C’est le jugement porté sur la souffrance qui rend malade

Essai d’essai, la suite. (Première partie)

« Ton jugement va me rendre malade ».

Entendre des voix, croire que l’on est un Dieu ou même être persuadé d’être invisible…  En soit qu’y a t’il de mal là dedans tant que les actes qui accompagnent ces folies ne sont dangereuses ni pour la personne ni pour les autres? Avant la souffrance, qui est étroitement liée à la confrontation avec le monde extérieur démunie face à l’anomalie, nous sommes dans un imaginaire personnel, un univers à soi que nous voulons partager aux autres.

Qu’il est difficile de partager sa réalité quand elle est si différente de la réalité normale! Il est normal de penser être un humain, il n’est pas normal de penser être un Dieu. Chose intéressante, c’est que je n’ai jamais entendu personne se questionner sur la véritable définition de sa condition. Discussion qui m’intéresserait profondément. Je suis même certain que si j’avais pu évoluer dans des écoles qui m’auraient accompagné à réfléchir et m’exprimer dessus, j’aurai mieux défini ce qu’était l’humain et malgré le fait que j’ai l’impression d’être très différent des autres humains, je ne me serai pas pris pour autant pour Dieu.

Tout ça pour dire que ma folie se nourrie d’un flou qu’a laissé mon éducation. On m’a enseigné des matières mais on ne m’a pas accompagné à devenir un adulte, un homme. Il y a eu un raté. L’enfant heureux que j’étais en primaire n’a jamais pu se transformer en adulte. Il est resté là quelque part au fond de moi baillonné la plupart du temps, oublié sinon.

La maladie mentale, c’est un enfant qui a été oublié sur la route de l’âge adulte.

L’enfant pour moi représente l’imaginaire, la singularité, l’innocence, la créativité. Ces mots ne vont pas avec la norme. L’imaginaire est anormale. La singularité est anormale. L’innoncence est anormale. La créativité est anormale. Et c’est bien normal, je n’ai pas de problème avec ça. D’ailleurs, et je devrais l’écrire en avant propos, je n’ai pas de problème avec le fait qu’il faille une norme dans une société sur laquelle se baser pour faire fonctionner le système. Je ne crois pas en l’anarchie, mais à un minimum d’ordre et d’étiquettes pour se repérer et vivre ensemble.

Cependant on pourrait rendre normal un meilleur accompagnement de l’imaginaire, de la créativité, de l’innocence, de la singularité, que certains enfants, adolescents font preuve particulièrement afin de leur donner l’attention nécessaire pour qu’il puisse se comprendre afin d’être compris pour enfin trouver une place dans la société avec les normaux.

Et pour revenir à la psychiatrie. On pourrait rendre normal le fait qu’il y ait un minimum d’accompagnement humain en plus des médicaments lorsqu’une personne est perchée dans son monde, son imaginaire, son univers, sa folie. Cela pour éviter le choc brutal que j’ai à nouveau expérimenté le mois dernier, celle du traitement du « délire » par la chambre d’isolement  et les médicaments uniquement. Car ce traitement dépourvu d’humanité est d’une violence presque irréversible, tant les séquelles qui restent enfouies dans la mémoire conditionnent l’avenir inconsciemment.

A un certain stade, une nervosité peut s’allier au délire, et alors il commence déjà à il y avoir souffrance, mais la vraie souffrance arrive lors du traitement de choc. L’esprit totalement déboussolé et mal accompagné va souffrir de voir ce qu’il s’est passé. C’est à dire que la personne va souffrir du jugement, du regard, du diagnostique que l’on va poser sur sa période délirante. La société, le dogme actuel, va très rapidement faire comprendre que ce qu’elle a vécu est faux, est malade, est mauvais, est dangereux. Dur! Car la personne l’a vraiment vécu et ressentie comme vraie. Le poids de la réalité normale  est bien trop fort pour que la réalité différente, singulière d’une seule personne totalement perdue, sonnée par le retour brutal à la réalité normale, puisse résister et affirmer que son délire était vraie pour elle. Un peu exagéré à cause de la nervosité lié à un environnement non accompagnateur, mais dans le fond vrai… pour elle bien sûr!

Une fois avoir compris que la personne souffrante n’est pas à considérer seulement comme une malade, une écoute suivie d’une reconnaissance que sa perception du monde a autant de valeur que la perception normale pourrait déjà être une révolution.

Je vais préparer les sandwichs.

Patience et espoir

W

bipohypermaniac@gmail.com


« La personne souffrante est malade, c’est ainsi. » Bah non, je ne suis pas d’accord.

Essai d’essai.

La psychiatrie en France.

J’ai tant de choses à raconter à ce sujet. Depuis ma rechute et mon énième expérience de la chambre d’isolement récemment, j’ai renoué avec l’expérience de la souffrance mentale, de l’enfermement. Cela faisait des années que j’avais cessé d’écrire à ce sujet. Le temps passe et l’esprit a une merveille faculté pour oublier ou plutôt refouler au plus profond de nous les mémoires dramatiques. « Crise maniaque, délire, hôpital psychiatrique, chambre d’isolement, etc. » j’ai laissé depuis 2015 ces mots derrière moi pour un nouveau champ lexical : « hypersensibilité, différence, partage, empathie, etc. ». Des mots qui permettent de approcher nos mal-être de manière moins médicales et plus humaines.

Je suis persuadé qu’une personne déclarant un trouble psy est un être hypersensible qui n’a pas eu l’entourage humain adapté à sa sensibilité, n’a pas eu les ressources ni la conscience nécessaire pour prendre soin de sa sensibilité, et qui du coup tombe malade et glisse dans la spirale psychiatrique avec ses labyrinthes de traitement et son dogme surpuissant qui repose sur une croyance profondément ancrée chez tous (presque!) les patients, psychiatres, infirmiers, familles des patients :

La personne souffrante est malade, c’est ainsi.

Pour que cette croyance soit si bien installée dans l’esprit des gens, c’est parce qu’elle est en partie vraie. Il suffit d’y émettre une nuance et c’est tout un nouveau monde de possible de soin qui s’ouvre.

Depuis mon diagnostique de bipolaire en 2008, j’ai vécu bien des psychoses, dépressions et variations de l’humeur de tout degrés. J’ai été enfermé dans de multiples structures. Bref à part la tentative de suicide qui manque à ce CV, j’ai une expérience considérable de l’univers psychiatrique.  Cela dit, mon expérience est unique, évidemment, et je ne prétends pas savoir ce qui est le mieux pour toi en termes de soin. Encore une fois les patients en général sont soumises à cette croyance. Je suis malade, c’est ainsi. Les nouvelles méthodes de soin que je proposerais échoueraient avec cette croyance.

L’évolution de la psychiatrie ne repose pas sur des moyens supplémentaires humains, financiers  mais sur une ouverture d’esprit, une remise en question de comment on définit et on considère la personne qui souffre mentalement.

Pourquoi en est-elle arrivée là?

Qu’est ce qui s’est passée dans sa famille, à l’école… pour qu’elle déraille ainsi?

A t-elle un gène depuis toujours malade qui se révèle à l’âge adulte, ou est-ce que ce gêne est porteur d’une fragilité, qui avec des années de non considération de cette fragilité par la personne et son entourage finit par créer une maladie psy?

 

Je ne me suis jamais considéré comme malade.

J’ai souffert terriblement lors de mes crises mais lorsqu’on m’a donné le diagnostique « bipolaire » je n’ai pas attrapé le virus qui va avec. C’est à dire toutes les pensées : « je suis malade à vie, je vais en chier toute ma vie, je vais prendre un traitement à vie, je vais donc jamais être heureux, c’est horrible plaignez moi, etc ». Si je croyais vraiment que c’était une maladie chronique inguérissable seulement « gérable » à haute dose de neuroleptique, j’aurai pour le coup mis sur mon CV cette tentative de suicide. Et cette croyance étant si terrifiante, je ne me serai pas raté, je suppose. A quoi bon vivre si on est certain d’être prisonnier d’une souffrance toute notre vie?

Non, pour moi cela n’a pas de sens, donc je n’ai pas cru en ça. Peut-être que mon orgueil m’a sauvé sur ce coup :

« Tu es malade, mon pauvre.

_ Moi malade? Tu rigoles, regarde cette société basée sur la consommation, regarde ce monde du travail centré sur le profit, c’est ce monde qui est malade, c’est cela qui m’a fait péter les plombs. »

Ma croyance est simple : le monde est malade, j’ai des périodes de souffrance à cause et pour lui.

Mon hypersensibilité et en particulier mon hyper empathie me caractérisent et sont une cause de mes périodes de souffrances. L’autre cause provient des éléments du monde extérieur : relations amoureuses, attentats, événements professionnels, etc. C’est la rencontre de ma fragilité avec le monde qui me fait parfois bien du mal.

Tout ça pour dire que la maladie mentale n’est pas chez le patient.

J’ai une fragilité (dans certaine situation, autre nuance!) mais tel le roseau cela ne fait pas de moi un malade.

Par contre dans une situation où je suis fragilisée, ton jugement va me rendre malade! Par exemple. Bref, cette exclamation est un prétexte pour introduire un prochain chapitre, une autre nuance.

On est différent selon les environnements dans lesquels on évolue. Il est possible alors d’agir sur le souffrance en choisissant avec conscience quelles sont les activités, relations, lieux de vies, qui vont être le mieux pour nous, et nous éviter de tomber malade !

A suivre, j’espère. J’essai de faire un essai là , c’est du sérieux!

D’ailleurs je suis ouvert à l’échange sur ce sujet pour alimenter ma réflexion : bipohypermaniac@gmail.com  Et d’ailleurs, pour ceux qui ont mon 07 sachez que je n’ai plus votre numéro, tout a été perdu lors de mon dernier délire.

Patience et Espoir

W

La bipolarité n’est pas une maladie :

Qui sait, l’hiver prochain j’attraperai peut être un rhume, ou je tomberai en dépression… Mais aujourd’hui je ne suis pas enrhumé, je ne suis pas déprimé ni exalté, alors non je ne suis pas malade.

 

 


Décision du matin

Comme tous les matins depuis 2 semaines, je vois ma psychiatre.

Ce matin je vais lui offrir mon livre et lui faire lire mon dernier article sur lexpress : https://blogs.lexpress.fr/bipolaire/2019/11/27/psychiatrie-en-france-je-ne-suis-pas-revolte/

Parce que je suis fatigué de parler. De batailler à me faire comprendre face à une personne qui malgré toutes ses bonnes intentions n’a pas été formé à l’écoute et la compréhension dont j’aurai besoin.

Ironie du sort : je suis tombé malade. J’ai attrapé un vilain virus dans la clinique.

Après la consultation je rentre chez moi me soigner. Avec ce qu’il me fait du bien : mon chien, un environnement familier, en attendant de conclure ce chapitre en embarquant dans quelques jours sur un bateau à Quiberon. Back to home, sweet home.

Reprendre de l’énergie pour ensuite aider un ami en perdition qui n’a pas la chance d’avoir ce que j’ai pour se soigner : la famille.

Patience et Espoir

W

 


Redonner vie au divin

Je redescends de mon trône car je sens le besoin de faire résonner quelques mots. De nous faire raisonner sur nos maux. Encore…

Anciens ou nouveaux combattants qui me suivez, la bataille contre notre ennemi psychique est loin d’être finie.

Je me sens roi du peuple des souffrants. Je veux une vie simple, et prendre ce destin est le moyen d’arriver à ma paix. Je n’arrêterai pas tant qu’un frère ou une sœur soient maltraités.

Je partagerai mon bonheur et mes libérations toujours à l’heure, à l’aube d’une prochaine révolution.

Notre mal est mal traité. Il est considéré structurel alors que la cause est conjoncturelle.

Si ce n’est pas encore fait, tu dois choisir ton camp : est-ce toi qui est malade, ou est-ce le monde qui t’a rendu malade? C’est différent.

Si tu te considère malade, tu vivras une vie tranquille de malade.

Si tu considères que c’est le monde qui est malade, alors tu te battras pour vivre dans un meilleur monde qui ne te rendra plus malade.

C’est aussi simple que ça.

C’est certainement trop tard pour les vieilles générations, conditionnées, prisonniers de dogmes sagement répétées. J’use encore un peu de salive pour elle mais hélas, je n’ai pas de grands espoirs, je préfère lutter pour les nouvelles. Un futur meilleur. Une psychiatrie qui ne s’appellera plus psychiatrie.

J’ai l’expérience et les soldats avec moi. C’est écrit, je vaincrai les murs qui m’ont fait souffert pour les futurs patients. La patience sera soignée différemment.

Je déclare déjà condamné la spécialité « psychiatre » pour les étudiants de médecine. Il n’y a plus d’avenir dans cette discipline.

J’ai raison de dire que la psychiatrie doit être abolie, transformée. Mes vérités sur ces fondements dépassent les pontes les plus confirmés.

Cependant je ne veux pas être Calife à la place du Calife. Je ne veux pas que mes commandements soient pris à la lettre. Je ne veux pas tomber dans le piège.

Je veux que chacun à son rythme redevienne son propre docteur, et choisisse son propre traitement (le plus propre possible!). Que chacun reprenne le pouvoir dans son psychisme ! Que chacun soit accompagné de gens libres et non de tuteurs bien éduqués.

Le patient doit être acteur et non consommateur.

Pour cela j’use de ma lumière. Pas pour gouverner leur choix, mais seulement pour éclairer une partie d’eux mêmes oubliés. Cette partie de nous qui a toujours le choix, cette partie qui imagine, cette partie qui nous crée un chemin unique. Là est mon rôle, mettre la lumière ici. Redonner vie au divin.

Avec patience et espoir.

W


Je passe pro !

Me revoilà !

Mais quelle que chose à changer.

Depuis 2013 j’ai donné beaucoup d’énergie à aider les bipolaires, hypersensibles, que ce soient en discussions privées ou par l’association des HyperSensibles. Et tout cela gratuitement.

Aujourd’hui je veux continuer cela d’une manière systemique. Adopter mes actions dans le monde du travail.

C’est pour cela que je créé 2 entreprises :

pepinierehs-hypersensible-maison-bipolaire-cv-financement-creation-bienveoillance-je-suis-projet-ressourcement-emotion-empathie-

  • LA Pépinière HS (SARL) qui continuera à accueillir des séjours de ressourcement

lacher-prise-bipolaire-hypersensible-emotions-troubles-psy-mental-ego-coeur

  • une entreprise de coaching (auto entre preneur). Je continuerai à écouter les hypersensibles qui ont besoin de l’aide et en particulier à être médiateur lors de conflits entre hs et non hs.
  • bipolaire-argent-colere-capitalisme-revolte-banque-injustice-subprime

Des nouvelles pages web vont être crées à ces effets.
Et ce blog continuera à être mon journal irrégulier des mes humeurs irrégulières 😉

Je suis toujours là quelque part.

Et pour ceux qui ont la Foi d’aller jusqu’à la fin de cet article, voilà une invitation spéciale : https://www.facebook.com/W-Seven-Paradise-100491971409496/

Patience et espoir

W

en attendant, toujours le même contact : bipohypermaniac@gmail.com


Ce n’est pas juste un blog comme les autres. Peut être le dernier article…

S’il devait y avoir un dernier article ce serait quelque chose comme ça. Quelque chose qui me rend fier.

De ce blog est né :

  • Des rencontres et l’Association des HyperSensibles :

Logo A4

www.association-hypersensibles.fr

 

  • De l’asso, des séjours et le projet Pépinière HS

 

pepinierehs-hypersensible-maison-bipolaire-cv-financement-creation-bienveoillance-je-suis-projet-ressourcement-emotion-empathie-

Bienvenus aux prochains séjours (entre le 25 mai et le 8 Juin 2019)

https://www.association-hypersensibles.fr/pepiniere-hs.html

 

  • Des articles du blog, un premier livre :

bipolaire-livre-blog-trouble-bipolarite-temoignage-symptome-suis-je-definition-vivre-femme-mari-proches

pour se le procurer : La vie d’un bipolaire, le livre, sur amazon

 

  • le désir de pousser l’expression écrite à l’expression vocale :

je reviens de loin

Un des titres sur youtube : Je reviens de loin 

MERCI pour les 586 343 visites. Autant de coup d’œil sur mes écrits qui m’ont porté et permis de réaliser toutes ces choses.

W


J’ai besoin d’aide

J’ai besoin d’aide. Cela fait longtemps que je rame. Je suis essoufflé. Je suis seul. A bout.

Et pourtant…

Mes écrits publiés sur ce blog depuis 2013 sont à l’origine d’une association, l’association des hypersensibles qui permet à 3000 personnes d’accéder à des espaces d’expression dans lesquels ils peuvent échanger sur leur sensibilité. Une expression nécessaire mais difficile ailleurs dans la société. J’ai créé ces espaces sous formes de rencontres dans les quatre coins de la France et sur internet. J’ai donné beaucoup d’énergie à les développer pendant des années. A en faire mon activité principale bien que bénévole et vivant grâce à l’allocation d’adultes handicapés. Aujourd’hui je coordonne une vingtaine de bénévoles qui à leur tour donne du temps pour répondre à ce besoin d’échange largement répandu dans la population.

Depuis trois ans, avec cette association, j’organise aussi des séjours. Avec le désir persistant de créer un lieu de vie ressourçant pour les personnes ayant ce besoin.

Depuis un an je me suis installé, à l’époque avec ma compagne, sur Belle Ile en mer en Bretagne, un environnement adapté à ma sensibilité et à ce projet de lieu d’accueil : la Pépinière HS (la page avec des vidéos qui décrivent le projet ici).

Depuis Janvier, un financement participatif a eu lieu et permet de louer une maison à l’année pour lancer le projet. Maison que je n’ai pas encore trouvé. Je loue des maisons de vacances tant bien que mal en attendant pour les séjours à venir.

Contrairement aux autres activités de l’association, je suis encore seul à porter ce projet. Pourtant il est bien reçu. Je reçois beaucoup d’encouragements. Et le prochain séjour (dans 3 jours) est complet. Mais je suis seul à le porter. Parce que j’ai du mal certainement à communiquer et à travailler en équipe et parce que pour le moment ce n’est que du bénévolat que je peux proposer.

Aujourd’hui j’ai du mal. Cela fait des mois, en fait, que j’ai du mal. De l’extérieur, ça à l’air d’avancer doucement mais sûrement. Mais de l’intérieur, je rame, je rame, pour cela.

La rupture amoureuse d’il y a quelques mois me fragilise affectivement. Je suis seul au quotidien malgré mon nouveau compagnon animal. Nouveau compagnon qui a eu un accident, plus traumatisant pour moi que pour lui au final.

Ma situation financière avant l’accident était limite. Je vis avec 200 euros par mois une fois que les charges relatives au loyer sont payés. Les soins pour mon chien m’oblige à m’endetter. Et je ne travaille pas car la direction de l’association et le développement du projet Pépinière HS demande du temps mais surtout de l’énergie. Je ne travaille pas aussi simplement car le système professionnel m’a toujours rendu malade et m’a envoyé en hôpital psychiatrique à chaque tentatives, pour résumé grossièrement.

Je me plains, oui. Car la plainte est la seule chose que j’ai à exprimer. Les autres pensées sont noires et terribles et j’essaie de ne pas leur donner plus de place qu’elles en ont.

J’ai un beau projet qui a le potentiel et le public pour être réalisé mais là je rame et les pensées d’abandon sont de plus en plus fréquentes. Mais je ne peux pas abandonner.

J’ai besoin d’aide. Des encouragements j’en ai par centaines, c’est super, mais ça ne suffit plus. J’ai besoin d’aides concrètes. D’abord trouver cette maison sur Belle Ile. Ensuite structurer ce projet. Ancrer cette entreprise, ou quelque soit l’entité juridique correspondante, dans le système. Je ne suis pas quelqu’un de structurer. J’ai besoin d’aide pour structurer.

J’ai besoin d’assistance. C’est une urgence. Car au delà du projet, je peine à vivre au quotidien.

Je ne veux pas abandonner. Je ne peux pas. Je ne veux pas mourir. Je ne peux pas.

C’est rare que je pleurs. Les rares fois c’est à la suite d’un événement très fort émotionnellement. Ces derniers jours, ça m’arrive de pleurer pour rien. Pleurer juste de ma situation.

Je ne veux pas de messages d’encouragements. Je remercie d’avance à ceux qui en ont l’intention. Je veux de l’aide concrète.

Cet appel à l’aide, je l’exprime tout d’abord ici, brutalement, car c’est ici que tout a commencé. Mais je l’écrirai dans des termes plus formels par d’autres biais. Sur mon blog de l’express qui est plus exposé, que j’ai laissé à l’abandon. Je l’exprimerai au sein de l’association. Mais aussi aux Belle Ilois. Je pense même à écrire une lettre au maire.

Je me sens seul, misérable, sans le sous, dépassé, sous terre, et pourtant…

Et pourtant…

Hier un photographe a été mandaté spécialement sur l’île par un magazine féminin pour faire un portrait de moi. Cela pour illustrer une interview. Le thème : la dé-tabou-isation de la santé mentale. Un article qui voudrait dire : on peut bien vivre avec un diagnostique de bipolaire. Pour moi c’est pas une question de diagnostique mais bref non, je vis mal. Et beaucoup de personnes aux sensibilités et fragilités similaires vivent une sorte de misère comparable voir bien pire. Et ce ne sont pas des gilets jaunes, c’est encore autre chose.

Bref, on s’intéresse à moi. On me met en lumière. Alors le jour de la photo, j’arrange ma coiffure, mon apparence. Mais l’instant d’avant et d’après je suis misérable.

De l’extérieur ça ne se voit pas. J’exprime l’intérieur justement pour tenter de me sauver tant qu’il est temps.

Je reçois beaucoup de « merci » pour ce que j’ai créé et pour ce que ça a apporté à beaucoup de personnes. C’est gentil, mais ils ne font pas le poids. Il y a un an j’ai failli me noyer vraiment et là cela fait des mois que je coule métaphoriquement mais sérieusement. Une spirale infernale… bref, tu as compris le message.

J’ai besoin d’aide :

  • trouver une maison (3 chambres minimum) pour moi et les séjours Pépinière HS sur Belle Ile en mer à louer à l’année.
  • Une assistance pour structurer le projet (choix de l’entité juridique, modèle économique, administratif etc.)

A ce sujet, tu peux me contacter ici : wiwi@association-hypersensibles.fr

Merci.

W