Chapitre 19

Je suis magique. Chapitre 1.

Chapitre 18

6:34.

« Nous vous rappelons… Le TGV va partir, attention à la fermeture des portes. »

Au revoir Paris.

Je respire. Je souris. Ça y est.

Dans 2 heures aura lieu la rencontre. Bill va entrer dans ma vie. Je vais rentrer dans sa vie. Bill va entrer dans mon histoire. Bill va entrer dans l’histoire.

Je quitte Paris pour une durée indéterminée. Mission réussie ce Dimanche. Soulagement. La première journée nationale de l’hypersensibilité a été un succès malgré mon intervention malade. Je mourrais sur scène… Le pied.

« Hop…63 euros…c’était mal indiqué…C’est 15 euros… »

Mis à part un contrôleur et un contrôlé, cette fois je suis tranquille assis à une table entre deux wagons.

J’ai la sensation de laisser une grande partie de mon corps grippeux derrière moi pour un nouveau départ avec un nouveau compagnon.

Depuis hier soir, j’ai entamé l’arrêt progressif du Xeroquel. Ça y est le pic de la vague est passé, j’entre dans une phase d’organisation, de réorganisation de ma vie après ce petit ras de marée de nouveautés. Je dois procéder à ma mise à jour. Elle passe par une mise à jour de ma vie administrative. Tout ce qui est relatif à mon nouveau chez moi : assurance/électricité/eau/papiers pour le propriétaire, etc.

Une mise à jour de mes finances aussi. Je dépense beaucoup sous l’effet des vagues. Plus je perds le contrôle, plus je dépense. Dans le passé, sans la maîtrise actuelle, je vidais mon compte à chaque vague et je passais par la case hôpital avant de renaître systématiquement. Cela 7 ou 8 fois ces dix dernières années.

Cette fois, je n’ai pas tout dépensé. Mais tout de même : 1000 euros pour Bill déjà. C’est peut-être une petite folie, mais je ne regrette pas. Il m’aura fallu cette vague pour avoir le courage de me lancer dans cette nouvelle relation. Par contre j’aurais pu être plus raisonnable dans mes dépenses dans les cafés de Belle Île. M’enfin, Je ne regrette pas non plus, car tout l’argent dépensé à La Pépinière m’a permis de créer des liens avec l’équipage et ainsi me créer une vie sociale sur l’Ile. C’était risqué, sur le fil, mais bon, j’ai tenu la barre.

Bon, j’aurai pu me passer du carton de bouquins (La vie d’un bipolaire, le livre) que j’ai acheté pour revendre en direct à un prix inférieur et avec le bénéfice d’une plus grande marge. C’était pas nécessaire, car rare sont les occasions où j’ose les vendre. Même ce Dimanche je ne les ai pas exposé. Au final, je les donne au compte goutte plus que je ne les vends. Voilà, il n’y a que ces 200 euros que j’aurai pu économiser. Enfin, c’est ce dont je me souviens, c’est certain qu’en consultant mes comptes prochainement, j’aurai quelques surprises. Bref.

C’est ma priorité, me restructurer. M’ancrer. L’ancrage est primordial pour le magicien. Une nouvelle routine hygiène de vie et un emploi du temps bien organiser sont obligatoires à penser et mettre en place à ce moment de l’aventure. Et du repos.

Pour repartir sur mon objectif : le projet Stars in Arts (qui démarre en Mars!), et la restructuration de l’association.

La magie attendra. Ou plutôt, et j’espère : la magie m’accompagnera. Parce que je vais en avoir besoin. J’ai beaucoup de choses à mener. Mon énergie humaine ne suffira pas. J’ai besoin du divin avec moi. Peut-être que Bill incarnera cet accompagnement dont j’ai besoin.

La rencontre dans 1h30…

A suivre.

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Chapitre 18

Je suis magique. Chapitre 1.

Chapitre 17

17:16.

Le repos du guerrier. Allongé dans le calme de ma banlieue. Ou plutôt de celle de mes parents. Je ne suis plus d’ici moi maintenant…

Agrippé au lit.

Les temps qui vont suivre vont être forts. Ce soir : anniversaire en famille durant lequel je vais annoncer l’adoption de Bill et puis demain la journée de l’hypersensibilité dans une salle parisienne où vont affluer des centaines d’hypersensibles. Quel discours ? Une chemise? Mais surtout, combien de microbes et virus hypersensibles seront présents au 10 rue Saint Claude pour partager ce qui restera de mon corps passé.

Je ne sais pas me reposer. Certes je suis allongé inactif au calme chez mes parents. Mais le mental,lui, est très actif. Les doutes jouissent du repos du corps pour s’alarmer des moindre erreurs que j’ai pu faire où que je vais certainement faire. J’ai un code mental qui ne tolère pas l’erreur. S’il y a un problème susceptible en vue, ma machine cérébrale va tourner, même si grippe il y a, jusqu’à trouver une solution ou une piste. Sinon, en dernier recours c’est le pouvoir méditatif qui entre en jeu pour transformer ce soit disant problème, en brindille. Par la respiration, le lâcher prise, l’abandon.

Je respire. J’imagine un bateau. J’écris sur ses voiles le problème, le doute en question. Je respire. Je visualise bien le bateau. Je respire. Puis je souffle. Je souffle sur les voiles. Je souffle le bateau, je l’envoie au large. J’expire le doute. Je confie le bateau et le problème qu’il représente au large, à l’océan. Je le confie à la vie…

Car lorsque je n’ai pas confiance en moi, il me reste la confiance en la vie. Il faut juste que je m’en rappelle. Que je revienne sur cet essentiel : j’ai Foi en la vie. Je sais que la vie est bonne avec moi. Je dis la vie, je pourrais dire : les dieux. Mais je dis la vie, car les dieux, j’en fait peut-être parti.

Tout dépend comment on définie un dieu. Si je me suis cru fortement Dieu un jour, c’est que j’ai un peu de dieu pour toujours, non? Pas de fumée sans feu. Je suis un dieu dans le sens créateur. Je crée ma vie. Je n’ai qu’à regarder tout ce que j’ai créé pour m’en persuader : j’ai un véritable pouvoir de création. Qui se proclame dieu aujourd’hui? Sacré coming out ! « Dieu » est un mot trop connoté qui rend la compréhension de ce qu’il représente trop compliqué. Je ne suis pas Dieu, mais j’ai du divin qui m’anime. Je pense que l’Homme est une condition, un état qui n’attend qu’à se transformer et s’élever vers des cercles plus divins, de plus en plus loin de l’animal. L’Homme est un être à mi-chemin entre l’animal et le divin. Voilà.

Moi je tutoie le divin. J’en expérimente du bout des doigts de sa magie. J’en savoure le temps d’un instant, sa paix. Je me laisse porter durant quelques jours, dans la fluidité, l’abandon, le nirvana de ce monde qui m’attend. Je travaille pour ça. Je souffre pour ça. C’est ma destination. C’est la direction que je donne à ma vie. Le sens de mes souffrances. Le pourquoi de mes épreuves. C’est mon chemin. Cette profonde certitude que l’inconnu sait pour moi.

Tac tac ta!

Ma chambre est située sous la cuisine.

J’aime ces moments où je me sens délirant de lucidité.

A suivre.


Chapitre 17

Je suis magique. Chapitre 1.

Chapitre 16

19:11.

Oppressé. Sardines. Bavardages inutiles. Je sens l’agressivité qui revient. Cette agressivité qui naît de la proximité. Trop de proximité. Trop de monde dans un seul espace. Respire.

« Y’en a qui se foute de ma gueule…il profite au Maroc…Il suffit que quelqu’un est un coup de cœur… »

Je suis pas à l’aise. Je me sens observé, jugé.

« Redon, 2 minutes d’arrêt. »

Respire

« Pardon, merci… je vous en prie… ça vous dérange… il n’y a pas de soucis. »

Respire.

Insupportable. Je sors du wagon. Je me sens mieux entre les wagons. C’est cher payé pour être assis dans les escaliers mais la densité humaine est plus acceptable. Quel enfer.

Là au moins je ne me sens pas oppressé. Ahh, c’est presque jouissif ce sentiment. Tout est relatif. Bref. Je suis hypersensible.

tpshhh, claque, tpshhh, claque.

Je crois comprendre ceux qui vivent à la rue. Venez sur mon Ile! On est pas obligé de vivre ce rejet, cet isolement. On peut créer une vie qui nous va!

vrrrrrrrrrrr. rrrrrrrwwwww.

Respire. Ecoute. Il y a un tel brouhaha de fond qu’on croirait qu’il y en a pas. Un nouveau silence. Le silence de la ville.

Respire. Retourne à ta place et bats toi.

vvvvvvvvvrrrrr.

A suivre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Chapitre 16

Je suis magique. Chapitre 1.

Chapitre 15

17:53.

Sur le continent. Le niveau de mana à zéro. La grippe est toujours là. Elle m’accompagne. Comme si ce virus me protégeait dans cette période fragile, révolutionnaire. Loin de la magie, mon esprit est embrumé par des tracas administratifs et une malhonnêteté -en est-elle une? – de ma part vis à vis de mon nouveau propriétaire. J’ai « oublié » de lui dire qu’un chien loup allez habiter l’appartement qu’il me loue à partir de mardi. Maintenant, c’est trop tard, je ne peux plus lui dire. Je peux seulement attendre le moment qu’il s’en aperçoive et feindre un naturel surpris s’il me fait une remontrance. Je ne sais pas, en fait, si c’est honnête ou malhonnête, si ça se fait de prévenir le propriétaire ou à l’inverse non qu’il est tout à fait normal que je puisse avoir un chien, c’est chez moi tout de même ! Je n’ai pas à avertir le propriétaire de tout ce qui se passe dans ma vie. Les deux positions se valent dans mon esprit, et se combattent.

Pause. La solution est de respirer. Et souffler ce souci. Ramener cette tension à une broutille, et l’expulser de mon esprit. Cela n’a pas d’importance. Aucune importance. Je respire. Où suis-je?

Papalapapapapapapapapa, palalalalapaa, paaaaapaalapapa…

Assis sur du bois. Mais sur le continent. Dans le café de la gare d’Auray. Je suis toujours en Bretagne. Mais sur le continent. Un thé vert à ma gauche. [ CE SOIR FERMETURE 19h45] en face. Mon train dans 35 minutes. Et dans trois heures, je foulerai le sol saturé de Paris Montparnasse. Grippe, je t’en supplie protège-moi de l’enfer parisien. On finit par s’attacher à n’importe quelle condition, c’est fou ça. Et Dimanche…

Papaaaaapaalaaapaa  palalalapaaaaa…

C’est le jour de mon anniversaire mais aussi celui de la journée nationale de l’hypersensibilité. Et c’est cette dernière que je vais fêter. Nous avons organisé avec l’asso une longue journée de conférence pour l’occasion. Mon anniversaire avec ma famille sera relégué au 12 ou au 14 Janvier. Cela fait quatre ans que je donne de ma personne pour la cause des hypersensibles mais de là à donner mon jour d’anniversaire, çà je ne m’étais pas préparer pour. Cela n’a pas d’importance. Dit-il… Je respire. Je tousse.

Malgré tout, une métamorphose a bien lieu. Je change de peau. Je le sens. Je perçois l’extérieur avec un ton plus chaud, plus sécurisant, plus confiant. Je suis en train avec cette grippe et tout le tsoin tsoin de me soulager de peurs. Je sens quelque chose de nouveau. Et ce qu’il y a de nouveau surtout, c’est que je n’ai plus besoin de passer par la case hôpital pour vivre ces métamorphoses. Mieux je les vie, mieux je les digère, mieux j’apprends les enseignements, mieux je suis, tout simplement..

Quand même… Je pense à mon île que j’ai quitté cette après-midi : elle est magique. Vraiment, il y a quelque chose sur ce caillou… J’ai déjà hâte d’y retourné mardi, avec Bill.

Tac, vrrrrrroum… tac, vrrrrrr.

C’est sûre, je vis le départ d’une autre histoire. La naissance d’une autre science…

A suivre.


Chapitre 15

Je suis magique. Chapitre 1.

Chapitre 14

17:52.

Il jouait du piano debout, quand les trouillards sont à genoux…

Je vais mourir. Ou je suis déjà mort. Je vois d’autres lumières. Des nouvelles lumières. Un nouveau monde. Je suis mort. Ou je revis déjà. Au même endroit.

Ça veut dire qu’il était libre…

Je ne devrais pas sortir. C’est plus fort que moi. En demander toujours plus à mon corps. La Pépinière est un nid à microbes. Je les sens tournoyer autour de moi. Et pourtant, je suis là au bout de la grande table car Gérard a pris ma place du coin avec son gros livre. La table ronde et le canapé sont pris aussi. Je suis assis. Je me sens partir.

Something pulling me outside…

Je respire. La vie ne tient qu’à ça. De l’air qui entre et qui ressort. Je me bats contre la nuée de points noirs invisibles qui tentent de me refroidir. Je me bats. Madame Sympa elle, lit son livre derrière le bar.

En face d’elle, des buveurs de bières. L’ancien monde.

Wa yooo, wa yooo, wa yo yo yooo…

Demain je rentre à Paris… Non mais vraiment, je perçois des nouvelles couleurs. Une lumière plus chaude. C’était ça l’objet de la mis à jour de mon système : percevoir cette nouvelle couleur. Un orange marronné, boisé. Une émotion chaude / cocon.

Wa yooo, wa yooo, wa yo yo yooo…

« Bonsoir. » Un entrant se frotte les mains. Il fait froid pour tout le monde, ça me rassure, je ne suis pas totalement délirant. Madame Sympa se mouche, même. Les journaux disent que la Bretagne est la région la plus touchée par la grippe en ce moment. Il n’y a que Gérard qui passe au travers : « Je ne suis plus malade depuis mon service militaire ».

J’ai croisé le capitaine en venant, il m’a invité à rester dans les parages, que l’équipage serait là pour l’apéro. Il m’apprécie. Lui aussi voit de nouvelles couleurs, il s’est livré à moi, de nouvelles émotions en ce moment. On est connecté.

J’ai froid aux jambes. Mon nouveau jeans  ne suffit pas. Je suis poreux. La nuée peut m’attaquer à souhait par le bas.

Si j’étais resté trois jours au complet repos dés le début de ma grippe, j’en serai pas là. Mais je ne peux pas m’empêcher de rejouer au magicien dés que ma mana a un peu remonté, quitte à retomber plus bas le lendemain. Comme si j’avais un plaisir à me maintenir dans cet état de survie.

Résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout…ce monde n’est pas le tien…bats toi…

« Si on a une couille, on a un budget réparation. »

Quelque chose qui dort en toi…ce je ne sais quoi, que d’autres n’ont pas, qui nous met dans un drôle d’état…

« Des vieux modèles, 15 000 euros… vraiment à l’ancienne… ça dépend… »

Gling, glang, shling, shling.

Ce je ne sais quoi, que d’autres n’ont pas…

« Tout ce qu’on a pris… ils jouent ce weekend… ils font du black… »

Cling, cling, cling,

Elle a, elle a…

A suivre?


Chapitre 14

Je suis magique. Chapitre 1.

Chapitre 13

00:47.

Toujours le même…

Tap, top, tap, tap, atchoum!

Je fais partie de ceux qui ont de l’avance. De ceux qui précèdent leur réputation.

Ding, ding, ding. Seulement le bruit de la cigarette qui cogne le cendrier en verre pour y faire tomber le tabac consumé…

Ça arrive même au meilleur d’entre nous…Je t’aimerai encore et au nom de tous…

Je culpabilise, mes actes ces derniers temps font souffrir celle que j’aimais, et que j’aimerai toujours. Je le sens. C’était trop beau que la rupture se fasse sans mal. Les vagues font toujours des dégâts sur nos proches. C’est triste. Mais c’est ainsi. Il faut accepter. Accepter les fins. Surtout celles qui n’étaient pas attendues.

Je vais être édité. Ainsi, je vais être jalousé. Je le sais. Je crois savoir. Je suis insupportable. Une bonne raison de m’être exilé. Me voilà Victor Hugo, autre illustre bipolaire. Peu d’humains en vie peuvent résister à mon ascension. Je suis trop haut, trop loin. Je suis trop. Et tout ça avec 400 mg de Xeroquel, 800 mg de Theralithe , 10 mg de Valium. Voilà de jolis placements de produits qui ne me rapporteront rien en argent mais en transparence vis à vis de moi-même.

Je partage. C’est la seule chose que je sais faire au final. Je partage. Pas par bonté, mais par nécessité. Je partage pour me sentir vivant. Me sentir exister aux yeux de l’autre, pour survivre ensuite lorsqu’il n’est pas là. L’autre, cet être aux milles mystères.

A suivre.


Chapitre 13

Je suis magique. Chapitre 1.

Chapitre 12

00:00.

Révolution.

Je suis qui je voulais être. Je suis là où je voulais être en train de faire ce que je voulais faire. Mais dans quel état…

Si l’esprit veut, le corps suit. Encore faut-il qu’il en paye le prix.

Si tu savais comment… Si tu savais souvent je doute de moi…

Toujours sur une table en bois. Mais cette fois, et enfin, sur celle de chez moi. Chez moi. J’écris la nuit chez moi. Balzac me voilà.

Je n’avais pas assez de mana pour réaliser ma magie ce soir. Mon corps frissonnait jusqu’au bout de ces limites. Je n’ai pas rencontré Marion Cotillard. Mais en réalité, ou en folie, ce n’est pas faute de magie, c’est seulement qu’elle était fatiguée et pas disposée pour sortir. Ce n’est que partie remise si je tiens le bon bout. Faut tenir. Il suffit d’y croire. Puis de se tenir à sa croyance avec patience et espoir. Foi.

Ma magie est simple. Elle consiste à rencontrer la vie à point nommée. A rencontrer mon destin. Rencontrer la personne ou un signe qui incarne mon destin. Ma magie consiste à être sur ma voie. Ce soir, pendant que Marion Cotillard était au lit indisposée, j’ai tout de même fait la rencontre de mon destin. Incarné par une personne qui m’a expliqué en long et en large en quoi consistait la SCOP : société coopérative et participative. Forme juridique qui conviendrait pour Stars in Arts. La SCOP est un juste milieu entre l’association et l’entreprise. Je connaissais déjà vaguement par le biais d’une amie qui a opté pour cette forme pour son projet très similaire au mien. Et là c’est du concret, je suis ressorti de cette discussion avec un savoir plus précis et surtout le contact du délégué régional Morbihan de l’union régionale ouest des SCOP.

Depuis l’histoire de la pomme d’Adam… Quand c’est pas une soeur, c’est une mère qui espère alors…

Je célèbre ma première nuit Balzacienne, illustre bipolaire qui plus est, avec une tisane maison. J’ai assez financé La Pépinière comme ça. M’enfin, je me dis que c’est le prix à payer pour s’intégrer. Le prix à payer pour rencontrer ce que l’Ile a à m’offrir.

fffffffut, ffffffut, gloup, ffffut, gloup, hmmm. C’est chaud, c’est ce qu’il me faut.

J’essayais de dormir en vain. Je cauchemardais éveillé. Mon esprit est en pleine révolution vraiment. Les gilets jaunes du monde extérieur ne sont qu’une pâle image de la transformation intérieure.

Dis leur qu’on arrive… Avec ou sans papiers…Dis leur qu’on arrive…Qu’on est plus par là quelque part…Dis leur qu’on est par milliers…des marchands de rêves…

Pile poil dans le vrai, dans mon réel.

Non nous ne sommes pas maudits, croyez moi…l’heure viendra où l’on sera roi, où la Terre tournera comme on voudra…

Suffit de laisser dérouler la musique. La partition est déjà écrite, je n’ai qu’à laisser la lumière allumée. Maintenir l’obscurité à distance. Pour cela, seule la lumière de la conscience suffit.

Deux bougies allumées. L’écran et le bout de la cigarette sont là pour éclaircir mon appartement plongé dans la nuit. Cette pièce qui accueillera dans une semaine mon nouveau compagnon : Bill. Je ne serai plus seul. J’aurai un chien-loup fidèle. J’aurai une grande partie de ce que j’ai toujours voulu. Pour le reste, cela ne tient pas qu’à moi mais à elle. Elle, cette inconnue. Et toutes les conséquences inconnues qui adviendront avec notre rencontre. Je suis prêt.

La vie…c’est le temps qu’on restera…

A suivre.