… J’ai parfois l’impression qu’elle a trouvé ce blog parce qu’elle me parle de sujets que j’ai évoqué ici dernièrement. Simple coïncidence? Hé bien, si tu lis ceci Charlotte, saches que si je ne t’ai pas parlé de mon diagnostic c’est qu’il me semble qu’il ne représente pas ma réalité d’aujourd’hui. Oui, j’ai souffert de la bipolarité dans le passé. Mais aujourd’hui, même si je prends encore des médicaments (parce qu’on peut pas tout arrêter d’un coup, je diminue progressivement avec mon doc), je me suis sorti des profondeurs de ce trouble, j’ai appris à nager dans les turbulences de mon lac intérieur, j’ai construit un radeau pour naviguer sur la rivière vivante qui me traverse. J’ai même acquis une certaine maîtrise des énergies plus intenses qui peuvent troubler l’humain. Et ce n’est qu’un début. Le plus dure est passé, voilà. C’est vrai que je te cache une grande partie de mon histoire et que c’est un manque pour comprendre qui je suis, mais si je le fais, c’est que jusqu’ici j’ai senti que ce n’était pas le moment. Tu pourrais avoir peur. Tu pourrais mal interpréter beaucoup de choses, et ce serait normal. Je préfère, et c’est ce qu’il se passe, que tu me découvres à travers les moments que l’on partage. Si je te dissimule mon passé, j’essaye d’être le plus vrai possible au présent. Etre sincère avec toi. Grâce à cette sincérité que ton écoute et ouverture favorise, tu as pu découvrir en moi une certaine instabilité, ma petite folie, mon génie, ma fragilité. (Elle me dit que je suis fascinant! 🙂 ) Je pense que c’est mieux de me découvrir ainsi que part le partage de mon diagnostic. Diagnostic qui n’a plus tellement de valeur aujourd’hui. Et puis, le récit de mes crises pourraient pour le moins inquiéter.

Sinon, tout va bien dans le meilleur des mondes. Je me suis jamais aussi senti bien de toute ma vie. Je n’ai aucun problème à résoudre. Je me laisse porter par le temps jusqu’en septembre. Septembre étant l’inconnu. Je ne sais pas encore ce que je fais en septembre. Travail? formation? théâtre? coloc? Tant de questions qui se résoudront naturellement cet été. Je ne suis pas inquiet là-dessus. Ma vie m’a montré, et vraiment depuis deux ans, que ce qui est juste pour moi arrive sans que j’ai besoin de le chercher. Ce sera une rencontre peut-être ou autres choses, qui me décideront à m’orienter vers telle direction. J’ai souffert des années pour me recentrer, retrouver mon chemin, mon destin mais maintenant que je suis parvenu, ou presque, à recoller avec mon fil d’Ariane, la vie est simple. Ça coule comme un fleuve sans barrage. Je sais que beaucoup et sans cesse, il y aura des épreuves sur ma route mais je suis armé, je me connais, le combat sera facile. Un jour, je suis sûre, je pourrais, seulement avec un regard, traverser les épreuves qui me sont destinées.

Je n’ai pas de grandes idées sur ce que l’avenir me réserve, surtout au niveau des apparences : métier, famille, ami, pays… Mais plus que jamais j’ai cette confiance, cet Foi, cet espoir inaltérable. Confiance en moi, oui, mais pas seulement, en la vie aussi, en l’évolution humaine.

Enfin, afin de tenter de rester sincère ici sur ce qui m’arrive. Dernièrement j’ai rencontré la Franc Maçonnerie. C’est au détour d’une conversation qu’une amie m’en à parler. Curieux, et assoiffé de nouvelles rencontres humaines et humanistes je me suis renseigné et ai découvert ce que c’était cette société « secrète ». Fascinant! Ça m’a permis à l’occasion, de dépasser un préjugé. C’est toujours ça de gagné. Je suis allé, accompagné de Charlotte, à une conférence donnée dans le Temple de la Grande Loge de France sur le thème : Construire et se construire. D’ailleurs j’en ai fait un article sur le blog de l’express.fr : http://blogs.lexpress.fr/bipolaire/2015/07/15/construire-et-se-construire-cours-de-maconnerie/ 

Voilà au delà de vouloir intégrer la franc maçonnerie, cette rencontre est tombée à point nommée à une période où je recherchais des personnes avec des intérêts spirituels et humaniste. Si tu veux commenter cette expérience, j’espère seulement que tes arguments seront nourris par une critique personnelle et non pas par la reproduction de pré jugés. M’enfin, je dis ça…

Allez c’est à peu près tout ça ma vie en ce moment,

Je te souhaite un très bel été.

A bientôt,

W.