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Envie d’aimer, envie de jouer!

En écoutant les chansons de Lala Land qui puent le printemps.

Parce que ça y est, chez moi le printemps a commencé. Je fais les frais des premiers bourgeons. Un renouveau opère. Un nouvel élan qui se fait connaître au fond de moi et qui met en lumière quelque chose que j’avais oublié. Une douceur, un morceau de bonheur. Ça se résume seulement à une dégustation de 5 minutes, assis sur un banc du parc des Buttes Chaumont dans cet avant goût de printemps de mercredi soir dernier, mais l’important est que je me souviens que cette graine aux saveurs d’éveil existe toujours. Et grâce au surplus de lumière à venir, je garde bon espoir que lorsque le printemps extérieur viendra, mon être aura déjà retrouvé un large éventail de ses couleurs vertes, jaunes et bleues.

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C’est bien beau tout ça, mais ce renouveau, cet élan de vie qui souffle en moi fait vent d’envies qui ne sont pas simples à gérer.

Lorsque cette envie de vivre revient, que fais-tu? J’avoue n’avoir pas trop préparé le terrain. Bien sûr, je continue les activités qui m’ont conduis jusque ici, en gros : l’association des hypersensibles. Mais ce qui est propre à ce renouveau, c’est l’envie de nouveau justement! Voilà et là je suis seul chez moi 9 jours sur 10 à devoir contenir cet élan.

Bon, il y a deux envies qui me travaillent. Les femmes et le jeu. Comme quoi, je peux être un homme très « basique », moi qui me trouve si complexe. Les femmes et le jeu étant des plaisirs ancestraux des hommes, non? M’enfin, pour ma part c’est pas aussi simple que ça, tu t’en douteras, ça ne peux jamais être simple, c’est ça le problème!

En ce qui concerne le jeu. Déjà il ne s’agit plus de poker, j’ai soigné cette addiction depuis plusieurs années. Oui parce que j’ai traversé à peu près toutes les addictions que l’on peut rencontrer dans notre société (si saine!). Et je les ai a peu près toutes soignées, c’était pas gagné : le poker, le cannabis, l’alcool, le sexe, avec le temps et beaucoup de tempêtes, je maîtrise la consommation de ces choses-là. J’entends une voix qui me dit « mais le sexe, c’est pas une addiction, le sexe c’est trop géniaaal! ».

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Je parle des pulsions sexuelles qui me poussaient à avoir certains rapports avec certaines femmes que je n’aurai pas eu si je ne m’étais pas laissé embarqué par des élans d’excitation proche de l’animal. En soi, je ne faisais rien de mal mais j’ai passé des lendemains à regretter avec douleurs et à culpabiliser. Ça c’était au début de la vingtaine, après ça c’est un peu calmé, j’arrivais à gérer les pulsions dans le sens de ne pas faire des rencontres sous leurs impulsions. Mais alors c’était par messages et par skype que je succombais à cet animal sexuel en moi qui revenait par périodes et ça m’a causé quand même pas mal de problèmes. Et puis il y a quelques années j’ai lu un bouquin sur la tantra. Cette nouvelle approche de la sexualité et le temps font qu’aujourd’hui je maîtrise beaucoup mieux ma sexualité. C’est pas quelque chose que j’écris beaucoup, mais mon énergie sexuelle est une des choses en moi qui m’a donné le plus de travail. Merci à notre merveilleuse société, qui sur ce point encore, est criminelle. Et je pèse mes mots pour une fois! Bref aujourd’hui, il m’arrive encore parfois, dans un pic d’énergie sexuel, d’envoyer un petit message un peu relou à une ex, mais rien de très culpabilisant.

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Tout ça pour dire que le sexe, c’est pas une mince affaire, et le fait qu’il y ait un gros tabou, ça n’arrange rien. Ma seule certitude sur le sexe c’est que dans notre société, en réalité, on ne sait rien sur l’énergie sexuelle.

Bon voilà c’était une grosse digression… mais c’est important parce que… Ta gueule! Ok, j’en étais où…

Ah oui les addictions. Ben du coup, aujourd’hui il ne me reste que le tabac vraiment. J’ai arrêté depuis longtemps le cannabis, et je bois parfois du rouge mais qu’en mangeant! Donc si tu veux m’inviter à boire un verre de rouge, si je t’invite à dîner à la place, ce n’est que pour pouvoir le boire, ce verre de rouge!

Le tabac et encore un peu le jeu. Si ce n’est pas sous la forme du poker, il a réapparu sous la forme des paris sportifs.

C’est comme si cet élan vital qui renaît intensément remontait en moi des envies pas encore tout à fait réglées. Donc cette envie est réapparue la semaine dernière et j’ai parié 60 euros depuis (j’ai fait gagné mon frère 30 euros pour ma défense). Haha! c’est ridicule comparé aux milliers d’euros que j’ai perdu avec le poker autrefois, mais c’est pas tant la somme qui m’inquiète que le processus sous-jascent. Le but n’étant pas de s’interdire une envie mais de pouvoir l’assouvir sans se mettre en danger soi (oui parce que en général ce n’est pas l’autre mais moi que je mets en danger) comme j’ai pu le faire avec le poker (du coup ça fait longtemps que je n’y joue plus). Que le jeu reste un jeu. Que la recherche d’exaltation soit orientée vers autre chose. Bon, finalement je peux dire qu’aujourd’hui j’ai passé le moment compliqué, et que je parie sur un autre domaine : le relationnel. Finalement si il y a bien quelque chose de sure où l’on peut placer toute son énergie c’est dans la relation à l’autre. Le problème c’est que je suis bien meilleur au poker que dans la relation à l’autre, surtout quand elle devient amoureuse.

Parce qu’il m’a fallu 1000 mots pour en arriver à parler de l’envie la plus forte en ce moment et qui s’intensifie plus mon printemps bourgeonne : les femmes. Mais en particulier : la femme. Contrairement au passé, j’ai envie de construire une relation avec une femme, fini les autres types de relation. Je veux m’engager dans quelque chose de profond, sincère, épanouissant, d’avenir, de projets. Haha! Si j’avais cru que j’écrirai cela il y a quelques temps, je me serai pendu.

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Voilà mon envie. Et du coup, que faire de cette envie? Jusqu’ici je me suis dit, pas de **********, je veux rencontrer ma femme dans la vraie vie, on vaut mieux qu’un site de rencontres. Le problème c’est que ma vie sociale se résume à une sortie sur Paris tous les 10 jours et que cette sortie ainsi que ma vie sociale dans sa globalité dépendent des rencontres que j’organise avec l’association des hypersensibles (prochaine samedi 25 février d’ailleurs). Et dans ces rencontres, mon intention d’origine n’est pas de sortir avec les participantes. Ça se pourrait en réalité, mais non il y a quelque chose qui me gêne. D’ailleurs sur 3 ans de rencontres, je n’ai jamais eu de réelles relations avec une nana connue par ce biais là. Tout ça pour dire, que j’ai cette envie de tourner la page d’une nouvelle relation…

…de voir le nouveau visage de la femme que je poursuis depuis que j’ai l’âge d’aimer.

Oui c’est comme ça que je vois les choses. Mais c’est pas le sujet. Aujourd’hui j’ai mis le pied dans un site de rencontres pour célibataires exigeants, « un pied » car il y a une sélection à l’entrée, c’est fou ça : un site de rencontres franc-maçon.

Pffffffffff Brefffffffffffff

Envie de jouer, envie d’aimer, voilà ce qui résume ce que j’ai envie depuis toujours en fait.

Allez, je vais être sympa, je vais chercher des images pour aérer ce pavé.

J’aime toujours correspondre avec toi sinon aussi : bipohypermaniac@gmail.com

Le printemps arrive!

Patience et espoir

W

2 clics très intéressant : https://www.association-hypersensibles.fr/

fb  :  associationhypersensible

 

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La case hypersensible

Je n’ai pas encore trouvé ma case. Tous les cadres qui existent autour de moi m’ennuient. Case, cadre ou boîte, j’entends par là un espace où je puisse être bien, faire des choses qui me plaisent avec des personnes que j’aime. Par « des personnes que j’aime » j’entends par là des gens avec qui je puisse être un minimum moi-même sans avoir le sentiment d’être jugé et avec lesquelles le mot « partage » prennent tout son sens.

Comme si notre société était un grand village africain, j’ai voyagé de case en case sans jamais pouvoir m’installer dans une. Ça à commencer par l’école puis les études, puis le travail et en parallèle, les hobbies, les addictions, les filles. Dans tout cela je n’ai jamais trouver une stabilité, j’ai toujours papillonné d’un employeur à un autre, d’un hobbie à un autre, d’une addiction à une autre. En ce qui concerne l’expression « être casé » même là,  je peux pratiquement ne pas prétendre d’avoir pu jouir de cette case.

Ici, le terme de case a plutôt une connotation positive. Puisque je recherche une case, un foyer dans lequel je puis poser bagage et profiter du cadre qu’il me donne. Un cadre qui me convient dans lequel je peux m’épanouir au quotidien. Ça peut être un travail, un lieu de vie, une bande d’amis.

J’ai multiplié les tentatives mais je n’ai pas encore trouvé. Face à cet échec, je me demande souvent si je suis fait pour ce monde vu que je ne fais rien comme tout le monde. Vu que toutes les cases, dans lesquelles les gens se donnent, m’ennuient. Les différents groupes sociaux m’ennuient. Toutes les routines expérimentées m’ont ennuyé si sérieusement que j’ai toujours dû changer.

T’étonne pas si tu comprends pas bien le fond de ma pensée dans cet article. Je suis flou pour moi-même.

J’ai une solution pour trouver une case qui me convient. Créer cette case.

Créer cet espace dans lequel je me retrouverai. Et espérer que d’autres sans-cases que je ne soupçonnais pas se plaisent dans ma case. La case des hypersensibles!

Je ne me suis jamais senti libre en appartenant à aucune case. Plutôt perdu. Je crois que c’est inhérent à la condition humaine que de faire des groupes, des boîtes, des étiquettes. Sans-case-fixe, je suis devenu fou alors la société m’a mis dans une case, une étiquette : bipolaire. Mais c’est pas une case qui me rend libre au contraire, elle m’emprisonne.

Par contre, la case hypersensible, je l’a choisi comme un espace de liberté. Je pense que je ne suis pas seul à être attiré par celle-ci, je pense qu’au fond nous sommes mêmes beaucoup trop.

Voilà tout ça pour dire que l’association des Hyper Sensibles veut organiser cette nouvelle case de façon à ce qu’elle soit multicolore et avant tout un espace où l’on peut être un minimum qui l’on est et l’exprimer.

Cette association organise des rencontres un samedi sur deux à Paris. Mais aussi des week end dont le premier est en mai. 3 liens :

page facebook de l’association

www.association-hypersensibles.fr

associationhs2016@gmail.com

Hypersensiblement,

W


A vos agendas!

En créant ce blog en novembre 2013 j’étais loin d’imaginer qu’il serait à l’origine de multiples rencontres et de nouvelles amitiés. Encore une fois et plus que jamais la rencontre de samedi dernier fut une réussite. Nous, hypersensibles, avons tant de choses à nous raconter! Je crois même que nous avons des choses à faire ensemble… Se retrouver est la première.

Derrière ces échanges qui se font si bien, ces liens qui se tissent si bien, j’ai l’impression qu’il y a une même motivation : comprendre. Comprendre nos expériences, comprendre nos troubles, comprendre ce qui nous rassemble et ce qui nous différencie. C’est comme si nous étions des pionniers dans un monde nouveau, un monde qui tente de concilier les folies personnelles et les obligations d’un système commun. Un équilibre si subtile à trouver dans notre société. A travers mon chemin et celui d’autres amis hypersensibles, j’ai une certitude : beaucoup parviennent à tendre vers cette équilibre (ou stabilisation pour reprendre un terme plus vulgaire), c’est possible!

C’est pourquoi je crois tant à ces rencontres, elles sont le témoin réel de l’espoir. Le plus difficile étant de rompre l’isolement qu’engendre si facilement et si insidieusement l’hypersensibilité…

Bref! voilà les dates des prochaines réjouissances :

  • le dimanche 21 février 2016 : Rencontre classique dans un bar à Paris à partir de 16h
  • le samedi 5 mars 2016 : Rencontre d’échange à Paris autour du projet d’association : L’AHS l’association des hypersensibles.
  • le  dimanche 6 mars 2016 : rencontre skype qui prolonge l’échange sur l’association pour toutes personnes en dehors de Paris

Et enfin, et j’y reviendrai parce que ça me semble important :

le 20 mars 2016 : 2e journée mondiale du trouble bipolaire. J’y étais l’année dernière, voir l’article journée mondiale du trouble bipolaire

Si tu es partant ou si tu as des questions écris moi : bipohypermaniac@gmail.com

Voilà! J’espère te voir à une de ces occasions

Hypersensiblement

W

Impression

 


Mélancolie et révolte

J’essuie depuis un mois ma plus grande défaite.

J’ai rechuté en novembre avec comme élément déclencheur principal : les attentats du 13 novembre. Je suis monté en crise maniaque, j’ai vécu de multiples aventures à Paris et en Italie jusqu’au 9 décembre, jour où je me suis fait coffrer par la police pour tentative d’escroquerie… Deux jours après, je fus transférer à l’asile (cet HP porte très bien la désignation d’asile), le même dans lequel j’ai fait deux séjours en 2008 et 2009. Je t’ai déjà parlé de cet endroit sur ce blog ici: A l’asile chez Théophile Roussel.

Voilà un bon teaser en attendant que je te raconte cet épisode et l’ajoute aux autres crises maniaques publiées dans ce blog : maniac story .

Cette 7e hospitalisation m’a séché. Je te passe la garde à vue qui m’a tout de suite rappelé celle de janvier 2013. Quel sentiment de défaite atroce qui s’est imposé à moi lorsque ma raison est revenue le deuxième jour à l’asile. Cette amertume ma paralyse encore, voir même plus aujourd’hui alors que je suis sorti depuis trois semaines. Quel contre coup…

Jamais j’aurai imaginé il y a quelques mois que je rechuterai si classiquement après trois ans de combat contre mon trouble psychique. J’ai mis toutes mes chances de mon côté, employé d’innombrables moyens thérapeutiques, sans parler de ce blog et toutes les activités autour de celui-ci qui me maintiennent en garde. Quelle défaite ! La plus grande et la plus ressentie de ma vie. J’ai rechuté six fois entre 2008-2013 avant celle-ci mais jamais je n’avais vécu une telle claque. Car ce n’est que depuis celle de 2013 que j’ai véritablement accepté mon trouble et lancé le combat contre celui-ci donc toutes celles avant n’avait pas la même signification.

Il n’y a pas de défaite sans bataille. Finalement, ce n’est pas tant étonnant de perdre une bataille dans un long combat, Churchill (illustre bipolaire) en témoigne par sa carrière . Pas étonnant, mais il en reste tout de même que je suis à terre.

Dans cet épisode, je me suis embrouillé sur un détail avec mon colocataire parisien (détail qui a révélé sa personne) et j’ai déménagé quelques jours plus tard. Me revoilà revenu au point de départ, géographiquement, chez mes parents en banlieue. Avec un enseignement en tête : Paris, c’est fini. Revenir à Paris après ça serait une erreur. L’environnement parisien n’est pas compatible avec mon hypersensibilité. Sur-informations, sur-stimulations, absence de nature, routine métro-boulot-dodo inhumaine. Bien sûr il y a beaucoup de points positifs aussi, qui m’ont d’ailleurs masqué ce qui me paraît évident aujourd’hui : je ne suis pas fait pour la grande ville. Je vais plus loin, tout bipolaire ne peut être pleinement épanoui à Paris, il peut survivre oui, être stable oui, mais pas plus, il est très probable qu’il rechute.

Dans ce rejet de Paris, je me suis désengagé de toutes activités. Bénévolat et principalement : les ateliers de théâtre. Je suis donc à ce jour sans activité, sans engagement, redevenu célibataire depuis ma sortie d’HP (hé oui, dommage collatéral, j’en parlerai un autre jour), sans vie sociale. Le temps est suspendu au dessus d’un vide dans lequel je me baigne volontairement pour goûter aux fruits mélancoliques.

Je travaille sur la création d’une association. Oui, l’association des Hyper Sensibles verra le jour en mars. Association dans laquelle je place tous mes espoirs et ai besoin de vos soutiens lorsque je commencerai à communiquer celle-ci. Cette structure, en une phrase, permettra de formaliser mon et notre combat et le faire exister dans cette société.

Cette société… Je suis en colère contre cette société. Elle a une si grande responsabilité dans ma souffrance psychique. Cette société aux valeurs de consommations, d’individualisme, de compétition. Et la politique… Je suis révolté, j’ai honte de faire partie d’un pays qui fait la guerre sous prétexte de défense des droits de l’homme aux moyen orient depuis vingt ans et on s’étonne de se faire attaquer aujourd’hui (je reprends ici la pensée de Michel Onfray dans laquelle je m’y retrouve beaucoup). Bref, résultats je suis victime d’une guerre, avec ces attentats, dans laquelle je n’ai aucune responsabilité. Déjà en tant que citoyen je suis en colère mais en plus je suis un citoyen qui souffre de ne pas trouver sa place en tant que citoyen. Je suis révolté à plusieurs degré. T’as vu ce qui se passe pour les employés de l’entreprise Goodyear (voilà une pétition à signer : pétition). Et comment est traité la liberté d’expression…

Tout ça pour dire que mon sentiment mélancolique intérieur est représentatif de la situation révoltante extérieure. Ce lien toujours existant entre mon monde intérieur et le monde extérieur, entre le subjectif et l’objectif, est tout à fait passionnant.

Il va falloir à un moment donné qu’on (les personnes un minimum conscientes) fasse quelque chose parce que si on les (tous ceux qui sont au pouvoir)  laisse aux postes de décisions dans notre société, l’avenir nous nous appartiendra pas. Je veux croire qu’il existe des personnes encore qui ne sont pas résignés. Je comprends la résignation, j’ai flirté de loin avec elle mais je n’ai jamais été tenté de vivre une vie sans couleurs. Tel le colibri dans sa légende, je fais ma part, je créé une association qui prétend pouvoir améliorer la vie des personnes ayant un trouble psychique que je préfère appeler personnes hypersensibles, j’espère que beaucoup d’entre vous joindront cette aventure collective.

Je ne sais pas pour toi mais dans mes mélancolies j’ai ce goût de révolte. Je crois qu’au départ c’est une colère contre moi-même, celle d’avoir rechuté, celle d’avoir commises d’erreurs, celle qui constate les conséquences de la crise. Une colère que je me pardonne en regardant le monde qui m’entoure. Image métaphorique:

Je suis un arbuste qui peine à grandir… Je n’en veux pas à la graine qui est à mon origine. C’est évident que ce n’est pas de sa faute quand je regarde autour de moi dans quel jardin je suis né. Mes racines ont bien dû mal à s’ancrer dans cette terre sèche, pollué. Il y a ses mauvaises herbes aussi partout autour de moi avec lesquelles j’ai du mal à tisser des relations amicales. Non, ce n’est pas moi qui vais mal, le mal était là avant moi.

Patience et espoir,

Hypersensiblement,

W

 


Lettre à Monsieur Hollande

Monsieur le Président,

Vous écrire formellement ce que j’ai à vous communiquer n’est pas un exercice facile, ce n’est qu’une première lettre ; le message qui vous est destiné s’aiguisera au fur et à mesure des copies.

Monsieur, vous êtes à la tête d’un système qui étouffe la plus belle partie de moi-même. Vous culminez en haut d’une société qui fait souffrir tout ce qu’il y a de plus humain en moi. Ces mots viennent certainement d’un monde étranger au votre… Derrière ce concept vague « humain », je veux parler de sensibilité, d’émotivité, de créativité ainsi que de valeurs humaines telles que la tolérance, l’ouverture vers l’autre, la compassion, bref tout ce qui permettrai de vivre ensemble en harmonie, vous voyez ?

Hé bien, je porte ces valeurs, elles me sont chères. Ces principes essentiels alliés à ma sensibilité font de moi une personne qui a bien du mal à intégrer cette société.

Une société où il est préférable d’être individualiste, compétitif, insensible et surtout pas fragile.

Monsieur, je n’ai pas choisi d’être fragile, hypersensible et si attaché aux valeurs humaines. Je n’ai pas choisi d’être intéressé avant tout par l’être et non l’avoir. Je n’ai pas d’effort à faire pour être une personne généreuse, empathique, humaine. Je suis un enfant qui refuse de devenir adulte dans cette société de consommation. Je suis un rêveur, un utopique, une force d’amour qui s’est fait brûlé les ailes dans cette société si troublée.

Malgré moi, j’ai tant de choses à offrir pour améliorer ce système. Tant d’amour à donner, tant de personnes différentes que je peux comprendre. Mon hypersensibilité est à l’origine d’une énergie intense. Mais jusqu’ici, cette force s’est toujours retournée contre moi. J’avais le cœur sur la main, la société l’a fait exploser. Naturellement je me suis renfermé, j’ai dressé des murs pour protéger ce que j’ai de plus précieux. N’est-ce pas un grand gâchis ?

Je n’attends rien de vous. Vous n’êtes pas l’entier responsable de l’état de la société, vous êtes un maillon d’un mécanisme qui vous dépasse. Moi, le petit gravier, je tente de m’adapter. Je peine à concilier mon monde intérieur, ma fragile richesse avec la dureté du monde extérieur. Mais j’avance, j’avance avec patience et espoir.

Monsieur le Président, je suis loin d’être le seul HS. Hyper-Sensible, Hors-Système. Nous sommes des millions qui ne se retrouvent plus dans cette société. Des millions en marges à lutter pour trouver une petite place. Je n’ai aucune haine envers vous ou envers d’autres haut fonctionnaires et dirigeants, je ne suis pas révolté envers des hommes et des femmes. Je suis en révolution contre une société déshumanisée.

Voilà la première lettre à de longs maux que je vous adresserai.

Cordialement,

W.


Attention, retour à la réalité, danger!

Tout va trop vite. J’ai remis le pied à l’étriller et le cheval harnaché au system s’est mis à galoper sans se soucier de l’équilibre. J’ai remis le bout du nez dans la matrice (pole emploi, cap emploi, bénévolat), j’en ai sniffé l’infinité des données et possibilité et j’ai frôlé l’overdose. Je me suis remis à vivre des journées de 14h, j’ai ouvert la porte à de multiples sources de stress différentes, il n’a fallu que trois jours pour que mon cerveau se remette à fumer sous l’effet de la pression. Heureusement, j’ai acquis une maturité, un recul qui m’a permis de faire ralentir le cheval de course parisien. Je suis responsable, je suis passé d’un emploi du temps très léger dont les journées commençaient à 14h à un emploi du temps chargé en différents projets, nombreux interlocuteurs donc nombreuses sources d’anxiété. D’un extrême à l’autre, pas étonnant hein!

Cette éprouvante semaine m’amène a travailler un point important si je veux continuer d’avancer. Si tu es un lecteur habitué, tu penseras sûrement : « encore quelque chose à travailler, encore un travail sur soi à effectuer ». Oui, c’est à nous de faire le boulot d’adaptation puisque l’Etat n’a pas encore pris acte de notre hypersensibilité. Bref, je ne divaguerai pas plus loin là dessus, ce n’est pas à propos, lis l’article C’est injuste on doit se revolter qui exprime ce sentiment d’injustice. Donc, ce travail, évoqué plus haut, consiste à programmer un emploi du temps le plus adapté possible avec ma sensibilité. Trouver le rythme idéal. Tendre vers l’équilibre.

Et puis surtout, ne pas oublier les armes que je me suis forgé ces dernières années pour traverser les périodes de troubles à venir. Expression écrite, théâtrale et méditation notamment. Entraîner par le courant systématique, par le sprint de la vie parisienne, ces outils me permettent de retrouver le calme. Soulager la pression, me recentrer. Parce qu’il s’agit de cela en fait : la réalité extérieure et ses contraintes me décentrent. Si je ne fais pas attention, dans cette agitation sans fin, je peux m’oublier rapidement, oublier de prendre soin de moi.

Cette semaine j’ai eu peur. Pour mon retour dans l’effervescence de la vie active, j’ai retrouvé mes petits démons. Tu sais ces pensées en boucle qui anticipent une situation à venir ou qui debrief et ressassent des situations passées. Pourquoi toute cette pression? Je crois que je suis une sorte de perfectionniste, un éternel insatisfait et un grand impatient. Une fois qu’un projet est enclenché, je veux faire tout trop bien, trop vite, tout de suite. Cette semaine, la machine à vapeur a redémarré si fortement que mercredi soir j’étais dans un état de fatigue nerveuse alarmant. Lorsque l’activité se passe aux niveaux des pensées, lorsque mon énergie se transforme en fumée sous la pression, je ne suis plus à l’écoute de mes ressentis. Difficile donc de revenir ici où ce sont justement les ressentis qui s’expriment. C’est avec soulagement que je mets un point à cet article.

W.


C’est injuste, on doit se révolter!

J’ai un sentiment d’injustice violent, latent que je peine à exprimer depuis trop longtemps. Mes mots ont toujours été trop polis pour la brutalité de ce ressenti…

Ma vie est injuste, voilà la saveur amère qui ne passe pas, qui reste. Pourquoi c’est moi qui devrait continuer à me soigner infine pendant que la société refuse de prendre ses responsabilités?

Fatigue sans fin. Tout ces efforts pour respecter la forme carré, s’intégrer se caser… A croire qu’être heureux, c’est être heureux d’être malheureux. J’en peux plus de calmer mes sentiments de révolte, j’en peux plus de faire semblant d’être désinvolte. Voilà le constat : je trouve pas ma place.

Ecoutez-moi bien, je ne suis pas malade je suis malheureux. La vie aujourd’hui est mal faite ; plus je me soigne, plus je suis humain, plus je fais le bien, plus je me sens seul. Le temps passe et je m’éloigne de cette société machinale, cette matrice. Je m’auto rejette, impossible de revenir en arrière.

Le problème est inéluctable, je ne suis pas conformable, j’ai bien essayé de m’adapter à la conformité mais mon cœur rejette cette pseudo normalité.

La société me fait comprendre que je dois me changer, m’intégrer. Je me remets chaque jour en question pour trouver la solution et résister de crier : c’est le monde qui doit changer! Moi je suis dans le vrai, désolé de vous rabaisser.

Pendant ce temps ceux de mon clan sont seuls, ils ont peur, font semblant, ils se cachent la vérité, n’auront la paix que lorsqu’ils seront décédés. Ils auront porté leur croix sans rien changer.

Moi je ne peux pas me résigner, je suis comme une tempête dans une piscine stérilisée. Une vague dans la méditerranée. Vois le problème : quand je suis moi-même je dérange, quand je m’énerve je finis enfermé ou chimiquement camisolé, et quand je suis triste -pas besoin des autres- je m’enferme loin de la réalité.

J’ai trop d’énergie à canaliser, trop de blessures à analyser, trop de plaies à panser. J’ai trop d’amour, je ne sais pas comment le donner. C’est difficile de t’aimer sans te submerger. L’amour est une force inconnue mal maîtrisée alors par peur il est mal reçu.

C’est une triste époque, je dois prendre le cœur avec des pincettes. A cette époque c’est triste, on m’aime tout autant qu’on me rejette.

Je suis trop conscient, avec toi je dois me limiter. Je suis trop puissant, je parviens même pas à travailler. Crois-moi j’ai essayé, c’est comme s’ils pressentaient que j’allais les dérégler.

Je n’ai pas trouvé d’autres solutions pour m’intégrer dans cette société : je dois trahir mes rêves, étouffer ma complexité. Tout ça pour entrer dans ce moule de simplicité.

Je me sens différent et stigmatisé. C’est comme si j’étais le nouveau noir dans un monde gris. Un arc en ciel chez les fourmis. Ma différence est invisible, ne fait pas de bruit, parce que je me tais et je dois me terrer. Ils croient ce qu’ils voient alors ils ne me comprennent pas.

C’est injuste, je n’ai rien fait de mal et je suis condamné. Je suis un Walt Disney qui a jusqu’ici échoué. Je crois en l’espoir, je vis l’espoir, j’aime là où les autres haïssent et toutes ces belles valeurs me font vivre au bord du précipice. C’est pas normal, je crois en la paix, en une meilleure humanité et pourtant je demeure seul et désespéré.

Dans mon combat, je passe mon temps à purifier. Contrairement à eux, j’ai du mal à jugé, a mal parlé, je suis complètement étranger, je n’ai pas d’ennemis alors difficile d’avoir des amis. Pas facile d’intéresser quand t’as personne à injurier.

Alors je dois toujours m’adapter, adopter des faux comportements pour être intégrer. Ne me dis pas d’être naturel, j’ai déjà expérimenté et à chaque fois je deviens si loin d’eux qu’ils ne peuvent plus me comprendre, me contacter. Ils se sont tellement éloigné du naturel.

Je suis trop intense pour être exploité. Je suis sous estimé, mes ressources sont négligés, mon talent est largement ignoré. Combien de temps je vais me retenir de crier, de mettre le feu aux codes de ce monde trop étriqué? Les dimensions sont trop peu explorés.

Toujours plus posséder… Etre et avoir se sont trop éloignés…

J’ai la rage

Mes belles intentions ne se réalisent pas, que des mots sur des papiers, elles restent inachevés. Je n’arrive pas à exister dans ce monde ni faire exister le mien.

Je suis coincé entre deux mondes…

STOP!

ENSEMBLE

Nous devons affirmer notre différence.

Nous ne devons pas faire semblant d’être comme eux.

Nous devons apporter ce qui leur manque : notre intense sensibilité.

Nous détenons tout ce qu’il faut pour améliorer ce monde.

Ne masquons pas nos mélancolies, elles sont un message pour le monde.

Ne masquons pas nos folies, ce sont des pulsions de vie là ou le monde est gris.

Affirmons calmement notre instabilité qu’elle permette de rééquilibrer une plus grande instabilité : celle de notre société.

W.

article similaire : Aux armes bipolaires!

liens : le tchat créer récemment pour ce blog : salon bipoonline.